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31/05/2011

Roland Garros: le Monfils nouveau est arrivé...et reparti

31727-340x200[1].jpgContrairement à Servette, les Gasquet et Monfils nouveaux sont comme le Beaujolais. Plus piquette que grand cru! Il faut évidemment reconnaître qu’on peut difficilement assimiler les tâcherons de Bellinzone à Djokovic ou Federer.

Mais revenons sur ces dernières quarante-huit heures à Roland Garros pour découvrir quelques commentaires pas piqués des vers des spécialistes français de la raquette. Comme ils n’en ratent pas une, ils s’étonnaient par exemple, au terme des huitièmes de finale, qu’il n’y ait plus que deux Espagnols en lice pour la palme, dans la mesure où ils étaient quatorze au départ. En revanche, ils ne trouvaient absolument pas bizarre qu’il ne demeurât que trois Français au même stade, alors qu’ils étaient pourtant partis à trente-deux.

Mieux, ils se tapaient follement sur le ventre devant les formidables exploits de leurs compatriotes. Ceux de Gasquet d'abord. Puis, le revers d'enfer de Richard ne l'ayant pas envoyé au paradis, ils se sont rabattus sur le prodigieux Monfils, dorénavant objet de toutes les convoitises. Je ne vous raconte donc pas si j’attendais avec une rare impatience de les entendre étaler leur science, que ce soit sur Eurosport ou France 2. 

Le résultat fut à chaque fois au-delà de mes espérances. D’ordinaire, nos comiques de l’antenne changent plus ou moins d’avis à chaque jeu perdu ou gagné de leurs poulains. Des autres aussi d’ailleurs, mais c’est moins amusant. Là, c’était carrément à chaque coup de raquette.

C’est ainsi que Gaël a alternativement passé, entre revers perdu et coup droit gagné, que ce fut contre l’Espagnol ou le Suisse, de dilettante lent au démarrage et en manque flagrant de préparation, à fantastique compétiteur au talent exceptionnel et aux jambes de guépard. La première impression l'a finalement emporté, mais à cet instant, après le Gasquet nouveau, on avait le Monfils nouveau. C’est dire si la légende avait de quoi se faire du souci pour tenir le choc contre la terreur tricolore.  

Histoire de me montrer juste, je noterai toutefois que Rodgeur, à la veille d’affronter le scintillant showman, était vaguement rentré en grâce auprès de ses détracteurs, dont le pire de tous Patrick Mouratoglou, dans le talk show de Leconte. Le vipérin s’est en effet fendu de quelques compliments à l’égard du phénix. Bon gré mal gré, toutefois. Je remarquais bien que ça lui écorchait un chouïa la bouche. Pour ne pas avoir à recommencer d’ailleurs, il n’est simplement pas venu à l’émission mardi soir… 

Cela dit, côté info, la plus naze de ces deux jours, c’est à la TSR que je l’ai entendue. De la part de Rossier, qui n’a vraiment rien à envier à ses collègues hexagonaux. Jugez plutôt. Drôlement au courant des événements sur le Central, il nous annonce la venue sur le court du kiné pour ce malheureux Simon qui, mené 1-4 dans son troisième set contre Soderling. Il n’est pas bien et ça se voit, précise en substance et le plus sérieusement du monde l’ineffable Jean-Marc.    

Or non seulement Gilles se portait comme un charme puisque dès cet instant il a réussi à emmener son adversaire dans un tie-break, mais si le toubib a rappliqué, c’était juste pour soigner une ampoule ou deux à la mimine du Viking. Plus folklorique, tu regardes  Secret Story…

 

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30/05/2011

Roland Garros: Federer attention, le Monfils nouveau arrive!

