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31/12/2015

Grand écran: entre drame, thriller ou comédie, mes films préférés de 2015

Le-Fils-de-Saul-la-critique[1].jpgLe fils de Saul de Laszlo Nemes. Octobre 1944, camp d’extermination d'Auschwitz. Juif hongrois, Saul Ausländer est membre d'un des Sonderkommandos formés de déportés plus forts que les autres, recrutés par les nazis et forcés de les assister dans la macabre mise en œuvre de la solution finale. Avant d'être liquidés eux aussi.

Saul travaille dans un crématorium quand, au milieu des cadavres,  il croit reconnaître celui de son fils. il est dès lors obsédé par l'idée de lui offrir une sépulture digne.

Laszlo Nemes plonge le spectateur dans l'innommable quotidien de son héros, remarquablement interprété par l'impressionnant Géza Röhrig, New-Yorkais d'origine hongroise. Cette immersion dans l'insoutenable vous secoue, vous touche d'une manière viscérale et vous laisse complètement sonné.

Foxcatcher de Bennett Miller

Pour assouvir ses rêves de grandeur, l’excentrique milliardaire américain John du Pont, patriote passionné de lutte gréco-romaine, décide de coacher deux champions de la discipline pour les JO de Séoul en 1988. Et met sur pied une luxueuse structure d’entraînement à Foxcatcher, la propriété familiale.

Bennett Miller s’inspire d’un fait divers fou vécu par les frères Dave et Mark Schuztz, médaillés d’or à Los Angeles en 1984 et qui formeront l’équipe choc de John du Pont. Le trio évolue dans une ambiance malsaine qui le conduit vers une fin tragique.

Le réalisateur s‘aventure au-delà du sport pour livrer un fascinant thriller psychologique à haute tension,.Avec Steve Carell méconnaissable en héros malfaisant, mégalo et Channing Tatum très convaincant en costaud fruste, névrosé et vulnérable.

193450[1].jpgLe pont des espions de Steven Spielberg

Brillant avocat, James Donovan (Tom Hanks), est engagé en 1957 pour défendre Rudolf Abel, un espion soviétique, qui écope de 30 ans de prison. Un an après l’édification du Mur de Berlin, un pilote américain est fait prisonnier par les Soviétiques. Donovan est chargé de négocier sa libération contre celle de Rudolf Abel.
 .
Dans son vingt-huitième long métrage, Steven Spielberg propose un récit historique virtuose, captivant et puissant, un drame humain au suspense efficace ainsi qu’une bluffante reconstitution d’époque où on revit par exemple comme si on y était la construction du Mur.

Il recrée également avec humour les tensions de ces années aux Etats-Unis et les considérables moyens sécuritaires déployés pour faire face à la hantise du communisme,

Imitation Game de Morten Tydlum

A la tête de grosses têtes en tous genres, le célèbre mathématicien britannique Alan Turing va aider les Alliés à remporter la Seconde Guerre mondiale en décryptant les codes d'Enigma, la fameuse machine utilisée par les nazis,et réputée inviolable jusque-là. .

Pour son premier long-métrage américain inspiré du livre biographique d'Andrew Hodges, le Norvégien Morten Tydlum raconte cette histoire, tout en se penchant sur la vie du pionnier de l'ordinateur. Persécuté pour son homosexualité, ce héros de guerre discret est retrouvé mort (suicide ou accident) par empoisonnement au cyanure le 7 juin 1954. Il avait 42 ans.

Benedict Cumberbatch, livre une remarquable prestation dans ce passionnant thriller en enfilant le costume d’un  personnage hors norme, génial ancêtre de l'intelligence artificielle, réhabilité par la reine Elizabeth en 2013.

7778474659_vincent-lindon-montre-sa-recompense[2].jpgLa loi du marché de Stéphane Brizé

Thierry, quinqua chômeur, marié et père d’un enfant handicapé, galère depuis vingt mois. Il finit par se retrouver vigile dans un supermarché, puis auxiliaire de sécurité, chargé d’espionner les clients chapardeurs potentiels et ses malheureux collègues mal payés tentés d’en faire autant.

Dans cette fiction sociale au froid réalisme documentaire Stéphane Brizé raconte l’histoire de la défaite programmée des exclus. En évoquant la brutalité du marché pour les pauvres qui deviennent toujours plus pauvres, face à l’indécence des gros qui ne cessent de s’engraisser sur leur dos. Un rôle sur mesure, pour l’excellent Vincent Lindon qui lui a permis de décrocher le prix de meilleur acteur à Cannes.

