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22/05/2014

Festival de Cannes: Xavier Dolan plébiscité pour "Mommy". De la Palme d'Or dans l'air?

n-MOMMY-DOLAN-large570[1].jpgL’an dernier, La vie d’Adèle avait bouleversé les pronostics dès la projection de presse. Apparemment Mommy, du Québécois Xavier Dolan, a lui aussi fait chavirer la Croisette. Ronronnante il est vrai jusque-là, avec du déjà vu et des valeurs sûres, à part Timbuktu, Deux jours, une nuit ou Saint-Lauent  

Sans partager à fond l’enthousiasme critique délirant, je salue la  belle performance du prodige. Mais reste surtout à savoir si le jury de Jane Campion sera aussi sensible à ce coup de cœur que celui de Steven Spielberg, qui avait décerné une triple Palme d’Or historique à Abdellatif Kechiche, Léa Seydoux et Adèle Exarchopoulos.

Xavier Dolan avait été révélé à 20 ans à Cannes dans La Quinzaine des réalisateurs avec J’ai tué ma mère. Cinq ans plus tard, entré dans la cour des grands, il veut en quelque sorte la venger avec Mommy, même s’il lui balance souvent des horreurs. Pas de quoi effrayer maman, de taille à se défendre et du répondant à revendre.

Le cinéaste nous plonge en effet dans une relation houleuse entre ces deux personnages. Adolescent, Steve souffre de troubles psychiatriques. Il devient ingérable au point que l’établissement où il a été scolarisé refuse de le garder. Sa mère Diane, une quadra bien roulée un rien vulgos à l’allure rock qui adore son gamin, refuse qu’il soit interné et décide de l’élever seule en dépit du danger qu’il représente.

Un couple de fous furieux

De violentes disputes ne tardent pas à rythmer leur cohabitation. Steve et Diane s’affrontent à grand renfort de hurlements hystériques dans un langage de charretier (en français du Québec incompréhensible sans sous-titres), pour se réconcilier dans de déchirantes protestations d’amour. Très vite une voisine, Kyla, enseignante timide et introvertie qui peine au contraire à sortir deux mots de suite, rejoint le couple et tend ainsi à agir comme un calmant sur ces deux fous furieux.

Pour ce mélo où se mêlent le pathétique, la brutalité et l'humour, le créatif Dolan a choisi (avec une petite surprise qui a déclenché les applaudissements) un format carré, comme pour mieux y enfermer son trio, à commencer évidemment par Steve, dont la société ne sait que faire, sinon lui passer la camisole de force..

Il est incarné par l’étonnant et talentueux Antoine-Olivier Pilon (photo). Pour la mère, l’auteur a fait appel à la géniale Anne Dorval et, pour la voisine Kyla, à la non moins formidable Suzanne Clément. Des fidèles. Vu leur prestation, il y a du Prix d’interprétation dans l’air. Et si Xavier Dolan raflait la Palme, il serait le plus jeune à la décrocher depuis Louis Malle, en 1956, avec Le monde du silence.

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Festival de Cannes: Godard et son "Adieu au langage", de la 3D décoiffante

auldog[1].pngTrès fort Godard. Le seul qui réussisse à faire poireauter les gens dans une queue interminable pendant plus d’une heure et demie pour un film qui dure 70 minutes. A l‘occasion de son retour en compétition treize ans après L’éloge de l’amour, le réalisateur culte de 83 ans, qui n’a fait pas le voyage sur la Croisette, proposait Adieu au langage.

Un opus farfelu, inclassable, sinon un objet cinématographique non identifié, où se succèdent dans une sorte de frénésie des scènes saugrenues, parfois brusquement coupées, et où se multiplient maximes ou citations .

Dans une interview à France Inter, le cinéaste s’est expliqué sur la signification de son titre Adieu au langage, dont il est parti pour tourner son film. "En gros, c’est un adieu à ce que les gens appellent le langage qui ne l’est pas. On pourrait dire aujourd’hui de la conversation, du talk show, du dialogue personnel entre les gens. Le langage vient de plus loin, c’est une alliance entre la parole et l’image que l’enfant qui naît connaît un bref moment car il est à la fois ébloui et il crie. Puis vient la communication, qui n’a aucun rapport sérieux avec le langage…"

Oui mais encore... On croit alors être aidé par le dossier de presse où Godard nous dit que le propos est simple. Une femme mariée et un homme libre se rencontrent ils s’aiment se disputent, les coups pleuvent un chien erre entre ville et campagne les saisons passent l’homme et la femme se retrouvent…

A l’écran, on voit un couple nu philosopher, un bateau sillonner le "lac de Genève" (pour agacer les Vaudois et autres riverains?), des extraits de vieux films hollywoodiens en noir et blanc et souvent un chien qui fait le chien en battant de la queue. C’est Roxy, le toutou du maestro, qui vous aime plus qu’il ne s’aime lui-même et nous regarde de ses yeux noisette. Lui ne communique pas, il communie. 

