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31/12/2016

Grand écran: de "Carol" à "Mademoiselle", mes films préférés de 2016

Carol FL[1].jpgLes salles obscures ont fait recette cette année. Notamment grâce au succès de films d'animation de Disney. Dont Vaïana et l’irrésistible Zootopia, évoquant une adorable lapine qui, intégrant la police comme elle en a toujours rêvé, se rend rapidement compte qu’il ne va pas être facile de s’y faire une place… L’opus fait partie de mes  préférés de l‘année. En voici quelques autres :

Carol, de Todd Haynes

Cette histoire, adaptée du roman de Patricia Highsmith The Price Of Salt, publié sous le pseudonyme de Claire Morgan, raconte un coup de foudre interdit dans l’Amérique puritaine des fifties, Carol (Cate Blanchett), une riche newyorkaise malheureuse dans son mariage, rencontre Thérèse (Rooney Mara), jeune et timide vendeuse d’un grand magasin à Manhattan. Thérèse est subjuguée par la beauté, la liberté, la classe folle de cette femme plus âgée. Des regards, quelques mots, une paire de gants oubliée et c'est l'étincelle. Elles se revoient et vont tomber follement amoureuses. Todd Haynes bouscule les normes d’une société corsetée en surfant sur les différences sociales et sexuelles, en compagnie de deux brillantes comédiennes.

Elle, de Paul Verhoeven

Michèle, chef d’entreprise autoritaire, gère sa vie sentimentale et ses affaires d’une poigne de fer. Et puis un jour, elle se fait violer dans sa maison. Chassant le traumatisme, elle refuse résolument de subir et décide de traquer son violeur en retour. Un jeu glauque et dangereux va s’installer entre eux. Pour incarner Michèle, Paul Verhoeven a choisi Isabelle Huppert. Inébranlable, glaçante, vénéneuse, elle prend le contrôle, passant de victime à prédatrice. Provocant, sulfureux, transgressif, attiré par la violence, l’amoralité et l’ambiguïté, le cinéaste nous plonge dans une réalité dingue, malsaine, tordue, avec ce thriller noir, féroce, où règnent sado-masochisme, vengeance et paranoïa de personnages pervers et névrosés.

 

aajarmush.jpgPaterson, de Jim Jarmush

Conducteur de bus, Paterson, incarné par Adam Driver, écrit des poèmes dans un carnet dont il ne se sépare jamais. Des textes courts naïfs, principalement inspirés par son amour inconditionnel pour Laura, sa compagne, (Golshifteh Farahani). Avec leur bouledogue Marvin, ils vivent, dans une maison modeste, une existence à la fois ordinaire et unique, rassurante et ultra ritualisée. Ils sont follement heureux au sein de ce cocon domestique, jusqu’au jour où un grain de sable fait figure de cataclysme dans cet océan d'harmonie… Une comédie singulière, cocasse, pleine de poésie, de grâce et d’émotion, portée par d’excellents comédiens.

Spotlight, de Tom McCarthy

En 2002, le Boston Globe révélait un scandale sans précédent au sein de l’Eglise, dénonçant un réseau de prêtres couverts par leur hiérarchie, puis par la police, le pouvoir et les associations catholiques, alors qu’ils s’étaient rendus coupables d’abus sexuels sur des mineurs pendant des décennies. La vaste enquête sur ces pédophiles a été menée par une équipe de la rubrique investigation du Globe baptisée Spotlight. Une tâche particulièrement délicate et difficile pour les journalistes dans une ville à majorité catholique, où tout a été entrepris pour leur mettre des bâtons dans les roues. Mais les reporters ne lâchent pas le morceau. Cela leur vaudra le prix Pulitzer et provoquera une vague de révélations dans le monde entier. Un thriller captivant, efficace et édifiant.

Quand on a 17 ans, d’André Téchiné

Le réalisateur explore l’un de ses thèmes favoris, les brûlures de l’adolescence. Mettant en scène deux garçons qui se déchirent et ont du mal à assumer leur attirance, ce brillant cinéaste des sentiments les observe se découvrir avant de s’aimer, entre rage, rejet et désir. Damien (Kacey Mottet Klein), vit avec sa mère médecin Marianne (Sandrine Kiberlain), dans une petite ville pyrénéenne. Au lycée il entre violemment en conflit avec le beau Tom (Corentin Fila) dont la mère adoptive est enceinte. Par prudence, Marianne l’envoie à l’hôpital et accueille Tom à la maison. Cela ne plaît à aucun des deux ados qui, à fleur de peau, ne cessent pourtant de se chercher pour mieux se repousser avec colère. Des affrontements annonciateurs d’une passion que l’on pressent dès les premiers regards échangés,

 

abaccalau.jpgBaccalauréat de Cristian Mungiu

Médecin quinquagénaire, Roméo, convaincu qu’il n’y a plus d’avenir en Roumanie après y être revenu plein d’espoir en 1991, s’est démené pour que sa fille Eliza soit acceptée à l’Université de Cambridge. Il ne lui reste qu’à passer son bac, une formalité pour cette élève modèle. Mais Eliza est agressée sexuellement et le drame risque de remettre en cause non seulement sa bourse pour l’Angleterre, mais aussi la vie de Roméo qui a tout misé sur elle. Intensément frustré, il accepte l’aide d’un malade influent en vue de corrompre le correcteur des copies. Le piège se referme, c’est l’engrenage. Entre culpabilité et rédemption, le réalisateur se livre à un examen passionnant et impitoyable de nos sociétés.

