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  • Grand écran: dans "Le regard de Charles", Aznavour se dévoile, homme derrière la star

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    image.jpg«Vous m’avez beaucoup vu. C’est votre regard qui m’a fait. Mais ce que vous ne savez pas c’est que moi aussi je vous ai regardés et ça m’a fait quelque chose. Ma caméra m’a ramené vers vous …. »  

    Ces mots, Charles Aznavour les prononce au début du documentaire émouvant et singulier réalisé par Marc Di Domenico et qui sort à l’occasion du premier anniversaire de la mort du célèbre chanteur-acteur le 1er octobre 1918. Il réunit des images que l’artiste aux 1000 chansons, aux 180 millions d’albums et à la soixantaine de rôles, a lui-même filmées au fil des ans. Elles sont entrecoupées d'archives télévisuelles. 

    Quelques mois avant sa disparition, Aznavour décide d’en faire un film, Le regard de Charles et donne à Marc Di Domenico accès à une masse de matériel, entreposé depuis des décennies dans une pièce de sa résidence provençale et immortalisé par une petite caméra offerte par Edith Piaf en 1848.

    Un regard multiple

    Jusqu’en 1982, elle ne quittera plus le chanteur, légende mondiale, qui posait sur son existence et celle des autres un oeil de cinéaste. Il l’emportait partout avec lui, filmant son quotidien, ses voyages, ses succès, enregistrant des instants de vie, les lieux qu’il traverse, les gens qu'il rencontre et, comme dit sa chanson, ses amis, ses amours, ses emmerdes.

    Le-Regard-de-Charles-11-950x520.jpgCar le regard de Charles est multiple. Il y a celui qu’il portait sur le monde lors de ses voyages en Afrique, en Asie, en Amérique latine, où il filmait le peuple, les anonymes, qu'il préférait aux monuments. Il y a le regard de l’amoureux sur Micheline, Edith ses deux premières épouses et évidemment sur Ulla (photo), la femme de sa vie qu’il a épousée en 1967.

    Il y a aussi son regard sur ses parents, émigrants arméniens dont il est si fier. Ou encore celui heureux du père comblé de quatre enfants et celui, douloureux, du père tourmenté par la mort de son fils Patrick d’une overdose à 25 ans.
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    En découvrant ce que Charles a filmé, Marc Di Domenico tombe sous le charme, comme il nous le dit lors d’une récente rencontre à Genève en compagnie de Mischa, le cadet de la famille. «J’ai trouvé des choses inattendues, non conventionnelles, un parcours initiatique, la vision d’un homme sur l’altérité, sa volonté de réussir sa vie, Par ailleurs, les images n’étaient pas celles d’un simple touriste, elles étaient composées. Ce qui n’a rien d’étonnant, Charles ayant toujours voulu être réalisateur».

    Construit comme un album

    L’opus, dont le texte est dit par le comédien Romain Duris, un excellent choix, est construit comme un album avec des chansons qui structurent un texte évoquant les voyages, les femmes, la carrière. «J’avais envie de relater un journal à la fois intime et universel. Une traversée du siècle et en même temps des choses qui sont communes à beaucoup de gens».

    Tous les aspects de la personnalité de Charles sont abordés, dont son goût pour les relations dévastatrices, pour l’argent. «J’ai joui d’une totale liberté à cet égard. Par exemple de qu’il y a eu avant Ulla n’a pas été censuré. Comme l’abandon de sa première femme quand il part au Canada, la mort de Patrick, le fait qu’il aimait l’argent. J’en avais, j’étais content de moi, dit-il. Pour moi, cela ne fait qu’humaniser davantage un homme qui a dû se battre pour imposer son physique et sa voix. Il a construit sa formidable relation avec le public contre les médias».

    A l’affiche dans les salles de Suisse romande depuis le 27 novembre.

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  • Grand écran: "A couteaux tirés", comédie policière à la Agatha Christie. Avec Daniel Craig

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    479897-a-couteaux-tires-de-rian-johnson-bande-annonce.jpgCélèbre et richissime auteur de polars, Harlan Thrombey est retrouvé mort dans son lit la gorge tranchée, le soir de ses 85 ans.  La thèse du suicide est esquissée en dépit de la violence du geste, mais les spectateurs, contrairement aux proches du patriarche, sont rapidement informés qu’il n’en est rien.

    C’est alors que débarque dans le somptueux manoir des Thrombey le détective Benoit Blanc, engagé par un commanditaire anonyme afin d’élucider l’affaire. Tandis que la famille complètement tordue du vieil Harlan, plus préoccupée par l’ouverture de son testament que par la cause de sa mort, se déchire, Blanc se lance dans une enquête mouvementée, où se multiplient rebondissements, mensonges, révélations, indices probants, pistes douteuses et faux semblants.

