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28/05/2013

Cinéma: "L'attentat", une histoire d'amour sur fond de conflit politique

the-attack-movie-ziad-doueiri-561x374[1].jpgDans un restaurant de Tel-Aviv, une femme fait exploser une bombe qu’elle dissimulait sous sa robe de grossesse. Toute la journée, le docteur Amine Jaafari, médecin israélien d’origine arabe bien connu et estimé dans la ville, opère les nombreuses victimes de l’attentat.

Au milieu de la nuit, la police israélienne le rappelle d’urgence à l’hôpital pour lui annoncer, horreur, que le kamikaze est sa propre femme. 

Brisé par cette terrible révélation, refusant d’y croire, ne parvenant pas à comprendre comment il a pu ne pas déceler les intentions de son épouse, Amine décide de se rendre dans les territoires palestiniens, à la recherche de ceux qui l’auraient recrutée.

Le film est adapté par le Llibanais Ziad Doueiri du roman éponyme de l’Algérien Yasmina Khadra,  pseudonyme féminin de Mohammed Moulessehoul. Alors que l’opus divise, le réalisateur se défend, comme on le lui a parfois reproché, d’avoir voulu présenter une nouvelle vision du drame palestinien en donnant la parole à l’autre camp. 

Se concentrant sur la tragédie vécue par ce chirurgien paisiblement et parfaitement intégré à la société israélienne et dont la vie bascule soudain dans la violence et le rejet par ceux qui l’avaient adopté, Ziad Doueiri raconte avant tout une histoire d’amour sur fond de conflit politique. Cela n’a pas empêché l’œuvre d’être interdite de diffusion au Liban et boycotée par les pays de la ligue arabe.

Après la nuit, entre polar et documentaire

BK4TzD_CIAIR5En[1].jpgA découvrir également Après la nuit où Sombra, un marginal parmi les marginaux tout juste sorti de prison, retourne à son existence de dealer dans le bidonville créole Reboleira de Lisbonne.

Mais entre l’argent qu’il ne parvient pas à se faire rembourser, celui qu’il doit, les bizarreries de son iguane, une petite fille envahissante, une tante protectrice, un ami farfelu et certaines autres personnes qui gravitent autour de lui, c’est tellement la galère qu’il ne tarde pas à se dire qu’il aurait été mieux inspiré de rester derrière les barreaux.

Naviguant entre polar et documentaire, Après la nuit invite le spectateur à partager l'univers de ces gens, mais également à s’immerger dans la culture du lieu. Il est signé Basil Da Cunha, 28 ans. Ce Suisse d’origine portugaise, propose un regard empreint de poésie sur un quotidien absurde et un peu fou dans un film "fabriqué avec amour". Bien que les protagonistes se comportent avec une certaine brutalité. "Mais non, c'est juste parce qu'ils ne se comprennent pas toujours. Au fond ce sont de gentils gangsters", remarque Basil. A noter que le Genevois rentre de Cannes où il a été sélectionné à la Quinzaine des réalisateurs.

Films à l'affiche dans les salles romandes dès mercredi 29 mai.

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Cinéma: "Only God Forgives", lente odyssée sanglante avec Ryan Gosling

ryan-gosling-only-god-forgives-040313[1].jpgL’absence de Ryan Gosling sur la Croisette aux côtés de Nicolas Winding  Refn, l’auteur culte de Drive,y était peut-être pour quelque chose. Toujours est-il qu’ Only God Forgives, en lice pour la Palme d’or, a été plutôt éreinté par la critique. A juste titre d’ailleurs.

Tourné en Thaïlande, l'opus met en scène Julian, dont le club de boxe sert de couverture à son trafic de drogue. Son frère venant de se faire assassiner après avoir massacré une jeune prostituée, sa mère débarque des Etats-Unis pour rapatrier le corps. Chef d’une organisation criminelle, elle exige de Julian qu’il lui livre la tête de des meurtriers de son fils préféré. 

