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14/02/2018

Grand écran: "L' Apparition", étonnant thriller théologique avec un grand Vincent Lindon

maxresdefault.jpgSi l’on excepte Superstar, le cinéma de Xavier Giannoli est traversé depuis dix ans par un questionnement sur la croyance, thème qu’il exploite sous divers angles. Dans A l ‘origine, il parlait d’une autoroute qui n’allait nulle part mais à laquelle tout le monde voulait croire. Dans Marguerite, lauréat de quatre Césars, il brosse le portrait émouvant d’une interprète qui chante atrocement faux mais chez laquelle le mari et les proches entretiennent charitablement ou hypocritement l’illusion du contraire.

Il est à nouveau affaire d’aveuglement, d’imposture, de mensonge, de doute, de trouble intime, de révélation, de rapport personnel à la foi du réalisateur dans L’Apparition. Etonnant thriller théologique à passionnante valeur documentaire, il est parti d’un article de presse sur les mystérieuses enquêtes canoniques.

Grand reporter pour un quotidien français rentré de Syrie, Jacques reçoit un jour un coup de téléphone énigmatique du Vatican. Il apprend que dans une petite ville du sud-est de la France, Anna, une novice de 18 ans, affirme avoir vu la Vierge au cours d’une promenade La rumeur a rapidement enflé et l'histoire pris une telle ampleur que des milliers de pèlerins viennent désormais se recueillir sur le lieu des apparitions présumées.

Une enquête journalistico-policière

Jacques se sent bien loin de cet univers. Mais poussé par sa curiosité de journaliste, accepte de rejoindre une commission de spécialistes chargée de faire la lumière sur ces événements surnaturels, car il s’agit de rassembler les preuves nécessaires à l’authentification ou non du miracle. C’est l’un des intérêts majeurs du film qui nous laisse découvrir une démarche longue, rigoureuse, scientifique, secrète, montrant l’extrême prudence de l’Eglise, qui préfère passer à côté d’un phénomène plutôt que d’être victime d’une mystification,

apparition.jpgQuant à Jacques, mandaté par le Vatican, il mène sa propre enquête, quasiment policière, au fil d’une intrigue à suspense qui, tout comme le rôle, a été écrite pour Vincent Lindon.

A son habitude, le comédien se révèle excellent en reporter sceptique, tendu, à la recherche de la vérité, dont les certitudes, révélant des fêlures, vacillent au contact d’Anna. Et vice-versa, En jeune voyante mystique prétendument touchée par la grâce, Galatea Bellugi lui donne «saintement» la réplique.

Tout n’est pourtant pas parfait. Certes l’opus évite la complaisance, le prosélytisme, dénonce l’idolâtrie et l’exploitation commerciale, mais d’une façon trop démonstrative, parfois maladroite et caricaturale. On n’est pas non plus conquis par le twist final qu’on ne vous racontera évidemment pas. 

A l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 14 février.

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Grand écran:Jean Dujardin et Mélanie Laurent se font plaisir dans "Le retour du héros"

jean_dujardin_le_retour_du_heros.jpgAprès le laborieux Un homme à la hauteur, Laurent Tirard s’essaye, à la comédie romantique d’aventure avec Le retour du héros. Ce vaudeville rocambolesque façon de Broca et Rappeneau, qui se déroule à l’époque des guerres napoléoniennes se situe principalement dans un château. Il est porté par Jean Dujardin et Mélanie Laurent qui se font plaisir, s’amusant visiblement de leurs facéties entre salons et jardins.

Femme de tête, Elisabeth est droite, sage, sérieuse. Prétendument courageux, le capitaine Neuville est en réalité un cavaleur lâche et sans scrupules. Ils se détestent et se méprisent. Promis à Pauline, ingénue et petite sœur d’Elisabeth, il est envoyé à la guerre en Autriche et promet de lui écrire. Bon débarras, se dit l’aînée qui n’en croit pas un mot.

Sauf que sans nouvelles, la jeune fiancée dépérit. Pour éviter qu’elle meure de chagrin, Elisabeth se laisse passer pour Neuville et envoie à Pauline des lettres enflammées où elle en fait un héros intrépide aux exploits formidables. Elle va ainsi devenir responsable d'une vaste supercherie lorsque le fourbe capitaine réapparaît, en déserteur toujours aussi pleutre. La vraie confrontation commence alors entre les deux imposteurs piégés par leurs mensonges.

