Google Analytics

28/08/2012

Sorties cinéma: "Atmen", un second souffle pour une deuxième chance

19729286.jpg-r_760_x-f_jpg-q_x-20110503_100955[1].jpgPetite semaine avec le meilleur, le très moyen et le pire au menu. Le meilleur, c’est Atmen, un premier long-métrage de l’Autrichien Karl Markovics. En français, Respirer. Un film sur la rédemption à travers une deuxième chance. Une sorte de second souffle pour Roman Kogler, 18 ans, détenu dans un centre pour mineurs depuis trois ans après avoir tabassé un autre garçon à mort.

Comme il a déjà purgé la moitié de sa peine, Il pourrait être libéré sur parole. Mais paumé, fermé, taiseux, sans famille, il peine à trouver un emploi, avant de choisir, drôle d’idée pour reprendre sa vie en main, de travailler dans une entreprise de pompes funèbres…

Un jour, il tombe sur le cadavre d’une femme qui porte le même nom que lui. Bien que ce ne soit pas  sa mère, cette découverte le pousse à partir à la recherche de la sienne, tout en espérant retrouver sa  place dans la société. Roman avance ainsi sur le chemin de la réinsertion, mêlant les questions qu’il se pose sur son passé et sa quête de salut.

Simplicité, rigueur, sobriété, économie de mots et d’effets pour cette fiction à double trajectoire qui prend des allures de documentaire et dont la mise en scène est notamment basée sur la répétition. Celle, très réaliste, des gestes autour des morts et du rituel de la fouille au retour chaque soir de Roman en prison (photo).
 
Les comédiens participent largement à la grande réussite de cette histoire sombre mais sans excès, évitant le misérabilisme, le pathos ou la complaisance. Elle repose surtout sur les épaules de son héros principal, l’excellent Thomas Schubert, que le réalisateur ne quitte pas d’une semelle tout au long de l’intrigue.


Un homme et son chien...

20218638.jpg-r_160_240-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxx[1].jpgOn n’en dira pas autant du dernier-né de Quentin Dupieux Wrong. Alors que l’iconoclaste cinéaste français, alias Mr Ozio, avait séduit l’an dernier à Locarno grâce à son jubilatoire Rubber, pneu tueur et télépathe, il a raté son coup cette année au festival tessinois avec sa troisième fiction. Pour preuve, pas un seul journaliste n’avait daigné assister à sa conférence de presse. 

Dans cette comédie burlesque, Dolph Springer se réveille un matin pour constater avec horreur que l'amour de sa vie, son chien Paul, a inexplicablement disparu. Parti à sa recherche, Dolph croise un mystérieux gourou, une vendeuse de pizza nymphomane, un jardinier loufoque et un bien curieux détective. De quoi faire perdre définitivement la raison au malheureux, déjà gravement inadapté social.
 
En créant un univers décalé mélancolico-surréaliste peuplé de quelques freaks sur fond de relations chiennes, le but de Quentin Dupieux est de provoquer le malaise, voire une certaine angoisse. Il n’a réussi qu’à générer un ennui certain.


Attention,  couple en péril!

20159851.jpg-r_160_240-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxx[1].jpgBien que cette histroire entre un homme et son toutou adoré ait du mal à tenir la route, elle ferait presque figure de chef d’œuvre à côté de l’affligeant, pathétique et outrancier A cœur ouvert de Marion Laine. La réalisatrice se penche sur le quotidien tourmenté de deux chirurgiens du cœur, Mila et Javier, liés depuis dix ans par leur amour et leur métier. Mais Mila tombe enceinte et l’équilibre du couple s’en trouve brutalement menacé. Le penchant immodéré pour la bouteille de Javier n’arrange pas les choses…

Passion, sensualité, dépendance amoureuse, alcoolique, amour à mort, pourquoi pas ? Sauf que tout cela exige beaucoup de talent à la fois derrière et devant la caméra. Mais si la réalisatrice est loin d’être au top, ses deux vedettes Juliette Binoche et Edgar Ramirez, bêtes de sexe caricaturales à pleurer, achèvent de plomber définitivement l’affaire. En un mot, consternant.

Vous prendrez bien encore un peu de Rousseau

Un dernier mot Le nez dans le ruisseau de Christophe Chevalier, qui fait référence au tricentenaire de la naissance de Jean-Jacques Rousseau, largement fêté depuis le début de l’année. Chargée d’un reportage sur le grand homme, Marie rencontre Tom, un jeune garçon qui semble le connaître sans en avoir conscience. La journaliste lui propose alors de rencontrer un spécialiste du philosophe. Rapidement, le gamin de dix ans réussit à ébranler les certitudes de l’éminent savant. Un opus intelligent à vocation pédagogique avec notamment Sami Frey et Anne Richard.

Films à l'affiche dans les salles romandes dès mercredi 29 août.

17:05 Publié dans Cinéfil | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | | Pin it! |

27/08/2012

Servette: le syndrome PSG!

Il y a longtemps que je ne vous avais pas parlé des Grenat. Et pour cause, je rechigne toujours à tirer sur les ambulances, comme vous le savez. Mais là, décidément, les choses s’imposent. Ne serait-ce, sait-on jamais, que pour tenter de sortir de la nasse ces malheureux Genevois englués jusqu’au cou. 

