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25/06/2018

Grand écran: avec "Love, Simon", comédie romantique gay ado, Hollywood élargit son horizon

lovesimon.jpgPas facile de faire son coming out. Surtout lorsqu’on a dix-sept ans. Comme Simon (Nick Robinson) qui cache son secret à ses potes et à sa famille. Son seul confident c’est «Blue», un mystérieux camarade de classe avec qui il entretient une correspondance en ligne sous pseudonyme et dont il tombe amoureux. Mais un autre élève découvre leurs messages et fait chanter Simon, menaçant de révéler sa vraie orientation s’il ne l’aide pas à conquérir l’une de ses amies.

Signé Greg Berlanti, ouvertement homosexuel, marié et papa d’un petit garçon, Love, Simon est adapté du roman à succès de Becky Albertalli. Il s’agit de la première comédie romantique gay adolescente produite par un grand studio avec diffusion massive. Contrairement par exemple au récent Call Me By Your Name, destiné à un public de niche.

D’où son côté unique. Elargissant l’horizon hollywoodien, Love, Simon représente une étape aussi importante pour l’inclusion LGBT que l’a été Black Panther pour la diversité raciale. Xavier Dolan a dit tout le bien qu’il en pensait sur Instagram. Non pas tellement pour la qualité cinématographique de l’opus que pour son important message à l’égard des jeunes gays dans le monde, hésitant à se dévoiler.

Brassant les thèmes de l’amour, de l’amitié de la trahison, ce feel good movie attendrissant et amusant, avec notamment quelques caractères irrésistibles, reste ultra classique et consensuel dans sa forme. Mais c’est justement l’idée. Traiter cette histoire en banalisant l’homosexualité d’une manière presque subversive.

Contrairement à ce qui se passe dans d’autres films sur le sujet, Simon n’a pas à vivre des drames dans un milieu hostile. Il évolue au contraire dans un univers ouaté, idéalisé ,où non seulement la pluralité culturelle, religieuse, raciale, sexuelle va de soi, mais où tous les personnages lui manifestent une profonde sympathie.

Nick Robinson sidérant de naturel

Et pourtant l’adolescent a du mal à sortir du placard, sachant que son existence ne sera plus pareille après. En dépit de parents et d’amis compréhensifs, prêt à l’aider à en vivre une nouvelle. Cela montre que malgré l’évolution des mentalités, tous les combats pour l’égalité ne sont pas gagnés.

Certes l’auteur refuse à l’évidence de choquer, évoquant des sujets graves comme la peur du rejet, le chantage, l’intimidation en les édulcorant, gommant par ailleurs la violence homophobe. Du coup son film manque d’intensité et de piquant, mais il n’en fait pas moins œuvre utile. Et les interprètes sont excellents, à commencer par l’atout majeur, le joli et adorable Nick Robinson, sidérant de naturel.

A l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 27 juin.

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20/06/2018

Grand écran: Bruno Podalydès fait revivre Bécassine dans une jolie fable burlesque

26275.jpegBécassine est née dans une ferme bretonne le jour où des bécasses survolaient son village. Devenue adulte, toujours vêtue de sa coiffe blanche assortie à son tablier et de sa robe verte, elle a gardé sa naïveté d’enfant et rêve d’aller à Paris. Prête à avaler les nombreux kilomètres qui la séparent de la capitale, elle se met joyeusement en route avec son baluchon, mais ne tarde pas à voir s’achever un périple à peine entamé.

L’ingénue voyageuse (Emeline Bayart) croise en effet la marquise de Grand-Air (Karin Viard) accompagnée de son ami Monsieur Proey-Minans (Denis Podalydès, frère du cinéaste). Elle lui propose de venir au château pour s’occuper de sa fille adoptive Louise-Charlotte dite Loulotte (Maya Compagnie), un amour de bébé dont Bécassine s’entiche d’emblée. C’est alors que débarque le tintinesque marionnettiste ambulant Rastaqueros (Bruno Podalydes, derrière et devant la caméra) à l’improbable sens des affaires et qui s’emploie à ruiner la marquise conquise par cet escroc charmeur. Mais Bécassine va veiller au grain…

Cette deuxième adaptation avec acteurs de la célèbre bande dessinée apparue en 1905 sous la plume de Jacqueline Rivière et le dessin d’ Émile-Joseph Pinchon,s’est attiré les foudres d’un collectif breton qui en a apparemment marre de Bécassine. Se disant indépendantiste, féministe écologique et internationaliste, il dénonce une caricature et une insulte à toutes les Bretonnes, appelant à un boycott du film, tout comme cela avait été le cas en 1939 pour celui de Pierre Carron avec Paulette Dubosc en 1939.

