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30/04/2014

Cinéma: avec "Apprenti gigolo", John Turturro mise sur les inimitables bavardages de Woody Allen

19421449.jpg-cx_160_213_x-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxx[1].jpgVoir Woody Allen jouer chez les autres est peu commun. Et le moins qu’on puisse dire c’est qu’il en profite pour mettre son grain de sel. Comme dans Apprenti gigolo où John Turturro, l’acteur fétiche des frères Coen se retrouve aussi devant et derrière la caméra. En l’occurrence, il incarne Fioravante, un fleuriste dans la dèche qui demande à Murray (Allen) son ami libraire tout aussi fauché que lui, de devenir son mac.

Et nos deux copains de se lancer dans le business sans en maîtriser les codes. Mais cela n’empêche pas Fioravante de séduire des dames très différentes, non par son physique mais par sa gentillesse, sa sensibilité, son comportement délicat, attentionné.

On retrouve ainsi parmi ses clientes la belle Sharon Stone en dermatologue en quête d’amour, Sofia Vergara en plantureuse extravertie, ou Vanessa Paradis en veuve hassidique plus qu’improbable, mais pour la première fois dans un film américain.

Atmosphère jazzy pour cette modeste comédie se voulant touchante, qui surfe sur l’humour juif new-yorkais et mise sur les inimitables bavardages de Woody Allen pour enlever le morceau. Certes l’idée est plutôt sympathique, mais le film souffre d’un scénario limité et d’un singulier manque de rythme. Du coup l’hommage de l’élève Turturro au maestro peine à convaincre.

Film à l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 30 avril  

 

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29/04/2014

Cinéma: un "Barbecue" indigeste avec Lambert Wilson déguisé en beauf!

images[4].jpgDécidément, on ne sort pas des comédies de potes franchouillardes. Mais on ne pensait pas y rencontrer l’élégant et raffiné Lambert Wilson. Le voici pourtant en tête d’affiche dans Barbecue, un titre aussi beauf que le contenu du film signé Eric Lavaine, déjà auteur de navets genre Bienvenue à bord ou Poltergay.

L'acteur y tient le rôle d’Antoine. Un homme qui, outre courber l’échine, se montrer attentif envers sa famille et ses amis, s’est efforcé de vivre sainement toute son existence. Mais à 50 ans, il est terrassé par un infarctus lors d’une course à pied.

Sorti de l’hôpital il décide, face à la cruauté du sort, de changer radicalement de régime, privilégiant désormais la bonne bouffe, le bon vin, la clope et les vacances avec ses copains de trente ans à qui, au risque de déplaire, il n’hésite plus à dire leurs quatre vérités.

L’essentiel de Barbecue se déroule donc dans une superbe maison avec piscine au cœur des Cévennes. Se retrouve, autour du séduisant quinqua, un groupe disparate formé de sa femme, simple pièce rapportée, de deux divorcés en pétard, d’un cabochard chiantissime, d’une blonde à une neurone, d’un psycho-rigide au  bord de la faillite et d’un gentil garçon genre boulet proche du crétinisme.

Dans la peau de ces individus avec qui on ne passerait pas cinq minutes, l’inévitable Franck Dubosc, l’agaçante Florence Foresti, l'exaspérant Guillaume de Tonquédec. Sans oublier Lionel Abelanski, Jérôme Commandeur, ou encore Sophie Duez. Ne reste plus au réalisateur qu’à tirer les grosses ficelles pour livrer une comédie indigeste et caricaturale, aux dialogues paresseux et aux règlements de comptes poussifs.

Film à l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 30 avril.
 

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Cinéma: "Pas son genre", une irrésistible romance sur fond de fossé culturel

356306.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxx[1].jpgPour Clément, élégant romancier et prof de philo, il n’y a que Paris au monde. La province, même proche, c’est la brousse. Aussi apprend-il avec consternation son affectation pour un an à Arras, où il pense s’ennuyer comme un rat mort. Et puis il rencontre par hasard Jennifer, une ravissante coiffeuse faite au moule. 