Back Home de Joachim Trier

Le premier film en anglais du cinéaste norvégien se déroule trois ans après la mort inattendue d’une célèbre reporter de guerre (Isabelle Huppert) dans un accident de voiture. Elle a plongé en plein chaos un mari (Gabriel Byrne) et deux garçons, un jeune adulte qui vient d’être papa et un ado en crise de 14 ans féru de jeux vidéo violents.

Leur chagrin est ravivé par la préparation d’une exposition à New York sur le travail de leur épouse et mère. Doublé d’un bouleversement avec la révélation d’un douloureux secret. Les trois se réunissent dans la maison familiale et Trier propose le  points de vue de chacun sur le drame.

Le plus intéressant dans ce film parfaitement interprété, c’est la construction d’un récit hypnotique et troublant, morcelé entre rêves, flash-backs et regards différents reflétant la complexité de l’existence.

dafa558e26447adfc1517768a30423f9[1].jpgLa belle saison de Catherine Corsini

Cécile de France et Izïa Higelin portent magnifiquement cette histoire d’amour homosexuelle bouleversante, joyeuse, sombre et mélodramatique entre Delphine, une jeune paysanne de 23 ans rêvant d’avoir sa ferme et Carole, une Parisienne de 35 ans alors en couple avec un homme et très investie dans le combat féministe des seventies.

Cette plongée dans ces années-là permet notamment à la réalisatrice de rendre hommage aux femmes engagées à la tête de la lutte pour l’égalité et l’émancipation, souvent dénigrées, insultées, traitées de mal baisées ou autres grossièretés du genre. Nombre d’entre elles étaient homosexuelles, ont pu se faire entendre et contribuer ainsi largement à faire avancer les choses sur les problématiques à la fois politiques et intimes.

Les cowboys de Thomas Bidegain

Fan de culture country, Alain est l'un des piliers d'une communauté du genre dans l'est de la France. Lors d'un rassemblement, il danse avec Kelly, sa fille chérie de 16 ans, sous le regard de sa femme et de son fils Kid. Peu après, tous trois s'aperçoivent soudain qu'elle a disparu. Alain se lance alors à sa recherche, parcourant le monde, sacrifiant tout, sa vie de famille, la jeunesse de son fils qu'il embarque dans sa quête enragée, obsessionnelle.

On découvrira à la fois la conversion de Kelly à l'Islam radical, l’impossibilité pour son père d’accepter de vivre sans elle et de s’adapter aux autres. La réussite de ce western moderne signé Thomas Bidegain, tient à sa mise en scène, sa photographie, ses décors, tout comme à ses interprètes, dont le formidable François Damiens.

featured_irrational-man[1].jpgL’homme irrationnel de Woody Allen

Abe Lucas, prof de philo à la ramasse, débarque sur le campus d’une petite ville américaine. Tentant de remplir le vide de sa vie avec le sexe, cet alcoolique désabusé et bedonnant entame d’abord une liaison avec une collègue en manque. Puis il passe à Jill, la plus jolie élève de sa classe attirée par cet érudit  dépressif, qui a perdu foi en l’existence. Jusqu’à ce qu’il retrouve la joie de vivre dans le crime…

Une comédie romantique qui vire au polar, divertissante, sans prétention, où  Woody Allen continue à soulever avec spiritualité, désinvolture, et cynisme les questions existentielles qui le passionnent .Côté acteurs, la sexy Emma Stone assure avec charme, tandis que Joaquin Phoenix, assume avec décontraction son imposant tour de taille et son penchant pour la bouteille.

Fatima de Philippe Faucon

Femme de ménage, d’origine marocaine Fatima vit seule dans la banlieue lyonnaise avec ses deux filles, Souad 15 ans, ado rebelle qui a honte du travail de sa mère, et Nesrine, 18 ans, étudiante en médecine. Les rapports entre elles et Fatima, qui maîtrise par ailleurs mal le français, sont compliqués, sinon conflictuels.

Mais elle ne se tue pas moins à la tâche pour leur assurer le meilleur avenir possible. Un jour, elle tombe malencontreusement dans un escalier. En arrêt maladie, elle décide de tenir un journal à l’intention de ses filles, écrivant en arabe ce qu’elle n’a pas pu ou ne peut toujours pas leur dire en français.