Le beau Gosling doit alors affronter, sous les traits de ce curieux personage en quête de pardon divin, Chang, un étrange policier à la retraite adulé par les flics du coin.

Dédié à Alejandro Jodorovsky et Gaspar Noé par un Nicolas Rinding Refn en colère à l’époque du tournage, Only God Forgives nous emmène la nuit dans les dangereuses rues de Bangkok, où régnent de redoutables gangsters.

Entre western urbain et arts martiaux, le cinéaste livre une lente, surréaliste, onirique et hypnotique odyssée en forme de tragédie grecque, esthétisée à outrance. Sanglante, elle nous réserve quelques scènes ultraviolentes genre clouage d’un malfrat dans un fauteuil à qui on crève ensuite les yeux et le tympan. Il ne s’en remettra pas. Et nous difficilement...

A l’affiche avec Ryan Gosling, toujours aussi érotisé, monolithique, distant et carrément mutique, Kristin Scott Thomas offre, avec sa perruque blonde et son maquillage outrancier une version genre cauchemardesque de Madonna, dans un rôle inédit et vulgaire de garce meurtrière ivre de vengeance. «En principe ce type de film ne me plaît pas du tout. Ce qui m’intéressait, c’était de travailler avec Nicolas qui m’a offert un rôle aussi éloigné de moi que possible», déclare l’aristocrate de la pellicule.

Film à l'affiche dans les salles romandes dès mercredi 29 mai.

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Roland Garros: la France a d'incroyables talents!

5951450754_yannick-noah[1].jpgA chaque Roland Garros, c’est pareil. Mais cette année, nos amis français s’excitent davantage que d’ordinaire, vu que la chose a date de 30 ans. Oui, vous avez compris, les voici repartis sur le sentier de la gloire avec la victoire de Noah le 5 juin... 1983. Son seul et unique succès en Grand Chelem.

Cela n’empêche pas une grande interview de l’icône sur Eurosport, pour revivre une nouvelle fois l’extraordinaire événement qui a fait entrer le tennisman, reconverti dans la chanson depuis 1991, dans le cœur de ses compatriotes. Pour ne plus en resssortir. Et que, la pluie aidant, la chaine risque de nous retransmettre à l'envi...

On y voit l’idole de tout un peuple un rien lassée de faire le buzz après tout ce temps. Encore que. Jouant les modestes, Yannick n'assure pas moins fièrement qu’au filet on ne le passait pas. A se demander pourquoi il n'a réussi à remporter que 23 tournois en simple, pas tous prestigieux de surcroît, avec un tel atout dans sa raquette.

D’accord, il a mené la France en finale de Coupe Davis en tant que joueur et à deux reprises au sommet en tant que capitaine. Ce n’est pas rien, je vous le concède. Mais quand même assez pathétique de voir nos chers voisins aussi béats en pensant à son incomparable génie. Imaginez leur état (et du coup le nôtre) s’ils avaient un champion de la trempe de Federer, Nadal, ou Djokovic à se mettre sous la rétine.

Remarquez, tout en traitant Sa Grâce un poil par-dessous la jambe, eu égard à ses capacités "moyennes" sur l'ocre parisien, ils ne se privent pas de s’extaxier sur l’incroyable talent des hypothétiques successeurs de Noah au triomphe Porte d’Auteuil. Car à entendre les commentateurs, de Tsonga à Gasquet en passant par Simon, Paire ou Roger-Vasselin, ils ont tous les armes pour aller très loin cette année.

RG_20130527_Monfils[1].jpgEt je ne vous raconte pas la folie suscitée par Monfils qui a disposé de Berdych en quelque quatre heures. Ce qui a valu au Tricolore d’être qualifié de mutant monstrueux et hallucinant, les trois mots que connaisse en général la consultante Emilie Loit, d’extraterrestre, d’homme venu de nulle part selon l’inénarrable Henri Leconte, après avoir livré un non seulement match non seulement exceptionnel, mais anthologique.

