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20/09/2017

Grand écran: un enfant négligé disparaît dans "Faute d'amour". Drame coup de poing

aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaamour.jpgTrois ans après Leviathan, prix du scénario à Cannes, critique féroce contre la corruption gangrénant le système politique, le réalisateur russe Andreï Zviaguintsev se penche, dans Faute d’amour (prix du jury en mai dernier), sur une crise familiale qu’il dissèque avec la même dureté.

En instance de divorce, Boris et Genia, la quarantaine, ayant chacun une liaison, se déchirent sous les yeux de leur fils Aliocha, 12 ans, dont aucun ne souhaite la garde dans sa nouvelle vie. Sans se préoccuper des dégâts qu’ils peuvent causer à l’enfant en dramatique manque d’affection. Comprenant qu’il va être envoyé à l’orphelinat, Aliocha disparaît, provoquant le rapprochement contraint de ses parents.

La police ayant déclaré forfait, les recherches sont confiées à une association spécialisée. Les disputes du couple se poursuivent dans une deuxième partie en forme d’enquête, où Zviaguintsev se livre à une charge contre une société impitoyable, glaciale, entre désespoir et frustration. S'élevant contre les travers de ses membres obsédés par les écrans, accrochés au portable, se focalisant sur l’égoïsme des adultes ne pensant qu’à leur bonheur. Un film coup de poing, terrible, brutal, implacable,  Il est servi par de formidables acteurs, dont le petit Matveï Nvikov (photo), et une superbe mise en scène.

aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaandzvia.jpgIl voulait être acteur

Né à Novosibirsk, troisième ville de Russie, Andreï Zviaguintsev, de passage récemment à Genève, nous raconte qu’il a d’abord voulu être acteur. Au bout de quatre ans où il a obtenu de grands rôles, il ne se sent pas à la hauteur en découvrant Al Pacino. Du coup il part à l’armée pendant deux ans, puis intègre l’Académie des arts du théâtre à Moscou. A nouveau pendant quatre ans.

Pourtant, en voyant L’avventura d’Antonioni, c’est du cinéma qu’il tombe amoureux. Il cherche alors à visionner tout ce qui est possible chez les géants de la pellicule et décide de s’y consacrer. En 2003, il réalise Le retour, Lion d’or à Venise. Son succès ne s’est pas démenti depuis.

Andreï Zviaguintsev assure ne pas choisir ses thèmes. «Les histoires viennent d’elles-mêmes. C’est la thématique qui me choisit. Pour Faute d’amour, c’est en surfant sur internet que j’ai trouvé une info sur Liza Alert, une organisation de bénévoles vouée à la recherche des disparus».

L’enfant, tel un catalyseur, va alors donner une nouvelle vision du couple qui se déchire.

Exactement. Son absence accentue l’importance de la séparation. Ils sont haineux, ne voulaient plus se parler, plus rien avoir en commun et voilà qu’ils sont obligés d’être ensemble pour rechercher leur fils. Ce qui attise leur discorde.

Vous montrez que le bonheur des enfants passe après l’épanouissement des enfants.

C’est vrai. Mais les gens qui voient ce film en Russie disent que cela n’existe pas. C’est quand même fou de vivre dans ce pays et de ne pas s’en rendre compte.

Votre film est à la fois une charge contre une société, notamment obnubilée par les écrans, une métaphore non seulement russe mais universelle.

C’est une charge contre la nature humaine, et non contre ces objets si pratiques qu’on se demande comment on faisait sans avant, mais qui ne sont qu’un révélateur de l’égoïsme. Et j’espère viser à l’universel, en dénonçant l’absence d’empathie, pire de conscience, qui fait de l’être humain un hamster dans une roue, oubliant l’autre.

L’épreuve a-t-elle changé le couple?

Non. Ils restent déespérément au même point dans le film. Mais qui sait ? J’aime bien citer Pic de la Mirandole évoquant Dieu qui a décidé d’attribuer une place aux animaux et à toute chose. Et qui, arrivé à l’homme, lui dit : « toi, ta place, tu la chercheras sans cesse ». C’est une chance pour lui de se transformer, de faire des choix tant qu’il est vivant.

