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31/01/2014

Coupe Davis: Federer veut redevenir le chouchou de la nation

teaserbreit[1].jpgRien de tel qu’un ego meurtri pour remotiver à fond le champion. Vexé comme un pou de ne plus être le chouchou de la nation après le triomphe de Wawrinka en Australie, Federer a soudainement décidé de regagner le cœur des Helvètes. Et d'aller défier les Serbes en Coupe Davis en compagnie de son pote qui s’est permis de le coiffer au classement, le regardant désormais du haut de son troisième rang fraîchement acquis.

Inutile de préciser le statut d’hyper favoris des Suisses, qui l’ont emporté 2-0 en ce premier jour. Le plus logiquement du monde évidemment, leurs malheureux adversaires étant privés de leurs trois meilleurs joueurs, dont Djokovic. Ce qui n’a pas empêché Sa Majesté Rodgeur de nous donner des sueurs froides en frisant le code au second set, honteusement breaké qu'il fut par le matricule 268 à l’ATP, un certain Bozoljac.

Et je ne vous parle pas des affres par lesquelles est passé Stan The Man, accueilli en héros trois jours avant au pays et bien entendu porté aux nues par le tandem de choc Dupuis-Rosset. Voyant Iron Stan rafler la mise les doigts dans le nez face à Ladovic, numéro 102, lui.

Le grand Marc en a même rajouté dans le genre au début de la deuxième manche en déclarant craindre une "addition salée" pour le pauvre homme. Hilarant dans la mesure on assista à l'exact contraire, le courageux ixième couteau vilipendé enlevant gaillardement le morceau en question. Pour emmener le brave Stanislas sur le fil du rasoir tout au bout du quatrième.

Du coup avalanche d’excuses pour expliquer la chose. Pêle-mêle on a eu droit au décalage horaire, au court, à la surface, à la fatigue, à l’environnement, au sacre chez les kangourous et à la date mal choisie. Franchement un comble de demander à quelqu'un de gagner un Grand Chelem à l’autre bout de la planète en été et de venir ensuite défendre ses couleurs en hiver et en indoor. Le tout en 48 heures!

Eh oui, c’est inhumain. Mais pour tous les cadors du circuit. Pas pour Wawrinka qui, parmi les nombreux surnoms flatteurs qu’il vient d’acquérir, compte justement celui de "Stanimal". Comme quoi c’est plus facile de battre les meilleurs, surtout blessés, que de se débarrasser des moins bons en pleine forme!

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29/01/2014

Cinéma: "Jack Ryan:Shadow Recruit", un laborieux thriller signé Branagh

imagesCAKL7QO0.jpgQuand on dit Branagh, on pense plutôt Shakespeare. Même si le réalisateur britannique des fort honorables Hamlet ou Beaucoup de bruit pour rien, s’est déjà essayé à un tout autre registre. Avec un bonheur très relatif, à l’image d’un Thor par exemple.

Mais cela ne l’empêche pas de persévérer en proposant Shadow Recruit, une nouvelle adaptation, douze ans après, des aventures de Jack Ryan. Pour interpréter le célèbre héros de Tom Clancy, Chris Pine (photo) succède à Alec Baldwin, Harrison Ford et Ben Affleck.

L’histoire à la sauce hollywoodienne et en quelques lignes. Ancien marine recyclé en brillant analyste, Jack Ryan est recruté par la CIA et envoyé à Moscou pour enquêter sur les menées terroristes d’une organisation financière. Il y rencontre l’homme d’affaires qu’il soupçonne être à la tête de la machination. Mais trahi et livré à lui-même, Jack Ryan découvre qu’il ne peut faire confiance à personne, pas même à ses proches. Quoique…

A l’évidence, Kenneth Branagh est nettement plus percutant dans le drame shakespearien que dans le thriller d’espionnage à l’ancienne. Complots en tous genres, fusillades à gogo, courses-poursuites, c’est du déjà vu mille fois et malheureusement en moins efficace. Bref, on est loin du haletant annoncé.

Côté acteurs, Chris Pine n’est franchement pas terrible dans son rôle d’agent secret, à l’image de  Keira Knightley dans celui de sa copine. Quant à Kenneth Branagh, qui s’est distribué en big businessman méchant et mégalo, il se révèle convenable sans plus.

Film à l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 29 janvier.

