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  • Grand écran: "Just Mercy", plaidoyer poignant contre le racisme et la peine de mort

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    Just-Mercy-Movie-Quotes-1024x576.jpgAvec Just Mercy (La Voie de la justice), Destin Daniel Cretton propose un  long métrage dramatique où il dénonce durement le racisme et l’iniquité du système judiciaire américain. Il se base sur le cas réel de Walter McMillian (Jamie Foxx) promis à la chaise électrique pour le meurtre de Ronda Morrison, une jeune fille blanche de 18 ans en 1987. Il n’a pas commis ce crime comme l’attestent de multiples preuves. Ainsi qu’un unique témoignage. Mais il provient d’un criminel aux motivations douteuses.

    Walter McMillian est ardemment défendu par Bryan Stevenson (Michael B. Jordan). Alors qu’il aurait pu embrasser une carrière lucrative après de solides études à Harvard, le jeune avocat noir a décidé de se rendre en Alabama pour venir en aide à ceux qui ont été condamnés à tort, avec le soutien d’une militante locale, Eva Ansley. Le  film est adapté de son livre autobiographque A Story Of Justice and Redemption. 

    McMillian est justement l’un des premiers cas de Stevenson, qui s'est battu pour la vérité et a fondé l'America's Equal Justice Initiative (EJI). Pendant six ans, il sera embarqué dans un embrouillamini juridique et politique, tout en devant affronter un racisme chronique, qui sévit plus particulièrement dans les états du sud.

    Les oeuvres sur les erreurs judiciaires tragiques ne manquent pas et Destin Daniel Cretton ne révolutionne pas le genre avec sa mise en scène classique et sa reconstitution modeste. Mais en se saisissant de cette histoire forte, il propose un film utile, édifiant, poignant, sans pathos ou sensationnalisme, sur la discrimination et la criminalisation systématiques des Afro-Américains. Tout en se livrant à un puissant réquisitoire contre la peine de mort.

    Just Mercy vaut aussi par l’excellente prestation de ses deux acteurs. Jamie Foxx est émouvant de dignité dans le rôle de cet homme injustement condamné et Michael B. Jordan très convaincant dans celui de l’avocat idéaliste, brillant, tenace et vertueux.

     A l’affiche dans les salles de Suisse romande depuis mercredi 29 janvier.

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  • Grand écran: "Little Joe", la fleur du bonheur qui peine à rendre heureux...

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    little-joe-trailer_jpg_1200x0_crop_q85.jpgMère célibataire, Alice, phytogénéticienne obsédée par son travail, s’investit à fond dans une société spécialisée dans le développement de nouvelles espèces de plantes. Elle a conçu une fleur très particulière, d’un magnifique rouge, aussi remarquable pour sa beauté qu’intéressante pour ses vertus thérapeutiques.

    En effet, si on la conserve à la bonne température, si on la nourrit bien et si on n’oublie pas de lui parler régulièrement, la plante rend son propriétaire heureux. Alice va alors enfreindre le règlement en offrant une de ces fleurs du bonheur à Joe, son fils adolescent. Ils vont la baptiser "Little Joe". Mais, à mesure que sa création grandit, Alice se demande si elle procure vraiment la félicité qu’elle l’imagine.

    Pour son premier film en anglais, la réalisatrice autrichienne Jessica Hauser éléve et assistante du grand Michael Haneke propose une fable auteuriste et sophistiquée sur les dangers des manipulations génétiques. Le sujet était prometteur, mais on voit tout venir de loin et du coup le résultat n’est pas à la hauteur des ambitions de l’auteure.

    Surfant sur le fantastique mâtiné d’un brin d’horreur, ce thriller parano se déroule dans une atmosphère d’une froideur clinique. Il se veut inquiétant et anxiogène mais, peu subtil, lent et surtout dénué de tension dramatique, il ne réussit pas à provoquer le malaise souhaité. En fait, on s’ennuie plutôt dans l’histoire.

    Si Little Joe ne tient pas ses promesses, son héroïne incarnée par Emily Beecham a elle bien tiré son épingle du jeu. Bizarrement d’ailleurs. En effet on ne sait trop pourquoi, vu le nombre  d'autres comédiennes plus méritantes, le jury lui a décerné le prix de l’interprétation au dernier Festival de Cannes. Gustibus coloribusque…

    A l’affiche dans les salles de Suisse romande depuis mercredi 29 janvier.

