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28/01/2016

Melbourne: Federer encore KO. Il devra mettre de l'ail dans sa raquette pour vaincre Djoko le vampire!

4855412_6_14c1_novak-djokovic-of-serbia-celebrates-after_482ac6ee83f397d383c60a818f8bdc0b[1].jpgCaramba encore raté, avec la déception à la hauteur de l’attente. Sinon plus haut! Pour ne pas changer, les fans étaient tout feu tout flamme et les experts nous promettaient le choc des titans à Melbourne.

Mais encore une fois, la défaite ne faisait pas un pli. Car comme d’habitude Rodgeur avait marché sur ses adversaires depuis le début de l'épreuve australienne, et comme d’habitude il se retrouvait tel un second couteau, si impuissant face à sa bête noire que j'en avais carrément mal pour lui.

Je me disais que peut-être en demi-finale… Mais dernier carré ou finale, c’est du pareil au même, l’impitoyable loup de Belgrade ayant de nouveau miraculeusement réussi à hausser son niveau pour dominer outrageusement le Suisse, petit agneau tremblant s'offrant en victime expiatoire. 

C’eût d’ailleurs pu être une véritable exécution dans l'hypothèse d'un troisième set à l'image des deux affreux premiers où le malheureux Bâlois, errant pitoyablement sur le court façon fantôme, n’avait réussi à marquer que trois jeux. A l’instar de Nadal dans sa dernière confrontation avec Djokovic.

Certes, il y eut le sursaut de la troisième manche, bien tricotée par la légende, mais qui a tristement laissé filer les mailles dans la quatrième. Je ne vais donc pas me mentir, c'est juste l’horreur cette ixième défaite. Quand je pense que Gilles Simon avait malmené le Serbe jusqu’à le pousser au cinquième set, cela ne sent pas franchement bon pour le maestro en vue des éventuels duels du genre. Et donne évidemment du grain à moudre aux commentateurs français, pas peu fiers de l’exploit de leur compatriote.

Il n’empêche que le mystère plane. D’accord, Dracula  est actuellement l’incontestable super No 1. Reste que je ne sais pas quel venin il inocule à distance au pauvre Rodgeur, tant celui-ci semble tétanisé à l’entame de ses matches contre à ce monstrueux rival qu’il n’arrive décidément plus à battre dans les grandes occasions. 

Pour le toujours meilleur joueur de la planète dans l’absolu, une victoire dans un 500, une dans un mille et une autre dans un round robin, ne pèsent en effet pas lourd en regard de cuisants revers dans deux Grands Chelems et un tournoi des Maîtres. A mon avis il n’y a plus qu’une solution pour la légende. Accrocher des bouquets d’ail à sa raquette et verser subrepticement de l’eau bénite dans les bouteilles du vampire pour avoir enfin une chance de gagner tranquille… 

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25/01/2016

Melbourne: Wawrinka détruit par l'ADM Raonic. Pas de quoi inquiéter Monfils, selon les experts français

milos-raonic[1].jpgDisons-le tout net, Wawrinka était le seul du circuit à pouvoir battre Djokovic à Melbourne à en croire les experts, plus particulièrement suisses, dont Pascal Droz, le commentateur en l'occurrence extatique de la RTS. Autrement posé, à remporter sa troisième étoile, vu que les deux hommes ne pouvaient se rencontrer qu’en finale.

Une opinion que semblait d’ailleurs partager San The Man, encore renforcée par l’incroyable résistance opposée en huitièmes par Gilles Simon au saigneur de la raquette, le poussant au bout du bout et qui, selon les spécialistes subjugués, tricolores cette fois, avait rendu Dracula plus humain. Redonnant ainsi un espoir fou au commun des joueurs de pouvoir lui rentrer plus efficacement dans le lard. Merci au sauveur de l'espèce en danger...

Mais c’était fâcheusement oublier qu’avant le duel helvético-serbe annoncé urbi et orbi, il existait quelques obstacles sur la route de Stantastic. Et d'abord Raonic la catapulte qui, Federer l’avait appris à ses dépens à Brisbane, a adjoint quelques redoutables lancers de grenades aux habituelles bombes lui permettant jusqu’ici de maintenir la pression au service.