Tout et n'importe quoi. Ou pas...

Tandis que s’inscrivent en alternance les chapitres 1 et 2 soit la nature et la métaphore, les aphorismes foisonnent en voix off. "Ceux qui manquent d’imagination se réfugient dans la réalité". "Bientôt on aura besoin d’un interprète pour comprendre les mots qui sortent de votre propre bouche". "Une femme ne peut pas faire de mal, elle peut gêner, elle peut tuer, c’est tout". "La société est-elle prête à accepter le meurtre pour limiter le chômage?"  "La pensée retrouve sa force dans le caca".

Tout et n'importe quoi en somme. Ou pas... Le mieux est encore de regarder. Et là, on en a plein les yeux. On est littéralement scotché au fauteuil par l‘utilisation étonnante et géniale que le réalisateur fait de la 3D. Dans son entretien à France Inter, Jean-Luc Godard expliquait que la 3 D est juste quelque chose qui vous fait croire que vous pouvez voir une surface plate en relief. Mais quelle vision extraordinaire! 

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21/05/2014

Fetival de Cannes: "The Homesman", le western noir et féministe de Tommy Lee Jones

rs_560x415-140415184503-1024.Hilary-Swank-Tommy-Lee-Jones-The-Homesman.ms.041514_copy[1].jpgNeuf ans après Trois enterrements, qui lui avait valu d'être sacré meilleur acteur, Tommy Lee Jones repasse derrière la caméra pour son retour à Cannes avec The Homesman, un western au thème un peu particulier, adapté du roman de Gendon Swarthout.

Nous sommes en 1854. Mary Bee Cuddy une vieille fille trentenaire originaire du Nebraska, au caractère bien trempé et en quête désespérée de mari, se voit confier trois femmes devenues folles. Elle a la lourde mission de les emmener en Iowa où elles trouveront refuge, dans une carriole, prison roulante spécialement aménagée pour le transport. 

Sur la route elle croise celle de George Briggs, un vieux soldat vagabond, usé, rustre et bourru qu’elle sauve de la pendaison. Ayant besoin l’un de l’autre, ils décident de s’associer. Cet attelage aussi étrange qu’atypique va affronter les dangers d’une expédition qui durera des semaines.  

Crépusculaire, poignant, étiqueté féministe, l'opus montre la maîtrise de l’espace de Tommy Lee Jones, qui filme magnifiquement les paysages de l’Ouest américain. Tout en nous plongeant dans un monde d’une rare noirceur s’opposant à un visuel sublime, il montre l’effroyable condition des femmes de l’époque à travers ces trois pauvres créatures traumatisées et abandonnées par leur mari. L’une a tué son bébé, l’autre a vu ses trois enfants mourir et la troisième n’a pu en avoir. Ce qui pousse Tommy Lee Jones à une certaine outrance dans la représentation de la folie.  

Bon pour figurer au palmarès?

Par ailleurs, s’il fait la part belle aux femmes, il néglige d’en creuser la personnalité. On aurait souhaité en savoir davantage sur les violences qui leur ont fait perdre la raison, outre les problèmes liées à la maternité, ainsi que leur devenir en Iowa. Sans parler des raisons de leur comportement étrangement calme durant le voyage, étant donné leur état mental.

L’auteur se concentre avant tout sur Mary Bee Cuddy, interprétée par Hilary Swank. Elle est géniale dans le rôle de cette pionnière frustrée en mal d’amour, rejetée elle aussi par les hommes qui la trouvent trop autoritaire. En face d'elle un Tommy Lee Jones à la fois complexe et burlesque qu’elle cherche à entraîner dans une sorte de romance fatale. Au final un opus qui a séduit les festivaliers, dont beaucoup le verraient bien figurer au palmarès.

Film à l'affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 21 mai.



 

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20/05/2014

Festival de Cannes: les Dardenne visent une troisième Palme d'Or et Marion Cotillard un Prix d'interprétation

dardenne[1].jpgAprès Rosetta et L’enfant, les frères Dardenne convaincront-ils le jury qu’ils méritent à nouveau d’être couverts d’or? Ce serait historique. En attendant le verdict, Deux jours, une nuit a été acclamé en projection de presse tout comme lors de la conférence qui a suivi. Il met en scène Sandra, une ouvrière aux abois qui, avec l’aide de son mari, passe un week-end à tenter de convaincre ses collègues de renoncer à leur prime de 1000 euros pour qu’elle garde son emploi.