Ce tendre et émouvant portrait de femmes s'inspire du journal de Fatima Elayoubi, interprétée par Soria Zeroual, également femme de ménage.

648x415_catherine-frot-role-marguerite-inspiree-cantatrice-florence-foster-jenkins[1].jpgMarguerite de Xavier Giannoli

Elle assassine Mozart mais ne s’en rend pas compte. Depuis des années Marguerite Dumont, baronne passionnée de musique, casse les oreilles du cercle d’habitués qui squattent son château. Mais les hypocrites feignent l’éblouissement pour mieux  profiter de ses largesses.

Xavier Giannoli, s’inspire de la vie de la richissime Américaine Florence Foster Jenkins, une soprano culte à la voix fausse qui, grâce à son argent, se produisait et enregistrait des albums au début du XXe siècle. .
L’auteur a transposé, dans le Paris des années 20, une  version ambitieuse. Elle repose essentiellement sur les épaules de Catherine Frot, tour à tour excessive, excentrique, ridicule, émouvante dans cette comédie tragique, qui est aussi une histoire d’amour.

Les nouveaux sauvages de Damian Szifron

Réalisateur, scénariste, créateur de Los Simuladores, une série télévisée très populaire dans son pays, l’Argentin Damian Szifron livre son troisième long-métrage produit par Pedro Almodovar.

Sur fond d’inégalité et d’injustice, de trahison, de déprime et de stress, le cinéaste critique en six histoires à l’humour noir corrosif et féroce une Argentine actuelle, où il explore la fragilité de gens confrontés à la réalité d’un quotidien aussi cruel qu’inattendu.

Face à des situations qui les dépassent, absurdes, inextricables, surréalistes, ses personnages perdent les pédales et finissent par péter les plombs. C’est jouissif.

Une seconde mère d'Anna Muylaert

Domestique depuis dix ans chez de riches Brésiliens de Sao Paulo, Val sert à la fois de bonne à tout faire, de nounou et de mère de substitution pour le fils de la famille qu’elle a pratiquement élevé. Abandonnant ainsi Jessica, sa propre fille, qui débarque après des années et ne se gêne pas  pour bousculer la hiérarchie ambiante.

Anna Muylaert, propose un portrait de la société de son pays par le biais d’une comédie dramatique à rebondissements savoureuse, drôle et touchante. Se iivrant parallèlement au jugement sévère d’un hypocrite système de castes que rejette Jessica, symbole d’une jeunesse rétive à l’asservissement, la condescendance et l‘humiliation. .

 

 

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30/12/2015

Grand écran: "The Big Short", un thriller déjanté sur la crise des subprimes

images1RHCJHOB.jpgChristian Bale, Brad Pitt, Ryan Gosling, Steve Carell, un casting cinq étoiles pour revisiter la façon dont quatre outsiders visionnaires anticipent l’explosion de la bulle financière en 2008 et parient contre les banques pour rafler la mise. Autrement dit mettent au point The Big Short (Le casse du siècle). 

Adam McKay, spécialisé dans l’écriture et la réalisation de comédies loufoques, revient sur la fameuse et cataclysmique crise des subprimes qui a frappé Wall Street et ébranlé le système. Provocateur, cynique, indigné, mordant, corrosif, dénonciateur de la corruption, des spéculateurs indignes et du capitalisme sauvage, l'auteur adopte aussi un ton pédagogique en nous offrant en quelque sorte un cours d’économie de plus de deux heures pour nous expliquer comment on s’est empêtré dans ce bourbier. 

Enfin tente de nous expliquer la manœuvre. En effet, c’est drôlement touffu tout ça. Et si certains estiment la démonstration lumineuse, ils ont de la chance. Ou alors de sérieuses connaissances dans le domaine. Car ce n’est pas une mince affaire de suivre le guide. Nonobstant des interludes vulgarisateurs cocasses, à l’image de celui de la fille canon prenant son bain une coupe de champagne à la main et nous décortiquant avec une facilité déconcertante des mécanismes financiers d’une rare complexité.

Mais au moins retiendra-t-on la mise en scène inédite, l’interprétation impeccable des quatre principaux protagonistes, ainsi que le côté fou, déjanté de ce thriller survolté façon Loup de Wall Street de Scorsese qu’on préfère toutefois. Parfaitement documenté et forcément intelligent toutefois, ce Big Short aussi bavard que décoiffant est adapté d’une histoire véridique dont Michael Lewis a fait un livre.