Bref à les entendre, Roland Garros c’est terminé côté grandeur et émotion  suite à cette rencontre du… premier tour. On a déjà vu la finale et le reste des concurrents,  qui ne feront à l’évidence pas le poids face à un tel exploit. peuvent aller se rhabiller.

Sans aller jusqu’à partager cet engouement dément, je vous avoue que je suis assez contente de l’issue de ce duel. Car si c’était formidable pour Monfils, ça l’est surtout pour Rodgeur, qui a la sale habitude d’échouer misérablement contre le Berdych depuis quelque temps. Et comme le Tchèque figurait dans sa partie de tableau...

Enfin on n’en est pas là. Le Guillaume Tell de la raquette, à qui certains écervelés ont prédit une voie royale jusqu'au bout, a d'autres chats à fouetter. Dont Julien Benneteau, un gros minet en forme de bête noire au troisième tour!

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27/05/2013

Festival de Cannes: La Palme d'or pour "La vie d'Adèle"... et l'exception Spielberg

2013-05-26T181957Z_640469615_LR2E95Q1EWYMS_RTRMADP_3_FILM-CANNES_0[1].jpgDu jamais vu. Le jury du Festival de Cannes présidé par Steven Spielberg ne s’est pas contenté de récompenser  le meilleur film de la compétition. Il a décidé d’innover en décernant  la récompense suprême au réalisateur Abdellatif Kechiche et à ses deux actrices Adèle Exarchopoulos et Léa Seydoux. 

Ce geste grandiose a provoqué une intense émotion, des larmes de bonheur et une standing ovation de la part du public sous le charme.

Certes il m’était impossible d’imaginer une autre issue pour cette perle de trois heures somptueusement mise en scène et plébiscitée par la quasi-totalité des critiques, toutes nationalités confondues. Il n’empêche que j’en avais des frissons d’angoisse dès le début de la cérémonie de clôture joliment animée par Audrey Tautou.
 
Les lauréats se succèdent sur la scène de l’Auditorium Lumière, recevant leur médaille des mains de stars. Kechiche n’est toujours pas cité… Et puis Uma Thurman arrive et…ouf ! Au bout du suspense la Palme d’or va à La vie d’Adèle, chapitre 1 et 2, un chef d’œuvre qui a tout simplement créé l’événement de cette 66 e édition. En racontant la plus belle et la plus torride des histoires d’amour entre deux jeunes femme sublimes, qui ont livré une prestation  aussi  bouleversante qu’exceptionnelle.

Des frères Coen à Bérénice Bejo

Du coup, face à la fièvre d’une telle œuvre,  le reste du palmarès en devient presque anecdotique. Il correspond aux rumeurs qui agitaient la Croisette ces derniers jours. Ainsi les frères Coen ont décroché le Grand Prix pour Inside Llewyn Davis, ou  une semaine dans la vie d’un jeune chanteur folk à Greenwich Village en 1961.

Le Japonais Hirokazu Kore-Eda a obtenu le prix du jury pour Tel père, tel fils, drame émouvant sur fond d’échange de bébés à la naissance. Le Chinois Jia Zhangke  a raflé celui du scénario  pour A Touch Of Sin décrivant les dérives brutales dans la Chine contemporaine et le Mexicain Amat Escalante celui de la mise en scène pour Heli. Un long-métrage radical sur le destin dune famille confrontée à la violence extrême des narcotrafiquants. Certaines scènes sont insoutenables.

L’interprétation pour terminer. Bérénice Bejo en pleurs et sans voix a été sacrée meilleure actrice pour son rôle dans Le passé de l’Iranien Ashghar  Farhadi, tandis que le vétéran Bruce Dern  remportait le prix du meilleur acteur dans Nebraska d’Alexander Payne. Le film raconte l’odyssée rocambolesque d’un vieil homme têtu, qui croit avoir gagné un million de dollars à la loterie et tient absolument à toucher son argent

Globalement, ce cru 2013 a de la classe. Notamment en compétition, où on a vu davantage de  très bons films que d’habitude. Dommage toutefois que certains n’aient pas répondu aux attentes, comme Only God Forgives de Nicolas Windingh Refn, l’auteur culte de Drive, ou encore Un château en Italie de Valeria Bruni Tedeschi,  la seule femme en lice.

