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22/05/2016

Festival de Cannes: "Toni Erdmann" de l'Allemande Maren Ade a fait craquer les critiques, tous pays confondus

erdmann.jpegDepuis sa projection, dans les premiers jours du festival, Toni Erdmann de l’Allemande Maren Ade est le grand favori de la critique, tous pays confondus. Et si sa réalisatrice gagnait la Palme d’or, pour cet opus formidablement interprété par Sandra Hüller et Peter Simonischek, ce serait la première fois qu’une femme la remporterait sans avoir à la partager.
 
Cette comédie évoque l’intrusion d’un père, le farceur Winfried, alias Toni Erdmann, dans la vie très réglée de sa fille Inès. Femme d’affaires psychorigide de 37 ans travaillant dans une grande société allemande basée à Bucarest, sacrifiant tout à son boulot, elle ne supporte pas le moindre désordre.
 
Autant dire que la working girl toujours impeccable dans ses tailleurs stricts, apprécie très moyennement la visite de ce paternel sexagénaire encombrant, adepte de coussins péteurs, prof de musique et clown dans des maisons de retraite. Et qui de surcroît déboule dans son univers de cols blancs affublé d’une horrible perruque et d’un dégoûtant dentier. Elle en a honte et le courant passe mal entre eux.  
 
Toni prétend alors repartir pour l’Allemagne, mais en réalité il s’incruste et squatte des cocktails où se rend sa fille. Se prétendant consultant, à tu et à toi avec les grands de ce petit monde capitaliste, il donne la mesure de ses talents de guignol en multipliant les blagues douteuses, lourdes et ringardes. Non seulement ça marche, mais il exerce une curieuse fascination sur ceux qu’il mystifie. 
 
Maren Ade se sert de ce bouffon déchaîné pour livrer une farce grinçante, très originale, mêlant à la satire sociale où elle se moque du pouvoir et de ses jeux vulgaires, un émouvant rapport père-fille. Elle imagine aussi des scènes irrésistibles. Dont celle déjà culte d’un brunch censé ressouder l’équipe d'Inès et où tout le monde doit arriver complètement nu. En dépit de toutes ses qualités faisant souffler un vent de renouveau sur le cinéma allemand  on reprochera à Maren Ade une tendance à la répétition, allongeant inutilement la durée de son film.  
 
 

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20/05/2016

Festival de Cannes: Xavier Dolan bouleverse et exaspère dans "Juste la fin du monde"

aulliel.jpgIl était espéré comme le Messie par des festivaliers agglutinés dans de monstrueuses files d'attente. Et pourtant, l'accueil fut relativement mitigé pour le réalisateur québecois qui, après avoir décroché il y a deux ans un prix du jury avec Mommy, revenait présenter en compétition Juste la fin du monde, adapté d’une pièce de Jean-Luc Lagarce dont il apprécie la beauté du texte et de la langue. Jeune auteur à succès, homosexuel intello plein de douceur, Louis (Gaspard Ulliel excellent) n’a pas revu sa mère, sa sœur et son frère depuis 12 ans.

Malade, il revient chez les siens pour leur annoncer sa mort prochaine. Et ne cessera de chercher le bon moment pour le faire. Mais il recule à chaque fois devant l’extrême tension que sa visite provoque, face à ces gens qui l’accablent de leur amertume, de leur rancœur. De leur amour aussi

On reconnaît une mise en scène virtuose privilégiant abondamment les gros plans à ce huis-clos théâtral familial asphyxiant, à la fois bouleversant et exaspérant. Où tout le monde a envie de déballer ce qu’il a sur le cœur, mais où chacun crie, s’engueule, balance des vannes pour éviter, dans une fuite en avant logorrhéique, de parler de l’essentiel,. A savoir de la raison du retour de Louis qui les tourmente.

Outre Gaspard Ullliel, quatre autres stars françaises portent le film. Moins bien que lui toutefois. Nathalie Baye (sa mère Martine), perruque noire et maquillage outrancier et Vincent Cassel (son frère Antoine) en font des tonnes dans une hystérie galopante. Sa Lea Seydoux (sa sœur Suzanne qu’il n’a pas vu grandir) n’est pas moins irritante. Heureusement qu’il y a Marion Cotillard (sa belle-sœur Catherine que Louis ne connaissait pas). Dans ses hésitations, son bégaiement, sa gentillesse et sa compassion à l’égard de Louis dont elle a tout de suite compris le secret, on l’a rarement vue aussi bonne et aussi différente.