Bricoleuse pleine d'imagination

Une colère très minoritaire, selon l’auteur, mais surtout très étonnante en regard de l’oeuvre. Fidèle à la candeur de son héroïne, Bruno Podalydès est très loin de la prendre pour une sotte ou une paysanne mal dégourdie. Se libérant des clichés, Il en fait une créature au cœur pur, généreuse, mais surtout pleine d’imagination, ingénieuse, inventive, créative, dans cette jolie fable douce où le cinéaste propose quelques scènes désopilantes.

Comédienne de théâtre, Emeline Bayart, que Bruno Podalydès avait déjà dirigée dans Bancs publics. Adieu Berthe et L’enterrement de mémé se coule dans le costume de Bécassine, qui lui va comme un gant. Lumineuse elle séduit avec ses grands yeux bleus curieux, son côté bricoleuse, sa capacité d’émerveillement, sa générosité, sa façon irrésistible de marcher en se dandinant, fesses cambrées et buste en avant. Elle évolue idéalement dans l’univers burlesque, poétique, tendre, teinté de mélancolie du réalisateur foufou de Comme un avion.

A l'affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 20 juin.

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17/06/2018

Coupe du monde: la Suisse tient tête au Brésil. Rien de plus normal!

mondial-2018-le-bresil-domine-la-suisse-sans-forcer-mi-temps.jpgLe Brésil est bon à prendre, psalmodiaient nos experts, manifestant une  confiance à toute épreuve. Un peu comme l’Allemagne par le Mexique en somme… Pourtant, en découvrant que Petkovic n’avait pas peur du prestigieux adversaire des siens, j’avoue que j’avais au contraire le trouillomètre proche de zéro. Qui a atteint moins dix en écoutant la perruche Pierre-Alain Dupuis et quelques autres y aller de leur pronostic audacieux, en donnant les Suisses gagnants. 

Certes j’aurais pu être un rien rassurée par la condescendance des Français qui, après avoir passé des heures et des heures à blablater sur la rencontre médiocre bien que gagnante de leur équipe, ont accordé quelques  minutes au duel entre la Seleçao et les Rouges sur les différentes chaînes. Histoire de balayer cavalièrement cette pauvre Nati, en déclarant en substance qu’il n’y avait pas photo face aux stars style Neymar looké décoiffant de surcroît, Coutinho et autres Miranda.

Impossible de leur donner entièrement tort. Mais il y a la manière de dire les choses, qualité dont nos chers voisins sont à l’évidence totalement dépourvus. Remarquez, sur TF1, ils ont rabattu un instant leur caquet face à la prestation des Rouges, les trouvant même admirables, pour recommencer très vite à bassiner le téléspectateur avec les Bleus.

C’est vrai qu’ils ont été plutôt costauds et courageux, les Helvètes. Mais si on en juge par la façon dont on a vanté, avant le match, leur grande expérience, leur bloc défensif, leur collectif béton, les fortes individualités comme Behrami et Lichsteiner, sans oublier l’excellence de Yann Sommer, la performance n’est finalement que très naturelle. D’autant que dans le fond, la Suisse aurait pu gagner... 

22:58 Publié dans Les pieds dans le plat | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook | | | | Pin it! |

16/06/2018

Coupe du monde: les Bleus à l'attaque de leur deuxième étoile. Une simple formalité...

image.jpgUne deuxième étoile pour les Bleus? Simple formalité à en croire la quasi totalité des spécialistes sur toutes les ondes de l’Hexagone, y compris Daniel Cohn-Bendit, y allant lui aussi de son coaching inspiré. En effet avant que la compétition démarre, les Tricolores l’avaient, selon eux, déjà gagnée. Alors vous pensez s’ils sont secrètement confortés dans leurs certitudes, après cette première victoire, même un rien étriquée, sur une vaillante Australie d’abord éblouie par le soleil, puis par son redoutable adversaire!

