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29/03/2016

Grand écran: "Good Luck Algeria", un Algérien à ski de fond aux Jeux Olympiques!

algeria.jpgC’est une de ces histoires vraies, une aventure hors norme comme en génère le sport. On se rappelle Rasta Rocket, comédie culte retraçant en 1994 la folle équipée des bobeurs jamaïcains aux JO de Calgary, en 1988.

Très récemment le documentaire Nice People racontait celle de migrants somaliens en Suède, qu’un idéaliste entraîne pour une participation à la Coupe du monde de hockey sur glace 2014 à Irkutsk.

Là il s’agit de ski de fond. Sam et Stéphane, deux amis d’enfance vivant en Savoie réussissent bien dans la fabrication de spatules haut de gamme, jusqu’au jour où leur entreprise est menacée. Pour la sauver, ils imaginent un défi fou: qualifier Sam aux Jeux d’hiver où il représentera l’Algérie, le pays de son père.

Good Luck Algeria s'inspire du parcours semé d’embûches du frère du réalisateur Farid Bentoumi, Noureddine Maurice Bentoumi, qui a réussi au bout de deux ans à s'aligner à Turin en 2006 sous le drapeau algérien. Au-delà de l’exploit sportif, du vécu folklorique ou non, de ce combat de David contre Goliath à divers niveaux, le pari improbable de ce feel good movie qui amuse et émeut, va pousser ce franco-algérien à renouer avec une partie de ses racines.

bentoumi.jpgNé en France en 1976 d’un père algérien et d’une mère française, Farid Bentoumi qui vit aujourd’hui à Paris, a grandi en Savoie, suivant avec son frère un programme de ski-études. Il devient acteur et a notamment joué du Racine à La Chaux-de-Fonds et du Brecht à Vidy, nous révèle-t-il à l’occasion d’une rencontre à Genève. 

En 2006, il tourne un premier court-métrage, un second deux ans plus tard, ainsi qu'un documentaire sur sa famille qu’il estime raté. «Je n’ai pas fait ce que je voulais. Mais cela m’a permis de m’interroger sur ma binationalité ou plutôt ma biculture et m’a servi pour Good Luck Algeria".

ll a décidé de se lancer dans cette comédie politico-sociale où on retrouve Sami Bouajila, Franck Gastembide, Chiara Mastroianni et Hélène Vincent il y a cinq ans, y consacrant trois ans d’écriture.

«Sur fond de ski et de dépassement de soi, je brasse plusieurs thèmes autour de la famille. A la base, c’est le récit d’une mixité heureuse, une histoire d’amour, d’héritage, de transmission de valeurs, d’amitié, de fidélité et de sincérité. C’est aussi devenu un film qui lutte contre les clichés et tente de donner une autre image de l’immigration dont trop de gens ont une vision négative ». 

Pour le rôle principal de Good Luck Algeria, essentiellement tourné en Italie, en Autriche et en Suisse, Farid a donc choisi Sami Bouajila, qui ressemble beaucoup à son frère Noureddine. «Ils ont la même carrure et de dos, c’est à s’y méprendre. C’était important pour les scènes de doublage. Mais Sami est un gros bosseur, il a appris à skier et la plupart du temps, c’est lui sur les lattes. Selon moi, il campe un vrai héros avec qui on a envie de se battre.»

A l‘affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 30 mars.

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Grand écran: "Quand on a dix-sept ans", chronique émouvante d'une passion adolescente

amourado.jpgLe vingt-deuxième long-métrage d'André Téchiné est sans doute son meilleur depuis Les Témoins en 2007, où il brossait le portrait bouleversant d’une société en crise d'identité face au sida. Dans Quand on a 17 ans, qui fait évidemment écho aux Roseaux sauvages sorti en 1994, le réalisateur explore l’un de ses thèmes favoris, les brûlures de l’adolescence.

Mettant en scène deux garçons qui se déchirent et ont du mal à assumer leur attirance, ce brillant cinéaste des sentiments les observe se découvrir avant de s’aimer, entre rage, rejet et désir.

Damien (Kacey Mottet Klein), fils de pilote militaire qu’il voit entre deux missions dangereuses à l’étranger, vit avec sa mère médecin, Marianne (Sandrine Kiberlain), dans une petite ville pyrénéenne. Au lycée il entre violemment en conflit avec le beau Tom (Corentin Fila), qui descend chaque jour de sa montagne et dont la mère adoptive est enceinte.