"C'est mon meilleur film"

Comment le jury va-t-il réagir? Mystère évidemment. Mais il devrait, sinon donner la palme à Xavier Dolan, au moins le faire figurer au palmarès, L’intéressé est un peu blessé par les critiques négatives, mais pour lui c’est le jeu et il n’est pas inquiet. "Je suis heureux d'être à Cannes, fier de mon fil. J’estime que c’est mon meilleur", avoue-t-il à la conférence de presse. De leur côté, ses comédiens ne tarissent pas d’éloges sur leur réalisateur, s’accordant à évoquer une rencontre passionnante avec un homme hors norme, proche d’eux, les mettant sous un microscope, jouant avec eux, donnant tout, essayant de capter le moindre souffle.

Xavier Dolan est très sensible à la prolixité des personnages qui parlent de tout sauf de ce qu’ils savent. "Louis réagit à la nervosité, à l’ambiance. On s’évade à travers lui, grâce aux regards échangés avec Catherine. Il est en escapade perpétuelle dans une maison où sa famille le noie sous les reproches. Le plus attrayant, c’est son côté désagréable. Dans la vie on pleure, on explose, on ment. Je suis content d’avoir pu travailler avec des acteurs que j’admire pour exprimer cette imperfection humaine".

Le réalisateur s’explique aussi sur l’utilisation es bros plan quasi constants. "Pour moi, c’était une nécessité de me rapprocher des visages qui reflètent la tension. L’histoire passe par les silences, les regards, le moindre mouvement d’une bouche exprimant tout ce qui n’est pas dit".

 

 

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18/05/2016

Festival de Cannes: Almodovar, Assayas et les Dardenne entre culpabilité et chagrin

almodov.jpgMalmené dans son pays pour son dernier film, Pedro Almodovar, par ailleurs empêtré dans le scandale de Panama Papers, est venu se rassurer Cannes, où Julieta a au contraire provoqué l’enthousiasme de la critique. De quoi espérer enfin une Palme d’or pour sa cinquième sélection en compétition, après avoir reçu en 1999 le prix de la mise en scène pour Tout sur ma mère et, en 2006, celui du scénario pour Volver, plus un prix collectif d'interprétation féminine? 

Pas sûr pourtant que cela suffise à convaincre le jury. Julieta reste en-deça des meilleurs films de l’Espagnol, même si on aime ce portrait de mère en souffrance, brisée par l’absence de sa fille Antia qu’elle n’a pas vue depuis des années. Alors qu’elle a décidé de quitter Madrid, Julieta (Emma Suarez), la belle cinquantaine, professeur de grec passionnée par la mythologie, tombe par hasard sur Bea, l’amie d’enfance d’Antia qui lui dit l’avoir croisée quelques jours auparavant

Sous le choc, la mère change ses projets et, dans l’espoir, l’obsession de retrouver Antia, lui écrit ce qu’elle a gardé secret depuis toujours. Dès lors Pedro Almodovar déroule son film en flash-back, avec une Julieta jeune (Adrina Ugarte) en butte à une série de catastrophes, dont la mort de l’homme qu’elle aime.

Excellentes, les deux comédiennes qui tournaient pour la première fois sous la direction de Pedro Almodovar, font la force du film évoquant l’inéluctabilité de la perte des êtres chers. Traversé par un fort sentiment de culpabilité, il allie thriller psychologique, mélodrame et roman-photo.

akristen.jpgOlivier Assayas hué

Si Pedro Almodovar a été bien applaudi lors de la projection de presse, ce n’est pas le cas d’Olivier Assayas, copieusement hué pour Personal Shopper, avec Kristen Stewart. Pourquoi tant de haine à l’égard de cette histoire de fantômes? On est certes un rien réservé, mais d’ici à parler de «naufrage embarrassant»!

