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11/11/2015

Grand écran: "Sangue del mio sangue", une farce baroque et symbolique, signée Marco Bellocchio

foto-sangue-del-mio-sangue-3-low[1].jpgUn jour de l’an 1648, un fier cavalier,  Federico Mai, frappe à la porte du couvent de Bobbio, petite ville italienne de la région de Piacenza. Il est venu pour tenter de réhabiliter la réputation de son frère jumeau, le prêtre Fabrizio, qui s’est suicidé pour une jeune nonne, Benedetta.

La soeur est accusée de l’avoir séduit et passé un contrat avec le diable. Pour l’heure, elle est enfermée en attendant son procès. Si elle est convaincue de sorcellerie, Fabrizio pourra être enterré religieusement. Mais refusant de se soumettre au pouvoir ecclésiastique, Benedetta est condamnée à être emmurée vivante.

Un audacieux saut en avant dans le temps et nous voici en 2015, où le même couvent est habité par un mystérieux comte qui, ne sortant jamais le jour, passe pour un vampire. A nouveau un homme frappe à la porte. C’est un autre Federico, accompagné d’un milliardaire russe désireux d'acquérir le monastère pour le transformer en hôtel de luxe.

Le comte, refusant de s’adapter à la modernité n’a aucune intention de vendre et corrompt Federico pour qu’il persuade le richissime Russe de renoncer à son achat. Pour cela il devra sortir de son trou et demander de l’aide. Et du coup miracle, son vieux corps exsangue va se régénérer et retrouver sa vigueur

Avec Sangue del mio sangue, farce symbolique misant sur la subtilité, la finesse et l’humour, Marco Bellochio le rebelle de 74 ans, évoque en un double récit une Italie toujours sous le joug du pouvoir quels que soient ceux qui l’exercent. Hier l’Eglise, aujourd’hui une classe dirigeante plombante et peu encline à évoluer.

Cette intrigue à tiroirs, baroque, visuellement splendide, pas toujours facile à suivre, se déroule sur fond de religion, de corruption politique, d’argent roi et de justice à plusieurs vitesses. Autant de forces vampiriques qui n’ont cessé, à travers les âges, de se nourrir du sang des sociétés, peinant ainsi à se libérer.

A l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 11 novembre. 

 

13:00 Publié dans Sorties de la Semaine | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | | Pin it! |

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