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31/01/2013

Wawrinka le Terminator: planquez-vous les cadors, j'arrive!

images[1].jpgQuand on n’a pas de grive… vous connaissez la suite. C’est un peu ce qui se passe dans le domaine du sport helvétique où on ronge drôlement son frein. Notamment dans le ski.  En dépit des glapissements des commentateurs de la RTS, nous bassinant  à chaque épreuve avec la surprise qui peut toujours de produire, nos "spécialistes"  de la latte s’obstinent, depuis le début de la saison, à entrer dans l’histoire à reculons en ratant systématiquement leurs rendez-vous. Ce qui n’est pas arrivé depuis des lustres.

A commencer par les garçons, en-dessous de tout. Alors que dans les glorieuses années on mentionnait à peine un Helvète qui avait le malheur de pointer au pied du podium, on en vient à se gargariser follement aujourd’hui d’une rarissime apparition dans les dix ou quinze premiers. C’est une telle bérézina qu’on nous passe des images des Championnats du monde de Crans–Montana en... 1987, où les Suisses avaient donc presque tout raflé, pour nous remonterle moral.

Mais le plus significatif reste cette exaltation inouïe autour de l’affrontement "dantesque" entre Wawrinka et Djokovic, "the" rencontre de Melbourne où le "monstrueux" Vaudois, à quelques coups de raquette près, a failli terrasser le numéro un mondial en huitièmes de finale du Grand Chelem australien.

Du coup l'héroïque Stan a gagné 17.000 abonnés sur Twitter et apparaît désormais comme un véritable épouvantail. Le Terminator propre à terroriser les cadors du circuit en somme. L’intéressé est d’ailleurs convaincu qu’il flanque la trouille aux meilleurs. Il l’a en tout cas déclaré récemment à la télé romande, ajoutant que cela ne datait pas d’hier étant donné la qualité extraordinaire de son jeu. Petit bémol, ils ne sont pas très nombreux à s’en être aperçus jusqu’ici...

Il n’empêche, figurez-vous qu’il est entré dans une autre  dimension. Et tout ça pour avoir malgré tout perdu ce fameux  match contre le vampire de Belgrade. Imaginez un peu le barnum si d’aventure il l’avait gagné. Là franchement ils sont enfoncés les Français. Côté cocoricos, ils peuvent aller se rhabiller. Il est vrai qu’ils n’avaient pas de quoi s’ébaubir, leur super star Jo-Wilfried Tsonga n’ayant même pas réussi à battre Federer…

Cela dit, quelle drôle d’idée de la part de Wawrinka de se flanquer une telle pression avant la rencontre de Coupe Davis contre les redoutables Tchèques, qui se déroule dès vendredi à  Palexpo, en se prenant pour le David Duchovny du tamis. Pour retomber éventuellement vite fait sur le plancher des vaches après une incursion éclair dans le cosmos, voilà qui n’est pas très malin. Il reste à espérer que je me trompe.

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30/01/2013

Cinéma: "Blanche-Neige" revisité par l'Espagnol Pablo Berger. Un somptueux muet en noir et blanc

images[2].jpgBlanche-Neige a beaucoup inspiré les réalisateurs ces derniers mois. Après deux adaptations américaines des aventures de la célèbre héroïne, c’est au tour de l’Espagnol Pablo Berger (photo)de détourner le conte des frères Grimm, pour nous livrer une version muette au noir et blanc somptueux. 

Voilà qui nous rappelle évidemment The Artist, qui a coiffé au poteau l’infortuné cinéaste, qui s'était  attelé au projet il y a un bon bout de temps. Sans doute Blancanieves, également nominé aux Oscars, ne connaîtra pas le fabuleux destin du film de Michel Hazanavicius. Il n’en séduit pas moins par l’excellence de l’image, de la réalisation, des comédiens, ainsi que par le côté émouvant et original de l’intrigue. 

Transposée dans les années 20 espagnoles, dont le réalisateur propose une minutieuse et splendide reconstitution, la fameuse histoire est ici celle d’une petite fille qui ne connaissait pas sa mère biologique. Sa belle-mère, redoutable marâtre (jouée par Maribel Verdu qui présente une ressemblance troublante avec Rachida Dati…), la déteste. Pour lui échapper, elle s’enfuit et décide de devenir un célèbre toréador, comme son père. Elle est accompagnée de sept nains, petits toréros protecteurs, qui s’exhibent dans les fêtes foraines.

