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31/10/2014

Bercy: Federer se brûle à force de jouer avec le feu. La pression monte en vue de la finale de Coupe Davis

images[9].jpgDans les journaux de France Info, on parlait étourdiment de la sensation du jour, à savoir Federer éliminé en quarts de finale par le Canadien Raonic à Bercy. Alors que c’était plutôt chronique d’une défaite annoncée! Car si le maestro alignait les victoires depuis l’US Open, elles n’étaient pas toutes très convaincantes. 

La preuve à Shanghai où, après avoir sauvé cinq balles de match d’entrée contre le modeste Argentin Leonardo Mayer, le king soufflait in extremis le titre sous le nez du Français Gilles Simon.

A retenir certes la fantastique rencontre du génie contre Djokovic en demie. Ce qui ne l’a pas empêché de nous reflanquer les chocottes à Bâle, où il a sacrément peiné pour se débarrasser du géant papy croate Ivo Karlovic, avant de jouer logiquement Goliath face au trop tendre Belge Goffin, David de son prénom.

Il n’empêche que tout baignait pour lui selon les media, qui le voyaient coiffer le vampire serbe au poteau à la fin de l’année. Misant pour cela sur un triomphe de ce brave Rodgeur dans la Ville Lumière. Sauf qu’il nous rejouait le même scénario qu’en Chine avec un premier match à nouveau gagné par les poils contre le Bleu Jérémy Chardy.

Et je ne parle pas de sa constance coupable à rater les innombrables balles de break gracieusement mises à sa disposition par des adversaires loin de son niveau. Il a même dû lutter dans les sept minutes pour ravir le service de Pouille, un illustre inconnu tricolore issu des profondeurs du classement. A force de jouer ainsi avec le feu, rien d’étonnant à ce que la légende se soit méchamment brulée au contact du redoutable bombardier Raonic. Et qu'il en est fini de ses espoirs de remonter sur le trône, vu la forme de Dracula, facile vainqueur de Murray la belette en quarts. 

Et cela ne devrait pas changer aux Masters de Londres. Reste la finale de la Coupe Davis dont le Bâlois serait bien inspiré de faire désormais sa priorité. Car s'il n'a pas réussi à atteindre le dernier carré et que Wawrinka a été éliminé au second tour, aucun Français n’a passé les huitièmes à Paris. C'est dire si la pression monte à 22 jours du coup d’envoi.

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Cinéma: Avec "Cure-La vie d'une autre", la Suissesse Andrea Staka joue avec le double

cd3bb868d59e9d99d95c20b6623cad226e5ca6d8[1].jpgDubrovnik, printemps 1993, après la fin du siège de la ville par les Serbes. C’est là que la Suissesse d’origine yougoslave Andrea Staka, lauréate du Léopard d’Or en 2006 pour Das Fräulein, situe l’action de Cure-La vie d’une autre. Un film très personnel où, jouant sur son double héritage culturel, elle raconte l’histoire de Linda, 14 ans, née en Croatie et élevée en Suisse.

Revenue dans son pays avec son père, elle fait la connaissance d’Eta, qui veut lui montrer son endroit secret et l’entraîne dans une forêt dangereuse et défendue qui surplombe la ville. Les deux adolescentes jouent à divers échanges où se mêlent quelques sous-entendus sexuels.

Et soudain les choses se gâtent, une dispute éclate et Linda précipite sa nouvelle amie du haut de la falaise. Rentrée en ville, elle prend peu à peu la place d’Eta dans sa famille. Andrea Staka nous emmène ainsi dans un lieu dont les hommes sont absents et où les femmes s’organisent entre elles.

Une intrigue avec des fantômes de part et d’autre. Ceux de la guerre et ceux de Linda, hantée par les images de la chute mortelle d’Eta et qui, symboliquement, perd pied à son tour. La réalisatrice oscille ainsi entre l’imaginaire et le réel, flirte avec le fantastique, le subconscient, la culpabilité, dans une recherche des différentes facettes de l’identité.

Andrea Staka a du talent et elle le prouve à la fois dans sa réalisation et sa direction des deux actrices principales Sylvie Marinkovic et Lucia Radulovic. Très jolies de surcroît ce qui ne gâte rien. On regrettera pourtant le côté touffu, sinon hermétique, d’une histoire qui finalement promet davantage qu’elle ne tient.

