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Grand écran: deux fanfares s'affrontent "Tambour battant" dans le Valais de 1970

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battantanbour.jpgEn ce printemps 1970, le petit village valaisan de Monchoux est en pleine ébullition. On pourrait croire que c’est à cause du scrutin sur le vote féminin. Ou de celui sur l’initiative xénophobe Schwarzenbach. Rien de tout cela. Ce qui met les habitants en émoi, c’est la lutte acharnée que se livrent deux fanfares pour avoir l’honneur de représenter leur commune au grand festival du genre.

Cette opposition féroce est incarnée par leur chef respectif. D’un côté Aloys, un vigneron obtus aux valeurs de droite qui dirige une fanfare des plus traditionnelle, de l’autre une formation jazz emmenée par Pierre, un musicien pop chevelu qui s’est fait un petit nom à Paris dans la mouvance de Mai 68. Cette rivalité musicale n’est pas nouvelle au cinéma, le Français Georges Combret en ayant déjà fait un film en 1953, sur fond d’amourette.

C’est aussi le cas dans la comédie de François-Christophe Marzal, sauf que la fille d’Aloys fréquente un jeune immigré italien. Le réalisateur ajoute ainsi une dimension socio-politique à son métrage, non seulement avec l‘affaire du renvoi des travailleurs étrangers, mais également avec le droit de vote local que les hommes s’apprêtent donner aux femmes avant son acceptation sur le plan fédéral.

Tout cela nous vaut quelques scènes qui se veulent drôles, loufoques et enlevées .Mais si les comédiens (dont Jean-Luc Bideau) se révèlent convaincants, l’ensemble reste plutôt laborieux, avec des dialogues peu soignés, des situations et des personnages qui virent à la caricature. Sans oublier ce surf approximatif sur plusieurs thèmes, dont celui de l’émancipation féminine, qui fait inévitablement penser à L’ordre divin, autrement plus abouti et réussi sur le sujet.

A l’affiche dans les salles de Suisse romande dès le mercredi 12 juin.

Lien permanent Catégories : Sorties de la Semaine 4 commentaires

Commentaires

  • Heureusement que votre commentaire tout comme ce film sont parfaitement impartiaux:

    -D'abord une petite dose d’initiative "xénophobe Schwarzenbach," simplement pour bien mettre le lecteur dans l'ambiance de ce qui va suivre.

    -Ensuite, comme par hasard c'est le vigneron aux valeurs de droite qui est obtus (Quelle suprise!), car comme chacun le sait, seuls les gens de gauche sont gentils et ouverts! Tous les autres sont méchants, bêtes et obtus! C'est logique non?

    -le vigneron de droite se doit aussi de diriger une fanfare des plus traditionnelle, car la tradition, comme chacun le sait, c'est très très mal, et c'est bien pour les "fachos," mais bien entendu seulement s'il s'agit de traditions occidentales et surtout suisses, car si ce sont des traditions non-occidentales, là comme par magie c'est merveilleux et ceux qui les défendent se battent pour la survie de leur culture! J'ai tout juste, n'est-ce pas?

    -Puis encore une grande surprise: le gentil s'appelle Pierre, joue du Jazz, et a participé à Mai 68! Il est donc ouvert et bienveillant! C'est logique, prenez Daniel Cohn-Bendit, grand manitou de Mai 68, lui aussi est très ouvert, surtout aux petits enfants!

    -Bien sûr la fille de l'histoire fréquente un immigré, qui à n'en pas douter est lui aussi gentil et ouvert, contrairement à tous ces méchants suisses obtus!

    Il y a cependant plus d'une ombre au tableau.

    1) Le choix du prénom Pierre pour le gentil est beaucoup trop traditionnel. Un nombre de spectateurs se sentira inévitablement discriminé par le choix d'un prénom si typiquement français (signe d'un grave manque d'ouverture!), tourné vers le passé et, pire encore, faisant référence à un disciple du Christ. Ça je vous le dis ce n'est pas politiquement correct du tout.

    2) Pierre joue du Jazz, musique noire par excellence alors que lui est blanc! Cela pose aussi un très grave problème, car ce n'est rien de moins que ce que l'on appelle de l'appropriation culturelle, ce qui est tout sauf politiquement correct.

    3) Pierre est un homme! Il est tout simplement scandaleux que le si gentil personnage principale soit un homme et non pas une femme ou un être asexué. Encore une fois, c'est un coup de ce sale patriarcat blanc et la discrimination pointe le bout de son nez! Au moins Pierre pourrait être trans ou qqch comme ça. Ce serait plus politiquement correct.