    Cette malicieuse et jubilatoire comédie policière à suspense en forme de whodunit renouvelé, huis-clos burlesque très divertissant au rythme soutenu, à la mise en scène astucieuse, aux dialogues caustiques et à l’humour noir, donne un parfum très british à ce film américain.
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    Entre deux productions Star Wars, son auteur Rian Johnson s’offre ainsi une petite balade récréative avec ce cluedo géant. Sophistiquée, l’intrigue oscille entre Agatha Christie et Hitchcock. avec un détective façon Hercule Poirot mâtiné de Columbo. Il est incarné par un irrésistible Daniel Craig à l’accent sudiste, qui révèle son talent comique.

    Chris Evans, Jamie Lee Curtis, Toni Colette, Michael Shannon, Don Johnson ou encore Ana de Armas, qui sera du nouveau James Bond, complètent ce casting cinq étoiles. Tous sont soupçonnés d'avoir assassiné Harlan (Christopher Plummer), ce qui n’est pas étonnant chacun, hypocrite, intéresse, détestable, méprisable, hautain ou arrogant ayant quelque chose à cacher. Y compris Ana de Armas, infirmière dévouée mais peut-être pas si blanche colombe que ça. Même si Daniel Craig la prend sous son aile pour jouer les Watson.

    A l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 27 novembre.

  • Grand écran: l'homme face à la nature dans "Viendra le feu"

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    cinema_-_espagne_-_oliver_laxe_-_viendra_le_feu_-_2019.jpgL’ouverture, dans une nuit éclairée par un halo de lumière, est saisissante. D’énormes engins détruisent des eucalyptus considérés par certains comme nuisibles. Ils s’écroulent les uns après les autres. Et puis soudain un arbre immense se dresse contre les bulldozers comme pour échapper à sa funeste destinée. Un affrontement mystique lourd de menace entre les hommes et la nature, qui donne le ton à Viendra le feu.

    Le réalisateur Olivier Laxe s’intéresse ensuite à Amador Coro, un supposé pyromane ascétique au visage émacié, aux épaules tombantes et à l’expression morne. Un taiseux dur au travail, brimé, buté, un pestiféré apparemment rongé par un feu intérieur. On n’en saura pas beaucoup plus sur ce personnage énigmatique. Tout juste sorti de prison, il va se réfugier chez sa mère Benedicta dans les montagnes galiciennes.

    Sur la petite exploitation agricole, leur modeste quotidien se déroule au rythme des saisons, se limitant à allumer la gazinière ou à conduire leurs trois vaches aux champs. Jusqu’au gigantesque incendie annoncé par le titre et qui va tout détruire. Des scènes filmées au plus près des flammes, un exploit, symbolisent une nature qui se venge..

    Troisième long métrage de l’auteur, cette singulière parabole rurale minimaliste, contemplative, à la mise en scène sèche, qu’illuminent parfois des images d’une rare beauté, avait décroché prix du jury dans la section cannoise Un Certain Regard. Elle se révèle à la fois dépouillée, spectaculaire et ardente. Dommage pourtant qu'en dehors des magnifiques séquences inaugurale et finale, l’incandescence ne se propage pas à tout le récit.

    A l’affiche dans les salles de Suisse romande dès le mercredi 27 novembre.

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  • Grand écran: "Proxima" révèle le conflit intérieur d'une mère à la conquête de l'espace

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    1335229.jpgAstronaute française, Sarah s'apprête à s’envoler vers les étoiles en compagnie de deux confrères américain et russe pour une mission d’un an. Alors qu’elle suit un entraînement rigoureux, elle se prépare aussi et surtout à quitter sa fille de huit ans. Un film magnifiquement porté par Eva Green, qui se coule avec force et sensibilité dans le rôle complexe d’une mère profondément attachée à son enfant, doublée d’une super héroïne à la conquête de l’espace.

    Avec Proxima, Alice Winocour, fascinée par le sujet depuis l’enfance, propose une oeuvre métaphorique, immersive, sur la séparation, la douleur du départ, des adieux. Elle évoque, dans ce troisième long métrage, une femme qui va devoir couper le cordon ombilical la reliant à la fois à sa fille et à la Terre. Les deux sont difficiles, mais permettront également la libération, l’apaisement.

    Ce parti pris d’une émouvante et fusionnelle relation mère-fille, fait ainsi de Proxima le plus terrien des films spatiaux. Délaissant la science-fiction, Alice Winocour ne nous emmènera pas dans des planètes lointaines, préférant au voyage spectaculaire dans l’immensité galactique dont on ne verra aucune image, un parcours psychologique intime, se concentrant sur le conflit intérieur d’une mère en voie d’accomplir l’exploit d’une vie et ce qu’elle doit sacrifier pour y parvenir.

