Google Analytics

26/12/2012

Cinéma: Tom Cruise se coule dans la peau de "Jack Reacher"

jack-reacher-tom-cruise1[1].jpgJack Reacher est un fantôme, ex-membre de la police militaire. Un brillant enquêteur, mais aussi un fauteur de troubles qui se fout de la loi et des preuves… Si on se fie à la bande annonce dont ces quelques mots sont tirés,  on se dit que le film est assez prometteur. D’autant que Tom Cruise, le début de cinquantaine alerte, y joue le premier rôle.

Et en effet  les différents éléments se mettent au début en place d’une manière  intéressante. Après avoir passé quelques minutes en compagnie d’un tireur d’élite qui va  abattre cinq personnes au hasard, on passe dans le bureau du procureur. Où Jack Reacher disparu depuis deux ans et qu’on ne trouve que s’il le veut, se présente comme par miracle à la demande du coupable présumé. Dont une enquête rapide conclut à l’innocence…
 
C’est ensuite que les choses se gâtent, ceux qui veulent lui faire porter le chapeau commettant bizarrement maladresses sur maladresses. Quant à Jack Reacher, il se démène pour trouver le véritable assassin au sein d’une intrigue aussi grossière qu’invraisemblable. L’une des séquences la plus saugrenue restant l’instant où il dépose ridiculement son arme pour combattre à mains nues et sous la pluie l’affreux crétin qu’il tenait pourtant au bout de son fusil. Sans oublier qu’il avait en plus une jeune femme à tirer de toute urgence des griffes de l'ennemi!
 
Adapté du roman de Lee Child Folie furieuse, 9e tome des aventures de Jack Reacher, ce retour au film de "vigilante", courant droitier et violent du genre noir qui s’est développé dans les années 70, n’est pour tout dire pas franchement à l’honneur du réalisateur Christopher McQuarrie, scénariste entre autres de l’excellent Usual Suspects. Reste Tom Cruise pour tenter de sauver l'affaire. Sans grand succès... 

Film à l'affiche dans les salles romandes depuis mercredi 26 décembre.

18:14 Publié dans Sorties de la Semaine | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | | | Pin it! |

Cinéma: "L'homme qui rit", portrait d'un adolescent différent

220px-Jean-Pierre_Améris_Cabourg_2011[1].jpgLe réalisateur français Jean-Pierre Ameris (photo), à qui l’on doit une douzaine de films de cinéma et de télévision, dont le plus récent Les émotifs anonymes, s’est toujours intéressé aux marginaux, à la différence. Egalement sensible à la pensée de Victor Hugo, il s’est lancé dans une vaste entreprise: adapter L’homme qui rit, une œuvre culte de l’immense écrivain.
 
Publié sans succès en 1869, situé dans l’Angleterre du XVIIe siècle et porté à l’écran pour la quatrième fois, ce roman étrange, baroque, surréaliste, politiquement engagé, raconte l’histoire de Gwynplaine, un jeune garçon horriblement défiguré par une cicatrice au visage que lui a infligée un trafiquant d’enfants et qui lui donne un douloureux et indélébile sourire. Abandonné, luttant contre uneviolente  tempête hivernale, il est recueilli avec Dea, une petite orpheline aveugle, par le forain Ursus, un costaud pittoresque au grand cœur.
 
Déterminé à tirer parti de son apparence physique, une singularité dont s’est notamment inspiré le dessinateur Bob Kane pour le Joker de Batman, Gwynplaine acquiert une telle renommée dans le spectacle de rue, qu’il est appelé à la Cour. Mais les portes de la célébrité et de la richesse s'ouvrent pour mieux l’éloigner de Dea et Ursus, les seuls qui l’aient toujours aimé pour lui-même.
 
Beaux costumes et beaux décors dans cet hommage admiratif où on retrouve Gérard Depardieu aux côtés de Marc-André Grondin, Christa Théret et Emmanuelle Seignier. Mais à l’exception de quelques scènes réussies, l’opus peine à convaincre au niveau de la réalisation et de l’interprétation, trop inégale.