Au départ, ils se sont prononcés contre elle sous l’influence d'un redoutable contremaître. Mais une amie de Sandra a obtenu du patron un nouveau vote, lundi matin. Alors la jeune femme les prend un à un, dans des scènes répétitives en forme de course la montre à pied, en bus ou en voiture, pour leur demander de changer d’avis. Son mari qui l’aime la pousse à essayer encore et encore. Mais au long de cet épuisant plaidoyer, Sandra, sortant d’une dépression et près de retomber, avale cachet sur cachet, doutant du succès de son entreprise…

Une brûlante envie commune de travailler ensemble

Avoir choisi Marion Cotillard semble a priori surprenant, les deux Belges n’ayant pas l’habitude de  faire appel à des stars. Mais à en croire les trois intéressés, il s’agissait d’une brûlante envie commune de travailler ensemble. Et le résultat est convaincant. Emouvante, sinon bouleversante,  crédible, Marion Cotillard a arraché quelques larmes et sa performance est unanimement saluée. Du coup on parle d’un Prix d’interprétation pour la Française qui avait décroché l’Oscar pour La môme en 2008.

Dans leur nouvel opus, les Dardenne font un état des lieux édifiant du monde du travail, de l’injustice et des contraintes qui y règnent en période de crise, poussant les individus à ne pas bien agir, par peur de se retrouver sur le carreau.  Mais ils  tiennent aussi à montrer que la solidarité peut exister et comment le soutien que ses collègues lui témoignent est finalement parvenu à transformer Sandra.

images[4].jpg"J’aime les rôles complexes"

En conférence de presse, l’héroïne du jour, douce souriante et disponible a longuement évoqué cette femme aux abois, perdue, à l’image du personnage qu’elle incarnait l’an dernier dans The Immigrant. "J’aime les rôles complexes. Je vois toutes ces femmes qui se battent pour leur survie et découvrent des choses en elles qu’elles ne soupçonnaient pas. Je suis très touchée par les gens qui se sortent de n’importe quelle situation. Visiter les coeurs et les âmes de ces personnes m’en apprend sur l’humain".

Pense-elle à un éventuel sacre de meilleure actrice? Je suis heureuse d’être là et j’ai la chance de ne jamais espérer un prix. Cela ne fait pas partie de mon fonctionnement. Mais évidemment quand cela arrive, je l’apprécie énormément, comme je l’ai vécu avec l’Oscar (pour La môme en 2008) qui m’a amené plein de beaux projets.

Dans Deux jours, une nuit, elle n‘est pas spécialement gâtée par la nature. Un défi pour elle? "Je suis  mouvante sur le sujet. Je ne me considère pas comme quelqu’un de moche….En même temps, des femmes très belles ne se perçoivent pas toujours forcément comme telles…  Ce que je sais, c’est que je peux réussir à être jolie ou très moche. J’ai cette capacité à me transformer, ce qui tombe plutôt pas mal dans ce  métier! Pour autant, je ne choisis pas des rôles en fonction de l’apparence du personnage ou pour échapper à mon physique. Cela ne rentre jamais en ligne de compte".

"Je laisse les clés de la voiture au personnage…"

Comment s’est-elle transformée pour être crédible en ouvrière ? "C’est un processus. Je pars à la découverte de quelqu’un. Je n’ai pas à proprement parler de méthode de travail. J’aime investiguer à l’intérieur du personnage. Et l’extérieur arrive, la façon de parler, de respirer, de marcher dans la rue. Je cherche les solutions qui vont me permettre de comprendre le personnage. Ensuite Je m’abandonne, je lui laisse les clés de la voiture et c’est lui qui va me conduire".

Un voyage inoubliable. "On sent que les frères Dardenne ont envie de faire vivre quelque chose d’exceptionnel aux spectateurs. Ce fut une expérience bouleversante, enrichissante, belle. Peut-être la plus belle  de toute ma carrière. Mais elle en a d’autres à tenter, dans une comédie, un film d’action. Elle avoue aussi avoir la fascination de jouer un homme. "Parce que cela paraît impossible, ça m’excite un peu". 

Film à l'affiche dans les salles romandes dès mercredi 21 mai. 

 


 

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19/05/2014

Festival de Cannes: pour en finir avec DSK et "Welcome To New York"

7771240803_gerard-depardieu-et-jacqueline-bisset-dans-welcome-to-new-york-d-abel-ferrara[1].jpgOn en a heureusement terminé, du moins on l’espère, avec Welcome To New York d’Abel Ferrara, largement inspiré de l’affaire DSK, survenue le 14 mai 2011 et qui avait parasité le festival pendant des jours. Rebelote dans le genre sur la Croisette après un suspense de plusieurs mois entretenu par l’auteur, le producteur Vincent Maraval et Gérard Depardieu.