Ma Loute de Bruno Dumont

Eté 1910, Baie de la Slack dans le Nord de la France. De mystérieuses disparitions mettent en émoi la région. Au cours de leur enquête, l'improbable inspecteur Machin et son sagace Malfoy mènent l'enquête, façon Laurel et Hardy. Ils se retrouvent bien malgré eux au centre d'une étrange et dévorante histoire d'amour entre Ma Loute, fils ainé d'une famille de pêcheurs aux moeurs très particulières et Billie de la famille Van Peteghem, riches bourgeois lillois décadents. Avec Fabrice Luchini, Valeria Bruni Tedeschi et Juliette Binoche pour des scènes burlesques, saugrenues, déjantées et jubilatoires.

Sully, de Clint Eastwood

Le grand Clint revisite, dans son 35e long-métrage, l'exploit sans précédent dans le domaine du pilote Chesley Sullenberger qui, le 15 janvier 2009, posa son avion sur le fleuve Hudson, à New York., sauvant ainsi tous les passagers. Les images font le tour de la planète. Mais alors qu’il est salué par l’opinion publique et les médias, les autorités ouvrent une enquête qui va durer 15 mois. Face à la perte de l‘avion d’une valeur de 150 millions de dollars, elle met en doute la décision extrêmement risquée du commandant de bord, s’acharnant sur lui dans une volonté maniaque de désigner un coupable. Tom Hanks vieilli, les cheveux blanchis, incarne cet homme à la fois exceptionnel, modeste et méconnu. Peu bavard, sans aucune aspiration à la notoriété, il affirme simplement n’avoir fait que son devoir.

acastille.jpgLe Ciel attendra de Marie-Castille Mention-Schaar

Comment et pourquoi une jeune fllle, aujourd’hui, peut avoir envie de partir en Syrie? C’est ce qu'explique Le ciel attendra en mettant en scène deux d'entre elles. Mélanie 16 ans et Sonia.17 ans, piégées par Daech. Marie-Castille Mention-Schaar propose un film intelligent, lucide, indispensable, très bien documenté, analysant ce moment où les ados sont contre tout ce qui représente l'autorité. Parallèlement, la réalisatrice explore l’intimité et la psychologie de deux filles qui ont basculé, ou vont le faire, dans le fanatisme. Sans oublier la douleur des parents qui s'en veulent terriblement de n'avoir rien vu venir.

Juste la fin du monde, de Xavier Dolan

Pour son septième film, le prodige québecois a choisi d’adapter une pièce de Jean-Luc Lagarce. Jeune auteur à succès, homosexuel intello plein de douceur, Louis n’a pas revu sa mère, sa sœur et son frère depuis 12 ans. Gravement malade, il revient chez les siens pour leur annoncer sa mort prochaine. Et ne cessera de chercher le bon moment pour le faire. Mais il recule à chaque fois face à ces gens qui le noient sous les reproches, l’accablent de leur amertume et de leur amour.. Un huis-clos théâtral familial asphyxiant, à la fois bouleversant et exaspérant, où tout le monde a envie de déballer ce qu’il a sur le cœur, mais ment pour éviter de parler de la vraie raison du retour de Louis. Avec Gaspard Ulliel, Nathalie Baye, Vincent Cassel, Léa Seydoux et Marion Cotillard.

Snowden, d’Oliver Stone

Le réalisateur engagé, critique sans concession de la puissance politique et économique des Etats-Unis, retrace le parcours d’un jeune ingénieur en informatique, patriote idéaliste fier de servir son pays en ralliant la CIA et la NSA. Mais qui, taraudé par sa conscience en se rendant compte de l’ampleur de la cyber-surveillance de ces organisations, est devenu l'un des lanceurs d’alerte le plus célèbre de la planète. Une décision menant à une question cruciale. Faut–il sacrifier la liberté au profit d’une sécurité aléatoire? Le passionnant thriller politique d’Oliver Stone permet aussi de découvrir, derrière le crack informatique qui a tout perdu, sa vie privée et son histoire d’amour. Dans le rôle d’Edouard Snowden on découvre un formidable Joseph Gordon-Levitt.

eddie-redmayne-danishgirl-1[1].jpgThe Danish Girl, de Tom Hooper

C’est la singulière histoire vraie des peintres danois Gerda Wegener et Lili Elbe, née Einar Wegener, le premier à voir subi, en 1930, une opération chirurgicale pour changer de sexe. A l’origine de cette décision, une demande de Gerda qui, pressée de terminer un tableau en l’absence de son modèle, prie son mari d’enfiler ses bas, ses chaussures et sa robe. Le couple, qui poursuit sa relation amoureuse, est rapidement confronté à l’opprobre et aux interdits d’une société conservatrice. Tous deux quittent le Danemark pour Paris en 1912. En 1930 Lilii se rend en Allemagne pour son opération. Mais les dangers de la chirurgie étant alors très élevés, elle meurt un an plus tard. Eddie Redmayne se glisse avec talent dans la peau du personnage.