Ce n’était pourtant plus du tout prévu au programme, après un début des plus catastrophiques. Du moins si je me réfère à la phrase choc de leur entraîneur Joao Alves que la modestie n’étouffe pas. .. En effet, il y a deux semaines, je lisais dans les colonnes de mon quotidien préféré: "Dimanche, nous allons voir le vrai Servette. Il aura fallu attendre la sixième journée pour cela. Mais nous avons récupéré nos blessés et nous allons au-delà d’une très belle saison… "

Mais funérailles,  les pauvres restent aussi nuls qu’avant, sinon davantage.  Ce qui me pousse à dire que dans le fond ce brave coach, sans le savoir, ne s’est pas tellement trompé. Nous avons réellement vu le vrai Servette…

Toutes proportions gardées, cela  me fait penser au "galactique" PSG , que l’arrivée de Zlatan Ibrahimovic, vraie star mondiale du foot, devait transformer en club de premier plan sur la scène européenne. Sans parler du Brésilien Tiago Silva, considéré comme l’un des meilleurs défenseurs centraux de la planète.

Bref le club parisien avait désormais les moyens de ses ambitions et pouvait partir à la conquête  du monde. Alors qu’auparavant il était encore la cible de moqueries en France après ses échecs à attirer par exemple le sexy David Beckham.

Une crédibilité d’autant plus accrue que le géant suédois avait clamé haut et fort que Paris c’était l’avenir, l’équipe du futur. Et de ce futur il voulait en être. En d’autres termes, il était venu pour gagner, pas pour autre chose. Omettant de préciser, vu sa prestation pitoyable et celle de ses potes lors de leurs trois premiers matches, que c’était en effet bien pour gagner qu’il avait débarqué dans la ville lumière. Mais avant tout un paquet d’euros…

Comme quoi, il est toujours dangereusement  prématuré de vendre la peau de l’ours. Raison pour laquelle je suis un brin inquiète, et c’est un euphémisme, en entendant partout chanter les louanges de Federer. Tout près, selon les fans, d’avoir déjà gagné son sixième Flushing Meadow.

La légende elle-même ne semble pas en douter:  "Il va falloir que me adversaires fassent quelque chose de spécial pour me battre. L’an dernier je sentais parfois  que les matches n’étaient pas  toujours à portée de ma raquette. Mais en ce moment, si je joue bien, je peux décider du sort d’un match".

Encore un qui ne se mouche pas du coude. Et franchement ça me flanque la trouille!

17:11 Publié dans Les pieds dans le plat | Lien permanent | Commentaires (3) | |  Facebook | | | | Pin it! |

21/08/2012

Sorties cinéma: l'irrésistible ascension des stars du yodel

aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaypodel.jpgC’est encore l’été, donc pas grand-chose de décoiffant à se mettre sous la rétine. A part une vraie curiosité intiiulée Die Wiesenberger. C’est Le nom d’un groupe yodleurs et de leur dirigeante, dont Bernard Weber et Martin Schilt ont suivi pendant deux ans l’irrésistible ascension. De leur petite chapelle alpine à la mégapole chinoise de Shangaï. 

Fin 2008, alors qu’ils se contentent plus ou moins de youtzer aux mariages ou aux anniversaires tout en se frottant modestement au showbiz, notamment avec leur premier CD, leur quotidien bascule à l’occasion d’une émission télévisée (photo) où ils décrochent le jack pot face au pot-pourri musical du cru, rock et pop compris.

Ils commencent à cartonner au hit-parade, devançant même Lady Gaga et Rihanna, croulent sous les offres de concerts jusqu’au top du top: aller se produire à l’expo universelle de Shangaï à la demande du DFAE. 

Le yodel, bof, diront sans doute beaucoup. Sauf qu’au-delà d’une musique souvent jugée peu glamour, sinon pire, on découvre bien autre chose. La mirifique proposition fédérale menace de faire éclater la cohésion de cette petite communauté désormais livrée à la lumière des projecteurs. Saisie par la dangereuse ivresse du succès, va-t-elle vendre son âme ou rester fidèle aux valeurs qu’elle a perpétuées depuis plus de vingt ans.

C’est ce défi existentiel posé aux yodleurs rebelles, navigant entre tradition et modernité, que captent les deux réalisateurs, partis  à l’origine à la découverte d’une chorale pour en brosser le portrait.  "On en cherchait une qui soit un microcosme de la Suisse, avec des gens vivant quelque chose d'intense en commun", confie le Zurichois de Genève Bernard Weber. "Martin est alors tombé sur les Wiesenberger qui n’étaient déjà plus des amateurs et on a eu la chance de les accompagner dans leur incroyable ascension, depuis ce concours de musique à la télé dont ils sont sortis vainqueurs". A noter que le groupe a collectionné un million de clics sur Youtube en 2011, alors qu'un artiste suisse en récolte envoyenne dans les 60.000.