De passage à Genève, le cinéaste évoque la genèse de l’opus, qui remonte à loin. "En 1971, j’avais dix ans et le feuilleton passait à la télévision. Ca m’a impressionné, j’ai eu peur et ma mère n’a pas voulu que je voie la fin. A 15 ans, je retrouve l’histoire, me plonge dedans. Elle correspond à l’ado que suis, très complexé car je mesurais déjà deux mètres. Du coup, je suis bouleversé, je m’identifie au héros qui a des doutes sur son apparence, mais se sert de cette faille pour avancer".

Vous avez eu beaucoup de difficultés à parvenir à vos fins.

Effectivement que ce soit dans le financement qui m'a été refusé en 2002, l’adaptation ou la mise en scène. Avec mon co-scénariste Guillaume Laurant nous avons écrit de 2007 à 2010. Mon problème était de rester fidèle à l’esprit de Victor Hugo, tout en me centrant particulièrement sur Gwynplaine, un garçon dans lequel un jeune d’aujourd’hui pourrait se reconnaître. En ce qui concerne le style, j’ai consulté des spécialistes de l’écrivain. Je redoutais leur vision avec ce mélange de tragique d’émotion, de mélodrame, de  grotesque.

images[2].jpgLa transformation de Marc-André Grondin en Gwynplaine a-t-elle exigé beaucoup de travail?

Il porte une prothèse des paupières au menton et on dessine les cicatrices dessus. Cela demande trois heures de maquillage, sans compter les corrections dans la journée.  

Comment s’est passée la collaboration avec Gérard Depardieu?

C’était également pas mal de travail... mais cela correspondait heureusement à son désir du film. Il aime ce roman, qui représente quelque chose d’autobiographique pour lui. Il y a mis beaucoup de lui-même. Mais il faut batailler contre son impatience. Gérard a des points communs avec Benoît Poelvoorde. Tous deux veulent être dirigés. Mais souvent les réalisateurs en ont peur.

Pourquoi tourner à Prague?

C’était un autre parti pris pour rendre hommage au cinéma de studio dont on a perdu le savoir-faire. Mais surtout, je ne voulais pas réaliser le film en décors réels. Une féérie exige le studio. Et depuis 2006, ceux de Barrandov représentent le top du top.

Film à l'affiche dans les salles romandes, mercredi 26 décembre.

17:12 Publié dans Sorties de la Semaine | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | | Pin it! |

18/12/2012

Cinéma: Omar Sy joue au flic "De l'autre côté du périph"

omar sy et Laffite.jpgQuand Omar Sy paraît, le cercle des groupies applaudit à grands cris… Autant dire que le césarisé de 2012 devrait rester intouchable pour ses fans. Du bon côté de la loi, il repasse De l’autre côté du périph, signé David Charhon, où il fait équipe avec l'acteur et humoriste Laurent Lafitte.

Dans le binôme, Omar Sy incarne Oussmane Diakhaté un flic de la brigade financière de Bobigny. Obsédé, au grand dam de ses chefs, par la capture d’un gros bonnet du banditisme, il vient de le repérer dans une salle de jeux clandestine. Quant à Laurent Lafitte, il tient le rôle de François Monge, capitaine de la police criminelle de Paris. Bourge arrogant, cireur de pompes, il est prêt à tout pour grimper les échelons.

Ces deux personnages que tout sépare devront bosser ensemble lorsque le cadavre de la femme du patron des patrons français est découvert près du tripot. Leur enquête les emmène tour à tour des deux côtés du périphérique.

Tourné juste avant le succès planétaire d’Intouchables, cette comédie policière fait aussi s’affronter deux mondes différents représentés par le privilégié en costard et le banlieusard à capuche. Le plus vulgaire ou le plus conservateur des deux n’étant pas celui qu’on pense.

Sympathique, Omar la tachtche fait quelques clins d’œil dansés à Intouchables et Laurent Laffitte se montre plus tête à claques que nature. Et bien que l’intrigue se révèle des plus minces, on a droit à quelques bons dialogues et répliques amusantes. C'est déjà ça lorsqu'on redoute le pire...

Love is all you need avec Pierce Brosnan

pierce_2328456b[1].jpgAll you need is love, chantaient les Beatles sur un texte de Lennon. La réalisatrice danoise Susanne Bier a retourné le titre qui devient donc Love is all you need, pour livrer une romance mettant en scène deux cabossés de la vie. D’un côté Philip (Pierce Brosnan), quinqua solitaire au cœur sec d’origine anglaise, qui s’est établi au Danemark après la mort de sa femme. De l’autre la courageuse Ida (Trine Dyrholm) qui lutte contre un cancer. Alors qu’elle se remet progressivement d'une lourde chimiothérapie, son odieux mari la quitte pour une femme plus jeune.

