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29/05/2012

Roland Garros: Le machisme crasse de Marc Rosset

aaaaaaaaaaaaaaaaaaanadal.jpgIl a carrément suffi d’un match pour que les jeux me semblent quasi faits. Autrement dit une finale Nadal Djokovic, Federer me paraissant déjà plus ou moins largué. Avec un  léger avantage à Nadal, si je considère les entrées en matière des big two du classement.   

Vous me rétorquerez que Dracula a été pratiquement autant bousculé par l’Italien Potito Starace que la légende par l’Allemand Kamke, chacun abandonnant dix jeux à leur adversaire respectif. Mais je ne sais pas pourquoi, chaque fois que le phénix rate une balle, j’ai une forte tendance à imaginer qu’il est cuit. Même contre un nobody. Pour ne rien vous cacher, Stanislas Wawrinka me file parfois moins les chocottes.  

Imaginez donc mes affres lorsque le Suisse pétouille face aux fines lames du circuit. Alors que le Serbe ou l’Espagnol peuvent égarer un certain nombre de points, voire de sets, sans que cela n’altère d’un iota ma certitude de les voir rafler la mise. En trois sets secs qui plus est.   

A part ça, si le tandem de choc Dupuis-Rosset avait l’heureuse idée de cesser de nous répéter à l’envi que la joie et la fierté de batailler sur le Central risquent souvent de se transformer en cauchemar pour les seconds couteaux qui doivent en découdre avec les cadors du tamis, ça nous ferait des vacances.

Je ne vous raconte en effet pas à quel point nos deux rigolos nous ont bassinés avec ça à l’antenne lors de la rncontre  opposant le malheureux Transalpin Bolelli à Nadal. Tout ça pour nous gratifier du scoop du siècle. En parfait connaisseur, Rosset n'a pas hésité à affirmer, tandis que le pitbull menait 4-1 dans le dernier set après avoir gagné les deux premiers, que l’issue du match ne faisait désormais plus aucun doute...

Mais surtout, dans la mesure où il n'a sans doute pas grand-chose d'autre à faire à Roland Garros, le géant genevois serait bien inspiré d'en profiter pour se renseigner un peu sur le tennis féminin, au lieu de nous étaler sottement sa méconnaissance du sujet.  

Ce qui a évidemment poussé son alter ego à piailler de conserve. Excusant complaisamment le machisme crasse du grand Marc, la perruche a avoué qu’il était effectivement impossible de savoir qui étaient les 128 joueuses du tableau.

Ben voyons. Comme si c’était tellement plus facile de connaître le pedigree des collègues masculins de ces dames. Genre Soeda, Ebden, Zopp, Sousa, Dutra Silva ou autres Ungur. Décidément, où la phallocratie ne va-t-elle pas se nicher!

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28/05/2012

Festival de Cannes: Michael Haneke décroche sa deuxième Palme d'Or

aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaahaneke.jpgSans surprise, c’est donc Amour le film le plus bouleversant de cette 65e édition, abordant de front des thèmes tabous comme la vieillesse, la déchéance et la mort, qui décroche la timbale. Mais une partie du palmarès déçoit et Leos Carax demeure maudit!  

En remettant son prix au cinéaste autrichien, le président du jury Nanni Moretti  a insisté sur la contribution fondamentale  de ses deux sublimes acteurs Jean-Louis Trintignant, 81 ans et Emmanuelle Riva, 85 ans, qui sont montés sur scène avec le réalisateur (photo) pour recevoir la standing ovation du public. 

Avec une deuxième palme trois ans seulement après Le ruban blanc , Michael Haneke rejoint le club fermé des cinq auteurs de cet exploit avant lui: Francis Ford Coppola, Shohei Imamura, Emir Kusturica, Bille August et les frères Dardenne. 

Nanni Moretti voulait être étonné, c’est lui qui nous déconcerte

Dès sa projection, le film sur ce couple d’octogénaires élégants et cultivés, dont l’amour est rudement mis à l’épreuve par la maladie, a été plébiscité par la critique. Du coup, il est presque étrange que le jury, appelé à choisir entre les 22 prétendants, en ait fait autant. Surtout si on considère le reste du palmarès.