Bernard Weber aime par ailleurs repérer des univers envers lesquels il a des préjugés pour ensuite donner une chance aux gens qui en sont victimes. "Comme ceux sur le yodel et la Suisse dite primitive alors que j’ai été très surpris non seulement par tout ce que ce groupe a vécu, mais par tout ce qu’il nous a fait vivre et découvrir pendant ces deux ans". Un voyage initiatique des deux côtés de la caméra en somme.

Les papys flingueurs d’Expendables 2

19493884.jpg-r_120_160-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-20100813_060719[1].jpgChangement total d’univers avec le retour des Expendables:Unité spéciale chargés d’une mission a priori facile. Sauf que l’un d’entre eux y laisse sa peau. Alors évidemment les autres vont le venger, massacrant férocement les assassins sauvages de leur compagnon d’armes, tout en se retrouvant face à quelques kilos  de plutonium capables de bouleverser l’équilibre  planétaire.

Résultat, une pléiade de mégastars  vieillissantes, de Sylvester StalLone à Arnold Schwarzenegger en passant par Jean-Claude Van Damme, Dolph Lundgren,  sans oublier Bruce Willis, le benjamin de l’équipe,  se livre à une débauche d’hémoglobine sous testostérone. Un jeu de massacre outrancier mais assumé, sur fond de joutes verbales et de répliques cultes. Inutile toutefois de dire que cela ne plaira qu’aux amateurs du genre et à quelques cinéphiles indulgents ou nostalgiques.


Le petit garçon qui parle aux morts

aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaparanorman.jpgSurfant sur le succès de Coraline, Sam Fell et Chris Butler proposent l’histoire de ParaNorman, dont le héros est un gamin comme les autres. Enfin pas tout à fait puisqu’il a le don de voir les morts et et de converser avec eux, dont sa grand-mère qu’il adore. Une source de moqueries de la part de ses parents et de ses camarades de classe. 

Et pourtant, lorsque son oncle, sous forme d’un redoutable ermite, le charge de protéger sa ville  contre une attaque de zombies, Norman, sa sœur Courtney, son meilleur ami Neil et son grand frère Mitch se lancent dans une course effrénée contre la montre pour sauver les leurs de la malédiction d’une sorcière morte depuis deux siècles. Une réussite dans le film d'animation, si l’on excepte la première demi-heure. Il faut donc s’armer d’un peu de patience

Autres sorties

Avec Du vent dans mes mollets, Carine Tardieu livre une vision de la famille en forme de comédie à vocation poétique, centrée sur une petite fille de neuf ans qui se rêve autrement. L’humour et l’émotion se veulent au rendez-vous, mais sonnent souvent faux dans ce film qui marque le retour d’une Agnès Jaoui drôlement rembourrée, entourée de Deny Podalydès et Isabelle Carré.

Dispensable enfin Associés contre le crime, une comédie policière de Pascal Thomas qui met pour la troisième fois en scène Catherine Frot et André Dussolier dans les rôles de Prudence et Bélisaire Beresford. Nos deux détectives d’opérette ont décidé de raccrocher pour quelque temps lorsqu’une richissime héritière russe disparaît. De quoi reprendre illico du service pour le "duo de choc", que son enquête va mener sur les traces d’un mystérieux savant qui détient le secret de l’éternelle jeunesse. Aussi  laborieux et mal joué qu’indigeste et pas drôle.

Films à l'affiche dans les salles romandes dès le mercredi 22 août.

17:15 Publié dans Cinéfil | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | | Pin it! |

12/08/2012

Le Léopard d'Or à "La fille de nulle part", de Brisseau. Consternant...

teaserbreit[1].jpgJe ne le répèterai jamais assez, surtout ne pas faire de pronostics au festival de Locarno! Du moins en ce qui me concerne. Difficile en effet de tomber plus mal que lors de ce cru 2012. Tant pis, c’est le jeu. Ecartant donc pratiquement toutes mes suggestions, le jury officiel présidé par le Thaïlandais Apichatpong Weerasethakul a primé La fille de nulle part de Jean-Claude Brisseau.

Un choix proprement sidérant. Pour ne pas dire atterrant. Mais pleinement assumé par des jurés en totale symbiose, si l’on en croit notamment la cinéaste française Noémie Lvovsky. En résumé, " il s’agit d’ un film tellement spécial, qui parle de cinéma, de son histoire… Ce n’est pas un film réalisé par un metteur en scène âgé, mais par un homme incroyablement jeune d’esprit qui nous montre son absolu besoin de faire…  Brisseau est le plus jeune de la nouvelle nouvelle vague".

A l’évidence, ce Léopard d’Or récompense un auteur qui eut de la grandeur. Car l’ennui, c’est qu’on ne voit pas franchement à l’écran ce qui a provoqué un tel enthousiasme pour cet opus qui se veut fantastique. Enfin, sauf si le nec plus ultra consiste à tourner, avec des bouts de ficelle, un film dans son appartement, lieu dévolu à quelques références cinématographiques. Et devenu, entre deux intermèdes dissertatoires fumeux ou une scène saphique, le théâtre de phénomènes mystérieux après que le héros (en l’occurrence Brisseau lui-même), eut recueilli une jeune femme ensanglantée sur le pas de sa porte…

Les autres prix

Surprise également avec le prix spécial du jury à Somebody Up Likes Me, de l’Américain Bob Byington. Plus compréhensible, sinon très justifié voilà qui rassure, celui de la mise en scène décerné au Chinois Laing Ying pour When Night Falls, qui raconte une histoire vraie. Celle d’un meurtrier de six agents de Shangaï, après avoir été violemment molesté par la police pour avoir roulé sur un vélo non homologué. Sa tête d’affiche An Nai a par ailleurs été sacrée meilleure actrice.