    Dans cet opus original, sobre, résolument féministe, l’auteure s’adresse ainsi à toutes les mères tiraillées, montrant comment l’idéal de la maman parfaite provoque de l’autocensure, un conditionnement social entre s’occuper de sa progéniture et réaliser ses rêves. Un obstacle qu’elles doivent franchir, les deux n’étant pas incompatibles.

    Préparation folle et machisme ambiant

    Tourné dans de vrais centres spatiaux, et donc dans des décors réels, Proxima montre par ailleurs le degré hallucinant de préparation nécessaire à une expédition hors norme, la dureté extrême de l’entraînement dans une centrifugeuse, une piscine, ce qui constitue en fait la plus grande partie de l’existence des astronautes.

    La pression est intense, surtout pour Sarah qui évolue de surcroît dans un univers d’hommes, ses consoeurs représentant un petit dix pour cent dans la profession. Elle se frotte au machisme ambiant, notamment à celui de son chef incarné par Matt Dillon. Qui se croit drôle en plaisantant lourdement au début (il changera heureusement par la suite). sur la grande chance de l’équipage d’avoir à bord une femme, Française en plus, et donc très douée… en cuisine. On lui demande aussi si elle veut continuer à avoir ses règles. Le cas échéant le poids des tampons sera déduit… Des scènes en-dessous de la réalité selon Alice Winocour.

    A l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 27 novembre.

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  • Grand écran: "Chanson douce" vire à la ballade horrifique. Avec Karin Viard impressionnante

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    chanson-doucewebok.jpgPaul et Myriam ont une fille de cinq ans, Mila et un bébé de onze mois, Adam. Ne supportant plus de rester entre ses quatre murs, Myriam souhaite reprendre son travail d’avocate. Avec son mari musicien, elle se met à la recherche d’une nounou. Après en avoir vu plusieurs, ils embauchent l’expérimentée Louise, qui gagne immédiatement l’affection des bambins. Soulagés, ils pensent avoir trouvé l’oiseau rare.

    Dévouée, bienveillante, consciencieuse, toujours prête à rendre service, Louise ne tarde pas à occuper une place qui ne doit pas être la sienne au sein de la famille et du couple, pénétrant dans leur intimité. Comme une araignée, elle tisse sa toile, étend son emprise. Et progressivement, se révèle toujours plus inquiétante sous sa quasi perfection.

    Chanson douce de Louise Borleteau est adapté du roman éponyme de Leïla Slimani, lauréate du Prix Goncourt en 2016. Il est lui-même basé sur un tragique fait divers survenu à New-York en 2012. Au tout début, on pense curieusement à La main sur le berceau bien qu’en réalité l’oeuvre n’ait rien à voir avec le film de Curtis Hanson. En fait, avec cette folie qui s’installe, créatrice d’une tension extraordinairement palpable, il s’apparente plutôt à La cérémonie de Claude Chabrol et au Locataire de Roman Polanski. Deux références pleinement revendiquées  par la réalisatrice.

    Sur un scénario coécrit par l’acteur Jérémie Elkaïm, Lucie Borleteau, auteur de Fidelio, L’odyssée d’Alice, en fait un opus un peu hybride, au carrefour des genres, chronique sociale, drame, tragédie psychologique, thriller, en plongeant le spectateur dans le cauchemar. Evitant soigneusement le sensationnalisme.

    L’angoisse vient du fait que tout est vrai. La cinéaste reproduit la force du roman, bien qu’elle ait décidé de ne pas en respecter l’ordre chronologique. Elle augmente ainsi le suspense et le sentiment d’horreur qui atteint un paroxysme que l’on redoute sans vouloir y croire.

    1045740.jpgLa réussite de Chanson douce tient également évidemment à ses comédiens, Leïla Bekti, de plus en plus présente sur grand écran, Antoine Reinartz et surtout Karine Viard, remarquable dans le rôle de cette femme toxique, complexée, névrosée et glaçante, délaissée, en proie à la solitude, en manque d’affection, vivant dans une sorte de taudis. On découvre une partie de son quotidien sordide dans des scènes de train qui ne figurent pas dans le roman, mais que Lucie Borleteau a imaginées afin de donner un ancrage sociologique à son héroïne.

    C'est d'ailleurs Karin Viard qui a voulu acheter les droits, comme elle le dit dans divers interviews. Après avoir lu le livre, elle a appelé un producteur pour qu’il les achète pour elle. Quand Lucie Borleteau a remplacé Maïwenn, désireuse d’adapter le roman mais s’était finalement retirée de l’aventure, Karin a suivi toutes les étapes d’écriture et précise qu’elle a notamment donné son avis sur les scènes où Louise est en-dehors de l’appartement familial.

