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28/09/2016

Grand écran: "Fuocoammare", l'autre regard de Gianfranco Rosi sur les migrants à Lampedusa

afuoccoammare.jpgImmergé pendant un an dans l’île aujourd'hui tristement célèbre de Lampedusa, point européen le plus proche de l’Afrique, port d’accueil d’un flux continu de gens débarqués, quand ils ont de la chance, de bateaux de fortune, Gianfranco Rosi a tiré de son séjour Fuocoammare, un documentaire souvent glaçant de deux heures. 

A l’exception d’un assistant, il tourne seul avec sa caméra pour mieux s’approcher des personnages et gagner leur confiance. Sans mise en scène, sans autre voix que celle des différents protagonistes, il confronte au terrible quotidien des migrants, celui des habitants menant une vie en quelque sorte parallèle. S’il suit plus particulièrement Samuel, un fils de pêcheur de 12 ans qui chasse les oiseaux au lance-pierres, il s’invite chez une grand-mère préparant le repas en écoutant la radio, où un animateur compatissant livre le compte quotidien des arrivées et des morts entre un morceau de jazz ou une vieille rengaine italienne.

Rosi rencontre aussi Bartolo, un médecin qui ne parvient pas à s’habituer aux cadavres tout en montrant des hommes en combinaisons blanches pris dans un cycle aussi infernal qu’ininterrompu de recherches en mer, d’abordages, de sauvetages, d’identifications des victimes.

Portant un autre regard sur la crise, confronté à la souffrance, à la survie, à la mort, Rosi, tout en évitant de délivrer un message, crée une prise de conscience par des images fortes, dérangeantes, ne cachant rien, évoquant la gigantesque tombe qu’est devenue la Méditerranée en quinze ans, avec ses 20.000 corps gisant par le fond. Un témoignage indispensable auquel le jury de la Berlinale a été sensible, puisqu’elle a décerné l’Ours d’or au cinéaste italien.

A l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 28 septembre.

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Grand écran: le tourbillon Soko éclipse Lily-Rose Depp dans "La danseuse"

adanseuse.jpgRien ne destine Loïe Fuller, fille de ferme originaire de l’Ouest américain, de devenir l’icône de la belle Epoque admirée par Mallarmé, Rodin ou Lautrec, et de se produire à l'Opéra de Paris. Dans son premier film La danseuse, la réalisatrice française Stéphanie Di Giusto se penche sur le destin de celle qui subjugua le public avec sa "danse serpentine", devint une star avant de tomber dans l’oubli et d’être beaucoup plus tard redécouverte comme l’une des pionnières de la danse contemporaine.

Enveloppée dans des mètres et des mètres de soie blanche, les bras prolongés par de longues et lourdes baguettes de bois, la silhouette sculptée par les faisceaux de dizaines de projecteurs, elle créait de magnifiques et virevoltantes formes lumineuses, en tournoyant sur un carré de verre éclairé par-dessous. Un numéro qui lui brise le dos, lui abîme les yeux, qu’elle perfectionne chaque jour dans la douleur, mais qui tient d’abord de la performance.

C’est là sa faiblesse fatale. Loïe Fuller, esprit libre et conceptrice visionnaire n’est pas une danseuse dans son acception académique. A l’inverse d’Isadora Duncan, mythique prodige américain avide de gloire, qui la fascine et dont elle tombe amoureuse pour son malheur. Alors qu’elle est au sommet de son art, sa rivale précipite sa chute en la détruisant dans sa propre compagnie.

Véritable boule d’énergie, Soko lancée à corps perdu dans un rôle qui lui colle à la peau (photo), se révèle particulièrement convaincante en Loïe Fuller aux côtés de Lily-Rose Depp. En mai dernier à Cannes, l’idée de découvrir la fille de Johnny Depp et de Vanessa Paradis avait suffi à faire le buzz. Mais la jeune actrice ne s’est pas franchement montrée à la hauteur de l’énorme intérêt suscité par sa présence dans La danseuse

Le film au casting cinq étoiles emporte l’adhésion dans la mise en scène inspirée des chorégraphies et la sublimation de leur beauté. En revanche, il déçoit dans l’affrontement quelconque entre les deux femmes et le curieux escamotage, développé par Mediapart, de l’homosexualité de Loïe Fuller. Réduisant sa préférence à un baiser donné à Isadora suivi d’une scène humiliante, ainsi qu’à des regards furtifs et des soupirs de sa compagne Gabrielle Bloch (Mélanie Thierry) avec qui elle vivait ouvertement, mais devenue sa collaboratrice chez Stéphanie Di Giusto. Qui propose en outre une relation hétérosexuelle fantasmée entre Fuller et un personnage inventė, interprété par Gaspard Ulliel.