L'économie du couple, de Joachim Lafosse

Après 15 ans de vie commune, Marie et Boris ont décidé de se séparer. Problème, c’est elle qui a payé la maison et lui qui l’a rénovée. Dans l’impossibilité de se loger ailleurs faute de moyens financiers, Boris est obligé de cohabiter avec son ex-compagne et leurs jumelles. Mais Marie veut qu’il parte. Elle déteste tout chez lui et se demande comment elle a pu l’aimer. C’est l’heure des engueulades monstres et des règlements de compte impitoyables. A la fois psy et ethnologue, Joachim Lafosse a tapé très juste au long de son étude de comportement aussi intelligente que subtile.

Victoria, de Justine Triet

La réalisatrice Justine Triet dévoile brillamment ses obsessions en évoquant les démêlés d’une avocate pénaliste. La trentaine sexy, elle est à la recherche d’un difficile équilibre entre sa vie professionnelle et sa vie amoureuse.Parallèlement à la défense d’un ami accusé de meurtre, elle embauche Sam, un ex-petit dealer comme baby-sitter. Il s’incruste sur son canapé, passant du colocataire à l’amant. Cette comédie romantico-barjo sous influence sexuelle se double d’une satire du couple, mêlant aussi enfants, justice, argent. Elle est portée par la craquante Virginie Efira,

amademoiselle.jpegMademoiselle, de Park Chan-Wook

Librement adapté d’un roman britannique, le film est transposé de l’Angleterre victorienne en Corée dans les années 30, pendant la colonisation nippone. Une jeune femme (Sookee) est engagée comme servante d’une riche japonaise (Hideko), vivant sous la coupe d’un oncle érotomane et tyrannique. Mais Sookee dissimule la noirceur de son âme sous son visage d'ange. Aidée d’un escroc se faisant passer pour un comte japonais, elle concocte un autre plan pour Hideko… Park Chan-Wook met en scène deux comédiennes d’une affolante beauté pour ce thriller romantico-sensuelo-érotique à rebondissements surprenants.

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21/12/2016

Grand écran: "Tous en scène", une version animalière jubilatoire de The Voice...

akoala.jpgL'élégant koala Buster Moon, directeur criblé de dettes d’un théâtre autrefois célèbre mais aujourd’hui décrépit ne baisse pas les bras. Au contraire, il est prêt à tout, non seulement pour  sauver le bâtiment de la destruction, mais pour lui redonner son éclat d’antan.

C'est ainsi que cet éternel optimiste bourré d'idées organise une grande compétition de chant, façon The Voice. Tous les animaux mélomanes de la ville veulent en être dans l’espoir de devenir la future star de la chanson. Cette histoire simple prend alors une tournure très particulière qui, dans un autre genre, fait un peu penser à l’excellent Zootopia.

Une queue interminable se forme aux abords du théâtre pour la sélection et nous voici partis dans l’interprétation de quelque 85 chansons connues, datant de 1940 à nos jours. Mais le jury est impitoyable. Finalement, cinq candidats sont retenus pour le défi propre à transformer leur vie en cas de victoire.

On trouve une irrésistible truie mère de famille débordée avec ses 25 mouflets, une jolie souris sans scrupules, un ado éléphant miné par le trac, un jeune gorille délinquant qui veut échapper à sa famille de truands et une porc-épic punk qui a du mal à se débarrasser de son petit ami à l’ego surdimensionné pour entamer une carrière solo.

Parallèlement aux auditions, le réalisateur Garth Jennings nous embarque dans leur vie, leurs soucis, leurs problèmes, ce qui rend le film particulièrement créatif et inventif avec plein de trouvailles bluffantes. Les gadgets qu’invente par exemple maman cochon pour que sa smala et son mari ne s’aperçoivent pas de son absence quand elle se rend aux répétitions sont époustouflants.

Outre le petit côté culturel de Tous en scène (Sing), la qualité de l'animation et le visuel souvent ébouriffant, le travail d’anthropomorphisme se révèle à la fois original et plein d’humour. On tente en effet de ne pas enfermer les différents protagonistes dans leurs caractéristiques.

Alors que le koala est un animal lent qui dort près de 18 heures par jour, dans le film c’est un amoureux de la scène hyperactif, et ambitieux. De même on exalte le côté primesautier de la truie, la gentillesse et la timidité du gorille qui préfère de loin l’ambiance des planches aux braquages de banques, ou la folle appréhension de l’éléphant. Aussi touchants que farfelus et attachants, ils nous arrachent carrément une larmichette.