Ce qui doit arriver arrive, Philip et Ida vont tomber amoureux. Mais leur relation commence on ne peut plus mal par un accrochage automobile à l’aéroport de Copenhague. Tôle froissée, échange de propos peu amènes avant qu’ils réalisent qu’ils se rendent tous deux au même mariage en Italie, le fils de Philip, épousant la fille d’Ida.

Et c‘est parti pour une comédie sentimentale mièvre émaillée de révélations et de situations qui se veulent audacieuses, scabreuses, voire politiquement incorrectes, mais sont pour la plupart téléphonées, grossières, ou les deux. On se demande quelle mouche a piqué Susanne Bier, notamment couronnée d’un Oscar, d’un Golden Globe et d'autres prix avec Revenge en 2011, pour nous infliger ce sous Festen à vocation clairement lacrymogène.

Films à l’affiche dans les salles romandes dès mercredi 19 décembre.

18:45 Publié dans Sorties de la Semaine | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | | Pin it! |

Cinéma: "L'Odyssée de Pi", splendide aventure... à l'eau de rose

lifeofpi[1].jpgForcé de quitter l’Inde avec ses parents pour le Canada, le jeune Pi Patel, 17 ans, perd toute sa famille à la suite d’un naufrage et se retrouve seul survivant à bord d’un canot de sauvetage. Seul survivant humain, car il doit partager l’embarcation avec quelques animaux, dont Richard Parker, un superbe mais féroce tigre du Bengale qui ne pense qu’à une chose, le bouffer.

Sous la menace incessante de ses redoutables crocs, Pi n’a pas d’autre solution que de trouver d’ingénieux stratagèmes pour lui échapper. Et pour résister aux éléments aussi déchaînés que destructeurs. L’instinct de survie des deux naufragés leur fera ainsi vivre une incroyable aventure.

Adapté en 3 D par le Taïwanais Ang Lee du best-seller fantastique, humaniste, philosophique et mystique de Yann Martel, L’Odyssée de Pi a unanimement enchanté les critiques américains. Délirant d’enthousiasme, ils parlent de merveille, d’exploit, de nouvel Avatar et parient déjà sur lui pour la prochaine cérémonie des Oscars.


Il faut admettre que c’est visuellement splendide et que les effets spéciaux sont époustouflants. Ce n'est malheureusement  pas le cas de l'intrigue, longuette et répétitive, dégoulinante de bons sentiments de principes moralisateurs et de symboles surlignés. Pour tout dire, à l’exception de certaines scènes ébouriffantes, dont le spectaculaire et ahurissant naufrage, ce prêchi-prêcha à l'eau de rose finit par lasser ferme. 

Le jour des corneilles

Le jour des corneille.jpgElevé par son père, effrayant colosse tyrannique qui lui interdit de sortir, le petit Courge grandit en sauvage au cœur de la forêt. Maigrichon, chauve, le gamin au look du fameux Gollum de Tolkien ignore tout de la société des hommes. Il ne croise que des fantômes à tête de biche ou de chat. Jusqu’au jour où son ogre de géniteur est victime d’un grave accident. Le garçon décide alors de se rendre au village le plus proche pour tenter de le sauver.

Quittant ses futaies protectrices, il franchit audacieusement la frontière de l’Outremonde où, selon son père, règnent le malheur et le néant. Mais c’est là qu’il apprend à parler aux vivants dont l’affreuse commère du cru, la jeune Manon, ou le médecin humaniste, à qui Claude Chabrol prête sa voix. C’était sa dernière prestation.

Le jour des corneilles adapté d’un roman pour adultes de Jean-François Beauchemin, est le premier long-métrage d’animation du jeune réalisateur français Jean-Christophe Dessaint. Tout en puisant son inspiration dans les éléments qui fondent traditionnellement les contes, il les revisite pour livrer une œuvre touchante et déroutante, où il n’hésite pas à parler de souffrance, de mort ou de rejet.