A l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 28 septembre.

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21/09/2016

Grand écran: des couples racontent leur amour dans "Loves Me, Loves Me Not"

aabramovich.jpgAprès Dieu sait quoi en 2004, où elle interrogeait des retraités sur le sens de la vie dans un grand parc parisien, Liens de sang en 2008 où elle explorait les rapports parents-enfants dans l’immeuble genevois des Stroumpfs, Fabienne Abramovich propose un nouveau documentaire, Loves Me, Loves Me Not.

On est à Paris. La nuit est tombée et des centaines de gens se rassemblent le long du canal de l’Ourcq. Jeunes ou un peu moins, ils viennent s’asseoir au bord de l'eau, se mêlent, se passent le pain, tissent des liens informels, se retrouvent le lendemain. Pour parler quasi exclusivement d’amour.

Fabienne Abramovich livre ainsi un métrage qui se veut un peu rohmérien, teinté de marivaudage, en filmant des couples qui racontent leur façon d'aimer, d'une ou de toutes sortes de manières. Une oeuvre intemporelle, singulière, hors mode black, sexe et banlieue. Un sujet casse-gueule où il fallait éviter les clichés, comme l'auteure le dit elle même, à l’occasion d’une rencontre où elle explique sa démarche.

Elle a débuté  en 2010. L’écriture, essentielle, lui a pris deux ans et le tournage quatre. "Je ne pouvais filmer qu’en été, en majeure partie la nuit entre 21h30 et au mieux deux ou trois heures du matin. En tout quatre fois trois semaines". Elle a commencé des entretiens avec des jeunes gens et, petit à petit, a testé un dispositif extrêmement sommaire et précis. "J’ai travaillé presque seule, en choisissant, c'était primordial un temps et un lieu donné, à Paris. Et il me fallait l'eau pour le travail de l'image. J’ai compris que tous ces individus sur les berges représentaient mon Woodstock à moi".

Comment avez-vous trouvé vos protagonistes ?

Jalovesme.jpge faisais des repérages en me promenant avec une charrette, vêtue d’un habit de pêcheur et coiffée d’une casquette. Je voyais des gens, on buvait un verre, j’expliquais ce que je voulais. L’idée, c’était de les laisser échanger entre eux, en étant eux-mêmes, dans l’instant.

Ils ont une incroyable facilité d’élocution. Quelle est la part de l’improvisation ?

Ce n’est que de l’impro. Evidemment, comme ils se répétaient, j’ai beaucoup coupé. Je n’ai rien changé à leurs mots, à leurs phrases, mais j’ai construit les séquences, restructuré les conversations pour qu’elles soient audibles. J’ai écouté, tamisé, cadré. Un gros travail. C’est la raison pour laquelle je n’ai filmé qu’un couple à la fois, chacun d’eux me prenant environ quatre heures.

Il y a une chose qui surprend, ces couples middle class, jeunes pour la plupart et qui évoquent leur amour,  sont pratiquement tous blancs. Ce qui ne paraît pas représentatif de la société actuelle.

Il ne s’agissait pas de faire du Benetton… En même temps, pour moi, le multiculturalisme est présent à travers notamment quatre jeunes Beurs qui certes sortent un peu du cadre, mais libèrent très vivement et assez crûment la parole, avec des Arabes passant en djellabah, avec la musique syrienne, des Blacks qui chantent. Ces derniers ne vont pas d'ailleurs pas volontiers s’asseoir au bord de l’eau. Ce n’est pas leur culture.

A l'affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 21 septembre. 

 

 

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20/09/2016

Grand écran: la guerre des sexes dans "L'économie du couple". Lafossse tape juste!

akahnbejo.jpgIl y a des films qui vous attrapent dès la première image. Comme L’économie du couple, Il suffit de voir Marie rentrer à la maison et y découvrir, très contrariée, Boris qui ne devait pas s’y trouver ce jour-là, pour savoir que le réalisateur belge Joachim Lafosse ne nous lâchera plus. Tant il a tapé juste tout au long de son étude de comportement aussi intelligente que subtile.

Après 15 ans de vie commune, c’est le désamour. Marie et Boris ont décidé de se séparer. Problème, c’est elle qui a payé la maison et lui qui l’a rénovée. Dans l’impossibilité de se loger ailleurs faute de moyens financiers, Boris est obligé de cohabiter avec son ex-compagne et leurs jumelles. Mais Marie ne le supporte plus et veut qu’il parte. Elle déteste tout chez lui et se demande comment elle a pu l’aimer.