D’autant que la jolie Américaine se révèle parfaite dans le rôle de Maureen. Installée à Paris, elle est chargée de la garde-robe d’une star, trop occupée pour faire des courses elle-même chez les bijoutiers et grands couturiers, prétexte à un petit défilé de arques…Par ailleurs medium, c’est le nœud de l’intrigue, Maureen cherche à communiquer avec Lewis, son frère jumeau décédé récemment d’une crise cardiaque. et dont elle dit sentir la présence

Olivier Assayas, surfant sur l’usage abusif du portable à coups de textos anonymes et nous emmenant dans des maisons hantées parle, à l’instar d’Almodovar, du chagrin éprouvé quand les êtres aimés nous quittent. Maureen est inconsolable dans ce thriller fantastique qui tient de l’exercice de style assumé mais un poil ennuyeux.

adelehae.jpgLes Dardenne mollement accueillis

Si une première palme n’est pas promise à Pedro Almodovar, ce n’est pas non plus dans la poche pour les frères Dardenne, qui eux visent le triplé avec La fille inconnue. Pas accueilli d’une façon aussi hostile que Personal Shopper, il n'a malgré tout eu droit qu'à des applaudissements mous. Accompagnés de quelques sifflets et de tweets peu charitables. Exaspérant, plat, fable trop prévisible, en demi-teinte…

Certes ce n’est pas du tout grand Dardenne, mais là encore le jugement est bien sévère pour l’histoire de Jenny, jeune médecin rongé par le remord pour avoir refusé d’ouvrir la porte de son cabinet à une jeune fille, retrouvée morte le lendemain matin. Apprenant de surcroît que la police ignore son identité, elle va tenter, toute seule, de la trouver.

Jusqu’alors centré sur les gestes et le quotidien d’un médecin généraliste chargé de former un stagiaire, le film qui livre, à l’instar de Pedro Almodovar une réflexion sur la culpabilité, bifurque vers une enquête policière qui n’est pas d’un intérêt majeur Reste que s’il laisse un peu sur sa faim, le dernier-né des Belges est porté par une Adèle Haenel remarquable enlevant le morceau par son jeu à la fois simple sobre, naturel et intense.

Julieta de Pedro Almodovar à l'affiche dans les salles de suisse romande dès mercredi 18 mai.

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16/05/2016

Festival de Cannes: "Ma vie de courgette" fait pleurer la Croisette

courgette.jpgA la Quinzaine des réalisateurs, on a sorti les mouchoirs en voyant les bouleversantes aventures de Courgette. Un curieux nom de légume sous lequel se cache Icare, un petit garçon de 9 ans qui, depuis que son père est parti avec une  "poule", vit seul avec sa mère alcoolique.

Elle lui flanque régulièrement de sacrées raclées. Un jour il la tue accidentellement pour échapper aux coups. Alors Raymond, le sympathique et compatissant policier qui s’occupe de son cas, l’emmène dans un foyer.

Réalisé par le Valaisan Claude Barras sur un scénario de Céline Sciamma, Ma Vie de courgette est inspiré du roman de Gilles Paris, Autobiographie d'une courgette. Il raconte donc la vie d’Icare qu’il faudra désormais appeler Courgette, le sobriquet auquel il s’accroche. C'est ce qui lui reste de sa mère qui le lui avait donné.

A l’orphelinat ressemblant à une colonie de vacances, le gamin qui se croit seul au monde rencontre la petite bande de Simon, Ahmed, Jujube, Alice et Béatrice. Ils ont chacun leur histoire. Toutes sont aussi tristes de Courgette. Et pourraient être réelles. 

Découverte de l'amitié et de la solidarité

Au début, ce n’est pas simple de se faire accepter. Mais peu à ils vont s’apprivoiser et réussiront ensemble à retrouver une joie de vivre en découvrant l’amitié et la solidarité. Surtout avec l’arrivée de l’adorable Camille, dont Courgette tombe amoureux et qu’il sauvera des griffes de sa sorcière de tante.

Claude Barras déclare avoir eu un coup de foudre en lisant le roman de Gilles Paris, qui lui a rappelé ses premiers émois de spectateurs devant des films comme Rémi sans famille, Belle et Sébastien, Heidi ou Bambi. Ce film est surtout pour lui un hommage à tous les enfants maltraités qui tentent de survivre à leurs blessures.