Par prudence, Marianne l’envoie à l’hôpital et accueille Tom à la maison. Cela ne plaît à aucun des deux ados qui, à fleur de peau, ne cessent de se chercher pour mieux se repousser avec colère. Des affrontements annonciateurs d’une passion que l’on pressent dès les premiers regards échangés, même si Téchiné prend son temps à la dévoiler au fil de son récit initiatique.

Une réunion de talents

asandrine.jpgComposé de trois parties coïncidant avec les trimestres scolaires menant au baccalauréat, le film n’est toutefois pas uniquement centré sur Tom et Damien. Son auteur s’intéresse aussi à leurs parents, au trio qu’ils forment avec Marianne. Il regarde tous ses personnages avec affection, montrant une communauté solidaire balayant les différences sociales ou les préjugés sexuels. Des comportements symbolisés par une Sandrine Kiberlain solaire, expliquant à son fils qu’il ne faut pas avoir peur et que tout s’efface quand on est amoureux.

Parfaite, la comédienne tient là un de ses plus beaux rôles, incarnant à la fois la tendresse, la sérénité, la compréhension, la sollicitude. Quant aux deux jeunes interprètes, ils sont formidables. A commencer par Kacey Mottet Klein, récemment vu dans Keeper de Guillaume Senez, mais révélé dans Home et l’Enfant d’en-haut d’Ursula Meier qui peut se vanter d’avoir déniché une pépite. Avec le très prometteur Corentin Fila, dont c’est le premier rôle au cinéma, ils proposent un jeu criant de vérité.

A tous ces talents on ajoutera celui de la coscénariste Céline Sciamma, qui excelle dans le traitement de la sexualité trouble à un âge difficile, comme dans Naissance des pieuvres et Tomboy, ou dans le portrait de la jeunesse actuelle, à l’image de Bande de filles.

A l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 30 mars

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23/03/2016

Grand écran: "Soleil de plomb", l'amour au temps de la haine

plomb.jpgLe film de Dalibor Matanic, qui avait reçu le prix du jury de la section Un certain regard lors du dernier Festival de Cannes, s’étend sur une période de vingt ans, de 1991 à 2011. Il est divisé en trois parties, dans le contexte dramatique né du conflit serbo-croate.

Chacun de ces chapitres raconte une histoire d’amour interethnique contrariée, marquée par la haine entre les deux peuples qui se manifeste au sein d’un même village, d’une même famille, voire d’un couple. Entre chaos, peur et violence, Dalibor Matanic met la première en scène en 1991, au début des hostilités. Alors que cette haine avait atteint des sommets, elle finira par séparer dramatiquement deux jeunes amoureux respectivement serbe et croate, habitant deux villages voisins et qui avaient décidé de partir tenter leur chance à Zagreb.

amourmat.jpgDix ans plus tard, en 2001, une mère et sa fille Natacha retournent vivre dans la maison familiale détruite, à l’image d’un pays où il faut tout reconstruire. Elles confient les travaux à Ante, d’une nationalité différente. En colère Natacha cherche d’abord à l’éviter. Ante fait son boulot, apparemment indifférent à la jeune fille. Mais dans ce huis-clos sous tension sexuelle, ils tentent un rapprochement, comme pour oublier les blessures de la guerre.

La troisième histoire se passe en 2011 et évoque le retour de Luka dans son village natal pour une grande fête interethnique sous influence d’alcool et de drogue. Il revoit Marja, une ex à qui il avait fait un enfant avant de la quitter pour gagner la ville. La barrière entre eux semble devenue infranchissable, mais tout comme la jeunesse s'efforce de se libérer du poids du passé, Luka veut se réconcilier avec elle.

Avec ces trois moments interprétés par le même duo d’acteurs, Tihana Lazovic et Goran Markovic, qui font le lien entre les époques, le réalisateur livre une autopsie d’affrontements meurtriers et ses conséquences sur les mentalités. Après un premier récit très fort, les deux suivants perdent un peu en puissance et en enjeux, mais sont porteurs d’espoir.

A l’affiche dans les salles de Suisse romande depuis mercredi 23 mars.