Sous les yeux des deux fillettes qui évidemment en souffrent, c’est alors l’heure des reproches acrimonieux, des engueulades monstres et des règlements de compte impitoyables. Tout tourne autour de l’argent, de qui a amené quoi, payé quoi.
Pour Joachim Lafosse, reconnaissant le côté autobiographique de l’œuvre où il parle aussi de sa génération, celle des quadras, l’argent dans un couple c’est souvent plus un symptôme qu’une cause permettant et justifiant la dispute. Un symptôme qui cache aussi des choses émouvantes, tristes, la manière dont on est reconnu ou pas pour ce qu’on a fait ou pas.

L’économie du couple  est une vraie réussite à laquelle les acteurs, étonnants de sobriété et de réalisme contribuent largement. Dans cette guerre des sexes où Lafosse joue à la fois au psy et à l’ethnologue, Cédric Kahn, généralement plus connu comme cinéaste et scénariste, se révèle formidable. A l‘image de la lumineuse Bérénice Bejo (photo).

A l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 21 septembre.

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Grand écran: Xavier Dolan bouleverse, fascine et exaspère dans "Juste la fin du monde"

axavierd.jpgPour son septième film, qui a décroché le Grand Prix du jury en mai dernier à Cannes, le réalisateur québecois a choisi d’adapter une pièce de Jean-Luc Lagarce, dont il apprécie la beauté du texte et de la langue. Jeune auteur à succès, homosexuel intello plein de douceur, Louis n’a pas revu sa mère, sa sœur et son frère depuis 12 ans. Gravement malade, il revient chez les siens pour leur annoncer sa mort prochaine. Et ne cessera de chercher le bon moment pour le faire. Mais très sensible à l’extrême tension que sa visite provoque, il recule à chaque fois face à ces gens qui le noient sous les reproches, l’accablent de leur amertume et de leur rancœur. De leur amour aussi.

Juste la fin du monde est un huis-clos théâtral familial asphyxiant, à la fois bouleversant et exaspérant, où tout le monde a envie de déballer ce qu’il a sur le cœur, mais où chacun crie, pleure, s’engueule, balance des vannes, ment, pour éviter, dans une fuite en avant logorrhéique, de parler de l’essentiel. A savoir de la raison du retour de Louis qui les tourmente.

Xavier Dolan propose une mise en scène virtuose privilégiant les gros plans pour se rapprocher des visages de manière à en saisir les expressions les plus révélatrices. L’histoire passe en effet aussi par les silences, les regards, le moindre mouvement d’une bouche exprimant les non-dits. Les comédiens sont ainsi placés sous une sorte de microscope, la caméra jouant avec eux dans une tentative de capter le moindre souffle.

Gaspard Ulliel se révèle excellent dans le rôle de Louis. L’opus est porté par quatre autres stars françaises aux prestations en revanche inégales. Nathalie Baye (la mère Martine), perruque noire et maquillage outrancier et Vincent Cassel (son frère Antoine) en font des tonnes dans une hystérie galopante. Lea Seydoux (sa sœur Suzanne qu’il n’a pas vu grandir) n’est pas moins irritante.

En revanche, à l'image d'Ulliel, Marion Cotillard (sa belle-sœur Catherine que Louis ne connaissait pas) séduit. Dans ses hésitations, son bégaiement, sa gentillesse et sa compassion à l’égard de Louis dont elle a tout de suite compris le secret, on l’a rarement vue aussi bonne et aussi différente.

"C'est mon meilleur film"

A l’issue de la projection cannoise pour les journalistes, Xavier Dolan s’était montré un peu blessé par les critiques négatives, mais disait son bonheur d'être sur la Croisette. "je suis fier de mon film. J’estime que c’est mon meilleur", avouait-t-il à la conférence de presse. De leur côté, ses comédiens ne tarissaient pas d’éloges sur leur réalisateur, s’accordant à évoquer une rencontre passionnante avec un homme hors norme, proche d’eux, les mettant sous un microscope, jouant avec eux, donnant tout, essayant de capter le moindre souffle.

Xavier Dolan aime la prolixité des personnages qui parlent de tout sauf de ce qu’ils savent. "Louis réagit à la nervosité, à l’ambiance. On s’évade à travers lui, grâce aux regards échangés avec Catherine. Il est en escapade perpétuelle dans une maison où sa famille le noie sous les reproches. Le plus attrayant, c’est son côté désagréable. Dans la vie on pleure, on explose, on ment. Je suis content d’avoir pu travailler avec des acteurs que j’admire pour exprimer cette imperfection humaine".

Le réalisateur s’explique aussi sur l’utilisation des gros plan quasi constants. "Pour moi, c’était une nécessité de me rapprocher des visages qui reflètent la tension. L’histoire passe par les silences, les regards, le moindre mouvement d’une bouche exprimant les non-dits".

A 'affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 21 septembre.