Un cocktail explosif faisant désormais de lui une arme de destruction massive, comme l’a constaté le malheureux  Vaudois, qui n’a pu s’empêcher en sus de se battre tout seul au second set. Pas de quoi pourtant inquiéter la bande à Riton, à commencer par Marion Bartoli. Elle voit très bien Gaël Monfils, prochain adversaire de la terreur canadienne, l’emporter les doigts dans les nez ou presque, à considérer la façon "hallucinante" de "l’exceptionnel" Parisien de se déplacer sur le court.

Et Guy Forget flanqué de Benoît Daniel d’ajouter qu’il n’y avait en effet là rien d’impossible, dans la mesure où Elasticman mène 2-0 dans ses confrontations avec Raonic l’épouvantail. Je leur rappellerai juste que c’était le double pour Stan. Mais évidemment pour nos chers voisins, un petit suisse est loin d’avoir la qualité, le fumet et la saveur d’une bonne tomme française! 

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19/01/2016

Grand écran:" The Danish Girl" raconte la vie du premier transgenre de l'Hstoire

the-danish-girl1-759[1].pngPlébiscité en 2011 pour Le discours d’un roi qui l’a révélé au grand public, le réalisateur britannique Tom Hooper s’est replongé dans l’époque avec The Danish Girl. Il retrace cette fois la singulière histoire vraie des peintres danois Gerda Wegener et Lili Elbe, née Einar Wegener, le premier à voir subi, en 1930, une opération chirurgicale pour changer de sexe. A l’origine de cette décision périlleuse, une demande de Gerda qui, pressée de terminer un tableau en l’absence de son modèle, prie son mari d’enfiler ses bas, ses chaussures et sa robe. 
  
L'épisode marque le début d’une longue transformation. Troublé par cette expérience, Einar découvre qu’il se sent davantage lui-même en Lili et éprouve de plus en plus le besoin d’affirmer cette identité féminine. Il permet par ailleurs à Gerda, jusque-là portraitiste mondaine convenue et peu inspirée, de mieux exprimer sa créativité. Mais le couple, qui poursuit sa relation amoureuse, est  rapidement confronté à l’opprobre et aux interdits d’une société conservatrice.
 
Tous deux quittent le Danemark pour Paris en 1912, en espérant y vivre plus librement. Gerda se fait un nom  grâce à ses illustrations sensuelles, érotiques, provocatrices, révélant souvent une belle et mystérieuse créature…. En 1930, Lili se rend en Allemagne pour son opération. Mais les dangers de la chirurgie étant alors très élevés, elle meurt un an plus tard après cinq interventions et un rejet de greffe d’utérus.
 
Eddie Redmayne (photo) se glisse avec talent dans la peau du personnage. On pourrait lui reprocher une gestuelle maniérée et une affectation excessive, si ses minauderies ne cachaient pas avec justesse la gêne et le malaise d’une identité sexuelle ardemment souhaitée mais aussi difficile à investir pleinement qu’à assumer, surtout en public. Nominé, le comédien vise l’Oscar du meilleur acteur, tandis que l’émouvante Suédoise Alicia Vikander, alias Gerda, prétend au second rôle féminin.
 
En lice pour deux autres statuettes, Tom Hooper s’est inspiré du récit romancé de David Ebershoff et de la réalité pour raconter cette histoire d’amour liée à la quête irrépressible d'un homme  d’être une autre. A voir pour ce fait hors du commun,  même si la joliesse, le chic et le classique de la mise en scène ne soient pas vraiment à la hauteur de la gravité du sujet.  

A l’instar du traitement, certes sérieux et sans esbroufe mais qui, tendant à gommer la violence d’un parcours qu’on imagine tragique, confine parfois à la mièvrerie en dépit de son côté poignant. Comme si le réalisateur se retenait, de crainte de déplaire ou de choquer. Voilà qui n’a pas empêché le Qatar d’interdire le film, ridiculement qualifié de "dépravé". 

A l'affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 20 janvier.
 

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17/01/2016

Tennis ou ski: le sempiternel scénario qui tourne au navet, avec champions dans les choux!

283887-Jo-Wilfried-Tsonga[1].jpgLe premier Grand Chelem de l’année n’est pas commencé que déjà la bande à Riton s’emballe à l’idée de tous ces Bleus capables d’accrocher enfin une victoire à Melbourne. Parce qu’attention, c’est du lourd. Même en l’absence de  Gasquet.