    4) La fille fréquente un immigré italien. Là aussi c'est beaucoup trop occidental et ça ne fait que démontrer que la diversité n'est pas du tout représentée dans ce film. Quelle honte, les gens de couleur et les LGBT vont se sentir gravement discriminés! L'immigré devrait plutôt être UNE immigrée non-européenne, surtout comme ce film sort durant le mois qui honore les LBGT+. Encore un faux pas très décevant!

    5) Comment Jean-Luc Bideau a-t'il pu être choisi pour jouer dans ce film, alors qu'il est un mâle blanc de bien plus de 50 ans! Encore une fois, c'est une honte. Place aux jeunes! La dictature du patriarcat ça suffit!

    Il y a aurait encore bien d'autres choses à dire, mais nous comptons sur vous pour le faire!

    En conclusion, c'est un film sur les très gentils et les très méchants, plein de surprises et sans le moindre cliché propagandiste! Rien de manichéen dans tout ça!

  • Chère Madame Cuttat,
    Je lis votre blog et votre critique du film que j’ai réalisé. Comme réalisateur, je suis bien conscient que Faire égal s’exposer. C’est normal. Cela fait partie du jeu et je l’accepte.
    Par contre, dans ce monde de plus en plus envahi par les Fake News et les jugements à l’emporte pièce, la rigueur demeure une valeur qui, dans votre métier, tient certainement lieu de colonne vertébrale.

    Dans votre article, vous utilisez à un moment donné le terme « approximatif ».

    Entrons dans les approximations.

    - « … une formation jazz emmenée par Pierre… »
    Avez-vous vu le film ? Considérez vous que « La Bella Ciao » est un morceau de jazz ? Serait-ce là une approximation ?

    - « Cette rivalité… film de Georges Combret… »
    Tout me donne l’impression que vous n’avez jamais vu ce film de Georges Combret. Merci de me contredire si c’est le cas. J’ai plutôt l’impression que vous êtes arrivé (via google j’imagine) sur la fiche de ce film et de son synopsis et en avez allégrement tiré quelques raccourcis pratiques pour dévaloriser le film.

    « ..des dialogues peu soignés »
    J’imagine toujours une personne qui fait des tâches de sauces sur sa chemise. Que j’aimerai que vous veniez voir, comme lorsqu’on va chez un artisan, comment s’écrit un scénario, comment on dialogue, comment cela se construit, se tord, se simplifie, s’enrichit, se prononce, s’adapte, se charge de sens ou le contraire. Dire que les dialogues sont peu soignés, c’est dire qu’un cuisinier sert du surgelé alors qu’il a passé des heures en cuisine. C’est une critique facile, et en l’occurrence méchante car gratuite et fausse. C’est un mépris du travail effectué.

    « ..des personnages qui virent à la caricature. »
    Si cette critique m’avait été faite par des valaisans, j’aurais baissé les yeux. Le fait est que le film remplit les salles en Valais, et que les témoignages reçus m’autorisent à dire qu’ils se reconnaissent dans le film. Enoncer comme vous le faite qu’on tombe dans la caricature, relève donc d’une posture que l’on pourrait qualifier d’arrogante à l’endroit même des valaisans.

    « …surf approximatif sur plusieurs thème ».
    Voilà donc ce terme d’approximation. Pour information et en restant à votre disposition, je suis disposer à vous « éclairer » sur les thèmes abordés dans le film. Le travail sur ce film a d’abord été documentaire pour être au plus près et le plus juste dans l’appréhension de ces thèmes. Le travail sur la structure dramaturgique, qui permet de croiser les thèmes, est tout sauf approximatif. Si c’est le sentiment que vous avez eu, je le respecte, mais, encore une fois, pourquoi utiliser des raccourcis dévalorisant.

    Où est l’élégance et la mesure, où sont les arguments cinéphiles ? Je ne puis imaginer que vous vous satisfassiez du plaisir suffisant d’un chefaillon distribuant ses bons points et pensées profondes devant un miroir de poche. Je respecte votre travail et vous même, merci d’en faire de même. Critiquer un film est autre chose que de cracher à la volée.

    J’espère que la lecture de ce commentaire vous sera moins laborieuse que la vision de mon film.

    Bonne journée,

    F.-Christophe Marzal

  • Marie A@ Tellement juste, votre commentaire !

  • Puisque le réalisateur fréquente ce blog, j'ai juste envie de lui dire bravo et merci pour ce film délicieux, magnifiquement joué, et qui m'a fait passer un super-moment, à rire et sourire sans me prendre la tête.

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