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18/11/2017

Masters de Londres: David terrasse Goliath!

aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaadvid.jpgEn l’absence de Nadal mou du genou et out après son unique match de poule, celles de Djokovic, Murray, Wawrinka, Nishikori, voire Raonic, il était assez ridicule de parler d’un tournoi de maîtres à Londres. Federer était le seul à mériter ce nom. C’est dire si le Suisse, du coup grandissime favori, avait la partie facile face à ses rivaux du moment, pour accrocher un septième titre à son palmarès d’exception.

Ce que tous les spécialistes pronostiquaient, même si certains, à l’image de Pascal Droz et Marc Rosset, osaient critiquer le king, remarquant un rien cavalièrement qu’il peinait la moindre depuis le début à envoyer ses adversaires au tapis. Un maestro au rabais donc pour régner sur la meute de seconds couteaux. Mais bon, l’essentiel était de passer et il allait fermement se reprendre pour nous écrire un nouveau brillant chapitre. Parce que quand ça compte vraiment, c’est bien connu, le grand Federer se montre intraitable.

Surtout contre le petit Belge Goffin, qui non seulement n’a pas les armes, mais possède en plus le jeu idéal pour se faire impitoyablement abattre par l'Helvète aux bras noueux, psalmodiait à l'envi le duo de choc de la RTS avant le match. Le premier set rondement mené par l’icône bâloise confortait encore davantage les deux compères dans leurs certitudes.

Et pourtant, à l’issue d’une rencontre aux accents quasi bibliques, Goliath était à terre. Atomisé par les redoutables coups de David, le Belge survolté au prénom prédestiné, qui a trouvé moyen de jouer le meilleur tennis de sa vie dans la première demi-finale londonienne.

Une déception, mais pas franchement une surprise, au vu de la vilaine prestation de Rodgeur dans ses duels de poule. De toutes façons, au cas où Sa Grâce, qui en manquait singulièrement sur le court, serait venue à bout de Goffin, je ne l'imaginais pas remporter le trophée face au menaçant Bulgare Grigor Dimitrov.

Le plus inquiétant toutefois c’est que le mythe stagne désormais à plus de 1000 points de Nadal. Qui peut tranquillement dormir sur ses deux oreilles dans la mesure où son dauphin en aura encore 2000 à défendre à l’Open d’Australie. Et si notre gloire nationale ne retrouve ni ses jambes ni son coup droit d’ici là, je ne vous raconte pas si on a de gros soucis à se faire!

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15/11/2017

Grand écran: "Téhéran Tabou"dénonce les interdits dans une société schizophrène

aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaataboo.jpgAvec ce film ouvertement militant comme l’indique son titre, Téheran Tabou, Ali Soozandeh, Iranien réfugié en Allemagne, nous immerge au sein d’une société schizophrène, dans laquelle le sexe la corruption, la prostitution et la drogue coexistent avec les interdits religieux, juridiques, traditionnels. Il met en scène, dans la capitale de son pays natal, trois femmes, une prostituée une fiancée, une jeune épouse, ainsi qu’un musicien. Tous les quatre tentent de s'affranchir en brisant les tabous minant le quotidien des hommes, et plus encore des femmes.

Une oeuvre audacieuse tournée en rotoscopie, procédé datant du début du siècle. De nombreux films y ont eu recours, l’un des chefs d’oeuvre du genre étant sans doute le documentaire de l’Israélien Ari Folman Valse avec Bachir (2008). La technique consiste à filmer des comédiens en prises de vue réelles sur fond vert et les retravailler image par image en animation, reproduisant ainsi avec réalisme la dynamique de mouvement des sujets.

Ali Soozandeh s’y est essayé avec succès dans cet opus à la fois poétique, politique et intime qui, s’il met en scène des personnages aux traits et aux gestes réalistes, permet une distance bienvenue, un décalage avec le réel. Il n’en a pas moins une portée documentaire et une valeur de témoignage avec sa peinture sociale, dérangeante, provocante, choquante. Sinon obscène avec la tendance un rien outrancière du réalisateur à multiplier les scènes de sexe et de drogue.

Mais le plus important dans ce film choral démonstratif où la noirceur du propos tranche avec un univers bariolé, reste son combat pour l'émancipation, son plaisir gourmand de la dénonciation insolente d’une théocratie hypocrite adepte du «faites ce que je dis, pas ce que je fais». Une maxime illustrée par des représentants corrompus et débauchés de l’élite, peu enclins à s’appliquer la rigueur impitoyable d’une morale qu’ils exigent pour autrui.