De passage à Genève, le chaleureux et sympathique Pablo Berger, 51 ans, auteur de Torremolinos 73, un immense succès commercial dans son pays, nous parle de son second long-métrage, à la fois une comédie musicale, un mélodrame poignant, une belle histoire d’amour et un hommage au cinéma européen, aux Renoir, Duvivier, Murnau ou Pabs. 

"J’adore les films muets. J’avais 18 ans lorsque j’en ai vu un pour la première fois à San Sebastian.  j’ai ressenti des choses jamais éprouvées auparavant. Je me suis alors juré qu’un jour j’en ferai un. Cela m’a pris 25 ans".

Malheureusement, vous arrivez après le triomphe quasi planétaire de The Artist.

Je reconnais que je n’étais pas très heureux que The Artist gagne la course. C’est d’autant plus frustrant que je l’avais commencée avant. Mais j’ai eu énormément de mal à financer le film. Cela m’a demandé plus de trois ans.

Finalement, l’avez-vous vécu comme un handicap ou un atout ?

Les deux. D’un côté l’élément de surprise n’existait plus et de l’autre, pour le public aujourd'hui, un film muet n’est plus si étrange. J’ai positivé le côté négatif de l'affaire. Il faut avancer. Surfons sur la vague me suis-je dit. Les deux films sont très différents. J’ai beaucoup aimé The Artist, que je trouve à la fois magnifique et très drôle.

Vous surfez aussi sur la vague du sujet, dont on a vu deux longs-métrages l’an dernier. 

C’est vrai. Toujours ce retard pour une question d'argent. Au départ j'avais choisi ce conte parce que le genre offre plein de possibilités, d’intrigues et de sous-intrigues notamment.

Pourquoi faire de Blanche-Neige un toréador vedette, qui  marche sur les traces de son père?

2583_gl[1].jpgJe ne voulais pas en faire une simple princesse alors qu’à l’époque, le toréador était un roi en  Espagne. Sinon un mythe. 

Comment ont réagi les comédiens?

Ils ont été les premiers à se déclarer enchantés par l'idée. Maribel Verdu était sous le charme. Elle n’avait jamais joué un tel personnage de méchante. Et puis, en général, les acteurs s'abritent derrière les dialogues. Là, leur absence leur donne une incroyable liberté. Pas besoin de mémoriser de surcroît.

Un mot sur les nains toréros qui veillent sur votre Blancanieves.

Ils ont été très longs à trouver. J’ai parcouru toute l’Espagne pour les dénicher. Trois d’entre eux sont des professionnels.

Le film a cartonné en Espagne et il est nominé pour l’Oscar du film étranger. Que du bonheur pour vous.

Absolument. C’est aussi une énorme responsabilité et un grand honneur. J’avoue que je suis ravi. Et si j’obtiens une statuette, peut-être cela créera-t-il un véritable phénomène. En tout cas, le tournage était  pour moi un moment si joyeux  qu’il m’est difficile de revenir au 21e siècle. Raison pour laquelle, j’envisage un autre film  muet en noir et blanc.

Film à l'affiche dans les salles romandes, mercredi 30 janvier.

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Cinéma: "Lincoln", la croisade contre l'esclavage

32dfe4a4-1237-11e2-967c-887ea45d5373-493x328[1].jpgNous sommes en 1865. Alors que la guerre de Sécession fait rage dans le sud des Etats-Unis, Abraham Lincoln, qui vient d’être réélu, vit ses derniers mois puisqu’il fut assassiné le 14 avril. Dans un pays qui traverse la pire crise de son histoire, le seizième président  tente de persuader les membres du Congrès de voter le treizième amendement de la Constitution visant à abolir l’esclavage .

Des agents sont recrutés pour convaincre un à un les indécis et décrocher le nombre de voix requises. Mais face à l’opposition violente des démocrates, la tâche se révèle  beaucoup plus rude que prévu. Lincoln doit peser de tout son poids, de tout son pouvoir et user de toute sa force de conviction pour l’emporter.

Un épisode capital

Inspiré de Team Of Rivals: the political genius of Abraham Lincoln de l’historienne Doris Kearns Goodwyn, Lincoln n’est ni un film sur la guerre civile ni une biographie. Spielberg ne s’aventure qu’occasionnellement sur le terrain des combats et se concentre sur l'épisode capital de la carrière du président mythique, sa croisade abolitionniste pour faire rétablir l'union entre le nord et le sud.    