Laurent Tirard offre un divertissement honnête et assez amusant, même s’il tarde à décoller. Surfant sans trop d’imagination sur la manipulation, le quiproquo, la séduction, la trahison, la guerre des sexes, il vaut surtout pour son duo inédit de comédiens.

Jean Dujardin se révèle convaincant dans un rôle écrit sur mesure, tout comme Mélanie Laurent dans une prestation comique peu habituelle. Héroïne moderne et plutôt vacharde pour l’époque, c’est elle qui mène la danse face au couard et pompeux crétin bellâtre noceur, dont l’éclatant habit rouge est très loin de faire le moine.

A l‘affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 14 février.

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Grand écran:"Phantom Thread", relation toxique dans un psychodrame vénéneux. Avec Daniel Day-L

deb05f2dc0334105876353271c0e8f9b_bbbf6a70db7d4b3585f72b1ab3c10f17_header.jpegEn se penchant sur l’hypocrisie, l’afftéterie et les névroses de la haute société anglaise, Paul Thomas Anderson retrouve Daniel Day-Lewis dix ans après There Will Be Blood. Le comédien prétendant à un quatrième Oscar pour son rôle dans Phantom Thread par ailleurs nommé à cinq autres statuettes, se glisse dans la peau de Reynolds Woodcock.

Aidé de sa sœur Cyril, maîtresse femme stricte lui servant de mère, ce grand cuturier règne sur le monde de la mode à Londres dans les années 1950, habillant, les stars, les aristocrates et la famille royale. Tous ces mondains nageant dans le luxe raffolent du style Woodcock.

Beau, élégant, intransigeant dans son travail auquel il est totalement dédié, maniaque du contrôle, ce séducteur au quotidien ouaté réglé comme du papier à musique, est aussi un célibataire endurci multipliant les conquêtes. Et puis un jour, dans un restaurant de campagne, il tombe sous le charme d’Alma, une jeune serveuse allemande timide mais très déterminée.

Evinçant rapidement ses éventuelles rivales, l’admiratrice devient la maîtresse, la muse du créateur, mais surtout le déstabilise en chamboulant sa routine millimétrée où pas un fil ne dépasse.

Confirmation d‘une star et révélation féminine

Le charismatique Daniel Day-Lewis est irrésistible dans le rôle de cet homme tyrannique, passionné, capricieux, colérique, exaspérant, apparemment irréprochable et rigide mais dont l’auteur dévoile peu à peu l’ambiguïté aussi confondante que déroutante.

Vickykrieps.jpgLa Luxembourgeoise méconnue Vicky Krieps, révélation trentenaire du film, n’est pas en reste dans le genre retors. Elle se montre particulièrement crédible en jeune femme apparemment modeste, effacée sinon mièvre, mais en réalité prête à tout pour mettre le grappin sur ce Dandy misanthrope.

Paul Thomas Anderson propose une mise en scène raffinée, stylisée, subtile, des images somptueuses pour ce sulfureux drame romanesque sur fond d’étude de mœurs. Entre pudeur et sensualité, froideur et incandescence, le réalisateur fouille l’intimité de ces deux êtres manipulateurs se livrant à un corps à corps psycho-sado-physique. Il explore ainsi les affres de la création, les mystères d’une relation amoureuse toxique, le piège du mariage, au fil d’une intrigue aussi minutieusement élaborée qu’une robe haute couture, où les rapports de force finissent par s’inverser.

A l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 14 février.

 

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07/02/2018

Grand écran: dans "The 15:17 to Paris", Clint Eastwood traînasse entre patriotisme, bigoterie et morale

the-15-17-.jpgContrairement à l’habitude, il n’y a eu aucune projection de presse pour le dernier Clint Eastwood. Pas de très bon augure en général. Ce qui s’est confirmé lors de la présentation publique de la chose.

Après American Sniper, en 2014, brossant le portrait d’un tireur d’élite assassiné par un vétéran de la guerre en Irak, puis Sully, racontant l’histoire du pilote qui avait posé son avion sur l’Hudson l’année d’après, Clint Eastwood clôt sa trilogie sur l’apologie édifiante des héros ordinaires qui font battre le cœur de l’Amérique avec The 15:17 To Paris.