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22/03/2016

Grand écran: "Batman v Superman: L'aube de la justice". Les gladiateurs dans l'arène

batman.jpgDe caractères diamétralement opposés depuis leur création, ils incarnent deux différentes conceptions du monde. D’un côté le démon Batman, sinistre héros torturé, simple mortel aidé par une kyrielle de gadgets, de l’autre  l’ange Superman, alien tout puissant, incarnant la noblesse, la bravoure et l’humanité. Pour tout dire, ces deux-là ne s’aiment pas trop. Un euphémisme…

Bref. Redoutant que le kryptonien n’abuse de son omnipotence, la chauve-souris décide de l’affronter. Et pendant ce temps-là, une terrible menace se profile à l’horizon. Avec un peu d’imagination, on peut dès lors plus ou moins deviner l’évolution des relations complexes entre nos deux célèbres antagonistes…   

Mais c’est tout ce qu’on vous confiera de ce Batman v Superman: L’aube de la justice. Signé Zack Snyder, parfois visuellement décoiffant, il met en scène Ben Affleck (choisi après de longues semaines et un wagon de rumeurs pour le glisser dans la peau de Batman), Henry Cavill (Superman), Amy Adams (Lois Lane), Jesse Eisenberg (le méchant Lex Luthor qui fait la pige aux deux protagonistes principaux), l’inévitable Laurence Fishburne, Jeremy Irons (qui se pique de flegme british), Holly Hunter et Gal Gadot (comédienne israélienne jouant Wonder-Woman, qui avait été découverte dans Fast and Furious 6).

Si on reste discret sur le plus grand match de gladiateurs de l’histoire, selon le vilain Lex Luthor, c’est pour une raison simple. Le critique est sommé par Zack Snyder himself, au début de l'opus de ne rien révéler du scénario. Une vraie bénédiction en l’occurrence tant celui-ci, quasiment rythmé d’un bout à l’autre par de lancinantes et assourdissantes explosions, relève du vaste fouillis bien peu inspirant. A la hauteur de l'ennui généré au fil de quelque 150 interminables minutes.

En revanche, on peut vous raconter que pour convaincre dans leur rôle respectif, Ben Affleck et Henry Cavill ont physiquement drôlement payé de leur personne. A en croire les secrets de tournage révélés sur Allociné, le premier a pris trois fois plus de muscles que pour Man Of Steel et le second en a gagné 14 kilos, en perdant 8% de masse graisseuse. Pas en reste, Wonder-Woman s’est adonnée à la pratique très sérieuse du kung-fu, kickboxing, épée, ou jiujitsu.

Question budget le film, estimé à 200 millions de dollars, est le deuxième plus cher consacré au fameux justicier masqué, seulement dépassé par The Dark Knight Rises de Christopher Nolan, qui en avait coûté 50 millions de plus. Aux fans de juger si pour eux le combat de leurs idoles vaut l’argent dépensé! Pour nous c'est clairement non.

A l’affiche dès mercredi 23 mars. 

23:00 Publié dans Sorties de la Semaine | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | | Pin it! |

Grand écran: "Aux yeux de tous", le remake américain inutile

juliarob.jpgEn 2009, l'Argentin Juan José Campanella proposait Dans ses yeux, un film passionnant mêlant le romanesque et la politique. En 1974, pendant les années de plomb, une institutrice récemment mariée avait été violée et sauvagement assassinée. L’homme chargé de l‘enquête revient sur cette sordide affaire en 1999 par le biais d’un roman. Cet excellent thriller avait valu à son réalisateur l’Oscar du meilleur film étranger en 2010.

Cinq ans après, Billy Ray a eu la mauvaise idée d’en faire un remake. Aux yeux de tous se déroule d’abord après les tragiques attentats du 11 septembre 2001, avec la mise en place, parmi d’autres au FBI, d’une unité antiterroriste. La détective Jess Cobb (Julia Roberts) y fait équipe avec l’agent Ray Kasden (Chiwetel Ejiofor), sous les ordres de la procureure Claire Sloan (Nicole Kidman)

Dans le cadre de leur mission, Jess découvre avec horreur le corps sans vie de Caroline, sa fille unique jeté dans une poubelle. Elle a été violée. Malgré les soupçons portés sur un indic, il est relâché faute de preuves. Treize ans plus tard Ray Kasden, qui n’a cessé de le traquer, demande la réouverture de l’enquête.