Andrea-Staka[1].jpgElle est inspirée d’un fait divers authenthique, comme nous l’explique la cinéaste de passage à Genève. "Alors que je venais de terminer Das Fräulein, une cousine m’a raconté que deux filles étaient allées se promener sur une colline de Dubrovnik et qu’une seule était rentrée. Cela m’a évidemment intriguée. Je me suis renseignée et je me suis rendu compte qu’il y avait plusieurs variantes à l’affaire".

"Je me suis alors demandée si j’allais construire le film d’après différents points de vue et puis je me suis dit non, ce qui m‘intéresse ce sont ces deux copines qui partent seules pour parler  de choses que personne d’autre ne doit entendre J’ai donc pris le côté mystérieux de ce que j’imaginais et je l’ai mis dans un univers que je connais de ma grand-mère, de mon père".

-Dans ce deuxième long-métrage c’est à nouveau de vous que vous parlez.

-Quand j’ai commencé, je pensais que ce serait simplement une amitié adolescente. Et puis c’est comme si je ne pouvais pas me déconnecter de mes racines. Et cela s’est transformé en un film sur moi, mon conflit avec mes deux univers, mes deux cultures. Avec une différence. Dans les autres, je me demande si je suis plus Suisse ou plus Yougoslave, comment je me débrouille entre ces deux héritages. Dans Cure, j’explore plutôt le subconscient, le côté sombre de l’identité. Doit-on tuer une partie de soi-même? Je me pose d’ailleurs toujours ces questions

-Et alors, avez-vous des réponses?

-Je prends  le meilleur des deux pays. Ici, j’apprécie le calme et la sécurité qui me permettent de me concentrer sur moi-même. De la Croatie, j’aime le côté émotionnel. Il y  a plus d’humour, de fantaisie, une certaine tendresse.

-Cette dualité se retrouve tout au long du film.

-Oui il y a la double origine, la double identité des deux filles, le fait qu’elles peuvent être les deux faces d’une même personne, le fait aussi qu’elles soient entre l’enfance et la maturité. Sans oublier la dualité d’une Croatie entre la guerre et la paixx

-Comment avez-vous choisi vos deux actrices principales? Sylvie Marinkovic alias Linda vous ressemble physiquement.

-La tête d'affiche est souvent l’alter ego des réalisateurs. Quand j’ai opté pour Sylvie, je ne trouvais pas qu’elle me ressemblait. Dès la première scène, en revanche, oui. Je l’ai cherchée en Suisse. Elle devait être bilingue et avoir 14 ans au moment du tournage. Le processus a duré environ un an. Davantage pour Lucia Radulovic (Eta). Je voulais une fille de Dubrovnik et j’ai vu beaucoup d’ados de 12 à 16 ans.

-Un mot sur Dubrovnik, l’un des personnages importants. 

-Dans mes films, j’ai un rapport intense avec les villes. Zurich, New York. Dubrovnik a beaucoup d’histoire. C’est une ville de femmes dont les hommes sont absents car ils sont partis en mer ou à la guerre. Elle est  à la fois mystérieuse, poétique et angoissante et je la filme selon ma perspective, mon feeling, tout en sentant que je ne suis pas complètement de là.

-Avez-vous déjà une idée pour "l’après Cure"? Vous n’allez pas nous faire attendre huit ans…

-J’espère que non. Mais vous savez, un film représente un énorme enjeu. Je ne veux pas juste en tourner un de plus. Il faut qu’il soit important pour moi, qu’il dise quelque chose. Il est toutefois vrai que j’ai un projet. Cela part d’une scène d’humour dont je ne peux pas parler. Elle me fait beaucoup rire, ce qui  ne signifie pas pour autant qu’il s’agira d’une comédie...

Film à l'affiche dans les salles de Suisse romande depuis mercredi 29 octobre.

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29/10/2014

Cinéma: Black de choc dans "Bande de filles". La réalisatrice Céline Sciamma nous en parle

7306502[1].jpgLe film ouvre sur un match de football américain musclé, où s’affrontent des Black plutôt costaudes. Une façon d’annoncer la couleur sur fond de banlieue et de guerre des sexes pour Céline Sciamma qui, après Tomboy, revient à l’adolescence avec Bande de filles.