De son côté Le comédien Walter Saabel a décroché l’interprétation masculine pour son rôle dans  Der Glanz des Tages de Tizza Covi et Rainer Frimmel, seul et unique opus cité dans mes papables. A signaler encore une mention spéciale du jury pour le Portugais A Utima Vez Que Vi Macau. 

En revanche Leviathan, puissant documentaire décrivant le formidable affrontement entre l’homme et la mer et son bateau n’a plu qu’au jury composé de critiques, tiens donc… Et parmi ceux que j’ai relevés, trois (Starlet, Mobile Home et Compliance) ont été distingués par le jury des jeunes. C’est déjà ça! Le public a lui curieusement aimé le laborieux Lore de Cate Shortland, tandis que le Variety Piazza Grande Award a décompensé Camille redouble de Noémie Lvovsky.

Glamour et rétro de maître, des arbres qui cachent la forêt 

Si le Léopard d’Or illustre la faiblesse de la compétition, force est de constater que côté Piazza Grande, ce n’est pas mieux. A l’exception de quelques opus comme Quelques heures de printemps,  Ruby Sparks, ou évidemment Bonjour tristesse, on s'est même trouvé face à la pire édition depuis longtemps.

Une chose est sûre, le directeur artistique du festival, Olivier Père, ne pourra pas éternellement se réfugier derrière le glamour d’une pléiade de stars comme les Delon, Bernal, Carax, Belafonte, Muti et autres Rampling pour masquer cette évidence. Ni derrière une rétrospective consacrée à un maître du septième art, en l’occurrence donc le génial Otto Preminger. Même s’il est vrai qu’il justifiait à lui seul le déplacement au Tessin. Ne manquez surtout pas son oeuvre, prochainement programmée à la Cinémathèque.

01:48 Publié dans La griffe du léopard | Lien permanent | Commentaires (3) | |  Facebook | | | | Pin it! |

10/08/2012

Festival de Locarno: qui va capturer le Léopard?

Les années se suivent et se ressemblent à Locarno. A une journée de la fin du festival et donc de la chasse au Lépoard d’or, on se demande comme d'habitude qui aura l’honneur de le capturer. Autant vous le dire tout de suite, vu la faiblesse générale du concours, les dix-neuf prétendants ne se bousculent pas vraiment au portillon. 

Particulièrement côté fiction. Du coup le fauve risque bien de revenir à Leviathan de Lucien Castaing-Taylor, directeur du Sensory Ethnography lab à Harvard et Véréna Paravel, ethnologue française. Ils livrent ainsi un puissant documentaire sur la pêche en forme de portrait impressionnant, voire de poème fantastique, de l’une des plus anciennes activités humaines.

Tout en témoignant des réalités économiques et politiques du métier, de son extrême dangerosité, Leviathan décrit, Moby Dick n’est pas loin, l’affrontement monstrueux entre l’homme et la mer. Un flot d’images somptueuses sur fond de bruits insoutenables et de grincements métalliques insupportables. Bref sublime et infernal à fois. Un objet de festival par excellence, propre à faire délirer le cinéphile. Pourquoi pas le jury?

Autre documentaire dont on vous avait d’ailleurs déjà parlé The End Of Time, du Canadien mâtiné de Suisse Peter Mettler, qui propose une variation fascinante sur le temps. De l’accélérateur de particules du CERN aux coulées de lave qui ont englouti Hawaï, en passant par Detroit, ville sinistrée qui fut la capitale de  l’automobile, il nous emmène dans un voyage vertigineux, mêlant à un propos docte un visuel foisonnant qui fait parfois penser à du Kubrick.

La bouteille à encre

Pour le reste, c’est la bouteille à encre. Parmi les films dont on a parlé durant cette quinzaine, il y a Mobile Home, sympathique opus belge de François Pirot. Un jeune trentenaire quitte sa petite amie et retrouve un ancien pote avec qui il cherche à réaliser un vieux rêve d’ado, partir à l’aventure dans un mobile home. En commençant comiquement par faire du surplace. Les comédiens contribuent à une certaine réussite de la chose.

On citera aussi Compliance de l’Américain Craig Zobel, racontant l’histoire folle d’une patronne de fast food qui reçoit un coup de fil d’un prétendu policier. Ce dernier accuse une jeune et jolie employée de vol et lui demande de suivre ses instructions à la lettre. La suite dépasse l’imagination, alors que l’intrigue est inspirée de faits authentiques. Dommage que la réalisation s’enlise au bout d’une heure.

Dans Museum Hours de Jen Cohen, un gardien du Kunsthistoriches Museum de Vienne se lie d’amitié avec une visiteuse débarquée de Montréal. Le lieu devient alors une sorte de point de départ vers une exploration à la fois de la ville et de leur vie respective, le tout lié aux différentes manières dont l’art reflète le monde. Un rien bavard, mais respectable.

