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23/06/2015

Grand écran: "Une seconde mère", portrait critique de la société brésilienne

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Domestique depuis dix ans chez de riches Brésiliens de Sao Paulo façon gauche caviar, Val sert à la fois de bonne à tout faire, de nounou et de mère de substitution pour le fils de la famille qu’elle a pratiquement élevé. Abandonnant ainsi Jessica, son propre enfant, dans le Nordeste d’où elle est originaire.

Les deux femmes ne se sont donc pas revues depuis tout ce temps. C‘est  alors que Jessica, prête à entrer à l’université, annonce à Val qu’elle va venir en ville pour passer un grand concours d’architecture. Les maîtres de maison acceptent qu’elle vienne habiter chez eux. Sans complexe, la jeune fille ne va pas se gêner pour bousculer la hiérarchie ambiante.

Un fossé de génération s’est en effet creusé entre la gouvernante soumise et dévouée trouvant normale la façon dont elle est traitée, et l’adolescente rebelle qui estime sa mère bien trop servile. Pas question en effet de se plier aux règles, comme dormir dans une chambre de bonne,  manger à la cuisine ou ne pas se baigner dans la piscine. Val n’en croit pas ses yeux et tente en vain de remettre Jessica à sa juste place.

Anna Muylaert, qui a gagné le prix de la critique à Sundance et celui du public à la Berlinale propose, avec Une seconde mère, un portrait de la société de son pays par le biais d’une comédie dramatique à rebondissements savoureuse, drôle et touchante.

Mais au-delà du divertissement et de l’humour, la réalisatrice brésilienne se livre surtout à un jugement sévère d’un hypocrite système de castes que rejette Jessica, symbole d’une jeunesse rétive à l’asservissement, la condescendance et l‘humiliation. Une réussite à laquelle contribuent beaucoup les comédiens, à commencer par la solaire Regina Casé (photo), magnifique dans le rôle de Val.

Film à l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 24 juin.

15:54 Publié dans Sorties de la Semaine | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | | | Pin it! |

Commentaires

"Asservissement, condescendance et humiliation" comment soutenir cette "jeunesse rétive" mais comment comprendre qu'à notre époque, malgré Gandhi, notamment, survive le système de caste (sans oublier certains diplomates de nos pays plus proches comme...Seigneurs nettement plus éloignés capables de réduire leur personnel comme travailleurs sur chantiers en esclavage?
Qui au courant, fortuné, se priverait pour autant d'assister à de pas si lointaines joutes au Qatar?

Écrit par : Myriam Belakovsky | 24/06/2015

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