Si l’émotion domine, on rit également dans ce film en stop-motion qui ne tombe jamais dans le pathos, le larmoyant, les bons sentiments à la louche qu’on aurait pu craindre avec un tel sujet. Et on admire les prouesses techniques. Les personnages qui parlent avec de vraies voix d’enfants, sont des figurines aux grands yeux ronds animées image par image. Le film a ainsi nécessité dix-huit mois de tournage, une centaine de techniciens et un budget de six millions d’euros.

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Festival de Cannes "Mademoiselle" un thriller romantico-érotique titille la Croisette

amademoiselle.jpegIl avait fait une entrée tonitruante en compétition en 2004 avec Old Boy en raflant le Grand prix du jury. Cinq ans plus tard Thirst, ceci est mon sang lui permettait de remporter celui du jury. Pour la troisième fois, le Sud-Coren Park Chan-Wook vise la Palme d’or avec Mademoiselle. Une adaptation libre d’un roman britannique, transposé de l’Angleterre victorienne en Corée dans les années 30, pendant la colonisation nippone.

Une jeune femme (Sookee) est engagée comme servante d’une riche japonaise (Hideko), vivant recluse dans un immense manoir sous la coupe d’un oncle érotomane et tyrannique. Mais Sookee dissimule la noirceur de son âme sous son visage d'ange. Aidée d’un escroc se faisant passer pour un comte japonais, elle concocte un autre plan pour Hideko, peut-être pas aussi ingénue et naïve qu’elle en a l’air…

Mise en scène, cadrages, photographie tout est magnifique dans ce drame en costumes. Sublimé par l’affolante beauté des deux comédiennes Kim Min-Hee et Kim Tae-Ri qui s’exposent dans leur somptueuse nudité lors d’une scène d’amour d’un raffinement extrême.

Trop sans doute pour les fans du Park Chan-Wook violent et transgressif, qui regretteront de le voir assagi, même s’il n'hésite pas à couper sadiquement quelques doigts. On peut également lui reprocher une volonté très démonstrative dans une deuxième partie frisant le didactisme à travers un autre point de vue, comme pour être certain qu’il s’est bien fait comprendre

Mais peu importe. On est emballé par ce thriller romantico-sensuelo-érotique à rebondissements surprenants, ce suspense d’inspiration hitchcockienne ne manquant par ailleurs pas d’humour, sur fond d’arnaqueurs arnaqués, de jeu de dupes, de manipulations, de faux semblants et autres identités trompeuses.

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15/05/2016

Festival de Cannes: "L'économie du couple", une pépite à la Quinzaine des réalisateurs

lafosse.jpgIl y a des films qui vous attrapent dès la première image. Comme  L’économie du couple, présenté à la Quinzaine des réalisateurs. Il suffit que de voir Marie rentrer à la maison et y découvrir, très contrariée, Boris qui ne devait pas s’y trouver ce jour-là, pour savoir que le réalisateur Joachim Lafosse ne nous lâchera plus. Les longs applaudissements nourris qui ont salué la présence sur scène du talentueux Belge, accompagné de ses deux comédiens Bérénice Bejo et Cédric Kahn étaient là pour prouver à quel point il a tapé juste tout au long de son étude de comportement d’une subtilité à rendre un psy jaloux.

Après 15 ans de vie commune, c’est le désamour. Marie et Boris ont décidé de se séparer. Problème, c’est elle qui a payé la maison et lui qui l’a rénovée. Dans l’impossibilité de se loger ailleurs faute de moyens financiers, Boris est obligé de cohabiter avec son ex-compagne et leurs jumelles. Mais Marie ne le supporte plus et veut qu’il parte. Elle déteste tout chez lui et se demande comment elle a pu l’aimer.

Même si toute la suite du film tend en montrer la raison c’est, sous les yeux des deux fillettes qui évidemment en souffrent, l’heure des reproches, des engueulades monstres et des règlements de compte impitoyables. Tout tourne autour de l’argent, de qui a amené quoi, payé quoi. Pour Joachim Lafosse, reconnaissant le côté autobiographique de l’œuvre où il parle aussi de sa génération, celle des quadras, l’argent dans un couple c’est souvent plus un symptôme qu’une cause permettant et justifiant la dispute. Un symptôme qui cache aussi des choses émouvantes, tristes, la manière dont on est reconnu ou pas pour ce qu’on a fait ou pas.

