Google Analytics

26/02/2014

Cinéma: "Supercondriaque", une affligeante comédie signée Dany Boon

1924603-supercondriaque-de-dany-boon[1].jpgUn hypocondriaque qui raconte ses phobies sur grand écran, pourquoi pas? Sauf qu’avec Dany Boon derrière et devant la caméra, on pouvait s’attendre au pire.

C’est le cas dans cette histoire où un quadra vivant seul pourrit avec ses névroses la vie de son entourage, plus particulièrement celle d’un ami médecin. Qui, pour s’en débarrasser, tente de lui trouver la femme de sa vie. En organisant des soirées chez lui, l’inscrivant sur un site de rencontres, ou l’obligeant à faire du sport.

On fatigue vite dans une première partie laborieuse aux gags lourdingues. Grimaçant et gesticulant à outrance, l’exaspérant malade imaginaire traque le moindre grain de poussière en s’efforçant vainement d’amuser la galerie. Mais que dire de la seconde où, à la faveur d’une usurpation d’identité, il devient un chef de guerre des Balkans dont il tente pathétiquement d’imiter l’accent.

Jeté dans une pison pouilleuse infestée de rats, il est condamné  à ingurgiter d’infâmes bouillies arrosées d’eau fangeuse. Affligeant, un vide aussi sidéral. Le vague atout de Supercondriaque eût pu être la recomposition du duo avec Kad Merad qui avait bien marché dans les Ch’tis. Encore raté, hélas. Non seulement les deux compères ne sont pas drôles, mais ils se révèlent plutôt antipathiques. Un comble tout de même.

Film à l’affiche ans les salles romandes dès mercredi 26 février.

17:03 Publié dans Sorties de la Semaine | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | | | Pin it! |

Cinéma: "The Grand Budapest Hotel", une folle épopée réunissant une pléiade de stars

The-Grand-Budapest-Hotel-008[1].jpgPour son huitième film, Wes Anderson a choisi de tourner sur le Vieux Continent. The Grand Budapest Hotel retrace, dans l’entre-deux guerres, les extraordinaires aventures que l’élégant Gustave H, amant zélé de vieilles dames et concierge excessivement pointilleux d’un palace d’Europe centrale, a vécues en compagnie de Zéro Moustapha, un garçon d’étage.

Leur extravagante épopée s’articule autour du vol d’un inestimable tableau de la Renaissance et d’une bataille pour un colossal héritage familial, le tout au cœur d’un monde au bord du gouffre dont Gustave, «l‘homme aux clés d‘or», est le témoin.

Les choses débutent après le cauchemar nazi, dans cet hôtel abandonné situé en haut d’une colline au milieu des montagnes, faisant irrésistiblement penser à celui imaginé par Stanley Kubrick dans Shining. Au cours d’un dîner, le vieux propriétaire qui n’est autre que Moustapha, raconte à un écrivain gommeux l’histoire de cette bâtisse en forme d’immense pâtisserie rose bonbon, où il entra tout jeune comme groom.

Retour en arrière, Wes Anderson installant un dispositif narratif façon poupées russes, avec un récit dans un récit imbriqué dans un autre récit. Couché sur le testament de madame D, richissime cliente octogénaire lui vouant, comme tant d’autres, une passion dévorante, Gustave devient l‘objet de la vengeance de ses enfants qui fricotent avec le nouveau régime fasciste. 

tilda_swinton[1].jpgEt voici notre légendaire concierge parti avec Zéro Moutapha pour une folle intrigue sur fond de résistance héroïque, pimentée d’assassinats, de fugues, d’arrestations musclées, d’évasions rocambolesques par d’improbables tunnels, de personnages suspendus dans le vide, d’une délirante et funambulesque course-poursuite à ski. On n’est parfois pas loin de la bande dessinée.

