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30/06/2014

Livres: "Bloc K", un premier roman fantastique à découvrir

images[2].jpgLa Terre est à l’agonie. Nous sommes au XXIe siècle et la surpopulation mène l‘humanité à sa perte. C’est alors qu’un pape de formation scientifique, visionnaire ou hérétique c’est selon, met en place le Projet pour sauver l’homo sapiens.

Il est destiné à modifier notre espèce en vue de son adaptation à de nouveaux mondes lointains en changeant avant tout son mode de reproduction. C’est dans ce contexte que cinq cents ans plus tard, un jeune prêtre est chargé d’enquêter sur une mystérieuse disparition qui compromet tout.

Signé Isabelle Frag, Bloc K est un essai joliment transformé. Talentueuse, l’auteure nous enchante plus particulièrement grâce à une imagination débordante qui la pousse à créer d’incroyables personnages à l’aspect improbable et aux vocations inédites.

Il y a notamment Tchum, le pétant sniffeur tripode, la famille Dupond et son extravagante façon de se déplacer, la curieuse lignée des Mathu-Salem et surtout la timide, bouleversante et extraordinaire Anoure, l’enfant chérie du Projet, adorable créature au corps polymorphe avide de rejoindre l’espace, son ultime lieu de résidence.

Un premier roman fantastique foisonnant, doublé d’une sorte de thriller écologique et saupoudré d‘humour à conseiller aussi bien aux amateurs qu’aux non familiers du genre.

Voir la bande-annonce de Bloc K d’Isabelle Frag aux éditions Edilivre- YouTube

19:05 Publié dans Fiction | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | | Pin it! |

26/06/2014

Mondial: cette France qui ne porte pas trop l'Helvétie dans son coeur...

images[8].jpgOn prétend volontiers qu'on aime se détester des deux côtés de la frontière. Une litote. Car s’il fallait des preuves que nos chers voisins ne nous vouent décidément pas une affection démesurée, le Mondial brésilien ne cesse de nous en fournir. Certes les Suisses les ont pas mal allumés avant le match opposant les deux nations à Salvador de Bahia, avec des provocations bêtes du genre plumez-nous ce coq…

D’où l’intense jouissance des Bleus après la déculottée cinglante infligée aux Rouges. Et dont leurs compatriotes journalistes, ne se contentant pas de déclarations aussi assassines que moqueuses à connotation bancaire jubilatoire, se délectaient encore davantage en relayant une digestion nauséeuse et une désolation médiatique à la suite du naufrage pitoyable de cette malheureuse et impuissante Nati, alors en équilibre instable au bord du précipice.

S’y mettait aussi un Gaël Monfils, ravi d’en «serrer cinq» à chaque Suisse croisé dans les allées de Wimbledon. Et de le clamer urbi et orbi. Par charité chrétienne, je n’insisterai pas trop sur sa cuisante défaite chez Sa Majesté en… cinq sets contre Vesely, Tchèque de 20 ans 68e au classement. Un second tour pareillement fatal à Richard Gasquet, s’inclinant sur le même score face au jeune Australien Kyrgios, pointant lui au 144è rang et au  bénéfice d'une wild card. De quoi leur en serrer dix!

Mais revenons-en aux flamboyants footeux tricolores. Pour eux, il était assez évident que les fils de Tell auraient du mal à se relever de ce dramatique revers. D'où une nette tendance à la présomption, prenant les Equatoriens de haut en alignant quelques seconds couteaux. Résultat, ils se sont montrés minables face à de fougueux adversaires pourtant réduits à dix.

Inutile de préciser que la France muette sur le terrain n’a pas été beaucoup plus bavarde en-dehors pour commenter ce nul infiniment laborieux. Passant également comme chat sur braise sur le triplé de Shaqiri, qui a au contraire évidemment donné l’occasion à toute la presse suisse d’adorer follement ce qu’elle avait sauvagement brûlé.

En revanche je me méfierais comme de la peste de l’analyse particulièrement particulièrement flatteuse des quotidiens argentins, se disant impressionnés et prétendant craindre la bande d'Hitzfeld en évoquant surtout le pied gauche magique de l’épouvantail Xherdan. Ce qui lui vaut le surnom de «Messi suisse». Si ce n’est pas de l’intox!