    De passage à Genève lors du GIFF, Lucie Borleteau nous en dit plus sur cette Chanson douce qui vire inéluctablement à la ballade horrifique. "Adapter un prix Goncourt, c'était un gros défi. Surtout celui-ci. A dire vrai, c’est mon producteur qui me l’a fait lire. J’ai donc commencé dans l’optique d’en faire un film. Je l’ai dévoré d’une traite. Ce livre est un conte maléfique et magnétique qui m’a laissé une forte sensation de vertige, l’idée d’un puits sans fond que j’ai essayé de retranscrire à l’écran. Jérémie Elkaïm a fait des choix radicaux, condensés. Je suis partie de son texte et j’ai rajouté des choses qui m’avaient marquées et me manquaient".

    278346.jpg-c_215_290_x-f_jpg-q_x-xxyxx.jpgVous avez trahi la chronologie du roman en plaçant la scène du début à la fin.

    Ce fut un choix très long. Je ne me fermais aucune porte. Mais si je restais fidèle au livre en l’occurrence, le film devenait un chemin de croix. Or, en-dehors du suspense que cela provoquait en procédant inversement, je voulais qu’on soit dans l’empathie avec tous les personnages. Y compris Louise, qui n’est pas qu’une tueuse d’enfants.

    Karin Viard se révèle d'une rare évidence en baby-sitter très dérangée.

    Pour elle c’était un désir puissant. Elle n’avait jamais incarné de personnage de ce genre. Ce qui l’intéressait c’était l’humiliation sociale, très présente aujourd’hui dans nos sociétés qui excluent les marginaux. Cette donnée est au cœur du film.

    Paul et Myriam ne savent pas trop comment faire avec cette femme apparemment si parfaite.

    Effectivement. Ils n’arrivent pas à se comporter en patrons vis-à-vis d’une simple employée. Non seulement Myriam est impressionnée, mais en plus elle retrouve une liberté grâce à elle. En outre le fait qu’elle s’occupe des enfants implique une relation affective et c’est cela qui permet à Louise de prendre petit à petit une place centrale au sein de ce foyer. Au point que le couple, perdant de vue la distance qu’il devrait conserver, lui propose de venir en vacances. Ce sont ces vacances qui représentent le moment de bascule vers la folie.

    "Chanson douce" à l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 27 novembre.

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  • Grand écran: "Demain est à nous", l'édifiant combat de jeunes héros pour améliorer leur avenir

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    3H2NY47S4QJ63QI5F34XKWI5J4.jpgIls sont jeunes, très jeunes, comme José Alfonso, 7 ans, baptisé "le petit génie écologique" du Pérou et récompensé en Suède du prix  Children For Climate. Mais il n’est pas le seul. Il y a aussi Aïssatou, Heena, Arthur, Peter, Kevin et Jocelyn... Ils viennent de Bolivie, de Guinée, d’Inde, des Etats-Unis, de France et s’engagent sur tous les fronts.

    Jamais ils ne se sont dit qu’ils étaient trop petits pour agir. Au contraire, victimes ou témoins d’injustice, de violence, ils ont décidé de se battre contre, les inégalités, la pauvreté, la violence, l’exploitation d’êtres humains, les mariages forcés, la destruction de la planète. 

    Dans son documentaire Demain est à nous Gilles de Maistre, notamment auteur de Mia et le lion blanc, évoque les solutions que proposent ces gamins, animés d'une force de caractère ed'un courage peu communs pour améliorer leur avenir.

    Comme quoi il n’y a pas que Greta Thunberg au monde. Oubliant de crier aux dirigeants de la planète qu’on leur a volé leur enfance, ces héros miniatures pleins d’imagination et d’énergie, proposent de belles initiatives, originales, utiles, certaines plus ou moins convaincantes, voire parfois utopiques, mais toutes résolument destinées à redonner de l’espoir.

    Parti à la rencontre de ces héros miniatures particulièrement entreprenants, le réalisateur en brosse des portraits touchants. On peut regretter que la forme ne soit pas toujours à la hauteur du fond. Sa démarche pédagogique n’en est pas moins aussi positive que louable.

    A l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 20 novembre.

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  • Grand écran: "Les éblouis" montre l'embrigadement et les dérives sectaires. Intelligent, émouvant, pudique

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    les-éblouis-7-620x407.jpgCamille Lourmel, 12 ans (Céleste Brunnquell), passionnée de cirque, est l’aînée d’une famille de quatre enfants. Un jour ses parents (Camille Cottin et Eric Caravaca), traversant une période difficile,  lui annoncent qu’ils vont intégrer une communauté religieuse basée sur le partage et la solidarité, menée par un prêtre surnommé "le berger" par ses membres.

    Ils s’y s’investissent au point que leur vie change radicalement.  A contrecœur, Camille est contrainte de se sacrifier, en acceptant un nouveau mode de vie remettant en cause ses projets, ses aspirations, ses envies.

    Privée de ses cours de cirque, cette activité étant incompatible avec la relation que ses fidèles doivent avoir avec le Christ selon le "berger", elle ne tarde pas à découvrir que la communauté en question est en réalité une secte.  