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Cinéma: "Jacky au royaume des filles", trop potache pour convaincre

images[11].jpgBédéaste passé avec succès derrière la caméra grâce à son teen-movie Les beaux gosses en 2010, Riad Sattouf remet le couvert avec Jacky au royaume des filles. Il s’amuse à inverser les rôles dans une audacieuse permutation des genres.

Nous sommes dans un pays imaginaire, la République démocratique et populaire de Bubunne, où règnent la tyrannie et le culte de la personnalité. Les femmes, qui collectionnent les maris, portent la culotte en l’occurrence militaire, et les hommes la burqa.Tout en étant dévolus aux tâches ménagères sous la férule de ces viragos revêches.

Parmi eux Jacky (Vincent Lacoste, photo), un garçon de 20 ans naïf, gentil, timide et très courtisé, mais qui nourrit le fantasme, comme n’importe quel célibataire de la dictature, d’épouser la colonnelle (Charlotte Gainsbourg), fille de la générale (Anémone).

L’affaire pourrait être conclue lors du grand bal qu’organise cette dernière pour trouver un mari à l’héritière du trône. Mais c’est compter sans les visées perverses de la famille adoptive de Jacky. Déterminée à lui briser son rêve, elle lui vole son précieux sésame d’entrée à la cérémonie. Le jeune homme se déguise alors en fille pour s’introduire dans la place et séduire la dame de son cœur.

Au départ une excellente idée, avec quelques inventions amusantes dont l’étrange langage pratiqué par les habitants de Bubunne, ou l’infâme bouillie tout droit sortie des robinets qui leur sert de nourriture quotidienne.

Mais ce film à grande ambition politique et qui se veut transgressif, n’en rate pas moins son objectif. En multipliant les gags lourdingues et pas drôles, Riad Sattouf se condamne à la farce bien trop potache pour prétendre à la critique virulente que sous-tend son propos subversif.

Film à l’affiche dans les salles de Suisse romande dès le mercredi 29 janvier

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28/01/2014

Cinéma: Avec "Nyphomaniac", Lars Von Trier met Charlotte Gainsbourg sur le divan...

1389279275079_0570x0367_1389279305170[1].pngLe plus souvent au cinéma, le cul attire autant qu’il déçoit. Mais voilà qui n’était pas pour décourager Lars Von Trier, bien au contraire. Après avoir commencé, dans un premier volume, par retracer le parcours érotique d’une nymphomane autoproclamée de sa naissance à la cinquantaine, le provocant Danois propose la suite de son odyssée sexuelle.  

Petit rappel. Lors d’une froide soirée d’hiver, Seligman, un vieux et charmant célibataire endurci, découvre Joe dans une ruelle. A demi-consciente, elle a été méchamment passée à tabac. Seligman la ramène chez lui, la soigne et Joe se confesse à lui, racontant sa quête ardue sinon impossible de jouissance à travers diverses expériences qui en feront une sexual addict.

Et cela au fil de cinq chapitres se voulant sulfureusement subversifs et de quelques parties labellisées pornos pour titiller le spectateur. Au final, un film à prétention littéraire contrastant avec un vide métaphysico-spirituel, où Lars  Von Trier joue au psy un rien pervers. Histoire de se maintenir à hauteur de sa vénéneuse réputation.

Il s’ensuit un curieux dialogue. Par exemple la stratégie de la séduction s’apparente à la pêche à la mouche, passion à laquelle s’adonne Seligman,  son sauveur  philosophe. Une démonstration plombante à la longue, ne menant pas à grand-chose à part distiller un certain ennui et à nous dire que le sexe est aussi triste que coupable.

Le  constat ne change pas fondamentalement dans le second volume et la suite des confidences, toujours délivrées sur le ton doucereux et envoûtant de notre nympho (mytho ?) maniaque à la recherche frénétique du plaisir. On y voit Jerôme pousser Joe à se lancer dans des aventures extraconjugales pour tenter d’assurer la durée de leur couple. Car vivre avec une nymphomane exige de la ressource. Elle est même comparée à un tigre qu’il faut savoir nourrir. 

nymphomaniac[1].jpgEt Joe, devenue mère entretemps, d’en profiter pour tenter d’éteindre son inextinguible soif de sexe, négligeant ainsi évidemment son enfant. Un prétexte pour le réalisateur, outre de culpabiliser son héroïne, de nous la montrer dans d'interminrvles et complaisantes séquences sado-masos, ou en compagnie de deux Noirs dans une sorte de grotesque farce théâtrale...