Passant d’une dictature rongée par la corruption à un pays combattant le terrorisme, Billy Ray n‘a pas su transposer son sujet de façon crédible et convaincante. Egalement auteur du scénario, il lui a fait par ailleurs subir de nombreuses modifications. Du coup la version américaine n’a plus grand-chose à voir avec l’originale.

D’où l’inutilité de cette resucée, machine sans âme même si Julia Roberts arrive à nous émouvoir en enquêtrice de choc doublée d’une mère anéantie en découvrant le cadavre de sa fille. On n’en dira pas autant de Chiwetel Ejiofor et surtout de Nicole Kidman, même si elle réussit l’exploit de paraître toujours plus jeune…

A l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 23 mars.

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21/03/2016

Grand écran: François Cluzet joue au "Medecin de campagne"

x870x489_aff_medecin_de_campagne_120_1011-1.png.pagespeed.ic.0QaTMi_Ou3.jpgAncien médecin généraliste passé derrière la caméra, Thomas Litli opérait, avec Hippocrate, une plongée particulièrement réussie dans les coulisses de l’univers hospitalier. Donnant de surcroît à Vincent Lacoste l’un de ses meilleurs rôles.

Dans Médecin de campagne, il poursuit sur sa lancée en suivant le docteur Jean-Pierre Werner qui, ne comptant pas ses heures, sillonne inlassablement sept jours sur sept les petites routes, s’arrêtant dans des fermes perdues pour soigner les gens.

Jean-Pierre est passionné par son métier, servant à la fois de conseiller et de confident à ses patients qui ne jurent que par lui. De là à s’imaginer irremplaçable! Sauf qu’il n’est pas à l’abri. Gravement malade à son tour, il est forcé d’accepter de se laisser seconder par Nathalie, venue de l’hôpital, et qui à terme devrait le remplacer. Ours un rien mal léché, Jean-Pierre commence par lui mener la vie dure…

Le réalisateur, qui a lui-même effectué des remplacements en Normandie et dans les Cévennes alors qu’il était interne, a voulu rendre hommage à ces héros en voie d’extinction jouant un rôle social majeur dans les déserts médicaux que deviennent les campagnes. Se précipitant sans relâche au chevet de leurs habitants dont certains n’ont qu’eux pour lutter contre leur isolement et leur solitude.

Les bons sentiments dominent ainsi dans ce film engagé, honorable et méritant, mais assez banal dans son propos et sa mise en scène, même si à l’évidence l’auteur sait de quoi il parle. Correctement interprété sans plus par François Cluzet et Marianne Denicourt, ce Médecin de campagne se traîne un peu entre les petites misères d’une humanité souffrante. Si quelques scènes sont émaillées d’un certain humour, il manque de l’originalité, de la drôlerie, de la tension et du rythme qui faisaient tout le sel d’Hippocrate.   

A l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 23 mars.

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08/03/2016

Grand écran: "Room", l'amour salvateur d'une mère captive au centre d'un thriller psychologique

room[1].jpgUn espace confiné, étouffant, sordide. Entre captivité et évasion, Room, signé de Lenny Abrahamson et adapté du best-seller d’Emma Donoghue, par ailleurs auteur du scénario, raconte l'histoire de Joy "Ma" Newsome. La jeune femme de 24 ans est retenue prisonnière depuis sept ans par "Old Nick" dans une petite chambre avec son fils Jack, 5 ans, né de son viol par son ravisseur.

Pour le garçonnet, tout commence et s’arrête aux murs de cette pièce, le seul endroit qu’il ait jamais connu et dont "Old Nick", rythmant le quotidien de ses redoutables visites perverses, détient l’inaccessible code d’accès.  

Joy s’applique à donner à son fils l'illusion d’un monde normal. Elle joue avec lui, rit, plaisante, lui fait faire de l'exercice, de la lecture, prendre des vitamines, invente une réalité. En même temps elle mijote un plan d’évasion pour lui offrir une chance de découvrir l’extérieur. Lorsque tous deux retrouvent la liberté, ils affrontent une nouvelle épreuve avec la (ré)adaptation à la vraie vie.