    La question du libre arbitre

    Dans un conflit de loyauté envers ses parents, l’adolescente va devoir lutter pour se retourner contre eux, affirmer sa liberté, protéger ses frères et sœur de leurs mauvais choix et les sauver seule d’une dérive à connotation sexuelle. La question du libre arbitre est ainsi au cœur du film.

    Coécrit avec le réalisateur Nicolas Silhol, Les éblouis, premier long métrage de Sarah Suco, est un film de combat intelligent, critique, émouvant, pudique. La cinéaste analyse parfaitement, à travers le regard d’une ado  forcée d'agir, les rouages des sectes, leurs techniques d’embrigadement, d’enfermement d'êtres souvent fragiles.

    B9721639057Z.1_20191119125712_000+GDMEU7HN5.1-0.jpgOn voit les Lourmel, parents vulnérables, manipulés, mettre en danger leurs enfants, prêts à suivre aveuglément ce "berger" avide de pouvoir et d'argent, brillamment interprété par un Jean-Pierre Darroussin colérique et faussement bienveillant.

    Les autres comédiens participent aussi largement à la réussite du film. A commencer par la jeune Céleste Brunnquell, saisissante dans le rôle de Camille. Eric Caravaca très convaincant en père aimant mais trop ébloui pour voir ce qui se passe, tout comme Camille Cottin, à contre-emploi en mère fragile et instable.

    Les éblouis, c’est l’histoire de Sarah Suco, actrice de théâtre et de cinéma née à Montpellier en 1981. Elle a vécu avec sa famille dans une communauté charismatique pendant dix ans et rappelle qu’il y a quelque 80.000 enfants victimes chaque année de dérives sectaires en France. Raconter cette expérience était devenu un besoin, comme elle nous le dit lors d’une interview.

    "Je voulais que le spectateur réalise ce que cela signifie que de tomber dans une secte. Mais en prenant de la distance, en transcendant le sujet. J’ai choisi de l’enrober dans du romanesque, en évitant le côté sensationnaliste, en montrant aussi que malgré les dérapages, tout n’est pas entièrement négatif. J’en ai même quelques bons souvenirs."

    Vous décrivez en effet une emprise qui se manifeste petit à petit, par étapes. Il y a une sorte de glissement.

    Oui. C’est d’ailleurs ce qui fait la complexité de la chose. On ne se rend pas compte de la dérive. Les sectes fonctionnent toutes de la même manière. Les règles deviennent de plus en plus strictes. Au début par exemple, les Lourmel sont déroutés par les rituels, mais ils s’y plient rapidement sans broncher. Sans voir la folie.

    La folie et le ridicule. On pense à ces scènes d’exorcisme, et surtout celles où les fidèles bêlent comme des agneaux pour appeler le berger. On a de la peine à y croire.

    Et pourtant c’est en-dessous de la réalité. A l’image de tout ce que je montre dans le film. Nous n’avions pas de radio, de télévision ou de portable. Je pourrais vous donner une foule d’autres exemples dont j’ai décidé de ne pas parler et qui n’empêchent pas les personnes de rester dans la communauté. On pourrait croire qu’ils sont stupides, ignorants. Ce n’est de loin pas le cas. La plupart sont cultivés, à l’image de mes parents, des gens brillants. Mais ils ont des fêlures et les responsables savent justement répondre à leurs manques, valoriser leurs compétences.

    Comment avez-vous choisi la jeune Céleste Brunnquell pour incarner votre héroïne?

    J’ai eu une immense chance de la trouver. J’ai auditionné quelques perles, mais elle était spéciale. Elle devait grandir de 12 à 15 ans et elle s'est révélée toujours juste. Elle a la grâce, l’intelligence, la force, l’écoute. Elle est à la fois enfantine et déjà femme, belle, étrange, mystérieuse et intuitive.

    Et en ce qui concerne ses parents et le "berger"?

    Pour le "berger", j’ai tout de suite pensé à Jean-Pierre Darroussin en écrivant. Il me fallait quelqu’un de charismatique et a priori sympathique. Eric Caravaca m’a tout simplement bouleversée et je l’imaginais bien en père gentil et affectueux, dont on espère qu’il va finir par ouvrir les yeux. Quant à Camille Cottin, on ne l’avait jamais vue dans ce genre de rôle, mais j’ai trouvé qu’elle était à la fois joyeuse, douce et délicate. Pourtant, quand elle a lu le scénario, elle disait qu'elle ne pourrait pas jouer cette femme car elle ne la comprenait pas. 

    A l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 20 novembre.

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  • Grand écran: "Les Misérables", un brûlot social sur la banlieue qui vous scotche au fauteuil

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    2340883.jpgAvec Les Misérables, son premier long métrage coup de poing, véritable brûlot social, Ladj Ly qui avait logiquement décroché le prix du jury à Cannes en mai dernier, vous scotche au fauteuil. Il livre un film choc, impressionnant sur la forme et le fond évoquant les tensions dans les cités avec une population en colère. Un tour de force pour ce débutant, qui a déjà gagné ses galons de réalisateur confirmé.