Autant de prétextes pour Wes Anderson, fidèle à son cinéma d’invente entre drôlerie, humour décalé, comédie et gravité, un univers coloré, kitsch, fourmillant de trouvailles.Il mêle  poésie et surréalisme au sein d’une fresque fantaisiste, absurde et farfelue doublée d'une fable humaniste 

Les comédiens, une pléiade de stars, sont excellents. Autour du protagoniste principal Ralph Fiennes, Jude Law et Léa Seydoux fraîchement débarqués chez Wes Anderson, on retrouve ses acteurs fétiches, Bill Murray, Adrien Brody, Owen Wilson, Edward Norton, Willem Dafoe. Sans oublier Tilda Swinton époustouflante en comtesse de 84 ans. Une transformation physique inouïe à coups de prothèses pour l’actrice de 53 ans, qui a exigé jusqu’à cinq heures de travail par jour.

Film à l’affiche dans les salles romandes dès mercredi 26 février.

13:51 Publié dans Sorties de la Semaine | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | | Pin it! |

Cinéma: dans "August:Osage County", on lave son linge sale en famille

un-ete-a-osage-county-august-osage-county-05-02-2014-12-g[1].jpgSi vous aimez les sulfureux drames familiaux, ne manquez pas August: Osage County (un été à Osage County) , adapté par John Wells de la pièce éponyme contemporaine à succès de Tracy Letts.

Suite à la mort du patriarche, les Weston se retrouvent auprès de la mère Violet. Matrone ravagée, paranoïaque et cyclothymique, elle est atteinte d’un cancer de la bouche mais n’a pas la langue dans sa poche.

Après l’enterrement ils sont tous réunis, dont les trois filles de Violet, pour un repas houleux et cacophonique. Il devient  prétexte à un lavage de linge sale explosif, où secrets trop longtemps enfouis et rancoeurs tenaces refont surface.

Le principal intérêt de l'opus dont la mise en scène fait théâtre filmé et tend à s’égarer vers le farfelu, c’est son casting d’enfer. De Julia Roberts à  Ewan McGregor en passant par Julianne Nicholson et Benedict Cumberbatch, les stars se bousculent autour de Meryl Streep vieillie, enlaidie et déchaînée. Au point de basculer parfois dans l’outrance et la caricature. Cela ne l’empêche pas d’être nommée aux Oscars dans la catégorie meilleure actrice.

Rien à redire en revanche de l’interprétation sobre d’une Julia Roberts émouvante, en lice elle pour le meilleur second rôle. On n'a pas l'habitude de la voir dans un registre aussi austère, mais elle tient la dragée haute à la volcanique Meryl dans leurs violents face-à-face verbaux. Sinon physiques.

Film à l'affiche dans les salles romandes dès mercredi 26 février.

07:00 Publié dans Sorties de la Semaine | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | | Pin it! |

25/02/2014

Cinéma: "Non-Stop" revisite le film catastrophe. Avec Liam Neeson en sauveur

non-stop-blogbusters-filmdatenbank-e1382972957361[1].jpgUsé, désabusé, passant sa vie dans les avions pour prévenir de actes de violences, Bill Marks a en plus tendance à picoler sec pour pimenter son quotidien routinier d’agent de la police de l’air. Mais s’il était en manque d’adrénaline, le vol New-York-Londres ne va pas tarder à lui permettre de refaire le plein.

Peu après le décollage, il reçoit un mystérieux SMS d’un sinistre individu lui annonçant qu’il tuera un passager toutes les vingt minutes si le gouvernement américain ne transfère pas 150 millions sur un compte secret. Suisse le compte évidemment.
 
Et voilà notre flic regonflé à bloc lancé dans une redoutable traque à l’homme dans l’habitacle étroit de l’appareil. Tentant, en compagnie de sa voisine de siège et d’une hôtesse, de repérer l’auteur des menaces mortelles qui se dissimule parmi les voyageurs en s’efforçant de ne pas trop semer la panique à bord. En vain, les événements se précipitant à mille à l’heure.

Avec Non-Stop, sorte de Taken aérien mâtiné de Flight Plan, le jeune cinéaste espagnol Jaume Collet-Serra revisite le film catastrophe avec Liam Neeson en héros sauveur de vies, flanqué d’une Julianne Moore un rien suspecte.