A l'affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 20 septembre. 

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13/09/2017

Grand écran: "Barry Seal: American Traffic" , avec Tom Cruise en pilote arnaqueur, narcotrafiquant et agent de la CIA

aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaacruise.jpgTout en s’éloignant du biopic classique, le film est tiré d'une histoire vraie, qui s'est déroulée de la fin des années 1970 au milieu des années 1980. Celle de Barry Seal, un pilote de ligne américain casse-cou, arnaqueur et roi du double jeu, prêt à tout pour s’enrichir. Recruté de manière inattendue par la CIA, il va exécuter l’une des plus grosses opérations secrètes de l’histoire des Etats-Unis.

A savoir photographier les communistes au Nicaragua et ailleurs en Amérique centrale, puis livrer des armes aux guérilleros nicaraguayens, Parallèlement, il a offert ses services au cartel de Pablo Escobar pour transporter de la cocaïne et détourner les armes.

Doug Liman, réalisateur entre autres de La mémoire dans la peau et Edge Of Tomorrow propose une épopée tragi-comique au rythme échevelé, commentée par la voix-off du héros ou plutôt de l’anti-héros, donnant dans l’autodérision.

Un rôle taillé pour Tom Cruise qui cool et tête brûlée, abuse toutefois de son charme qu'il veut intemporel pour se glisser dans la peau de ce pilote fantasque, agent de la CIA et narcotrafiquant mais sans jamais toucher au produit (dans le film du moins...), se sortant de situations invraisemblables. Par ailleurs mari fidèle (en l’occurrence de la jolie Sara Wright) et père aimant, il n’hésite pas à montrer ses fesses pour amuser sa femme et ses enfants avant de monter à bord de son avion... 

De péripéties en retournements rocambolesques, ce film d’aventures griffé vintage pour le grain de l’image, les couleurs, les costumes, se révèle certes assez efficace et divertissant. Mais trop superficiel et lisse, sans grande tension, en réalité pas à la hauteur d’une histoire aussi extraordinaire et d’un personnage aussi incroyable, il finit, en dépit de la richesse de sa thématique, par tourner en rond en s’enlisant dans le déjà vu.

Sans compter que son auteur, négligeant la complexité historique de son sujet, évite la critique à l’égard du gouvernement américain de l’époque, se contentant d’en rapporter les dérives mafieuses pour justifier sa lutte contre la menace communiste en Amérique latine.

A l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 13 septembre

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11/09/2017

Grand écran: "Le Redoutable", avec Louis Garrel dans la peau de Godard. Plus vrai que nature...

aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaredoutable.jpgIl a eu l’audace, l’impudence plutôt relèvent quelques esprits chagrins outragés, de s’attaquer à la légende vivante de la Nouvelle Vague en crise existentielle et cinématographique pendant et après Mai 68. Une démystification fantaisiste de celui qui désacralisait tout. Avec un formidable Louis Garrel, plus Godard que nature….

Irrésistiblement drôle dans la peau du mythe, il en emprunte à la perfection le talent, le look, la démarche, l’accent traînant, la cruauté, la vanité, le discours outrancier, l’autodérision. Atout maître de cette comédie jouissive signée Michel Hazanavicius, l’acteur méritait le Prix d’interprétation lors du dernier Cannes, où le film concourait pour la Palme d’or. Le jury En a hélas décidé autrement

On est à Paris en 1967. Le soulèvement menace. Star de sa génération, universellement plébiscité pour ses films de l’époque, Jean-Luc Godard tourne La Chinoise avec Anne Wiazemsky, la petite-fille de François Mauriac (Stacy Martin, plus ravissante que charismmatique), de 16 ans sa cadette. Il en est follement amoureux et vice-versa. Mais le film est incompris, sinon vilipendé à sa sortie. Obsessionnellement préoccupé par sa propre révolution, Godard se remet alors en question, reniant son cinéma qui, à son avis, ne vaut plus rien comparé au tsunami de Mai 68.

aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaastacy.jpgS’inspirant de deux livres d’Anne Wiazemsky, Une année studieuse et Un an après qu’elle consacra à sa relation avec le génie de la pellicule, le réalisateur de The Artist et OSS 117 s’intéresse davantage au personnage et à l’homme qu’au cinéaste.