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18/09/2016

Coupe Davis: les Suisses trouvent la clé, mais les Français la perdent. Alors, qui pour remplacer Noah?

asuisses.jpgPierre-Alain Dupuis, plus insupportable perruche que jamais n'a cessé de le claironner au cours de ce match de barrage, les Suisses avaient les clés. Mais le moins qu’on puisse remarquer, c’est qu’ils ont mis du temps à trouver la serrure pour ouvrir une porte ouzbek pourtant fermée avec un loquet branlant.

Enfin, l’essentiel est ce maintien dans l’élite mondiale, me rétorquerez-vous. En principe. Car si les Fedrinka s’obstinent à jouer les patriotes à la noix, voilà qui ne servira pas à grand-chose. Nos valeureux mais seconds couteaux n'auront pas une nouvelle chance insigne de batailler contre  
de besogneuses troisièmes lames.

A moins qu’ils tombent sur les…Français lors du tirage au sort! Parce que vu le cuisant revers des Bleus contre les Croates dans le dernier carré, cela laisse carrément un espoir pour les Rouges de les battre, même privés de leurs deux éminences starissimes.

abellier.jpgCertes, à l’instar des Helvètes qui ont dû se débrouiller avec Laaksonen, Bossel et Bellier, l'ultime sauveur (photos), les Tricolores ont dû évoluer sans leurs leaders Tsonga et Monfils qui, on se pince, s’était prétendument blessé à un genou… en rentrant à son hôtel!

Qu’à cela ne tienne cependant. Si la Monf’ a, c’est le cas de le dire, fait faux bond à la dernière minute, il y avait un mousquetaire de rab en la personne de Richard la Gasquouille, sans oublier Poupouille, l'étoile née à l'US Open. 

Filante, l'étoile en l'occurrence. Mais bref, au départ, il y avait de quoi rallier la finale en trois coups de cuillère à pot selon le prétentieux capitaine Noah, qui allait jusqu’à se féliciter de l’absence de Gaël et se réjouissait de se faire hurler dessus par un public hostile. J’adore relevait-il en substance. Cela va nous servir pour être plus motivé, pour avoir la rage. Et d’ajouter en substance, vendant sottement la peau de l'ours: on est tellement prêts… Qu’est-ce que ça va être bon dimanche quand on aura gagné…

anoah.jpgCaramba, les Français n’ont pas seulement perdu, mais ils se sont carrément laissé ratatiner par les Croates emmenés par un invincible Cilic, à l’image du malheureux Gasquet. En réalité ils n’étaient absolument pas "prêts", simplement "près". Eh oui hélas, si près, si loin les pauvres. En tout cas une chose est sûre, le pontifiant gourou a drôlement perdu de sa superbe. Le quotidien L’Equipe s’était d’ailleurs un peu méfié en titrant "Esprit Noah es-tu là ?"

Il y en a un qui doit ricaner sous cape, c’est Arnaud Clément, largué comme un malpropre suite à l’échec hexagonal à Lille en 2014. Au moins avait-il lui conduit ses troupes jusqu’en finale. Alors qui pour remplacer Noah touché au coeur? Bon, je ne vais pas lui mettre l’entier de cette mortifiante défaite sur le dos. Bien qu’il le clamât haut et fort, il ne disposait pas vraiment de la main d’œuvre idoine pour l’emporter. Comme dirait un chirurgien esthétique, on ne réussira jamais à transformer un buffet campagnard en commode Louis XV…

 

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14/09/2016

Grand écran: "Clash" évoque l'Egypte à travers un huis-clos étouffant en forme de thriller

aclash.jpgAu lendemain de la destitution du président islamiste Morsi, deux ans après l’échec de la révolution égyptienne, de violentes émeutes éclatent au Caire. Un journaliste égypto-américain et son photographe, considérés comme des traîtres sont embarqués dans un fourgon de police.

Ils sont aussitôt suivis par des dizaines de manifestants aux convictions politiques et religieuses diverses. Des sympathisants des Frères musulmans, des modérés, un chrétien, des femmes sont ainsi forcés de cohabiter dans cet espace restreint et forcés de surmonter leurs divisions pour tenter de survivre. A la fin le fourgon est pris dans une grande manifestation chaotique, où il est difficile de définir le camp des protestataires.

Du coup, alors qu’ils luttent depuis le début pour sortir du fourgon se déplaçant dans une ville à feu et à sang, les prisonniers du panier à salade se rapprochent et veulent rester à l’intérieur, face à la folie meurtrière qui se déroule à l’extérieur. On ne sait pas dès lors ce qui va leur arriver. Tout en se doutant que l’issue ne devrait pas être des plus favorables.

