Google Analytics

30/01/2015

Open d'Australie: Wawrinka en mode tueur... mais loin du tireur d'élite!

Stanislas-Wawrinka-930x620[1].jpgEntouré de son clan mué en galaxie, Wawrinka se prenait carrément pour une étoile. Je suis plus fort que l’an dernier, mieux dans ma tête et sur le terrain, et il suffit je frappe des balles lourdes et puissantes pour être meilleur que quiconque. Et donc que Djokovic.

Même son de cloche côté experts de la petite balle jaune qui ne tarissaient pas d’éloges depuis le début du tournoi sur la taille patron du Vaudois, sa confiance au sommet, la sûreté de ses choix, sa monstrueuse capacité à se transcender devant l’enjeu et j'en oublie. Pour résumer, on avait un homme habité de la certitude que rien ne pouvait lui arriver. Si son jeu ne faiblit pas, avait-on quand même la sagesse de remarquer ici ou là, mais sans vraiment imaginer que ce serait le cas.

Bref on a tellement glosé sur cette demi-finale de rêve et les possibilités de Stan The Man à se retrouver en finale, sinon de gagner à Melbourne pour la deuxième fois consécutive, qu’il y avait tout pour m’inspirer les pires craintes en le voyant débarquer sur le court. D’autant que Pascal Droz, entre les déclics et les ouvertures de Stan, ne cessait de nous bassiner en nous assurant qu'il avait le match à sa portée et qu’il jouait mieux que Dracula.

J’avais d’ailleurs déjà évoqué mes inquiétudes à ce sujet dans un papier précédent, en écoutant le Suisse se vanter de sa forme physique au top et de la qualité exceptionnelle de son jeu après n’avoir en fait terrassé que des seconds couteaux à part le Japonais Kei Nishikori.

Hélas, de pouvoir à exécuter, il y a une grosse marge. Du coup, plus dure fut la chute à force de prendre ses désirs fous pour des réalités. Après quatre sets d’une qualité relative, une roue de vélo au cinquième set pour le malheureux Stanimal complètement cuit. Avouez que ça la fiche mal pour celui qui avait toutes les armes pour battre le saigneur des courts à plate couture ou presque. Un journaliste n’avait d’ailleurs pas hésité à relever un peu sottement: Wawrinka est en mode tueur depuis sa victoire en Coupe Davis. Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’en l’occurrence, il était loin du tireur d’élite… 

14:34 | Lien permanent | Commentaires (3) | |  Facebook | | | | Pin it! |

27/01/2015

Grand écran: "Turist", une thérapie familiale à la suédoise dans les Alpes. Drôle et grinçant

Snow-Therapy-de-Ruben-Ostlund[1].jpgComment l’être humain se comporte-t-il dans une situation de détresse? Par exemple une soudaine catastrophe ? Pour illustrer les conséquences psychologiques de la chose, question qui le fascine depuis une aventure de la sorte vécue par des amis, le réalisateur Ruben Ostlund a envoyé un couple suédois et ses deux enfants passer quelques jours à la montagne, dans l’hôtel de luxe d’une station de ski française.

En ouverture, une jolie photo sur les pistes où pose le quatuor souriant, comme pour montrer l’unité et l'harmonie qui règnent au sein de la petite famille. Plus tard  on la retrouve  déjeunant tranquillement en compagne d’autres touristes sur la terrasse d’un restaurant d’altitude, lorsqu’une avalanche se déclenche brutalement, dévalant dangereusement la montagne à toute vitesse, menaçant de s’abattre sur les clients.

C’est la panique, la mère, Ebba appelle son mari Tomas au secours tout en essayant de protéger ses enfants. Mais Tomas ne pensant qu’à sauver sa propre vie, s’est lâchement  enfui pour se mettre à couvert, laissant celle de sa progéniture et de sa femme  en danger. Miraculeusement toutefois, l’avalanche s’arrête au pied du restaurant, ne provoquant qu’un gros nuage de neige inoffensif qui balaie l’endroit.  