Caméra d'or singapourienne

Belles découvertes également dans les volets parallèles, plus particulièrement à la Quinzaine des réalisateurs où le directeur Edouard Waintrop avait déniché Ilo ilo du Singapourien Anthony Chen, récompensé par la Caméra d’or qui distingue le meilleur premier film de toutes les sections du festival. 

En fait, à part la pluie, la véritable ombre au tableau fut la présence surprise de DSK samedi soir, qui a jugé bon de venir s’exhiber sur tapis rouge et dans une montée des fameuses marches avec sa nouvelle compagne. Pour reprocher ensuite aux journalistes d’en faire tout un plat. Décidément pas gêné ce monsieur!

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25/05/2013

Festival de Cannes: A qui la Palme d'or? Plébiscite critique pour "La vie d'Adèle". Mon palmarès.

590353_abdellatif-kechiche[1].jpgDès la projection de La vie d’Adèle, chapitre 1 et 2, l’affaire était pour moi entendue. J’avais vu ma Palme d’or. Pourtant, après Abdellatif Kechiche (photo), trois grands réalisateurs restaient en lice pour décrocher le Graal cannois.
 
Eh bien ni James Gray avec The Immigrant, mélo sur fond de débarquement, dans les années 20 à New York, d’une jeune Polonaise obligée de se prostituer, ni Jim Jarmush avec Only Lovers Left Alive, évoquant deux fragiles vampires métaphores de la vie humaine actuelle, ni Roman Polanski et sa délurée Vénus à la fourrure n’ont réussi à faire bouger les lignes.

Autrement dit, la compétition achevée, La vie d’Adèle caracole toujours largement en tête de la course. Du moins si je me réfère aux critiques de la presse hexagonale qui distribue ses étoiles dans Le film français. Ils ont décerné douze palmes sur quinze possibles au film du réalisateur franco-tunisien. Du  jamais vu dans les annales du magazine. J'espère simplement que cela ne portera pas la poisse à l’auteur de la perle rare.

Pour les autres récompenses, Gand Prix, Prix du jury, Prix du scénario et de la mise en scène, ressortent dans le désordre les favoris suivants des journalistes, toutes nationalités confondues: Le passé de l’Iranien Asghar Farhadi, Inside Llewyn Davis des frères Coen, A Touch Of Sin du Chinois Jia Zhangke La grande bellezza de l’Italien Paolo Sorrentino, ou encore Tel père, tel fils du Japonais Hirokazu Kore-Eda .

606x403_la-vie-d-adele-exarchopoulos-seydoux-2405[1].jpgCôté interprétation féminine, la révélation du festival Adèle Exarchopoulos et Léa Seydoux, les deux héroïnes de Kechiche (photo) semblent remporter la majorité des suffrages médiatiques. Mais il est aussi question ici et là de Bérénice Bejo dans Le passé, de Kristin Scott Thomas dans Only God Forgives de Nicolas Winding Refn, de Marine Vacth dans Jeune & jolie de François Ozon, d'Emmanuelle Seigner dans La Vénus à la fourrure, de  Marion Cotillard dans The Immigrant.

Les hommes se bousculent également au portillon pour le sacre du comédien. On trouve ainsi  le tandem Michael Douglas et Matt Damon pour Ma vie avec Liberace de Steven Soderbergh, Tony Servillo pour La grande bellezza, Oscar Isaac pour Inside Llewyn Davis, ou encore Mathieu Amalric présent dans Jimmy P. d'Arnaud Depleschin et La Vénus à la fourrure.