Dans son troisième long-métrage, elle suit Marieme, 16 ans, en butte à une succession d’impasses et d’interdits. En échec solaire, en rupture avec sa mère, elle s’occupe de ses deux petites sœurs et subit les brutalités de son grand frère dans un quartier où les mâles font la loi.

Jusqu’au jour où elle rencontre Lady et deux autres loubardes noires, Adiatou et Fily, avides de s’émanciper du rôle archaïque assigné par les mecs. Sous le nom de Vic, Marieme rejoint le trio de frondeuses, se coule dans le moule, se virilise et découvre la saveur de la liberté entre combats de rues et virées à Paris, dont une soirée déjantée dans une chambre d’hôtel. Mais en s’échappant de chez elle, elle tombe sous une autre emprise…

Juger n’est pourtant pas le but de Céline Sciamma dans cet opus physique, qui tient du grand roman d’apprentissage universel et intemporel, où elle sort du strict sujet de société. Tout en évitant l’exotisme, elle révèle de sulfureuses beautés non professionnelles au corps de rêve. Et qui se donnent à fond, à l’image de la féline Karidja Touré, qui est de tous les plans. Elle est entourée d’Assa Sylla (Lady) Lindsay Karamoh (Adiatou) et Marietou Touré (Fily)

3175223045_1_8_7xc8UT3P[1].jpgSélectionné en ouverture de la Quinzaine cannoise des réalisateurs en mai dernier, Bande de filles avait reçu un accueil à la hauteur de l’attente qu’il avait suscitée .De quoi ravir Céline Sciamma (photo), récemment rencontrée à Genève. 

"Mes films précédents traitaient de l’intime, celui-ci évoque l’altérité. Des filles que je croise tout le temps aux Halles, dans le métro, Gare du Nord, qui occupent l’espace public, vivent en groupe, dansent, chahutent. Mais on ne les voit jamais sur grand écran".

-Comment les avez-vous choisies?

-Nous nous sommes lancées dans un vaste recherche de quatre mois avec Christel Barras, ma directrice de casting, entre les agences, les cours de théâtre et la rue. Nous avons auditionné environ 150 filles, dont beaucoup étaient des candidates possibles.

-Bande de filles est un film engagé dans tous les domaines. 

-Absolument. Il n’y a pas de frontières entre l’émotionnel, la politique et l’esthétique dans cette chronique d’une amitié. Je veux montrer comment le groupe permet d’exprimer des sentiments de solidarité, la sororité. Je questionne aussi l’origine de la domination. Marieme refuse le modèle de la précarité, la violence sociale. Elle refuse d’être le larbin de quiconque, même si elle doit s’adapter au code de la rue en livrant de la drogue.

-La meneuse du groupe, Lady, organise des combats entre filles. Vous souhaitiez montrer leur violence?

-Oui et me livrer du coup à une réflexion sociologique. Je me suis documentée sur le sujet. J’ai découvert que contrairement à ce qu’on nous laisse croire, les filles ne sont pas plus brutales et les bandes pas plus nombreuses qu’avant. Ce sont des légendes urbaines qui arrangent tout le monde.
-
-Vous donnez à voir un côté graphique, stylisé de la banlieue.

-J’aime aller où ça bat fort. C’est de là que je viens et je regarde les endroits dans leurs potentialités. Le quartier que je décris, Bagnolet, existe dans son intégrité. Il y a une grande pensée urbanistique.

-J’ai lu que vous avez entretenu un rapport de rituel presque religieux avec le cinéma.

-C’est vrai, il s'gisait d'une quête encyclopédique, à 13-14 ans. Une forme de fétichisme. Je m'y rendais trois fois par semaine. Seule. Le cinéma m’a structurée. Toute ma vie était organisée autour. Il fallait gagner de l’argent pour payer le billet. Acheter une mobylette...

-Comment envisagez-vous la suite?