A l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 15 novembre.

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14/11/2017

Grand écran: "Jalouse", une comédie qui sombre dans la caricature. Avec Karin Viard

aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaKarine.jpgNathalie Pêcheux (Karin Viard), professeure de lettres divorcée, est rongée par une jalousie maladive. A l’égard de sa ravissante et parfaite fille de 18 ans, Mathilde, danseuse classique (Dara Tombroff ancienne pensionnaire de l’Opéra de Bordeaux dont c’est le premier rôle au cinéma), mais également envers son proche entourage, ses amis, ses collègues.

Tordue et dépressive, Nathalie la vilaine Jalouse ressent comme une agression le bonheur et la réussite des autres. Un mal-être confinant à la névrose et renforcé par la crise de la cinquantaine. Avide de coups bas, de mesquineries, de remarques acerbes, elle multiplie les méchancetés, faisant par exemple remarquer à sa meilleure amie à quel point elle a de la chance d’avoir une fille moche, ou se confrontant avec aigreur à une consoeur plus jeune, dont elle sabote toutes les propositions. 

Le portrait de cette despote autodestructrice au bord de la crise de nefs dotée d’une redoutable mauvaise foi, est signé de David et Stéphane Foenkinos et aurait pu donner une excellente comédie. Dommage que le trait soit si outrancier, les auteurs se complaisant dans la caricature et le cliché. A commencer par celui du mari qui quitte sa femme pour une plus jeune un peu bécasse mais tellement plus gentille, aimante et compréhensive...

Alors qu’elle qui se veut grinçante, drôle et corrosive, mordante, mâtinée de thriller psychologique, cette comédie peu inspirée et manquant d’un minimum de subtilité n’est hélas pas à la hauteur de ses ambitions. A l’instar de ses dialogues insipides et de ses interprètes pas au mieux de leur forme dont Karin Viard, en général gage de qualité d’un film. Bien que qualifiée de "magistrale" par une partie de la  critique française, elle se révèle décevante.

A l'affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 15 novembre.

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Grand écran: avec "Maryline", Guillaume Galienne révèle une magnifique comédienne

aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaamarilyne.jpgC’est l’histoire d’une jeune femme modeste, qui a grandi dans un petit village  où ses parents ne recevaient jamais personne. À 20 ans, mourant d'ennui, elle monte à Paris pour devenir comédienne. Mais découvrant rapidement l’envers du décor, elle doit faire face aux humiliations qu’on lui inflige dès son premier film. Incapable de s’exprimer, elle subit la cruauté d’un monde dont elle ignore les codes et la brutalité d’un réalisateur odieux, qui se comporte en véritable dictateur.

N’ayant ni les armes pour résister ni les mots pour se défendre, Maryline va se mettre à boire avant de remonter la pente. Car cette résistante fera preuve d’une grande force d’âme et de beaucoup de courage pour gravir une route qui s’apparente à un chemin de croix.

Après Les garçons et Guillaume à table! une comédie jouissive inspirée de son enfance et de sa place au sein de sa famille, Guillaume Galienne s’est attaqué au drame avec Maryline. Un sujet qu’il avait depuis longtemps en tête, comme il le confie dans ses nombreuses interviews.

«Quand j’ai rencontré la vraie Maryline il y a quinze ans, j’ai été bouleversé par cette femme, sa vie son histoire à la fois douloureuse et extraordinairement lumineuse. J’ai porté ce récit en moi pendant tout ce temps, mais ma mémoire en a fait autre chose… »

Beau parleur, Guillaume Galienne s’avoue par ailleurs impressionné par les taiseux. «Ce qui me touchait, c’était d’essayer de rendre compte et de comprendre la violence qu’ils pouvaient ressentir eux à ne pas pouvoir s’exprimer et la violence qu’ils provoquaient chez les autres qui n’arrivaient pas à les comprendre».