L’économie du couple » est une vraie réussite à laquelle les acteurs, étonnants de sobriété et de réalisme contribuent largement. Cédric Kahn, généralement plus connu comme cinéaste et scénariste, se révèle formidable. A l’instar de l’excellentissime Bérénice Bejo. La lumineuse partenaire de Jean Dujardin dans The Artist en 2011, est également à l’affiche du romanesque et tragique Fais de beaux rêves de Marco Bellochio, qui a ouvert la Quinzaine. Et on ne manquera pas de signaler la présence de Marthe Keller, présidente en outre du jury de la section Un certain regard.

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13/05/2016

Festival de Cannes: "Victoria" a ouvert la Semaine de la critique avec la craquante Virginie Efira

avictoria.jpgIl y a trois ans, la réalisatrice faisait courir les festivaliers avec  La Bataille de Solférino, qui mettait en scène un couple hystérique lors de l’élection présidentielle de 2012. Dans Victoria, elle dévoile brillamment ses obsessions en évoquant les démêlés d’une avocate pénaliste mère de deux petites filles. La trentaine sexy, naviguant sur une corde raide avec un art consommé du cataclysme, elle est à la recherche d’un difficile équilibre entre sa vie professionnelle et sa vie amoureuse.

Mais les choses ne vont pas s’arranger lorsqu’elle retrouve à un mariage son ami Vincent, accusé du meurtre de sa compagne. Il la supplie de le défendre. Très réticente, elle finit par accepter (ce qui lui vaudra plus tard six mois de suspension pour offense à l’éthique), tout en embauchant Sam, un ex-petit dealer qu’elle avait tiré d’affaire, comme baby-sitter. Il s’incruste sur son canapé, passant du colocataire à l’assistant, puis à l’amant.

Sous influence sexuelle

Cette comédie romantico-barjo sous influence sexuelle même si Justine Triet n’en montre pas beaucoup, se double d’une satire du couple, mêlant aussi enfants, justice, argent. Elle est portée de bout en bout par l’excellente Virginie Efira, désarmante de naturel. Belle, intelligente, en plein chaos sentimental, elle est en outre harcelée par son ex qui lui pourrit la vie dans son blog. Accumulant les boulettes avec une rare inconscience, elle tente d’analyser ses angoisses et ses névroses entre une voyante et ses deux psys.

Vincent Lacoste est lui aussi parfait en jeune homme charmeur à la grâce candide, un rien cynique avec une touche de virilité, tout comme Melvil Poupaud, dont l’innocence dissimule un irrésistible petit côté pervers.

A noter qu’on reverra Virginie Efira dans Elle de Paul Verhoeven, en lice pour la Palme d’or. Elle joue un petit rôle aux côtés d'Isabelle Huppert et de Vincent Lafitte, qui s'est fait beaucoup remarquer en maître de cérémonie lors de la soirée d'ouverture du festival. Notamment par Woody Allen qu'il n'a pas épargné.

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11/05/2016

Festival de Cannes: Pour Woody Allen, la compétition est un non-sens dans le domaine artistique

19421449.jpg-cx_160_213_x-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxx[1].jpgSans surprise, Woody Allen avait rameuté la grande foule de journalistes, battant longuement la semelle pour tenter d’assister à la conférence de presse du maestro. Qui n'a pas échappé à la question récurrente. Pourquoi refuse-t-il de s’aligner en compétition?

"C’est bien pour le sport, mais je n’y crois pas dans le domaine artistique. Là, on ne peut pas déterminer le mieux. Pour moi c’est le contraire du bon sens. Personnellement je serais incapable de juger l’oeuvre d’autres auteurs. Mais je suis content de passer quelques jours à France, de venir à Cannes, de parler des films, de voir des gens pour le business". 

Dans Café Society, dont il a écrit tous les dialogues "tout en laissant ses comédiens en faire ce qu’ils veulent", il est le narrateur. "Au départ le film devait avoir la structure d’un roman, être présenté sous forme d’un livre. J’ai donc décidé de faire la voix off. En plus, cela m’a coûté moins cher… "

Woody Allen a toujours pensé être un romantique. "J’ai voulu présenter New York de cette façon. Pour moi, Café Society est un film romantique" Pas seulement à en croire cette réplique: "La vie est une comédie écrite par un auteur sadique". Woody Allen explique : «La vie est amusante. Un mari trompe sa femme et va voir sa m?iitresse. On rit de cette situation drôle. Mais en fait on rit de quelque chose empreint de tristesse et de cruauté ».