Aussi prétentieux que charmeur, un peu lâche avec ses conquêtes, Clément répugne à s’engager, tandis que la pétillante, souriante et vibrante Jennifer est prête à tomber amoureuse. Ils entament alors une relation improbable en raison de leurs centres d’intérêts diamétralement opposés. Kant et Proust pour ce fils d'intellos bobos un rien inapte au bonheur, Anna Gavalda, magazines people, comédies romantiques et soirées karaoke en compagnie de deux copines pour cette mère célibataire, issue d’un milieu modeste.

Avec ce film, adapté d’un livre de Philippe Vilain, Lucas Belvaux signe une histoire d’amour  apparemment asymétrique en forme d’originale romance psycho-socio-réaliste sur ces êtres incompatibles, aux antipodes l’un de l’autre. Evitant les pièges du genre, il joue subtilement avec les clichés. Rappelant évidemment La dentellière, le gros succès de Claude Goretta, Pas son genre est un petit bijou à l'éclat rehaussé par la remarquable prestation d’Emilie Dequenne et de Loïc Corbery, sociétaire de la Comédie-Française. De passage à Genève, le réalisateur belge nous en dit plus.

belvaux[1].jpg-Vous nous proposez là un premier film sentimental assez atypique dans votre parcours.

-C’est vrai, mais je sortais de trois films très noirs, lourds et j’ai été attiré par le sujet en entendant une journaliste parler à la radio du roman de Philippe Vilain. J’y suis resté à la fois fidèle tout en me montrant fifférent. L’auteur racontait l’histoire du point de vue de l’homme et j’ai voulu remettre la femme à égalité, pour que le spectateur ne la voie pas uniquement à travers ses yeux à lui.

-Ce qu’il y a d’intéressant, c’est qu’il ne s’agit pas d’un ménage à trois ou d’un adultère, comme dans pratiquement chaque opus du genre. Ils sont tous les deux libres

-Oui, pour moi c’était primordial. Il n’y a pas non plus le poids de la religion. En principe rien ne vient contrecarrer leur amour à part la barrière culturelle. 

-Ce fossé passe notamment par la littérature. Chacun a envie que l’autre s’intéresse à ce qui le passionne. 

-Cela arrive. Ils viennent en quelque sorte se nourrir mutuellement, mais sans essayer de se changer.

-Finalement, le plus philosophe des deux n’est peut-être pas celui qu’on croit.

-Peut-être. Encore que Jennifer n’en soit pas une à proprement parler. Elle a une éthique. Elle construit sa vie et s’y tient. Elle transforme son univers, refuse de se laisser aller, colore le gris, rend son cops plus attirant. Elle doit se battre pour tout mais ne se plaint pas. Elle est digne.

 -De qui vous sentez-vous le plus proche ?

-Des deux. Je viens de son monde à elle et je vis dans son monde à lui. J’aime ce qu’il lit, mais je ne comprends rien à la philo..
 
 -Vous avez fait appel à de formidables acteurs. A commencer par Emilie Dequenne, qui se révèle de surcroît excellente chanteuse dans les scènes de karaoke.

-Je  la trouve encore mieux que ce que je  pouvais espérer, voire imaginer. Je me demande pourquoi elle ne tourne pas davantage. Emilie fonctionne comme un phénix. Elle se consume à chaque rôle, disparaît pour créer un personnage puis réapparaît différente.

-C’est bien à cela qu’on reconnaît les grands acteurs. 

-Effectivement. Les grands le sont à la fois dans le jeu et dans le don. Le jeu c’est ce qu’ils maîtrisent, le don, c’est ce qui leur échappe, la générosité, la confiance qu’ils ont dans le réalisateur.
 
-Deux mots sur Loïc Corbery qui a désormais rejoint la famille du cinéma?
 
-Je l’ai déniché  lors d’un casting.  Il correspond parfaitement à ce que je cherchais. Un beau gosse qui n’a pas besoin de séduire. Et qui peut lire des textes de Beaudelaire ou Giono de façon naturelle pour être crédible dans son rôle de prof. Mais ce n’est pas très étonnant pour un  acteur de théâtre aussi doué. Pendant qu’on tournait, il jouait Don Juan. Ce qu’il est absolument à mon avis.

A noter que Loïc Corbery incarne actuellement un Alceste déprimé et bougon dans "Le Misanthrope" de Molière, mis en scène par Clément Hervieu-Léger- Comédie-Française, salle Richelieu, Jusqu’au 20 juillet.

Film à l'affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 30 avril.