 

 

 


 

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25/06/2014

Cinéma: "Les brasiers de la colère", thriller noir et violent

imagesCABQERYB.jpgDescente aux enfers dans le cadre d’une minable banlieue ouvrière américaine pour Russell Baze et son jeune frère Rodney. Le premier travaille à l’usine de leur père, tandis que le second, qui a préféré s’engager en Irak, revient de quatre missions éprouvantes pour la tête et le corps. 

Suite à un tragique accident de voiture, Russell est condamné à la prison et Rodney tente de survivre financièrement en pariant aux courses, et en jouant dangereusement avec son intégrité physique dans de terribles combats de boxe qui n’ont pas grand-chose à voir avec le noble art.

Lessivé, dans la dèche, sa seule ressource est de se tourner vers Harlan DeGroat, redoutable et pervers gangster sociopathe. A sa libération, Russell veut sortir son cadet des griffes de l'affreux truand et de sa bande d'esclaves dégénérés. Mais Rodney disparaît et son aîné se lance dans une chasse à l'homme au péril de sa vie pour le retrouver. 

Avec Les brasiers de la colère, le réalisateur Scott Cooper, qui avait connu un beau succès en 2009 grâce à son premier long-métrage Crazy Heart où Jeff Bridges se glisse dans la peau d’un vieux chanteur country en proie à ses démons, se penche sur la misère sociale de gens désespérés dans une ville minière sinistrée à l'ambiance poisseuse.

Cette plongée dans les eaux glauques d'une Amérique profonde en crise se laisse voir en dépit de son scénario sans grande originalité, et où la noirceur absolue le dispute à une extrême violence. On reprochera d’ailleurs à l’auteur quelques scènes aussi complaisamment démonstratives que contre-productives.

A saluer en revanche la bonne interprétation de Christian Bale et de Casey Affleck. Un bémol en ce qui concerne celle de Woody Harrelson, dont le jeu outrancier et le visage grimaçant frisent parfois la caricature. Quant à Forest Whitaker, il se contente de faire de la figuration dans son rôle de flic tentant d’arranger les bidons. 

Film à l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 25 juin.


 

 


 

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24/06/2014

Cinéma: "Le conte de la princesse Kaguya", un bijou d'animation

images[9].jpgProduit par les studios Ghibli, Le conte de la princesse Kaguya d’Isao Takahata est adapté d’une célèbre légende japonaise du Xe siècle. Il raconte l’histoire d’une minuscule fillette découverte dans une tige de bambou par un pauvre paysan japonais qui la ramène à la maison et l’élève avec sa femme.

A la faveur d’une croissance extraordinairement rapide, le bébé devient une superbe jeune femme qui aime se promener dans la nature et jouer avec les enfants du coin. Mais ses parents adoptifs, ayant trouvé un trésor dans une autre tige de bambou, décident de l’emmener vivre dans la capitale où la simple réputation de sa beauté lui vaut la convoitise de tous les nobles. 

Ils vont tenter de relever d’incroyables ou impossibles défis pur lui plaire. Même l’empereur subjugué envisage d’en faire une de ses épouses. Mais la princesse Kaguya n’appartient pas au monde terrestre et son destin lui fera bientôt rejoindre la lune d’où elle était venue.

Quatorze ans après Mes voisins les Yamada, Isao Takahata, propose un bijou d’animation traditionnellement tourné en deux dimensions, qui nous change des effets spéciaux en 3D souvent lourds et répétitifs des grosses machines américaines.

Outre l’intérêt écolo-cosmique du contenu qui va bien au-delà de l’historiette d’une belle princesse éconduisant ses soupirants, le réalisateur livre ainsi un petit chef d’œuvre visuel dont la beauté, la subtilité et la finesse du dessin rappellent celui, également magnifique de son compère Hayao Miyazaki, qui a récemment réalisé Le vent se lève. A voir absolument.

Film à l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 25 juin.