A commencer par le Grand Prix, Reality de Matteo Garrone, une comédie dramatique banale, longuette et sous-fellinienne, sur un fondu de la téléréalité aspirant à la gloire. Surtout lorsqu’on imagine que l’Italien avait déjà obtenu la même récompense en 2008 pour Gomorra, autrement plus critique et sulfureux sur la mafia napolitaine.

Pire, le prix de la mise en scène est allé à Carlos Reygadas pour Post Tenebras Lux. A part une ouverture virtuose, le Mexicain nous a gratifiés de l’opus le plus hermétique du concours, très mal accueilli par les festivaliers et la critique. Le cinéaste n’a d’ailleurs pas manqué d’ironiser sur la chose.

Le Roumain Cristian Mungiu, Palme d’Or en 2007 pour 4 mois, 3 semaines et 2 jours a reçu le prix du scénario grâce à Au-delà des collines, opus assez éprouvant et interminable, inspiré d’un fait divers qui défraya la chronique en 2005 en Roumanie. Une jeune fille avait trouvé la mort après une séance d’exorcisme dans un monastère orthodoxe.

Dans la foulée ses deux actrices, les débutantes Cosmina Stratan et Cristina Flutur ont décroché ex-aequo le prix d’interprétation, qui semblait notamment  promis à Emmanuelle Riva ou Marion Cotillard. Chez les hommes, il a aussi échappé au favori Jean-Louis Trintignant, pour récompenser le Danois Mads Mikkelson. Très bon il est vrai dans La chasse de Thomas Vinterberg, une descente aux enfers d’un homme faussement accusé de pédophilie.

Enfin le prix du jury est revenu au Britannique Ken Loach pour La part des anges, comédie certes jubilatoire mais mineure. Franchement, on ne voyait pas cette histoire de petits délinquants s'initiant à l'art de la dégustation de whisky, se retrouver si haut placée.

A l'image d'une compétition très moyenne

Exit donc l'ensemble de la pellicule française, à commencer par  le brillant Holy Motors de Leos Carax. Ce formidable objet cinématographique avait vraiment tout pour étonner Nanni  Moretti, comme il l’avait souhaité en début de festival. Or on se demande bien ce qui a pu le surprendre en considérant ses choix.

Mais finalement ce palmarès peu exaltant est à l’image d’une compétition 2012 très moyenne. Une partie des films avait même du mal à soutenir la comparaison avec certains sélectionnés dans les autres sections. Comme la plupart des Américains, à l'évidence choisis pour des stars du genre Brad Pitt, Nicole Kidman ou Kristen Stewart.

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27/05/2012

Festival de Cannes: à qui la Palme d'Or?

aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaajeffnichols.jpgAlors qu’on imaginait les jeux faits, il est arrivé que le dernier film en compétition réserve une surprise de taille et rafle la Palme d'Or. Au grand dam des festivaliers parfois. Mud, de Jeff Nichols, ultime candidat en lice, pourrait en revanche mettre pas mal de gens d'accord. Même si on lui préfère Holy Motors de Leos Carax.

Jeff Nichols (en photo avec ses acteurs), qui avait séduit sur la Croisette l’an dernier en remportant le Grand Prix de la Semaine de la critique avec l'excellent Take Shelter, a en effet des chances de se voir au sommet de l’échelle ce soir. Dans son nouvel opus, il montre une autre facette de son talent, en évoquant, à travers l’histoire de deux gamins de 14 ans et d’un fugitif, la douleur d’aimer sans espoir de retour. Et surtout la capacité de l’être humain à le supporter

La presse lui a en tout cas déjà décerné la presse du cœur. Touchera-t-il Nanni Moretti et ses jurés au point de la voir se transformer en or? Ce ne serait pas immérité, même si Leos Carax a livré, on vous l’a déjà dit, le film le plus fascinant et délirant du festival avec Holy Motors. Le président ayant déclaré qu’il voulait avant tout être surpris, il devrait être servi.