Le film reproduit l’attaque du Thalys Amsterdam-Paris, le 21 août 2015, par un islamiste. Il sera désarmé et maîtrisé par trois Américains dont deux militaires, Spencer Stone, Anthony Sadler et Alek Skarlatos, à qui le réalisateur a proposé de jouer leur propre rôle. Une excellente idée. Naturels et à l’aise, ils s’en sortent bien, alors qu’ils n’ont pas eu le temps de se préparer pour cette expérience qualifiée de surréaliste, et qu’ils craignaient d’être remerciés et remplacés par des professionnels. .

Un grand flash back

Cela dit, une agression de quelques minutes c’est maigre pour la durée d’un long-métrage, même si elle est minutieusement et spectaculairement reproduite à l’identique dans une fiction au plus près du réel. Utilisant des gens qui ont vécu ce drame y compris la vraie personne blessée par le tueur

Alors pour meubler le scénario après la scène d’ouverture où le terroriste monte à bord, Eastwood a eu recours au flash back. Se basant sur le livre de ses protagonistes qui a cartonné aux Etats-Unis, il revient sur leur parcours  et les événements improbables qui les ont amenés dans ce fameux train.

Enfants de parents divorcés Spencer et Alek ont grandi dans une banlieue californienne et fait connaissance d’Anthony dans leur école religieuse. L’auteur se focalise plus particulièrement sur Spencer Stone (à gauche sur la photo). Lourdaud et objet de moqueries, il rêve depuis l’enfance d’entrer dans l’armée pour sauver des vies et devient, faute d’avoir réussi comme parachutiste, infirmier militaire. Une formation qui se révèlera utile lors de l’attentat

Les héros font du tourisme et des selfies

Même s’ils ont emprunté des voies différentes, les trois hommes ne se perdront jamais de vue jusqu’au voyage qui a fait leur gloire. Mais Clint Eastwood, en panne d'inspiration, traînasse. Avant le tragique épisode, il nous  laisse encore tout loisir de visiter l’Europe, les potes ayant décidé de prendre des vacances, nous emmenant à Lisbonne, Rome, Venise, Berlin et Amsterdam. De longues séquences d’une rare banalité, où le principal intérêt du trio en goguette est de faire des selfies.

On ne peut certes que rendre hommage à ces garçons dont le sang-froid et l’expérience ont permis de justesse, au péril de leur propre vie, d’éviter un massacre. En revanche, on regrette l’absence de vision, de regard du cinéaste. Et surtout l’excès redoutable de patriotisme, de bigoterie, de morale et de pathétisme dans ce film, qui se termine par la remise de la légion d’honneur aux héros du quotidien par le président François Hollande.

Un sommet dans son quiquennat controversé! Car qui n’a pas envie de passer cinq minutes dans un Clint Eastwood, même mineur ?

A l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 7 février.

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06/02/2018

Grand écran: "Maze Runner 3: The Death Cure": de la casse tous azimuts

aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaamaze.jpgDans ce troisième volet de la saga labyrintique adaptée des livres de James Dashner, Thomas et les Blocards s’engagent dans une ultime mission, plus dangereuse que jamais. Pour sauver leurs amis, ils devront pénétrer dans la Dernière Ville, univers de verre et d’acier protégé par une muraille et contrôlé par la redoutable organisation WICKD.

Cet épisode, qui se déroule six mois après la fin de La terre brulée, clôt une franchise commencée en 2014. Elle a été  suspendue au printemps 2016 pour un an après l’accident, sur le tournage, de Dylan O’Brien. victime d’une commotion cérébrale.

Rien de bien spécial dans cette dystopie en forme de thriller, où de jeunes rebelles s’opposent logiquement à un pouvoir dictatorial détenu par d’ignobles adultes en train de concocter leur existence future. On aurait d’ailleurs bien aimé en savoir davantage sur ce mystérieux virus issu d’une éruption solaire qui transforme les humains en zombies, à l’exception d’une poignée d’individus immunisés et capables de produire des anticorps.

On en est pour nos frais. Démarrant par une scène westernienne spectaculaire, le film mise à fond sur l’action, en multipliant les cascades, les affrontements, les courses-poursuites, les tirs, les fusillades, les explosions. Bref tout casse et s’effondre dans d’assourdissants fracas. Epuisant à la longue. D’autant que ça dure quand même 2h20. Mais on suppose que les ados vont aimer, vu que cette épopée leur est destinée.

A l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 7 février.