Rien que le premier match de Tsonga contre Baghdatis fait saliver nos reporters et commentateurs de choc. Tous les autres peuvent se rhabiller, car ce duel sera évidemment et de loin le match le plus palpitant du premier tour...

Et je ne vous raconte pas le potentiel dément de Gaël Monfils. Lui, c’est simple. Venu d’une autre planète, il ne peut qu'enflammer le tournoi. A l’image de Benoît Paire, fort de son extraordinaire saison 2015. A croire nos experts hexagonaux, ces deux-là n'ont qu'à débarquer sur un court pour qu’il se passe quelque chose. Certes, mais en général pas ce qu'ils espèrent. 

Pourquoi cet enthousiasme délirant de leurs compatriotes pour leurs cracks? parce qu'ils savent se transcender comme personne lors de ces grands rendez-vous de la petite balle jaune figurez-vous. A se demander comment, en se dépassant constamment de la sorte, ils ont pu passer aussi lamentablement à côté du sacre depuis 33 ans.

Alors que pendant plus d’une décennie, il a suffi à Federer d’abord, puis à Nadal et ensuite à Djokovic de se balader sur les courts pour rafler la mise. Sans oublier des outsiders genre Murray, Wawrinka ou Cilic pour leur mettre à l'occasion des bâtons dans les roues ces trois dernières années.  

topelement[1].jpgEnfin, remarquez qu’il vaut mieux s’extasier avant. Parce qu’après le plus souvent il ne reste plus aux groupies que les yeux pour pleurer. A l'instar de leurs confrères helvétiques lors du pitoyable week-end de la spatule pour leurs idoles. Car là aussi, nos champions et championnes allaient tout bouffer entre Flachau et Wengen, sous le fallacieux  prétexte qu’ils avaient le podium dans leur champ de vision.

C’est fou ça. On peut changer les équipes, remplacer Sa Logorrhée Jaton par Pierre, Jacques ou Jean, nos comiques de la télé nous fourguent tous sans exception le même scénario qui tourne quasi invariablement au navet. Avec les Suisses dans les choux! Le triste sort de la fusée Gut, jouant malencontreusement au pétard mouillé face à la reine des neiges Vonn, qui s'était pourtant retrouvée le nez dans la poudreuse!  

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13/01/2016

Grand écran: "Et ta soeur", huis-clos vaudevillesque banalement revisité

maxresdefault[1].jpgLa réalisatrice indépendante américaine Lynn Shelton inspire décidément ses confrères français. Mais pas pour le mieux. Après Humday, où deux amis hétéros jouaient aux gays, laborieusement adapté par Yvan Attal, c’est Marion Vernoux qui s’est lancée dans le remake de la comédie sentimentale Ma meilleure amie, sa sœur et moi (Your Sister’s Sister), sorti en 2013.

Comme l’original ne décollait pas vraiment en dépit de son côté attachant et de ses bons comédiens, la copie, intitulée Et ta sœur, se révèle sans surprise plutôt insipide. Trois trentenaires immatures et mal dans leur peau se retrouvent dans une maison en Bretagne. Il y a d’abord Pierrick, dévasté après la mort de son frère qui a lâché le concours de bibliothécaire et Marie, homosexuelle tentant de se remettre d’une rupture douloureuse après sept ans.

Passant une soirée très alcoolisée, ils couchent ensemble. Se sentant un rien gênés aux entournures, ils tentent de dissimuler la chose à Tessa, la demi-soeur de Marie secrètement amoureuse de Pierrick et débarquant inopinément le lendemain matin.

Du coup, on a droit à un huis-clos banal et paresseux en forme de vaudeville plat, où Grégoire Ludig, découvert dans le "Palmashow" ne cesse de nous gratifier de clowneries bien lourdaudes.

A ses côtés Virginie Efira, squattant de plus en plus les écrans, ne se montre pas trop convaincante dans le rôle de la lesbienne orpheline de sa copine et qui se fait un mec. Géraldine Nakache complète sans génie ce trio (photo) qui prétend à nous séduire et à nous émouvoir entre mensonges et faux semblants.

A l‘affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 13 février.