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Cinéma: "On a failli être amies", avec Karin Viard et Emmanuelle Devos

images[5].jpgUn duo féminin en tête d’affiche, ce n’est pas fréquent au cinéma. C’est l’une des particularités du quatrième film de la Française Anne Le Ny, On a failli être amies, qui a de plus réuni deux comédiennes n’ayant jamais joué ensemble, Karin Viard et Emmanuelle Devos (photo).

La première, Marithé, travaille dans un centre orléanais de formation pour adultes qu’elle aide à se reconvertir en évoluant leur potentiel respectif. Divorcée, mère d’un grand fils, elle ne se pose pas trop de questions sur elle-même. Jusqu’au jour où débarque dans un groupe d’ouvrières au chômage Carole, une bourgeoise insatisfaite qui manifeste son désir de changer de métier et de vie.

Une relation étrange et complexe

Touchée, Marithé décide de faire le maximum pour elle. D’autant qu’en la croisant par hasard en dehors du centre, elle la découvre dans un restaurant de luxe à la campagne, où elle travaille dans l’ombre de son mari. Sam est non seulement un chef étoilé réputé mais un bel homme qui attire  autant par sa virilité que par l’excellence de sa cuisine. Des qualités auxquelles Marithé n’est pas insensible et qui la poussent à s’investir encore davantage dans le coaching de Carole…


On a failli être amies ne nous emmène pourtant pas dans un banal ménage à trois, mais dans une relation étrange, ambiguë, complexe entre deux femmes qui se fascinent, s’envient  mutuellement et dont l‘une va prendre pour ainsi dire naturellement la place de l’autre. A contre-emploi. Karine Viard et Emmanuelle Devos se complètent parfaitement dans cette quasi amitié à laquelle Roschdy Zem apporte une forme d'érotisme. 

images[9].jpgLa réalisatrice et actrice Anne Le Ny, récemment de passage à Genève, nous parle de cette comédie romanesque au traitement original, où le burlesque et l'humour font  irruption dans le dramatique. 

-Deux mots d’abord sur vos comédiennes. Vous avez spécialement écrit pour elles.

-Oui. Elles ont déjà chacune joué dans un de mes films et figurent parmi les meilleures de la profession. Nous travaillons bien ensemble, nous avons la même approche. Elles ont en outre une palette de jeu incroyable et une vraie réflexion sur leur personnage. Elles éprouvent une admiration réciproque et se sont tout de suite trouvées.

-Comme son titre l‘indique, le film évoque leur amitié possible. Mais il raconte aussi les rapports de vos héros au travail.

-Effectivement, c’était l’idée de départ pour tirer d’autres fils. Elle m’est venue en discutant avec mon assistante monteuse qui avait fait le même job que Karine Viard dans l’histoire. Je ne connaissais pas du tout ce métier. C’est ce qui m’a intéressé dans la mesure où au cinéma on préfère en général des professions plus glamour.

-Vous êtes quand même tendance en choisissant un chef étoilé comme troisième protagoniste principal.

-J’aime manger et la cuisine a un côté sensuel. Cela me permet de montrer une séduction un peu plus raffinée avant d’aller frontalement vers la sexualité. Par ailleurs je voulais un métier qui se pratique en couple.

-Roschdy Zem dans le rôle, c’est inédit pour lui.

-C’est vrai qu’on a peu l’habitude de le voir sans flingue! D’ailleurs, je n’y ai pas tout de suite pensé  pour cette profession si emblématique de la France. En même temps je voulais un film très français porté par l’immigration.  Donc il a fini par s’imposer. 

-Il apparaît très crédible. Il a dû beaucoup s’entraîner.

-Il a bien mis la main à la pâte, notamment chez lui pour s'exercer. Mais il a surtout pu compter sur l’appui de Jean Imbert  (réd: l’un des gagnants de l’émission Top Chef) à qui j’ai fait appel comme conseiller culinaire, qui a conçu tous les pats et lui a montré la bonne gestuelle en cuisine.

-Vous apparaissez dans le film. Comme dans les précédents d’ailleurs.

-J’y ai même une part plus importante. Mais pour ne rien vous cacher, je trouve plus agréable de jouer chez mes confrères réalisateurs. Ils sont beaucoup plus gentils avec moi… que moi.

Film à l'affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 25 juin. 