Mais il y a d’autres prétendants. A commencer par Amour de l’Autrichien Michael Haneke, grand favori des critiques toutes nationalités confondues. Avec Au-delà des collines, Le Roumain Cristian Mungiu le suit de près, tout comme Jacques Audiard et son De rouille et d’os, montré au début du festival.

Ce 65e cru, nettement en-dessous du millésime 2011, étant plutôt celui des comédiens que celui des réalisateurs, cela se bouscule au portilllon pour les prix d'interprétation. Surtout chez les hommes, où Jean-Louis Trintignant tient la corde. On pense aussi à Mads Mikkelson, Denis Lavant, Matthew MCconaughey, voire Robert Pattinson dans le très controversé Cosmopolis de David Cronenberg,  En ce qui concerne les dames, Marion Cotillard, qui serait revenue de New-York, a la grosse cote ainsi qu’Emmanuelle Riva.

Mais le journaliste propose et le jury dispose. A découvrir sur Canal + lors de la cérémonie de clôture, où doivent être décernés sept récompenses votées à bulletins secrets, à la majorité absolue pour les deux premiers tours puis relative ensuite: Palme d'Or, Grand prix, Prix du jury, Prix d'interprétation masculine et féminine, de la mise en scène, du scénario.

17:07 Publié dans Cinéfil | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | | Pin it! |

25/05/2012

Festival: Nicole Kidman joue la poupée Barbie sexy dans le poussif "Paperboy"

Cannes a besoin de stars. Glamourissimes et planétaires. Donc Américaines.Et pour les avoir, le festival leur déroule le tapis rouge quelle que soit la qualité du film dans lequel elles s’exhibent. Brad Pitt et Nicole Kidman étaient là pour le prouver dans deux opus se contentant plus ou moins de gâcher de la pellicule.

Particulièrement le second, le poussif Paperboy, signé Lee Daniels. L’auteur de Precious s’est lancé dans l’adaptation du roman de Pete Dexter, abandonnée par Pedro Almodovar, le premier sur l’affaire. C’eût sans doute été autre chose.

Mais bref. Nicole Kidman y joue une blonde incendiaire un rien sur le retour dans ce thriller poisseux, qui se déroule en Floride en 1969 sur fond de sexe, de meurtres, de discrimination et de ségrégation. Ingrédients propices à un cocktail explosif. A condition d’être bien mélangés.

C’est  loin d’être le cas. Ward Jensen, reporter gay au Miami Times revient dans sa ville natale à la demande de Charlotte (Nicole Kidman), qui entretient une correspondance avec des détenus dans le couloir de la mort. En l’occurrence avec un chasseur d’alligators tout près de griller sur la chaise électrique. Apparemment sans preuves concluantes.

Tandis que les journalistes sont persuadés de tenir le scoop du siècle, le jeune frère de Ward  (Zac Efron, l’idole des teen-agers) tombe raide dingue de la sulfureuse Charlotte. Mais imaginez-vous qu’elle lui préfère Crocodile Dundee moche  comme un pou et qui n’a qu’une idée, se faire cette "poupée Barbie qui a le feu au cul..."

Cela nous vaut quelques scènes "érotiques" ridiculement outrancières dont une dans le parloir de la prison, où Charlotte se masturbe pour exciter son homme. Nicole Kidman, qui a évidemment déclenché une émeute au Palais, est ravie de revenir sur la Croisette après sept ans d'absence, n'a pas rechigné à l’exercice, pourtant nouveau pour elle.

"C’est mon travail  de rentrer dans la peau d’un personnage cru confronté à des situations osées, et dangereuses. J’ai souhaité collaborer avec Lee Daniels car je pensais qu’l m’apprendrait beaucoup et me permettrait de repousser mes limites. Mais je n’ai pas voulu me voir. Peut-être que ça va me gêner".

la superstar qui a avoué avoir été contactée en dernier par le cinéaste, s’est  aussi déclarée impressionnée par la façon dont Zac Efron a endossé le costume de son amoureux fou qu’elle "renvoie pour le sauver". Elle a encore ajouté souhaiter tourner davantage de films de ce genre.