45782-8d3ef20c5863558f3644e5931d7d3d191063978c[1].jpgLe drame a été évité. Pas de victimes, pas de blessés. Plus de peur que de mal donc. Mais en apparence seulement. Si on ne constate pas de dégâts physiques, les  liens familiaux se dégradent et le couple se déconstruit suite à l’attitude inattendue du père soudainement mû par l’instinct de survie.

Du coup, il doit affronter une nouvelle et dure réalité. Alors qu’il est censé en prendre soin, le patriarche prétendument fort et protecteur a abandonné les siens au moment où ils avaient le plus besoin de lui.

Se sentant honteux, faible et coupable d’avoir succombé à la peur, Tomas se demande que faire pour redorer son image et retrouver sa place d’homme au sein de sa famille. Tandis qu’Ebba se pose de plus en plus de questions, révélant par là que son mariage dysfonctionnait déjà avant les vacances. Et les choses finissent par déraper carrément.

En utilisant la métaphore de l’avalanche pour expliquer l’inéluctable décomposition du couple, Ostlund se mue ainsi en psy, sinon en entomologiste, pour fouiller l’inconscient des différents protagonistes. Tout en livrant, sur un ton glacial, une comédie bien scandinave, à la fois drôle cynique et grinçante, un peu dans la lignée de Festen. On en salue aussi les deux principaux interprètes Jonnes Bah Kuhnke et Lisa Loven Kongsli.

Un bémol cependant. Dans cette thérapie des neiges, comme l’indique son titre anglais Snow Therapy,  on regrettera quelques longueurs et un dénouement emphatique qui rappelle inutilement ce qui a été découvert et montré au fil de l’histoire.

Film à l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 28 janvier. 

20:00 Publié dans Sorties de la Semaine | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | | Pin it! |

Grand écran: "Into The Woods" revisite des contes de fés célèbres

into-the-woods[1].jpgLe musical de Rob Marshall est tiré de la comédie déjantée du genre, créée en 1986. Elle a fait un tabac à Broadway en revisitant des contes de fées célèbres, détournant quelques mythes pour les réinventer.

Cendrillon, Le Petit Chaperon rouge, Raiponce, Jack et le haricot magique sont ainsi réunis dans Into The Woods (Promenons-nous dans les bois) en compagnie d'un boulanger et de sa femme.
 
Chacun d'eux a un rêve. Cendrillon souhaite ardemment aller au bal, Raiponce quitter sa tour, Le petit Chaperon Rouge voir sa grand-mère, Jack garder sa vache. Le boulanger et sa femme eux, veulent désespérément en enfant. Mais ils ont été maudis par une vilaine sorcière (Meryl Streep, photo), avide de concocter une potion magique censée lui rendre sa beauté.

Elle propose de lever son sort s'ils lui trouvent quatre ingrédients pour sa mixture: la cape du Petit Chaperon rouge, une pantoufle de Cendrillon, un cheveu doré de Raiponce et la vache blanche de Jack. Leur quête les emmène dans les bois, où ils sont soumis à de nombreuses tentations.  
  
Tout n'est pas réussi dans cette relecture horripilante pour certains, nominée aux Oscars, qui se veut décalée et mordante mais qui reste en deça de ses ambitions amorales. On retiendra pourtant la musique, les décors gothiques et quelques prestations amusantes comme celle d’Emily Blunt en Cendrillon mutine et astucieuse, Johnny Depp en loup lascif et dandy à la Tex Avery. Ou encore la performance de Meryl Streep, créature sauvage à la chevelure hirsute et aux dents pourries, qui pousse drôlement bien la chansonnette.

Film à l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 28 janvier.

17:00 Publié dans Sorties de la Semaine | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | | Pin it! |

Grand écran: "The Imitation Game" évoque Alan Turing, héros de guerre et génie gay persécuté

The-Imitation-Game[1].jpgA la tête d'un groupe de champions d'échecs, de linguistes distingués et d'agents secrets au top, le célèbre mathématicien britannique Alan Turing va aider les Alliés à remporter la Seconde Guerre mondiale en décryptant les codes d'Enigma.

La fameuse machine életromécanique d'origine allemande utilisée alors par les nazis, était jusque-là réputée inviolable. La petite bande bénéficie de l'appui du premier ministre Winston Churchill qui accorde à ses membres tout ce dont ils ont besoin.