Des pronostics que je partage pour la plupart. Mais comme il faut un peu se mouiller dans l’existence, voici mon propre palmarès:

Palme d’or : La vie d’Adèle chapitre 1 et 2, d’Abdelattif Kechiche
Grand prix: Le passé d’Asghar Farhadi
Prix du jury: Tel père, tel fils d'Hirokazu Kore-Eda
rix du scénario: Inside Llewyn Davis des frères Coen
Prix de la mise en scène: La grande bellezza de Paolo Sorrentino 
Prix d’interprétation féminine: ex-aequo Adèle Exarchopoulos et Léa Seydoux pour La vie d’Adèle.
Prix d’interprétation masculine: Michael Douglas dans Ma vie avec Liberace de Steven Soderbergh.

Rassurez-vous, je n'oublie pas pour autant la formule consacrée: le journaliste propose, le jury dispose… Verdict dimanche soir.

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24/05/2013

Festival de Cannes: "La vie d'Adèle" pour une Palme d'or

La%20Vie%20d'Adèle_0[1].jpgContrairement aux stars américaines, le réalisateur franco-tunisien Abdellatif Kechiche qui vivait sa première à Cannes avec son cinquiuème film et ses deux sublimes héroïnes n’avaient pas rameuté la grande foule en conférence de presse.

Et pourtant ce sont bien eux qui nous ont procuré jusqu’ici  la plus formidable émotion du festival en nous racontant la plus bouleversante des histoires d’amour vues au cinéma depuis longtemps. Un pur joyau de trois heures qui passent comme un éclair.

La révélation cannoise Adèle Exarchopoulos et Léa Seydoux sont évidemment pour beaucoup dans la réussite de l’œuvre. Elles mériteraient le prix d’interprétation pour leur extraordinaire prestation dans cette torride passion homosexuelle, magnifiquement mise en scène.
 
Coup de foudre se muant en liaison, puis en rupture sur fond d’éducation, de transmission, ce film toujours vrai, juste, sous tension érotique extrême, contraste avec la platitude de certains autres prétendants à la Palme d’or. Il est librement inspiré de la bande dessinée de Julie Maroh, Le bleu et une couleur chaude.

On y suit Adèle, une très jolie fille de 17 ans. Exaltée par la lecture de La vie de Marianne de Marivaux, elle sort avec des garçons, mais n’est pas très emballée par une brève aventure avec l’un d’eux. Sa vie de lycéenne bascule alors en rencontrant dans un bar lesbien Emma, un peu plus âgée qu’elle. Adèle succombe follement à cette jeune femme aux cheveux bleus qui veut devenir peintre et lui fait découvrir le désir.

Une confiance aveugle en leur réalisateur

Terrassées, toutes les deux se laissent emporter par l’ivresse et la violence irrépressible des sentiments qui culminent dans de sulfureuses scènes sexuelles, mais dont le côté sculptural des corps et la grâce des visages font oublier la crudité. Un total don de soi de la part des deux actrices, avouant  non seulement leur confiance aveugle en Abdellatif Kechiche, mais leur grosse envie  de travailler avec lui.

Adèle Exarchopoulos a parfois oublié la caméra tant elle se sentait libre. Ce n’est pas  vraiment le cas de Léa Seydoux qui entretient un rapport particulier avec l’objectif. "On a tourné très longtemps et il nous arrivait d’avoir des fous rires. C’était un challenge". Rappelant un rôle osé, elle avouait sa fébrilité à l’idée de voir ces scènes dans la grande salle de l’Auditorium Lumière. "Cela s’est fait dans des conditions particulières, c’était assez éprouvant et cela va provoquer c’est sûr".

De son côté, le cinéaste dédramatise en  évoque la notion de jeu. "En plus de la beauté de l’acte en soi, c’est amusant pour des acteurs de jouer quelque chose qui ne leur appartient pas".

Interrogé sur la  coïncidence du sujet avec le battage autour de l’égalité des droits et du mariage gay, Kechiche répond que ce contexte politique n’existait pas quand il s’est lancé dans l’aventure de La vie d’Adèle. "Je n’ai pas réalisé un film militant sur l’homosexualité. Mais s’il est vu de cette manière, cela ne me dérange pas".