A l'affiche dans les salles de Suisse romande, dès mercredi 21 décembre.

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Grand écran: Kore-eda, peintre de la famille japonaise, explore l'image du père dans "Après la tempête"

aaeda.jpgPeintre de la famille japonaise, sujet inépuisable, Hirokazu Kore-eda, réalisateur de Nobody Knows, Still Walking ou Tel père tel fils, propose un nouveau tableau avec Après la tempête. A l’origine, on découvre une histoire personnelle qui couvait en lui depuis le décès de son père il y a 15 ans. Le film explore ainsi l’image paternelle à travers celle d'un joueur invétéré couvert de dettes qui vient de mourir (laissant une veuve peu éplorée et pleine d'énergie), et celle de son fils Ryota, héros déchu, charmeur et complètement immature. Il est formidablement interprété par le très charismatique Hiroshi Abe (photo).

Après un début prometteur d’écrivain, Ryota est rattrapé par la passion du jeu, abandonne ses ambitions littéraires et se retrouve dans la peau d’un détective privé véreux sur les bords. Gaspillant son maigre salaire aux courses, il n'a pas les moyens de s'acquitter de la pension alimentaire de son gosse Shingo, 11 ans, dont il est séparé comme de sa femme Kyoko, qui vit avec un autre homme.

Ryota ne tente pas moins péniblement de regagner leur confiance, plus spécialement celle de Shingo le regardant avec méfiance alors qu’il passe la journée avec lui, lui payant un hamburger ou des chaussures de baseball. Et puis le soir, un typhon les contraint tous les trois à passer la nuit chez la grand-mère qui espère secrètement les voir réunis.

Avec cette chronique intimiste, Kore-eda excellant à son habitude dans l’observation des rapports humains, nous laisse pénétrer au sein d’une famille déchirée mais qui peut se raccommoder. Après la tempête est certes plus amer, moins tendre que ses films précédents, mais l’auteur ne cherche pas pour autant à filmer des gens désabusés. Au contraire il leur insuffle un certain espoir, nous expliquait-il lors d’un passage à Genève.

En fait, vous évoquez le monde à travers la cellule familiale.

Je montre la complexité de chacun de ses membres. Je vais derrière les apparences. Cela me permet de saisir, de développer des traits d’humanité, de psychologie. J’accorde de l’importance aux lieux, à l’utilisation fréquente d’une radio portable exprimant une certaine solitude, à la manière d’être, de vivre, de discuter autour de la nourriture ou autres détails plus anodins.  

Votre vision de la paternité est au cœur du film. A ce propos, vous prétendez que l’amour du père est à retardement. En avez-vous souffert ?

J’ai en effet toujours eu l’impression qu’il venait trop tard. Je l’ai vécu moi-même pour avoir commencé à aimer vraiment mon père après sa mort. Et j'ai aussi ressenti le sien à ce moment-là. L’amour paternel se construit sur une temporalité plus longue que celui de la mère qui est constant, voire envahissant, sinon asphyxiant. Mais dont un enfant ne peut jamais douter.

Ryota voudrait changer, mais tiraillé entre sa mère, son ex-femme et son fils, il n’évolue pas tellement. Cela dit, à défaut de devenir plus mature, il prend davantage conscience de ce qui se passe. 

Les personnages qui gagnent en maturité ne me passionnent pas. Ce que je voulais montrer avant tout, c’est cette prise de conscience dont vous parlez. Je la vois comme une sorte d’éveil. Il n’y a pas de changement magistral chez Ryota, mais des détails positifs. Au cours du typhon, il se redresse un peu. La tempête est un symbole de purification. Elle donne la possibilité de laver les choses.

Comme toujours, les repas revêtent une dimension particulière. Aimez-vous la cuisine?

Oui, beaucoup. Toutes les cuisines. Cela dit, dans les drames familiaux, le plus intéressant se passe dans la préparation, les conversations avant les repas et les rangements qui les suivent. Pendant on mange et on a la bouche pleine…

A l'affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 21 décembre.

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20/12/2016

Grand écran: Jim Jarmush exalte la poésie du quotidien dans "Paterson". Avec grâce et humour

aajarmush.jpgIl en avait envie depuis plus de 20 ans. Jim Jarmush s’est lancé un sacré défi: exalter la beauté du bonheur au quotidien avec  Paterson. Ce titre est aussi le nom de son personnage principal, celui de la ville du New Jersey où se déroule l’intrigue et celui du célèbre recueil du poète américain William Carlos.