Pour son premier long-métrage américain inspiré du livre biographique d'Andrew Hodges, le Norvégien Morten Tydlum s'empare ainsi de cette histoire connue tout en se penchant sur la vie du pionnier de l'ordinateur. 

Evoquant l'importance de la cryptographie pendant le conflit, le réalisateur en profite pour parler de la persécution subie par la communauté homosexuelle dont Turing, héros de guerre discret, faisait partie. Rappelons que l'Angleterre a en effet longtemps criminalisé les gays. Discutée à la Chambre des Lords, la dépénalisation fut demandée en 1957 mais ne fut effective que dix ans plus tard.

Pour en revenir à The Imitation Game, un fait divers lié à l'homosexualité de Turing lui vaut des poursuites judiciaires en 1952. Condamné, il choisit la castration chimique en prenant des oestrogènes pour éviter la prison. Mais il n'y résiste pas. Le 7 juin 1954, suicide ou accident, Il est retrouvé mort  dans sa maison de Manchester par empoisonnement au cyanure. Il avait 42 ans. La reine Elisabeth l'a gracié à titre posthume il y a deux ans. 

tig_025_ig_03405r_lg.0[1].jpgMortem Tydlum livre un thriller intelligent, dont on peut regretter une mise en scène conventionnelle, un scénario touffu et des personnages secondaires qui font pièces rapportées. Comme celui de Keira Knightley incarnant Joan Clarke, elle aussi chargée de décrypter Enigma et que Turing épousa certes par affection, mais surtout par convention sociale.

Des défauts qu'on a pourtant tendance à oublier en regard de la prestation de Benedict Cumberbatch, l'atout maître de l’opus. Après s'être glissé dans la peau de Julian Assange, autre cerveau brillant, l'élégant et aristocratique comédien britannique à l'allure un rien famélique, enfile le costume taillé pour lui du génial ancêtre de l'intelligence artificielle.

Sa remarquable interprétation d'un personnage hors norme, à la fois complexe, arrogant et pas facile à vivre  ouvre assurément la route de l'Oscar à l’une des coqueluches de Hollywood. Outre dans la catégorie acteurs, le film est nominé dans sept autres dont meilleur film et meilleur réalisateur. 

Film à l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 28 janvier.

13:09 Publié dans Sorties de la Semaine | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | | Pin it! |

26/01/2015

Open d'Australie: la cruelle inhumanité du tennis pour les seconds couteaux

355445[1].jpgDepuis le début du tournoi, Djokovic n’a pas eu à trop se sortir les pouces, étant donné l’opposition gentillette proposée par des seconds couteaux.

Hyper light même le menu pour le saigneur des courts avec le Slovaque Bedene (116), en guise de mise en bouche, le Russe Kuznetsov (88) pour l’entrée, l’Espagnoll Verdasco (31) en plat principal et le Luxembourgeois Gilles Muller (42) pour le dessert. Presque un gag et et surtout de quoi se permettre d'arriver dans un fauteuil en quarts.

Mais voilà qui n’empêche pas les fans ébaubis à deux doigts de crier au miracle à chaque victoire de l’idole. Sans lâcher un set de surcroît. Pas spécialement flatteur pour Dracula, je trouve, même s’il a été vaguement bousculé à une ou deux reprises dans ses deux derniers matches. Un crime de lèse-vampire à en juger par l’énervement du Serbe, outré de l'audace des braves Fernand et Gilou à faire un peu de résistance.

A part ça, ce doit être hyper-frustrant pour les joueurs de seconde zone de savoir qu’une seule balle de break obtenue par leur adversaire équivaut pratiquement à une balle de match. Alors vous imaginez le stress et le désarroi lorsque la chose se produit au premier jeu du premier set! Les malheureux doivent se défoncer comme des bêtes pendant plus ou moins deux heures avec la quasi certitude d’avoir déjà perdu la partie. A la fois cruel et inhumain, le tennis!