 

 

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27/04/2014

Cinéma: "Short Term 12" évoque les tourments de l'adolescence

short_term_12[1].jpgGrace est une jeune femme de 20 ans. Educatrice à la fois sensible, énergique et déterminée, elle s’occupe de teen-agers à problèmes dans un foyer d’accueil en Californie.

Tourmentée par un passé qu’on imagine sombre et douloureux, elle est rattrapée par la violence et les abus qu’elle a subis dans son enfance, quand débarque Jayden. C’est une adolescente très perturbée, qui ignore les règles et qui a vécu les mêmes horreurs qu’elle. Tout naturellement, Grace se rapproche d'elle.

Un sujet casse-gueule dont on imagine sans peine ce qu’il serait devenu dans une grosse machine hollywoodienne. Mais pour son second long-métrage, le réalisateur américain né à Hawaï Destin Cretton évite subtilement le piège de la complaisance et du pathos.

Oscillant entre légèreté, gravité et humour, il parvient à capter la fragilité de cet âge dit ingrat. Et propose  un traitement juste, intelligent et émouvant d’un sujet qui non seulement lui tenait à cœur, mais qu’il connaît bien pour avoir lui-même travaillé avec des enfants difficiles.

Se focalisant sur la relation entre les deux filles, le cinéaste suit le quotidien du centre, avec les rivalités, les tensions, les jalousies qui le rythment. Une jolie réussite que l’auteur doit également, sinon surtout, à la brillante performance de Brie Larson (photo) dans le rôle de Grace. Short Term 12 ayant été sélectionné pour la course au Léopard d'Or, elle avait obtenu le prix d’interprétation féminine au dernier Festival de Locarno.

Film à l’affiche dans les salles de Suisse romande depuis mercredi 23 avril.

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25/04/2014

Nadal encore à terre: la malédiction du vendredi pour l'ogre de l'ocre

images[3].jpgNouveau tremblement de terre à Barcelone ou l’ogre de l’ocre a encaissé sa deuxième défaite en huit jours au stade des quarts de finale. La malédiction du vendredi. Après David Ferrer à Monte-Carlo, c’est Nicolas Almagro (photo) qui est venu à bout de Nadal.

Décidément les compatriotes se rebiffent, suivant l’exemple de Wawrinka, sans pitié pour Rodgeur sur le Rocher dimanche dernier. En résumé, ôte-toi de là que je m’y mette. Il ne manque plus que Tipsarevic se paie le scalp de Djokovic pour que les cadors du circuit se remettent sérieusement en question.

Cet échec du pitbull dans son fief catalan où il espérait bien inscrire une neuvième victoire de rang étonne certes un peu. Surtout dans la mesure où, à part la mobylette de Valence d'entrée en panne de moteur, il n’y avait aucun top 10 pour contrecarrer ses plans de bataille. Alors qu’Almagro, battu dix fois en dix duels et ne figurant de surcroît qu’au 24e rang ATP, le meilleur classé du tableau était en effet l’Italien Fognini, 13e, qui a lui aussi opportunément sombré corps et biens illico presto.

Le revers de l'Espagnol est donc mortifiant. Mais d’ici à le qualifier d’énorme surprise, il y a une grosse marge. Ce serait ignorer que le brave Rafa, nonobstant un succès à Rio, péclote depuis Melbourne, où il a subi la dure loi d’Ironstan. Ensuite il a misérablement plié devant l’Ukrainien Dolgopolov au troisième tour d'Indian Wells, pour s’incliner en finale à Miami contre Djokovic. Et depuis le début de la semaine, il peine ferme à se débarrasser d’adversaires des plus modestes, à l’image d’un Albert Ramos végétant au-delà de la centième place.   

atp-barcelone-almagro-face-la-montagne-nadal-direct_3[1].jpgAutant dire que ça mouline sous certains crânes pour expliquer la raison de ces difficultés. Les experts penchent pour un mal de dos récurrent. Mais si c’est le cas je me demande vraiment pourquoi le taureau de Manacor a jugé utile de s’aligner dans une épreuve franchement anodine en risquant d’aggraver les choses.

Aussi sot que Novak avec son poignet en délicatesse dans la principauté monégasque. Enfin prétendument, vu que miraculeusement remis, le vampire serbe se déclarait prêt à en découdre sur les courts madrilènes.