Conducteur de bus, Paterson, incarné par Adam Driver, écrit lui aussi des poèmes dans un carnet dont il ne se sépare jamais. Des textes courts naïfs, racontant des choses concrètes, simples, presque façon haïku. Des poèmes en réalité écrits par Ron Padget, un des auteurs préférés de Jarmush,

S’il écoute les conversations de ses passagers qui pourraient nourrir son inspiration, Paterson la puise principalement dans son amour inconditionnel pour Laura, sa compagne, (Golshifteh Farahani) qui le lui rend bien. Tous deux habitent une modeste maisonnette en compagnie de Marvin, leur bouledogue anglais grognon et charismatique. Ils vivent une existence à la fois ordinaire et unique, rassurante et ultra ritualisée. 

Chaque matin Paterson se réveille pile à 6h15, part à son travail, transporte ses concitoyens, retrouve femme et foyer, promène le soir Marvin qu’il attache tel un cow boy son cheval devant un bar où il prend sa bière habituelle, avant de rentrer chez lui et de se coucher auprès de sa dulcinée. Pour tout recommencer pareillement le lendemain. Et ceux d'après.

De son côté la fantasque, farfelue, lunaire et joyeuse Laura, qui n’est pas à une lubie près, multiplie les projets et les expériences loufoques, s’inventant chanteuse country ou pâtissière, redécorant obsessionnellement tout ce qui lui tombe sous la main en noir et blanc des murs à ses robes en passant par d’immangeables cupcakes.

Le grain de sable

Elle admire et motive son homme, aimerait bien qu’il soit publié. Mais il rechigne à laisser lire ses oeuvrettes. Peu importe Ils sont follement heureux au sein de ce cocon domestique où l’addition de petites joies et menus plaisirs remplace les grands événements spectaculaires. Jusqu’au jour où un grain de sable fait figure de cataclysme dans cet océan d'harmonie. Jarmush livre alors une peinture plus profonde, subtile et existentielle de ses deux héros que leur couple de conte de fées le laissait paraître.

On n’en dira pas davantage, sinon que cette comédie singulière flirtant avec l’absurde et portée par deux excellents comédiens (photo) se révèle pleine d’émotion, de poésie et de grâce. La répétition des situations banales ainsi que le traitement magnifié d’un quotidien faussement monotone et d’une existence apparemment vide rendent par ailleurs l’opus irrésistiblement cocasse.

A l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 21 décembre.

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14/12/2016

Grand écran: "Cigarettes et chocolat chaud" raconte la vie de la famille Patar. Laborieux

acottin.jpgDécidément le papa poule a la cote. Après Omar Sy dans Demain tout commence, c’est Gustave Kervern qui s’y colle dans Cigarettes et chocolat chaud, où il donne la réplique à Camille Cottin déguisée en assistante sociale (photo). C’est le premier long-métrage Sophie Reine, monteuse à la base. Le titre vient d’une chanson de Rufus Wainwright Cigarettes And Chocolate Milk et la réalisatrice s’est inspirée de sa propre expérience de vie pour brosser laborieusement le portrait d’une famille un rien borderline.

Veuf, Denis Patar est le père foutraque, aussi aimant que maladroit et déboussolé de deux filles, Janis, 13 ans, souffrant du Syndrome Gilles de La Tourette et Mercredi, 9 ans. Il se débrouille comme il peut pour les élever, mais obligé de cumuler deux boulots, il n’a ni l’autorité, ni le temps, ni l’argent pour bien gérer le quotidien. C’est ainsi que chez les Patar, on porte des chaussettes dépareillées, on mange des chips au petit déjeuner, on trouve rigolo d’avoir des poux, le tout dans un joyeux bordel à la fois coloré et sale. Inutile de préciser que les gamines adorent.

Et puis Denis rate une fois de trop la sortie de l’école de Mercredi qui se retrouve au commissariat. L’administration le juge défaillant et désigne Séverine, une enquêtrice austère et carrée, qui lui impose un stage de parentalité s’il veut conserver la garde de ses enfants. Denis d’exécute, mais anticonformiste depuis toujours, se soumettre aussi facilement à la loi n’est pas franchement son genre.

D’où, entre ces deux personnages que tout sépare, une série de scènes qui se veulent drôles, touchantes et décalées. L'auteur se pique aussi d’un éloge à la différence, assorti d’une réflexion sur la famille, ses codes, la perte d'une mère, l’obligation sotte de toujours marcher dans les clous pour avoir des gosses épanouis. Des intentions louables. Dommage pourtant que le film ne nous en offre le plus souvent qu’une caricature à l’écran.

A l'affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 14 décembre.

 

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13/12/2016

Grand écran: "Rogue One: A Star Wars Story", épuisant film de guerre visuellement bluffant

aaastar.jpgRogue One, réalisé par Gareth Edwards, n’a pas droit au légendaire texte déroulant, signature de Star Wars, en guise de générique d’ouverture. Frustrant, mais c’est pour mieux affirmer son statut de spin-off, puisqu’il s’agit du premier des trois films dérivés de la saga imaginés par Disney, dont le deuxième est prévu pour 2018 et le troisième pour 2020. Ils sont regroupés sous le signe A Star Wars Story.