Rien de spectaculaire donc, le réalisateur s’attachant avant tout à montrer les coulisses de la politique et les mécanismes du système américain. Sur un scénario du dramaturge Tony Kushner, la quasi-totalité de l’œuvre se déroule ainsi au parlement, dans la chambre de Lincoln, dans son bureau où il tient réunion sur réunion. 

Daniel Day-Lewis, un Lincoln plus vrai que nature

Le film est magnifiquement porté par Daniel Day Lewis (photo), qui campe un Lincoln plus vrai que nature, tant la ressemblance physique est  saisissante. Le comédien, qui s’est d’ailleurs déclaré habité par l’homme, semble littéralement porter la charge présidentielle, faisant corps avec un personnage  dont il montre aussi l’humanité, la bienveillance, l’humour et les talents de conteur. 

Un grand coup de chapeau également  à Tommy Lee Jones dans le rôle du député républicain Thaddeus Stevens, incarnant la frange la plus progressiste du mouvement abolitionniste (il vit d’ailleurs maritalement avec sa femme de ménage noire), ainsi qu’à David Strathairn, qui se glisse lui dans la peau du secrétaire d’Etat William Seward. On n’en dira pas autant de Sally Field en femme de Lincoln, qui a une forte tendance à surjouer son personnage.

Aux Etats-Unis, cette véritable leçon de politique toujours pertinente aujourd'hui, divise la critique qui va en gros de monumental et remarquable à carrément ennuyeux. On peut en effet reprocher à Spielberg de trop s’effacer derrière l’importance de son sujet et de son légendaire héros. La réalisation demeure très classique et le scénario repose essentiellement sur les dialogues, les protagonistes ne cessant de faire faisant assaut d’arguments, de répliques chocs et se répandant en invectives au long du récit.

Mais cela n’empêchera pas Lincoln, nominé aux Oscars dans douze catégories dont les plus importantes, meilleur film, meilleur réalisateur, meilleur acteur de rafler quelques statuettes lors de la cérémonie du 24 février.

Film à l'affiche dans les salles romandes, mercredi 30 janvier.

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25/01/2013

Open d'Australie: Federer-Wawrinka, même combat!

_63995534_155708639[1].jpgIl aurait vraiment fallu un séisme pour que Djokovic ne parvienne pas en finale, en considérant son tableau. Une vraie voie royale s’était ouverte devant le Serbe dès le premier tour de l’Open australien, ses deux seuls éventuels réels adversaires étant Tomas Berdych, dont on connaît l’inconstance et David Ferrer, qui n’a jamais eu le tennis pour venir à bout des cadors du circuit. Sans oublier que son pote Almagro avait déjà failli le crucifier en quarts de finale. 

image[3].jpgPresque pareil pour Murray. Il avait lui aussi touché le gros lot dans sa partie de tableau jusqu’à son affrontement avec Sa Grâce. Un combat à l'issue malheureusement prévisible. Non seulement en raison des progrès réalisés par ce cher Andy, mais aussi à cause des redoutables et nombreux obstacles que le sort avait sadiquement placés sur la route du Suisse.

Ne parlons pas des ses deux premiers tours, avec en face le Bleu Benoît Paire puis le Russe Nikolay Davydenko, dont les spécialistes, je ne sais trop pourquoi, avaient fait des épouvantails. En revanche, se coltiner tour à tour les bombardiers de service comme l’Australien Tomic, le Canadien Raonic, le Français Tsonga et, cerise sur le gâteau la belette écossaise, voilà qui n’était pas franchement de la tarte!

Au bout du compte, Federer-Wawrinka même combat. Ce qui n’est en plus pas à l’honneur du king. A l’image de Stan contre le vampire de Belgrade, se montrant certes accrocheur mais moins conquérant que le Vaudois, le Bâlois s'est ingénié à se flageller. S’épuisant par exemple à survivre dans une quatrième manche qu’il dominait pourtant avant de se faire débreaker. D'accord, il a fini par la gagner, mais à quel prix physique. Un effort démentiel qu’il a logiquement fini par payer cash.