On reste en Autriche avec l’honorable, sans plus, Der Glanz des Tages de Tizza Ciovi et Rainer Trimmel, où un jeune comédien à succès passant son temps à apprendre de nouveaux textes, perd peu à peu le contact avec le quotidien. Jusqu’au jour où il rencontre un certain Walter, qui lui fait reprendre pied dans la réalité.

Sans génie enfin, mais visible, Starlet de l’Américain Sean Baker où Jane, 21 ans, tente de sympathiser avec une veuve octogénaire pour soulager sa conscience. On va ainsi de révélation en révélation, jusqu’à la découverte du métier sulfureux de la jeune femme…

Aux cinq jurés désormais, dont la Française Noémie Lvovsky et le Thaïlandais Apichatpong Weerasethakul, de nous livrer leur verdict samedi soir dès 21h30 sur la Piazza Grande. 

18:53 Publié dans La griffe du léopard | Lien permanent | Commentaires (4) | |  Facebook | | | | Pin it! |

09/08/2012

Festival de Locarno: Gael Garcia Bernal, sex-symbol de poche...

images[2].jpgFoule des grands jours et minettes hystériques aux hormones en folie, piaillant frénétiquement son nom à chacune de ses remarques, l’accueil réservé au Forum à Gael Garcia Bernal a autant ravi que surpris le comédien mexicain. 

Tout guilleret, le joli sex symbol de poche qui plaît aux femmes de 7 à 77 ans, adore la boxe et s'y entraîne régulièrement, histoire de se détendre et d’apprendre à encaisser, se sent toujours un débutant en dépit de ses 20 ans de carrière. Resté fidèle à l'industrie latino-américaine malgré l'ouverture des portes hollywoodiennes, il considère le cinéma comme un processus permettant de s’ouvrir au monde, de voyager, de connaître des gens et des lieux. Comme Locarno, où il n’aurait jamais pensé venir un jour.

A 34 ans, le plus jeune à avoir eu cet honneur, il a reçu dans la foulée et à l'image de la "magnificent enigma" Charlotte Rampling, un Excellence Award en forme de léopard sur la Piazza Grande. Avant la projection de No de Pablo Larrain, déjà présenté en mai dernier à Cannes. Tête d’affiche Bernal incarne, caractère  fictif, un publicitaire à succès dans ce film sur le référendum qu’avait été contraint d’organiser, sous la pression, le dictateur Augusto Pinochet. Et qui avait conduit à son éviction le 5 octobre 1988.

"Celui qui doit me séduire, c’est le metteur en scène"

"J’ai adoré le scénario et j’ai rencontré le réalisateur en Bolivie. On a pas mal picolé. Faire un film c’est un peu comme coucher. Et pour coucher, il faut boire un coup. Ce qui me convainc, c’est le réalisateur. Je peux aimer l’histoire, mais celui qui doit d’abord me séduire, c’est le metteur en scène. No est une réflexion profonde sur la démocratie, un système plein de contradictions. Ce n’est jamais blanc ou noir et le personnage central prend conscience petit à petit qu’il peut changer les choses".

Le rôle est taillé sur mesure pour Bernal, militant à l'image de son glorieux aîné Harry Belafonte, en faveur de la justice sociale et qui fait ses choix de comédien en fonction de son engagement. "Beaucoup d'acteurs ne sont pas d'accord avec ça, mais je pense qu'on est responsable de tous ses films. Je suis intéressé par des projets qui posent des questions subversives, dangereuses".

Cela ne l'empêche pas de trouver Men in Black 3 très bien. "Je le dis parce que j'aimerais jouer dans le 4", plaisante-t-il, déclenchant une nouvelle vague de hurlements frénétiques... 

La célébrité grâce à Pedro Almodovar et Walter Salles

Né à Guadalajara en 1978, ce fils d’acteurs qui se voyait docteur ou philosophe, tourne à 11 ans déjà dans des séries télévisées, fait du théâtre. Deux longs métrages mexicains le révèlent au grand public, Amours chiennes d’Alejandro Gonzales Inarritu en 2000. "Je ne savais rien du cinéma, mais je trouvais l’histoire excellente. Ce film a changé la vie de tous ceux qui y ont participé".

Puis on le découvre dans Et…ta mère aussi d’Alfonso Cuaron. Mais c’est en 2004 qu’il atteint la célébrité, faisant coup double à Cannes. Homo mal assumé dans La mauvaise éducation de Pedro Almodovar et Ernesto Guevara, avant qu’il devienne le Che dans Carnets de voyage de Walter Salles. 

Passant lui-même en 2007 derrière la caméra pour Déficit, pour porter un regard sur la société mexicaine, il retrouvait l'année d'avant Inarritu avec Babel aux côtés de Brad Pitt et Cate Blanchett et jouait également dans La science des Rêves de Michel Gondry. A signaler que ce dernier opus ainsi que La mauvaise éducation ont été programmés à Locarno.