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  • Les Grands Chelems, un véritable cauchemar pour les Français

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    2758845-56998910-2560-1440.jpgComme Il y a un bout de temps que je ne m’étais pas penchée sur la question, j’en croyais encore moins mes oreilles que d’ordinaire, en entendant certains commentateurs sur Eurosport depuis le début de l’Open d’Australie. Par exemple celui-ci: «On comprend pourquoi Simon fait une carrière extraordinaire», remarquait Arnaud Clément.

    Alors certes, le Tricolore a été 6e mondial, il a remporté la Coupe Davis en 2017 et gagné quatorze tournois du circuit principal. Mais son titre le plus important n’est qu’un ATP 500. Alors d’ici à trouver la chose époustouflante, il y a un pas. D’autant que Clément a exprimé son admiration pour le prodigieux Gilou après… sa défaite face à l’Australien Nick Kyrgios.

    Et cela à l’image des… quinze autres Bleus, hommes et femmes confondus, dès le …deuxième tour du tournoi. Evidemment, ça craint. Sauf que c’est dans le fond assez banal. J’avais tout simplement oublié à quel point les Grands Chelems ne cessent d’être un véritable cauchemar pour nos chers voisins, depuis cette fameuse victoire de Noah à Roland Garros le 5 juin 1983, dont ses compatriotes doivent de surcroît être désormais les seuls à s’en souvenir.

    2757947-56980957-1600-900.jpgEt ça ne risque pas franchement de s’arranger à Melbourne, Monfils demeurant leur unique représentant au stade des seizièmes de finale. Il est vrai que les consultants de la chaîne ne sont pas loin de croire à ses chances dans la course au titre, si j’en juge par la fine analyse de Jean-Paul Loth, selon laquelle Gaël détient une sorte de record en «remettant des balles que personne d’autre ne parvient à ramener».

    Amour quand tu nous tiens, bonjour l’aveuglement! Remarquez, j’aurais pu trouver le grand spécialiste de la raquette émouvant si, dans le même temps, il ne s’était pas mis à mégoter avec mépris sur la victoire qualifiée de carrément indigne de Wawrinka contre le valeureux Italien Seppi, qui ne méritait pas l’humiliant affront infligé par le Suisse aussi «peureux que peu entreprenant».

    J’avoue n’avoir jamais entendu les experts hexagonaux faire autant la fine bouche face à un succès des leurs quelle que soit la manière de le remporter. Du coup je me dois de résumer. Côté Français, dix-sept au départ, seize au tapis, dont d'étincelants espoirs. Côté Suisses cinq en lice, trois toujours en course. Cherchez l’erreur…

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  • Grand écran: avec "1917", Sam Mendes nous emmène en enfer. Un film immersif, haletant, éprouvant

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    fmc_mc_1917.jpgLe pari est plutôt rare et casse-gueule. Un film conçu comme un seul plan-séquence de deux heures. Sam Mendes a audacieusement et brillamment relevé le défi avec 1917, une époustouflante prouesse technique où il propose une course quasi ininterrompue (il y a forcément quelques coupures) de deux soldats britanniques contre la montre et contre la mort.

    Cet exploit, où l’auteur déjà oscarisé trois fois pour American Beauty, Les sentiers de la perdition et Skyfall, réussit à ne pas sacrifier la dimension humaine et émotionnelle, lui a permis de rafler le 5 janvier dernier deux Golden Globes, dont celui de la meilleure œuvre dramatique. A nouveau parmi les favoris aux Oscars, il pourrait faire coup double si Joker ne dynamite pas cette 92e édition le 9 février prochain, avec ses onze nominations.

    Une mission impossible

    L’histoire est inspirée de celles que lui racontait son grand-père, engagé volontaire. Dans un contexte historique, la bataille des Flandres, Sam Mendes construit une l’intrigue simple. Le 6 avril 1917, alors qu’ils se reposent dans un champ de blé, une scène bucolique, les jeunes caporaux Blake (Dean-Charles Chapman) et Schofield (Georges McKay) reçoivent l’ordre d’aller voir leur commandant.