A part ça, je me réjouis de voir les retournements de veste à propos de la légende. On pouvait en effet lire, jusqu’à sa victoire sur Tsonga, que ce brave Rodgeur n’avait pas fini de nous surprendre. Du haut de ses 31 ans et de ses quinze années passées sur le circuit pro, ajoutait en substance notre expert, le Suisse, imperturbable, est toujours animé de la même passion… Et après cette quinzaine australienne, on dirait même qu’il est entrain de faire renaître de ses cendres cette chimère, bête fabuleuse qui est toujours en lui…

Mais je doute qu'après l'échec du maestro cette admiration sans borne demeure. Et comme chimère signifie aussi rêve, fantasme, utopie, il reste à espérer que l’avenir ne sera pas celui des illusions perdues pour le mythe helvétique.

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23/01/2013

Cinéma: "Le dernier rempart", c'est Schwarzie!

20322896.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxx[1].jpgUn shérif américain vieillissant entouré d’une équipe bout de bois et vivant près de la frontière mexicaine, tente d'arrêter l'affreux chef d'un cartel de drogues échappé des mains du FBI, avant qu'il ne réussisse à gagner Mexico. Le dernier rempart, marquant le retour d’Arnold Schwarzenegger à l’écran après dix ans d’absence, est signé du Sud-Coréen Kim Jee-woon, qui a fait un saut à Hollywood pour s’amuser à détourner quelques clichés américains dans son style sanglant et ultraviolent.

Mais le second degré ne suffit pas à faire un bon thriller. Ni les réflexions politico-économiques et sociales que le réalisateur met dans la bouche de ses interprètes du genre "les comptes en Suisse ne sont plus aussi secrets"  ou, parole de Schwarzie, qui se " trouve trop vieux pour ces conneries", "tu fais honte aux immigrés".

De même, si la mise en scène se révèle parfois brillante, avec notamment une course poursuite d'anthologie entre deux bolides  dans des champs de maïs, le scénario est cousu de fil blanc, les dialogues à deux balles, les scènes de violence grotesques et les comédiens assez nuls. A l’image de Forest Whitaker, dans son rôle d’agent surmené du FBI. Autant dire en somme que Kim Jee-Woon n’est pas au mieux de sa forme. Cela n’empêchera sans doute pas les fans d’apprécier. 

Chasing Mavericks pour les mordus du surf

fmp-chasing-mavericks[1].jpgJay, un dingue de surf, a 15 ans lorsqu’il découvre que le mythique sport de Mavericks où se forme l’une des plus grosses vagues se situe non loin de chez lui à Santa Cruz. Il demande alors à Frosty Hesson, une gloire du cru au caractère de cochon de l’aider à se préparer pour vaincre  le redoutable monstre.

 Naît alors entre les deux hommes une amitié qui va transformer leur vie. Si la vague géante est au cœur du récit, sa recherche se double de celle de l’adolescent (Jonny Weston, un nouveau venu) en quête d’un père spirituel (Gerard Butler).

Chasing Mavericks est réalisé par Michael Apted et Curtis Hanson. Il tente de raconter l’histoire vraie du prodige du surf Jay Moriarity, devenu un génie de la planche et mort en 2001 dans un accident de plongée en apnée aux Maldives. Il avait 23 ans. Hommage banal et tire-larmes à un sportif de l’extrême en forme de biopic, le film vaut surtout par les images impressionnantes de ces énormes vagues qui agissent comme un aimant sur des risque-tout avides de les dompter. Mais peut-être que cela ne bluffera que les non spécialistes.

Image Problem, le titre qui tue...

image-problem-2012[1].jpgPrésenté en compétition à Locarno en août dernier, Image Problem est un redoutable documentaire évoquant le secret bancaire, les avantages fiscaux, les sociétés de matières premières exploitatrices, qui ont fâcheusement terni l’image de notre belle patrie.

Simon Baumann et Andreas Pfiffner ont donc décidé d’arpenter le pays pour la redorer. Interrogeant paysans, touristes, riches propriétaires, journalistes, ainsi qu’une poignée d’étranger. Très déconcertés par leur démarche insolite, consistant à balayer les clichés et à faire tomber les masques en traquant le manque de solidarité et la xénophobie galopante dans cette chère Helvétie.