Le voile a donc été levé samedi soir suite aux projections en marge du festival. Elles se sont déroulées au marché et sous tente pour la presse, sur la plage Nikki Beach en face du Carlton. Comme annoncé la chose ne sera donc pas visible en salle, mais bénéficie dorénavant d’une sorte mondiale en VOD. 

Inutile de le préciser, ce fut beaucoup de bruit pour rien pour cette "bombe" en forme de pétard mouillé sur fond de partouze avec chantilly et champagne à la clé, où commence par s’exhiber Depardieu, alias DSK rebaptisé Deverreau. Puis les choses s’enchaînent avec la grande scène du viol de la femme de chambre du Sofitel, l’arrestation à l’aéroport, l’incarcération, les premières audiences judiciaires, l’arrivée de Simone, la riche épouse qui loue un somptueux appartement…

En d’autres termes, circulez car il y avait bien autre chose à faire ce soir-là à Cannes que de courir tels des dératés et se poser dans une queue interminable dans l’espoir de voir ce long-métrage ennuyeux de deux heures, le plus souvent qualifié de navet, de nul, d’abominable, de grotesque, sinon de porno soft douteux et d’une rare indigence. Où un Gégé obèse et peu ragoûtant (difficile de l’imaginer en dirigeant du FMI ou en futur président de la République) donne la réplique à la classieuse Jacqueline Bisset dans le rôle d’Anne Sinclair, la femme bafouée.

Lors de la conférence de presse retransmise en direct par la chaîne de télévision française BFM qui a obtenu l’exclusivité, le comédien, tout en citant Shakespeare et Handke, a avoué avoir pris beaucoup de plaisir à tourner ce film évoquant un fait divers qui a intéressé le monde entier et réjoui les médias. "Je n’ai jamais pensé à DSK, mais il était là sans arrêt… C’est une aventure unique… Comme un happening des années 60… Je n’ai pas cherché à donner tort ou raison au personnage…" De son côté Jacqueline Bisset, qui a "vécu avec des hommes difficiles" a eu l’impression de "rejouer sa propre vie".

Dimanche, Anne Sinclair a exprimé son dégoût, mais a déclaré qu’elle ne se pourvoirait pas en justice, ne voulant pas faire ce plaisir à Abel Ferrara et à Vincent Maraval. «Je n’attaque pas la saleté je la vomis», a-t-elle ajouté sur le site français du Huffington Post qu’elle dirige.

 

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18/05/2014

Festival de Cannes: "Saint Laurent" de Bonello montre YSL en proie à ses démons

Très attendu en compétition, Saint Lstlaurent[1].jpgaurent de Bertrand Bonello, sorti quelques mois après celui de Jalil Lespert, tient ses promesses. Mais comparaison n'est pas raison d'autant qu'une constatation s'impose: si celui de Lespert était un film d’acteurs (les excellents Pierre Niney et Guillaume Galienne), celui de Bonello est un film de réalisateur à la mise en scène sophistiquée faite de contrastes, d’allers et retours dans le temps, de montage en split-screen.

A gauche de l’écran par exemple se succèdent des images d’actualité, Mai 68, guerre du Vietnam, de Gaulle, tandis qu’à droite les mannequins descendent les marches de la maison de couture avec les dates des collections qui s‘inscrivent.

En outre, alors que Lespert se concentrait sur l’histoire d’amour entre YSL et Pierre Bergé, son compagnon pendant plus de cinquante ans, l’auteur de L’Apollonide, s’est plus particulièrement penché, avec la complicité de Gaspard Ulliel et de Jérémie Renier, sur la période 1965-1976. La décennie la plus riche en terme de mode et de vie du héros de l’histoire.

Grandeur et décadence
 
Elle montre YSL professionnellement au sommet de son génie et de sa gloire, qui vient de sortir la collection  Mondrian, va créer le fameux smoking pour femmes et un parfum. Mais, en proie à ses tourments existentiels et aux démons qui le rongent, il tombe sur le plan personnel.
 
Le film ouvre en 1974. On voit de dos une silhouette descendre dans un hôtel. Yves Saint Laurent prend une chambre sous le nom de Swann, téléphone à un journaliste et lui raconte sa dépression pendant son service militaire, sa cure d’électrochocs et sa dépendance aux drogues.
 
la-production-de-saint-laurent-de-bertrand-bonello-repoussee,M108198[1].jpgOn pense alors se diriger droit vers le biopic avec fllash back à l'appui. Sauf que ce n’est pas du tout cela. Il ne s'agit pas non plus à proprement parler d'un processus de création même si on voit relativement fréquemment Saint Laurent dessiner. Parfois fiévreusement. Il est également, outre quelques défilés spectaculaires, assez peu question de mode. En fait, qui ne connaît pas le grand couturier, n’en saura pas vraiment davantage au bout de 2h30. Une longueur qui se fait parfois un peu sentir.