Nous sommes dans une période de guerre civile, qui se déroule entre le troisième épisode La revanche des Sith et le quatrième, Un Nouvel espoir. L’’Etoile de la mort est en construction. Arme absolue de l'Empire galactique capable d’anéantir des planètes entières et faisant également office de base militaire, elle est destinée à inspirer la peur aux insoumis.

L'Alliance rebelle a appris l'existence de la station. Contre son avis, la jeune Jyn Erso, qui s'est révoltée contre l’Empire, prend la tête d’un commando ayant pour but de voler les plans secrets de la redoutable Etoile noire. Jyn est aidée par son coéquipier, le capitaine Cassian Andor, une équipe de mercenaires dont le pilote Bohdi et Chirrut une sorte de amouraï aveugle, ainsi que par un ancien droïde impérial, grand bipède au regard un rien tristounet, mais loin d’avoir le charme de BB-8, l’adorable robot aspirateur du Réveil de la force.

Leur périple les conduira sur différentes planètes comme l’hivernale Jedha,ou la tropicale Scarif sous domination de l’Empire, En route, ils devront affronter les véhicules terrestres et spatiaux aux ordres du cruel Directeur Orson Krennic qui contrôle la mise en place de l'Étoile noire. Et j’allais oublier le retour fugitif de Dark Vador qui supervise les opérations.

Une histoire tarabiscotée

Dit comme ça, les choses ont l’air relativement simples. Mais en réalité, ce sombre, violent, épuisant
et interminable film de guerre est parfois tellement tarabiscoté qu’une chatte n’y retrouverait pas ses petits. Du coup on se déconcentre, on perd le fil et on finit par s’ennuyer ferme entre l’absence de Jedi en vedette, d’incessantes explosions, de combats au pistolet laser aussi barbants que répétitifs et une musique assourdissante. Par ailleurs on n’en peut plus d’entendre "Je fais corps avec la force, la force est en moi…". Tout ça pour que le malheureux passe de vie à trépas à la fin de la phrase répétée à l’envi!.

aastar.jpgEnfin le charismatique Mads Mikkelson, alias Galen le papa chéri de l’intrépide Jyn Erso, est éliminé bien trop tôt. Alors certes on aime bien, dans le rôle de cette meneuse ntrépide et pleine d’autorité, la jolie Felicity Jones, récemment à l’affiche d’Une merveilleuse histoire du temps.  En outre c’est souvent visuellement bluffant et les effets spéciaux sont décoiffants. La moindre des choses, entre nous,

De toutes façons, à en juger par le nombre de critiques dithyrambiques, les fans devraient être comblés par ce Rogue One. Un titre qui peut surprendre mais qu’explique le réalisateur: "Rogue est parfois employé comme appellation militaire, mais comme il s’agit du premier film à sortir des rails et ne pas vraiment faire partie de la saga- ou plutôt de l’histoire d’Anakin- c’est donc le Rogue One (Le premier en marge) ».

A l’affiche dès mercredi 14 septembre.

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12/12/2016

Grand écran: Kristen Stewart magnétique dans "Personal Shopper" d'Olivier Assayas

ashopperas.jpgAprès leur première collaboration dans Sils Maria en 2014, Olivier Assayas et  Kristen Stewart ont eu envie de renouveler l’expérience avec Personal Shopper, où la nouvelle muse du cinéaste se retrouve à incarner une assistante de star. Jeune Américaine dépressive et solitaire installée à Paris, Maureen s’occupe, bien qu’elle déteste ça, de la garde-robe d’une célébrité de la mode trop débordée pour faire ses courses elle-même chez les grands-couturiers et les bijoutiers.  

L’occasion d’un défilé de marques de Chanel à Cartier en passant par Louboutin, prétexte pour le réalisateur de critiquer un monde obnubilé par le luxe. Car pour lui, Personal Shopper est  l’histoire d’une femme exerçant un travail d’un matérialisme aliénant et cherchant le salut dans le rejet de ce matérialisme.  

Cela dit,elle n’a pas trouvé mieux pour payer son loyer en attendant une manifestation de l’au-delà- Car par ailleurs medium, Maureen cherche à communiquer avec Lewis, son jumeau décédé récemment des suites d’une malformation cardiaque, une maladie dont elle est souffre également. Inconsolable, incapable de faire son deuil, elle affirme sentir la présence du cher disparu, ce qui lui permet de conserver l’espoir d’un dernier signe de lui, pour pouvoir vivre sa vie restée en suspens. Elle se met alors à recevoir sur son portable d’étranges messages anonymes, la poussant à devenir une autre.  