Si le thème avait tout pour susciter l’intérêt, ce n’est pas le cas de son traitement consternant. A part se moquer bêtement de ses protagonistes, ce métrage en forme de farce grossière ne raconte rien et ne montre pas grand-chose. Se voulant non conformiste, satirique, critique, il n’est que potache et finit par aboutir à l’inverse du but recherché par nos deux Pieds Nickelés de service. Autrement posé, le film s’intitulant Problème d’image, on ne saurait mieux dire…

Cela dit, il passerait presque pour un chef d’œuvre à côté de Max, pathétique navet de la semaine que l'on doit à Stéphanie Murat. Max est une  fillette gamine de six ans, qui vit avec son père Toni et engage une prostituée pour s’occuper de ce triste veuf braqueur de banques, cachant une âme de papa poule sous ses airs d’ours mal léché.

Transformée en cadeau de Noël, Mathilde Seigner, qui nous montre évidemment ses fesses, donne la réplique à un JoeyStarr en roue libre dans cette comédie nazissime, cucul la praline et dégoulinante de bons sentiments. On y rencontre encore Jean-Pierre Marielle. Hélas pour lui.

Films à l'affiche dans les salles romandes, mercredi 23 janvier.

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Choc à Melbourne: une gamine envoie un monstre du tamis au tapis!

515217_l-americaine-sloane-stephens-apres-sa-victoire-face-a-sa-compatriote-serena-williams-le-23-janvier-2013-a-l-open-d-australie-a-melbourne[1].jpgElle traquait son seizième Grand Chelem. Mais funérailles, Serena a vu son rêve s’arrêter en quarts de finale à Melbourne. Plutôt moche pour celle qui faisait figure d’archi-favorite et de future numéro un mondiale. En effet, contre toute attente, elle s’est laissé tabasser par sa jeune compatriote Sloane Stephens, (photo) classée au vingt-neuvième rang.

Même si la chance sourit aux audacieux, personne n’aurait misé sur cette gamine de 19 ans. Les fans vont peut-être imputer ce cuisant échec aux spasmes dorsaux dont semblait souffrir la cadette des Williams. Ce qui n’empêchera pas Sloane, auteur de l’exploit le plus formidable de la quinzaine jusqu’ici, hommes et femmes réunis, de décoller les photos  de son idole dans sa chambre pour tapisser ses murs de ses propres posters. 

L'échec cuisant de Serena me force d'ailleurs à dire que nous autres Helvètes avons senti le vent du boulet lors de la rencontre de Federer contre Tsonga, la légende ayant failli succomber aux assauts furieux du boxeur des courts, plus Mohamed Ali que jamais. Ce qui n’aurait rien eu de spécialement étonnant. Si Sloane Stephens est la nouvelle perle noire du circuit féminin, Jo-Wilfried semblait se profiler une fois de plus comme… la bête noire du Suisse. Pas dans son meilleur jour en plus.

art_217997[1].jpgQuand il nous imite le lion de la MGM (photo), c'est que que ça coince. Je ne suis donc pas mécontente que le Guillaume Tell du tamis ait réussi à planter sa dernière flèche au centre de la pomme. Ca nous évite un déferlement médiatique hystérique du côté de l’Hexagone. Les experts tricolores en faisant déjà des tonnes avec Chardy, définitivement consacré as des as pour avoir éliminé l’Argentin Del Potro et surtout… l’Italien Seppi au tour suivant, imaginez un peu le tsunami en cas de victoire de leur Jo adoré. 

Mais fair play et ravalant courageusement sa déception, Jean-Paul Loth a remarqué que la suite allait être belle même si les Français étaient désormais aux abonnés absents… On espère que ce sera le cas pour le king. Sauf que n’ayant pas la capacité stupéfiante de Djokovic de survivre aux éléments déchaînés, doublée par une haine si viscérale de la défaite que celle-ci finit par se débiner, rien n’est fait pour Sa Grâce.

Son prochain adversaire, la belette écossaise Andy Murray toutes dents dehors, a bien l’intention de les lui planter férocement dans le lard. En même temps, je me demande ce qui peut bien arriver à notre gloire nationale, qui pousse le détail jusqu’à mettre sous son T-shirt, pour lui tenir chaud, un marcel blanc le jour et noir le soir…

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Cinéma: "Une histoire d'amour" revisite l'affaire Stern. Décevant

20346101.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxx[1].jpgUn homme, une femme, du sexe sur fond de pouvoir et d’argent, difficile de trouver sujet plus cinématographique. Inspiré d’une histoire vraie de surcroît. Celle d’un banquier richissime adepte de jeux érotiques  découvert mort dans sa combinaison de latex, assassiné par sa belle maîtresse au terme d’une séance sado-maso. Il lui avait promis un million de dollars, elle était venue le lui rappeler...