18:18 Publié dans La griffe du léopard | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook | | | | Pin it! |

07/08/2012

Festival de Locarno: standing ovations pour Harry Belafonte

images[1].jpg"Je me sens privilégié, vous n’imaginez pas la joie que je ressens à vous voir aussi nombreux...» Harry Belafonte, toujours beau et alerte à 85 ans,  est interrompu par un tonnerre d’applaudissements, après la standing ovation qui a salué son arrivée au Forum et celle que le public lui avait réservée la veille sur la scène de la Piazza Grande où il avait reçu son Léopard d’honneur.

"Je ne dis pas ça par fausse humilité, car je suis une sorte de relique du passé",  ajoute cet infatigable et ardent défenseur de la cause noire et des opprimés en général. "C’est grâce à la rétrospective consacrée à Otto Preminiger que j’ai la possibilité d’avoir un film au festival".

Otto Preminger, c’est l’auteur de Carmen Jones. "Avant, les gens de couleur avaient toujours été représentés dans les films comme des êtres inférieurs, assistés, risibles. Preminger a décidé d’une autre approche, de nous traiter comme n'importe quels autres êtres humains, en nous permettant de montrer notre propre force. Et c’était considéré comme risqué. Tourner un film black, c’était la garantie de perdre de l’argent, à l’image de Stormy Weather ou Cabin In The Sky, qui n’ont pas bien marché".

Première représentation d'un héros mâle noir 

En revanche Carmen Jones, montrant pour la première fois un vrai héros mâle noir, eut un gros succès. "C'était aussi la première fois, grâce à ma partenaire Dorothy Dandridge, qu’on voyait une belle femme noire à l’écran au lieu des grosses servantes habituelles, roulant de grands yeux pour amuser leurs patrons". Seul bémol, ce ne sont pas nos voix, car les héritiers de Bizet ne l’ont pas permis".

Quoi qu’il en soit, le monde entier s’est amouraché de cette histoire à sa sortie, ce qui a rendu à la fois service à la cause et à l’industrie du cinéma. "Preminger en a ensuite tourné d’autres sur mon peuple, pour changer la manière de percevoir le monde dans lequel il vit".

A part ça, on ne parlera pas trop de cinéma lors de cette conversation. Qui s'est plutôt résumée à un long monologue. Quand il prend le micro, Harry Belafonte est intarissable. Né pauvre à Harlem en 1927, il se retrouve au théâtre par hasard à son retour de la guerre. Il n’a pas encore vingt ans et on lui assigne un rôle très secondaire, loin des planches. "J’étais l’homme à tout faire qui lavait les vitres et réparait les serrures. Et puis un jour, on m’a donné deux billets et j’ai eu une véritable révélation. Un monde s’ouvrait devant moi, j’ai découvert la puissance de la fiction, du scénario. Une véritable plateforme, que j’allais utiliser". 

Marlon Brando a énormément compté

C’était le début d’un voyage où il s’est embarqué avec une brochette de comédiens comme Rod Steiger, Tony Curtis et surtout le plus important, Marlon Brando. "Pour moi il était au théâtre ce que Picasso est à la peinture. A sa mort, on a beaucoup trop parlé de sa réputation sulfureuse, de ses aventures avec les femmes, mais pas assez ou pas du tout de son âme, de son cœur, de sa vision sociale. C’était un artiste très engagé". 

A propos d’engagement, Harry Belafonte, qui dit avoir notamment été très influencé par Eleanor Roosevelt et Martin Luther King, rappelle un séjour à Berlin en 1957, où il a fini par chanter, au Titania Palace, l’hymne des juifs en hébreu devant un parterre de jeunes Allemands. "Moi, un Américain noir, victime du racisme, qui ne pouvait voter ou manger dans certains endroits chez lui. Mais transcender la législation, c’est la mission de l’artiste. On peut emprisonner le chanteur, pas sa chanson".

C’est dans cet esprit qu’il est allé dans un festival à la Havane pour rencontrer Fidel Castro, ainsi que des gens qui ne pouvaient venir aux Etats-Unis. Et celui qui a permis à Miriam Makeba de venir en Amérique parler au nom des Sud-Africains et des Noirs américains, qui a approché le Ku-Klux-Klan, redevient un militant pur et dur aux accents de prédicateur quand on l’interroge sur le fait d’avoir ouvert la voie aux acteurs noirs à Hollywood. Et ce qu’il en est maintenant.

"L'argent a effacé les valeurs"

"L’argent semble avoir pris les devants, effacé les valeurs. Les artistes ont capitulé, abandonné leurs droits. Ce qui me trouble alors qu’on a n’a jamais eu autant de célébrités noires, c'est que la plupart n’ont jamais usé de cette plateforme exceptionnelle. Au lieu de dire ce qui se passe au Congo, ils font des films pour satisfaire les investisseurs".

"Nous sommes revenus sur notre identité, nous sommes dans un lieu où le capitalisme effréné fait qu’il n’y aura plus de bataille", ajoute-t-il avec colère. "Le pouvoir a corrompu Wall Street, la Suisse, les banques. Il faudra que ce système s’autodétruise". Pour Harry Belafonte, dont le festival va montrer, outre Carmen Jones dans le cadre de la rétrospective Preminiger, Sing Your Song, un documentaire sur sa vie, "les artistes sont les gardiens de la vérité. Lorsque leurs voix se taisent, la civilisation arrive à sa fin…"

17:52 Publié dans La griffe du léopard | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | | | Pin it! |

Festival de Locarno: quand la Piazza Grande ne fait pas rêver...