Bouleversante et attachante Adeline D'Hermy

Ce drame parfois pimenté d’humour vache où Guillaume Galienne dépeint la dureté du milieu du cinéma et son difficile accès aux humbles, est construit à la manière d’une chronique s’étalant sur près de 20 ans. Il est porté de bout en bout par la talentueuse Adeline D’Hermy (photo) sociétaire de la Comédie française, jolie mais enlaidie pour l'occasion. C'est une révélation. Bouleversante et attachante, elle se coule brillamment dans ce personnage complexe, blessé, mélancolique, enfermé dans le silence, au parcours pénible, chaotique. Et réussit à transmettre sans paroles ce qu’elle vit à l’intérieur.

Mais heureusement, si elle est brisée par certains, y compris par elle-même, Maryline croisera également des gens bienveilllants. Cela nous vaut des moments de grâce comme celui où elle rencontre une comédienne aussi célèbre que généreuse (belle Vanessa Paradis s’inspirant de Jeanne Moreau) qui lui donne du temps, sait trouver les mots pour la libérer, la remettre en selle. Et chantera superbement Cette blessure de Léo Ferré au générique de fin.

On peut toutefois reprocher à ce film généreux, hymne émouvant à la force des faibles, déclaration d’amour au théâtre et hommage aux actrices, un côté décousu. Comme d’ailleurs dans le premier, où Guillaume Galienne avait tendance à se disperser au fil des sketches.

A l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 15 novembre.

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08/11/2017

Grand écran: "A Mountain Between Us", avec Kate Winslet et Idris Elba en improbable mode survie

aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaamountain.jpgTenté par l’aventure hollywoodienne, le cinéaste palestinien Hany Abu-Assad (auteur notamment de Paradise Now sorti en 2005) change radicalement de registre avec A Mountain Between Us (Une montagne entre nous). Ce film catastrophe virant à la romance et adapté d’un roman de Charles Martin, met en scène Alex (Kate Winslet) et Ben (Idris Elba).

Ils ne se connaissent pas, mais leur vol ayant été annulé à cause d’une mauvaise météo, ils décident d’affréter ensemble un petit avion privé pour rallier Denver le plus tôt possible. Chacun pour une raison différente. Alex doit se marier et Ben, chirurgien, a planifié une importante opération.

Jusque là tout va bien mais gare à l’atterrissage… qui ne va pas tarder. Leur pilote est victime d’un AVC et le bimoteur s’écrase en haute montagne. Les deux passagers s’en sortent. Mais si Ben est indemne, Alex est sérieusement blessée à une jambe. En outre faute de plan de vol, personne ne saura où ils se trouvent, ils n’ont pas grand-chose à manger et disposent d’un équipement minimum.

Autant dire que leurs chances de survie dans cet environnement hostile et glacial sont extrêmement minces. Que nenni, l’énergie du désespoir, la solidarité et... l'amour aidant, sans oublier la compagnie du chien du pilote rescapé lui aussi, ils vont braver tous les obstacles, aussi monstrueux et infranchissables soient-ils! 

Du coup le spectateur, déjà au bord de l’intrigue dès la tentative impossible de nos deux héros de retrouver la civilisation, sort carrément du film tant celui-ci accumule les invraisemblances au fil de l’histoire. Au point que la capacité d’Alex de se déplacer sans trop de mal dans des conditions extrêmes avec une jambe en compote n’est pas la pire des incohérences…

A sauver éventuellement les superbes paysages de cette odyssée bien loin de tutoyer les sommets!

A l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 8 novembre.

 

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Grand écran: Kad Merad à contre-emploi dans "La Mélodie", comédie au sujet rabâché

aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaamélodie.jpgBrillant violoniste quinquagénaire n’attendant plus grand-chose de la vie et de ses semblables, Simon se retrouve enseignant dans un lycée parisien, où il entretient des rapports difficiles avec de jeunes élèves issus de quartiers défavorisés. Désespérant d’arriver à intéresser ces gamins turbulents qui rejettent ses méthodes rigides, il est prêt à jeter l’éponge, alors qu’il a accepté de les mener en concert à la Philharmonie.

Pourtant, miracle et divine surprise, se pointe Arnold, garçon maladivement timide mais fasciné par le violon, qui redonne de l’espoir à Simon. Faussement bourru, le gentil professeur va le prendre sous son aile pour l’aider à progresser, tandis que les mauvais esprits de la classe finissent par s’assagir sous l’influence du talentueux et passionné Arnold (Renély Alfred). Et les voici partis pour une formidable aventure…

Un scénario cousu de fil blanc pour cette comédie dramatico-musico-sociale recuite. Signée Rachid Hami, elle est certes inspirée de faits réels, mais déjà vue mille fois au cinéma. Avec Kad Merad à contre-emploi, sobre et bon dans son costume d'éducateur bienveillant, à l'instar de ses jeunes partenaires. Dommage pour eux que La Mélodie soit en revanche traité, comme la plupart de ses prédécesseurs, sans la moindre originalité.