-J’en ai fini avec l’enfance et l’adolescence. J’ai envie d’autre chose, de travailler avec des professionnels. Les actrices qui m’intéressent, ce sont les jeunes qui montent, Anaïs Demoustier, Adèle Haenel, Céline Sallette. Car je continuerai avec la création de l’identité féminine. J’imagine un thriller fantastique féministe.

Film à l'affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 29 octobre.
 
 


 

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27/10/2014

Finale de la Coupe Davis: chaque battement de cil des Rouges et des Bleus passé au crible!

fede-tsonga_3e3699d5edaff3a2fcf5caa2c01a67cd[1].jpgDepuis que Suisses et Français ont été invités, en septembre dernier, à en découdre à Lille du 21 au 23 novembre dans l’espoir de remporter le fameux saladier d’argent, c’est du délire au sein de la planète tennis.

Et je ne vous parle pas des pauvres auditeurs d’Europe 1 qui devront se farcir les commentaires de l’insupportable Cyril Hanouna. A côté, ceux des spécialistes de la RTS, c’est du miel pour les oreilles. Y compris les piaillements de la perruche, alias Pierre-Alain Dupuis…

Non, je vous parle de chaque mot, chaque geste, chaque battement de cil des uns et des autres examiné, sondé, scruté, décodé. Sans compter chaque point, chaque set, chaque match analysé, décortiqué, décodé, épluché, disséqué. 

C’est dire si la Coupe Davis est dans toutes les têtes helvético-hexagonales à Bercy, dernier grand rendez-vous où les futurs adversaires testent leur forme à l'image d'un Gasquet conquérant et chanceux au premier tour, vu que contrairement aux deux Rouges déjà qualifiés, aucun Bleu n'est assez fort pour s’aligner au tournoi des maîtres chez les British. 

Mais Federer a eu beau gagner à Shanghai et Bâle je ne peux m’empêcher de penser que les chances des Suisses qui avaient à mon avis passé de presque nulles à très minces, n’ont pas augmenté d’un iota. Et les pathétiques tentatives de Gilles Simon (je ne le croyais pas aussi peste) d’appeler au boycott de Rodgeur question applaudissements n’y sont pour rien.

Ce qui m’inquiète ce sont les déclarations de Sa Grâce selon lesquelles la Coupe Davis n’est pas sa priorité, tant il trouve plus fun de redevenir numéro un mondial à la fin de l’année au nez et à la barbe de Djokovic. Même si le "saigneur" des courts, qui a déjà épuisé les joies de la paternité, n'a pas la moindre intention de laisser la légende ajouter un nouveau chapitre à sa glorieuse saga.

On peut certes regretter que le Guillaume Tell du tamis soit aussi peu patriote et ne pense qu’à lui. Mais la question est ailleurs. Il envoie surtout un très mauvais signal à un mois de cette fichue finale. Courir deux lièvres aussi trapus, c’est trop risqué. Et le maestro sent bien que Wawrinka est actuellement plus un poids qu’un soutien. Autrement posé, que les carottes sont quasi cuites côté Davis.

Voilà qui ne va malheureusement pas inciter le Vaudois, empêtré dans ses prématurées défaites à répétition depuis trois tournois, à faire des étincelles à Paris et à Londres.

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22/10/2014

Cinéma: "Fury", avec Brad Pitt reparti combattre les nazis

1310958907182_ORIGINAL[1].jpgAprès Inglorious Basterds de Quentin Tarantino, Brad Pitt retourne combattre les nazis dans Fury. Le film de David Ayer se déroule en avril 1945, alors que la guerre est quasiment finie et le régime hitlérien moribond. Mais dans un ultime assaut, les troupes tentent de barrer la route de Berlin aux Alliés.

A bord d’un tank Sherman, un petit groupe d’Américains menés par l’inflexible et courageux sergent Wardaddy, vont s’aventurer, mission suicide, bien au-delà des lignes ennemies. La caméra les suit pendant 24 heures cruciales où ils vont tout tenter pour anéantir un adversaire dont la puissance de tir les dépasse.

Et c’est parti pour plus de deux heures de violence sanglante sous un déluge de feu pour cette histoire vraie tirée d’un épisode inédit de la Deuxième Guerre mondiale. Un film hyperréaliste avec une scène d’ouverture effrayante montrant un cavalier allemand errant dans un décor apocalyptique et cruellement  achevé au couteau.