A l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 30 décembre. 
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Grand écran: "Le Nouveau", une chronique adolescente qui sonne juste

image_content_general_19846820_20151222222447[1].jpgIntégrer une nouvelle école, c’est plus que compliqué pour un adolescent. Benoît en fait la douloureuse expérience. Comme toujours il y a un meneur charismatique qui veut tester son pouvoir, en l’occurrence le populaire Charles, qui rend la vie dure au nouveau avec des potes à sa botte.

Pas question que quiconque lui fasse de l'ombre. Les seuls à  manifester de la sympathie à Benoît sont évidemment des élèves sur la touche, peu gâtes par la nature de surcroît. Sauf Johanna, une jolle Suédoise à qui il semble plaire.

Benoît est aux anges, mais son bonheur ne dure pas. Sans surprise elle ne tarde pas à rejoindre la bande de Charles. Sur les conseils de son oncle, le gamin un peu désespéré organise alors une soirée et invite toute sa classe…

Le Nouveau est le premier long-métrage de Rudi Rosenberg qui, à part Max Boublil en tonton particulièrement immature, a choisi des acteurs non professionnels, dont l'excellent Réphaël Ghrenassia alias Benoît (au centre de l'image), pour interpréter avec beaucoup de naturel cette chronique adolescente attachante.

Alors certes, le scénario ne brille pas par une originalité folle. Mais, en dépit de quelques maladresses, d'un certain manque d'imagination et d’une trop grande prévisibilité, le film séduit par la pertinence des situations, l'observation des comportements, des codes, la justesse de ton, des dialogues, la sensibilité, l'humour.

On navigue ainsi entre le léger et le grave, le malaise et l’enthousiasme, la hantise du rejet, la crainte d’une éventuelle différence, le tout sur fond de méchanceté et de cruauté propres à cet âge.

A l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 30 décembre.

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Grand écran: "Joy", une panosse miracle et c'est parti pour le rêve américain!

JOY[1].jpgFille de parents divorcés, séparée de son mari, Joy, flanquée d’une famille aussi excentrique que dysfonctionnelle, se dépatouile comme elle peut entre ses deux enfants, son ex qui squatte le sous-sol de la maison, sa mère accro aux feuilletons télé qui ne quitte pas son lit, et son père inconséquent qui veut revenir vivre avec eux.

Inventrice née, elle a un jour une idée de génie en fabriquant une serpillère révolutionnaire, le Miracle Mop. Et c'est parti pour la gloire. L’opus est tiré de l’histoire vraie de Joy Mangano, mère au foyer frustrée qui, suite à quelques tribulations, se retrouve à la tête d’un empire d’un milliard de dollars grâce à cette panosse de choc et autres créations domestiques d’un juteux rapport. 

Pour cette success story peu glamour mais qu'importe, le réalisateur David O Russel, notamment auteur du film de boxe The Fighter, retrouve Jennifer Lawrence, Bradley Cooper et Robert De Niro, un trio fétiche qu’il avait déjà dirigé dans Happiness Therapy et American Bluff.

Labellisée hyper sexy et, selon le magazine Forbes, actrice la plus influente de Hollywood et la mieux payée du monde, la star de Hunger Games se révèle plutôt crédible dans le costume de cette femme au parcours extraordinaire.

On ne peut hélas en dire autant du film au rythme languissant, qui nous offre une vision assez calamiteuse du rêve américain. Sans compter les prestations masculines laborieuses. Particulièrement celle de Robert De Niro pathétique, une fois encore, dans un rôle de père déraisonnable et écervelé. Et par charité chrétienne, on oubliera Isabella Rossellini.

A l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 30 décembre.

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23/12/2015

Grand écran: "Back Home", le souvenir d'une mère disparue. Hypnotique et troublant

04_GALA_LOUDER-THAN-BOMBS-1[1].jpgSélectionné dans Un Certain Regard à Cannes en 2011, le Norvégien Joachim Trier bluffait son monde avec Oslo,31 août, remarquable évocation d’une errance existentielle. En mai dernier, il débarquait en compétition avec Louder Than Bombs (en français Back Home). La traduction littérale du titre Plus fort que les bombes a en effet été changée suite aux tragiques attentats parisiens du 13 novembre. Bien que le film ne se déroule pas sur fond d’attaques terroristes.