Comme ils n’en ratent pas une, les commentateurs  français s’étonnaient, au terme des huitièmes de finale qu’il n’y ait plus que deux  Espagnols en lice pour la palme, alors qu’ils étaient quatorze au départ. Dans le même temps ils ne trouvaient absolument pas bizarre qu’il ne demeurât que trois Français au même stade, tandis qu’ils étaient, eux, partis à trente-deux…

Au contraire ils se tapaient follement sur le ventre à ces exploits formidables. C’est dire si j’attendais avec curiosité de les entendre étaler leur science, que ce soit sur Eurosport ou France 2, pendant le match de Monfils, qui devait donc terminer d’en découdre avec David Ferrer pour une place en quarts de finale, synonyme d’affrontement avec Federer.

J'avoue que ce fut au-delà de mes espérances. D’ordinaire, nos comiques de l’antenne changent plus ou moins d’avis à chaque jeu perdu ou gagné de leurs poulains. Des autres aussi d’ailleurs, mais c’est moins amusant. Là, c’était carrément le retour de veste à chaque coup de raquette.

C'est ainsi que Gaël, séché 1-6 dans la quatrième manche, a alternativement passé, entre revers perdu et coup droit gagnant, de dilettante en manque flagrant de préparation à fantastique compétiteur au talent exceptionnel. Bref après le Gasquet nouveau, voici le Monfils nouveau. Espérons qu’il sera plus champagne que piquette…

Ses potes analystes du tamis n’en doutent pas. Pour eux, il s’est révélé d’autant plus stupéfiant qu’il a battu le numéro 3 mondial sur terre, autre Demolition Man après Nadal et Djokovic, redevenant ainsi l’un des plus grands joueurs du monde. Autant dire que la légende a du souci à se faire pour tenir le choc face au scintillant showman.

Encore que Rodgeur soit un peu rentré en grâce auprès de ses détracteurs, dont le pire de tous Patrick Mouratoglou, dans le talk show de Leconte. Le vipérin s’est fendu de quelques compliments à l’égard du maestro. Bon gré mal gré. Je remarquais bien que ça lui écorchait la bouche. Et je n’ose penser à la vengeance du serpent si d’aventure Monfils nous écorne le mythe.  

Mais l’info la plus naze, c’est quand même à la TSR que je l’ai entendue. De la part de Rossier, qui n’a vraiment rien à envier à ses collègues hexagonaux. Jugez plutôt. Drôlement au courant des événements sur le Central, il nous annonce la venue sur le court du kiné pour ce malheureux Simon qui, mené 1-4 dans son troisième set contre Soderling, n’est pas bien et ça se voit, dit en substance l'ineffable Jean-Marc.    

Or non seulement le Français se portait mieux qu'un charme puisque dès cet instant il a emmené le Suédois dans un tie-break, mais surtout, si le toubib a rappliqué, c’était juste pour soigner une ampoule ou deux à la mimine du Suédois. Plus folklorique, tu regardes  Secret Story…

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29/05/2011

Roland Garros: merci quand même, Djoko...

images[6].jpgIl doit bien servir, rester près de sa ligne, monter au filet, jouer relâché, aller chercher le break et c’est quasiment dans la poche pour lui. Tellement qu’il est fort le Gasquet nouveau dont ses compatriotes nous rebattent les oreilles depuis le début du tournoi.

L’ennui, c’est qu’il a perdu contre Djokovic, comme l’imaginaient évidemment tous les observateurs non français avant la rencontre. Mais il ne repart pas vraiment en vaincu, figurez-vous. A entendre l’inénarrable Monfort,  Richard a montré un tel niveau de jeu que le Serbe mis à part,  il aurait battu en huitièmes tous les joueurs les doigts dans le nez.   

Mais ce cher Nelson n’est pas le seul à proférer de telles sottises. Selon les commentateurs et consultants du cru genre Arnaud Boetsch, la joie de Novak à la fin de la rencontre prouvait à quel point il était soulagé d’avoir franchi un sacré cap Porte d’Auteuil,  en se sortant de ce terrifiant match piège.  