Des cadavres de civils pendus à des poteaux électriques, des corps écrasés dans la boue, un amas de carcasses d'acier, le ton est donné. Et le mot d’ordre clair pour les hommes coincés dans l’habitacle confiné et anxiogène de Fury, le nom du char d’assaut: massacrer le plus d’Allemands possible, tous désignés comme autant d’immondes salopards.

Un récit initiatique

Au-delà de l’affrontement entre le bien et le mal cher à l'oncle Sam, de l’excès de patriotisme et de citations bibliques, David Ayer, à qui l’on doit notamment End Of Watch sur le quotidien de deux flics à Los Angeles, propose un récit initiatique en évoquant la transformation radicale de l’individu par le combat. En l’occurrence celui d’un tout jeune homme (Logan Lerman) dactylographe inoffensif devenu une bête à tuer.

Car il s’agit de survivre, la seule gloire dans ce film de guerre vu sous un angle original. D'une rare brutalité, explosif, macho, Fury jouit d'une mise en scène efficace et de séquences impressionnantes, surtout pour qui aime le genre. David Ayer s'est également entouré de bons comédiens. A côté d’un Brad Pitt le visage couturé, le corps marqué, convainquant en chef impitoyable sujet à quelques accès d’humanité, et de Logan Lerman psychologiquement traumatisé et rendu à l’état sauvage, on trouve encore Shia Labeouf, Michael Pena et John Bernthal.

Film à l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 22 octobre.

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Cinéma: la magie de Woody Allen dans "Magic In The Moonlight"

19421449.jpg-cx_160_213_x-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxx[1].jpgUn magicien du cinéma captivé depuis l’adolescence par la magie nous raconte l’histoire d’un autre magicien qui ne supporte pas les spirites qu'il traite de charlatans. C’est avec cette intrigue baignant dans les années 20, que Woody Allen opère un retour… magique sur les écrans pour nous bercer d’une nouvelle et merveilleuse illusion.

Au centre de l’intrigue se trouve le célébre prestidigitateur chinois Wei Ling Soo, sous lequel se cache Stanley Crawford, un arrogant misanthrope anglais psychorigide. 

Persuadé par son fidèle et unique ami Howard Burkan qu'il y a anguille sous roche, notre grincheux British décide de partir dans le sud de la France pour y démasquer Sophie, une jeune medium prétendant connaître l’avenir. Et qui, avec la complicité de sa mère, arnaque les Catledge, une richissime  famille d’une rare crédulité.

Car évidemment, Stanley Crawford est placé pour le savoir, dans la magie il y a toujours un truc. Mais Sophie se montre si professionnelle, intelligente et intuitive, que le rationnel Stanley tombe malgré ses certitudes sous le charme de la ravissante créature. Au point de se faire abuser. Ou presque... 

De notre côté, on se laisse séduire avec le plus grand bonheur par le génial cinéaste, qui nous livre une irrésistible et jubilatoire comédie romantique, pimentée de fantaisie, de malice, d’humour. Sans oublier cette touche de surnaturel qui lui a si bien réussi dans Minuit à Paris, La rose pourpre du Caire ou Alice.

imagesCAEU8VDD.jpgMagic In The Moonlight est un petit bijou où Woody Allen parle à l’évidence de lui-même en mettant en scène ce magicien ratiocineur et amoureux, tandis qu'il rend hommage à une époque fascinante à travers la musique, les décors idylliques, les costumes.

S’y ajoutent une magnifique photographie un marivaudage d'une légèreté inimitable, des dialogues piquants, ciselés et, cerise sur ce savoureux gâteau, d’excellents acteurs. Colin Firth est parfait un vieux ronchon pris dans les filets de la délicieuse, lumineuse et solaire Emma Stone.

Film à l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 22 octobre.

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Cinéma: "On a marché sur Bangkok", avec Kad Merad et Alice Taglioni. Bancal et poussif

images[2].jpgA quelques exceptions près, la comédie française continue à toucher le fond. Quand elle ne creuse pas pour descendre plus bas. Une nouvelle preuve nous en est donnée par On a marché sur Bangkok d’Olivier Baroux, flanqué de son inévitable compère Kad Merad. Après s’être pas trop mal débrouillé avec Mais qui a tué Pamela Rose? le réalisateur évidemment encensé sur les plateaux télé, s’ingénie à tourner des navets du genre Safari ou Monsieur Papa.