On voit généralement Le jeune héros incarné par Jesse Eisenberg comme un alter ego d’un Woody jeune. Ce n’est pas l’avis du réalisateur. "Je ne crois pas qu’il parle comme moi Ce garçon ne me ressemble pas. Il n’a rien à voir avec moi. Je ne suis pas allé tenter ma chance à Hollywood. Sa vie n’est pas la mienne. Si elle la rappelle, c’est de très loin".

A propos de Hollywood, il dit qu’à l’époque les lieux étaient dominés par les studios avec des gens prêts à s’entretuer.  "Un vrai carnage pour arriver. Mais c’est aussi le cas à Wall Street et en politique. Sauf que cela se voit davantage à Hollywood où tout est médiatisé à l’échelle planétaire". 

Même s’il reconnaît avec humour avoir quelques problèmes d’audition et ne plus être très jeune, Woody Allen n'est pas près de se sentir vieux. Quand on lui parle de son âge, 81 ans, il n’y croit pas. "Je suis agile, je mange bien, je fais de l’exercice. Mes parents ont vécu presque jusqu’à cent ans... " Avec ses bons gènes, le pétulant octogénaire n’a pas fini de nous surprendre, s’il continue au rythme d’un film par an!

"Café Society" est à l'affiche depuis aujourd'hui 11 mai.

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Festival de Cannes: Woody Allen plonge dans les années 30 entre New York et Hollywood

akristen.jpgUn nouveau Woody Allen c’est toujours excitant, en principe. Et on en a un chaque année. C’est sa cadence. De plus, pour la troisième fois, il fait l’ouverture de Cannes. Avec Café Society, il nous plonge dans l’ambiance des années 30 pour nous raconter les aventures de Bobby (Jesse Eisenberg), un jeune New-Yorkais, doux rêveur gauche et timide, qui décide de tenter sa chance à Hollywood.

Presque un crime de lèse-majesté que de prendre la direction de la Côte Ouest pour l’adorateur de Big Apple! Il faut dire que Bobby commence à en avoir ras-le- bol de sa vie entre des parents qui ne cessent de s’engueuler même si c’est leur manière de s’aimer, un avenir bouché dans la modeste bijouterie paternelle du Bronx et un frère gangster.

Par chance, il est engagé comme coursier par son oncle Phil (Steve Carrell), qui fait un peu la pluie et le beau temps dans la Mecque du cinéma. Le tonton a une assistante, Vonnie, (Kristen Stewart), canon mais différente des sulfureuses créatures qui l’entourent. Ambitieuse, elle reste lucide sur la superficialité des lieux et du monde qu’elle fait découvrir à Bobby. Rien d’étonnant donc à ce qu’il en tombe amoureux. Mais ce n’est pas réciproque. Elle en aime un autre, qui l’aime aussi. Enfin peut-être, ou finalement non…

allenwoody.jpgGlamour californien et chic new-yorkais

En attendant Woody Allen, qui assure lui-même la voix off, nous promène dans un univers où on croise une foule de personnage, de la vedette au milliardaire, en passant par le séducteur, le magouilleur le mondain, la débutante, le bandit ou le politique. On navigue ainsi entre le glamour californien et le chic new-yorkais, en compagnie de Bobby qui a fait le chemin inverse pour devenir le roi de la nuit…

Ce portrait d’une époque, mêlé à une petite saga familiale, sert évidemment de prétexte à Woody Allen pour opposer deux villes. D’un côté Los Angeles et ses stars, de l’autre New York ses célébrités et ses clubs de jazz à la mode. Le réalisateur séduit certes par son ton et son style. Sauf qu’on l’aurait souhaité nettement plus aiguisé, plus cynique, plus mordant. Vachard en somme.

En résumé, moins excitant qu'espéré le dernier-né du maestro. où la forme l’emporte sur le fond. On reste sur notre faim en dépit de la mise en scène, de la bande-son et des comédiens qui assurent. A commencer par Kristen Stewart.

A l’affiche dès ce mercredi 11 mai.