Il nous le montre au quotidien avec Anne, militant au côté des manifestants de Mai, pérorant à la Sorbonne, passant quelques jours à pester et à lire des polars sur les hauteurs de Cannes, où il a contribué à l’annulation du festival, contaminé par la fièvre contestataire.

Intellectuel condescendant et provocateur, odieux avec ses amis, mufle avec sa femme  bien-aimée qui se détache de son pygmalion et qu’en macho jaloux et intransigeant il ne saura retenir, l’image qu’en donne Hazanavicius est certes a priori peu flatteuse.

Sans jamais oublier l'humour

Sauf que tout réside dans la façon tellement comique de la représenter, de l’exalter. Un humour à la Godard, avec un gag récurrent où l’icône en mal de regard nouveau ne cesse de casser ses lunettes, une scène inénarrable de dispute homérique à six dans une voiture, ou des blagues et des jeux de mots aussi bêtes que rigolos, Sans compter qu’il en fait un bon amant et le dote d’un physique assez avantageux

Du coup on se demande où certains critiques vont chercher une « démonstration empreinte d’un fiel sarcastique extrêmement amer… » C’est le contraire qui émane de ce portrait où, sous l’ironie faussement féroce, perce l’admiration. Voire la tendresse.

A l’affiche dans les salles de Suisse romande dès le mercredi 13 septembre

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07/09/2017

US Open: Federer au tapis. Alors face à Nadal un seul mot d'ordre: "Vamos Delpo!"

aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaadelpotro.jpgEtant donné les bras cassés qu’il a affrontés (Lajovic, Daniel, Mayer, Dolgopolov), suivis du Russe Rublev, le petit jeune de 19 ans qui, lui, a notamment dû se farcir Dimitrov et Goffin, on voit difficilement comment Nadal aurait pu ne pas se retrouver en demi-finales.

Vous me rétorquerez que Federer a aussi débuté face à un teen-ager en la personne de l’Américain Tiafoe, et que les vieux briscards comme Youzhny, Lopez et Kohlschreiber n’étaient guère plus dangereux que les troisièmes couteaux opposés à l’Ibère.

Mais voilà, le maestro a eu le malheur (même s’il prétend le contraire) de devoir se frotter au grand del Potro en quarts, qui s’est révélé aussi proprement stupéfiant que lors de son retour miraculeux face à Thiem l’avant-veille. S’ingéniant à pilonner sauvagement ce pauvre Rodgeur, tellement à l’ouest qu’il s’est à peine rendu compte qu’il disposait de quatre balles de set au troisième!

Je vous passe les affirmations catégoriques des spécialistes, à commencer par Marion Bartoli et Emilie Loit, nous assénant leur inébranlable certitude de voir la légende l’emporter sur Juan Martin en quatre manches. C’eût dû d’ailleurs renforcer ma quasi conviction du contraire avant le "choc des géants".

Sans oublier les discours contradictoires de l'intéressé, dont on se complaît à saluer l' élégance à l'égard de son bourreau, ce qui est la moindre des choses... Bref. alors qu'il se déclarait carrément dans une forme olympique suite à sa victoire sur Lopez, le king rétropédalait aussi sec en avouant que dans le fond, trop préoccupé par son dos, il n’avait jamais été à son meilleur niveau dans ce tournoi. Un vrai scoop !

En réalité pourtant, la question n’est pas là. L’important, c’est que la tour de Tandil réédite ses fabuleux exploits face à Nadal. C’est le seul qui peut empêcher l’ogre d’aller au bout, à en juger par les prétendants d'opérette à la couronne dans l’autre moitié du tableau.

En cas de succès à New York, le pitbull mettrait non seulement près de 2000 points dans la vue de Rodgeur, lui enlevant du coup tout espoir de redevenir numéro un à la fin de l’année mais, ce qui est plus grave, recommencerait à lui coller aux chausses en remportant un seizième Grand Chelem.

Alors, face à cette perspective aussi redoutable qu’intolérable, un seul mot d’ordre:"Vamos Delpo!"