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Grand écran: abus de pathos et de patriotisme dans "Stronger". Avec Jake Gyllenhaal

jake2.jpgLa vie est un combat. Stronger raconte celui, extrêmement dur, d’un homme à terre après un tragique accident. Une histoire vraie, portée à l’écran par David Gordon Green, poursuivant dans l’exorcisme cinématographique des attentats meurtriers qui ont traumatisé l’Amérique. Comme celui de Boston, déjà mis en scène par Peter Berg l’an dernier, et qui évoquait la traque aux responsables de l’explosion d’une bombe sur la ligne d’arrivée du marathon.

David Gordon Green s’empare du sujet mais le présente sous un autre angle. Nous sommes le 15 avril 2013. Jeff Bauman, 28 ans, est venu encourager Erin Hurley en espérant bien la reconquérir. Il attend ainsi son ex-petite amie à l’arrivée quand une bombe explose, lui arrachant les deux jambes.

Le film est adapté du propre récit de Jeff, dont le témoignage a été déterminant pour retrouver les deux ennemis publics. Du coup, on lui colle l’étiquette de héros. Mais il a de plus en plus de mal à supporter son nouveau statut emblématique d'égérie de la nation, alors qu’il va désormais passer sa vie dans un fauteuil roulant, dans un petit logement, en compagnie de sa mère alcoolique…

Il ne s’agit donc pas d’un thriller sur le terrorisme, mais de l’histoire d’un garçon immature de 28 ans, qui doit se reconstruire physiquement, psychologiquement, émotionnellement. Une guérison symbolisant celle de tout le pays. Ce n’est pas simple et Jeff, après avoir goûté à l’exaltation de la surexposition médiatique, va retomber dans ses travers. Il refuse progressivement de se battre en dépit du soutien d’Erin, qui se sent certes indirectement, mais terriblement responsable de son état. Jusqu’à un événement particulier qui va le forcer à grandir, à accepter son sort et assumer ses responsabilités. En un mot à se dépasser.

Malheureusement, à force de sublimer le courage, d’abuser du patriotisme, ce (trop) long opus panégyriste tombe forcément dans la facilité, les bons sentiments et le pathos. Une tendance regrettable à laquelle participe Jake Gyllenhaal. Avec sa prestation masochiste, il se montre moins convaincant que d’habitude dans ce personnage que l’Amérique adore, un héros fracassé de l’intérieur, mais qui saura finalement se relever envers et contre tout. 

A l’affiche dans les salles de Suisse romande dès le 7 février.

 

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Grand écran: "Cuori Puri", un coup de foudre qui manque d'électricité

aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaapurs.jpgAgnese et Stefano vivent à Rome dans deux mondes opposés. Elle a 18 ans, fréquente l’église et est sur le point de faire vœu de chasteté jusqu’au mariage, comme le lui demande sa mère, catholique dure et très pieuse qui la surprotège.

Lui a 25 ans, un passé violent, des parents déficient. Il tente de sortir de sa marginalité et de ses petits trafics en devenant vigile dans un parking. Un job précaire et parfois dangereux, dans la mesure où il est situé en face d’un grand campement de Rom. Et que les penchants xénophobes de Stefano incitent davantage à la montée de la tension qu’à une cohabitation harmonieuse.

Tout sépare donc Agnese et Stefano jusqu’à leur rencontre inattendue. Un coup de foudre, qui constitue l'élément dominant de Cuori Puri (Coeurs Purs). Mais on le sait, qui trop embrasse mal étreint. C’est le péché du réalisateur Roberto De Paolis, venu de la vidéo et de la photographie dans cette chronique qui se veut d’abord sentimentale, mais qui a tendance à se perdre dans une étude sociale mâtinée d’accents religieux.

Au lieu de se concentrer sur l’intéressante approche amoureuse entre les deux jeunes gens, il complique son intrigue en multipliant les sujets, de la pauvreté aux réfugiés, sans oublier des principes rigoristes et une foi catholique suprême qui laissent quelque peu perplexe.

Mais s’il déçoit nos attentes en courant plusieurs lièvres dans ce film qu’on voyait bien au départ dans la lignée de L’intrusa, on ne peut que saluer l’interprétation convaincante de ses deux héros, Selene Caramazza et Simone Liberati, à la fois charismatiques, naturels et émouvants.

A l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 7 février.