Avec à la clé la remarque selon laquelle une femme qui dit ne pas avoir envie de coucher avec un Noir ment. Sans oublier l’évocation douteuse sur le mérite, voire la souffrance de pédophiles qui ne passent pas à l’acte. On notera en revanche un étrange plaidoyer féministe vers la fin. Encore qu’avec le misogyne Lars Von Trier on ne sache pas vraiment si c’est du lard ou du cochon…

En dépit de ses aspects lourdingues et caricaturaux, d’un dénouement improbable quoiqu’un peu attendu, tout n’est pas à jeter dans cet opus où le cinéaste mêle le beau et le sordide, la noirceur et la solitude, l’angoisse et la branlette, l’intime et le transgressif. Le tout sur fond d’amour inassouvi et d'envie de rédemption.  

Dans ce (très) long-métrage en deux parties, amputé de plus d'une heure que seuls les festivaliers verront à Berlin, on a l’impression que l’auteur s’invite pour prouver des choses ou régler des comptes. Notamment lorsqu’il insiste sur les origines juives de Seligman le confesseur, sur la différence entre l’antisémitisme et l’antisionisme (on se rappelle sa sortie sur Hitler à Cannes), ou quand il pousse Joe à donner son avis  sur le mot  "nègre".

Reste le casting, qui emporte une certaine adhésion à l'ensemble. Aux côtés de la troublante et fragile Charlotte Gainsbourg , victime fascinante qui séduit par son charme magnétique, on trouve  Stellan Skarsgard en vieux célibataire apparemment  asexué, ainsi que la talentueuse Stacy Martin en  Joe  jeune  formant couple avec Shia Laboeuf. A souligner que ce dernier avait tellement envie d’en être qu’il avait envoyé une sextape au cinéaste pour décrocher un rôle.

Film à l’affiche dans les salles de Suisse romande dès  mercredi 29 janvier.  

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26/01/2014

Nadal blessé, Wawrinka roi de Melbourne. A vaincre sans péril...

images[9].jpgDécidément ils se sont tous décarcassés pour offrir à Wawrinka son premier Grand Chelem. Après Pospisil forfait, Djokovic pas vraiment en super forme et Berdych toujours aussi psychologiquement instable, Nadal y a mis du sien à son tour pour que cette Coupe tant convoitée n’échappe pas à Stan The Man, en se bousillant le dos au début du second set.

D’ordinaire on prétend qu’il n`y a rien de plus dangereux qu’une bête blessée. Le courageux Rafa a failli donner raison au dicton en refusant d’abandonner le combat et en remportant même le troisième au nez et à la barbe d’Iron Stan, qui se mettait soudain à trembloter des gambettes. Mais il s’est bien repris, comment faire autrement me rétorquerez-vous en l’occurrence, pour s’adjuger les oreilles et la queue d’El toro à genou dans l’arène.

Mais une victoire est une victoire, même si à vaincre sans péril, on triomphe dans gloire… Les experts de la petite balle jaune, particulièrement helvétiques c’est logique, s’accrochent donc furieusement à la manche initiale effectivement tricotée de main de maître par le Vaudois et les quelques jeux galvaudés à l'entame de la deuxième par l’Espagnol apparemment encore en pleine possession de ses moyens, pour qualifier de phénoménale la performance de Stantastique. Miraculeuse eût été un adjectif plus approprié...

En tout cas j’en connais un qui doit l’avoir très amère en considérant le pot insensé de son compatriote. C’est ce pauvre Federer qui, deux jours auparavant, aurait rêvé de bénéficier de ce formidable coup de pouce du destin. Carrément maudit face à l'Ibère, le maestro.

Mais s’il doit ressentir une intense frustration, Rodgeur a aussi sans doute poussé un gros soupir de soulagement, dans la mesure où son meilleur ennemi demeure à quatre longueurs de ses dix-sept tournois en Grand Chelem. Et il a toutes les raisons d’espérer un freinage dans la redoutable progression de l'ogre majorquin vers son record.

En effet Stanimal, numéro un suisse désormais troisième du classement et donc protégé par le tirage au sort, pourrait maintenir le pitbull à distance de la légende en le privant d‘une ou deux autres réussites au sommet. Sans parler du vampire serbe, actuellement très loin du compte et victime d'un petit coup sur la tête avec son mortifiant revers en quarts de finale.  