Un trame dont n’a pourtant pas su profiter la comédienne  Hélène Fillières pour son premier long-métrage, Une histoire d’amour. Bien qu’elle prétende à une simple fiction basée sur des faits réels, le film, adapté du roman Sévère de Régis Jauffret, est pratiquement calqué sur les relations dangereuses entre Edouard Stern et Cécile Brossard. Des relations qui ont conduit au drame survenu à  Genève, dans le quartier de Rive, le 28 février 2005 dans l’appartement du financier français.

On attendait donc beaucoup de ce fait divers, révélateur selon la réalisatrice de pulsions inhérentes à l’être humain, contrôlées dans la majorité des cas, mais poussant parfois certains à passer à l’acte.

Le résultat est pourtant décevant pour cet opus vide de toute émotion, qui se veut auteuriste. Il se révèle même d’une rare froideur tant au niveau de la mise en scène un peu prétentieuse que des dialogues secs, triviaux et répétitifs, des décors glacés, ou de la voix off de Richard Bohringer, réduit à la portion congrue du mari. Une pièce rapportée sans le moindre intérêt. 

Mais le plus raté c’est le moteur de l’opus,  à savoir le duo que forment Benoît Poelvoorde et Laetitia Casta. Il n’a rien d’attirant, elle est trop séduisante. Du coup le couple ne fonctionne pas du tout. Outre que l’affaire Stern ne semble passionner personne dans l’Hexagone, c’est l’autre principale raison du flop cuisant pour la première semaine d’exploitation en France.

De quoi plomber encore davantage le moral de Benoît Poelvoorde. Il aurait très mal vécu le tournage et les scènes de sexe avec sa partenaire. Sans oublier des mots avec Hélène Fillières. Du coup il a refusé de faire la promotion de l’histoire.

Tabu à la recherche du paradis perdu

tabu[1].jpgUne autre histoire d’amour met en revanche les cinéphiles en transes, qui n’hésitent pas à dire que c’est Le film de 2012. En compétition à Berlin en février dernier, intitulé Tabu, signé du Portugais Miguel Gomez, Tabu évoque un paradis perdu, une femme, une société, une époque disparues.Le tout relié à un cinéma qui s’éteint. Raison pour laquelle le film est tourné en noir et blanc, également en voie de disparition, relève le cinéaste.

Après un prologue qui nous égare, montrant  un explorateur suicidaire se jetant dans un marigot infesté de crocodiles pour rejoindre feue son épouse, Tabu se divise en deux parties, dont la seconde est  muette, mais sonore.  S’il n’y a pas de dialogues, il y a la voix off d’un narrateur.

Dans la première,  Aurora, octogénaire excentrique, capricieuse et autoritaire, vit entre sa gentille voisine Pilar qui s’inquiète pour elle et sa femme de ménage noire, Santa, qui serait adepte du vaudou.  Sous antidépresseurs, désagréable, injuste, ne cessant de se plaindre, la vieille dame indigne file au casino dès qu’elle a un peu d’argent. Mais elle tombe malade et à sa mort, les deux femmes découvrent  son passé  charnel, trouble et aventureux dans l’Afrique colonisée d’alors.  

Aurora vivait avec son mari dans une ferme  au pied du Mont Tabu, partageant son temps entre la chasse, quelques soirées mondaines et l’élevage d’un alligator. Enceinte, elle commence à s’ennuyer,  jusqu’au jour où elle rencontre Ventura, un beau gosse qui joue dans un orchestre. Très vite ils tombent passionnément amoureux et, la veille de l’accouchement d’Aurora, s’enfuient à moto. C’est  là que se produit la tragédie qui les séparera à jamais.

Si le début frise parfois l’ennui avec des personnages peu affriolants, la suite se révèle en revanche exaltante. Miguel Gomes nous offre un drame inattendu, follement romanesque, transgressif, empreint de violence et de poésie.

Films à l’affiche dans les salles romandes, mercredi 23 janvier.

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Cinéma: "Zero Dark Thirty", la traque de Ben Laden qui provoque la polémique

images[2].jpgSorti en décembre dernier à New York et à Los Angeles, le film qui retrace minutieusement, en se fondant sur de nombreux témoignages et documents, les dix ans de traque d’Oussama Ben Laden, ne cesse de provoquer la polémique. Nominé aux Oscars le 28 février dans cinq catégories dont celle du meilleur film, il risque de faire les frais de la controverse. Comme ce fut le cas aux Golden Globes et à l’image de son auteur Kathryn Bigelow, absente de la liste des meilleurs réalisateurs. 