Wawrinka a failli en être victime face à l’Espagnol Garcia Lopez. Mais bon, il aime se faire peur, son petit côté maso, je ne vais pas le plaindre. Parce ceux qui souffrent le plus dans l’histoire, ce sont les téléspectateurs. Vous et moi donc. Bon d’accord, il a plutôt bien joué et déclenché les passions en remontant un handicap de cinq points dans le t-break avec un rare courage. Mais ce n’est pas une première. Federer l’avait réussi dans je ne sais plus quel match contre Del Potro. En plus, rien ne dit que ce sera du sushi contre le Nippon Nishikori au tour suivant.

A propos du maestro, seul top absent de la fête dans les sept qualifiés pour les quarts en compagnie de l’outsider Kyrgios, il a de quoi se consoler grâce à l’admiration inconditionnelle que lui voue son clone Dimitrov. En effet Baby Fed a poussé la ressemblance avec Papy Fed jusqu’à perdre au troisième tour, comme son idole! Cela dit, le Bulgare aurait intérêt à se remuer le popotin pour gagner un Grand Chelem. Parce que les aiguilles, elles tournent…

Et puisque j’en parle, merci à Berdych de mener la vie dure à Nadal demain matin, histoire d'empêcher le pitbull ibère d’empocher son quinzième majeur. Sinon Sa Grâce helvétique va commencer à drôlement sentir le vent du boulet!  

15:54 Publié dans Les pieds dans le plat | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook | | | | Pin it! |

23/01/2015

Open d'Australie: Federer humilié par l'Italien Seppi!

 

dt.common.streams.StreamServer[1].jpgNe jamais vendre la peau de l’ours, un dicton à méditer pour Federer... Je préfère affronter Seppi plutôt que Chardy, déclarait le Suisse un rien condescendant à l’égard de l’Italien, pensant sans doute que c’était dans la poche, avant de se faire sortir sans gloire par le Transalpin sur un nuage en seizièmes de finale.

Certes ce dernier ne l’avait jamais battu jusqu’ici en dix rencontres, ne lui prenant de surcroît qu’un set. Mais hélas, le tennis n’est pas une science exacte et la victime peut devenir le bourreau.

 Et pourtant que n’avaient pas raconté les spécialistes, dont les Leconte, Wilander ou autres Mouratoglou. A leur avis évidemment éclairé, la possibilité pour Sa Grâce d’ajouter un chapitre à sa légende en remportant son dix-huitième Gand Chelem à Melbourne était très réelle. 

Sa fin de saison ponctuée par le triomphe en Coupe Davis et son succès dimanche dernier à Brisbane en remportant sa millième victoire renforçaient encore l’idée d’une quasi invincibilité retrouvée du maestro. Il est sur la même ligne que Djokovic, il a une certaine marge sur Nadal qu’il devrait rencontrer en demi-finale, j’en passe et des plus saugrenues. Lui-même d’ailleurs, évoquant sa forme et son niveau de tennis, se laissait aller à évoquer un nouveau triomphe. Imaginant en outre remonter sur le trône.

Alors forcément on parle de coup de tonnerre, d’énorme sensation avec cette défaite indigne. Annoncée cependant la bombe, car en réalité, le mythe, qui à son habitude a lamentablement galvaudé des balles de break, avait déjà joué plus ou moins comme un pied lors de ses deux matches précédents. Quoiqu’on en dise, il a en effet eu un peu de mal à croquer le petit Lu dans le premier et a dû s'employer dans le second pour venir à bout de Bolelli, le pote de son futur exécuteur. 

Bref, toujours selon nos experts aussi crédibles que Madame Soleil, Rodgeur devait atteindre les quarts sans avoir à puiser dans ses réserves, avant son duel avec Andy Murray qu’il avait terrassé 6-0 6-1  au dernier Masters de Londres. Avec cette phrase à l’appui: «Il y a des humiliations dont on ne se relève jamais!» Il reste à espérer que ce ne sera pas le cas de notre orchidée noire un rien fanée après celle subie face au brave Seppi, qui voulait juste prendre du plaisir sur le court…
 
En attendant j’éprouve les pires craintes quant à l’avenir de Wawrinka dans le tournoi. Car on raconte de pareilles bêtises, sinon plus grandes, à son sujet. Du genre, il n’aura presque pas besoin de donner un coup de raquette avant son grand rendez-vous contre le Japonais Nei Nishikori. Alors qu’il a déjà sué sang et eau contre le Roumain Copil, 194e mondial! Sans compter qu’à l’instar de Federer, Stan The Man ne cesse de se vanter de son physique et de la qualité exceptionnelle de son jeu,

 Autrement posé, on n’est pas sorti de l’auberge!