C’est dire si selon eux il avait les chocottes à l’idée d’affronter le Biterrois, montant crânement à l’assaut. Ben voyons. Certes Nole, en gentil garçon qu’il est, a rendu poliment hommage au talent de son adversaire du jour.  Mais j’avoue que personnellement j’ai vu le plus souvent le Bleu balloté d’un coin à l’autre, quand il n'était pas carrément dans les bâches tant il se tenait loin de sa ligne de fond.

De toute façon, il m’a suffi de constater la perte de son service d’entrée de jeu pour me dire que c’était cuit pour lui. A instar d’ailleurs de Wawrinka, qui a connu les mêmes déboires contre un super Federer, plus aérien qu’un danseur, se mélangeant juste un chouïa les pinceaux pour le suspense dans la troisième manche. Il est d’ailleurs intéressant de noter que le Serbe et le Suisse ont chacun gagné leur match en 1h47 et trois sets, ne laissant que dix jeux à leur adversaire.

Certes, cela m’embête un peu que Nole soit sur le point non seulement égaler mais de battre le record de victoires de rang de McEnroe. En même temps je lui voue une infinie gratitude pour s’être débarrassé de Gasquet. Déjà qu’on en prend depuis 28 ans avec la victoire de Noah, je ne sais pas si vous imaginez le tintouin dans l’Hexagone, si d’aventure un Frenchie avait mis un terme à l’invincibilité de l’express de Belgrade!

Qui va à l’évidence se retrouver en demi-finale, étant donné l’état comateux dans lequel l’Italien Fognini va pénétrer sur le court suite à son marathon de cinq heures contre l’Espagnol Montanes. Du coup, au cas où Nadal atteindrait la finale, il ne pourra compter que sur Monfils, Ferrer ou Federer pour espérer échapper aux griffes de Dracula.  

 

 

 

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28/05/2011

Roland Garros: quand les Français communient...

Novak-Djokovic[1].jpgQu’est-ce qu’on n’a pas entendu de la part des spécialistes de la raquette avant le match Djokovic-Del Potro! L’affrontement de derrière les fagots, la super affiche du jour, le duel des titans, sinon la finale avant l’heure. Avec Juan Martin faisant figure d’épouvantail et devenant le seul joueur du circuit à pouvoir mettre le redoutable Novak en difficulté. Voire carrément le battre.

Résultat, un non match, une absence totale de bagarre, en résumé la rencontre la moins intéressante de ce samedi, bouclée en deux petits sets minables après ceux déjà joués la veille et qu’aucune chaîne n’avait daigné nous montrer.

Du coup, le formidable suspense s'est mué en chronique d'une défaite attendue. Et ceux qui voyaient le monolithe croisé avec un obélisque faire dérailler l’express de Belgrade ont commencé à raconter que l’Argentin était encore convalescent, récapitulant dans la foulée ses ennuis de santé, ses soucis de hanche et son manque flagrant de compétition.

J'avais pourtant relevé la chose, tant j’étais sûre que l’asperge de Tandil n’était pas mûre et que le Dracula serbe n’aurait même pas à montrer les dents pour saigner son adversaire. Raison pour laquelle je vous conseille d’arrêter la télévision et de reprendre une activité normale dès que les ravagés du caquet jamais rabattu prennent possession de l’antenne, plus particulièrement celle d’Eurosport.  

Parce que ce sont les mêmes qui imaginaient Tipsarevic bousculer Federer et Antonio Veic, 227e à l’ATP poser des problèmes à Nadal. Et cela sous le fallacieux prétexte que le nobody avait terrassé Davydenko, l’un des ténors du circuit selon nos experts à la noix. A ce moment-là, bien entendu. Car suite à la déculottée prise par le Croate face au pitbull, le Russe a soudain passé du statut de grand du tamis à celui de vieux machin rabougri et vieillissant. J’exagère à peine.   