L’intrigue se situe trois ans après la mort inattendue d’une célèbre reporter de guerre (Isabelle Huppert) dans un accident de voiture. Elle a ainsi plongé dans l’affliction son mari Gene (Gabriel Byrne), ses deux garçons, Jonah, jeune professeur de sociologie qui vient d’être papa (Jesse Eisenberg) et Conrad, un ado dépressif en crise de 14 ans (Devin Druid).

N’arrivant pas à faire son deuil, Conrad, particulièrement mal dans sa peau, s’isole en regardant des jeux vidéo violents pour fuir les bienveillantes mais maladroites tentatives de son père de le faire sortir de son mutisme. Ce dernier noue une relation avec une collègue qui envenime les choses tandis que Jonah, assumant mal sa récente paternité, retombe dans les bras d’une ex.

Apaiser les conflits

Leur chagrin est ravivé par la préparation d’une exposition à New York en hommage au travail de leur épouse et mère. Doublé d’un bouleversement avec la révélation d’un douloureux secret. Tournant autour de cette mère disparue, Joachim Trier propose le souvenir qu'en ont les protagonistes et leur différent point de vue sur le drame, en les réunissant dans la maison familiale. Une façon d’apaiser les conflits et de permettre au trio de poursuivre dorénavant plus sereinement sa route.

Si on s’attache aux personnages dont Joachim scrute les sentiments, le plus intéressant dans ce nostalgique Back Home évoquant les fantômes d’un passé proche, c‘est la construction d’un récit à la fois hypnotique, troublant, morcelé entre rêves, projections mentales, flash-backs et regards variés reflétant la complexité de l’existence. Parfaitement interprété, ce premier opus en anglais de Joachim Trier n’avait toutefois pas réussi à convaincre le jury.

A l’affiche dans les salles de Suisse romande depuis le mercredi 16 décembre.

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22/12/2015

Grand écran: "Demain", des solutions pour faire bouger les choses

fwTk09HoyCVCkDnWqtbN8rIuI7dTZ-_HCfr4YG5Edws[1].jpgOn connaît le sort funeste de la planète si rien n’est fait pour freiner le réchauffement climatique. Dans Demain, qui  avait été projeté à l’ouverture de la COP21 à Paris, la comédienne Mélanie Laurent et Cyril Dion, co-fondateur de  l’ONG écolo Colibris veulent montrer que des solutions, à la portée de chacun, existent pour faire bouger les choses et empêcher le monde de courir à sa perte.
 
L’intérêt de la démarche de ce métrage militant, c’est son côté positiviste, constructif, poussant à la réflexion, son message d’espoir opposé aux discours généralement déprimants, alarmistes, catastrophistes sinon apocalyptiques qui caractérisent ce genre de documentaire. Sans évidemment minimiser les risques majeurs qui menacent le monde et la complexité des thématiques.
 
Mélanie Laurent et Cyril Dion ont divisé le film en cinq chapitres (agriculture, énergie, économie, éducation, démocratie), dont ils mettent en scène l’interdépendance. Et la prouvent en partant à travers le globe à la découverte d’innovations, d’actions très concrètes menées dans les différents domaines pour préserver la planète et en rencontrant leurs initiateurs.   
 
On passe ainsi des fermes de Detroit au recyclage des déchets à San Francisco, du tout renouvelable de Copenhague au système éducatif finlandais. Tout en adoptant un ton pédagogique, mais sans prêchi-prêcha, les deux auteurs donnent la parole à des spécialistes, des interlocuteurs de qualité, des esprits ingénieux, des citoyens de bonne volonté.
 
cyril_dion2[1].jpgRécemment de passage à Genève, Cyril Dion nous en dit plus sur cet opus qu’il a écrit il y a cinq ans pour aller à l’encontre des autres documentaires sur le sujet, avant de rencontrer Mélanie Laurent avec laquelle il s’est trouvé beaucoup de points communs. Et notamment la volonté de porter un regard sur la société en réalisant un film de cinéma, un road-movie avec de belles images, un vrai point de vue.
 
L’idée générale, c’est chacun selon ses moyens.
 
Chacun peut en effet faire quelque chose, essayer de trouver des solutions pour reprendre le pouvoir sur la société. Tous les gens filmés sont prêts et on se rend compte que ça marche quand ils travaillent ensemble.
 
"Demain" est mobilisateur dans la mesure où vous privilégez le petit, le local, l’investissement des citoyens.
 
