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21/05/2012

Festival de Cannes: Alain Resnais divise la Croisette

aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaresmnais.jpgA 90 ans, le doyen revient avec Vous n’avez encore rien vu, son septième film en compétition officielle. Il n’a jamais remporté la Palme d’Or. Ce ne sera sans doute pas pour cette fois.

Après le Roumain Cristian Mungiu et son incursion dans un couvent orthodoxe, Alain Resnais crée aussi la polémique avec son adaptation libre d'Eurydice de Jean Anouilh, l'un de ses dramaturges préférés.

Par-delà sa mort, un célèbre auteur dramatique (Benoît Podalydès) convoque, dans sa somptueuse demeure, tous ses amis qui ont interprété la fameuse pièce. Sabine Azéma, Pierre Arditi, Lambert Wilson, Anne Consigny, Michel Piccoli, Mathieu Amalric, Hippolyte Girardot, Anny Duperey et d'autres encore, doivent jouer les exécuteurs testamentaires et donner leur opinion sur une captation de l’œuvre par une jeune troupe.
 
Toute la famille du cinéma hexagonal réunie ou presque, chacun se glisse dans la peau de son personnage, faisant écho, d’abord en léger différé, aux jeunes acteurs évoluant sur l’écran déployé devant les anciens. Eurydice et Orphée vont ainsi revivre à travers les couples Azéma-Arditi (l’actrice fétiche du réalisateur est à la limite de l’hystérie) et Consigny-Wilson.

Certains ressortent de là absolument bouleversés. D’autres, dont je suis, se montrent imperméables sinon davantage, à cet exercice de style sur fond d’installation artistique, où le cinéaste se livre à une réflexion alambiquée autour du théâtre qui serait la vie, l’amour, la mort et vice-versa. On peut y voir l’audace d’un éternel créateur, une volonté testamentaire. Mais aussi l’expression d’un caprice. Le caprice des vieux, comme l’a irrévérencieusement remarqué un critique.

Le curieux voyage au Japon d’Abbas Kiarostami
 
Encore une valeur (trop) sûre. Pour sa cinquième sélection en concours, l’Iranien Abbas Kiarostami, palmé en 1997 pour Le goût de la cerise par un jury auquel participait Nanni Moretti (président cette année…) est allé tourner au Japon Like Someone In Love. On y découvre un étrange trio, composé d’un vieil universitaire érudit, d’une jeune étudiante qui se vend pour payer ses études et de son ami jaloux qui peine à contenir ses pulsions violentes.

Personnages décalés, plutôt amusants,  bons acteurs, dont la superbe Rin Takanashi, belle réalisation, pour cette petite fable qui évoque l’incommunicabilité entre les gens, plus particulièrement dans la mégapole japonaise où plus personne n’écoute personne. Mais le rideau tombant trop vite, on quitte en route ce voyage bizarre censé vous transporter vers l’inconnu.

Isabelle Huppert est beautiful

C'est en tout cas ce qu'on lui répète à l'envi dans Another Country du Coréen Hong Sangsoo, un film structuré en trois actes. Criblée de dettes, une étudiante en cinéma décide d'écrire un court-métrage pour se calmer les nerfs. Y apparaissent trois "Anne", chacune visitant la ville balnéaire de Mohang.

Isabelle Huppert joue donc tour à tour une réalisatrice à succès, une femme entretenant une relation extraconjugale avec un Coréen et une divorcée que son mari a quittée pour une Coréenne. La comédienne française est toujours aussi bonne. Mais son talent ne suffit pas à faire décoller une comédie qui ne mérite pas vraiment sa place en compétition.

23:53 Publié dans Cinéfil | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | | | Pin it! |

Commentaires

Effectivement les avis divergent sur Vous n’avez encore rien vu et cela devient dur de se faire un avis. Seule solution sans doute : aller le voir pour etre decu car je n'aura pas la surprise du deroutement et par contre,j'aurai sans doute l'impression que ce film aura ete fait pour qq amoureux du theatre, du cinema, de la psyché..et pas tant pour le plaisir du cinephile averti ou non.

Écrit par : L'hotel-ier lost in cannes | 23/05/2012

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