Mais c’est le but de ce scénario à rebondissements incessants, où le réalisateur, entre meurtres divers, castagnes sévères dans les toilettes, ou bombe dissimulée dans un paquet d’héroïne, s’ingénie à brouiller les pistes. Conduisant les protagonistes et le spectateur à soupçonner du pire un maximum de personnes.

Un thriller au départ assez haletant, mais qui perd de son efficacité au fur et à mesure du déroulement de l'action. L'accumulation d‘invraisemblances gâchent une atmosphère se voulant oppressante, et le suspense d’un complot qui se révèle de plus en plus improbable. 

Quoi qu’il en soit, à déconseiller fortement aux aviophobes!

Film à l'affiche dans les salles romandes dès mercredi 26 février.

 

 

20:27 Publié dans Sorties de la Semaine | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | | Pin it! |

23/02/2014

JO de Sotchi: entre nationalisme exacerbé et autosatisfaction béate

president-russe-vladimir-poutine-visite-site-saut-a-ski-installe-pres-sotchi-3-janvier-2014-1469849-616x380[1].jpgVoilà, c’est fini.Tout baigne. Les cérémonies étaient formidables et les critiques précédant les JO passées à l’as. Démesure, droits de l’homme bafoués, atteintes à l’environnement, on oublie. Les conditions étaient exceptionnelles, l’organisation impeccable, dixit le président du CIO. Ajoutant que la Russie, efficace, amicale, a non seulement tenu ses promesses, mais montré un nouveau visage. Patriote mais ouverte sur le monde. Merci Vladimir, super héros des Jeux…

De leur côté les vainqueurs sont contents, à commencer par les Russes de Poutine, en tête des médailles, 33 dont 13 en or). Tandis que les responsables et commentateurs des différentes chaines, horrifiés par les violences en Ukraine, soulagés de n’avoir dû faire face à aucune redoutable attaque terroriste, mais attristés par le manque d’ambiance, de ferveur et de fiesta, nous ont aussi offert quelques beaux morceaux d’autosatisfaction béate. Se distribuant des dix en direct pour leurs remarquables prestations.

Sans oublier de saluer encore follement les exploits de leurs compatriotes. Eh oui, nonobstant  l’esprit olympique, chacun voit midi à sa porte, l’essentiel n’étant plus depuis longtemps de participer, mais de gagner pour titiller les différentes fibres patriotiques.

5603713[1].jpgC’est ainsi que je ne vous raconte pas certains crève-cœur. Les trois centimètres qui ont empêché Martin Fourcade déjà double breloqué, de devenir carrément le tsar de Sotchi en décrochant une troisième médaille d’or. Sans parler de Dario Cologna, qui n’a finalement pu en collectionner que deux, marqué une nouvelle fois d’une scoumoune d’enfer lors du 50 kilomètres, dont il était l’un des favoris.

Une course qui se refuse à lui telle une vilaine petite allumeuse. Non seulement il est tombé comme à Vancouver, mais il a été victime d’un maladroit qui n’a rien trouvé de mieux que de lui casser un ski. Le contraignant, après une semaine fastueuse qui avait vu les valeureux athlètes helvétiques rafler cinq médailles d’or, une d'argent et une de bronze, à couler à pic.

A l’image d’autres champions suisses en deuxième semaine, espérés tels autant de messies. Comme Simon Ammann, les curleurs filles et garçons, ou les spécialistes du slopestyle, snowboard et autres disciplines fun qui ont eu du mal à nous arracher des sourires. Seuls Patrizia Kummer et Nevin Galmarini répondaient à l’appel en géant parallèle. Imités plus ou moins contre toute attente par Beat Hefti en bob, et surtout par nos très improbables hockeyeuses.

Tirant la langue au début, les Français même s’ils pointent en dixième position derrière la Suisse, ce qui doit considérablement les agacer, le Belarus et l’Autriche ont eu davantage de raisons de s’enflammer dans cette seconde moitié des JO. Notamment avec le triplé historique en skicross, lors duquel les experts hexagonaux de l'antenne et des ondes ont frisé l'infarctus.  