La raison de l’exclusion de l’auteur, qu’encense par ailleurs une grande partie de la presse séduite par l’excellence du traitement de ce sujet ultra-sensible? Elle est accusée dans Zero Dark Thirty (en français minuit trente, l’heure où Ben Laden était abattu par les forces spéciales américaines dans son repaire pakistanais), de faire l’apologie de la torture.

Suivant l’ouverture au noir du film, où l’on entend les messages poignants à leurs proches des victimes piégées dans l’attentat du 11 septembre, elle donne en effet à voir une longue séance de torture crue et brutale, où un homme pendu par les bras est violenté par des hommes cagoulés pour le faire parler.

Des responsables de la CIA, des parlementaires, quelques journalistes et acteurs scandalisés reprochent ainsi à la cinéaste, outre de relayer la vision de l'administration Bush, de transmettre un éhonté "message de torture autorisée" dans un film inexact et trompeur. Suggérant à leur avis que les techniques d’interrogatoires "poussés", ont aidé à localiser Ben Laden.

Kathryn Bigelow a répondu à ces attaques dans le Los Angeles Times. "La torture, comme nous le savons tous, a été employée durant les premières années de la traque. Cela ne veut pas dire que cela a été un élément clé menant à Ben Laden. Cela signifie qu’il s’agit d’une partie de l’histoire que nous ne pouvons pas passer sous silence.

Dès lors montrer sans états d’âme, sans juger ni dénoncer comme le fait la cinéaste, laissant le soin de l’interprétation aux spectateurs, ne représente pas forcément une justification des traitements inhumains infligés aux détenus pour leur soutirer des renseignements.

o-ZERO-DARK-THIRTY-570-1[1].jpgZero Dark Thirty repose, un choix ingénieux dans un film de mâles, sur les frêles épaules de l’émouvante, vulnérable et diaphane Maya, qu’interprète avec talent Jessica Chastain, déjà récompensée par un Golden Globe. D’une détermination farouche à trouver Ben Laden, cette jeune analyste  de la CIA est convaincue qu’un détenu détient des informations qui pourraient mener au célèbre terroriste. Sous la torture il livre quelques bribes qui, ajoutées à d’autres, finiront par conduire à la maison fortifiée du redoutable terroriste. Mais d'ici à établir une véritable relation de cause à effet...

Entre enquête politique complexe et thriller militaire violent un rien longuet de deux heures quarante , Kathryn Bigelow nous entraîne dans les coulisses du pouvoir, explorant la mécanique de la guerre contre le terrorisme, tout en décrivant par le menu une mission aussi historique que sa conclusion, et moins susceptible de déplaire...

Les chemins pris par la plus masculine des réalisatrices, connue pour un sens du réalisme notamment démontré dans Démineurs (six Oscars en 2010) peuvent choquer. Mais une chose est sûre, elle sait s’y prendre question action, mise en scène et direction d’acteurs. Aux côtés de Jessica Chastain, on trouve Jason Clarke, Joel  Edgerton ou encore Mark Strong.

Film à l’affiche dans les salles romandes mercredi 23 janvier.

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20/01/2013

Open d'Australie: Wawrinka a oublié l'eau bénite!

teaserbreit[1].jpgComme prévu, personne n’imaginant sérieusement que  Wawrinka puisse venir à bout de Djokovic, le Serbe a signé sa onzième victoire sur le Suisse. Qui a quitté le court en pleurant à chaudes larmes. 

Normal. On pourra toujours lui répéter, pour le consoler, qu’il a livré un match de mutant ou qu'on apprend parfois davantage de ses échecs que de ses succès, ça lui fait une belle jambe à la malheureuse victime du saigneur des courts, suite à un combat aussi héroïque qu'homérique.   

Car pas une âme n’imaginait sérieusement non plus qu’il faudrait cinq heures, cinq manches et soixante-quatre jeux (à cet égard on remarquera qu’ils en ont gagné trente-deux chacun) au redoutable Novak, pour se payer le scalp du Vaudois.

Force est toutefois de constater que le brave Stan s’est hélas offert à quelques reprises en sacrifice, notamment, nous plongeant dans l'angoisse, en se montrant beaucoup trop timoré alors qu’il caracolait au second set après avoir remporté haut la main le premier. Roulant carrément le numéro un mondial dans la farine.