Clash est signé du réalisateur Mohamed Diab, dont le travail pointe les problèmes de la société égyptienne et dont le premier long-métrage Les femmes du bus 678 évoquait le combat de trois femmes cairotes contre le machisme et le harcèlement sexuel. Il avait fortement déplu à la censure égyptienne. Cela n'a pas empêché son auteur de faire l’ouverture de la section cannoise Un certain regard, sans que son oeuvre ait été préalablement montrée à la dite censure.

Symbolique et centré sur l'humain

Durant l’entier de cet opus centré sur l’humain, on ne quitte pas la fourgonnette et ses occupants. Ce huis-clos dantesque mélangeant plusieurs visages, reflet des colères, des peurs, des angoisses, des incertitudes, des espoirs d’un peuple, est symbolique d’un pays sous la botte des militaires et s’enfonçant dans la répression de toute opposition islamiste et laïque.  

Eprouvant, étouffant, ce thriller parabolique se veut haletant, percutant, efficace. Mais au-delà d’une réussite technique, de quelques scènes impressionnantes, on retiendra surtout le courage politique de l’auteur, son honnêteté, sa volonté d‘impartialité et d’absence de manichéisme.

A l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 14 septembre.

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Grand écran: "Un juif pour l'exemple" revisite le livre polémique de Jacques Chessex

ajuifec.jpgEn 1942, Payerne est le théâtre d’un meurtre immonde. Celui d’Arthur Bloch (Bruno Ganz, photo), un marchand de bétail juif sexagénaire, massacré par une bande de nazillons débiles sous l’influence du pasteur Lugrin et du «gauleiter» local, le minable garagiste Fernand Ischi.

Avec une vingtaine d’autres Payernois au front bas qui ont fait allégeance au parti nazi, il veut offrir un juif mort en cadeau à Hitler, son idole dont on va bientôt fêter l’anniversaire. Sous prétexte de vendre une vache à Bloch lors de la foire aux bestiaux, cinq d’entre eux l’attirent dans une grange l’assassinent, le dépècent comme un cochon, répartissent les morceaux dans des boilles qu’ils vont jeter au lac.

Le film du Genevois Jacob Berger est adapté du livre éponyme de Jacques Chessex. Enfant au moment des faits, l’écrivain était revenu en 2009 sur cet événement tragique qui l’a marqué à jamais, décrivant l’abomination en stigmatisant la ville de charcutiers «confite dans la vanité et le saindoux». La publication de l’ouvrage a déclenché une impressionnante levée de boucliers. Et une détestation dont l’auteur a beaucoup souffert. Il est pour ainsi dire mort sur scène cette année-là, vivement interpelé par un détracteur alors qu’il défendait Roman Polanski.

Un Juif pour l’exemple est un thème puissant, qui résonne avec ce qui se passe aujourd’hui, bien que Jacob Berger, dont on salue le travail de mémoire, ne cherche pas la dénonciation. Mais la grandeur du propos ne fait pas automatiquement la force d’un film et son auteur peine un peu à convaincre dans sa façon de réinventer Chessex. Il n’est pas toujours à la hauteur de son sujet dans sa réalisation, en dépit de scènes impressionnantes dans leur brutalité, heureusement contenue à l’image, comme l’effroyable équarrissage d’Arthur Bloch.

Un bémol par ailleurs sur le télescopage certes assumé des époques, voitures ou uniformes modernes, ou Chessex à la fois enfant et vieillard. Mais ce qui cloche surtout c’est la mauvaise prestation des comédiens. A part peut-être André Wilms dans le rôle de l’écrivain.

A l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 14 septembre.

 

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Grand écran: Virginie Efira craquante dans "Victoria", comédie romantique sous influence sexuelle...

avirgef.jpgAprès La Bataille de Solférino, qui mettait en scène un couple hystérique lors de l’élection présidentielle de 2012, la réalisatrice Justine Triet dévoile brillamment ses obsessions dans Victoria en évoquant les démêlés d’une avocate pénaliste mère de deux petites filles. La trentaine sexy, naviguant sur une corde raide avec un art consommé du cataclysme, elle est à la recherche d’un difficile équilibre entre sa vie professionnelle et sa vie amoureuse.

Mais les choses ne vont pas s’arranger lorsqu’elle retrouve à un mariage son ami Vincent, accusé du meurtre de sa compagne. Il la supplie de le défendre. Très réticente, elle finit par accepter (ce qui lui vaudra plus tard six mois de suspension pour offense à l’éthique), tout en embauchant Sam, un ex-petit dealer qu’elle avait tiré d’affaire, comme baby-sitter. Il s’incruste sur son canapé, passant du colocataire à l’assistant, puis à l’amant.