Etant donné sa prestation laborieuse, ce n’est pas franchement une bonne idée. En tout cas une chose est sûre, En voyant le résultat, on se dit que le délégué général Thierry Frémeaux pousse le bouchon en prétendant ne pas avoir trouvé de bons films de femmes à sélectionner en concours!

23:55 Publié dans Cinéfil | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | | Pin it! |

Festival de Cannes: Robert Pattinson, l'atout de David Cronenberg

aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaapattison.jpgCannes a eu ses big four. Après Bruce Willis, Brad Pitt et Nicole Kidman, c’était au tour de Robert Pattinson de faire revenir les journalistes aux hommes des cavernes dans leur chasse à la star, véritable curée à l’heure de la conférence de presse. Et on ne vous raconte pas l’insurrection difficilement contenue le soir lors de la montée des marches.

C'est que le beau Robert n’est pas seulement l’idole des fans de Twilight. C’est aussi pour le coup l’atout majeur de David Cronenberg dans Cosmopolis, présenté en compétition. Il y raconte 24 heures de la vie d’un jeune et impitoyable requin de la finance dans un New York en ébullition, où l’ère du capitalisme fou touche à sa fin.

Un vingtième film bizarre, complexe, hermétique, énervant, excitant. Très bavard aussi. Ce qui n’a rien d’étonnant. David Cronenberg, qui n’a mis que six jours à écrire le scénario, avoue avoir repris presque mot à mot les dialogues du roman éponyme culte du visionnaire Don Delillo, paru en 2003.

Il en profite pour revenir à ses premières amours, dans ce quasi huis-clos se déroulant dans une immense limousine. Surfant et philosophant, entre violence, humour, sexe et  science-fiction, sur son thème de prédilection, la condition humaine. Là on est en plein dans la crise actuelle, ce spectre qui hante le monde, dirait Marx. Et le mène à sa perte.
 
Seul à ne se préoccuper que de sa petite personne, alors que la visite du président des Etats-Unis paralyse Manhattan, le golden boy Eric Packer n’a qu’une obsession. S’engouffrer dans son luxueux véhicule tout confort qu’il a fait blinder, pour aller se faire couper les cheveux à l’autre bout de la ville.

Très bon, Robert Pattinson porte le film sur ses épaules. Du début à la fin il est de tous les plans, se glissant avec aisance dans la peau de ce magnat brassant des milliards sans jamais voir la couleur de l’argent, de ce  yuppie arrogant, cruel, cynique, à qui le monde appartient et qui se sert des gens comme des objets, qu'il s'agisse de sa maîtresse ou de son garde du corps.
 
Avant que les choses évoluent fâcheusement pour lui. Au fur et à mesure que la journée avance et que le chaos s’installe, il assiste impuissant à l’effondrement de son empire. Il est aussi convaincu qu’on va l’assassiner.

Pattinson reste dans le fond une sorte de vampire
 
Ce caractère très antipathique n’a pas posé le moindre problème au comédien à qui il n’a pas fallu longtemps pour accepter le rôle. On est pourtant très loin de Twilight, même si Pattinson reste dans le fond une sorte de vampire, puisqu’il suce le sang de la société avec ses congénères.

La remarque agace un peu Cronenberg. "C’est très facile de dire que c’est un vampire, mais Robert est beaucoup plus qu’un symbole. C’est une vraie personne. Et surtout il s’agit là de Cosmopolis, pas de Twilight". Inutile de préciser que l’intéressé abonde dans ce sens.

18:08 Publié dans Cinéfil | Lien permanent | Commentaires (7) | |  Facebook | | | | Pin it! |

Festival de Cannes: Nicole Kidman joue une Barbie sexy. Laborieux...

aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaakidman.jpgCannes a besoin de stars. Glamourissimes et planétaires. Donc Américaines.Et pour les avoir, le festival leur déroule le tapis rouge quelle que soit la qualité du film dans lequel elles s’exhibent. Brad Pitt et Nicole Kidman étaient là pour le prouver dans deux opus se contentant plus ou moins de gâcher de la pellicule.