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09/05/2016

Festival de Cannes. une 69e édition avec des valeurs sûres et une pléiade de stars

affiche.jpgUn homme monte les marches de la villa Malaparte face à la Méditerranée. Cette image en forme de symbole, tirée du Mépris sorti en 1963, c’est l’affiche de la 69e édition du Festival de Cannes. Un hommage à Jean-Luc Godard après celui rendu l’an dernier à Ingrid Bergman.

Quant au grimpeur Michel Piccoli, qui incarnait un couple à la dérive avec Brigitte Bardot dans le film, il sera le premier à fouler le tapis rouge, le 11 mai. Pour la troisième fois Woody Allen ouvrira les feux en présentant Café Society. Dans les rôles principaux, Kristen Stewart (l’une des reines de Cannes), Jesse Eisenberg et Steve Carell.

Après avoir visionné 1869 films, le comité de sélection en a retenu 53 en provenance de 28 pays, dont 21 en lice pour la Palme d’or, dix-huit dans la section Un Certain Regard, cinq hors compétition, trois en séance de minuit et six en séances spéciales. Sept sont des premières œuvres.

Côté concours, colonne vertébrale de la prestigieuse grand-messe de la pellicule, on a principalement misé sur des valeurs sûres, comme en témoigne la liste des élus, dont trois femmes. Leurs œuvres seront soumises au verdict du jury présidé par l’Australien George Miller, entouré des actrices Kirsten Dunst, Valeria Golino, Vanessa Paradis, de la productrice iranienne Katayoon Shahabi, des acteurs Arnaud Depleschin, Mads Mikkelsen et Donald Sutherland.

Les Français sont les plus représentés avec quatre cinéastes, Nicole Garcia (Mal de
pierres) Olivier Assayas (Personal Shopper) Buno Dumont (Ma Loute) Alain Giraudie (Rester vertical). Ils devancent trois Américains, Sean Penn (The Last Face) Jim Jarmush (Paterson) Jeff Nichols( (Loving) deux Roumains, Cristian Mungiu (Baccalauréat) Cristi Puiu (Sireranevada) et deux Britanniques, Ken Loach (I, Daniel Blake), Andrea Arnold (American Honey).

Suivent les frères Dardenne (Belgique) qui retentent le triplé avec La fille inconnue, l’Espagnol Pedro Almodovar (Julieta) le Québécois Xavier Dolan (Juste la fin du monde) le Philippin Brillante Mendoza (Ma’Rosa)le Danois Nicolas WindingRefn (The Neon Demon), le Hollandais Paul Verhoeven (Elle) le Brésilien Kleber Mendonça Filho (Aquarius), le Sud-Coréen Park Chan -Wook (Agassi), l’Iranien Ashgar Farhadi (The Salesman) et une nouvelle venue Maren Ade (Toni Erdmann) qui signe un retour attendu de l’Allemagne en concours. Grands absents en revanche, les Italiens, après une belle représentation en 2015.

akirsten.jpgDevant la caméra, ce qui a fait dire au délégué général Thierry Frémaux que «c’est plutôt un festival avec beaucoup de stars», on notera pêle-mêle, outre celle de Kristen Stewart (déjà citée et ici avec Jesse Eisenberg et Woody Allen), la présence de Charlize Theron, Adèle Exarchopoulos, Léa Seydoux, Isabelle Huppert, Marion Cotillard, Adèle Haenel, Juliette Binoche, Valeria Bruni-Tedeschi, Vincent Cassel, Ryan Gosling, Javier Bardem, Russel Crowe, Fabrice Luchini, ou encore Adam Driver.

Par ailleurs, le jury de la section Un certain regard sera présidé par Marthe Keller, celui de la section parallèle, La Semaine de la critique, par Valérie Donzelli. De son côté, le directeur de la Quinzaine des réalisateurs Edouard Waintrop annonce dix-huit longs-métrages, dont Ma vie de courgette, un film d’animation du Valaisan Claude Barras sur un scénario de Céline Sciamma.

Enfin pour succéder à Lambert Wilson le festival a choisi le comédien et humoriste Laurent Lafitte comme maître de cérémonie, Il animera l'ouverture le 11 mai et la clôture le 22 mai, où sera projetée la Palme d'or.

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