Oui. Il est surtout très grand public, simple à comprendre car il raconte une histoire qui a du sens et correspond à une attente. Il est également non anxiogène. Avec Mélanie nous ne voulions pas réveiller des sentiments d’angoisse, de déprime, mais au contraire susciter l’enthousiasme, l’envie,  le désir, le rêve. Et l’énergie d’entreprendre.
 
Le ton est pédagogique, mais pas moralisateur.
 
Tout est parti d’une phrase de Gandhi: «montrer l’exemple n’est pas la meilleure, mais la seule manière de convaincre». Cela fait neuf ans que je travaille dans l’écologie et que je tente de transmettre un savoir, une connaissance.
 
 On vous reproche parfois une certaine candeur.

Je l'ai effectivement lu et entendu, mais c'est faux. Tout ce qu’on dit, ce qu’on montre est scientifiquement prouvé. Mais comme c'est dense, il faut résumer un peu pour se reposer le cerveau.

A l’affiche dans les salles de Suisse romande depuis mercredi 16 décembre. 
 

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20/12/2015

Coupe du monde de ski: quantité ne rime pas trop avec qualité côté français...

coupe-du-monde-de-ski-alpin-dames-lara-gut-s-impose-aspen-386751[1].jpgIls nous jouent plus ou moins le même air en ski qu’en tennis nos amis français. Particulièrement dans les disciplines techniques où, comme dans la petite balle jaune, ils sont un paquet d'enfer à s’aligner.

Du coup au début de l’épreuve, refrain connu, ils vont tout bouffer. Résultat d’autant plus probable qu’ils parviennent généralement à se mettre particulièrement en valeur lors de la manche initiale. Sinon à prendre la première place, à l’image de Victor Muffat-Jeandet dans le géant d’Alta Badia. Ce qui a évidemment provoqué les ululements déments des commentateurs et consultants hexagonaux en transes.

Ils ont même carrément frisé l’infarctus vu que Tessa Worley, "leur" meilleure slalomeuse du monde, caracolait en troisième position chez les dames à Courchevel, à 9 tout petits centièmes de la seconde, Lara Gut (photo). Mais caramba, tandis que la quasi impériale Tessinoise, déjà victorieuse à deux reprises sur les neiges françaises, maintenait la position et s’installait en tête du classement général coiffant au passage la reine Lindsay Vonn, la malheureuse Tessa s'arrêtait malencontreusement en route...

Vous imaginez l'intense frustration! Certes, le brave Totor réussissait à décrocher un troisième rang en Italie. Mince consolation toutefois en regard des immenses espoirs entretenus à grand renfort de glapissements frénétiques. Et c'est ainsi qu’en dépit de l’incroyable densité de l’équipe tricolore n'ayant bien sûr d’égal que l’incommensurable talent de ses représentants, on n’en a encore vu aucun tout en haut du podium.

Comme quoi question gagne chez les Bleus, la quantité ne fait pas franchement la qualité. A l’instar de la raquette. Vous me rétorquerez que côté suisse, si les filles ont plutôt la pêche, les garçons eux n’en mènent pas large. Un doux euphémisme dans la mesure où ils sont complètement largués. Mais à la différence de nos chers voisins, du moment qu’on n’en attend rien, on n’est jamais déçu!

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16/12/2015

Grand écran: avec "Star Wars VII", le fan se sent à la maison. Une réusite

star-wars-episode-vii-affiche-95049[1].jpgC’était le film le plus attendu de l’année. Sinon de l’invention du cinéma pour les inconditionnels qui piaffaient depuis le 30 octobre 2012!  Si attendu que Disney mettait la critique au pas en lui imposant la loi du silence. Autrement dit, défense de dévoiler les moments-clés et la fin pour tous ceux qui voyaient Le réveil de la Force avant sa sortie mondiale. 
 