Serait-il prêt à procéder à des coupes pour le vendre dans des pays qui ont d’autres manières d’aborder l’amour ou le sexe? "Je considère qu’un film sert à exprimer quelque chose d’artistique. On m’a parfois demandé des coupes à cause de la censure. Je n’ai pas envie qu’un film ne soit pas vu à cause d’une scène. Je peux donc faire des compromis".

Cela dit, l'opus est par exemple déjà vendu aux Etats-Unis parfois à cheval sur la morale, mais il n’y a eu jusqu’ici pas une seule demande dans ce sens.

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23/05/2013

Festival de Cannes: "Only God Forgives", en l'absence sur la Croisette de Ryan Gosling

ryan-gosling-only-god-forgives-garticle[1].jpgLes fans étaient en pleurs. Impossible de voir le sulfureux sex-symbol. Vedette du dernier long-métrage de Nicolas Winding Refn, auteur du cultissime Drive, Ryan Gosling n’a pu venir à Cannes pour cause de tournage à Detroit. Mais il a écrit un petit mot pour nous consoler. Dans lequel il affirme ne pas pouvoir croire qu’il n’est pas ä Cannes, tout en nous assurant être en pensée avec nous et souhaitant que Dieu le soit aussi. Gentil tout plein ce Ryan.

Plus en tout cas que dans Only God Forgives de son metteur en scène préféré, réalisé en Thaïlande et dédié à Alejandro Jodorovsky et Gaspar Noé. Toujours aussi érotisé, monolithique, distant et carrément mutique, le beau Gosling doit affronter, sous les traits d'un Julian en quête du pardon divin, Chang, un étrange policier à la retraite adulé par les flics du coin.
 
Nicolas Winding Refn avoue en conférence de presse qu’il était dans une  période existentialiste, en colère et qu’il fallait la canaliser. Du coup, il livre une lente, surréaliste, onirique et hypnotique odyssée sanglante en forme de tragédie grecque esthétisée à outrance, qui ne fait pas dans la dentelle. Elle nous réserve même quelques scènes ultraviolentes genre clouage d’un mec dans un fauteuil à qui on crève ensuite les yeux et le tympan. Il ne s’en remettra pas…

Aux côtés de Ryan Gosling, Kristin Scott Thomas offre une version plutôt cauchemardesque de Madonna avec sa perruque blonde, jouant la mère de Julian dans un rôle inédit de garce meurtrière ivre de vengeance. «En principe ce type de film ne me plaît pas du tout. Ce qui m’intéressait, c’était de travailler avec Nicolas qui m’a offert un rôle aussi éloigné de moi que possible», a déclaré l’aristocrate de la pellicule.

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22/05/2013

Festival de Cannes: "La Grande Bellezza" aux accents felliniens

grande-bellezza-3-1389030_0x410[1].jpgPour la cinquième fois en compétition à Cannes, Paolo Sorrentino, 43 ans, prix du jury avec Il Divo en 2008, présente La Grande Bellezza, un hommage à la Rome éternelle, où les touristes subjugués se pressent dans la chaleur et la splendeur de l’été.

On y retrouve son acteur fétiche,Toni Servillo (à droite sur la photo), qui traverse tout le film dans le rôle de Jep Gambardella. Avec Michael Douglas, il est actuellement favori des critiques pour le prix d’interprétation.

Ecrivain et journaliste à succès, dandy que l’on s’arrache dans les fêtes et les soirées, le nonchalant Jep se balade dans la ville, promenant un regard désenchanté, désabusé, cynique, mais terriblement lucide sur les aristocrates, parvenus, criminels, acteurs, prélats ou autres artistes. Un petit monde qui s’agite frönéltiquement et vainement dans les palais antiques, les villas luxueuses ou les terrasses dominant le Colisée. Tandis que Jep, auteur frustré d’un seul livre L’appareil humain même s’il lui a valu un prix, se demande s’il va se remettre à écrire, tout en s’accrochant aux souvenirs merveilleux d’un amour de jeunesse.