Films à l’affiche dans les salles romandes dès mercredi 19 décembre.

13:15 Publié dans Sorties de la Semaine | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | | Pin it! |

17/12/2012

Cinéma: Déborah François, Lucky Luke de la dactylographie dans "Populaire"

20255491.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxx[1].jpgJolie blonde au teint transparent, pull rouge et jeans, Déborah François est perchée  sur des  Miu Miu noirs vernis aux talons vertigineux,  dont elle nous montre la totale maîtrise en courant dans les couloirs d’un grand hôtel genevois… Interview.

A 25 ans, la jeune actrice belge, fille d’une assistante sociale et d’un policier, a enchaîné quinze longs métrages depuis  la précieuse carte de visite offerte par les frères Dardenne avec L’enfant, palme d’or à Cannes en  2005. Elle a également obtenu le César du meilleur espoir en 2008 pour Le premier jour du reste de ta vie. Elle vient de terminer Il est parti dimanche de Nicole Garcia, aux côtés de Louise Bourgoin et Pierre Rochefort.

Mais elle est surtout l’ irrésistible héroïne de Populaire, le premier film de Régis Roinsard se déroulant au printemps 1958. Elle incarne Rose Pamphyle, une  jeune villageoise qui refuse une vie rangée de femme au foyer docile et débarque à Lisieux où le séduisant  Louis Echard, 36 ans (Romain Duris), cherche une secrétaire.  Rose foire complètement son entretien d’embauche mais il se trouve qu’elle tape à la machine plus vite que son ombre.

Face à ce Lucky Luke de la dactylographie,  Louis flaire la bonne affaiere. Il lui propose le poste, se muant en coach implacable pour faire d’elle la fille la plus rapide du pays, sinon du monde. En effet, des concours sont  organisés dans toute la France et  la meilleure participe à New York à  un championnat de la spécialité, qui s’apparente  carrément à un sport.

Régis Roinsard  livre une  comédie aussi charmante que pétillante où, dans une reconstitution brillante et fantasmée des années cinquante, il joue la carte de l’émancipation féminin e. Avec  une Rose audacieuse qui ne se laisse pas marcher sur les pieds par  son patron à la fois arrogant, séduisant et grognon.

20255494.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxx[1].jpg -Déborah, vous avez été choisie parmi 150 candidates. Qu’est-ce qui vous a attirée dans ce personnage ?

-Son  insolence, a priori  insoupçonnable, son côté rebelle, irrévérencieux, sa spontanéité, sa maladresse, et bien sûr son côté féministe qui s’ignore, très moderne pour l’époque. Etre secrétaire alors c’était à la mode. Comme être hôtesse de l’air.  

-Rose Pamphyle est dans le refus mais pas dans la revendication

-En effet, c’est  ce qui m’a plu. Elle ne théorise pas, elle y va. C’est une pionnière, une précurseuse.

 -Comment se prépare-t-on pour un tel rôle ?

-On travaille beaucoup. Pour être crédible, je me suis exercée deux heures par jour pendant sept mois. Plus du piano. C’était très sportif. D’ailleurs Régis Roinsard nous filme comme des boxeurs sur un ring. Il a fait beaucoup d e compétition, notamment de tennis.

-En parlant de tennis, ces concours ressemblaient à un Grand Chelem, avec quatre tours, puis quarts de finale demi-finale et enfin finale

-C’est vrai. J’ai d’ailleurs failli rencontrer Kim Clijsters, pour qu’elle me donne des conseils. Mais cela n’a finalement pas pu se faire.

 -Vous aimez le sport ?

-Je ne pratique pas. En revanche j’adore  regarder. Par  exemple j’aii suivi les jex Olympiques de Londres de A à Z. Scotchée devant ma télé.

-Comment vous êtes-vous entendue avec Romain Duris ? Il a la a réputation de faire craquer les filles.

-C’est certes un beau garçon mais il y a longtemps qu’il s’est rangé. Il est très gentil, c’est un grand bosseur, il aime essayer des choses, cherche la meilleure version. Il s’est beaucoup impliqué dans le film, au point de travailler avec un entraîneur.