 

10:48 Publié dans Les pieds dans le plat | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook | | | | Pin it! |

20/01/2015

Grand écran: "Une merveilleuse histoire du temps", l'histoire d'un génie qui méritait mieux

53e343bae6d26[1].jpgNous sommes en 1963, en Angleterre. Stephen  Hawking, 21 ans, fréquente l’université de Cambridge où il se penche sur le mystère de la création, auquel il est bien déterminé à donner une réponse simple. C’est là qu’il fait la connaissance de Jane Wilde (Felicity Jonnes), une jolie étudiante en art et en tombe amoureux.

Mais son corps le lâche soudain et Stephen (Eddie Redmayne) doit faire face à un diagnostic inexorable. Une dystrophie neuromusculaire, connue sous le nom de maladie de Charcot en France ou de Gehrig aux Etats-Unis  va s’attaquer à ses membres, sa motricité, son élocution. La faculté lui donne au maximum deux ans à vivre.

Malgré ses réticences, Jane, refusant l’inéluctable, l’épouse et l’encourage à finir son doctorat. Ils fondent une famille de trois enfants et, tandis que le corps de Stephen se dégrade, son cerveau en ébullition fait reculer les frontières de la physique. Et partant de la date d’une mort trop tôt annoncée, puisque l’un des physiciens le plus influent de la seconde moitié du 20e siècle est toujours vivant cinquante ans après la sentence.

Jusque là tout va bien, car on n’en est qu’à l’idée d’un long-métrage sur l'homme, dont l'existence et les découvertes avaient déjà été évoquées en 2004 dans un téléfilm de la BBC, Hawking, avec Benedict Cumberbatch dans le rôle-titre. Signé James Marsh, la version cinéma intitulée Une merveilleuse histoire du temps (The Theory Of Everything), est adaptée de l’autobiographie de Jane Hawking, avec promesse d’incursion dans la vie intime, conjugale et familiale du génie.

Le brillant scientifique méritait mieux

Malheureusement, les choses ne tardent pas à se déliter. Après une première partie, la moins décevante, vouée aux années d’études de Hawking, sa rencontre avec Jane et la découverte de sa terrible affection, les fans du maître de ses travaux sur la cosmologie et ses essais sur la gravité quantique qui ont entre autres permis d’élucider le mystère des trous noirs, en seront pour leurs frais. 

Bien que Stephen Hwking ait aimé le film (c’est du moins James Marsh qui le dit..), le brillant scientifique arrivé à la conclusion selon laquelle l’univers n’a pas eu besoin de Dieu pour se former, méritait  mieux que la longue deuxième partie de ce biopic lisse à la mise en scène convenue et où la science est réduite à la portion congrue.

Le réalisateur a en effet choisi de s’appesantir sur les problèmes du couple qui a fini par se séparer après l’arrivée d’un deuxième homme, Jonathan Jones (Charlie Cox) dans le ménage. Et on a du coup droit au triangle amoureux sur fond de violons et de bons sentiments, nettement plus énervants qu’émouvants.

596198[1].jpgReste l’interprétation du mannequin et acteur britannique ’Eddie Redmayne, le plus souvent portée aux nues et qui lui a déjà valu un Golden Globe. Elle est certes impressionnante, mais tellement calibrée pour l’Oscar dont il est l’un des grands favoris, qu’elle en devient caricaturale.

L’intéressé en tout cas mis tous les atouts de son côté. On peut lire que pour ressembler le plus possible au vrai Stephen Hawking, il a perdu six kilos, rencontré des gens souffrant de la même maladie et passé des heures à distordre son corps, au point d’altérer l’alignement de sa colonne vertébrale.