L'exploit a toutefois provoqué la grogne chez les Canadiens et les Slovènes accusant les Tricolores d’avoir triché en changeant la forme de la partie basse des pantalons des skieurs, créant ainsi un effet aérodynamique contraire aux règles.

Plainte illico rejetée, à l’intense soulagement de nos voisins qui peuvent continuer à se taper sur le ventre. Sauf que la performance est finalement banale vu que des des triplés, il y en a eu plein d’autres. Huit, dont quatre uniquement chez les Hollandais, les rois du patinage de vitesse.

topelement[1].jpgOn peut donc se congratuler tant qu’on veut des deux côtés de la frontière, les véritables cracks de Sotchi sont ailleurs. A commencer par le spécialiste du short-track Victor An, ex-Coréen devenu Russe qui a décroché trois fois l’or et une fois le bronze.

Mais les dames font la pige aux mâles puisque trois d’entre elles sont triples championnes olympiques, la biathlonienne bélarusse Darya Domracheva, la fondeuse norvégienne Marit Bjoergen et la patineuse de vitesse sud-coréenne Park Seung-hi.

Parmi les autres records il y a celui de l’Autrichien Mario Matt, plus vieux chasseur d’or en ski alpin toutes disciplines confondues et celui de la plus jeune l’Américaine Michaela Schiffrin. Sans oublier celui du Norvégien Ole Einar Bjoerndalen, qui est venu cueillir à Sotchi ses douzième et treizième lauriers. De quoi péter d’orgueil chez leurs compatriotes respectifs. 

Tout ça pour vous dire, au risque de me répéter, que les JO d’hiver c’est pareil aux JO d’été, ça fait du bien quand ça s’arrête…

20:36 Publié dans Les pieds dans le plat | Lien permanent | Commentaires (4) | |  Facebook | | | | Pin it! |

18/02/2014

Cinéma: "Dallas Buyers Club", un cowboy macho, alcolo et drogué face au sida

Dallas-Buyers-Club-Poster-Header[1].jpgDallas, 1985. Ron Woodroof est un électricien texan survolté de 35 ans. Un macho aux allures de cowboy pur sucre, avec ses bottes et le Stetson vissé sur le crâne. Grand amateur de rodéo et de sexe, il a tendance à brûler la chandelle par les deux bouts, en abusant de la dogue, du tabac et du scotch.  

Sa vie de fêtard alcolo bascule à l'occasion d’une visite à l’hôpital. Son médecin lui apprend qu’il a le sida et ne lui donne qu’un mois à vivre. Déjouant tous les diagnostics, Ron décide de se battre. Il durera encore sept ans, recourant à des traitements alternatifs non autorisés par la puissante Food And Drug Administration.

Mais il s’en moque et, voyant dans ce business une occasion de s’enrichir, organise un réseau clandestin de distribution de médicaments. Au fil du temps, il rassemble d’autres malades en quête de guérison. C’est ainsi que le Dallas Buyers club voit le jour. Les ennuis ne tardent pas à arriver. En plus du combat qu’il mène pour tenir la grande faucheuse à l’écart le plus longtemps possible, il doit livrer bataille contre les pouvoirs publics, en prouvant l’inefficacité du système d’aide proposé. 

Cet homophobe atteint dans sa masculinité dans la mesure où, dans ces années-là, le VIH était majoritairement lié aux rapports homosexuels, est contraint malgré lui, pour atteindre sa clientèle, de  faire équipe avec Rayon. Un transsexuel rencontré à l’hôpital et qui lui inspire du dégoût.

C’est une histoire vraie que raconte Jean-Marc Vallée, mettant en parallèle la prise de conscience de l’Amérique face au sida dont on ne savait pas grand-chose et le parcours personnel d’un Woodroof évoluant vers la tolérance et la compassion et qui, tout en brassant des affaires, a contribué à faire avancer la cause et à sauver des vies. 

Il y avait de quoi sombrer dans le pathos avec un sujet aussi casse-gueule. Mais le réalisateur québécois évite subtilement l’écueil, s’interdisant tout sentimentalisme en évitant de s’attendrir sur ses personnages. Sans exclure la douleur, l’émotion et un brin d’humour. 