A part ça, nos bavards impénitents ont trouvé une raison biblique aux succès divins de Marion Bartoli et surtout de Richard Gasquet, qui aura donc la lourde tâche de tenter à son tour de contester la suprématie de Djokovic: la nouvelle et fervente communion entre eux et le public. Il ne reste donc plus aux fidèles de Roland Garros qu’à continuer à partager le pain et le vin avec leurs compatriotes qui ont si faim et soif de victoires. Histoire de les mener vraiment vers les sommets…     

 

 

 

  

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27/05/2011

Roland Garros: Wawrinka l'a fait, porté par Rosset!

01758329-a82821c68e9d3dd2c834560a94adac3d[1].jpgAlors là, j’en suis comme deux ronds de flan. Non seulement et contre toute attente Wawrinka se retournait comme une fusée dans l’espace contre Tsonga, mais en plus Rosset l’avait prédit sur les ondes de la TSR. Certaine que c’était cuit dès le premier point, je rigolais doucement en écoutant le grand Marc répéter au contraire avec force qu’il fallait y croire jusqu’au dernier. Et cela tandis que le Vaudois oscillait dangereusement au bord du précipice dans la troisième manche après avoir perdu les deux premières.  

Je me trompais lourdement. Dommage toutefois que le parcours du brave Stan doive s’arrêter en huitièmes, étant donné qu’il aura du mal à tuer le grand frère. Reste que c’était proprement inimaginable ce renversement de vapeur. Il est vrai que j’avais vu l'homme revenir également de nulle part il y a quelques mois. Sauf que c’était dans un tournoi mineur, genre Acapulco. Pas à Roland Garros, sur le Central, face à un Français de surcroît.

Certes mollement soutenu par les siens dans les gradins. Mais si Jo-Wilfried n’a pas trop pu compter sur les spectateurs pour le porter vers le succès, les experts de la raquette tricolore, eux, l’encensaient depuis avant la rencontre. Caressant l’idée folle de le voir avancer à pas de géant dans le tournoi, certains n’étaient pas loin de penser que dans le fond, le Manceau était même en mesure de la gagner, cette édition 2011!

Mais il faut davantage que le nouveau revers mortifiant d’un poulain pour les décourager (les Bleus ne sont donc plus que quatre en course sur les trente-deux partants), alors qu’ils ont un pur-sang sous la main. Eh oui, Gasquet. Encore plus en cour que son compatriote, le Biterrois fait carrément figure d’extraterrestre après sa victoire, forcément somptueuse, contre le Brésilien Thomas Bellucci. Allez, je passe pour cette fois sur le fantastico-fabulo-géniallissimo revers d’exception de Richard le conquérant…

De toute façon, faute de grive éventuelle, nos chers voisins se délecteront de merle. Déjà prêts à trouver toutes les qualités du monde à la raquette féminine grâce au quasi exploit de Caroline Garcia, ils la défendent becs et ongles suite au triomphe de Bartoli. Qui, montée sur roulement à billes, a fini par dicter sa loi à la jeune Allemande Julia Goerges, émergeant péniblement d'une entame de jeu dantesque.

Et comme Clijsters, Stosur et Wozniacki se sont respectivement laissé pitoyablement atomiser par une débutante et deux revenantes, voilà que nos amis tricolores, continuant à échafauder fiévreusement des plans sur la comète, imaginent une voie royale s’ouvrir à Marion pour la conquête du Graal.

Heureux les simples d’esprit, car le Royaume des Cieux est à eux. A défaut de la Coupe des mousquetaires…  

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26/05/2011

Roland Garros: le complexe du compatriote

images[6].jpgPour la seconde fois, Nadal plie mais ne rompt pas. Après avoir lutté pendant quatre heures et cinq sets contre l’Américain John Isner, il a fallu plus de trois heures au pitbull pour venir à bout de son pote Pablo Andujar, à deux doigts de le pousser dans une quatrième manche.

Mais rien à faire. Le picador de Manacor, sauvant huit balles décisives dans la troisième, s'adjugeait à son habitude les oreilles et la queue, son malheureux adversaire étant rattrapé, comme tous les autres Ibères, par le complexe du compatriote.