-Vous êtes paraît-il tentée par le film d‘action. Par exemple Vous vous verriez bien accrochée à un hélicoptère

-C’est ce qu’il y a de bien dans le cinéma. C’est pouvoir un peu tout faire. Oui j’aimerais bien quelque chose de physique  comme Lara Croft. J’aime tout ce qu’elle fait. Se jeter dans le vide, tirer, marcher sur des cordes. Je voudrais apprendre à me battre, être une petite Rambette. Le turban me va très bien.

Film à l'affiche dans les salles romandes dès mercredi 19 décembre.

 

 

08:09 Publié dans Sorties de la Semaine | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | | Pin it! |

12/12/2012

Cinéma: "Winter, Go Away!", vent de révolte sur la Russie

get[4].jpgAu lendemain des élections législatives du 4 décembre 2011 marquées par des fraudes massives, Moscou et Saint-Pétersbourg ont été le théâtre de manifestations qui ont peu à peu gagné l’ensemble du pays. Des protestations d’opposants, mais également d’une partie du peuple, fatigué du manque de transparence, sinon de l’opacité totale du pouvoir détenu depuis dix ans par Vladimir Poutine.

Ce vote contesté n’était qu’un prélude aux présidentielles prévues le 4 mars 2012, où "réduit" à un rôle de premier ministre, l’homme fort briguait la tête de l’Etat: Un fauteuil qu’il a évidemment obtenu depuis le tournage d’un film, réalisé de février à mars de cette année. Caméra au poing, un collectif de dix jeunes diplômés de la Marina Razbezkina’s School Of Documentary Film and Documentary Theater témoignent du vent de révolte qui a soufflé sur la Russie. 

Nous voulons des millions pas des millionnaires!

Ce documentaire est intitulé Winter,Go Away!, un slogan scandé par des opposants qui, tout en martelant également «nous voulons des millions, pas des millionnaires», font brûler une poupée de paille. Elle symbolise  à la fois l’hiver et la classe politique liée à Poutine et Medvedev. Rigoureux, l'opus adopte différentes approches selon qui officie derrière l’objectif.

C’est ainsi qu’il suit divers manifestants, dont certains affrontent le froid glacial, défilant dans les rues où leurs chefs se font brutalement arrêter par des policiers débarqués en masse. D’autres, équipés comme des alpinistes, escaladent un immeuble en travaux pour remplacer une gigantesque banderole à la gloire de Poutine par la leur, lui demandant de partir.

L’interview des Pussy Riot et leur arrestation

Changeant d’angle, les cinéastes en herbe s’intéressent aux hommes de main de l’Eglise orthodoxe, soutien du pouvoir, qui menacent les activistes se rapprochant trop de la cathédrale du Saint-Sauveur. C’est là que les célèbres Pussy Riots ont dit leur messe anti-Poutine. On découvre  l’interview où, le visage masqué par des cagoules, les égéries aussi décomplexées que déterminées et téméraires du groupement féministe, affirment être opposées à la violence. Puis on les voit chanter et se faire embarquer par les flics.

Tous les points de vue sont représentés à l’image de celui d’une jeune fille  qui, brandissant un smart phone à l’effigie de Poutine, explique à un opposant qu’il n’y a aucun intérêt à changer le pouvoir dans la mesure où, avec ses représentants, on obtient tout ce qu’on veut. Sa démonstration est relayée par des fans du futur président, qui reprochent vivement à ses adversaires de manifester. 

Winter Go Away!, photographie d’une Russie contemporaine divisée, faite par dix paires d’yeux neufs, est un documentaire percutant, révélateur, édifiant, donnant la dimension des élans démocratiques au sein d’une société répressive. Il mérite largement le détour.

A l’affiche à Genève,  au Spoutnik, jusqu’au 18 décembre.

15:43 Publié dans Sorties de la Semaine | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | | Pin it! |

Cinéma: "Ernest et Célestine", petit bijou d'animation

20118226.jpg-r_160_240-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-20120524_112151[1].jpgLes ours et les souris ne font en principe pas bon ménage, les premiers ayant une fâcheuse tendance à manger les secondes… Mais Ernest, gros plantigrade marginal, clown et musicien, n’en a cure de ces conventions. N’écoutant que son grand cœur tendre, Il va recueillir Célestine, une orpheline craquante qui a fui le monde souterrain des rongeurs. Bousculant l’ordre établi, tous deux vont désormais s’aider et se soutenir.