Film à l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 21 janvier.

22:00 Publié dans Sorties de la Semaine | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | | Pin it! |

Grand écran: "Foxcatcher", un thriller à haute tension. Fascinant, ambigu, toxique

foxcatcher-channing-tatum-steve-carell[1].jpgPour assouvir ses rêves de grandeur et prouver à sa mère castratrice, hautaine et cruellement jugeante, qu’il peut mener à bien un ambitieux projet, l’excentrique milliardaire américain John du Pont, grand patriote, ornithologiste à ses heures et passionné de lutte gréco-romaine, décide de coacher deux champions de la discipline pour les JO de Séoul en 1988. Dans cette optique, il met sur pied une luxueuse structure d’entraînement à Foxcatcher, la somptueuse propriété familiale. 

Le réalisateur Bennett Miller s’inspire d’un fait divers authentique, complètement fou, vécu par les frères Schultz, Dave et son cadet Mark, tous deux médaillés d’or à Los Angeles en 1984. Après leur triomphe ils traversent une mauvaise passe, et c‘est alors que John du Pont fait appel à eux pour former son équipe de choc.

Un magnat cyclothymique

Tout d’abord Dave refuse. En revanche Mark, souffrant de rester dans l’ombre de son aîné, flatté de l’attention que lui porte le rejeton de la puissante dynastie, attiré par son monde, accepte et emménage chez lui. Ce dernier s’improvise entraîneur, mentor et père de substitution pour son poulain avide de lui plaire.  

Une relation filiale aussi trouble que toxique se développe entre les deux hommes (photo). Parano et manipulateur, John du Pont (Steve Carell) pousse Mark (Channing Tatum) à des comportements  nuisibles à l’entraînement d’un sportif d’élite déjà fragilisé par un manque de reconnaissance et des blessures d’enfance.

Du coup le cyclothymique magnat se tourne vers Dave (Mark Ruffalo) dont il envie une assurance que sa fortune ne pourra jamais lui procurer. Le trio évolue dans une ambiance malsaine qui le conduit inéluctablement vers une fin tragique.

foxcatcher-channing-tatum-mark-ruffalo1[1].jpgComme dans Le stratège, avec Brad Pitt, Bennett Miller s‘aventure au-delà du sport pour livrer un fascinant thriller psychologique à haute tension, glaçant, ambigu, en forme de tragédie grecque. Foxcatcher, qui avait logiquement obtenu le prix de la mise en scène au dernier Festival de Cannes,  tant elle séduit par sa force, jouit également d’un bon scénario et d’une excellente interprétation.

A commencer par celle d’un Steve Carell à contre-emploi, très loin des rôles comiques qui lui sont habituellement confiés. Alors que le cinéaste exploite le côté obscur des besoins de pouvoir de ce héros malfaisant, redoutable, fantasque et mégalo, le comédien apparaît méconnaissable avec sa tête d’oiseau, ses cheveux grisonnants, sa prothèse nasale, son menton déformé, ses dents jaunies.
 
A ses côtés le ténébreux Channing Tatum se montre très convaincant en lutteur à la fois fruste, costaud, névrosé et vulnérable. Tout comme Mark Ruffalo, impeccable en frère protecteur et rongé par l’inquiétude (photo).

Film à l'affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 21 janvier.

14:20 Publié dans Sorties de la Semaine | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | | Pin it! |

13/01/2015

Grand écran: "Wild", la randonnée de choc en solitaire de Reese Witherspoon

Wild-2014-Movie[1].jpgWild est tiré d’une histoire vraie, celle de Cheryl Strayed, qui en avait fait un bestseller éponyme. Après des années d’errance, d’addiction à l’héro et un mariage foireux, cette femme perdue a décidé de se lancer dans une randonnée en solitaire de plus de 1700 kilomètres, le PCT (Pacific Crest Trail), parcours le plus long, le plus difficile et le plus sauvage d’Amérique.