Particulièrement le second, le poussif Paperboy, signé Lee Daniels. L’auteur de Precious s’est lancé dans l’adaptation du roman de Pete Dexter, abandonnée par Pedro Almodovar, le premier sur l’affaire. C’eût sans doute été autre chose
.
Mais bref. Nicole Kidman (en photo avec Zac Efron)y joue une blonde incendiaire un rien sur le retour dans ce thriller poisseux, qui se déroule en Floride en 1969 sur fond de sexe, de meurtres, de discrimination et de ségrégation. Ingrédients propices à un cocktail explosif. A condition d’être bien mélangés.

C’est  loin d’être le cas. Ward Jensen, reporter gay au Miami Times revient dans sa ville natale à la demande de Charlotte (Nicole Kidman), qui entretient une correspondance avec des détenus dans le couloir de la mort. En l’occurrence avec un chasseur d’alligators tout près de griller sur la chaise électrique. Apparemment sans preuves concluantes.

Tandis que les journalistes sont persuadés de tenir le scoop du siècle, le jeune frère de Ward  (Zac Efron, l’idole des teen-agers) tombe raide dingue de la sulfureuse Charlotte. Mais imaginez-vous qu’elle lui préfère Crocodile Dundee moche  comme un pou et qui n’a qu’une idée, se faire cette "poupée Barbie qui a le feu au cul..."

Cela nous vaut quelques scènes "érotiques" ridiculement outrancières dont une dans le parloir de la prison, où Charlotte se masturbe pour exciter son homme. Ravie de se retzrouver sur la Croisette après sept ans d'absence, Nicole Kidman qui a évidemment déclenché une émeute au Palais, n'a pas rechigné à l’exercice, pourtant nouveau pour elle.

"C’est mon travail  de rentrer dans la peau d’un personnage cru confronté à des situations osées, et dangereuses. J’ai souhaité collaborer avec Lee Daniels car je pensais qu’l m’apprendrait beaucoup et me permettrait de repousser mes limites. Mais je n’ai pas voulu me voir. Peut-être que ça va me gêner".

la superstar qui a avoué avoir été contactée en dernier par le cinéaste, s’est  aussi déclarée impressionnée par la façon dont Zac Efron a endossé le costume de son amoureux fou qu’elle "renvoie pour le sauver". Elle a encore ajouté souhaiter tourner davantage de films de ce genre.

Etant donné sa prestation laborieuse, ce n’est pas franchement une bonne idée. En tout cas une chose est sûre, En voyant le résultat, on se dit que le délégué général Thierry Frémeaux pousse le bouchon en prétendant ne pas avoir trouvé de bons films de femmes à sélectionner en concours!

13:23 Publié dans Cinéfil | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | | Pin it! |

24/05/2012

Festival de Cannes: un parfum de Palme d'Or pour Leos Carax

Avec "Holy Motors", le réalisateur français propose le film le plus fascinant et le plus délirant de la compétition. Son acteur fétiche Denis Lavant est entouré d'Eva Mendes et de Kylie Minogue.

Cinéaste maudit, Leos Carax n’est pas précisément un auteur prolifique. Cinq films seulement tournés en 28 ans, si l’on excepte "Tokyo", notamment co-réalisé avec Michel Gondry. C’est dire si treize ans après "Pola X" honni par la critique, son retour en concours sur la Croisette était attendu avec  impatience.

Le réalisateur n’a pas déçu les attentes des cinéphiles, débarquant avec un véritable ovni sous le bras. Où il suit dans sa folle journée Monsieur Oscar,  personnage protéiforme à la recherche de lui-même, de la vie, de l’action.

Il apparaît ainsi tour à tour en banquier, en vieille mendiante  gitane, en ouvrier spécialisé de la Motion Capture pour un fabuleux et inoubliable coït,  en  immonde  Monsieur Merde, en improbable père de famille, en accordéoniste, en tueur, en tué, en mourant peu pressé de passer l’arme à gauche et en homme au foyer pour le moins singulier.

Voyageant de vie en vie, Monsieur Oscar est l’unique passager d’une immense limousine blanche. Aux commandes du véhicule se trouve Céline, longue, élégante et impeccable dame blonde, qui conduit l’homme dans Paris et ses environs.