Pourtant sa nouvelle idée avait du potentiel. Serge Renart, journaliste has been sévissant sur le petit écran et Natacha Bison, reporter de guerre écartée par ses pairs car jugée dangereuse, sont obligés d’enquêter de conserve sur une mystérieuse affaire qui les conduit en Thaïlande.

Ils cherchent à percer l’un des secrets le mieux gardé des cinquante dernières années: les deux minutes de vidéo manquantes, lors de la retransmission des premiers pas américains sur la lune, le fameux 21 juillet 1969. S’ils trouvent, ce serait juste le scoop du millénaire!

Mais comme Olivier Baroux n’en fait rien, de ce postulat de départ, les choses ne tardent pas à se gâter dans ce film d’aventures qui se veulent rocambolesques, au scénario poussif, aux dialogues plats, s’enlisant entre clichés laborieux et gags calamiteux.

S’obstinant dans ses compositions lassantes et pas drôles d’idiot au grand cœur multipliant les catastrophes, Kad Merad ne contribue pas à relever le niveau. Seules à émerger un peu de la médiocrité ambiante, Alice Taglioni et sa plastique de rêve, ainsi que la petite Chawanrut Janjittranon, ravissante gamine que tout le monde voudrait adopter.

Film à l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 22 octobre.

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15/10/2014

Cinéma: "Geronimo", le "West Side Story" gipsy de Tony Gatlif

1400764350587_0570x0358_1400764362443[1].jpgUne  banlieue du sud de la France, une rue déserte et une adolescente en robe de mariée lancée dans une longue course éperdue. D’origine turque, elle s’appelle Nil Terzi et vient de s’échapper d’un mariage forcé avec un homme plus âgé, pour rejoindre celui qu’elle aime à la vie à la mort, le jeune et beau gitan Lucky Molina.

Il l’enlève sur sa moto et voici nos amoureux en fuite, déclenchant la fureur de la famille de Nil, prête à les tuer pour sauver son honneur.

L’autre bord n’est évidemment pas en reste et, la guerre brutalement rallumée, les deux clans rivaux s’affrontent dans de provocatrices battles musicales. Tandis que Geronimo, une courageuse éducatrice de rues au grand cœur qui fait régner la loi dans le quartier, s’interpose pour empêcher une vendetta aveugle et le sang de couler.

La demi-mesure, le réalisateur Tony Gatlif ne connaît pas. Avec sa West Side Story gipsy, où il transforme les scènes de bastons en ballets chorégraphiés dans un déluge d’images et de musique, turque, gitane, world, il frise l’outrance. Sinon tombe en plein dedans à l’occasion. En même temps, dans cette ode à la liberté et à l’amour, on aime sa façon de militer contre la violence et les traditions archaïques dans lesquelles trop de femmes continuent à être enfermées. Et à souffrir.

165588.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxx[1].jpgSon choix d’une médiatrice au lieu d’un médiateur pour apaiser les tensions, n’est pas anodin. Comme il le dit lui-même "une femme c’est plus fort, plus juste, moins commun qu’un mec toujours dans le rôle de celui qui sauve, règle, commande".

Il a ainsi confié celui de Geronimo à Céline Sallette (photo), qui, à part Sergi Lopez apparaissant brièvement dans le film, est la seule professionnelle. Tous les autres débutent et ils ont de l’énergie à revendre.

Film à l’affiche dans les salles de Suisse romande depuis mercredi 15 octobre.

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Cinéma: "Samba" traite le délicat sujet des clandestins. Sans convaincre

images[3].jpgAprès Intouchables et ses quelque 20 millions d’entrées,  Olivier Nakache et Eric Toledano remettent le couvert avec Samba, leur cinquième film adapté d’un roman de Delphine Cousin. Dans le rôle principal, Omar Sy bien sûr. Juste en passant, leur comédien fétiche poursuit sa carrière américaine avec X-Men Days Of Future Past, avant Good People et Jurassic World.