    5e15a6cdb41d26.50584974-e1578479656413-580x372.jpgCe dernier leur assigne une mission impossible. Porteurs d’un message qui pourrait empêcher une tuerie, ils doivent sortir des tranchées, franchir les barbelés, traverser la zone démilitarisée et une partie des lignes allemandes pour aller avertir un autre bataillon de ne pas attaquer l’ennemi. Faute de quoi 1600 hommes, dont le frère de Blake, tomberont dans un piège et seront tous massacrés.

    La caméra sur les talons, elle ne les lâchera jamais, les deux hommes nous emmènent en enfer. Le réalisateur a choisi des acteurs peu connus (même s’ils éclatent à l’écran) pour que les spectateurs se sentent plus proches d’eux et, ce qui n’aurait pas été le cas avec des stars, doutent de leur chance de survie. C’est réussi. A chaque avancée entre les explosions, dans le sang, dans la boue des tranchées et des champs de bataille défoncés par les obus, on redoute le pire pour les deux héros.

    Immersion totale

    D’où le suspense presque insoutenable que nous fait vivre cet opus virtuose à tous égards, totalement immersif, captivant, éprouvant. Il nous prend aux tripes en nous plongeant au plus près de l’horreur de la guerre, de sa folie meurtrière, nous laissant ressentir physiquement la peur et l’angoisse de ces deux soldats bouleversants de de courage.

    1917 est plus haletant dans sa première partie. La seconde se révèle moins prenante en raison de trop nombreux rebondissements parfois improbables, à l’image d’une longue traversée dans les eaux tumultueuses d’une rivière jonchée de cadavres, qu’il faut enjamber pour regagner la rive. Mais cette œuvre très personnelle n’en reste pas moins un grand film.

    A l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 15 janvier.

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  • Grand écran: "Seules les bêtes", un polar rural inquiétant, tortueux et mystérieux

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    CHANSON-4_960x500_acf_cropped.jpgUne femme disparaît. Le lendemain d’une tempête de neige, sa voiture est retrouvée sur une route conduisant au plateau où subsistent quelques fermes isolées. Les gendarmes n'ont aucune piste, mais cinq personnes sont liées à cette disparition. Chacune a son secret, mais personne ne se doute que cette histoire a commencé́ loin de cette froide montagne venteuse, sur un continent où la chaleur règne. Mais où certains se débrouillent pour rendre la pauvreté moins pénible au soleil…

    Vingt ans après Harry, un ami qui vous veut du bien, où il nous emportait par son art de la manipulation et de la perversion, Dominik Moll, confirmant son talent de conteur et de metteur en scène, récidive dans le genre avec Seules les bêtes, adapté du roman éponyme de Colin Niel et chapitré selon les prénoms des cinq personnages. 

    Dans ce polar rural noir, inquiétant et tortueux qui se mue petit à petit en drame psycho-pathétique, Il livre un récit troublant, aussi mystérieux, complexe et fascinant que ses personnages en quête de bonheur, mais aux curieuses motivations. Qu’il s’agisse du paysan collé à son ordinateur ou souffrant d’abandon, de la bourgeoise évanouie dans la nature ou de la jeune fille se remettant d'une peine de cœur dans les bras de cette dernière (photo).

    Cette glaçante, grinçante et énigmatique intrigue avance par couches et indices successifs, le cinéaste adoptant tour à tour les points de vue des personnages principaux. Du plateau de Causse enneigé, il nous emmène en Côte d’Ivoire où de jeunes hackers, les Brouteurs, piègent des hommes en mal d’amour en fabriquant de faux profils féminins pour leur piquer leur argent. Réaliste et convaincant, Dominik Moll explore la solitude contemporaine, les dégâts de la misère affective, en traitant de l’illusion aux effets dramatiques des réseaux sociaux sur des proies faciles.

    Si le sixième long métrage en forme de puzzle de Dominik Moll est une réussite, en dépit de retournements et d’un dénouement plus ou moins extravagants mais peu importe en l’occurrence, il le doit évidemment aussi à ses comédiens. Ils sont tous formidables à l’image de Denis Ménochet confondant de naïveté, de l’intense Laure Calamy, du taiseux Damien Bonnard, ou encore de la cruelle Valeria Bruni Tedeschi, bobo qui surprend par une dureté inhabituelle.

    A l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 8 décembre.

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