Comédien principal, Matthew McConaughey (photo) s'est tellement investi dans le projet qu'il a payé de sa poche pour boucler le budget. Mais la réussite du film doit surtout beaucoup à sa prestation bluffante. Il n'incarne pas il est Ron Woodroof. Sec, décharné, physiquement méconnaissable, il a perdu une vingtaine de kilos et on a même craint pour sa vue. Jared Leto se montre à la hauteur dans sa composition de transsexuel. 

Alors que Dallas Buyers Club est nommé aux Oscars dans six catégories dont celle du meilleur film, tous deux visent respectivement la statuette de meilleur acteur et de meilleur second rôle. 

Film à l’affiche dans les salles romandes dès mercredi 19 février.

 

20:02 Publié dans Sorties de la Semaine | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | | | Pin it! |

Cinéma: "Only Lovers Left Alive", des vampires selon Jarmush

Only-lovers-left-alive[1].jpgDepuis quelques années, les vampires sont à la mode. Mais le plus surprenant était quand même de voir Jim Jarmush y succomber avec Only lovers Left Alive, sélectionné en mai dernier en compétition à Cannes. Explication donnée en plaisantant par le réalisateur lui-même à l’époque en conférence de presse: "On pensait qu’on pouvait se faire beaucoup d’argent avec ce genre de film…"

Certes, mais cela reste à prouver en l’occurrence. L’histoire d’amour entre ses deux protagonistes principaux, Tilda Swinton et Tom Hiddleston n’ayant rien à voir avec celle des héros de la saga Twilight, elle ne devrait pas trop attirer les fans de Kristen Stewart et Robert Pattinson.

Sur un scénario inspiré du dernier livre de Mark Twain La vie privée d’Adam et Eve, Jarmush met en scène deux amants, archétypes de marginaux. Adam, musicien underground déprimé retrouve la nuit entre Tanger et Detroit, villes désolées chères au réalisateur, Eve, sa mystérieuse et énergique amoureuse.

Tous deux sont bohêmes, intellos, sophistiqués, un peu snobs, toujours mus par leur instinct animal de vampires. Mais ils sont en danger. Pour survivre, ils doivent boire du sang humain, avec le risque de contamination que cela comporte aujourd’hui. Par ailleurs leur idylle séculaire, sinon millénaire, est perturbée par l’arrivée de la petite soeur d’Eve (Mia Wasikowska), personnage aussi extravagant qu’incontrôlable.

Excentrique, amusant, esthétisant, raffiné, Only Lovers Left Alive fait un peu penser aux Prédateurs de Tony Scott. Portant toutefois indéniablement la marque de son créateur, le film se réfère à l’histoire de l’humanité,

Comme le précise Jim Jarmush: "Adam et Eve sont des métaphores de l’état actuel de la vie humaine. Ils sont fragiles, menacés par les forces de la nature et le comportement irréfléchi de vision à long terme de ceux qui sont au pouvoir. Dès lors, peuvent-ils continuer à exister dans ce monde qui s’effondre autour d’eux ? ".

Si les vampires peuvent rapporter gros, Jim Jarmush a eu du mal à en convaincre les financiers. L'opus a finalement pu se faire grâce à des producteurs français et allemands, ainsi qu’au soutien indéfectible de Tilda Swinton, depuis le moment où elle a reçu le scénario il y a sept ans.

Principalement parce qu’elle aime Jim Jarmush, nous confiait la délicieuse comédienne britannique rencontrée en mai dernier sur la Croisette. Ajoutant qu’elle avait toujours voulu jouer un vampire. "Nous sommes tous fascinés par eux en raison de leur immortalité et parce que nous sommes terrorisés par  notre mort. Dans le film j’ai aussi aimé mon invisibilité, ma façon de me glisser dans les rues et le gros travail que requiert une vie aussi longue…»

Film à l'affiche dans les salles romandes dès mercredi 19 février.