 



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21/06/2014

Mondial: Rouges de honte... mais heureusement que le ridicule ne tue pas!

imagesCADU0PQ6.jpgTout ça pour ça, comme dirait Lelouch! Ces plans qu’ils nous tiraient sur la comète des deux côtés de la frontière depuis dimanche dernier, je ne vous dis pas. La marche du monde dépendait carrément de ce duel franco-suisse "équilibré". 

En même temps on ne cessait de nous répéter, enfin surtout Massimo Lorenzi: ce n’est que du foot. Vraiment à se demander ce qu’on aurait raconté si ce n’eût pas été une simple histoire de crampon!

Particulièrement malvenues évidemment vu le naufrage helvétique quasi historique, les analyses folkloriques des commentateurs (tous y allaient de leurs clés et de leurs solutions miracles) et de leur cohorte d’experts. Tentant tous de nous prouver à quel point nos footeux étaient redoutables et que les Français avaient intérêt à se méfier. D’autant plus avec le formidable courage qu’ils avaient montré en ne lâchant rien jusqu’à la fin de la rencontre contre l’Equateur.

De leur côté, les Bleus s’amusaient à jouer l’intox, notamment le matois Didier Deschamps qui, tout en affirmant qu’il fallait prendre au sérieux un adversaire de grande qualité, numéro six au classement Fifa (!), avait parfaitement compris à qui il avait affaire, puisqu’il avait décidé d'aligner la même équipe que contre la Jamaïque récemment écrasée 8-0 par ses ouailles en match amical.

Voilà pourtant qui n’empêchait pas Alexandre Comisetti, n’y pigeant que dalle, de s’étonner de ces changements bizarres, estimant qu’ils étaient bons pour nos footeux. L’occasion d'ailleurs de leur tresser des couronnes. Je trouve l’équipe suisse extraordinaire, de petite elle est devenue grande, psalmodiait-il.

Et Leonard Thurre d’en rajouter, insistant sur le fait que les Helvètes n’ayant désormais aucune pression, pouvaient gagner pratiquement les doigts dans le nez. Sans oublier le grotesque titre du Blick, selon lequel les Rouges allaient flanquer une correction aux Bleus. Bref, heureusement que le ridicule ne tue pas. Car après cette humiliante fessée de l'EDF, on risque pire. Enfin pareil qu’en Afrique du Sud il y a quatre ans. L'élimination au premier tour donc.

Mais en attendant l'affrontement de tous les dangers contre le Honduras, j'ai d'autres soucis. Avec l'Espagne et l'Angleterre out, le Portugal à la ramasse, le Brésil et l'Italie pas au mieux, je commence à avoir quelques frissons d'angoisse. Eh oui, en imaginant les Tricolores en finale!!!  Pourquoi pas contre l’Allemagne? Ce qui serait une bénédiction en l’occurrence. Car selon la fameuse boutade, le foot est un sport qui se joue à onze contre onze mais à la fin c’est toujours l’Allemagne qui gagne…

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18/06/2014

Cinéma: "The Other Woman", calamiteuse vengeance de trois blondes

images[3].jpgDécouvrant que son petit ami Marc n’est qu’un sale menteur accro au sexe lorsqu’elle rencontre par hasard sa femme Kate, Carly éprouve une forme d’amitié pour elle. Et réciproquement.

Leurs liens se renforcent en réalisent que l‘impénitent coureur de jupons les trompe avec Amber, une sculpturale bimbo. Celle-ci se sent à son tour trahie et le trio outragé mijote alors un plan pour pourrir la vie de ce lamentable individu.

Trois blondes bafouées (Cameron Diaz, Leslie Mann et l’explosive ex-top Kate Upton) qui oublient leur rivalité amoureuse et misent sur la solidarité féminine pour se venger d‘un Don Juan de pacotille (Nicolaj Coster-Waldau), l'idée se révèle a priori plutôt plaisante.

Mais c’est hélas tout ce qu’il y a à retenir de The Other Woman (Triple Alliance), calamiteux navet surfant sur une prétendue et minable guerre des sexes, où le girl power, à la mode ces temps sur grand écran des deux côtés de l’Atlantique, est censé l’emporter. 