Cette comédie romantico-barjo sous influence sexuelle même si Justine Triet n’en montre pas beaucoup, se double d’une satire du couple, mêlant aussi enfants, justice, argent. Elle est portée de bout en bout par l’excellente et craquante Virginie Efira, désarmante de naturel. Belle, intelligente, en plein chaos sentimental, elle est en outre harcelée par son ex qui lui pourrit la vie dans son blog. Accumulant les boulettes avec une rare inconscience, elle tente d’analyser ses angoisses et ses névroses entre une voyante et ses deux psys.

Vincent Lacoste est lui aussi comme toujours parfait en jeune homme charmeur à la grâce candide, un rien cynique avec une touche de virilité, tout comme Melvil Poupaud, dont l’innocence dissimule un irrésistible petit côté pervers.

A l'affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 14 septembre

 

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08/09/2016

Grand écran: "Divines", l'électrisante révélation de Cannes. Sa réalisatrice, Houda Benyamina, raconte

abenyamia.jpgDans un ghetto où se côtoient trafics et religion, Dounia la "bâtarde", adolescente menue, énervée et rebelle qui habite dans un camp de Roms avec sa mère alcoolique, et son contraire, Mamounia, la douce mais super baraquée fille de l’iman, sont amies à la vie à la mort.

Ces deux pétroleuses poussées par la rage de vivre rêvent de s’élever dans un monde qui les rejette. Décidée à gagner beaucoup d’argent pour s’offrir ce qu’elle désire, Dounia se met à travailler pour Rebecca, redoutable dealeuse, plongeant ainsi dans l’univers glauque et dangereux de la petite pègre locale. Sa rencontre avec Djigui, un jeune danseur sensuel, va bouleverser son quotidien.

Signé de la réalisatrice Houda Benyamina (photo), réalisatrice marocaine de 35 ans, révélation du dernier Festival de Cannes en raflant la Caméra d’or, Divines nous embarque dans une tragédie électrisante virant parfois au comique, à la frontière des genres entre chronique sociale et polar. Avec une dimension spirituelle notamment dans la thématique, les conversations avec Dieu ou le choix de la musique sacrée.

Souvent comparé à L’esquive d’ Abdellatif Kechiche ou à Bande de filles de Céline Sciamma, l’opus dégage par ailleurs la folle énergie de son auteur, qui nous l’a prouvé dans son discours enflammé lors du palmarès cannois, en lançant à Edouard Waintrop, délégué général de la Quinzaine des réalisateurs qui l'avait sélectionnée, un vibrant et culotté "Waintrop, t’as du clito"!

Le théâtre la mène au cinéma

"Non seulement il s’en est remis, mais il est plus fort maintenant qu’il en a", remarque Houda en riant lors d’une rencontre à Genève. "En ce qui concerne mon énergie, j’ai du mal à mentir, à jouer, à prétendre. On m’a vue telle que j’étais à cette remise de prix. J’étais contente, je l’ai dit, je l’ai hurlé. C’était un cri d’amour".

Après la découverte du théâtre grâce à un instituteur, Houda Benyamina s’est rendu compte qu’elle était mieux faite pour le cinéma. "Le théâtre, c‘est comme le golf, il faut les moyens, un espace pour le pratiquer. Pour le cinéma, une caméra suffit".

divinesimage.jpgA l’origine de son premier long-métrage qui lui a pris quatre ans de sa vie entre l’écriture et son passage sur la Croisette, la colère, l’inégalité. "J’ai toujours été sensible à l’injustice. A l’école, je ne trouvais pas ma place. Mon film est né des émeutes de 2005 en banlieue parisienne que j’ai vécues de l’intérieur. J’ai eu envie de tout défoncer mais rien n’a changé. Et je me suis demandée pourquoi".

Pour vous Divines est toutefois un constat, pas une forme de révolte.

Parce qu’il n’y a pas eu de révolte justement. Nous n’avons pas pris les armes. La mienne c’est le cinéma. J’avais envie de parler des pauvres, des désaxés, des gens en marge, d’évoquer s’absence d’idéal, de repères, la toute-puissance de l’argent, le manque de spiritualité qui dépasse les religions. Bien que musulmane, je me sens proche des enseignements de Jésus. Et tout cela je le traite par le biais de l’humain en quête de reconnaissance, de dignité.

Pour autant, vous n’avez pas de message à délivrer.

Je ne me sens pas prophète. Je suis une cinéaste, qui donne son regard avec sensibilité. Je crois en l’homme, en la femme. Je pose des questions et je veux toucher le cœur. D’abord l’émotion, ensuite le verbe.

Ce n’est pas le premier film sur la banlieue, mais vous amenez quelque chose de neuf.