16:37 Publié dans Sorties de la Semaine | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | | Pin it! |

14/02/2014

Sotchi: Cologna et Fourcade lancent un méga concours de cocoricos!

images[3].jpgHier le grand spécialiste du biathlon Martin Fourcade raflait sa deuxième médaille d’or dans la discipline, envoyant ses compatriotes au septième ciel. Un nirvana se concrétisant par des ululements frénétiques, à côté desquels des concerts de sirènes ressemblent aux vagissements d’un nouveau-né.

Du coup, les Jeux s’étaient quasiment arrêtés pour les commentateurs de France Télévisions. Côté images on pouvait se brosser pour voir autre chose dans la foulée de cette extraordinaire performance. Mieux, à dix jours de la fin des joutes de Sotchi, le natif des Pyrénées-Orientales en devenait déjà le roi.

Seul Tricolore à réaliser cet exploit depuis Jean-Claude, triple breloqué au sommet à Grenoble en 1968, il se voyait comparé au mythique skieur, dont on nous a du coup bassinés non seulement avec ses prouesses passées, mais avec sa carrière de business man. Je ne sais pas si vous voyez l’intérêt en l’occurrence.

Bref, on a eu chaud. Mais heureusement Super Dario (photo) est passé par là illico presto, profitant du 15 km pour rivaliser avec Fourcade et doubler lui aussi la mise. Un bémol, dans la mesure où ses principaux rivaux n’étaient pas là. Mais on le sait, les absents ont toujours tort. En tout cas, cela n’a pas empêché des glapissements d’enfer à la RTS. Côté cocoricos, c’était à qui l’emporterait entre les Hexagonaux et les Helvètes. 

1727302540_B972018752Z.1_20140214151501_000_GT11US19O.2-0[1].jpgAvantage aux Helvètes. D’autant que Cologna, désormais triple champion olympique, servait de hors-d’œuvre de luxe. Les commentateurs ont en effet eu une nouvelle occasion de se péter les cordes vocales avec la deuxième médaille d’or de la journée, décrochée par l’autre Grison Sandro Viletta en super-combiné.

Une performance inattendue qui a semé la désolation chez nos chers voisins, sûrs depuis le début de la matinée qu’elle allait revenir, de droit d’ailleurs selon eux, au très méritant Alexis Pinturault.

Il fallait les entendre avant l'épreuve. Rien ne pouvait arrêter leur poulain. Son important retard de 2’’44 à l’issue de la descente ne parvenait pas à ébranler leurs certitudes. L’intéressé lui-même clamait avec arrogance qu’il avait remonté pire que ça. En d’autres termes, c'était dans la poche. Hélas, notre fanfaron ne terminait pas sa manche de slalom… Le ski alpin français est maudit! se lamentait Gérard Holtz.

Bon, ne vendons pas pour autant la peau de l’ours. Martin Fourcade conserve trois chances de prétendre au trône de Russie. A Dario, qui n’a pas dit son dernier mot non plus dans son domaine, de l'en empêcher. Ainsi qu'à quelques autres évidemment. On est aux JO, pas dans un championnat franco-suisse! Comme disait Messala tombé de son char à Ben-Hur: la course n’est pas finie.

P.S.- Pour achever de faire chavirer nos experts de bonheur, ne voilà-t-il pas que la biathlonienne Selina Gasparin, encore une Grisonne, se mêlait contre toute attente ou presque de de grappiller de l'argent au 15 km individuel. A concevoir quelque mauvaise humeur face à la défaite de nos hockeyeurs contre les Suédois. Et je ne vous parle pas de la piteuse élimination des curleurs! 
 
 


 

18:00 Publié dans Les pieds dans le plat | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | | | Pin it! |

12/02/2014

Cinéma: "La Belle et la Bête", avec Léa Seydoux et Vincent Cassel

la-belle-et-la-bete-lea-seydoux-vincent-casel[1].jpgConnue dans le monde entier, l’histoire née en 1740 sous la plume de Gabrielle-Suzanne de Villeneuve, reprise en conte 17 ans plus tard par Jeanne-Marie Leprince de Beaumont, a donné lieu à quelque 25 adaptations théâtrales, littéraires, musicales, chorégraphiques et télévisuelles.

