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Grand écran: "Alice et le maire", une brillante fable politique portée par les excellents Fabrice Luchini et Anaïs Demoustier

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vf_alice_et_le_maire_4838.jpeg_north_1323x718_transparent.jpgAprès trente ans d’engagement politique Paul Théraneau (Fabrice Luchini) le maire socialiste de Lyon, a le cerveau à plat. Inquiète,son équipe décide de lui adjoindre Alice Heimann (Anaïs Demoustier), une jeune et brillante philosophe ultra diplômée, pour lui redonner un second souffle en lui insufflant les idées, le dynamisme et l’énergie dont il est pour l’heure complètement dépourvu. Un dialogue s’instaure, ébranlant leurs certitudes réciproques.

A quelques mois des élections municipales en France, Nicolas Pariser livre, avec Alice et le maire, une comédie politique décalée sur le désenchantement d’un monde, la vanité, la médiocrité du pouvoir et de ceux qui gravitent autour, en posant intelligemment, sans cynisme mais avec un mordant teinté d’une certaine férocité, la question du rapport entre la pensée et la pratique, la théorie et l’action.

De facture classique, exigeante, au propos à la fois léger et grave, cette fable politique divertissante et pleine d’humour, se moquant des ors de la République, est portée de bout en bout par un excellent duo d’acteurs parfaitement dirigés. L’auteur nous laisse ainsi voir un Fabrice Luchini généreux, étonnamment sobre et une vibrante Anaïs Demoustier, avec qui le cinéaste a décidé très vite de travailler. Ils se complètent à merveille au fil de ce récit dont les mots constituent le moteur. Les dialogues sont importants et situations où on ne parle pas sont rares.

Il existe assez peu de fictions du genre en France, les réalisateurs s’intéressant très moyennement au monde politique. C’est l’inverse pour l’auteur d’Alice et le maire qui se passionne pour le sujet depuis l’école primaire et suit de près ce qui se passe. C’est par ailleurs un fan de la célèbre série The West Wing ( A la Maison Blanche) d’Aaron Sorkin). Il nous le confirme à l’occasion d’un passage à Genève.

"J’éprouve un intérêt particulier pour un milieu qui me semble très riche. J’ai envie de le traiter sans vulgariser. Je suis parti du postulat d’un maire qui a perdu la flamme, qui n’a plus d’idées et d'une femme qui en regorge mais ne sait pas trop qu’en faire. J’évoque leur intériorité, la relation humaine et professionnelle  qui se noue, la confrontation de générations, mais sur un pied d’égalité. Alice est franche, elle a du répondant, elle ne s’écrase jamais devant le pouvoir". D’où l’ombre qu’elle fait aux proches du maire en prenant du galon.

Nicolas Pariser s’amuse aussi à peindre un tableau critique sur fond de concepts marketing creux, frôlant l’absurde. "Les lieux de discours sont contaminés par le vocabulaire de la com’, ce qui devient un élément comique. Cela dit, j’ai surtout voulu que l’univers que je décris, avec les ambitions et les égos s’y manifestant, ne soit ni trop noir, ni trop angélique".

Pour autant, Nicolas Pariser n’a pas de message à délivrer. "Je veux juste conserver l’impression que le film peut toucher beaucoup de monde. Mon rêve, c’est qu’on en discute quand on en sort". Enfin, bien qu'il se déroule à Lyon, toute ressemblance avec une personne existante ne serait que pure coïncidence. "Je me suis inspiré de petits bouts d’histoire. Il y a un peu de Delanoë, de Hollande. En revanche, il n’y a rien de Gérard Collomb".

A l'affiche dans les salles de Suisse romande depuis mercredi 2 octobre.

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