    Né à Montfermeil, il avait créé à 17 ans le collectif Kourtrajmé avec notamment le soutien de Costa Gavras. Il a trouvé sa vocation en voyant La Haine de Mathieu Kassovitz. Les Misérables nous fait évidemment penser à ce film qui, en 1995, raflait le prix du jury, révélant par ailleurs un auteur, Mathieu Kassovitz et un acteur, Vincent Cassel.

    On souhaite le même bonheur à Ladj Ly, qui assume la comparaison. Mais si Kassovitz filmait les affrontements entre les jeunes de la banlieue parisienne et les policiers du point de vue des habitants, lui inverse les choses et montre la confrontation à travers le regard des policiers.

    Stéphane (Damien Bonnard), arrivé de Cherbourg, intègre la BAC (Brigade anti-criminalité) de Montfermeil, dans le 93e arrondissement parisien, au lendemain de la victoire des Bleus au Mondial, fédératrice d’une France réunie autour du drapeau et de la Marseillaise. Un état de grâce qui ne va pas durer

    Les tensions entre les différents groupes

    Pour Chris, flic assez naïf, c’est son premier jour et il fait connaissance de ses nouveaux coéquipiers expérimentés, Chris teigneux chef de brigade (Alexis Manenti) et Gwada (Djibril Didier Zonga). Pour le mettre tout de suite dans le bain, ils lui font faire le tour du propriétaire, se vantant de se faire respecter par la force et la peur. Disons-le tout de suite, ils sont excellents, même si le comportement macho-facho de Chris frise parfois la caricature.

    L’histoire se déroule sur une journée. Stéphane ne tarde pas à découvrir les tensions entre les différents groupes. Cela commence très mal entre les habitants et les Tziganes d’un cirque auxquels une petite frappe a volé un lionceau. Rapidement localisé, le gamin est gravement blessé lors d’un tir de LGB. C’est la bavure que Chris veut absolument étouffer, mais elle a été filmée par un drone… Au fil d’actions saisissantes, les choses vont alors crescendo dans un ghetto déjà au bord de l’explosion.

    19300535.jpgUne approche documentaire

    Ladj Ly développe un court métrage réalisé en 2017. Il garde une approche documentaire dans sa description très réaliste de l’univers corrompu de la cité, tout en évitant les clichés et le manichéisme, veillant aussi à ne pas tomber dans le misérabilisme Il ne montre pas de gentils jeunes contre de méchants flics ou l’inverse. Les deux sont des deux côtés

    Comme on le mentionnait plus haut, le cinéaste connaît bien Montfermeil. Il a grandi dans la cité des Bosquets et a réalisé plusieurs documentaires dont «365 jours à Clichy-Montfermeil» qui témoignait de la vie dans le département de la Seine-Saint-Denis confronté aux émeutes de 2005, dont les braises n’ont pas été éteintes quatorze ans après.

    «On se sent toujours abandonné, écarté»

    «Les choses n’ont pas vraiment évolué. J’habite la banlieue depuis trente-huit ans. On se sent toujours abandonné, écarté. Aujourd’hui, j’ai l’impression qu’on essaye de nous mettre dans des cases. Cela fait plus de vingt ans qu’on est des gilets jaunes, qu’on se prend des coups de flashball et on a l’air de découvrir les violences policières» Il précise: «J’ai emprunté le titre à Victor Hugo, parce qu’une partie du roman se déroule à Montfermeil, mais aussi pour rappeler qu’un siècle plus tard, la violence est toujours présente sur le territoire.»

    «Les habitants sont en souffrance. Ils se cherchent sans cesse, avec de grandes gueules toujours avides d’en découdre, des flics qui font chier le monde quand ils veulent un peu d’action, des gamins sans perspective qui se révoltent contre toute forme d’autorité, le maire, les flics. Parce qu’ils en ont ras-le bol.»

    En conférence de presse sur la Croisette, Ladj Ly déclarait: «J’aimerais que le président voie le film. Je lui demande de nous entendre, de nous écouter. C’est un vrai message que je lui adresse. Je suis prêt à lui faire une projection à l’Elysée». Finalement, Emmanuel Macron l’a regardé en DVD. Il s’est dit «bouleversé». Mais on parle de récupération politique.

    A l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 20 novembre.

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  • Grand écran: Polanski livre un film puissant avec "J'accuse". Mais la polémique continue...