Soigneusement posés sur le siège à côté de lui, dix contrats qu’il va respecter, tel un consciencieux tueur à gages. Travaillant pour la beauté du geste,  il est forcé de se montrer aussi inventif que créatif à chaque fois.

Complice de toujours de Leos Carax, c’est évidemment Denis Lavant qui se plonge avec un rare talent dans ces divers personnages. Il est notamment entouré d’Eva Mendes et de Kylie Minogue, dont le rôle devait au départ être tenu par Kate Moss.

La chanteuse australienne s’est déclarée absolument ravie et fière de faire partie de l’équipe. On le serait à moins. Surréaliste,  magnifique, surprenant, dingue, riche, étrange, "Holy Motors", qui va jusqu’à faire parler les machines comme des  humains, est sans aucun doute le film le plus fascinant et le plus délirant montré jusqu’ici. Il nous transporte carrément dans une autre dimension.

Hit The Road Jack

On retombe lourdement sur terre avec "On The Road" de Walter Salles, adapté du célèbre roman de Kerouac. Apprenti écrivain new-yorkais, Sal Paradise rencontre Dean Moriarty, un jeune ex-taulard coureur de jupons au charme ravageur, marié à la jolie Marylou, un esprit libre avide d’expériences.

Décidés à quitter leur vie étriquée, tous trois partent sur les routes à la découverte du monde entre frénésie de drogue, d’alcool et de sexe. Sauf qu’on en croit pas une seconde à l’histoire, tant les personnages sont beaux, clean et pas le moins du monde marqués par une  existence de vagabondage et de débauche. A commencer par Kristen Stewart, la virginale  héroïne de Twilight, promise à ce rôle depuis ses seize ans. Belle erreur de casting.

Ken Loach ou la rédemption par le whisky

Heureuse surprise du cinéaste britannique qui avait beaucoup déçu lors de sa dernière sélection cannoise. Avec "La part des anges",  met joyeusement en scène une bande de délinquants, dont le jeune Robbie, qui découvrent l’art du whisky  grâce aux travaux d’intérêt général auxquels ils ont été condamnés.

Sous la houlette de l’éducateur, maître es-pur malt, ils passent secrètement de distilleries en séances de dégustation hyper classieuses. Robbie se découvre alors un réel talent dans le domaine, parvenant à identifier les cuvées les plus exceptionnelles. Du coup, ça travaille sec dans sa petite tête…

Ken Loach a déniché un inconnu, Paul Brannigan, pour jouer Robbie. Il est parfait dans cette comédie sociale pleine d’humour, farfelue, tendre et caustique. En un mot jubilatoire, même si on ne la retrouvera certainement pas au palmarès.

 

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23/05/2012

Festival de Cannes: baptême réussi pour le Genevois Nicolas Wadimoff

aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaanic.jpgUne salle bien remplie, un public très réceptif et des applaudissements nourris. Pas mal pour une première sur la Croisette. De quoi calmer les nerfs de Nicolas Wadimoff, en permanence tiraillé entre l’excitation et l’anxiété depuis son arroivée. "Cela me fait un gros effet d’être là et chaque pas me rappelle l’importance de Cannes. Je mesure le pouvoir fantasmatique de ce festival, alors que je ne suis jamais posé la question à Berlin ou à Venise".

Issu du cinéma politique, qui est resté son fonds de commerce, le réalisateur est venu présenter Opération Libertad à la Quinzaine des Réalisateurs, la plus prestigieuse des sections parallèles du festival. Il propose une fiction dont l’intrigue se déroule d’octobre 1977 à avril 1978, entre les assassinats du patron des patrons allemands Hanns -Martin Schleyer par la Rote Armee Fraktion et du politicien italien Aldo Moro par les Brigades rouges .

Son histoire, aussi  intéressante qu’ édifiante s’inspire de faits réels. En compagnie de son co-scénariste Jacob Berger, Wadimoff s’est livré à de nombreuses recherches, notamment iconographiques, et a rencontré des révolutionnaires qui militaient en Suisses dans ces années-là. Un travail de deux ans, complété par l’écriture et les répétitions en amont pour s’imprégner au mieux de la période.