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24/01/2014

Melbourne: miné par son complexe Nadal, Federer foire une finale helvétique historique!

images[4].jpgEt voilà! Ce que je craignais en compagnie de beaucoup d’autres j’imagine, à part quelques hurluberlus du genre Christophe Rochus ou Pascal Droz qui, après le premier set paumé estimait qu’il y avait de la place pour Federer et restait très confiant après la perte du second est hélas arrivé.

Beaucoup moins entreprenant que Wawrinka, le maestro nous a misérablement foiré cette finale helvétique 100% masculine et donc historique à Melbourne.

On le prétendait pourtant dans une forme plus qu’olympique, délivrant quasiment le jeu génial de ses plus belles années. Mais un complexe reste un complexe et cette défaite est logique dans la mesure où le king, le mental en berne, n’a pas été bon dans les moments cruciaux où il aurait pu l’emporter. Car Rodgeur face à Nadal, c’est la cape rouge devant le taureau. Pas de doute, le Suisse excite l’Espagnol.  

Cela dit, se débrouillant quand même mieux que les Nishikori et autres Dimitrov, lesquels se sont montrés assez redoutables le Bulgare parvenant même à prendre une manche au Majorquin, on peut se demander pourquoi la légende n’arrive pratiquement plus jamais à mettre le pitbull en danger.

D’un côté la trouille ça ne se commande pas, de l’autre l’Ibère n’a simplement pas besoin de se surpasser pour l’emporter face aux seconds couteaux. Contrairement au super tennis qu’il doit et adore produire pour battre Sa Grâce. Et cela en dépit d’une ampoule géante qui lui trouait carrément la main!

Du coup on ne sait pas trop ce qu’en pense Wawrinka, le désormais numéro un helvétique. Sans doute aurait-il préféré avoir Federer en face bien que ce dernier, qui recule du coup à la septième place du classement, l'ait pratiquement constamment terrassé.

Au vu de ce qu’a montré Rafa dans ce dernier carré, il serait en effet étonnant que ce brave Stanislas  réussisse un coup fumant qui le propulserait au troisième rang mondial. Il lui faudra se contenter du cinquième. Remarquez, et là je fais mon illuminée façon Jean-Paul Loth, rien n’empêche de rêver. Qui, au départ, aurait imaginé "Stanimal" en finale !

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23/01/2014

Cinéma: "12 Years A Slave" revisite l'Amérique esclavagiste

rs_1024x759-131009113736-1024.4.12-Years-Slave.ls.10913_copy[1].jpgAprès Hunger mettant en scène l’agonie du républicain irlandais Bobby Sands, Shame explorant les tourments d'un séduisant sexe addict, le talentueux Steve Mc Queen change encore de registre. Et provoque le malaise en obligeant l’Amérique à regarder son histoire en face en se penchant sur l’esclavagisme odieux qui régnait au 19e siécle. 

12 Years A Slave, l'un des grands favoris aux Oscars avec neuf nominations raconte le tragique destin de  Solomon Northup. Nous sommes en 1841. Vivant libre et respecté à New York avec sa petite famille, il est engagé un jour par un cirque ambulant pour jouer du violon dans un spectacle de passage à Washington.

Soulé et enlevé, le malheureux se réveille le lendemain avec des chaînes aux pieds. enchaîné. avec une gueule de bois. Sauvagement battu, il est déporté vers le sud et vendu au très cruel propriétaire d’une plantation de coton en Louisiane. Qui, à l’instar de ses autres esclaves, le considère comme une bête de somme. 

Adapté des mémoires du vrai Solomon Northup, le film montre aussi bien les conditions inhumaines dans lesquelles vivaient ces victimes de la violence aveugle des Blancs que leur difficile et incessant combat pour reconquérir leur liberté.

Un opus ample, intense, rigoureux et puissant sur la résistance à l’injustice et à la torture, qui frise parfois la complaisance en s’attardant longuement sur certaines scènes d’une rare brutalité pour mieux coller à la vérité du sujet. Mais qui réussit le plus souvent à transmettre une vraie et vive émotion en évitant habilement le piège de la mièvrerie et des bons sentiments que pouvaient susciter une histoire aussi dramatique.

12 Years A Slave est porté par de formidables comédiens qui contribuent évidemment à sa réussite, dont l’excellent Chiwetel Ejiofor et Michael Fassbender (photo) dans le rôle du maître sadique de la plantation, devenu en trois films l’acteur fétiche du réalisateur. On y croise aussi dans des rôles secondaires Benedict Cumberbatch, Paul Giamatti ou encore Brad Pitt, très engagé dans l’affaire puisqu’il en est l’un des producteurs.