Sans doute parce que j’étais libre dans le sens que je voulais raconter, à travers une histoire d’amitié. C’est un film réaliste, mais il y a du lyrisme, du romantisme du rêve. Par ailleurs j’inverse les schémas traditionnels, je casse les codes de la banlieue. Je la montre telle que je la vois. C’est cela ma singularité.

Par exemple le caïd pour qui Dounia travaille est une femme, une flambeuse aux postures viriles qui joue de son pouvoir.

Je ne l'ai pas inventée. Il y en a de plus en plus. Je me suis inspirée de la réalité. Rebecca, je l’ai rencontrée. J’ai pas mal de réseaux dans le banditisme. Je suis aussi allée dans les quartiers, chez les Roms. J’ai fréquenté les commissariats. Les flics se sont montrés coopératifs.

Pour rester dans l’inversion, la note de féminité est donnée par Djigui un garçon passionné de danse, dont Dounia est amoureuse.

La grâce peut être masculine. Et puis surtout, selon moi, tout le monde danse On commence dans le ventre de sa mère. Djigui est l’alter ego de Dounia, en recherche comme elle de dignité et d’élévation mais par une voie spirituelle. Son but est de vivre de son art. A travers les scènes de danse, je dis l’importance de la culture qui offre une possibilité de s’en sortir autrement qu’avec l’argent.

aouloaya.jpgLes comédiens sont formidables. Un mot sur Oulaya Amamra, votre petite sœur qui interprète Dounia.

Je l’ai formée depuis l’âge de 12 ans. Mais au début, je ne la voyais pas dans cette fille. Elle manquait de sauvagerie, de rudesse. Ce n’était pas une bagarreuse. Elle l’est devenue dans la mesure où elle s’est beaucoup battue pour décrocher le rôle. 

Vous travaillez sur un autre long-métrage. Le fait d’avoir obtenu la Caméra d’or est-il  un peu inhibant ?

Non, au contraire. C'est un début, une étape. Je suis très critique avec moi-même. Divines a plein de défauts, je vois tout ce que je peux améliorer. Le prochain aura plus d’ampleur, même si je suis obsédée par la même problématique, le combat que nous menons contre nous-même, entre l’extérieur et l’intérieur. Je suis sur un grand terrain de jeu où je cherche Dieu, le sens de la vie le pourquoi on est là. Le tournage pour moi, c’est un pèlerinage.

Et où va vous emmener votre deuxième film ?

Historique, il couvrira une période de trente ans pendant laquelle il y aura la guerre. Il parlera d’amour, de liberté et de trahison.

A l'affiche dans les salles de Suisse romande depuis depuis mercredi 7 août.
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05/09/2016

US Open: une étoile est née. Française évidemment...

aapouille.jpgExceptionnel, prodigieux, colossal, géant, titanesque, monumental, phénoménal, en un mot: énorme. Cette collection de superlatifs, c’est pour saluer l’exploit de Lucas Pouille, qui a fini au bout du bout d’un suspense de plus de quatre heures par décorner le taureau de Manacor en cinq sets.
 
Loin de moi l’idée de nier la réelle performance du talentueux garçon, fort sympathique et que toute le monde adore aujourd'hui. Mais il faudrait un peu raison garder. Et relativiser en se souvenant de prouesses de loin plus extraordinaires. 
 
Quand je songe à Wilander, Chang ou Becker, tous trois vainqueurs d’un Grand Chelem à 17 ans, ou à Federer numéro un mondial à 22 ans et cinq mois, il y a en effet quelque chose de pathétique dans cette folle agitation hexagonale autour d’un jeune homme pratiquement du même âge, qui se retrouve dans... le top 20 après avoir battu Rafael Nadal en…  huitièmes de finale à l’US Open. 
 
Un Nadal moins saignant qu’auparavant de surcroît. La preuve c’est que le brave Pouille prive à nouveau le champion espagnol d’un quart de finale de grand Chelem qui lui échappe depuis Roland-Garros 2015. Et le pauvre a subi d'autres crève-coeurs. Le Belge Steve Darcis l’avait atomisé dès le premier tour en trois sets en 2013 à Wimbledon (l’Espagnol venait pourtant de gagner Roland-Garros), et il en avait fallu un petit de plus à l’Allemand Dustin Brown, pour lui jouer gazon maudit deux ans plus tard.
 