Entre aventures, shoot et partouzes homos
 
Il existe par ailleurs un aspect côté documentaire dans cet opus montrant les couturières et les petites mains au travail, la rigueur hiérarchique qui règne dans l’atelier, tandis qu’Yves Saint Laurent s’étourdit dans le monde de la nuit. Ce qui permet à Bonello d’insister sur ses aventures sexuelles et notamment sa relation sulfureuse avec le dandy Jacques de Bascher.

En pleine autodestruction, YSL erre avec son amant du moment en quête d’aventures, se shootant aux médicaments ou se perdant dans des partouzes homos, laissé inconscient et blessé sur un chantier où vient le récupérer Pierre Bergé au petit matin. 
 
Gaspard Ulliel est formidable
 
C’est un Louis Garrel plutôt torride qui se glisse dans la peau de Jacques de Basher. Quant à Gaspard Ulliel, il est formidable. Un candidat sérieux au prix d’interprétation. Evitant le mimétisme et l’imitation, il ne cherche pas à être Saint Laurent mais se révèle juste et vrai dans la voix, la démarche, la gestuelle, On n’en dira pas autant de Jérémie Renier, qui se révèle moins bon que Guillaume Gallienne chez Jalil Lespert. Assez logiquement dans la mesure où il est réduit, à quelques exceptions près, au rôle ingrat de businessman froid que lui a assigné Bertrand Bonello.
 
On connaît la polémique entourant les deux opus. Celui de Lespert est adoubé par Pierre Bergé qui détient un droit moral sur l’œuvre d’YSL. En revanche il n’a pas donné son approbation à l’adaptation de Bertrand Bonello. Une question évidemment posée au cinéaste lors de la conférence de presse. «Je n’ai pas vu l’autre film, dont le projet était postérieur. Je me suis concentré sur le mien et pris la liberté de faire ce dont j’avais envie », a-t-il déclaré en substance, son producteur ajoutant que «le film de Lespert nous a libéré du biopic traditionnel ».

 

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17/05/2014

Festival de Cannes. "Timbuktu", une ville prisonnière des djihadistes. Le choc

imagesCANPSPVW.jpgAprès l’insipide, sinon affligeant Grace de Monaco, descendu par la critique, on est passé aux choses sérieuses. Et subi un choc avec le premier film en compétition Timbuktu du Mauritanien  Abderrahmane Sissako qui lui, au contraire, semble faire l’unanimité sur la Croisette.

Il a planté sa caméra à Tombouctou pour raconter le quotidien infernal de cette ville tombée aux mains des djihadistes. A travers les yeux de Kidane, menant jusqu'ici une vie simple et heureuse sous sa tente en compagnie de sa femme et de sa fille, il nous laisse éprouver la terreur que font régner des extrémistes religieux parcourant les rues armés de kalachnikov. D’une redoutable bêtise, ils représentent les nouveaux visages de l’obscurantisme.

Les interdictions pleuvent. Pas de musique, pas de cigarettes, pas de rires, pas de football, pas de flânerie.  Les hommes sont forcés de retrousser leurs pantalons, les femmes contraintes de porter non seulement le voile, mais des gants et des chaussettes.

Tout manquement signifie mort ou torture décrétée par de ridicules juges siégeant dans des tribunaux improvisés au terme de simulacres de procès. D’où des images insoutenables d’un couple lapidé ou d’une jeune femme ayant commis l’’imprudence de chanter condamnée à quarante coups de fouets. Et qui hurle de douleur au milieu du désert.

Dans ce film dénonçant les atteintes aux libertés et aux droits de l’homme, l’auteur de Bamako, son précédent long-métrage, réussit à éviter le piège du manichéisme et du pathos, allant jusqu’à se permettre quelques notes d’humour. A la violence des hommes et des situations, il mêle des moments de douceur, de poésie, de somptuosité des paysages. Ou encore de grâce bafouée, comme cette gazelle traquée, galopant dans les dunes en ne sachant comment échapper aux bourreaux.  

Timbuktu  figure parmi les outsiders. Mais de cette fable en forme de pamphlet, on ressort bouleversé par un propos d’une brûlante et cruelle actualité.

Un Mike Leigh peu enthousiasmant en dépit de sa beauté

images[3].jpgGrand cinéaste britannique, Palme d’Or en 1996 pour Secrets et mensonges, Mike Leigh revient pour la cinquième fois en compétition avec Mr Turner, précurseur des impressionnistes. Evoquant les 25 dernières années de celui qui fut surnommé le peintre de la lumière, il capte ses deux visages. Celui d’un artiste visionnaire et celui de l’homme « très mortel » personnage complexe et tourmenté, dévoré par son art et par ses blessures.

