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07/03/2017

Grand écran: "Chez Nous" asticote le Front National. Avec une grande Emilie Dequenne

aaaachez nous.jpgInfirmière à domicile, entre Lens et Lille, Pauline s’occupe seule de ses enfants et de son père ancien métallurgiste communiste. Confrontée à la misère sociale, pleine d’empathie, elle se montre dévouée et généreuse envers ses patients. Profitant de sa popularité, les pontes du Bloc patriotique, un parti extrémiste soucieux de dédiabolisation, lui proposent d’être leur candidate aux municipales.

Mélange de réalité et de fiction, critique du Front National même s’il n’est jamais nommé et dont l’action se situe de surcroît dans la commune fictive de Hénard (le fief frontiste d’Hénin-Beaumont dans le nord n’est pas loin) Chez Nous, (titre emprunté au slogan "On est chez nous" scandé par les militants dans les meetings en agitant follement des drapeaux tricolores), est signé du Belge Lucas Belvaux.

Il a énervé les dirigeants du parti, plus particulièrement Florian Pilippot qui, sans l’avoir vu, avait dénoncé une sortie scandaleuse et inadmissible quelques semaines avant l’élection présidentielle. Notamment dans la ligne de mire, le personnage d’Agnès Dorgelle (Catherine Jacob). Blonde et brutale patronne du Bloc capable de galvaniser les foules, elle évoque indéniablement Marine Le Pen.

En fait, elle ne tient qu’un rôle secondaire. La véritable héroïne, c’est cette jeune infirmière à nouveau formidablement incarnée par Emilie Dequenne (à droite sur la photo), recrue naïve à qui ce parti dirigé par une femme et s’adressant aux ouvriers ne semble pas dangereux. A relever aussi la prestation d’André Dussolier en médecin onctueux et inquiétant, passant de l’amabilité à la menace voilée.

aaaadequenne.jpgUn terreau fertile

Lucas Belvaux nie vouloir provoquer le FN. Tout au long d'une intrigue tenant davantage de la mise en garde que du brûott, il s’emploie à décrire une France divisée et déboussolé, peuplée d’individus frustrés et en colère, sur fond de crise économique et morale. Un terreau fertile à l’implantation complexe d’un parti en quête de respectabilité, pour emporter l'adhésion d'un électorat qu’il prétend défendre.

Le but est de susciter le débat en explorant ses mécanismes, se focalisant sur la manière dont il parvient à grossir ses rangs. La séduction qu’exerce peu à peu ce Bloc populiste sur une Pauline  désireuse d'améliorer le sort de ses concitoyens, représente l’un des principaux intérêts de ce film habile quoique parfois inégal et surligné, mais utile dans sa façon de pousser à la réflexion.

A l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 8 février.

16:01 Publié dans Sorties de la Semaine | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | | | Pin it! |

Commentaires

On veut sensibiliser les spectateurs avec une certaine optique qui se veut "éducative" à des situations délicates, mais parfois le résultat est inverse.
(Surtout dans la période actuelle).

Comme dit le proverbe "Qui crache en l'air reçoit le crachat sur soi"

A méditer.

Écrit par : Boccard | 07/03/2017

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