Cette fable, petite merveille d’animation, a été adaptée, d’une BD éponyme de Gabrielle Vincent,  par les réalisateurs belges Stéphane Aubier et Vincent Patar sur un scénario de Daniel Pennac. Réussite technique et artistique qui mêle un dessin aérien et délicat à de magnifiques décors,  ce conte initiatique, poétique,  politique, est aussi un hymne à la tolérance.

Mais sans prêchi-prêcha, au contraire. C’est un film qui fait réfléchir, plein de péripéties, d’humour, d’émotion, d’insolence et d’espièglerie. A ne pas manquer, qu’on  soit petit ou grand.

On se lâche à Télé Gaucho,

20275417[1].jpgAprès l’excellent Le nom des gens, Michel  Leclerc revient avec Télé Gaucho, qui raconte la vie d’une TV française locale et indépendante dans les  années 90, gérée par des anarchistes  provocateurs et révolutionnaires.

Né de l’expérience de Télé Bocal, petite chaîne anar à laquelle Michel Leclerc a participé entre 1995 et 2000,Télé Gaucho suit, entre manifs musclées, émetteur pirate, foutage de gueule ou affrontement avec les flics, l’aventure d’un collectif. Composé en 1996, il réunit des militants divers, allant du leader charismatique déglingué à la militante gauchiste pure et dure. 

Parmi eux Victor (Félix Moati), un provincial créatif fou de cinéma monté à Paris et qui, parallèlement,  joue les stagiaires dans l’émission de merde d’une grande chaîne nationale. Conformiste  réactionnaire et racoleuse, elle n’en a rien à cirer du contenu pourvu que la pub crache. Mais son côté poubelle ne  l’empêche pas d’être regardée. Par des cons, évidemment.  Refrain connu, qui plombe un peu l’idée de départ.

Se montrant moins inspiré que dans son film précédent en sacrifiant le collectif à l’ambitieux Victor, Michel Leclerc nous propose quand même des scènes joyeusement bordéliques, servies par un bon casting. Aux côtés de Félix Moati, on retrouve Maïwenn, Eric Elmosnino ou encore Emmanuelle Béart.

Films à l’affiche dans les salles romandes, dès mercredi 12 décembre.

08:32 Publié dans Sorties de la Semaine | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | | Pin it! |

11/12/2012

Cinéma: Avec "Le Hobbit", Peter Jackson recycle sa saga culte

2695246ab3ee484129fe79742bdce388[1].jpgBlockbuster de la semaine, très attendu par des millions de fans, il va surtout venir grossir le compte en banque de Peter Jackson, récompensé aux Oscars pour Le Seigneur des Anneaux, qui lui a rapporté la bagatelle de trois milliards de dollars. Après King Kong et Lovely Bones, le réalisateur néo-zélandais a décidé, au bout de neuf ans, de renouer avec J.R.R.Tolkien en adaptant Le Hobbit: Un voyage inattendu, paru il y a 75 ans.

Avec ce prologue de la série culte,  Peter Jackson retourne donc aux sources de l’œuvre pour suivre les aventures, se voulant trépidantes, de Bilbon Sacquet (Martin Freeeman). Demi-homme, le petit être paisible  aux grands pieds se voit enrôlé quasiment de foce par le magicien Gandolf et treize nains barbus mal élevés, décidés à récupérer leur royaume perdu  d’Erebor, conquis par le dragon Smaug.

Avant de parvenir au but sur une route où pullulent de redoutables  orques, ouargues, gobelins ou autres araignées géantes, Bilbon sera capturé par des trolls immondes avides de chair humaine, et devra résoudre les énigmes posées par l’affreux Gollum au bord d’un lac souterrain. Le Hobbit fera non seulement preuve d’intelligence et de courage, mais s’emparera du précieux anneau de Gollum lié, on l'aura compris, au sort de la Terre du  Milieu…

En gros, Peter Jackson fait du neuf avec du vieux, recyclant sa saga en nettement moins bien, enchaînant d’incessantes et ennuyeuses batailles mettant aux prises des créatures d‘une laideur repoussantes et des nains qui n’en sont physiquement pas, le politiquement correct oblige. Certes, il y a quelques scènes grandioses dans de vertigineux décors naturels. Mais hélas décolorés comme d’habitude par la 3D.