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Grand écran: "MacBeth", du bruit, du pompeux, de la grandiloquence. Et beaucoup d'ennui

KP_261194_crop_1200x720[1].jpgNe relit pas bien Shakespeare qui veut. On en a la triste démonstration avec cette nouvelle adaptation de MacBeth signée de Justin Kurzel. Suite à Orson Wells, Roman Polanski ou Akira Kurisawa, qui a transpoée l’histoire dans le Japon du 16e siècle, le cinéaste australien s’est donc à son tour attaqué à ce gros morceau. Et s’embourbe dans la plus célèbre tragédie du grand William, en forme de réflexion sur le pouvoir, le libre arbitre, la mort, le crime et le châtiment.

Nous sommes donc au 11e siècle, en Ecosse. MacBeth, chef des armées, sort en vainqueur de la guerre qui ravage le pays. Sur sa route, trois sorcières lui prédisent qu’il deviendra roi. La prophétie pousse le tyrannique  MacBeth à concocter, avec sa femme bien-aimée encore plus ambitieuse que lui, un plan machiavélique pour monter sur le trône. Une plongée dans la folie destructrice et meurtrière.

Certes le texte est respecté au mot près, mais c’est loin de suffire dans ce drame languissant, tonitruant, bavard, à la mise en scène ampoulée, grandiloquente, prétentieuse, maniérée, aux effets ridicules, que n’arrangent pas une musique pompeuse et un flot de ralentis, de brumes et d’images rouge sang.

Côté acteurs, Marion Cotillard et Michael Fassbender tentent vaillamment d’assumer cette descente aux enfers. Sans toutefois y parvenir, à force de démesure dans leur jeu. En somme, on s’ennuie beaucoup chez ce poseur de Justin Kurzel, qui nous inflige beaucoup de bruit et de fureur pour pas grand-chose. Sinon rien.

A l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 13 janvier.

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Grand écran: "Creed- L'héritage de Rocky Balboa" a de quoi nous mettre KO...

10114[1].jpgAprès le premier Rocky, Creed est le meilleur de la série. Quarante ans plus tard et dix après le dernier épisode, son auteur Ryan Coogler raconte l’histoire d’Adonis Johnson, fruit de l’adultère de son célèbre père Apollo Creed et recueilli par la veuve du boxeur, mort avant sa naissance.

Bien que poursuivant une belle carrière dans la finance, Adonis est taraudé par l’idée de marcher dans les pas de son père et se rend à Philadelphie où Apollo Creed a affronté Rocky Balboa dans un combat aussi mémorable que légendaire. Il retrouve ce dernier et lui demande de l’entraîner. Pas très chaud, l’emblématique Rocky finit par accepter, décelant chez Donnie la force et le talent d'Apollo.

Le réalisateur de 27 ans a confié le rôle d’Adonis à Michael B. Jordan, héros de Fruitvale Station, inspiré d'un fait divers dramatique qui les avait révélés tous les deux. Jeune, costaud, fougueux et avide de se faire un nom, il est très bon dans son duo touchant avec Sylvester Stallone. Qui, lui, se révèle magnifique en ancien champion vieillissant et malade.

Suite à celui obtenu aux Golden Globes, on parle d’Oscar du second rôle pour la performance du monstre sacré de 69 ans, pleine de justesse, de sensibilité et de subtilité, permettant à Adonis de progresser, tout en trouvant à son contact une nouvelle raison d’exister. Même si Sly devenu mentor devra livrer un nouveau combat, le plus mortel de tous, après avoir raccroché les gants.

Il y a quelque chose de Million Dollar Baby au masculin dans l'émotion que nous procure cet Héritage de Rocky Balboa. Sans révolutionner le genre, très cinématographique, Ryan Coogler propose pourtant bien davantage qu’un film de boxe. Il s’agit là de passé et de présent, de passage de témoin, de filiation, de transmission. Ce film intense autant qu’intime, en dépit d’une partition chargée façon Hollywood, joue sur la profondeur de la relation et des sentiments entre ces deux personnages. Avec un final bouleversant, qui nous arrache une petite larme. En résumé Creed, boostant la saga, a de quoi nous mettre KO. 

A l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 13 janvier.

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12/01/2016

Grand écran: "Carol", le coup de foudre interdit dans l'Amérique puritaine des fifties. Brillant

Carol FL[1].jpgTodd Haynes signe, avec Carol, un superbe mélo lesbien, adapté de The Price of Salt, roman que Patricia Highsmith publia en 1952 sous le pseudonyme de Claire Morgan. Le film ouvre sur une scène montrant deux femmes discutant autour d’un verre dans un bar chic de Big Apple. Un homme vient interrompre leur conversation intime…

Retour en arrière et on se retrouve à la veille des fêtes de Noël sur la Cinquième Avenue. Cherchant un cadeau pour sa fille, Carol (Cate Blanchett) une riche bourgeoise newyorkaise en manteau de fourrure, rencontre Thérèse (Rooney Mara) une jeune et charmante vendeuse au bonnet rouge, qui emballe les paquets au comptoir jouets d’un grand magasin.