Evidemment, s'il avait alors mené deux manches à rien, ce qui était donc largement à sa portée, il n'était pas certain qu'il n’aurait pas dû batailler tel un dément dans les éventuels trois suivants pour emporter le morceau. Mais quand même. La perspective d’un possible exploit eût été singulièrement différente.

Raison pour laquelle, ainsi que je le lui conseillais dans mon précédent billet, il était indispensable de se munir, outre de ses propres armes, de celles propices à épouvanter le vampire de Belgrade. Mais s’il a pensé à la gousse d’ail et au crucifix, il a oublié l’eau bénite. Du coup, c’est Dracula qui a fini par lui ficher un pieu en plein cœur!

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19/01/2013

Tomic, le kangourou du tamis qui rêvait de se mettre Federer dans la poche...

fca2e942a51f87bd7800b2f12721ef40f9325737[1].jpgMais c’est qu’il m’aurait carrément fichu la trouille, ce provocateur de Bernard Tomic, en clamant haut et fort sa conviction de battre Federer les doigts dans le nez. Les médias australiens, relayés par tous ceux de la planète, reprenant en choeur les déclarations tonitruantes du "phénomène", nous assurant que le king était bon à prendre comme jamais cette année, j’avais également tendance à imaginer que ça sentait drôlement le roussi.  

C’est dire si je rêvais de voir le grand Rodgeur lui flanquer la pâtée. Mais j’aurais dû me douter que ce ne serait pas trop difficile en découvrant les raisons qui avaient poussé le kangourou du tamis à supposer qu’il parviendrait à se mettre sans problème la légende dans la poche. 

En effet Bernard n'a cessé de se répandre partout, racontant à l’envi qu’il avait montré à Perth sa faculté à terrasser de très bons joueurs. La preuve, il s’était notamment payé le scalp de Djokovic. La belle affaire! A son âge, bien qu’il soit très jeune, Tomic devrait savoir qu’un match exhibition a quelque chose de virtuel face à un véritable affrontement dans un Grand Chelem.

Il se vantait également d’avoir gagné à Sydney, comme si ce tournoi de campagne était autre chose qu’un petit trot d’essai avant les hostilités sérieuses. Mais le matamore, pétri d’une inébranlable confiance en lui n’en avait cure. Au point d’avoir concocté un plan d’enfer pour se défaire du king. Gagner le premier set et ensuite… vogue la galère. Sauf que c’est bien entendu lui qui s’est retrouvé à ramer tel un forçat de César pour des prunes, après quelques jeux.

Comme souvent dans le tennis, le fiston est victime des fanfaronnades du papa. Ce brave garçon aurait donc intérêt à se boucher les yeux et les oreilles quand son géniteur blablate des sornettes à son propos: "Je ne vois pas qui, dans sa génération, est meilleur que lui", a-t-il affirmé dans l’Equipe, Ajoutant que son rejeton serait "numéro un mondial d’ici trois ans". Beaucoup d’appelés peu d’élus, connais pas, le paternel.
 
Enfin heureusement que le maestro a mis un terme vite fait à ces rodomontades, en renvoyant impitoyablement le prétentieux élève à ses études. Melbourne a été en effet suffisamment perturbé samedi par la victoire surprise du Français Jérémy Chardy sur le malheureux Juan Del Potro, sixième mondial. Un succès propre a déclencher les ululements des commentateurs d’Eurosport au cours de la rencontre, fourguée en boucle à la télé. Ainsi que dans l’émission "Avantage Leconte".

Riton le trouve tellement exceptionnel, hallucinant, extraordinaire ce Chardy qu’il n’a pas hésité, dans un de ses coutumiers élans de modestie qui laissent parfois Patrick Mouratoglou (un comble!) aussi gêné que pantois: "Il me fait penser à moi. Je faisais aussi les points et les fautes..." Heureusement que le ridicule ne tue pas, avouez.

Reste qu’un coup de balais devant la porte helvétique s’impose. Car figurez-vous que le Nanard aussie a déteint sur Stanislas Wawrinka. Qui n’est pas loin de penser pouvoir se débarrasser du vampire de Belgrade en trois coups de cuillère à pot. Etant donné la forme olympique de Dracula, je ne saurais trop conseiller au Vaudois de se munir de sa gousse d’ail, de son crucifix et de son eau bénite…

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