Pour en revenir à Nadal, "sa situation rappelle étrangement en bien des points celle de Federer quand le Suisse avait le dos qui grinçait... ", peut-on lire sur la toile. A une petite différence près. Lorsque le maestro avait l’échine en compote, la plupart des spécialistes n’hésitaient pas à le déclarer bon pour la casse. Là, ils répugnent encore à imaginer un vague déclin de l’Ibère. Il le faudra pourtant peut-être. Car vu l’exigence démentielle de son jeu, il ne serait pas étonnant que le malheureux ait nettement plus que l’âge de ses artères…

P.-S. J'avoue que mon inquiétude grandit en ce qui concerne la forme actuelle de Nadal. Non seulement son vainqueur Almagro a été facilement éliminé par le Colombien Giraldo, mais le Japonais Nishikori a littéralement écrasé ce dernier en finale en deux tout petits sets... 

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24/04/2014

Cinéma: "Tokyo Family", l'hommage au chef-d'oeuvre d'Ozu "Voyage à Tokyo"

images[9].jpgShukichi et Tomiko Hiramaya, un vieux couple japonais vivant dans la région d’Hiroshima vont rendre visite à Tokyo, peut-être pour la dernière fois, à leurs trois enfants qu’ils n’ont pas vus depuis longtemps.

Ils tombent mal, car ces derniers ont leur vie, leurs obligations, leurs problèmes et pas trop de temps à consacrer à leurs parents. Ils leur offrent alors un séjour dans un bel hôtel au bord de la mer. Mais les Hiramaya s’ennuient après une nuit et décident de revenir en ville où ils se retrouvent bien seuls. 

Avec Tokyo Family, Yoji Yamada rend hommage à son maître Yasujiro Ozu en réalisant un remake de son chef- d’œuvre Voyage à Tokyo, sorti en 1953 et sur le tournage duquel il fut jeune assistant. Une adaptation très fidèle bien que contemporaine, située après la catastrophe de Fukushima.

Tout en utilisant beaucoup les portables, GPS ou autres technologies modernes, on retrouve la même situation familiale, les mêmes personnages, à l’exception du fils cadet mort à la guerre chez Ozu, la même trame, les mêmes thèmes comme la mort ou les conflits de générations chers à l’illustre aîné. Le fossé s’est d’ailleurs encore creusé et l’avenir se révèle toujours plus incertain.

L’esthétique étant également proche de celle d’Ozu, Yamada livre indéniablement un bon film à la mise en scène classique, dont on salue aussi l’interprétation. On ne peut toutefois s’empêcher de se demander si cette version moderne d’une œuvre, souvent considérée comme l’une des meilleures de l’histoire du cinéma, était véritablement utile.

Film à l’affiche dans les salles romandes dès le mercredi 23 avril.  

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23/04/2014

Cinéma: "Dans la cour" avec Catherine Deneuve au bord de la déprime

cour[1].jpgUn film avec Catherine Deneuve en tête d’affiche ne laisse jamais indifférent. Après avoir joué la fugueuse sexagénaire dynamique et avide de liberté chez Emmanuelle Bercot dans Elle s’en va, la voici vedette de Dans la cour, une comédie sur la dépression et la solitude signée Pierre Salvadori.

Elle apparaît en femme fragile qui perd gentiment les pédales. Un rôle auquel elle ne nous avait pas habitués. Mais après cinquante ans de carrière, elle n’a pas peur de casser son image, ainsi qu’elle l’a confié dans une interview au Téléjournal. Pour autant qu’elle l’ait redouté un jour.

Face à elle, Gustave Kervern, réalisateur débarqué de Groland. C’est un attelage peu commun, voire contre-nature qu’a formé là Pierre Salvadori. Dun côté elle, comédienne hors-norme, phénomène de longévité qui ne se voit pas arrêter de tourner, "icône à 70 ans" a récemment titré le New York Times Magazine comme le rappelle Télérama. De l'autre lui, acteur bourru à la barbe broussailleuse, aux cheveux même rares en bataille, à la tête d’ours et au physique ingrat.