La paire de gants prétexte…

En pleine crise d’identité, timide et solitaire bien qu’elle ait un petit ami prêt à bâtir un avenir avec elle, Thérèse est subjuguée par la beauté, la liberté, la classe folle de cette femme plus âgée. Des regards, quelques mots et c’est l’étincelle. Une paire de gants opportunément oubliée servira de prétexte à Thérèse pour revoir Carol, qui a toujours assumé ses relations lesbiennes, brisant les règles de son monde. Piégée dans un mariage convenu, étouffant dans le carcan familial, elle est sur le point de divorcer de Harge, un banquier d’affaires dont elle a eu une petite fille.

Harge tente de la retenir mais se rend compte qu’il ne peut pas lutter contre l’attirance puissante que les deux femmes éprouvent l’une pour l’autre. Frustré, déterminé à se venger de celle qui détruit son univers, le veule personnage utilisera sa préférence sexuelle, à l’époque considérée comme une maladie mentale, pour obtenir seul la garde de l’enfant.

Les menaces de Harge effraient Carol qui adore sa fille. Mais se retrouvant seule le soir de Noël et en attendant la dure bataille judiciaire, elle ose emmener Thérèse dans une virée vers l’Ouest. Un road trip au cours duquel elles tombent follement amoureuses. .

Mise en scène brillante et comédiennes formidables

Avec la complicité de son chef opérateur Ed Lachman, à ses côtés pour Loin du paradis (2002) évoquant déjà l’homosexualité et le racisme dans l’ambiance oppressante des fifties, Todd Haynes réalise un bijou de mélo à la Douglas Sirk en le modernisant sans excès.  

Bousculant les normes d’une société corsetée, surfant sur les différences sociales et sexuelles, Carol propose une mise en scène sophistiquée, brillante pour un opus à l’esthétique raffinée, à la reconstitution particulièrement soignée..

1119979_cannes-2015-todd-haynes-emballe-cannes-avec-carol-web-02172492708[1].jpgIl est en plus servi par une superbe Cate Blanchett dans la lignée des sublimes Lana Turner ou Joan Crawford. On la voit un rien affectée et hautaine au début, signe de son appartenance à la haute société. Mais le vernis craque et elle se laisse aller petit à petit. Le feu sous la glace.

Face à elle Rooney Mara achève de nous séduire avec son allure à la fois déterminée et délicate rappelant irrésistiblement la fragilité d’une Audrey Hepburn. Sacrée meilleure actrice au dernier Festival de Cannes, la comédienne a dû partager son prix avec Emmanuelle Bercot qu’un jury aveugle a préféré à la divine Cate Blanchett. Aberrant!

A l’affiche dans ls salles de Suisse romande dès mercredi 13 janvier.

 

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10/01/2016

Melbourne: Djokovic peut dormir tranquille. Pour autant qu'il ait des insomnies!

Tennis-Djokovic-et-Nadal-sans-forcer-a-Doha_slider[1].jpgVous me rétorquerez que c’est facile à dire après. Il n’empêche qu’elle s’est bien vite sentie cette défaite du maestro contre le bombardier Raonic. Avant même l’abandon assez pitoyable de son service, le Suisse s’est souvent retrouvé à égalité ou presque, tandis que le Canadien remportait aisément les siens. 

Et malheureusement tout était consommé à la perte du set initial par la légende, tant on avait du mal à l’imaginer, en regard de ses laborieuses évolutions sur le court, prendre un jeu à son adversaire dans le second. Alors que le contraire paraissait évident pour ce dernier, surtout avec une ou deux balles de break naturellement galvaudées par le phénix. Lancinante cette mauvaise habitude.

Certes il n’était pas au mieux de sa forme, encore gêné avouait-il par le refroidissement qui l’avait obligé à appeler un médecin au début du tournoi. Je serais quasiment tentée de le croire après l’avoir entendu tousser et vu transpirer un chouïa. Deux choses rarissimes chez le Bâlois.