Ce personnage hors normes, autodidacte instinctif à la fois rustre et doté de grandes capacités intellectuelles était victime, en dépit de sa célébrité, de sarcasmes et de  railleries venant à la fois du public et de l’establishment. Il avait notamment de grosses difficultés à s’exprimer. Au lieu de parler il grognait, déclarait en conférence de presse l’acteur Timothy Spall (photo) qui a enfilé le costume de l’artiste et qui se trouve déjà parmi les favoris dans la course au prix d’interprétation. Il s’est amusé à se comparer à Turner en se qualifiant également de drôle de gros petit bonhomme.

Malgré son talent, les qualités formelles et visuelles de cette œuvre ambitieuse, on peine toutefois à s’enthousiasmer véritablement. Mike Leigh a tendance à ronronner dans ce portrait classique et un peu trop calibré cannois pour surprendre.

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15/05/2014

Festival de Cannes: de Nicole Kidman à Jane Campion, la Croisette en effervescence

nicole-kidman-est-grace-de-monaco-99807_w1000[1].jpgLes voitures roulent pare-chocs contre pare-chocs, les piétons envahissent les trottoirs, Lambert Wilson se cherche une cool attitude pour son rôle de maître de cérémonie et le beau Mastroianni, regardant par-dessus ses lunettes noires, trône sur d’immenses affiches de 300m2, ornant les façades du Palais.

En plus petit, il décore les vitrines de toutes les boutiques et devantures des restaurants, tandis que 17 stars internationales, de Scorsese à Natalie Portman, immortalisées par les photographes de l’agence Getty, s’exhibent sur les murs de la ville.

Côté cinéma, c’était la bousculade des grands jours. Sans surprise Nicole Kidman avait rameuté une foule immense avide de suivre la conférence de presse qui suivait la projection, sifflée par les journalistes, de Grace de Monaco, présenté hors compétition.

Impatiemment attendue pendant plus d’une heure par les "happy few" ayant décroché un siège, la star, glamourissime, a fait son entrée. Robe blanche fluide, longs cheveux blonds ondulés, teint de porcelaine pour un visage illuminé au rouge baiser éclatant. Entre Cannes et elle, c’est une histoire d’amour. « Il y a dix ans que je viens ici. Ma carrière est marquée par ce festival. Lorsque j’étais membre du jury, en 2013, j’ai vécu la quinzaine la plus fabuleuse de mon existence ».

Aujourd’hui, elle défend le long-métrage d’Olivier Dahan auquel elle aurait évidemment donné la Palme d'Or si elle avait œuvré dans cette 67e édition aux côtés de la présidente Jane Camion. Vu la qualité contestable de l'opus, il n'est pourtant pas sûr qu'elle eût réussi à convaincre ses petits camarades Rappelons que l’opus tendant parfois au ridicule en frisant l’outrance, évoque la période particulière où Grace Kelly a dû choisir entre rentrer à Hollywood pour tourner Marnie sous la direction d’Alfred Hitchcock et rester Altesse Sérénissime sur le Rocher. Tandis que le général de Gaulle menace d’annexer Monaco.

Proche de la star devenue princesse

Pour Nicole Kidman, ce rôle fut un énorme défi à relever. "Cela m’a donné la chair de poule. Je cherche des films de ce genre et c’était le cas". Elle a eu cinq mois pour se documenter. "J’ai écouté la voix de Grace, consulté beaucoup d’archives. J’ai vu nombre de ses films dont ceux réalisés par Hitchcock. Mon préféré est Fenêtre sur cour. Mais si je me suis glissée dans la peau de cette femme, il était important de ne pas me sentir piégée par elle". 

"L’amour est une émotion fondamentale"

La comédienne se sent proche de l’actrice devenue princesse. "Elle a choisi l’amour. Beaucoup de personnes le font. C’était une grande star américaine, mais elle voulait se marier, fonder une famille. Je comprends sa décision. En même temps, quand on a une passion comme la sienne on est poussé vers sa carrière et c’est difficile de s’en éloigner. J’ai des points communs avec elle, dans la mesure où je me pose les mêmes questions. Sauf que je n’ai pas épousé un prince…  (le chanteur Keith Urban)".
 
Bien qu’elle n’y ait jamais été contrainte, Nicole Kidman pourrait elle aussi envisager de mettre un terme à sa carrière au profit de sa vie privée. "L’amour est l’émotion la plus fondamentale. Lorsque j’ai eu mon Oscar (pour The Hours), j’ai vécu une période d’extrême solitude. J’étais au sommet professionnellement, mais au creux le plus profond sur le plan personnel. Et puis, quand on a des enfants, tout change et on remet tout en place. 