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    Capture d’écran 2019-10-09 à 19.16.20.pngLe ciel est menaçant au-dessus de cette cour de l’Ecole militaire où un soldat se voit retirer ses insignes d’officier. Dégradé, humilié, il ne baisse pas la tête… Cette scène fascinante ouvre J’accuse, qui tient à la fois du thriller, du film de procès et d’espionnage avec faux coupable et contre-enquête,

    Adapté du roman D de l’écrivain britannique Robert Harris, le long métrage raconte l'une des plus grandes erreurs judiciaires de la fin du 19e siècle, avec la condamnation pour trahison du capitaine Alfred Dreyfus. Un énorme scandale mêlant déni de justice et antisémitisme qui a provoqué un séisme planétaire pendant les douze ans (1894-1906) qu’elle dura.

    Démasquer les vrais coupables

    J'accuse n’est pas pour autant un biopic sur Dreyfus (Interprété par Louis Garrel). Polanski a choisi de raconter l'affaire du point de vue du colonel Marie-Georges Picquart (Jean Dujardin). Nommé en 1895 à la tête du contre-espionnage, il découvre que les preuves contre le capitaine Alfred Dreyfus avaient été fabriquées. Antisémite, comme beaucoup à l’époque, il n’aura pourtant de cesse de démasquer les vrais coupables.

    Picquart prévient en vain sa hiérarchie. Et c’est pour défendre Dreyfus que Zola, le 13 janvier 1898, publie dans  L’Aurore la lettre ouverte: "J’accuse… ". L’écrivain y dénonce les responsables, officiers, généraux, ministres..

    D’une actualité brûlante

    Le casting est brillant, à commencer par un saisissant Jean Dujardin moustachu, sobre et dépourvu d’empathie, qu’on n’attendait pas dans un tel rôle, un Louis Garrel apparemment tout aussi exempt d’émotion, une Emmanuelle Seigner charmeuse en maîtresse très moderne de Picquart, dans la seule partition féminine importante. On citera aussi Grégory Gadebois, Melvil Poupaud, Denis Podalydès, Vincent Pérez.

    Cette œuvre d’une actualité brûlante, très personnelle voire ambiguë, où Polanski apparaît lui-même en costume d’académicien dans un salon antidreyfusard via un caméo hitchcockien, impressionne par la manière dépassionnée, implacable, froide, dont l'auteur s’attaque à l’affaire.

    Par ailleurs, cet opus à la dramaturgie puissante, à la narration riche, magistralement mis en scène, nous laisse éprouver physiquement les choses, la moisissure et l’humidité de certains lieux, l’inconfort de bureaux sombres et poussiéreux, des couloirs qui sentent mauvais…

    20b19c38bcf0783c684c35d0922f7b74704ffcc4.jpgNouvelle accusation de viol

    Incontestablement, le cinéaste livre un grand film. Mais peut-on séparer l’homme de l’artiste ? Eternelle et difficile question. Lion d’argent à Venise, il avait déjà provoqué des remous.  Le cinéaste avait notamment établi un parallèle entre lui et le capitaine Dreyfus, dans un entretien figurant dans le dossier de presse en anglais du film. Cela n'a pas dû aider.

    Et J’accuse continue à provoquer la polémique, le réalisateur ayant été rattrapé par une nouvelle accusation de viol, à cinq jours de la sortie, de la part de Valentine Monnier, une photographe française de 62 ans.

    "En1975, j’ai été violée par Roman Polanski", a-t-elle déclaré au Parisien. Elle avait alors 18 ans. Les faits aujourd’hui prescrits se seraient déroulés dans le chalet du réalisateur à Gstaad. Ils n’ont jamais fait l’objet d’une plainte. Le cinéaste  les conteste et dit réfléchir à une riposte.

    Une promotion en partie annulée

    La promotion du film a été du coup en partie annulée en France. Jean Dujardin s’est décommandé pour le 20 heures de TF1. Emmanuelle Seigner, la femme de Polanski, n'est pas allée à l'émission Boomerang prévue  sur France Inter, tandis que Pop pop pop avec Louis Garrel, n’a pas été diffusée. France 5 a également zappé le C à vous, enregistré avec le même comédien.

    Mardi, plusieurs avant-premières devaient se tenir à Paris. Une quarantaine de militantes féministes, scandant "Polanski violeur, cinémas coupables", ont bloqué l'entrée du Champo, dans le Quartier latin. Mais la principale projection, organisée au cinéma UGC Normandie sur les Champs-Elysées, en présence d’acteurs et de journalistes, s’est déroulée sans heurts. Reste maintenant à savoir si le public suivra.

    A l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 13 novembre.

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  • Grand écran: "The Irishman", passionnante fresque mafieuse de Scorsese. Avec le trio De Niro, Pacino, Pesci

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    sciorsese.jpegAprès vingt-cinq ans, Robert de Niro opère un retour remarqué devant la caméra de Martin Scorsese, qui pour son vingt-cinquième long-métrage annoncé et attendu depuis dix ans, revient au film de mafieux. Le genre a fait sa légende, de Mean Streets à Gangs Of New York, en passant par Casino et Les infiltrés.