C’est d’ailleurs également ce qui arrive dans l’immense majorité des cas à Stanislas Wawrinka, quasiment incapable de terrasser Federer. Ou à Tipsarevic et Troicki, qui ne parviennent pas à s’imposer face à Djokovic. Quand ils ne déclarent pas forfait en tombant contre lui, pour faciliter la tâche de leur redoutable chef de file…

L’intéressé  doit se frotter les mains en considérant l’extrême difficulté de son principal rival à s’imposer sur l’ocre parisien, sa terre de prédilection de surcroît. Alors que pour lui, c’est au contraire cadeau. Un Néerlandais poussif au premier tour et un Roumain diminué au second, forcé de jeter l’éponge pour cause de blessure à la cuisse.

Il y aura peut-être pire. Tout le monde pense, ou espère, que le Dracula serbe pourrait très éventuellement rencontrer quelques problèmes dans son affrontement avec Del Potro. Pourtant on murmure que l’Argentin serait toujours en délicatesse avec une hanche. Indécent, un pot pareil. Et surtout fastoche, dans ces conditions, d’aligner les victoires pour battre le record de McEnroe dans un fauteuil. Remarquez, cela n’empêchera pas le gotha du tamis d’en baver des ronds de chapeau.

A part ça, c’est fou ce que le tennis féminin, plus vilipendé que jamais après la défaite de Kim Clijsters était soudain devenu passionnant jeudi après-midi. Du moins pour les Français, puisque leur nouveau joyau, Caroline Garcia, a frisé l’exploit en dominant Sharapova pendant un set et demi. A 17 ans et des poussières, vous imaginez l’exploit! Juste en passant, je rappelle que Martina Hingis était numéro un mondiale à pratiquement douze mois de moins...

Mais bref, Rafa et Maria, même combat. La Russe, encore plus bousculée que son collègue masculin, n’allait pas se laisser marcher sur les pieds par l’orchidée noire hexagonale, bien que  celle-ci eût déclaré qu’elle allait gagner Roland Garros dans deux ans. Sinon, pourquoi pas, cette année. Prétentieuse la gamine, me direz-vous. Ce n’est pas l’avis de ses concitoyens, qui ne voient là qu’une saine ambition. Chauvinisme, quand tu nous tiens…

 

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24/05/2011

Roland Garros: l'ogre de l'ocre frise le code

tennis-balles.jpgPendant un instant, on eût pu croire à une deuxième sensation Porte d’Auteuil. Après la défaite calamiteuse du Tchèque Thomas Berdych, surtout face au Français Stéphane Robert, 140e au classement et donc sorti des qualifications, l’ogre de l’ocre était mené deux sets à un Porte d’Auteuil, par un géant américain à tête de bébé montré en graine.  

 

D’accord, si j’en ai caressé l’idée,  je n’ai jamais vraiment imaginé un revers ibère. Il n’empêche qu’il a quand même fallu quatre heures à Nadal pour venir laborieusement à bout d’Isner. Du coup, menacé d’un coup de tonnerre, il a mis a mis genou en terre à la fin de la partie, fait sans doute rarissime lors d’un premier tour à Roland Garros. Tandis que tonton Toni, nettement moins impassible que d’ordinaire, poussait un grand ouf de soulagement.

 

Au vu de la prestation du neveu d’ailleurs, ce n’était dans le fond pas si difficile pour Djokovic, dont on ne cesse d’encenser l’incroyable talent depuis quelques mois, de battre le pitbull de Manacor en finale à Rome, puis à Madrid. Sans oublier Indian Wells et Miami. Et si le taureau ne se reprend pas, l’express de Belgrade n’aura peut-être pas à attendre la fin du tournoi parisien pour devenir numéro un mondial. A moins que lui aussi se laisse surprendre par l’asperge argentine Juan Martin Del Potro au troisième tour.