Thriller psychologique où on se demande avec angoisse comment les otages vont réussir à s'échapper, Room évoque aussi un amour maternel inconditionnel sans céder, c’est un exploit, à la complaisance, au glauque, au sentimentalisme, au pathos. Se concentrant sur l'humain, le réalisateur irlandais livre un film bouleversant, la caméra passant du regard à la fois candide, émerveillé, rageur de l’enfant à celui de la mère, à la limite de la rupture.  

Des acteurs parfaits

La réussite de ce huis-clos tient également à la performance de ses comédiens. Jacob Tremblay se montre particulièrement convaincant dans le rôle de Jack, tout comme Brie Larson, qui a passé six mois à étudier l'impact des agressions sexuelles et à lire des témoignages sur les prisonniers en isolement. Elle est parfaite en jeune femme sous contrôle, à bout, terrorisée mais prête à risquer le pire pour tromper la vigilance de son ravisseur-violeur. Elle a logiquement raflé l’Oscar de la meilleure actrice après avoir décroché un Golden Globe, et un BAFTA décerné par le cinéma britannique

Pour mémoire, Emma Donoghue a écrit son roman après avoir entendu parler de Felix, 5 ans, dans l'affaire Fritzl: Elisabeth Fitzl a été emprisonnée dans un sous-sol en Autriche pendant 24 ans, violée par son père qui lui a fait sept enfants.

Poursuivant ses recherches, l’auteure a découvert l’histoire de Jaycee Lee Dugard, enlevée sous les yeux de son beau-père en 1991. Séquestrée par un couple pendant dix-huit ans dans un cabanon de jardin derrière la maison, elle a été violée par son kidnappeur et donné naissance à deux filles à 14 et à 17 ans. Le film s'inspire enfin de l'affaire Natascha Kampusch, détenue pendant huit ans.

A l’affiche dans les salles de Suisse romande, dès mercredi 9 mars.

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Grand écran: "The Assassin", un délice esthétique pimenté d'énigmatiques complots...

THE-ASSASSIN-premiere-affiche-pour-le-nouveau-Hou-Hsiao-Hsien-46992[1].jpgAuteur taïwanais majeur, Hou Hsiao-Hsien revient après huit ans d’absence avec The Assassin, qui se déroule dans la Chine du IXe siècle.

Eduquée par une nonne qui l’a initiée dans le plus grand secret aux arts martiaux, Yinniang (la superbe Shu Qi, photo) est devenue une redoutable justicière dont la mission est d’éliminer les tyrans.

Mais, ange de la mort vénéneux, elle est torturée entre le devoir de tuer son cousin, gouverneur dissident de la province militaire de Weibo qui défie ouvertement l’empereur, et les sentiments qu’elle a eus pour celui qui lui fut un temps promis.

HHH nourrit cette trame principale de plusieurs intrigues secondaires, peuplées de personnages fomentant d’énigmatiques complots auxquelles on ne comprend pas tout. Un euphémisme… Mais peu importe. L’essentiel est de se laisser bercer par cet opus contemplatif, hypnotique, entre amour et raison d’Etat, pimenté par de magnifiques et virtuoses scènes de combats au sabre.

Un pur délice esthétique discrètement évocateur des rapports de Taïwan et de la Chine et qui, grâce au soin apporté aux décors, aux costumes, à l’image vous emporte par sa grâce, son élégance et sa splendeur. Plus beau film de la compétition, il avait décroché le prix de la mise en scène au dernier Festival de Cannes.

A l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 9 mars.

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Grand écran: "Much Loved" montre le quotidien de guerrières du sexe tarifé au Maroc

muchloved[1].jpgNoha, Randa, Soukaina et Hlima sont des prostituées opérant à Marrakech. Trois viennent de la ville, une de la campagne. Dynamiques, et complices, dignes et libres, elles cherchent à profiter des retombées touristiques sur lesquelles repose l‘économie marocaine.
 
Surmontant au quotidien la violence morale et physique d’une société hypocrite qui les utilise tout en les condamnant, le mépris sinon le rejet de proches qu’elles font cependant vivre, elles sont en quelque sorte le «pétrole» du Maroc, comme le remarque ironiquement Noha.
 