A l'affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 8 novembre.

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Grand écran: "Tout nous sépare", polar bancal avec Catherine Deneuve et le rappeur Nekfeu

aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaadeneuvesep.jpgPour son quatrième long métrage, le Français Thierry Klifa, amateur de films noirs américains des années 50, s’essaye au genre en opposant, comme l’indique le titre Tout nous sépare, une famille bourgeoise et des jeunes de banlieue. Le tout sur fond d’enquête policière, de disparition, de chantage, de castagne et de fusillades. Hélas, il ne suffit pas de se réclamer de célèbres modèles pour réussir son coup.

Le réalisateur propose en effet un polar sans intérêt au scénario bancal où tout sonne faux et où on ne croit forcément à rien. D'un côté le violent Rodolphe (Nicolas Duchauvelle) est poursuivi, avec sa bande de petits dealers, par de très vilains caïds. de l'autre Julia (Diane Kruger) jeune femme riche, handicapée à la suite d’un accident, est une droguée dépressive, masochiste et, sans surprise, amoureuse de cette racaille de Rodolphe.

Censée servie de trait d’union entre ces deux mondes, il y a Louise (Catherine Deneuve, troisième collaboration avec Klifa), la mère abusive et autoritaire de Julia. Femme forte dirigeant en principe sa société d’une main de fer, elle forme par ailleurs un couple improbable avec le rappeur Nekfeu pour sa première prestation cinématographique, quand le film bascule dans un semblant de mélodrame.

A commencer malheureusement par la grande Catherine figée, inexpressive, tous les comédiens sont aussi peu convaincants les uns que les autres, quand ils ne tombent pas dans la caricature. A l’image de l’intrigue qui atteint des sommets de grotesque.

A l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 8 novembre.

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Grand écran: "Borg/McEnroe" fait revivre le duel mythique entre deux icônes planétaires

aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaborg.jpgPassion, suspense, émotions. Dans le sport comme au cinéma. Pas étonnant que les deux se rencontrent. Avec Borg/McEnroe, le Danois Janus Metz revient, pour le plaisir du profane et du connaisseur, sur la rivalité légendaire et exacerbée de deux icônes planétaires qui ont changé la face du tennis.

Nous sommes à Wimbledon en 1980. Les deux hommes vont s’affronter dans une finale dantesque, qui deviendra l’un des plus grands duels de l’histoire du sport en général et de celle de la raquette en particulier. Pour le Suédois Björn Borg, 24 ans, il s’agirait de la cinquième victoire dans le temple de la petite balle jaune. Mais pour la première fois de sa brève carrière, l’incontestable numéro un de l’époque est menacé par l’étoile montante américaine, le bouillant John McEnroe, 21 ans, prêt à tout pour le faire chuter.

S’aventurant au-delà du sport, l’histoire de cette confrontation sous pression a des allures de thriller. Avec une tension palpable dès l’entame, tandis que l’on suit la préparation des deux gladiateurs conduisant à leur rencontre mythique, aboutissement de l’intrigue.

La glace et le feu

Avant d’y arriver, le réalisateur, pour qui Borg/McEnroe est au tennis ce que Raging Bull de Martin Scorsese est à la boxe, audacieuse comparaison, s’intéresse à la psychologie de ces deux hommes aux tempéraments opposés. Borg est le Suédois beau gosse, apparemment insensible et froid, dissimulant ses sentiments, méthodique jusqu'à  l'obsession, héros mutique encensé par le public. McEnroe est le bad boy américain, rebelle impulsif et colérique au comportement provoquant sinon limite.

La glace et le feu, en somme. Sauf que le feu couve aussi sous la glace, comme le montre Janus Metz qui revient en parallèle sur la jeunesse des deux cadors à coup de flash-back. Scandinave, il s’attache plus particulièrement au parcours de Borg, nous laissant découvrir un adolescent plein d’une rage que ne renierait pas son rival, brisant violemment sa raquette quand il perdait. Il est joué par le propre fils du champion, Leo Borg, qui tente de suivre le chemin de papa.