Le réalisateur fasciné par son héroïne

Impressionnante, brillante, magnétique, de chaque plan,  Kristen Stewart,superbement filmée sous toutes les coutures par un Olivier Assayas à l’évidence fasciné par son héroïne, offre une remarquable prestation dans un rôle subtil et complexe, à l’image de l’opus,

Inclassable entre thriller horrifico-psychologico-fantastico-fantomatique et drame intime, Personal Shopper  se révèle envoûtant, déroutant, bizarroïde. Il nourrit une sorte de méditation érudite, cérébrale et irrationnelle, convoquant des spectres sous forme de masses gazeuses, le souvenir d’ Hilma Af Klint, pionnière de l’art abstrait, ou celui d’un Victor Hugo spirite joué par Benjamin Bioley.   

Tout n’est certes pas parfait.L'histoire se perd un peu parfois et on reprochera notamment à Assayas une séquence aussi longue qu’improbable, nous valant d’interminables échanges de textos. Des réserves mineures cependant, non seulement gommées par la présence envoûtante de Kristen Stewart, mais également par une belle image et une mise en scène sophistiquée, élégante. A Cannes en mai, elle a justement valu le prix à son auteur (à égalité avec Baccalauréat du Roumain Cristian Mungiu), en dépit des huées de certains critiques chagrins.   

A l'affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 14 décembre.

 

 

 

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09/12/2016

Grand écran: dans "Premier contact", Denis Villeneuve part à la rencontre des extraterrestres

apremier.jpgAvant Blade Runner 2049, dont la sortie est prévue en octobre prochain, Denis Villeneuve s’est fait la main avec Premier Contact (Arrival en VO), basé sur la nouvelle Story Of your life de Ted Chiang. L’auteur, qui s’est entouré d’Amy Adams, Jeremy Renner et Forest Whitaker, rêvait de faire un film de science-fiction depuis l’âge de 10 ans. Une réussite. Se risquant à une nouvelle approche, il utilise les codes du genre pour mieux les transcender.

Douze énormes et mystérieux vaisseaux ovoïdes venus du fond de l’espace atterrissent aux quatre coins de la planète. Face au problème, sinon à la menace que constitue leur présence, le monde ne tarde pas à se retrouver au bord de la guerre, des réactions extrêmes mettant en péril la solidarité internationale.

Pour répondre aux questions angoissées des populations avides de réponses, une équipe d’experts est alors réunie. Sous la direction de la linguiste Louise Banks (voilà qui nous change du militaire haut-gradé et du super agent de la CIA!), ils vont tenter de comprendre les intentions éventuellement belliqueuses de leurs occupants. De drôles de créatures à sept pieds, autrement dit, des heptapodes...

abanks.jpgDévastée par la perte d’un enfant et en quête de rédemption, Louise Banks (incarnée par l’excellente, fragile et pugnace Amy Adams) réussit l’exploit d’entrer en contact avec deux d’entre eux, Abbott et Costello, un clin d’oeil aux célèbres humoristes des années 40/50. Ils finiront par lui expliquer qu’ils sont venus initier les Terriens à leur langage. Car dans 3000 ans, ce sont les heptapodes qui auront besoin d'eux. 

Spielberg n'est pas loin, Kubrick encore moins

Spielberg n’est pas loin, mais surtout le réalisateur assume une filiation avec Stanley Kubrick, avec l’invention de son immense oeuf extra-terrestre noir flottant au-dessus du sol, qui rappelle évidemment le fameux monolithe d’Odyssée 2001.

Il va plus loin dans la mesure où il pénètre à l’intérieur de l’objet pour tenter de percer les secrets de l’énigme métaphysique laissée par le génial Stanley. Il s’agit en l’occurrence de parcourir un long tunnel au bout duquel se trouve la salle de communication équipée d’un écran derrière lequel évoluent les heptapodes. 

Brassant les genres, science-fiction, thriller, mélodrame fantastique, Denis Villeneuve livre ainsi un récit passionnant, fourmillant de trouvailles visuelles, sur l’importance du dialogue entre tous les êtres, humains et aliens confondus.

Un film intelligent, plein d’émotion, mélancolique, puisant dans l’intime, à la fois contemplatif et sous tension, privilégiant les acteurs aux dépens des effets spéciaux. Jouant du flashback et du flashforward, cette rencontre du "quatrième type" explore avec talent notre rapport, notre désarroi et nos peurs devant l’inconnu. Un bémol toutefois concernant le symbolisme lourd de certaines scènes, notamment le dénouement qui en est surchargé.

A l’affiche dans les salles de Suisse romande depuis mercredi 7 décembre.

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06/12/2016

Grand écran: "Seul dans Berlin" montre le courage d'un couple ordinaire face au nazisme

aberlin.jpgComment rater un excellent sujet. C’est la remarque qui ne tarde pas à s’imposer à la vision de Seul dans  Berlin, le troisième long-métrage du Suisse Vincent Perez évoquant un épisode historique peu connu. Nous sommes en 1940. La ferveur nazie est à son comble après la victoire sur la France. Mais la population berlinoise est aussi paralysée par la peur. A l’image d’Otto et Anna Quangel, un couple d’ouvriers habitant un quartier modeste et qui font profil bas, comme leurs voisins, devant la suffisance du Reich.