 

Voilà en tout cas qui va donner du grain à moudre à l’insupportable et prétentieux entraîneur tricolore Patrick Mouratoglu. Va-t-il autant gloser sur un hypothétique déclin de Rafa que sur la dégringolade, désormais acquise pour lui de Federer, dans l’émission d’Eurosport «Avantage Leconte»? A son habitude depuis 2008, il a méchamment taclé un Rodgeur peinant à se remuer. C’est tout juste si, à son avis, le Suisse n’avait pas besoin d’un déambulateur pour se déplacer sur le court, en dépit de sa victoire somme toute facile sur Lopez.

   

Avec son distingué aréopage, il s’est ensuite extasié éperdument sur le talent exceptionnel de l’extraordinaire Gasquet, ce surdoué de la raquette au bras fantastique dont le  moindre geste fut savamment décortiqué. Du coup Smaïn, invité lambda dans le domaine mais lèche-bottes en diable, s’ébahissait de tant de savoir tennistique et qualifiait carrément ses interlocuteurs de «scientifiques». Ravis du compliment, les intéressés opinaient modestement du chef. A commencer par Riton. Vous avez dit pathétique?

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22/05/2011

Festival de Cannes: Terrence Malick Palme d'Or, comme prévu

Une bonne demi-douzaine de films pouvaient prétendre cette année à la Palme d’Or. Sauf qu’elle était destinée à Terrence Malick depuis la sélection de L’arbre de vie (The Tree Of  Life) en compétition. Le maestro l’a donc logiquement obtenue lors de la cérémonie de clôture de la 64e édition du Festival de Cannes présidée par la charmante Mélanie Laurent. Le cinéaste n’a bien entendu pas daigné venir la chercher.

 

Malick tourne autour d’un tragique événement  familial dans le Texas des années 50 pour nous emmener dans un trip halluciné et hallucinant. Une Odyssée 2011 où l’auteur questionne la vie, l’origine du monde, l’histoire de l’humanité, tout en filmant la nature et ses éléments déchaînés. Une symphonie poético-délirante formellement parfaite avec des images d’une fulgurante beauté. Mais bon…

 

A l’image du peu téméraire jury, de nombreux critiques avaient audacieusement prévu la chose… Ce n’était toutefois pas mon choix, comme le reste du palmarès d’ailleurs, à une exception près. Mais peu importe, encore une fois c’est le jury qui dispose. Et en gros beaucoup de films cités dans ma chronique précédente se retrouvent primés, plus ou moins dans le désordre.

 

Un double Grand Prix

 

Outre la Palme, Robert De Niro et ses jurés ont décerné leur Grand Prix à deux films: Le gamin au vélo des frères Dardenne  qui font quand même l’événement dans la mesure où ils n’ont jamais quitté la compétition cannoise sans une médaille. L’autre a été remporté par Il était une fois l’Anatolie, du Turc Nuri Bilge Ceylan, dernier prétendant en lice. Pendant près de 2h30 la police judiciaire et deux suspects recherchent, au milieu des steppes, le corps de la victime d’un meurtre. Dur, dur pour les non cinéphiles.

 

Presque une surprise, le Prix de la mise en scène a été décerné au Danois Nicolas Winding Refn, pour Drive, l’histoire d’un cascadeur, pilote hors pair au service de la mafia la nuit. Jusqu’au jour où  un braquage tourne mal et l’entraîne dans une poursuite infernale avec meurtres à la clé. L’auteur le mérite, tout comme Maïwenn, qui décroche le Prix du jury avec Polisse, immersion brutale et passionnante chez les flics de la Brigade des mineurs. J’espère que la réalisatrice en larmes a retrouvé sa respiration.