L'effet Titanic

Bien que le film n’ait à l'évidence pas l’extraordinaire suspense et la folle intensité du vrai match, il produit l’effet Titanic. On a beau connaître l’issue de la rencontre, on est pris de bout en bout grâce à la qualité de la mise en scène de Janus Metz, sa manière de reconstituer les échanges, sans oublier l’excellence du casting.

D’un côté du filet Sverrir Gudnason (Borg), si bluffant de ressemblance non seulement physique mais dans son approche toute en intériorité et en concentration du personnage, qu’on le confond quasiment avec l’original. De l’autre Shia Labeouf (McEnroe), se révélant légèrement en-dessous de son partenaire, dans la mesure où le cinéaste a trop tendance à privilégier les fameuses crises qui faisaient monter son adrénaline. Dans les personnages secondaires, on salue la prestation du célèbre comédien suédois Stellan Skarsgard, dans le rôle de Lennart Berlin, l’entraîneur de Borg mort en 2008.

A l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 8 novembre.

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07/11/2017

Grand écran. "Hounds Of Love", thriller anxiogène au climat délétère

aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaahunds.jpgAustralie, été 1987, dans une banlieue de Perth.  Alors qu’elle désobéit à sa mère et sort par la fenêtre de sa chambre pour se rendre à une soirée, la jeune Vicki Maloney est abordée dans la rue par Evelyn et John White, des trentenaires qui l’invitent chez eux. Elle accepte, mais réalise rapidement qu’elle est tombée dans un piège cauchemardesque.

Séquestrée, ligotée, enchaînée aux montants du lit, bâillonnée, Vicki va pourtant trouver la force de résister. Si elle a agi par naïveté en se laissant embarquer par des inconnus, elle est également dotée d’un caractère bien trempé. Elle comprend que sa seule chance de survivre est d’exploiter les failles de ces deux psychopathes, opposant son intelligence et son ingéniosité à leur folie et leurs pulsions meurtrières.

Un premier film en forme de thriller pavillonnaire, révélant l’horreur derrière la tranquillité apparente d’une banlieue de classe moyenne. Un thriller à la David Lynch où le réalisateur Ben Young, s'inspirant de divers cas réels nous plonge tout de suite dans une atmosphère anxiogène. De sa voiture parquée près d’un terrain de sport, le couple de chasseurs pervers observe un groupe de jeunes filles. On l’imagine choisissant sadiquement ses futures proies, pour les torturer et les tuer.

Tout au long de ce Hounds Of Love (Love Hunters) où se succèdent des scènes de soumission, d’emprise, de viol, Ben Young se concentre sur le psychisme complexe des ravisseurs, explorant la part glauque d'une dangereuse relation fusionnelle. Nous laissant d’abord découvrir la situation terrifiante du point de vue de Vicki, puis de celui de la femme complice et amoureuse du taré dont elle partage la dépravation, en infligeant des sévices sexuels aux victimes.

Heureusement, l'auteur laisse le plus souvent la violence hors-champ. Car si le film confine au malsain, c’est bien davantage à travers ce qu’il suggère que par ce qu’il montre que Ben Young parvient  à créer la tension. A l’image d’une porte qui se ferme sur un terrible hurlement, moment infiniment plus glauque et effrayante que la plus gore des scènes.

Certes, cette incarnation du Mal a son origine. Mais si on découvre souffrance intense et humiliation sociale derrière ses protagonistes tueurs que leurs phobies et leurs traumatismes ont conduits à la négation pure et simple des autres, Ben Young n’excuse ni n’explique leur monstruosité et leur cruauté. Pas davantage qu’il n’évoque une quelconque rédemption.   

Tout en s’appuyant sur un bon trio d'acteurs (Ashleigh Cummings dans le rôle de Vicki, Emma Booth, l'héroïne zombie de la série australienne Glitch dans celui d’Evelyn et Stephen Curry dans celui de John) Ben Young livre ainsi un métrage efficace entre thriller au réalisme sordide, mélodrame conjugal malsain et huis-clos  étouffant. On lui reprochera pourtant un climat trop complaisamment délétère, des longueurs et un abus pénible de ralentis.

 de ralentis.

A l’affiche dans es salles de Suisse romande dès mercredi 8 novembre.

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