A travers le portrait de ce quatuor de guerrières subissant les humiliations et la domination des hommes, Nabil Ayouch opère une plongée sans concession ni complaisance, évitant tout moralisme, voyeurisme ou misérabilisme, dans le monde glauque du sexe tarifé de la drogue et de l’alcool.  
 
Sur fond de rapport ambigu entre les prostituées et l’Etat, le réalisateur franco-marocain évoque les relations entre ses protagonistes et leurs clients, principalement de riches Saoudiens et des Européens. Détaillant  leur travail jusque dans des scènes de sexe assez crues, il les montre aussi brièvement dans leur existence privée, familiale, amoureuse.

Le film marie fiction et documentaire 
 
Cette chronique forte, pleine d’empathie, de respect et d’humanité, très engagée dans la défense et l’illustration d’une frange de la population exploitée, marie finement la fiction et le documentaire. Oscillant entre le portrait de groupe, le drame social, l’étude de mœurs et le film politique tout en gardant un côté romanesque, elle est de surcroît portée par quatre excellentes comédiennes.
 
Par leur tempérament volcanique, leur énergie, leur courage et leur justesse, elles rendent hommage à ces femmes violées, violentées, avilies mais loin d’être abattues, puisant notamment leur force dans la solidarité et la tendresse qu’elles se manifestent. Ce qui, au milieu d’une réalité dure et sordide, donne lieu à la douceur bienvenue de séquences émouvantes, mélancoliques et tragi-comiques.   
 
Alors que Much Loved qui n’a pourtant rien de scandaleux ou de graveleux a été interdit au Maroc, son actrice principale Loubna Abidar a été contrainte de quitter son pays quelques jours après une violente agression à Casablanca. "Les femmes libres dérangent" a-t-elle dit dans une interview au quotidien Le Monde. Mais elle ne compte pas se taire et va écrire un livre sur le film.

A l'affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 9 mars.

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01/03/2016

Grand écran: "Tempête", un drame social émouvant entre documentaire et fiction

tempete[1].jpgA 36 ans, Dom, marin pêcheur, a passé la majeure partie de sa vie en mer, sacrifiant son mariage à sa passion pour son dur métier. Il n’en a pas moins la garde de sa fille adoptive Mailys, jeune rebelle têtue, agressive, mal dans sa peau, avide d’affection, et de son fils Mattéo, un garçon qu’il souhaite voir suivre ses traces et avec lequel il entretient une relation complice.

Quoi qu’il en soit, Dom fait tout ce qu’il peut pour être un bon père, avec toutefois une tendance à se comporter en grand frère. Surtout quand il rentre à la maison, où tous les trois font joyeusement la fête en fumant des pétards. Reste que les adolescents sont livrés à eux-mêmes pendant ses longues absences. Alors quand Mailys tombe enceinte, Dom se rend compte qu’il doit choisir entre sa famille et le grand large.

Pour se rapprocher de ses enfants, ce travailleur qui peine à boucler les fins de mois, veut acheter un bateau pour être son propre patron. Il se retrouve sur les bancs d’école pour apprendre à le devenir et à monter son affaire. Un rêve qui se heurte à la difficile réalité.

Tempête, un titre emblématique de celles que Dom essuie régulièrement en mer mais qu’il maîtrise et celles, plus complexes qu’il doit affronter à terre. Opiniâtre dans sa quête de solution pour s’en sortir, il se révèle maladroit dans sa volonté de trouver ce qu’il y a de mieux pour sa progéniture, particulièrement pour Mailys, qui repousse rageusement ses tentatives.

Rappelant à la fois Ken Loach et les frères Dardenne avec ce film émouvant où il évoque un drame social au sein d’une classe ouvrière en détresse, obligée de se livrer à d’âpres luttes ordinaires pour subsister, le réalisateur Samuel Collardey nous immerge dans le réel. Et ceci d’autant plus qu’il a non seulement fait appel à des non professionnels, mais que le protagoniste principal, Dominique Laborne, joue sa propre vie à peine modifiée, aux côtés de ses deux enfants. 

Son rôle dans cet opus entre documentaire et fiction a valu à cet homme combatif, beau gosse naturellement charismatique, un prix d’interprétation dans la section Orizzonti de la dernière Mostra de Venise .

A l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 2 mars

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