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01/02/2018

Grand écran: "Les Tuche 3", une calamité d'une vulgarité abyssale

b66ac95a851278a8b900121a760a2.jpegDevenu maire, Jeff Tuche se réjouit de l’arrivée du TGV dans son bled de Bouzolles. Malheureusement, le rapide ne fait que passer. Furieux, il tente de joindre le chef de l'Etat. Sans réponse, il ne voit qu’une solution pour que ça change : se présenter à la présidentielle. Elu contre toute attente, Jeff s’installe à l’Elysée avec sa smala de dégénérés.

Cette pseudo-relecture de l’actualité est calamiteuse. Un scénario d’une bêtise crasse, des personnages caricaturaux à l’extrême, des dialogues d’une vulgarité abyssale et des gags répétitifs d’une lourdeur affligeante.

Pour plagier l’un des rares articles négatifs de la presse française, «on tuche le fond » dans cette abomination. Où les gens d’en bas se délectent à étaler leur horreur de l’intelligence, histoire de fustiger une élite politique coupée du peuple.

Olivier Baroux prétend faire faire rire avec le président en bermuda qui tond lui-même la pelouse de Elysée tandis que sa femme Cathy se rend au Conseil des ministres munie de son panier à linge, en demandant s’ils ont quelque chose à laver vu qu’elle va faire une machine de blanc. Sans oublier le débat plus que rance d’entre les deux tours et le dîner avec Angela Merkel sur fond de match France-Allemagne...

Cela n’empêche pas Jean-Paul Rouve, Isabelle Nanty et les autres d’être très contents d’eux et de le clamer sur les plateaux de télévision. Ils auraient tort de se gêner tant on leur sert complaisamment la soupe. En plus le film va sans doute cartonner à l’image du précédent.

Mais le pire, c'est qu'il y aura les Tuche 4!!!

A l'affiche dans les salles de Suisse romande depuis mercredi 31 janvier. 

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Grand écran: "L'intrusa" évoque la résistance dans une société gangrénée par la Mafia

lintrusa_cinelapsus.jpgTravailleuse sociale combative de 60 ans, Giovanna fait face à une criminalité omniprésente. Elle gère un centre dans un quartier populaire de Naples qui s’occupe, en dehors des heures de classe, de gosses défavorisés et d’orphelins victimes de la pègre, offrant ainsi une alternative à la domination mafieuse de la ville.

Un jour Maria, l’épouse en cavale d’un tueur qui vient de commettre un meurtre en se trompant de cible, se réfugie dans ce centre avec ses deux enfants. Bien qu'elle lui ait menti, Giovanna lui permet de rester dans un petit appartement d’accueil, mais se retrouve du coup confrontée à un dilemme car elle met en péril la cohésion de la petite communauté.

Comme la jeune femme a fait partie de l’organisation criminelle qui a détruit leurs foyers, elle est en effet rejetée, jugée et condamnée par les parents qui craignent pour leur progéniture. Ils ne veulent pas d’elle, de l’autre, étrangère suspecte.

Ils font d'elle une paria et lui dénient le droit d’être là, redoutant qu’elle n’amène la mort dans ce havre de paix où ils se sentaient jusque là à l’abri. D’où un sentiment de danger désormais permanent, Même si la Camorra est hors champ, il ne s’agit pas d’un film sur elle, mais sur des gens qui vivent à côté d’elle, elle reste présente. Y compris dans des scènes où il ne se passe rien. Par exemple celles où Giovanna rentre seule le soir chez elle. .

Poussée par sa générosité, sa tolérance, sa foi en de meilleurs rapports humains, Giovanna se retrouve dans une position de plus en plus difficile, la peur des familles le disputant à sa volonté farouche de protéger la jeune femme.

Formidables conédiens

Le réalisateur Leonardo Di Costanzo pose un regard sensible, intelligent et grave sur la complexité de cette société gangrenée par la Mafia, sur ces banlieues où s’entassent les laissés pour compte, sur les limites du désir utopique de Giovanna de tenter la conciliation. 

Le réussite de L’intrusa tient aussi à ses comédiens en majorité non professionnels. Les enfants sont formidables, à l’image de Valentina Vannino dans le rôle de Maria. Et surtout de Giovanna, interprétée par la danseuse et chorégraphe Raffaella Giordano (photo). Elégante, le regard intense, elle porte le film de bout en bout, incarnant magnifiquement un idéal de résistance dans un monde impitoyable.

A l’affiche dans les salles de Suisse romande depuis le 31 janvier.

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