On aime dans ce film typiquement italien sa beauté visuelle, sa mise en scène fluide, ses accents et ses côtés felliniens, ainsi que sa critique, de la religion à l’art moderne en passant par la politique, des travers d’une société décadente. On regrette en revanche son côté longuet et trop bavard. 

Comme "Le passé" d’Asghar Farhadi, "La Grande Bellezza" est déjà à l’affiche dans les salles romandes.

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Festival de Cannes: Michael Douglas et Matt Damon bluffants dans "Ma vie avec Liberace"

Cannes-2013-Ma-Vie-avec-Liberace_article_landscape_pm_v8[1].jpgAprès un petit coup de mou côté superstars, Michael Douglas qui opère son grand retour en compagnie de Matt Damon dans Ma vie avec Liberace, a rallumé le feu chez les festivaliers avides de voir de près les héros de Steven Soderbergh, Palme d’Or en 1989 pour Sexe mensonges et vidéo.

Les deux comédiens forment un couple homo bluffant dans cette histoire d'amour entre le célèbrissime et kitschissime pianiste des seventies et un adonis qui voulait devenir vétérinaire. Le réalisateur avait laissé entendre au monde que son dernier film serait l’ultime. Apparemment non, pourtant. «Je veux juste faire une pause d’un an voire un peu plus», a-t-il déclaré à la conférence de presse.

Steven Soderbergh, dont l'opus jugé trop gay par tous les distributeurs est privé de sortie en salles aux Etats-Unis, s’est intéressé à la part intime de Liberace, caractère exubérant, inventeur du bling bling, précurseur baroque d’Elton John et de Madonna. Showman génial, cultivant l’excès et la démesure, incroyable virtuose jouant sur un piano à queue géant muni d’un candélabre, il affectionnait les tenues extravagantes, les perruques savamment brushinguées et le maquillage outrancier.

Un jour de l’été 1977, Scott Thorson, jeune éphèbe blond pénètre dans sa loge et, malgré la différence d’âge, tous deux entament une liaison secrète de cinq ans. Liberace, mort du sida en 1987, cachait son homosexualité qui aurait nui à sa réputation de sex symbol.

A la fois léger, profond et divertissant, le film vaut surtout pour la remarquable prestation des acteurs, transformés à grands coups de maquillage. A les entendre, ils ont passé davantage de temps à se faire plâtrer la figure qu’à jouer. Alors que Matt Damon avait en plus un appareil dentaire pour avoir l’air plus jeune, son partenaire était au début horrifié par le masque qu’il devait porter.

Michael Douglas, l’air en grande forme après son combat contre le cancer se révèle parfait en Liberace, évitant avec sagesse de jouer les folles tordues. «C’est l’un des rôles le plus formidables de ma carrière. D’habitude je campe les méchants. Là, c’est la première fois que j’interprète un personnage connu. Pour moi, Liberace est un type bien, un homme généreux, accueillant ». Il y a du prix d’interprétation dans l’air pour le comédien qui remercie Soderbergh de l'avoir attendu pour lui confier le rôle .

Matt Damon (Scott) à travers les yeux duquel tout est vu se montre à la hauteur de la passion qu’il inspire. Forcé de recourir à la chirurgie esthétique pour plaire à Liberace, il est méconnaissable avec son menton et ses pommettes façon Bogdanov. Interrogé sur l’effet des scènes physiques, comme embrasser Michael Douglas sur la bouche, il répond que c’est formidable! «Mais non, c’est très technique. Il est beaucoup plus difficile de savoir comment se comporter, ou simplement se mouvoir dans une pièce. Pour le reste nous sommes mariés depuis longtemps et nous avons appliqué l’expérience que nous avons avec nos femmes ». Histoire en somme de rappeler qu’ils sont tous les deux hétéros…