Film à l'affiche dans les salles romandes depuis mercredi 23 janvier.   


 

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21/01/2014

Open d'Australie: Wawrinka saigne Djokovic le vampire. Il était temps!

images[2].jpgEvidemment c’est très bien, Wawrinka confortant à Melbourne son statut de numéro un helvétique temporaire. Rien de plus logique pourtant. A force de passer depuis un an pour la huitième merveille de la planète tennis, était temps de le prouver pour le petit Suisse, qui s’est payé le luxe de bouffer le géant serbe, triple tenant du titre et quadruple vainqueur, après un nouveau match qualifié d’anthologique.

Certains trouvent qu’on devrait tripatouiller le tirage au sort pour que ces deux-là se rencontrent dans chaque tournoi du Grand Chelem, histoire de nous filer le grand frisson.

Bien entendu les fans de Dracula, incrédules face une telle injustice du sort, avancent mille excuses pour expliquer l’inexplicable. Dont la principale: le saigneur des courts privé d’hémoglobine n’était tout simplement pas dans son assiette. Sinon il est évident qu’il n’eût fait qu’une lampée du Vaudois ivre de revanche.

Quant à ceux qui ne cessent de brûler ce qu’ils ont adoré selon d’où souffle le vent, surtout celui de la défaite, ils nous racontent qu’il s’agit et qu’il s’est dans le fond toujours s’agi d’un joueur très perfectible, balançant des volées pas propres, pas bon au filet, se montrant parfois irritable et révélant une faiblesse mentale plus souvent qu’à son tour.

On se pince! Car ces experts nous bassinaient à l’envi depuis le début du tournoi et pendant le match à de réitérées reprises, avec l’invincibilité physique et psychologique d’un Djokovic impérial au sommet de son art, son exceptionnelle endurance, bref un mutant capable de s’en sortir dans n’importe quelle situation une main attachée dans le dos. "On a l’impression qu’il ne peut pas perdre", ne manquait naturellement pas de radoter le Riton de service, toujours au parfum de ce qui se passe sur un court.…

Finissant néanmoins par déclarer sentencieusement: même les grands champions ne sont pas aussi forts qu’à une certaine époque. D’ici à ce qu’il nous entretienne le plus sérieusement du monde avec le déclin inéluctable de ce pauvre Nole...

Mais Federer pourra lui affirmer qu’il n’a pas à trop se tracasser, dans la mesure où il joue depuis près d’un lustre au phénix renaissant de ses cendres avec les spécialistes de la raquette en folie. Le mythe risque d’ailleurs d’être immanquablement boulotté à la même sauce que le vampire de Belgrade, s’il rate son rendez-vous avec Murray, la belette écossaise.

A part ça, il y en a un qui doit s’inquiéter pour son boulot. C’est Boris Becker. Pas sûr qu’il fasse de vieux os dans le clan de Djokovic après avoir grillé son premier joker!

P.S.- C'était couru. Rodgeur ayant rejoint Wawrinka dans le dernier carré après s'être défait assez facilement d'Andy la belette aux petites dents finalement assez peu acérées en ce début d'année, tous les spécialistes du tamis ont carrément rems le Bâlois sur le trône. A suivre son duel face à Nadal vendredi matin. On verra si nos girouettes patentées auront toujours les yeux de Chimène pour le maestro, au cas où il se ferait hacher menu par le pitbull ibère...

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19/01/2014

Wawrinka, numéro un helvétique qui pourrait bien le rester...

topelement[1].jpgDepuis qu’il a quitté le trio de tête, Federer se plait à répéter qu’il se moque de son rang comme de sa première chemise. Possible, puisqu’on continue à le considérer tel un membre du Big Four.

Mais il risque de ne plus avoir droit très longtemps à cette appellation aussi flatteuse qu’imméritée. Car si on regarde  le classement "live" de l’ATP, le Bâlois occupe actuellement la huitième place.

Outre Nadal et Djokovic bien sûr, Ferrer, Murray, Berdych et Del Potro bien que précocement défait à Melbourne, lui dament en effet le pion. Pire, Wawrinka, son poursuivant immédiat avant le tournoi australien, est également devant lui après avoir gaillardement composté son billet pour les quarts de finale, en éliminant Robredo le guerrier.     .