Elle n’a aucune expérience de la chose. Mais elle y va avec, pour lui tenir compagnie, le souvenir de sa mère morte d’un cancer et de quelques autres moments de sa vie passée , ce qui nous vaut du flash back à la pelle. Nous voici donc partis pour un drame initiatique avec Cheryl en quête de transcendance, de rédemption, affrontant ses peurs, frôlant la folie et testant ses limites, bref, un petit soldat déterminé à se retrouver, à se reconstruire. Et qui finit par s'en sortir comme un chef.

C’est à Reese Witherspoon (photo) que le Canadien Jean-Marc Vallée a confié le soin de porter le film sur ses frêles épaules. Ainsi qu'un un sac à dos maousse, trois fois trop grand pour elle, si lourd qu’elle en titube en l'arrimant péniblement, mais qu’elle se coltinera quand même pendant un bon bout de chemin. Sans le moindre entraînement de surcroît.

Heureusement, lors d’un poste de ravitaillement et de repos, un homme des plus raisonnable va enfin lui conseiller d’alléger un peu son fardeau. La belle en retirera sagement quelques tampax et une poignée de préservatifs. J’exagère à peine…

Enfin, tout ça pour relever qu’en dépit de son absence de maquillage, de sa grosse fatigue et de ses pieds en sang, dire qu’elle n’a même pas pensé à prendre de bonnes chaussures de rechange, on peine à croire en l’authenticité, la persévérance, le courage et la force de cette héroïque marcheuse qui se veut attachante. Malheureusement, cette ixième aventure sur la survie permet surtout au réalisateur de nous servir des bons sentiments à la louche, assortis d’un discours pesant sur la redécouverte de soi.

Non seulement le film n’a qu’un très lointain rapport avec le formidable Into The Wild de Sean Penn  auquel on prétend parfois le comparer, mais on est encore plus frustré et déçu quand on pense par exemple  au récent Dallas Buyers Club, puissant et passionnant récit où Jean-Marc Vallée évoque ce bouseux texan sidéen qui apprend la compassion et la tolérance.

Film à l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 14 janvier.

 

 

 

22:00 Publié dans Sorties de la Semaine | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | | Pin it! |

Grand écran: "Durak", un homme seul face à la corruption en Russie

477705[1].jpgDima Nikitin, père de famille menant une vie des plus banale dans une petite ville de province, , travaille comme plombier pour payer ses études à l’université.

On découvre pourtant l’exceptionnelle intégrité de cet homme tout simple, lorsqu’il est appelé d’urgence une nuit dans un vieil immeuble de neuf étages abritant principalement des ivrognes, des marginaux, des drogués, une femme et sa fille battues par le mari.

Nikitin aperçoit  avec consternation des fissures courant jusqu’au sommet de ce bâtiment dans un état catastrophique, menaçant de s’écrouler suite à l’explosion d’une tuyauterie dans un dortoir. Tous les occupants doivent être immédiatement évacués, mais c’est le cadet des soucis des élus locaux, ignobles personnages qui s’en sont mis plein les poches et qui célèbrent bruyamment, à grand renfort d’alcool, les cinquante ans de la maire au restaurant.

N’écoutant que ses principes face à une société décadente dont il représente la conscience et la morale envolées, le courageux Dima se lance dans une course contre la montre semée d’embûches pour tenter malgré tout de convaincre ces bureaucrates pourris jusqu’à la moelle de se remuer pour éviter le drame qu’il estime imminent. Sa croisade lui sera fatale, mais il sauvera son âme.

S’attaquer à la corruption qui ravage la Russie n’est pas une nouveauté. Sauf qu' il y a la manière. Et avec le portrait de cet anti-héros, le réalisateur Yury Bykov, tout en se livrant à une violente dénonciation du système, propose un thriller haletant. Un film coup de poing en compétition au récent festival de Locarno, qui allie maîtrise de la mise en scène, traitement intelligent du sujet et excellente direction d’acteurs.

Le jury ne s’est pas trompé en décernant le prix d’interprétation masculine à son comédien principal, le remarquable Artem Bystrov (en rouge au centre de la photo), dans le rôle de ce plombier si responsable, qui a oublié d’avoir peur dans sa préoccupation première: sauver des vies. 

Film à l'affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 14 janvier.   

 

20:00 Publié dans Sorties de la Semaine | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | | Pin it! |