    Finalement produit par Netflix à hauteur de 175 millions de dollars, suite à d‘interminables difficultés financières, The Irishman est visible en exclusivité au Cinérama Empire de Genève, à raison de deux séances par jour, avant sa diffusion sur la célèbre plateforme de streaming le 27 novembre.

    Basé sur le livre de Charles Brandt I Heard You Paint Houses (titre en référence au meurtre de quelqu’un), le film se penche sur Franck Sheeran (Robert de Niro). Démobilisé en 1945, la vie de ce chauffeur de camion d’origine irlandaise change après une rencontre fortuite avec Russel Bufalino (Joe Pesci), un parrain de Pennsylvanie.

    Ce dernier l’introduit auprès de Jimmy Hoffa (Al Pacino, nouveau venu dans la famille Scorsese), pratiquement considéré à l’époque comme le deuxième homme le plus puissant du pays après le président. On le prétendait par ailleurs aussi populaire qu’Elvis Presley et les Beatles. Dirigeant corrompu des Teamsters, le syndicat des routiers, il avait mystérieusement disparu en 1975. Alors que Sheeran aurait avoué l’avoir tué avant sa mort en 2003, Scorsese règle la question.

    Petite histoire de la mafia et grande histoire de l'Amérique

    Cette fresque en forme de requiem étiquetée chef-d'oeuvre, ouvre sur le vieux Franck assis dans un fauteuil roulant. De son EMS, il évoque son ascension dans la pègre, faisant défiler une période de son existence s’étalant sur une trentaine d’années. Elle mêle la petite histoire de la mafia avec ses gangsters, ses vengeances sanglantes, ses meurtres au coin des rues, l’univers de Little Italy, à la grande histoire de l’Amérique, notamment celle de la famille Kennedy et de JFK, son illustre représentant, La baie des cochons et l’affaire du Watergate.

    Ce récit en flashback nous emmène parallèlement dans un road trip avec les couples Sheeran et Bufalino, qui se rendent au mariage de la fille de ce dernier. Le voyage est prétexte à quelques séquences comiques, un humour qui se retrouve dans une autre balade en voiture, dont l’abracadabrantesque, irrésistible et déjà culte scène du poisson...

    Entre action et méditation, mélancolie contemplative, souvenirs, regrets, exploration de thèmes inattendus en l’occurrence, universels, dépassant le milieu du crime organisé, le réalisateur livre un opus minutieusement structuré, méticuleux dans les détails, fluide dans son scénario et sa narration. Du scorsésien pur sucre où on retrouve le ton caustique de l’auteur, les incessants bavardages, le côté kitsch parfaitement assumé.

    Un rajeunissement numérique relativement réussi

    image.jpgCette fresque séduit et émeut aussi évidemment par son casting cinq étoiles. On salue la volonté de Scorsese de redonner un (ultime?) grand rôle à des acteurs dont certaines dernières apparitions à l’écran peinaient à convaincre. Ils nous touchent avec leurs gueules de truands, la retenue de De Niro le disputant aux explosions de Pacino (photo) et à la malignité de Joe Pesci. Sans oublier Harvey Keitel.

    Mais s’ils se révèlent au top, on a quelques réserves à propos de leur rajeunissement numérique. Un procédé très coûteux choisi par Martin Scorsese pour permettre à ses héros d’être crédibles en traversant les décennies. Le résultat est relativement réussi, à cause du décalage entre les visages déridés et les corps fatigués qui révèlent leur âge dans leur comportement et leur démarche.

    Dans la course aux Oscars

    Mais on finit par s’y habituer, et de toutes façons l’essentiel est qu’on ne s’ennuie pas une seconde pendant les 3 heures 28 d’un film où les intrigues s’enchaînent et se croisent tambour battant. Ce rythme d’enfer précipite tout droit The Irishman dans la course aux Oscars. Il fait déjà figure de favori dans les catégories de Meilleur film et Meilleur réalisateur. Pour autant que l’industrie hollywoodienne accepte de le récompenser! 

    De son côté De Niro pourrait rafler la statuette de l’acteur (attention tout de même à Joaquin Phoenix impérial dans Joker), tandis que Pacino et Pesci seraient en concurrence pour celle du second rôle. Au cas où, il s’agirait d’un nouveau triomphe pour Netflix, qui a déjà vu Roma d’Alfonso Cuaron remporter le Lion d’Or à la Mostra de Venise en 2018. Un nouveau pied de nez qui fait encore davantage frémir la profession.

    The Irishman, à l’affiche au Cinérama Empire dès mercredi 13 novembre et bientôt au Bellevaux à Lausanne. A noter que l’exploitant de la salle genevoise, Didier Zuchuat, montrera dans la foulée deux autres productions Netflix, "Marriage Story" de Noah Baumbach et "The Two Popes" de Fernando Meirelles.

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