280px-Piazza_Grande_Festival_del_film_Locarno[1].jpgOn ne cesse de le répéter partout et à l'envi, c’est le plus beau site de projection à ciel ouvert d’Europe avec son gigantesque écran, le point fort du festival, son cœur, son âme, sa vitrine. Je parle évidemment de la Piazza Grande, lieu enchanteur et féérique destiné à faire rêver chaque soir jusqu’à 8000 personnes sous les étoiles.

Une chose est sûre, sa magie et la poésie tant vantées ne sont pas toujours au rendez-vous. On y voit même un certain nombre de nullités, comme cette année. Dont la pire jusqu’ici, Bachelorette, une soupe américaine calamiteuse. Et je je respecte mon langage. Signé de la réalisatrice Leslye Headland, le film est emmené par... Kirsten Dunst, prix d’interprétation à Cannes il y a deux ans pour Melancholia de Lars Von Trier…

Mais qu’est-ce qui a bien pu motiver le choix de cette comédie qui se veut follement drôle, débridée et originale mais qui se contente d’atteindre des sommets de vulgarité et de ringardise? On y suit trois demoiselles d’honneur aussi bien roulées qu’hystériques, sur le point d’assister au mariage de leur copine de lycée obèse. Le tout sur fond d’alcool et de coke pour faire politiquement incorrect. Sans oublier le sel du genre, des gags bien gras imbibés de sperme. Bref, la honte.

Heureusement certains opus, dont on regrette qu’ils aient à s’aligner en si piteuse compagnie, contribuent à relever le niveau de cette 65e édition sur la Piazza. Par exemple, le bouleversant Quelques heures de printemps, où le talentueux Français Stéphane Brizé explore, à son habitude, les troubles de la sphère intime.

Magistralement interprété par Hélène Vincent et Vincent Lindon, l’opus se penche sur la relation terriblement conflictuelle entre un fils et sa mère, évoquant parallèlement une urgence dramatique qui devrait les inciter à se rapprocher l’un de l’autre. Ou pas….

Autre métrage très réussi, Ruby Sparks de Jonathan Dayton et Valerie Faris. Il nous propose l’histoire d’un jeune écrivain à succès qui se débat entre l’écriture et sa vie amoureuse. Couple à la ville comme à l’écran, les deux auteurs s’étaient déjà taillé un joli succès au Tessin en 2006, avec Little Miss Sunshine.

08:09 Publié dans La griffe du léopard | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | | | Pin it! |

06/08/2012

Jeux Olympiques: c'était simplement l'heure du rosbif...

Plus agaçants que jamais, les commentateurs de la RTS ne cessaient de vendre la peau de l’ours. Ce qui me suffisait pour imaginer que la chose ne se ferait pas. Sans compter, je vous l'ai répété, que le revers menaçait la légende depuis le début du tournoi, avec son premier tour plus que laborieux face au pâle Colombien Falla. Lequel a failli renvoyer le Bâlois illico presto à ses études.

Par la suite, à l'exception de son match contre Benneteau blessé, le malheureux Rodgeur n'a cessé de friser le code. Et à force, a logiquement fini par se faire amender. Bref, je ne suis pas spécialement surprise par sa défaite contre l’Ecossais Murray. Je pensais même qu’elle se produirait sur ce même court central de Wimbledon en juillet dernier. Aussi, pour ne rien vous cacher, trouvè-je la septième victoire du king et son dix-septième Grand Chelem de loin plus importants qu’une médaille d’or.

En résumé, c’était simplement l’heure du rosbif! Et puis il faut se rendre à l’évidence, Federer n’est qu’un homme. Constamment rattrapé par ses émotions de surcroît. Comme il l’a relevé, il avait déjà les larmes aux yeux après son match contre Isner et elles ont carrément coulé après son marathon contre Del Potro. Le laissant du coup nerveusement vidé.

aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaserena.jpgRien à voir, côté raquette aux JO,  avec les nerfs d'acier de la panthère Serena Williams, chassant elle aussi sa première médaille d’or en simple. Et qui, après l’avoir remportée les doigts dans le nez en atomisant la belle Maria Sharapova, s'est encore défoncée pour glaner une troisième fois celle du double avec Vénus. Le cas de dire qu'elle se pose un peu là, la cadette des soeurettes.   

Petite consolation, le médaillé d'argent reste numéro un mondial, tandis que Djokovic perd quelques plumes au clasement. Et surtout, le vampire de Belgrade se retrouve chocolat. C’est déjà ça...

00:44 Publié dans Les pieds dans le plat | Lien permanent | Commentaires (7) | |  Facebook | | | | Pin it! |

05/08/2012

Festival de Locarno: Ornella Muti attire la grande foule

647464-338549-jpg_443583_434x276[1].jpgTout ce qui est Italien fait, sur le festivalier locarnais, l’effet de la cape rouge sur le taureau. Si en plus il s’agit d’une star, l’émeute n’est pas loin. Damant le pion à Charlotte Rampling et à Alain Delon, Ornella  Muti, née Francesca Romana Rivelli à Rome en 1955, avait ainsi attiré la méga foule au Forum, après l’hommage qui lui a été rendu sur la Piazza grande.