Une telle petite santé face à Raonic, c’est sûr qu'il n'y avait pas moyen de moyenner. Mais au moins notre gloire nationale n‘a-t-elle pas subi le châtiment inique infligé par Djokovic à Nadal à Doha! Une véritable humiliation dans la mesure ou c'est de surcroît l'opposant à Dracula qui a marqué le moins de jeux. Trois!!! Figurez-vous que les plus mal classés, le fantasque Dustin Brown et le faiblard Fernando Verdasco, en ont chacun marqué un de plus. 

La défaite au Qatar du malheureux pitbull aux crocs sérieusement émoussés se révèle par ailleurs nettement moins étonnante que celle de l’Helvète à Brisbane, lorsqu’on considère ses médiocres performances dans sa partie de tableau. Non seulement l’Espagnol n’a eu à affronter que des troisièmes couteaux jusqu'en finale, mais il a réussi à égarer un set face à deux d’entre eux.

Bref, le Serbe peut dormir tranquille. Pour autant qu’il ait souffert d'insomnies ces dernières années! Et ce n’est sûrement pas Wawrinka qui va lui en donner. Bien que Stan ait fait saliver un frétillant Pascal Droz au studio de Genève en raflant, aux dépens du Croate Borna Coric, 19 ans et 40è mondial, son quatrième trophée à Chennai, le troisième de suite.

Comme si cela ne suffisait pas au bonheur de l'express de Belgrade, Andy Murray est prêt à quitter l’Australie, sinon à zapper un éventuel duel au sommet, en cas d’accouchement prématuré de Madame. Du coup je me demande s’il est utile pour les joueurs de se fatiguer à parcourir de milliers de kilomètres juste pour aller se faire saigner à blanc par le vampire à Melbourne! 
   

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06/01/2016

Grand écran: "Les Huit Salopards", le western gore de Quentin Tarentino

jackson_une[1].jpgPris par le blizzard, huit voyageurs vont se retrouver coincés dans un refuge de montagne. Voici brièvement résumé le pitch de ce très long-métrage ressuscitant le 70 mm, signé Quentin Tarentino et pour lequel Ennio Morricone a accepté d’écrire la musique. Il se déroule après la Guerre de Sécession et réunit une brochette d’acteurs fétiches du réalisateur.

A commencer par Samuel L.Jackson (photo) dans le rôle du Major Marquis Warren, vétéran de l’Union devenu chasseur de primes dans le Wyoming. En chemin il monte à bord d’une diligence, déjà occupée par John Ruth (Kurt Russel), un collègue brutal enchaîné à sa prisonnière Daisy Domergue (Jennifer Jason Leigh), dont la tête mise à prix pour 10’000 dollars lui sert de punching ball. Ainsi que par Chris Mannix (Walton Goggins) se revendiquant comme le futur shérif de Red Rock, destination finale de cet attelage infernal.

Mais une grosse tempête de neige contraint les quatre individus louches à s’abriter chez Minnie, une auberge de bois qui craque de partout et où un autre quatuor les a précédés. Il est formé d’un vieux général sudiste (Bruce Dern), d’un cow-boy taiseux (Michael Madsen), d’un bourreau (Tim Roth) et d’un drôle de pistolet mexicain (Demian Bichir).

Une taupe s’étant glissée parmi eux, nos Huit salopards sont ainsi réunis pour un huis-clos façon Agatha Christie... s’il n’était pas aussi sanglant. Les chasseurs de primes soupçonnant en effet la présence d’un traître chargé de libérer la captive, les choses tournent rapidement à une boucherie horrifique. Ce qui n’est pas spécialement étonnant, vu le net penchant de Tarantino pour l’hémoglobine, doublé d’un goût également prononcé pour les bavardages interminables sous couvert de dialogues percutants.

Cela nous donne finalement un western gore parano sous haute tension extraordinairement verbeux. En dépit du format intéressant, de l'hommage au genre, de la prestation des comédiens et de références à l'Amérique actuelle (racisme, femmes violentées), à déconseiller fortement à ceux qui, en gros, n’aiment pas l’auteur. D’autant que ce n’est pas son meilleur film et qu’il dure plus de trois heures. De quoi accumuler quelques scènes ennuyeuses et d’une complaisante inutilité. 

A l'affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 6 janvier.   

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