Mais là, il donne la réplique à Charlotte Gainsbourg et les choses se passent en France où Samba, clandestin sénégalais tente par tous les moyens de régulariser sa situation.

Il galère d’un petit boulot à l’autre, plongeur, vigile de nuit ou trieur de déchets, avec la trouille de se faire pincer. Finalement arrêté, il est placé dans un centre de rétention où il se voit signifier l’obligation de quitter le territoire.

C’est alors qu’il rencontre Alice, cadre supérieure soignant son burn out en travaillant comme bénévole dans une association s’occupant de sans-papiers. En mal de tendresse sinon plus, séduite par les muscles du costaud Samba, elle décide de l’aider...

Mêmes recettes et mêmes ficelles

Toledano et Nakache se penchent sur un sujet délicat. Mais en utilisant les mêmes recettes et ficelles que dans Intouchables, mettant notamment en scène deux personnages aux antipodes, ils livrent une comédie sociale qui se prétend dure, juste, émouvante, avec une touche d'humour. Elle se révèle pourtant bien peu convaincante tant la trame est téléphonée et les blagues pas terribles. 

Sans compter, alors que le film est censé explorer une situation difficile, que la rencontre entre deux êtres diversement marginalisés vire à une histoire d’amour des plus improbables. On a vraiment du mal  à croire à l’attirance qu’éprouve Samba, à l’égard d’une quadra terne, fragile, coincée, paumée et dépressive. CertesiIl est gentil, mais il y a des limites...

On signalera encore, aux côtés du duo principal, Iza Higelin qui n‘apporte pas grand-chose à l’affaire, sinon de deviner incongrument la "chaudasse" sous les airs timides de Charlotte Gainsboug, sa collègue bénévole. Et surtout Tahar Rahim qu’on adore mais qu'on a vu nettement plus inspiré qu’en laveur de carreaux, enlevant voluptueusement le haut pour de frétilllantes secrétaires dans une scène grotesque.

Film à l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 15 octobre.

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14/10/2014

Cinéma: "Le labyrinthe", entre la série "Lost" et la saga "Cube"

7774805121_thomas-sangster-incarne-newt-dans-le-labyrinthe[2].jpgSe réveillant amnésique dans un ascenseur, Thomas ne comprend pas ce qui lui arrive. Un groupe de garçons venus l’accueillir lui explique que la "boîte" amène chaque mois un nouveau ayant perdu la mémoire comme lui. 

Ils sont donc une trentaine prisonniers dans ce village étrange et inconnu entouré de murs infranchissables, contraints de se plier à des règles très strictes pour survivre.  

Unique possibilité de fuir, un labyrinthe géant, mystérieuse construction meurtrière dont le plan est modifié chaque nuit. Mais seuls les membres du clan des coureurs sont autorisés à pénétrer dans cet endroit peuplé de  monstrueuses et terrifiantes créatures arachnoïdes, pour tenter de trouver une sortie. Coureur ou pas, inutile de préciser que le courageux Thomas n’a pas l’intention  de rester les bras croisés et organise rapidement une rébellion pour retrouver la liberté.

Un récit dystopique

Le labyrinthe (titre original The Maze Runner) est  adapté par Wes Ball d’un roman de science-fiction de James Dashner qui, comme  Hunger Games ou Divergente s’inscrit dans le roman dystopique ou contre-utopique  Autrement dit il s’agit d’un récit dépeignant une société imaginaire organisée de telle façon qu’elle empêche les gens d’accéder au bonheur.

Le réalisateur nous entraîne ainsi à la suite de sa bande de jeunes héros pris au piège mais déterminés à s’en sortir coûte que coûte. A commencer évidemment par  Thomas, interprété par Dylan O’Brien (photo). A noter  que contrairement aux autres films du genre, une seule fille figure dans la distribution, Kaya Scoledari, dernière débarquée et qui vient perturber le monde des garçons.

Entre la série Lost et la saga Cube, Wes Ball livre un opus pour adolescents qui se veut anxiogène. Sans pourtant aller jusqu’à filer de gros frissons d’angoisse au spectateur,  il se laisse voir grâce à ses comédiens convaincants, ses décors travaillés, et sa mise en scène efficace.

Film à l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 15 octobre.

 

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