Sans oublier la signature d’un formulaire ad hoc et l’abandon de son téléphone à l’entrée de la  salle. Avec à la clé la menace de poursuites judiciaires  en cas de non-respect de ces draconiennes  consignes. Plus parano tu bascules du côté obscur…
 
Des cohortes de passionnés à l'assaut des cinémas 
 
Mais venons-en à l’objet de tant de convoitises et de secrets, Star Wars VII, le premier volet de la troisième trilogie, rameutant des cohortes de passionnés et de curieux à travers la planète. Sans compter les produits dérivés, il y a de quoi permettre à Disney de se rembourser largement après son rachat de Lucasfilm  pour quatre milliards de dollars,
 
En très résumé, nous sommes à plus de trente ans de la bataille d’Endor (dans Le retour du Jedi qui promettait de beaux lendemains), mais la galaxie n’en a pas fini avec la tyrannie et l’oppression. L’Alliance rebelle, devenue la Résistance, se bat contre le Premier Ordre réunissant les vestiges de l’Empire, un régime totalitaire dirigé par le seigneur Snoke, C’est dans cette ambiance guerrière que le méchant et mystérieux moine soldat Kylo Ren (Adam Driver) dont Dark Vador est l’idole, pourchasse les ennemis de la dictature.
 
starwarshansolo-800x410[1].jpgPas de débauche d’effets spéciaux
 
Fameux générique d’ouverture et l’euphorie va monter au cours de cet opus à grand spectacle, où le réalisateur aficionado J.J. Abrams, avec Lawrence Kasdan et Michael Arndt au scénario, fait revivre le mythe. Ressuscitant avec talent l’esprit et le souffle épique de la première trilogie (1977-1983) imprégné de poursuites intergalactiques, de duels épiques aux sabres laser, d'étranges créatures. Et même d'une petite romance. Mais heureusement sans se laisser aller à une débauche d’effets spéciaux et à la surenchère numérique de la décevante deuxième trilogie (1999-2005). Ici, on mise plutôt sur les personnages. 
 
Dans ce film intergénérationnel à la trame familiale, bourré de citations, de clins d’œil et de références aux précédents épisodes, émaillé de boutades, le fan se sent en terrain connu. Mieux, à la maison comme dirait Han Solo. Une vieille connaissance que l’on retrouve avec son fidèle Chewbacca. Harrison Ford (photo) apparaît en pleine forme, gouailleur, malicieux et carrément rajeuni. De son côté Carrie Fisher, la princesse Leia, devenue officier de la Résistance et qui a changé de coiffure (!), mène rondement ses troupes. Sans oublier Mark Hamill alias Luke Skywalker dont on ne dira rien…
 
Star-Wars-7-150417-17[1].jpgDu nouveau, dont l’irrésistible droïde BB-8
 
La trilogie fait aussi place aux nouveaux héros pour rafraîchir l’ensemble. Comme Rey (Daisy Ridley), attachante et émouvante pilleuse d’épaves qui tente de survivre en vendant sa ferraille. Entraînée dans une aventure interplanétaire, elle rejoindra les rebelles. Sa vie sera bouleversée lorsqu’elle rencontre le courageux Finn (John Boyega), stormtrooper en fuite. Ils sont jeunes, énergiques, beaux et bons.
 
Mais celui qui nous fait craquer, c’est le droïde BB-8 (photo avec Daisy Ridley), détenteur de plans secrets, adorable robot drôlement humain tout en rondeur, genre aspirateur à roulettes qui se déplace avec une agilité et une rapidité surprenantes sur tous les sols. Mascotte de ce chapitre, il nous gratifie de sons incompréhensibles et de charmants petits cris façon télétubbie. Absolument irrésistible.
 
Après la réussite de ce septième volet, en dépit de scènes un rien répétitives, il ne reste plus qu’à attendre la sortie du huitième le 26 mai 2017, réalisé par Rian Johnson (qui a déjà dévoilé des choses sur les réseaux sociaux) et celle du neuvième en 2019 avec Colin Trevorrow aux commandes.

A l’affiche partout dans le monde dès mercredi 16 décembre.

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10/12/2015

Grand écran: "Suburra" entre film noir et western urbain. Coup de poing, mais trop complaisant

suburra-trailer-ufficiale-poster-featurette-e-nuove-immagini-dal-film-di-stefano-sollima-v6-238823-1280x720[1].jpgAprès Gomorra et Romanzo Criminale, Stefano Sollima poursuit dans le genre avec Suburra, adapté du roman éponyme de Carlo Bonini et Giancarlo De Cataldo.

Dans la Rome antique, La Suburra était un quartier pauvre et populeux, où fleurissaient tavernes et bordels. Toujours aussi malfamé mais destiné à être réhabilité, il est le théâtre d’un ambitieux projet immobilier façon Las Vegas, comprenant hôtels de luxe, casinos et boîtes de nuit. Une conquête d’un paradis sulfureux impliquant l’Etat, le Vatican et la mafia.