 

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06/09/2017

Grand écran: "Ôtez-moi d'un doute", imbroglio familial avec François Damiens et Cécile de France

aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaadoute.jpgSolide démineur breton forçant le respect, s’occupant bien de Juliette, sa fille célibataire et enceinte, Erwan se sent complètement désarmé lorsqu’une torpille d’une toute autre nature lui saute à la figure. Selon un test ADN pratiqué lors de la grossesse de Juliette, il découvre en effet qu’il n’est pas le fils de son père.

Malgré la grande affection qu’il éprouve pour l’homme qui l’a élevé, Erwan se livre à une petite enquête qui le conduit rapidement chez Joseph, un vieux gauchiste particulièrement attachant qu’il se met à voir souvent. Ainsi qu’Anna, une charmante femme médecin croisée par hasard et loin de le laisser indifférent. Rendant un jour visite à Joseph, il tombe sur Anna, réalise qu’elle est sa fille et donc... sa sœur. Une deuxième bombe encore plus difficile à désamorcer.

Avec Ôtez-moi d'un doute, Carine Tardieu, à qui l’on doit déjà La tête de maman et Du vent dans mes mollets, propose une comédie sentimentale sur fond d’imbroglio familial inspirée de faits réels. Elle traite de la question des origines, surfant entre humour, émotion et une certaine désinvolture sur de délicats sujets comme la paternité ou les rapports d’un fils naviguant entre ses faux et vrai pères. S'aventurant par ailleurs sur une voie incestueuse.

Dommage pourtant, privilégiant trop la légèreté à la gravité, que la réalisatrice se contente d’effleurer ces divers thèmes. Tout en cherchant à nous embarquer dans un suspense qui retombe pratiquement dès la rencontre d’Erwan avec son supposé père biologique.

Les comédiens contribuent heureusement à donner plus de chair à l’histoire, à l’image de François Damiens et de la toujours séduisante Cécile de France. Dans le rôle des paternels, Guy Marchand et André Wilms font le boulot.

A l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 6 septembre.

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04/09/2017

Grand écran: Mathieu Amalric fait revivre Barbara. Grâce à une magnifique Jeanne Balibar

aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaabarbara.jpgAvec Barbara, qui avait ouvert la section Un certain Regard au dernier festival de Cannes, Mathieu Amalric rend hommage, dans son septième film, à la célèbre chanteuse disparue il y a 20 ans. On est toutefois loin du biopic traditionnel auquel on pouvait éventuellement s’attendre, avec arrêts prolongés sur les épisodes déterminants de son existence.

C’eût été en effet mal connaître les impératifs créatifs d’Amalric. Ne faisant qu’effleurer, par allusions, des blessures d’enfance comme la guerre ou les abus d’un père incestueux, il ne raconte donc pas la vie de Barbara, mais met en scène Yves Zand, un réalisateur roux en veste de tweed, aussi timide qu’ensorcelé par son héroïne et rêvant de la ressusciter à l’écran.

Il est incarné par Mathieu Amalric qui engage une actrice, Brigitte –campée par son ex-compagne Jeanne Balibar- pour tourner une biographie de la sublime interprète de L’aigle noir, Dis quand reviendras-tu?, Göttingen, Marienbad, Ma plus belle histoire d’amour….

Imaginée avec l’écrivain Philippe Di Folco (ils avaient déjà travaillé ensemble sur Tournée, Prix de la mise en scène Cannes 2010), cette mise en abîme aux frontières de la réalité et de la fiction, propose, entre poème et rêverie musicale, un portrait complexe, captivant, émouvant de la mythique, insolente, capricieuse, autoritaire, fantasque, mélancolique Dame brune.

Sans chercher le mimétisme

L’excellente Jeanne Balibar se révèle impressionnante. Habitée, naturelle, elle travaille son personnage, les chansons, composant au piano, s’entraînant à imiter la voix, s’appropriant les gestes, les accessoires, lunettes noires et boa, les attitudes de son modèle. Mais sans chercher le mimétisme.