Seule réalisatrice en lice, Valeria Bruni Tedeschi divise

Deux mots sur la projection du film de Valeria Bruni Tedeschi, Un château en Italie, où elle partage l’affiche avec son compagnon Louis Garrel. Personnelle, fofolle, limite hsytérique, la seule réalisatrice en compétition nous raconte sa mère, son frère mourant, son désir d’enfant, sur fond de monde qui se termine et d’un amour qui commence. Certains crient au génie, d’autres se montrent beaucoup plus réservés.  Pour ne rien vous cacher, je suis plus anti que pro…

 

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19/05/2013

Festival de Cannes: les bons films dont "Le passé" font oublier la pluie

Le-Passe-aka-The-Past-fil-010[1].jpgInvitée quasi permanente sur la Croisette, la pluie fait le bonheur des vendeurs de parapluie agglutinés aux abord du Palais et le malheur des festivaliers au bord de la crise de nerfs. Car c’est une chose de battre la semelle par beau temps et une autre que de poireauter des plombes sous des trombes d’eau.

Heureusement, il y a de quoi se remonter le moral dans les salles obscures, où les bons films se succèdent en compétition ou hors concours depuis le début du grand rendez-vous cannois. A commencer par Le passé de l’Iranien Asghar Farhadi, Ours d’Or à Berlin en 2011 avec Une séparation acclamé partout depuis. Le passé ne devrait pas échapper à l’engouement général.

Il raconte l’histoire d’Ahmad, débarqué de Téhéran à Paris quatre ans après s’être séparé de sa femme française Marie et venu la rejoindre pour officialiser le divorce. Il découvre la relation conflictuelle que Marie entretient avec sa fille Lucie et lève le voile sur un drôle de secret en tentant, souvent maladroitement, d’améliorer la situation.

Un excellent film, parfaitement mis en scène et formidablement interprété. Notamment par la ravissante et intelligente Bérénice Bejo (photo). Après avoir triomphé il y a deux ans aux côtés de Jean Dujardin dans The Artist, muet en noir et blanc césarisé et oscarisé de Michel Hazanavicius, elle nous bluffe complètement en se glissant dans la peau de Marie. 

Genre marmite à vapeur, toujours dans l'action contrairement aux mâles un peu lâches et fuyants, elle se démène, prend les décisions, s’énerve, pose les questions qui fâchent, exige des réponses. Bérénice a aimé chez cette femme le fait qu’elle ne lui ressemble absolument pas. «Quel bonheur de pouvoir jouer un personnage aussi éloigné de soi. En tant qu’actrice, j’ai vécu des moments exceptionnels».
 
Elle partage l’affiche avec le craquant Tahar Rahim, magnifique acteur dans l’inoubliable Audiard Un prophète qui ne démentira pas ses propos, bien au contraire. Toujours aussi bon et très demandé, il a également un des rôles principaux dans Grand Central signé Rebecca Zlotowski, en compagnie de Léa Seydoux, l’héroïne de la Suissesse Ursula Meier dans L’enfant d’en-haut. Sur fond de redoutables dangers nucléaires, le film raconte une grande histoire d’amour. Le film est en compétition dans la section Un certain regard.  

En lice pour la Palme d’Or, on a également beaucoup aimé Tel père, tel fils, le long-métrage du Japonais Kore-Eda Hirokazu. A partir d’une idée d’enfants échangés à la naissance, le réalisateur analyse subtilement les réactions de deux familles. Plus particulièrement celle d’un architecte obsédé par la réussite professionnelle et dont les repères volent en éclats lorsque la maternité lui apprend que le garçon qu’il élève depuis six ans n’est pas le sien. Et que son fils biologique a grandi dans un milieu beaucoup plus modeste.

Un opus plein de finesse, d’émotion, de tendresse et d’humour, qui sait ne pas tomber dans le pathos. Une vraie réussite qui tient évidemment aussi à la remarquable interprétation de tous les acteurs, dont les enfants.

Le passé est à l'affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 22 mai.

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