Que je sache, les Français n’en avaient alors pas fait un tel plat. Bien que ces deux joueurs étaient mal classés, Brown pointant même au 102e rang. Tandis que le Tricolore occupait le 24e à l’entame de son match. En outre, il me suffit de penser que le modeste Helvète Marco Chiudinelli a été à deux points d’éliminer la nouvelle étoile  hexagonale en trois manches au second tour pour me donner une idée de la forme pas franchement flamboyante du pitbull ibère. Contrairement à ce que nous assurent avec force et conviction les spécialistes français, histoire de donner un gros surplus de panache  à la "victoire de légende" de leur poulain. Je sais, on me rétorquera que c'est différent. Mais je ne vois pas vraiment en quoi.
 
amonfils.jpgMonfils et Tsonga, autres formidables pépites
 
A part ça, Lucas Pouille n‘est pas le seul à les mettre en transes. Il y a aussi Gaël Monfils, crack grandiose, véritable terreur du circuit. Doté d'un fabuleux coup d’œil, c’est lui qui anticipe le mieux, qui marche impitoyablement sur ses adversaires, les obligeant constamment à produire le coup de plus, sinon de trop, qui lui permet de gagner se matches les doigts dans le nez. Et que dire de l’éblouissant et puissant Tsonga, redoutable au service et à la volée et dont les balles supersoniques fuient sadiquement les relanceurs. Lui aussi avait flanqué la pâtée à Nadal en… 2008  à Melbourne.
 
Je veux bien croire que tout cela soit vrai. En même temps, j'aimerais  qu’on m’explique pourquoi Jo-Wilfried n’a toujours pas été fichu de remporter un Grand Chelem a passé trente ans. Sans parler du galactique Gaël, dont le plus retentissant succès consiste à avoir enfin remporté cette année… l’ATP 500 de Washington, après quatre misérables tournois 250 au cours de sa longue carrière.
 
Pour couronner le tout, le fameux trio se retrouve, c’est historique (!), en quarts de finale à Flushing Meadows. Et un Français sera forcément dans le dernier carré, puisque Pouille doit affronter Monfils. Du coup, il est envisageable que l’un d’eux puisse être sacré roi de New York. Je n’ignore pas le méga-tsunami médiatique, assorti de perpète, qu’implique cette éventualité pour les habitants de la planète dépourvus de sang bleu. Mais il serait temps qu'une victoire vienne corroborer ces tonitruantes professions de foi! 
 

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04/09/2016

Grand écran: "Le fils de Jean" à la recherche du père. Emouvant petit polar familial

ajean.jpgCadre commercial parisien divorcé de 33 ans, Mathieu reçoit un matin un coup de fil inattendu du Canada l'informant de la mort de son père, médecin à Montréal dont il ne savait rien. L’appel vient d'un nommé Pierre, le meilleur ami du défunt, qui lui apprend qu’il s’appelait Jean, qu’il était patron d’une clinique de chirurgie esthétique et qu’il a laissé deux grands fils.

L’enterrement devant avoir lieu quelques jours plus tard, Mathieu, lui-même père d’un petit garçon, est poussé par le besoin de découvrir ses racines. Il décide aussitôt de se rendre au Québec pour rencontrer Sam et Ben, ses demi-frères qui, de leur côté, ignorent tout de lui. Il va apprendre à mieux les connaître au bord d’un lac au cours d’un week-end où, également en compagnie de Pierre, ils sont partis à la recherche du corps de Jean. Apparemment celui-ci s‘est noyé, victime d’un infarctus… 

Le huitième long-métrage de Philippe Lioret est très librement inspiré du roman de Jean-Paul Dubois Si ce livre pouvait me rapprocher de toi. A travers la quête d’identité de Mathieu, ce fils sans père qui s’en cherche un, l’auteur livre un récit intimiste dans un beau film simple, sensible et émouvant, en travaillant ses thèmes chers.

Drame modeste mais impeccablement tenu, il joue sur le secret en empruntant les codes du polar. Il y a le souvenir d’un lointain amour parisien entre la mère de Mathieu et le dénommé jean. Un coup d’un soir lui avait-elle dit, sans vouloir en révéler davantage. Il y a aussi la disparition mystérieuse de cet homme, menant à une enquête au sein de la famille.

Sans oublier l’interdiction étrange faite par Pierre à Mathieu. Il lui enjoint de dissimuler qui il est, sous prétexte que la présence d’un fils illégitime ne peut que perturber davantage la famille en deuil. Mais si le réalisateur se sert de cette trame policière, c’est pour nous emmener ailleurs. Misant sur les dits et non-dits, les émotions contradictoires,  il organise subtilement le rapprochement entre les personnages, plus particulièrement entre Mathieu et Pierre.

Caractères centraux, ils sont interprétés par d’excellents acteurs. Pierre Deladonchamps (photo), César du meilleur espoir masculin pour L’inconnu du lac d’Alain Guiraudie est parfait dans le rôle de Mathieu se rêvant une famille et impatient d'en faire partie. Comme Gabriel Arcand dans celui de Pierre, oncle ombrageux, à fleur de peau, ours mal léché et taiseux dissimulant une mystérieuse souffrance.

A l’affiche dans les salles de Suisse romande depuis mercredi 3 août.

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