Mais qu’il s’agisse de l’hexagonal Sous les jupes des filles ou de l'américain The Other Woman, le gras et le lourd dominent. Plus encore dans le second, signé Nick Cassavetes, où tout se joue en-dessous de la ceinture, entre le pas drôle, les gags vulgaires et l'humour scato, humain ou canin, saupoudré de vomi. Du sale en pagaille à déguster!

Film à l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 18 juin.

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Cinéma: "Au fil d'Ariane", une fantaisie peu convaincante de Robert Guédiguian

images[5].jpgOuverture intrigante sur un décor numérique blanc et aseptisé évoquant une maquette d’architecte. Puis la caméra nous laisse pénétrer dans le bel appartement moderne d’une banlieue marseillaise, où on découvre Ariane, pétillante mère de famille quinqua, en train d’allumer les bougies d’un gâteau.

Elle a l'air heureuse. Avant de recevoir des coups de fil de ses proches et de ses amis qui lui souhaitent un bon anniversaire, mais regrettent de ne pouvoir le fêter avec elle.

Alors Ariane souffle les bougies. Mais surmontant vite sa déception, elle prend sa petite voiture et roule vers le port. Engorgement des voitures, des passagers qui trompent l’attente en sortant de leur véhicule pour danser au son d’un morceau de raï diffusé par la radio..,

Dans la file, Ariane fait connaissance avec un jeune homme qui l’emmène sur sa Vespa, vers un charmant  bouchon des calanques, tenu par un fan de Jean Ferrat. C'est dans ce décor et ses environs que  l’intrigue va se dérouler et Ariane se consoler de sa solitude au contact d’une communauté plus ou moins farfelue.

Cette fantaisie comme il l’appelle lui-même, est le 18e film de Robert Guédiguian, tout entier dédié à sa femme, son égérie Ariane Ascaride avec qui il collabore depuis 34 ans. On y retrouve aussi les fidèles de sa famille de cinéma, dont évidemment Gérard Meylan (photo), ici en patron de bar, Jean-Pierre Darroussin en chauffeur de taxi mélomane et improbable metteur en scène, ou encore Jacques Boudet qui se rend pour un Américain et se pique de philosophie.

Mais voilà qui ne suffit pas à emballer l'affaire dans cette échappée aux vagues accents felliniens, ou flirtant avec l’univers de Kaurismäki. Alors qu’il se veut léger, comique, onirique, poétique, l'opus n’atteint pas souvent son but. En dépit de quelques scènes amusantes, on perd le fil dans cette chronique inhabituelle chez le cinéaste, qui se regarde avec un certain ennui.

Film à l'affiche dans les salles de Suisse romande dès le 18 juin
 

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Cinéma: "The Two Faces Of January", un polar noir sous le soleil de Grèce

The-Two-Faces-of-January[1].jpgScénariste oscarisé pour Les ailes de la colombe, accédant définitivement à la notoriété avec Drive, réalisé par Nicolas Winding Refn, le Britannique d’origine iranienne Hossein Amini a décidé de passer derrière la caméra en adaptant à l’écran The Two Faces Of January, le roman de Patricia Highsmith.

L’intrigue de ce film noir réunissant Viggo Mortensen, Kirsten Dunst (photo) et Oscar Isaac (découvert dans Inside Llewyn Davis des frères Coen), se déroule en 1962 sous le soleil de Grèce.

Débarqués en touristes à Athènes, le charismatique Américain Chester MacFarland et sa jolie femme Colette rencontrent à l’Acropole Rydal, un jeune compatriote travaillant comme guide et arnaqueur à ses heures. Le trouvant fort sympathique, le couple l’invite à dîner, ce que Rydal accepte, aussi séduit par la femme qu’impressionné par le mari.

Mais les MacFarland, en dépit du raffinement et du luxueux train de vie qu’ils affichent ne sont évidemment pas tout à fait ce qu’ils prétendent être. Hossein Amini livre ainsi un thriller classique à la Hitchcock, où il réussit à maintenir le suspense tout au long d’une intrigue certes prévisible mais assez bien ficelée, aux multiples rebondissements destinés à faire tomber les masques.