Précisons encore qu’on n’en a pas fini avec Jackson et Tolkien. Ce film est le premier volet d’une nouvelle trilogie qui comprendra Le Hobbit: La désolation du Smaug et Le Hobbit: Histoire d’un aller et retour. A paraître en  2013 et 2014.

Mes héros avec le trio Balasko-Jugnot-Cornillac

mes-heros-josiane-balasko-gerard-jugnot[1].jpgPour son quatrième long-métrage, Eric Besnard a réuni Josiane Balasko et  Gérard Jugnot, qui jouent deux sexagénaires, Olga et Jacques. Retirés à la campagne, ils ne cessent de s’engueuler, mais évidemment s’adorent et ne peuvent se passer l’un de l’autre.

Leur fils Maxime (Clovis Cornillac), qui vient de sortir sa mère d’une courte garde à vue où l’avait conduite son foutu caractère, se débattant lui-même dans des problèmes professionnels et de cœur, en profite pour passer le week-end chez papa-maman. Une pièce rapportée, faire-valoir de Balasko et Jugnot, tout comme  le petit garçon noir sans-papier qu’ils ont recueilli et qui doit être reconduit à la frontière.

Mais sous les yeux de Maxime qui en reste comme deux ronds de flan, le couple infernal se dressera héroïquement devant les gendarmes, défiant les lois et le gouvernement…

On sait que Josiane Balasko s’est mobilisée pour les sans-papiers avec d’autres personnalités du spectacle. Cela n’en donne pas davantage de crédibilité à cette laborieuse et franchouillarde comédie champêtre, au scénario convenu à but lacrymogène, dégoulinante de bons sentiments et d'improbables intentions politico-sociales.

Films à l'affiche dans les salles romandes dès mercredi 12 décembre.

17:22 Publié dans Sorties de la Semaine | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | | Pin it! |

09/12/2012

Ski: le mutant français et la locomotive suisse

Ski-alpin-Val-d-Isere-Geant-Pinturault-Tout-est-jouable_reference[1].jpgSamedi, lors du slalom spécial de Val d’Isère, les commentateurs d’Eurosport étaient saisis de folie furieuse. C’était même à craindre pour leur santé tant ils hurlaient à se péter les cordes vocales. La cause de ces débordements sonores tonitruants? Ils venaient d’assister au spectacle hallucinant offert par un monstrueux tueur des neiges. Epouvantant ses petits camarades de jeu en revenant de nulle part, pour rafler la victoire grâce à une deuxième manche de "mutant" ainsi que l’ont inlassablement répété les spécialistes de la chaîne, ivres de bonheur.

Ce yéti qui met ses compatriotes en transes, c’est Alexis Pinturault, le nouveau héros de la latte hexagonale qui déplace des montagnes au point de donner l'impression qu'il skie sur une autre piste! Quasiment sans entraînement de surcroît. Veni vidi vici, les doigts dans le nez. Du jamais vu.

Et l'extraterrestre de poursuivre son extraordinaire mutagénèse lors du premier tracé du géant de dimanche, provoquant de nouveaux transports exaltés de la part de la pléthore de journalistes et de consultants présents dans la station française pour témoigner de ce fabueux l'exploit. 

Certains que personne ne parviendrait à rivaliser, ils devaient pourtant rabattre un chouïa leur caquet, l’Autrichien Marcel Hirscher venant coiffer le martien au poteau. Mais de quelques misérables centièmes seulement. De quoi continuer à redouter le pire. Me préparant à une éventuelle énième explosion de glapissements assourdissants lors du second parcours, j’avais prévu des boules quiès.

Bien m'en a pris. Se remettant à survoler outrageusement son sujet, Alexis reprovoquait un indescriptible délire. Mais soudain, funérailles! Le malheureux se mélangeait les pinceaux à trois portes de l’arrivée, pour terminer dans les profondeurs du classement. Je ne vous raconte pas l’intense frustration de la smala tricolore face à cet affreux coup du sort.