Un poil critiqués, je l'admets, au fil d’un duel moins flamboyant qu’espéré par les commentateurs légèrement déçus, les Bleus restent des génies du crampon pour les aficionados. Collectivement et individuellement. Un palmarès de Cannes à eux seuls. Toujours prêts à rafler non seulement la Palme d’or, mais le Grand prix du jury, celui du scénario, de la mise en scène et de l’interprétation. Sans oublier la caméra d’or pour les petits nouveaux.

Quid des Ronaldo, Neymar, Messi, Neuer, Costa, Salah? Certes ils ne sont pas mauvais. Voire bons. Mais pas autant que les Lloris, MBappé, Pogba, Kanté… enfin tous ou presque, à commencer bien sûr par Griezman, le chouchou de ses compatriotes en extase devant un tel talent. Lui-même se montre toutefois d’une incroyable modestie, déclarant qu’il n’est que l’un des trois meilleurs de la planète...

Ceci explique évidemment l’enthousiasme délirant des fans. Mais il y a une autre raison au triomphe final annoncé de nos chers voisins. C’est l’invention d’un nouveau langage. Car sur le terrain, l’important c’est de se causer entre potes. Mais pas n’importe comment. Et les Bleus l'ont compris. Figurez-vous que contrairement aux autres footeux, eux parlent… avec les pieds, a révélé un expert du ballon rond au début de la rencontre. Voilà qui devrait faire une sacrée différence!

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12/06/2018

Grand écran: "Desobedience", l'amour interdit face aux dogmes religieux

rachel-weisz-i-rachel-mcadams-w-filmie-o-lesbijskiej-milosci.jpegOurs d’argent l’an dernier à Berlin avec Una Mujer Fantastica, le Chilien Sebastian Lelio, qui prouve une nouvelle fois son intérêt pour les personnages féminins marginalisés en raison d’idées reçues, revient avec Desobedience (Désobéissance). C’est son sixième long métrage et le premier en anglais.

Adaptant le roman de la Britannique Naomi Alderman en l’épurant beaucoup, l’auteur opère une plongée dans la communauté juive orthodoxe de Londres en racontant la relation, en l’occurrence transgressive, entre deux jeunes femmes.

Le réalisateur, issu d’un milieu qui n'a rien à voir avec celui de son film, a dû se documenter sur cette société ultraconservatrice presque à la façon d’un anthropologue. Il met en scène Ronit Krusha (Rachel Weisz), une photographe vivant depuis plusieurs années à Manhattan, loin du milieu londonien où elle a grandi et dont elle avait été chassée. Mais elle y retourne pour assister aux obsèques de son père rabbin, subitement décédé à l’issue d’un sermon.

Sur place, elle doit affronter l’hostilité de tous, à l’exception de celle de son cousin Dovid (Alessandro Nicola), le fils spirituel de son père et son héritier, ravi de la revoir. A sa grande surprise, elle apprend qu’il est marié avec son amie d’enfance Esti (Rachel McAdams) dont elle était alors amoureuse.

A l'opposé l'une de l'autre

La prolongation de son séjour ravive une passion jamais éteinte entre les deux ex-amantes que l’on découvre diamétralement opposées. Ronit est extravertie, moderne, n’obéissant pas aux préceptes de la Torah. Une rebelle et un déshonneur pour son père aux yeux d’une congrégation pétrie de dogmes religieux et aux institutions rigides. Esti est au contraire timide, introvertie, désireuse de rester cachée, mais constamment en lutte contre elle-même, sa conscience et son identité.

Tout en voulant rester fidèle à son mari et à la communauté, elle brûle d’exprimer son homosexualité et teste les limites d’une certaine liberté que lui laisse Dovid, conjoint plutôt tolérant et progressiste en regard de son environnement particulièrement traditionnaliste.

Les trois comédiens se révèlent convaincants dans ce récit d’émancipation émouvant, original, fiévreux, sensuel à la faveur de très belles scènes d’amour, où l’auteur philosophe également sur le libre arbitre des hommes et des femmes et leur capacité à choisir. Mais on lui reprochera d’avancer à un rythme trop lent et de tarder à véritablement installer la tension entre les protagonistes.

A l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 13 juin.

17:29 Publié dans Sorties de la Semaine | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | | Pin it! |