Le cinéaste raconte ainsi l’attaque fictive d’une grande banque zurichoise par un groupe d'activistes, pour s’emparer des millions de dollars d’une dictature sud-américaine sanguinaire, blanchis par l’établissement.  

L’intégralité de l’opération est filmée et des cassettes en témoignant réapparaissent trente ans plus tard. C’est le seul moyen de faire connaître la chose, car rien n’avait filtré dans les médias, à la grande frustration de ses auteurs.

A noter que la réalité a rattrapé la fiction, un avocat paraguayen ayant entamé des procédures pour exiger la restitution de 5 milliards placés par le régime de Stroessner sur des comptes secrets. 

Un prétexte à se poser plusieurs questions

Grâce à des reconstitutions détaillées et un énorme boulot sur l’image pour qu’elle ait la texture idoine, l’opus donne l’illusion d’avoir été réellement tourné à l’époque. Il est prétexte à s’interroger sur les motivations des protagonistes, qui ne sont pas des héros romanesques à tendance psychopathe comme souvent dans ce genre de film, à se demander jusqu’où on peut aller, avec quels moyens, pour quelle fin et quel est le prix à payer. 

"Dans ce faux documentaire devenu une comédie dramatique si j’en juge par les réactions des spectateurs, je veux d’abord parler d’action directe et d’engagement politique", confie Nicolas Wadimoff.

Il montre aussi que tout est soluble dans le système helvétique, plus sophistiqué que celui des activistes.  "La Suisse digère tout, de la question des fonds juifs aux scandales de l’UBS en passant évidemment par les agissements d’un groupuscule terroriste. On se trouve face à un roc  imperméable aux soubresauts de l’Histoire. Je suis persuadé de la pérennité absolue du label. C’est à la fois fascinant et effrayant".

"Opération  Libertad" sera à l’affiche dès le 30 mai à Genève.

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22/05/2012

Festival de Cannes: Brad Pitt dans la peau d'un tueur à gages

aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaabrad.jpgMême s’il vient pratiquement tous les ans, Brad Pitt sur la Croisette c’est forcément synonyme d’effervescence, de cohue, de bousculade et de folie. Avec des journalistes rendus à l’état sauvage, qui s’agglutinent une heure avant la conférence de presse, dans l’espoir de décrocher un siège. Bref pas facile de gagner son paradis avec des milliers d’appelés pour dix fois moins d’élus!

Cette fois, la superstar avait rallié le festival pour Cogan: la mort en douce du réalisateur néo-zélandais Andrew Dominik, l’un des 22 prétendants à la Palme d’Or. Il s’agit d’une adaptation du roman de V.Higgins, Cogan’s Trade, un film de gangsters classique auquel s’ajoutent des connotations politiques.

Alors que le livre se déroule dans les années 70, Andrew Dominik a décidé de transposer l’intrigue en 2008, l’année de l’élection de Barack Obama, mais surtout celle de la crise financière qui a ébranlé le monde. Et qui a du coup eu une incidence sur les actions des organisations criminelles.

Brad Pitt se glisse dans la peau d’un tueur à l’appel des caïds de la mafia. Ce qui ne le dérange pas le moins du monde. "J’aurais beaucoup plus de mal à jouer un raciste. C’est pire pour moi qu’un type qui tire dans la tête d’un autre. Nous interprétons des personnages qui ont des opinions tranchées dans un pays divisé. Les points de vue abordés dans le  film ne sont pas forcément les miens. Jackie Cogan cherche à tuer doucement pour que ce ne soit pas trop douloureux pour sa victime, qui doit mourir quoi qu’il arrive … »

La presse canadienne doit mettre la main à la poche!

Brad Pitt est aussi à l’origine d’une première dans l’histoire du festival. Le distributeur canadien Alliance Films, qui présente Cogan: la mort en douce, et On the Road fait payer les interviews avec des stars, rapporte Spiegel Online, relayé par l’Express.

Les tarifs, qui ne concernent que la presse canadienne, sont de 2500 euros pour papoter 20 minutes avec Brad Pitt, soit 125 euros la minute. A l’affiche d’On The Road, Kristen Stewart est moins chère. 1000 euros suffisent pour recueillir quelques mots tombés de son auguste bouche.