Résultat, le Vaudois est donc pour l’instant numéro un helvétique. Et le restera si Federer venait à s’incliner devant Tsonga. Dans le cas contraire, ce ne sera de loin pas gagné pour le Bâlois. Car même si Wawrinka perdait contre Djokovic, la légende serait impérativement contrainte de se débarrasser de Murray pour ne pas se laisser coiffer au poteau. Et au cas où Stanislas battait Djokovic, il faudrait que Rodgeur se retrouve en finale, sinon la gagne, dans l’hypothèse où le Lausannois ne lui lâcherait pas les baskets.

Pour cela il devrait donc atomiser dans l’ordre, pour autant évidemment qu'ils ne s'égarent pas en route mais c'est malheureusement peu probable, Murray, Nadal et Djokovic. Mission impossible. Bref je ne vous raconte pas la pression pour le mythe. Car il a beau prétendre qu’il s'en balance d’être deuxième ou  dixième, je suis sûre que ça ne lui plairait pas des masses, au king, de jouer au dauphin de Stan The Man, Suisse de l'année de surcroît, après treize ans de règne sans partage sur ses terres...

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18/01/2014

Open d'Australie: les deux rescapés du naufrage de l'armada tricolore...

Open-d-Australie-Stephane-Robert-affrontera-Andy-Murray-en-8es-de-finale_image_article_large[1].jpgJe sais qu’en reparlant du chauvinisme exacerbé des commentateurs et consultants d’Eurosport, je vais encore m’attirer l’ire de quelques lecteurs qui m’ont fait l’amitié de m’informer de leur profond agacement.

L’un d’eux m’a notamment reproché, en gros, que c’était la quatre-centième fois que je me penchais sur le sujet et que ça commençait à suffire ce radotage.

J’avoue en effet que j’ai un peu tendance à en rajouter. Mais comme en l’occurrence nous autres téléspectateurs avons dû subir à ce jour quelque douze mille sempiternelles envolées dithyrambiques, j’estime que je suis fort loin du compte côté rabâchages.

Sans oublier qu’il m’est difficile de ne pas relever le triste état de ces troupes portées aux nues depuis le début du tournoi, vu que c’est pire que je le supposais. Vous vous souvenez sans doute que nos rigolos s’étaient copieusement moqués de la presse australienne vantant follement les chances de leur fantastique star Tomic contre Nadal. Dans un choc des titans qui s’est résumé à un piteux forfait après un set perdu par le kangourou contre le cannibale. 

Mais que dire des espoirs déments, sinon des audacieuses certitudes des aficionados de Monfils, certains l’imaginant se payer les oreilles et la queue du taureau de Manacor en trois coups de cuillère à pot.   Résultat, une défaite cuisante du malheureux au troisième tour, à l’instar de sept petits camarades, dont la dernière fille en lice Alizée Cornet, que ses compatriotes voyaient également abattre la belle Maria Sharapova…

Bref, avec seuls deux rescapés du naufrage en deuxième semaine dont un certain Stéphane Robert (photo), lucky loser de 34 ans inconnu jusqu’ici, et qui a eu de surcroît la chance incroyable de tomber sur un autre lucky loser pour se hisser en huitièmes de finale, il y aurait de quoi se cacher dans un trou de souris, au lieu de continuer à bomber sottement le torse.

1167205-20384086-640-360[1].jpgRemarquez, peut-être ont-ils finalement raison de se taper sur le ventre les experts tricolores, dans la mesure où l’autre joueur sauvé des eaux n’est autre que Tsonga. Et je ne suis pas loin de penser que le redoutable boxeur des courts peut nous atomiser Rodgeur, son prochain adversaire.

Cela en dépit de la forme olympique que le king se prête lors de déclarations fidèlement relayées par les commentateurs, helvétiques cette fois, qui exaltent ses formidables performances. Celles-ci consistant à se débarrasser avec une facilité déconcertante de trois nobodies respectivement…  133e, 99e et 79e  à l’ATP. Vous visualisez l’exploit, j’espère!

A part ça, heureusement qu’il y a la télé helvétique pour en causer, de ce brave homme. Ainsi que les organisateurs qui lui ont rendu hommage avec un super clip, la pub Rolex… et Nadal. L’ogre a confié à Jim Courrier, à l’issue de sa victoire écrasante contre Gaël Monfils, que Federer était le joueur qu’il préférait regarder. Parce qu’il a quand même fallu attendre l’annonce de affrontement entre Sa Grâce et Jo-Wilfried pour que la bande à Leconte daigne enfin mentionner la présence du Bâlois à Melbourne.

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