Interrogée sur la polémique entourant le film et entretenue par Albert, Caroline et Stéphanie qui refusent de le voir, Nicole Kidman affirme être attristée par la controverse tout en comprenant la réaction des enfants de Grace et de Rainier. "Ce sont leur père et de leur mère. C’est normal qu’ils veuillent garder une certaine discrétion. Mais il ne s’agit pas d’une critique envers le prince. Si on a pris des libertés avec la réalité, on a tourné avec beaucoup de respect et d’amour pour la famille Grimaldi".

images[6].jpgJane Campion entre ses girls and ses boys

Pas de répit pour les braves. On a enchainé avec la conférence du jury. La présidente Jane Campion s’est montrée en compagnie de ses quatre girls et de ses quatre boys. Mais ne dérogeant pas à l'habitude, ni les filles ni les garçons, n’ont fait preuve d’une folle originalité.

Tous, boss compris, se sont en gros déclarés heureux, fiers et honorés d’être là. Et ont promis le silence radio jusqu’à la remise des prix le 24 mai. On n’en attendait franchement pas moins…

 

 

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14/05/2014

Festival de Cannes: c'est parti pour douze jours de célébration du cinéma

original[1].jpgEn ouverture de cette 67e édition, Grace de Monaco d’Olivier Dahan, le réalisateur de La môme. Le film, qui fait polémique en provoquant l’ire d’Albert, Caroline et Stéphanie, est centré sur une période de la vie de Grace Kelly, au sommet de sa gloire lorsqu’elle épouse le prince Rainier en 1956.

Six ans plus tard, alors que le couple connaît des difficultés, Alfred Hitchcock propose à l’une de ses égéries de rentrer à Hollywood pour jouer dans Marnie. Le rôle sera finalement dévolu à Tippi Hedren.

En effet, au même moment, le général de Gaulle menace d’annexer la principauté. Déchirée entre son amour du cinéma et son devoir envers la principauté, Grace repousse l’offre du grand Hitch et reste sur le Rocher. Nicole Kidman incarne l’actrice devenue Altesse Sérénissime, tandis que Tim Roth se glisse dans la peau de Rainier. 

Si la première se révèle convaincante, on n’en dira pas autant du second. Mais ce n’est pas la seule fausse note dans ce «biopic» frisant parfois le ridicule ou basculant dans l’outrance. On est pas loin de se croire au bord de la Troisième Guerre mondiale avec menace d'entrée de tanks dans les rues de Monaco…

Stars, glamour et surprises en compétition

Mais penchons-nous plutôt sur la compétition, colonne vertébrale du festival, avec des stars, du glamour, des surprises, de l'exigence pour les dix-huit films qui visent la récompense suprême. Le  concours, qui voit le retour de Jean-Luc Godard, avec un film tourné en 3D Adieu au langage, est marqué, selon le directeur artistique Thierry Frémeaux,  par une "certaine audace" et où "le classicisme côtoie la modernité".


Parmi  les auteurs attendus, le prodige québécois Xavier Dolan, un habitué de la Croisette mais prétendant pour la première fois propose Mommy, l’histoire d’une femme qui hérite de la garde d’un enfant difficile ayant déjà fait le tour des institutions. De son côté, le Français Bertrand Bonello, rival de Jalil Lespert dans la guéguerre censée les opposer, présente son Saint-Laurent. Il raconte, entre 1965 et 1976, la décade prodigieuse du célèbre couturier sur le plan artistique et sa chute sur le plan personnel. Avec Gaspard Ulliel et Jérémie Rénier.
 
Tandis que deux femmes s’alignent en concours, la Japonaise Naomi Kawase (Deux fenêtres) et l’Italienne Alice Rohrwacher (La merveille), le Canadien Atom Egoyan revient avec Captives. Quant aux frères Dardenne, choisis pour Deux jours, une nuit, ils sont en mesure de battre le record de Palmes d’Or. En vedette dans le film social des deux Belges, Marion Cotillard dans un changement radical de registre..
 
Mais il faudra compter avec d’autres valeurs sûres comme le Canadien David Cronenberg (Maps to the stars), les Britanniques Mike Leigh (Mr Turner) Ken Loach (Jimmy,s Hall), les Français Olivier Assayas (Sils Maria) et Michel Hazanavicius (The Search) dont on rappelle le carton aux Oscars et aux Césars avec The Artist. Sans oublier le prix d’interprétation sur la Croisette pour son héros Jean Dujardin.
 
A noter également, neuf ans après son premier film Trois enterrements qui lui avait valu un prix d’interprétation, la réapparition de Tommy Lee Jones, derrière et devant la caméra, avec un western dans la plus grande tradition du genre, The Homesman, où Hilary Swank lui sauve la vie. On y rencontre aussi Meryl Streep dans un second rôle.