Là il incarne Antoine, la quarantaine bien tapée, musicien au bout du rouleau qui met brusquement fin à sa carrière. Après quelques jours à errer et à chercher un boulot, il décroche celui de concierge dans un vieil immeuble de l’est parisien. C’est là qu’habite Mathilde, fraîchement retraitée, impliquée dans la vie associative et attentive à ses voisins.

Mais la fantasque et déraisonnable Mathilde est très stressée par les nouvelles qu’elle lit dans les journaux. Et quand elle découvre une fissure dans le mur de son salon, son inquiétude latente vire à l’angoisse proche de la panique à l’idée que la maison pourrait s’effondrer. Antoine, qui s’était immédiatement senti des affinités avec  cette femme rencontrée en prenant ses fonctions, développe un sentiment d’amitié. Dépressif lui-même, animal blessé accro à la drogue, il craint de la voir sombrer dans la folie.

Cette fissure qui s’agrandit est évidemment symbolique de l’état de ces deux personnages cabossés, mais pas seulement. La cour de l’immeuble, où s’agite une brochette de fêlés est aussi le reflet d’une société française soignant sa déprime, son anxiété et son mal-être à grands coups d’antidépresseurs.  

Tout cela donne une comédie à la fois drôle, noire, mélancolique, oscillant entre légèreté et gravité. A l’image de ses deux personnages principaux attachants et touchants, elle donne souvent dans le burlesque, antidote à la réelle détresse ambiante.

Film à l’affiche dans les salles romandes dès mercredi 23 avril.

 

 

 

 

 

 

 

 

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21/04/2014

Monte-Carlo: Wawrinka, nouvelle Altesse Sérénissime du tamis...

1794406_pic_970x641[1].jpgEh bien, nous ne nous mouchons pas du coude nous autres Helvètes. Il a suffi à Wawrinka, follement encensé urbi et orbi, d’empocher un Grand Chelem chez les kangourous et le Masters 1000 de Monte-Carlo pour que nous soyons nantis non seulement du plus grand joueur de tous les temps, mais encore du meilleur tennisman actuellement à l’œuvre sur le circuit.

Certes Wawrinka, sacré prince du Rocher et du coup à tu et à toi avec leurs Altesses Sérénissimes du cru (surtout Charlene soit dit en passant, bisée et rebisée à la suisse par nos deux roturiers de la raquette), montre de belles dispositions depuis Melbourne. 

Encore que le "fantastique" parcours de Stanimal (exhibant ce surnom un poil grotesque sur son sac de sport) fut entaché par des prestations fort moyennes à Indian Wells et à Miami, où il a laborieusement atteint les huitièmes de finale pour s’en faire à chaque fois éjecter par des seconds couteaux d’Afrique du Sud et d’Ukraine. N’en déplaise à ses super fans.

Mais il est vrai que le triomphe monégasque d'Ironstan auquel figurez-vous il ne s’attendait pas du  tout  (à se demander pourquoi il était venu), le place pour l’heure en tête de la Race en vue des qualifications pour la finale en novembre prochain à Londres.

Il n’empêche que je mettrais une vague sourdine au tintouin ambiant suite à ce premier couronnement enivrant, vu les réjouissances à venir. A commencer par une participation impérative du nouveau diamant à la finale de Madrid s'il ne veut pas perdre de précieux points, d’autant que son dauphin Rodgeur (ça fait drôle quand même…) n’avait pas fait long feu sur le Central ibère l’an passé.

Vous me rétorquerez que cela pourrait être son année, à Stan the Man. Surtout avec Djokovic incertain côté poignet, Nadal pas trop à l’aise dans ses baskets, Federer qui ne s’est pas complètement trouvé, Murray qui se cherche encore, Ferrer privé d’un grand coup, Berdych souvent aux fraises, Del Potro ko et Tsonga raplapla…

Comme le rappelait doctement Federer à l’issue de sa défaite, un rien mortifiante quoiqu’il prétende, il est important de saisir les occasions quand elles se présentent. A cet égard d’ailleurs, je ne suis pas sûre que le Bâlois continue à se réjouir comme un enfant à l’idée de rencontrer le Vaudois. En effet, à l’image de l’ogre de l’ocre envers la mobylette Ferrer, le maestro ne peut plus trop compter sur le complexe du compatriote pour l’emporter les doigts dans le nez.

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19/04/2014

Monte-Carlo: Les "Fedrinka" envoient les Suisses au septième ciel!