A la tête de 70 films, dont quatre sont montrés au festival, l’invitée d’Olivier Père, qui a participé à l’âge d’or du cinéma italien avec Risi, Monicelli  et Scola, s’est retrouvée derrière la caméra par hasard. "Je suivais des cours de danse et je n’avais pas du tout l’intention de faire du cinéma mais un jour j’ai accompagné ma sœur qui ne voulait pas aller seule à un bout d’essai . Lorsque le réalisateur m’a vue, c’est moi qu’il a choisie. Non pas parce que j’étais mieux que ma sœur, mais parce que j’avais l’âge de l’héroïne recherchée".

Modeste, elle ne dira pas qu'elle était surtout d’une beauté à tomber et que le réalisateur n’avait pas les yeux dans sa poche. Toujours est-il qu’elle débute à quinze ans dans Seule contre la mafia, un drame sicilien.C’est à cette occasion que le cinéaste Damiano Damiani la baptise Ornella Muti.

Après avoir enchaîné quelques séries B en Italie et en Espagne, Ornella Muti donne la réplique à Ugo Tognazzi, avec qui elle tournera à plusieurs reprises, dans Romances et Confidences (1974) de Mario Monicelli. Ce fut une rencontre très importante professionnellement. Je n’ai pas fait d’école. J’étais une gamine, et j’ai appris sur le tas avec de grands acteurs qui m’ont beaucoup aidée. Primordial également pour moi qui ne prépare pas mes rôles, le travail avec le réalisateur.

Deux ans plus tard, c’est Marco Ferreri qui l’engage pour La dernière femme où elle incarne une jeune puéricultrice, maîtresse d’un père célibataire en l’occurrence Gérard Depardieu. Elle en tournera deux autres avec l’iconoclaste metteur en scène, Histoire de la folie ordinaire en 1981 et L’avenir est de sexe féminin trois ans plus  tard. 

Cette mère de trois enfants qui a toujours donné une importance particulière à la famille fera une troisième rencontre importante avec Dino Risi pour Dernier amour en 1978. Puis on la verra chez Francesco Rosi en 1987 dans Chronique d’une mort annoncée le film de Francesco Rosi qui fit couler beaucoup d’encre suite au titre de Libération Chronique d’une merde annoncée, avant de connaître une nouvelle carrière en France dans les années 90. Tout récemment elle a participé au film de Woody Allen To Rome With Love.

Traversant la cinématographie italienne, Ornella Muti a toujours passé avec aisance du film populaire au cinéma d’auteur, du rire aux larmes. "Je  n’aime pas me limiter à un genre. Par exemple, avant de me coucher, j’ai envie de voir une comédie qui me fait rire. Par ailleurs je trouve qu’une comédie peut aussi faire passer un message. Elle dit se sentir bien dans tous ses  personnages. .. "Ce que j’aime c’est jouer".

La magnifique n’a évidemment pas échappé à la question sur le secret de son look. "Des sacrifices, un régime strict, beaucoup de sport et de la méditation". Comme quoi cela ne suffit pas d’être mariée à un chirurgien esthétique…


Valeria Bruni-Tedeschi dans un fauteuil roulant

images[8].jpgAvant Ornella Muti, c’est le réalisateur transalpin Edoardo Gabbriellini qui avait, sans surprise, rameuté les troupes à la conférence de presse pour son film Padroni di casa. D’autant que l’opus réunit notamment Elio Germano, prix d’interprétation à Cannes il y a deux ans, Valeria Bruni-Tedeschi et le célèbre chanteur des années 70, Gianni Morandi.

Dans cette variation laborieuse sur le thème de l’homme est un loup pour l’homme, le cinéaste se livre à une réflexion sur la violence, la fragilité qui la sous-tend et la façon dont elle peut peut se déclencher facilement. Un film qui pourrait se dérouler partout mais dontl'intrigue se passe en l’occurrence dans un petit village. Les êtres humains sont vus comme des animaux sociaux, dans une nature qui semble observer de menus événements virant à la tragédie.

Valeria Bruni-Tedeschi joue la femme d’un chanteur retiré depuis dix ans dans les lieux, devenu cynique et désespéré. Clouée dans un fauteuil roulant à la suite d’un ictus, elle subit sa méchanceté. Ce n’est pas le genre de rôle qu’affectionne la comédienne.

"J’ai rencontré Edoardo qui m’a parlé de ce personnage particulier. J’étais à la fois attirée et hésitante. Je n’aime pas trop les numéros de virtuosités, mais plutôt être moi-même en tant qu’actrice. Mais j’ai accepté après avoir rencontré une personne victime de cette maladie il y a 15 ans. J’ai parlé avec elle de sa solitude, de cette prison où elle se trouve sur le plan de la communication. Cela ne m’a pas seulement émue, mais je me suis demandée comment on pouvait vivre de cette manière pendant autant de temps".

23:01 Publié dans La griffe du léopard | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | | Pin it! |