La ressemblance n’en est parfois pas moins troublante quand Amalric lui fait rejouer des scènes. Par exemple celle où on voit Barbara en voiture en train de tricoter et de batifoler sur le siège passager. Elle est tirée du documentaire de Gérard Vergez durant la tournée de la chanteuse en 1972. Le cinéaste s’est également appuyé sur le roman de Jacques Tournier paru en 1968, Barbara ou les parenthèses

Entre les archives, les rencontres, les séquences du métrage en train de se faire, le dialogue à distance entre les deux femmes, le jeu de miroirs, ce film envoûtant, qui peut en dérouter certains, tient surtout à faire partager la fascination de son auteur pour l’artiste insaisissable à laquelle il déclare sa passion. Il lui a valu le prix Jean Vigo.

A l'affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 6 septembre.

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03/09/2017

US Open: la chasse à la pépite fatale au prodige canadien Shapovalov

aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaashapo.jpgCertes Federer et Nadal continuent à avoir logiquement la cote auprès des commentateurs. Mais dès l’entame de cet US Open 2017, il y avait notamment trois jeunes joueurs, l’Australien Nick Kyrgios, l’Allemand Alexander Zverev et surtout le prodige canadien Denis Shapovalov, dont nos experts de la raquette avaient plein la bouche. Et qui selon eux constituaient plus qu’une menace pour les anciens. Carrément des armes de dissuasion massives.

De quoi stimuler la chasse à la pépite de la part des oubliés du circuit. Ce qui ne leur a pas trop mal réussi. Au tapis d’entrée Kyrgios et au second tour Zverev. Quant au redoutable teen-ager Shapovalov, il n‘a pas réussirà franchir le cap des huitièmes de finale.

Juste en passant, côté révélation récente, reste un garçon dont personne ne fait cas, le Russe de 20 ans Andrey Rublev qui tente d’écrire seul dans l’ombre sa petite légende. Peut-être même le retrouvera-t-on en quarts de finale.Et dans leur infinie sagesse, nos incorrigibles bavards vont-ils enfin découvrir son existence…

Mais revenons à Shapovalov, objet de toutes les dithyrambes. Car il fallait entendre les spécialistes, particulièrement sur Eurosport, s’ébaubir d’un service somptueux, d’un coup droit fabuleux, d’un revers fantastique, d’un lob éblouissant, d’un lift exceptionnel, d’une amortie hallucinante, sans oublier la faculté démente de la merveille à trouver des zones incroyables. C'est vraiment du très très haut niveau, psalmodiaient-ils à l'envi. À croire qu'il est Français!

Et tout cela en nous bassinant avec ses 18 ans. Il y en a d’ailleurs qui doivent l’avoir un peu mauvaise. A l’image de Michael Chang ou Boris Becker, vainqueurs d’un Grand Chelem à 17 ans et des poussières. Et il n’est même pas sûr que le génie canadien parvienne à égaler Nadal, lauréat de Roland Garros à 19 ans.

aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaacrreno.jpgPassons. La vraie question est ailleurs. Comment donc un tel phénomène a-t-il pu subir la loi de l’obscur Espagnol Pablo Carreno Busta, qui en a prestement disposé en trois sets? Sans trop se défoncer qui plus est. 

Simple affaire de ressources physique et mentale un chouïa insuffisantes du phénix, selon nos inénarrables, ignorant le talent du valeureux Ibère, sommairement qualifié de solide et constant. Bref réduit au rôle de sparring partner du prodige et de ses fulgurances. 

Mais le pompon revient à McEnroe. Il a en effet déclaré que Shapovalov était un mélange de Federer et Nadal, en ayant l’élégance du premier et la fougue du second. Eh bien si cela ne lui file pas le melon au Shapo! Enfin, en attendant le prochain tournoi, il ne lui reste plus qu’à le bouffer!

P.-S. Terminé pour les Français. Le dernier, Lucas Pouille, a subi les foudres du bouillant petit Argentin Diego Schwartzman en huitièmes. Voilà qui n'a rien d'extraordinaire, me direz-vous. Non en effet. Sauf que la chose me paraît se produire toujours plus tôt. Et quand je pense que ce brave Lucas est une perle pour ses compatriotes, cela me laisse songeuse sur la valeur du collier...

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