Suburra, mélange de film noir et de western urbain, se déroule en 2011, à J-7  d’une «apocalypse» annoncée. Un compte à rebours au sein d’une capitale italienne au bord du gouffre dans tous les domaines de la société. Avec en prime une possible démission du pape.

On navigue ainsi entre différents univers, politique, criminalité, argent, usure, drogue, prostitution. Chacun d’eux est représenté par un personnage idoine et particulièrement antipathique, assassin, pourri, vicieux, manipulateur, lâche, du député à la pute en passant par le chef mafieux, le gangster, le religieux ou le jeune organisateur d’événementiel. 

Le tout révèle un système corrompu, chaotique, illégal à ramifications multiples, en majorité régi par le chantage, la brutalité et le meurtre. Un film à l‘ambiance hyper glauque dans une Rome nocturne noyée sous la pluie où personne n’est épargné.

Alors certes Stefano Sollima tape très fort là où ça fait mal dans cette sombre fresque d’une humanité décadente et gangrenée, faisant écho à l'actualité. On lui reprochera toutefois des caractères trop stéréotypés, un symbolisme trop appuyé et une complaisance souvent crasse dans sa représentation du cycle infernal de la violence. Avec Pierfrancesco Favino, Elio Germano, Claudio Amendola et Jean-Hugues Anglade.

A l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 9 décembre.   
 

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08/12/2015

Grand écran: "Un+une", avec Jean Dujardin et Elsa Zylberstein. Consternant

499172[1].jpgCinquante ans près Un homme et une femme, Claude Lelouch propose une sorte de variante avec Un+une, où il embarque Jean Dujardin et Elsa Zylberstein, à l’origine du projet, dans une très improbable love story.

Antoine, composteur de génie qu’Alice, talentueuse pianiste, vient de demander en mariage sans trop de succès pour l’instant, se rend en Inde. Il doit travailler avec un réalisateur de la Nouvelle Vague du cru (une incontournable mise en abyme pour le cinéaste) sur une version carrément révolutionnaire de Roméo et Juliette.

C’est là qu’il rencontre Anna, la femme de Samuel, l’ambassadeur de France, qui ne peut avoir d’enfant. Elle décide d’emprunter seule (c’est d’un crédible, étant donné sa situation de haut rang…) le chemin de la fertilité et d’aller à la rencontre de Mata Amritanandamayi (appelée Amma et qui joue ici son propre personnage), notamment dotée du pouvoir mystique de changer les destins.

Pourtant jaloux comme un tigre, Samuel demande à Antoine d’accompagner Anna dans son périple (on ne sait jamais ça pourrait le guérir de sa migraine tenace) et… je ne vous ferai pas l’injure de vous apprendre ce qui va se passer entre ces deux êtres que tout oppose…

Un fatras de spiritualité

Comme c‘est du Lelouch, il y a de belles images du pays visité de long en large. Un minimum. En ce qui concerne le reste, c’est consternant, le réalisateur s‘ingéniant à plomber son film, au scénario par ailleurs incohérent, sous un fatras de spiritualité en forme de dialogues d’une rare ineptie.

Pêle-mêle il évoque le sens de la vie, ce qui compte dans celle-ci c‘est de préparer la prochaine, le temps qui passe, le pouvoir de la pensée, l’amour universel, le cosmos, le lien entre les êtres, d’où on vient et où on va, sans oublier les hirondelles et les boomerangs (!), le tout débité par une Elsa Zylberstein à un Jean Dujardin hilare, grossier, convaincu de son charme irrésistible et de sa drôlerie exceptionnelle, qui a juste envie de la sauter.

Et qui n’est pas en reste côté phrases d’une rare beaufitude. A son habitude.  On a ainsi droit à des réflexions profondes plus ou moins du genre : quand je suis avec Alice (la femme qu’il hésite donc à épouser) j’ai trouvé mon moi avec des nichons. Ou encore une femme avec un cerveau c’est un mec réussi.

Vu le couple calamiteux formé par Elsa Zylberstein et Jean Dujardin, on oubliera par charité les pièces rapportées que sont Alice Pol, et surtout le malheureux Christophe Lambert dans un rôle d’ambassadeur qui ne fait pas franchement honneur à la diplomatie française!

Tout cela ne suffisant pas, Lelouch nous gratifie d’un dénouement évidemment téléphoné. Le contraire nous aurait dans le fond désagréablement surpris…

A l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 9 décembre.

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