Au cinéma, on en compte neuf, dont la plus célèbre est celle de Cocteau en 1946, avec Jean Marais dans le rôle de la Bête. Le Mexicain Guillermo del Toro en prépare une dixième avec Emma Watson dans celui de la Belle.

Mais revenons à la dernière, fidèle à l’écrit original à quelques libertés près et signée Christophe Gans, grand amateur de fantastique. Ses navires coulés, un vieux marchand est contraint de s’exiler à la campagne en compagnie de ses six enfants, trois garçons et trois filles. Il est particulièrement proche de la cadette, Belle, douce, gaie et modeste, contrairement à ses deux sœurs, des chipies n’aimant que l’argent et le luxe.

Le père ramenant à Belle une rose d’un de ses voyages, il est condamné à mort pour l’avoir cueillie dans le domaine magique d’un redoutable monstre à tête de lion. La jeune fille se sacrifie pour le sauver et se rend au château au péril de sa vie.

Mais la Bête, autrefois un beau prince puni par une fée pour sa vilenie, l’épargne. Et la jeune fille découvre, au-delà de sa laideur, un être humain d’une rare générosité qui attend l’amour d’une femme pour être libéré de sa vilaine enveloppe. Une façon d’apprendre aux enfants à reconnaître la beauté intérieure derrière la disgrâce extérieure.

Pour incarner ses deux héros, Christophe Gans a choisi Léa Seydoux, en lice rappelons-le pour le César de la meilleure actrice dans La Vie d’Adèle et Vincent Cassel. Entre blondeur sensuelle et monstruosité léonine de synthèse, ils se montrent relativement convaincants, leur relation manquant de magnétisme, de romantisme et de passion.

Des réserves aussi côté réalisation, très ambitieuse, où l’auteur cherche à nous bluffer avec sa féérie numérique et son foisonnement d’effets spéciaux. Du coup le spectaculaire l’emporte sur le merveilleux, la magie, l’émotion. L’opus manque également de poésie, bien que le cinéaste se revendique du maître japonais Hayao Miyazaki.

Film à l’affiche dans les salles romande des mercredi 12 février. 


 

 

13:12 Publié dans Sorties de la Semaine | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | | Pin it! |

11/02/2014

Cinéma: "M.Peabody et Sherman, les voyages dans le temps"

hqdefault[1].jpgSi un être humain peut adopter un chien, pourquoi un chien ne pourrait-il pas adopter un être humain ? Etre père, c’est le désir fou et le défi le plus incroyable relevé par M. Peabody, un toutou surdoué. Pour ne pas dire la personne la plus intelligente au monde.

Champion olympique, chef cuisinier d’exception et lauréat du prix Nobel, M Peabody doit préparer son petit garçon adoptif Sherman pour l’école. Il décide alors de lui donner quelques rudiments d’histoire grâce au chronomat, une fabuleuse  machine à voyager dans le temps dont il ne doit rien révéler.

Et voici papa et son fiston partis dans des aventures mouvementées qui commencent par un saut chez Marie-Antoinette pour un rattrapage sur la Révolution française. Mais les choses se corsent avec la présence de Penny, une petite pimbêche que Sherman, après avoir enfreint les règles pour l’impressionner, perd accidentellement dans l’Egypte des pharaons. 

Il la retrouve grâce à M. Peabody appelé à la rescousse et le trio continue son voyage, avec  notamment une escale chez Leonard de Vinci, le génie de la renaissance italienne qui a bien du mal à faire sourire sa Joconde comme il l’entend... 

En adaptant le dessin animé Rocky and Bullwinckle Show, qui connut un gros succès dans les années 60, Bob Minkoff invite à une relecture express farfelue et humoristique de quelques périodes historiques clés. Rien de transcendant, mais de quoi amuser parents et enfants.

On regrettera toutefois dans cette cocasse et sympathique fable familiale, mettant également l’accent sur la différence et les préjugés, les inévitables et exaspérantes séquences tire-larmes à grands coups d’insupportables I love you, si chères aux Américains. Pas de doute, chez eux c’est congénital.

Film à l’affiche dans les salles romandes dès mercredi 12 février.

21:00 Publié dans Sorties de la Semaine | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | | Pin it! |