On reprochera toutefois à cet opus à l’ancienne un petit manque de rythme. Et si l’auteur joue à fond la carte du mystère entourant ses personnages, ceux-ci auraient gagné à être un peu plus creusés, notamment celui de Colette, carrément abandonné en route. En revanche, on aime l'élégance et le soin mis à la reconstitution d’époque, qui fait honneur à l'univers de Patricia Highsmith. 

Film à l’affiche dans les salles romandes dès mercredi 18 juin.

 

 

 
 

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17/06/2014

Cinéma: avec "Jersey Boys", Clint Eastwood revisite la comédie musicale

jersey_boys_a[1].jpgQuand Clint Eastwood s’empare d’un sujet musical, c’est plutôt réussi. Il suffit de penser à Honkytonk Man (1982), évoquant la galère d’un chanteur country ou le célèbre Bird (1988) pour s’en convaincre. Rien d’étonnant donc à ce que le réalisateur mélomane s’intéresse à la comédie musicale. En 2011, il mijotait un remake du célèbre film de George Cukor Une étoile est née, avec Judy Garland et James Mason, sorti en 1954, mais le projet était tombé à l’eau.

Beyoncé qui devait en être la vedette  s’était en effet désistée pour cause, paraît-il, d’horaire trop chargé. Le grand réalisateur s’est donc attaqué à l’adaptation de Jersey Boys, la comédie musicale homonyme à succès créée en 2005 à Broadway. Restée depuis lors à l’affiche, elle a aussi fait un tabac dans le monde entier.
 
Le film raconte l’histoire du groupe pop rock mythique des sixties The Four Seasons, formé de quatre garçons italo-américains du New Jersey issus d’un milieu modeste: Frankie Valli (baryton à la voix de fausset), Bob Gaudio (le créatif coauteur avec le producteur Bob Crewe de nombreux titres), Tommy De Vito et Nick Massi.

Plus doués pour la musique que pour le crime...

Voyous mais pas trop, ils étaient heureusement plus doués pour la musique que pour le crime. Machines à hits, ils ont réussi pendant quelque temps, avec les Beach Boys, à tenir la dragée haute aux Etats-Unis à la déferlante Beatles et Rolling Stones.

Clint Eastwood nous emmène sur les traces du quartet dont on suit la formation, l’apprentissage, l’ascension et le déclin dans une construction où, à tour de rôle, comme dans la pièce, chacun des garçons s’adresse directement à la caméra pour donner sa propre vision des événements. Sans en cacher les côtés scabreux,  séjours en prisons ou accointances avec la mafia.

Montrant plus particulièrement la façon dont le groupe affecte les individus dans cette biographie collective, le cinéaste insiste sur les rapports houleux en coulisse, les conflits générés par des problèmes d’argent, familiaux, la jalousie, la rivalité, la trahison, la mesquinerie, les frustrations ou une cohabitation difficile. Des clashes à répétition qui finiront par faire exploser inévitablement la petite communauté à la fin d’une décennie de rêve. 

jersey-boys-movie-clint-eastwood-xbbq3ii0[1].jpgPas de stars, mais des acteurs de théâtre

Le réalisateur n’a pas voulu de stars hollywoodiennes pour interpréter les quatre chanteurs-musiciens-auteurs-interprètes, mais des acteurs de théâtre qui se révèlent parfaits. A l’image de John Lloyd Young qui a créé le rôle de Frankie Valli à Broadway, Michael Lamenda (Nick Massi) Vincent Piazza (Tommy DeVito) et Erich Bergen (Bob Gaudio). En revanche le cinéaste a fait appel à l’irrésistible Christopher Walken, ui campe avec bonheur un narquois parrain mafieux.

A cela s’ajoutent des dialogues ciselés et une bande son impeccable composée de tubes impérissables:  Sherry, Walk Like A Man, Big Girls Don’t  Cry, December 1963 (Oh What A Night), Can’t Take My Eyes Off You... Au final un long-métrage à la fois jubilatoire, nostalgique et émouvant de plus de deux heures, qui passent comme un éclair. (Photos: Erich Bergen, John Lloyd Young Michael Lomenda, Vincent Piazza).

Film à l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 18 juin.


 

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