Pour ne rien vous cacher on aurait dit un Suisse. Presque une insulte je l’admets, les pauvres Helvètes devant se contenter de la locomotive Didier Défago. A vapeur la locomotive, inutile de préciser. Mais ce n’est pas grave, on l’attend  sur les grosses courses, a déclaré l’inénarrable Fabrice Jaton pour expliquer les gros ratés du véhicule ahanant péniblement sur les pistes.

En plus il y aura Didier Cuche pour booster les troupes. A entendre pourtant le Morginois ironiser sur le fait qu’avec lui ils allaient tout gagner, sûr qu’il n’a pas du tout envie d’avoir la flèche des Bugnenets dans les spatules. Et il n’a pas l’air d’être le seul...

15:40 Publié dans Les pieds dans le plat | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook | | | | Pin it! |

08/12/2012

Sortie cinéma: avec "Tango libre", l'impossible devient possible

w_131_729008_affiche_t[1].jpgGardien de prison, JC ne se permet qu’une fantaisie pour pimenter son morne quotidien. Il prend des leçons de tango. Un soir au cours, il danse avec Alice et la revoit le lendemain au parloir. D’abord avec un détenu, puis avec un autre. Alice est la femme de deux hommes, Fernand et Dominic. JC n’a pas le droit de fréquenter la famille des prisonniers. Mais pour la première fois, il va violer le règlement.

Plein de folie et d’irrationnel, se déroulant en majorité dans un pénitencier utilisé comme une allégorie, Tango libre parle d’amour, d’exclusivité, de rivalité entre hommes, d’homosexualité latente. Il raconte l’histoire d’un homme qui n’a pas de vie. Il rencontre une femme qui en a trop, l’amène à transgresser tout ce qu’il était et le pousse à tenter autre chose.

C’est le troisième volet d’une trilogie signée de Fréderic Fonteyne, commencée en 1999 avec Une liaison pornographique et poursuivie par La femme de Gilles quatre ans plus tard. De passage à Genève, le cinéaste belge dit réaliser des films pour aller, comme ses personnages, voir ailleurs qu’en lui-même, pour découvrir les autres et leur univers. Mais aussi pour les retrouver.

Tango libre est donc né d’une volonté de retravailler avec Sergi Lopez et Jan Hammenecker, de la rencontre avec sa compagne et co-scénariste Anne Paulicevich, au centre du récit, de son envie de collaborer depuis longtemps avec François Damiens dans le rôle du timide maton amoureux. "J’ai des liens avec tous les personnages du film. Si l’un d’eux avait refusé, il n’aurait jamais existé. Pour autant ce n'est une affaire de potes, mais de famille".

Pourquoi  baser l’intrigue sur le tango?

Pour plusieurs raisons. La tango est plus qu’une danse. Proche du cinéma il se révèle magnifiquement  énergique, est à la fois un combat et un moyen de communiquer entre un homme et une femme. Là, je l’utilise comme une métaphore de l’amour tout en remontant à ses origines. En Argentine, il y avait alors plus d’hommes que de femmes. Et pour avoir la chance de danser avec une femme, ils étaient obligés de s’entraîner entre eux.

D’où ces scènes pour le moins insolites où les détenus se mettent à danser entre eux.

C’était une façon de laiser entrer quelque chose de féminin dans un univers masculin, une forme de provocation, de révolte face aux gardiens. Si je montre le monde tel qu’il est, c’est un monde impossible. Et je veux montrer qu’il est possible de se libérer d’un endroit impossible, en allant contre les règles. Pendant quelques secondes, les prisonniers oublient qu’ils sont enfermés. Et je trouve beau que la libération vienne du tango.

Vous êtes plutôt rare à l’écran. Pourquoi cette parcimonie?

D’abord pour une raison simple, cette histoire a pris beaucoup de temps. Par ailleurs le cinéma n’est pas la seule chose importante pour moi. J’écris, même si je ne publie pas, j’étudie la Bible en hébreu, je m’intéresse aux paradoxes de la vie, je m’interroge. Notamment sur l’utilité d'un film de plus alors qu’il en sort déjà beaucoup. Tango libre m’a heureusement permis de repartir sur mes bases. Aujourd'hui j’ai même deux projets. Mon travail sert à continuer à me questionner et à trouver éventuellement des formes de réponse.

Film à l’affiche dans les salles romandes depuis mercredi 5 novembre.

12:47 Publié dans Sorties de la Semaine | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | | Pin it! |