Pour juger tous ces réalisateurs un jury présidé par la Néo-Zélandaise Jane Campion. Composé de neuf membres, il compte quatre autres femmes, dont la Française Carole Bouquet et l’Américaine Sofia Coppola.  

 

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24/05/2010

Un jury audacieux pour une première Palme d'Or thaïlandaise

J’en avais émis l’hypothèse sans trop y croire. Et pourtant, ça y est. L’ovni d’Apichatpong Weerasethakul a décroché la première Palme d’Or thaïlandaise, face à l’ennuyeux «Another Year» de Mike Leigh, encensé par la critique, mais seul  hyperfavori finalement reparti les mains vides. Preuve qu’il fallait faire davantage confiance à l’audacieux Tim Burton.

Logique dans le fond. Le cinéaste qui nous a enchantés  avec «Edward aux mains d’argent» ne pouvait qu’être sensible aux scènes parfois délirantes du beau, surnaturel et poétique «Oncle Boonmee celui qui se souvient de ses vies antérieures» . Le genre d’opus exigeant et non commercial qu’on s’attend à découvrir dans le plus important festival de cinéma du monde. Cannes avait d’ailleurs déjà donné un prix à Weerasethakul en 2004 pour «Tropical Malady». Reste désormais à espérer qu’ "Oncle Boonmee »  délie le portemonnaie des acheteurs…

Autre première avec le prix du jury attribué au Tchadien Mahamat-Saleh Haroun pour "Un homme qui crie". Dans un pays dévasté par la guerre civile, le réalisateur évoque la relation père-fils en plein conflit. Une fable intemporelle et universelle à la mise en scène épurée.

Binoche, Beauvois, Amalric, les Français cartonnent

Le reste du palmarès est conforme aux prévisions.  «Des hommes et des dieux» de Xavier Beauvois, racontant les derniers jours de sept moines trappistes français massacrés en Algérie en 1996, a obtenu le Grand Prix du jury. L’auteur n’en revenait toujours pas une demi-heure après. « C’est un tel bonheur que je vais vous dire n’importe quoi. Je ne suis pas dans mon état normal. J’ai peur de me réveiller… »

Quant à «Biutiful» d’Alejandro Gonzales Inarritu, également dans les préférés, il est récompensé à travers Javier Bardem, sacré meilleur acteur. Ex-aequo et j'en suis ravie, l’Italien Elio Germano pour «La Nostra Vita» de Daniele Luchetti. Détruit par la mort de sa femme, Claudio va rageusement affronter l’injustice intime et sociale qui le touche.  Elio Germano a dédié son prix à l’Italie et aux Italiens qui font tout pour améliorer le pays malgré la classe dirigeante. Berlusconi ne lui dit pas merci…

Côté féminin, c’était  du tout cuit pour Juliette Binoche, juste menacée par Lesley Manville, l’héroïne dépressive et hystérique de Mike Leigh. Emue aux larmes,  comme toujours, l’actrice française de «Copie conforme» réalisé par Abbas Kiarostami a affirmé croire à l’amour, remercié du fond du cœur les hommes qui l’ont aimée et su la supporter, avant de montrer une pancarte au nom de Jafar Panahi, le cinéaste emprisonné en Iran.

J’avais aussi un peu misé sur le délicat "Poetry" de  Lee Chang-dong et sa craquante mamie passionnée de vers. Il emporte le prix du scénario. Enfin, Mathieu Amalric, que j’avais oublié dans mes pronostics en raison de son passage en tout début de festival, a gagné celui de la mise en scène pour «Tournée». Derrière et devant la caméra, il revisite l’univers du striptease avec des filles aussi déjantées que plantureuses et décomplexées. Un spectacle «new burlesque extravagant» qui devait à l’évidence titiller Tim Burton et se complices.

N’oublions pas Carlos

Toutes ces médailles ne doivent pas occulter le fait que Cannes 2010 n’a pas décoiffé la Croisette. Honnête mais un rien mou. Du moins en ce qui concerne la compétition. Et comme d’habitude, quelques perles méritant amplement d’y être, se nichaient dans les sections parallèles.

Sans oublier l’un des plus formidables moments du marathon cannois, la présentation de «Carlos», signé Olivier Assayas. Une époustouflante fresque de 5h33 sur les traces du terroriste international, magnifiquement interprété par Edgar Ramirez, que seuls les festivaliers ont eu la chance de voir intégralement sur grand écran. Ce passionnant film politique a été bêtement mis hors concours pour cause de «produit télé». C’eût pourtant été une belle Palme d’Or.

 

00:23 Publié dans Cannes dans Chassé-Croisette, Cinéfil | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook | | | | Pin it! |