209743055_news624[1].jpgNous voici donc en train de nager en plein nirvana avec cette finale historique 100% helvétique au Master de Monte-Carlo. Ce qui n’était pas franchement du tout cuit du départ.

Après la victoire de Ferrer contre Nadal, même s’il est vrai que le mille-pattes de Valence avait en face de lui un pitbull de Manacor un rien édenté, je redoutais des effets pervers chez Wawrinka. Bien que désormais paraît-il, Ironstan soit craint comme la peste sur l’ensemble des courts de la planète…

Mais celui qui me causait le plus de souci, c’était évidemment Federer qui, suite à ses errements coupables contre Tsonga dont on connaît pourtant la nervosité et la fragilité physique au fil des jeux, devait ensuite affronter Djokovic. Toujours un cadeau empoisonné pour Sa Grâce, Dracula. D’autant qu’il avait bouclé ses deux premiers matches en moins de temps ou presque qu’il n’en avait fallu à Rafa et David pour terminer leur… premier set !

En plus il était assez impératif pour le Bâlois de l’emporter sur le Serbe. En perdant la rencontre il se serait retrouvé à égalité avec son grand rival concernant leurs duels (17 victoires chacun). Vu que Rodgeur est déjà en déficit de succès face à Nadal et Murray, il n’aurait dominé aucun des membres du Big Four. Plutôt moche pour la légende. Là au moins, il y a sursis.

monte-carlo-federer-rejoint-wawrinka[1].jpgAlors certes, le malheureux Novak semblait avoir du mou dans le poignet, handicap dont ses fans font leurs choux gras, histoire de minimiser un brin la performance du maestro.

Ainsi que l’écrit en substance un internaute, quand notre gloire de la nation avait mal au dos, elle ne l’a pas crié sur les toits, ce qui lui a valu de passer pour un vieux schnock au bout du rouleau chez les spécialistes et dans les médias.

Par ailleurs, il est clair que si le vampire de Belgrade avait gagné le set initial, exploit qu’il a été à deux doigts de réussir malgré son petit bobo, il aurait beaucoup moins grimacé tout au long de la seconde manche. Enfin il ne faut pas être courageux comme le prétendent certains, mais carrément barge pour mettre en danger le reste de sa saison en s’obstinant à jouer avec un poignet en capilotade...

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16/04/2014

Cinéma: "Le démantèlement", ou l'amour paternel au centre d'un mélodrame rural

arton4095[1].jpgVieux berger veuf élevant seul ses moutons dans la Belle Province, Gaby résiste tant bien que mal à la crise économique qui pousse peu à peu les paysans du coin à vendre leurs propriétés aux enchères. Mais en dehors de sa ferme, sa raison de vivre, il aime infiniment ses deux filles, parties vivre à Montréal.

Du coup, elles ne viennent pas le voir autant qu’il le souhaiterait. La cadette est artiste tandis que l'aînée, mère de famille sur le point de divorcer est empêtrée dans des problèmes financiers.

Lorsqu’elle est menacée de perdre sa maison, elle demande à son père de l’aider. Sans hésiter Gaby à se décide de se défaire de tous ses biens, de l’habitation au troupeau, et de quitter ses grands espaces pour aller vivre dans un petit appartement en ville.

Inspiré d’un classique de la littérature française, Le père Goriot de Balzac, ce mélodrame rural tirant vers le western à la John Ford, séduit par la beauté de sa photo, la simplicité de son récit et la volonté de l’auteur Sébastien Pilote de ne pas céder au pathos et au misérabilisme. Au point d'ailleurs d'en être parfois un peu sec.

Traitant de la générosité, de l’abnégation de l’amour paternel total sur fond de tradition et de transmission, tout en surfant sur le réalisme social en évoquant la fin d’une époque, le film est porté de bout en bout par le comédien Gabriel Arcand (Photo avec Sophie Desmarais).

Il se montre particulièrement convaincant en patriarche taciturne et introverti, se sacrifiant pour son enfant sans état d’âme. Il est entouré d’acteurs secondaires, dont le volubile Gilles Renaud, qui contribuent par leur naturel à la réussite de ce Démantèlement. On lui reprochera tout de même une certaine lenteur et quelques inutiles longueurs.

Film à l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 16 avril.

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