Alliance Films avance comme argument que les interviews sont généralement facturées au distributeur par le producteur. D’où la répercussion sur les journalistes pour payer une partie du voyage des acteurs et de leur entourage à Cannes, ainsi que leur hébergement sur place. Inutile de préciser que les Canadiens sont privilégiés pour décrocher un entretien...

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21/05/2012

Festival de Cannes: Alain Resnais divise la Croisette

aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaresmnais.jpgA 90 ans, le doyen revient avec Vous n’avez encore rien vu, son septième film en compétition officielle. Il n’a jamais remporté la Palme d’Or. Ce ne sera sans doute pas pour cette fois.

Après le Roumain Cristian Mungiu et son incursion dans un couvent orthodoxe, Alain Resnais crée aussi la polémique avec son adaptation libre d'Eurydice de Jean Anouilh, l'un de ses dramaturges préférés.

Par-delà sa mort, un célèbre auteur dramatique (Benoît Podalydès) convoque, dans sa somptueuse demeure, tous ses amis qui ont interprété la fameuse pièce. Sabine Azéma, Pierre Arditi, Lambert Wilson, Anne Consigny, Michel Piccoli, Mathieu Amalric, Hippolyte Girardot, Anny Duperey et d'autres encore, doivent jouer les exécuteurs testamentaires et donner leur opinion sur une captation de l’œuvre par une jeune troupe.
 
Toute la famille du cinéma hexagonal réunie ou presque, chacun se glisse dans la peau de son personnage, faisant écho, d’abord en léger différé, aux jeunes acteurs évoluant sur l’écran déployé devant les anciens. Eurydice et Orphée vont ainsi revivre à travers les couples Azéma-Arditi (l’actrice fétiche du réalisateur est à la limite de l’hystérie) et Consigny-Wilson.

Certains ressortent de là absolument bouleversés. D’autres, dont je suis, se montrent imperméables sinon davantage, à cet exercice de style sur fond d’installation artistique, où le cinéaste se livre à une réflexion alambiquée autour du théâtre qui serait la vie, l’amour, la mort et vice-versa. On peut y voir l’audace d’un éternel créateur, une volonté testamentaire. Mais aussi l’expression d’un caprice. Le caprice des vieux, comme l’a irrévérencieusement remarqué un critique.

Le curieux voyage au Japon d’Abbas Kiarostami
 
Encore une valeur (trop) sûre. Pour sa cinquième sélection en concours, l’Iranien Abbas Kiarostami, palmé en 1997 pour Le goût de la cerise par un jury auquel participait Nanni Moretti (président cette année…) est allé tourner au Japon Like Someone In Love. On y découvre un étrange trio, composé d’un vieil universitaire érudit, d’une jeune étudiante qui se vend pour payer ses études et de son ami jaloux qui peine à contenir ses pulsions violentes.

Personnages décalés, plutôt amusants,  bons acteurs, dont la superbe Rin Takanashi, belle réalisation, pour cette petite fable qui évoque l’incommunicabilité entre les gens, plus particulièrement dans la mégapole japonaise où plus personne n’écoute personne. Mais le rideau tombant trop vite, on quitte en route ce voyage bizarre censé vous transporter vers l’inconnu.

Isabelle Huppert est beautiful

C'est en tout cas ce qu'on lui répète à l'envi dans Another Country du Coréen Hong Sangsoo, un film structuré en trois actes. Criblée de dettes, une étudiante en cinéma décide d'écrire un court-métrage pour se calmer les nerfs. Y apparaissent trois "Anne", chacune visitant la ville balnéaire de Mohang.

Isabelle Huppert joue donc tour à tour une réalisatrice à succès, une femme entretenant une relation extraconjugale avec un Coréen et une divorcée que son mari a quittée pour une Coréenne. La comédienne française est toujours aussi bonne. Mais son talent ne suffit pas à faire décoller une comédie qui ne mérite pas vraiment sa place en compétition.

23:53 Publié dans Cinéfil | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | | | Pin it! |