Apprenant que leur fils unique est mort au front, tout bascule chez eux. Dévastés, ils décident de se révolter, Otto dévoilant à Anna son idée de disséminer dans la cité des cartes où sont écrits de petits messages anonymes, critiquant Hitler et ses sbires. Une démarche insolite, au péril de leur vie. Car s’ils sont découverts, ils savent qu’ils seront impitoyablement exécutés.

La première atterrit rapidement à la Gestapo et le cas est confié à l’inspecteur Escherich. Bientôt un jeu périlleux du chat et de la souris s’instaure. La menace se rapproche chaque jour, Escherich étant brutalement sommé par ses supérieurs, irrités par cet acte de rébellion, de trouver au plus vite les coupables de ce crime anti-nazi. Le danger ne fait toutefois que renforcer la détermination d’Otto et d’Anna, qui multiplient audacieusement la pose des cartes. Entre 1940 et 1942, il  y en aura 267 transmises à la Gestapo. Les Quangel finiront dans ses murs…

Inspiré du roman éponyme d'Hans Fallada    

Vincent Perez, qui avait été sélectionné en compétition officielle à la dernière Berlinale, s’est inspiré du roman éponyme de l’écrivain Hans Fallada, sorti en 1947, l’un des premiers à décrire le quotidien des citoyens allemands sous l‘hitlérisme et la lutte de certains contre lui. Malheureusement, bien qu’on le sente animé de bonnes intentions et qu’il ait mis neuf ans à faire son film, le réalisateur livre une adaptation quelconque de la dramatique histoire vraie d’Otto et Elise Hampel (rebaptisés Otto et Anna Quangel).

Il y avait pourtant matière à un thriller d’envergure, aussi oppressant qu’intense dans le récit d’une prise de conscience allemande, de la résistance silencieuse à la barbarie à l’intérieur même du pays, du combat désespéré, du courage et de la souffrance de gens ordinaires transformés en héros face à l’ignominie d’un régime violemment répressif.

Quant aux comédiens principaux, non des moindres puisqu’il s’agit d’Emma Thompson, de Brendan Gleeson (photo) et de Daniel  Bruhl, ils sont certes dignes mais enfermés dans la banalité de dialogues plus explicatifs que captivants. En anglais de surcroît! Du coup, leur présence ne suffit pas à insuffler une âme à ce film manquant d’émotion, d’audace et de personnalité.

A l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 7 septembre.

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Grand écran: "Demain tout commence", avec Omar Sy reconverti en papa poule

aomarsy.jpgSea, sex and sun dans le sud de la France pour Samuel (Omar Sy), qui se la coule douce dans son job tout en jouant l’ado attardé, cavaleur, baratineur et irresponsable. Jusqu’au jour où une de ses anciennes conquêtes, Kristin (Clémence Poésy), lui laisse sur les bras un bébé de quelques mois, Gloria: sa fille! Incapable de s’occuper d’un nourrisson et décidé à le rendre à sa mère, Samuel se précipite à Londres pour tenter de la retrouver. Sans succès évidemment.

C’est là qu’il rencontre Bernie, un homosexuel britannique. Particulièrement sensible à la plastique de Samuel, le dandy accepte, en toute amitié s’entend, de l’héberger avec Gloria. Dingue de sa gosse, l’improbable géniteur devenu père idéal lui construit une vie de rêve dans un appartement génial, lui inventant de surcroît une maman formidable.

Inséparables, tous deux nagent dans le bonheur lorsque huit ans plus tard, Kristin réapparaît subitement et enfile le costume de la méchante en voulant récupérer la garde de Gloria. Le drame pour Samuel, d’autant qu’une visite chez le médecin a jeté une ombre inquiétante sur son quotidien enchanté…

Demain tout commence, surfant notamment sur le thème rebattu de qui fait finalement le meilleur parent, tente de relever le niveau des comédies françaises du genre Ma famille t’adore déjà, Le petit locataire, sans oublier Papa ou maman 2 également de sortie ce mercredi. Mais le dit niveau étant tellement bas, inutile de préciser qu’on n'atteint pas des sommets avec ce mélo familial d’Hugo Gélin, remake de Ni repris ni échangé du Mexicain Eugenio Derbez.

Question interprétation, on est aussi assez loin du top. Omar Sy, l’acteur préféré des Français (qui le restera sans nul doute), peine à se départir de son éclatant sourire façon Pleyel de concert et de son lassant côté clown, même s’il met ensuite un bémol dans son rôle de papa poule pudique et super sympa. La jeune Gloria Colston tient mieux la route en incarnant une gamine mature pour son âge, bien qu’immergée dans un redoutable océan d’amour et de tendresse propice à la voir virer tête à claques.

Quant au réalisateur, non content de nous proposer un film bourré de bons sentiments et tire-larmes à souhait, il tombe carrément dans le pathos échevelé, compliquant un scénario déjà confus d’un twist final inutilement tordu.

A l'affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 7 septembre.

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