 

Un petit et un gros couac

 

Les candidats se bousculaient au portillon pour l’interprétation masculin. C’est Jean Dujardin qui l’a reçu des mains de Catherine Deneuve,  pour son excellente prestation dans le muet en noir et blanc de Michel Hazanavicius The Artist. Sa joie faisait plaisir à voir « On m’a dit d’en profiter, j’en profite. Merci Michel, depuis que je tourne avec toi, je ne fais que des films de gosse où je m’éclate…»

 

Côté féminin, la médaille est allée à Kirsten Dunst, l’une des deux héroïnes de Melancholia, de Lars Von Trier. Tant mieux pour elle, mais j’avoue regretter infiniment qu’il ait échappé à Tilda Swinton, formidable interprète d’Eva, la femme qui n’aime pas son enfant dans We Need To Talk About Kevin.

 

Question couac, il est vrai qu’il y a eu nettement pire. Il a fallu que l’Israélien Joseph Cedar rafle le prix du scénario grâce à Footnote, le film le plus mauvais et le plus ennuyeux du concours, avec un père et son fils qui s’affrontent autour de l’enseignement du Talmud. A croire que le jury voulait en quelque sorte réparer les inqualifiables propos antisémites du trublion danois. C’est d’autant plus rageant qu’Aki Kaurismäki ou Pedro Almodovar sont repartis les mains vides.

 

Vingt-deux, voilà les femmes!

 

Deux mots encore pour clore cette édition, piratée par le crapoteux épisode de New York Unité spéciale avec DSK dans le rôle principal, jusqu’à ce que Lars Von Trier fasse des siennes. Et réussisse à devenir, avec son faible pour Hitler et sa détestation d’Israël,  le premier excommunié de la Croisette.

 

Un record donc. Dans le genre pourtant, il y a beaucoup mieux: le nombre de femmes derrière la caméra. Sur les 86 longs-métrages proposés toutes sections confondues, elles étaient vingt-deux, dont quatre dans la plus prestigieuse, la compétition. Jamais elles n’ont été aussi représentées. Pourvu que ça dure.

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Festival de Cannes: Terrence Malick Palme d'Or, comme prévu

Une bonne demi-douzaine de films pouvaient prétendre cette année à la Palme d’Or. Sauf qu’elle était destinée à Terrence Malick depuis la sélection de L’arbre de vie (The Tree Of  Life) en compétition. Le maestro l’a donc logiquement obtenue lors de la cérémonie de clôture de la 64e édition du Festival de Cannes présidée par la charmante Mélanie Laurent. Le cinéaste n’a bien entendu pas daigné venir la chercher.

 

Malick tourne autour d’un tragique événement  familial dans le Texas des années 50 pour nous emmener dans un trip halluciné et hallucinant. Une Odyssée 2011 où l’auteur questionne la vie, l’origine du monde, l’histoire de l’humanité, tout en filmant la nature et ses éléments déchaînés. Une symphonie poético-délirante formellement parfaite avec de belles images. Mais bon… En l'occurrrence, le jury a plutôt décidé de consacrer l'icône que son oeuvre.

 

De nombreux critiques avaient audacieusement prévu la chose… Ce n’était toutefois pas mon choix, comme le reste du palmarès d’ailleurs, à une exception près. Mais peu importe. Et en gros beaucoup de films cités dans ma chronique précédente se retrouvent primés, plus ou moins dans le désordre.

 

Un double Grand Prix

 

Outre la Palme, Robert De Niro et ses "champignons" (comme il a appelé comiquement ses "compagnons" dans un français balbutiant)ont décerné leur Grand Prix à deux films: Le gamin au vélo des frères Dardenne  qui font quand même l’événement dans la mesure où ils n’ont jamais quitté la compétition cannoise sans une médaille. L’autre a été remporté par Il était une fois l’Anatolie, du Turc Nuri Bilge Ceylan, dernier prétendant en lice. Pendant près de 2h30 la police judiciaire et deux suspects recherchent, au milieu des steppes, le corps de la victime d’un meurtre. Dur, dur pour les non cinéphiles.

 

Presque une surprise, le Prix de la mise en scène a été décerné au Danois Nicolas Winding Refn, pour Drive, l’histoire d’un cascadeur, pilote hors pair au service de la mafia la nuit. Jusqu’au jour où  un braquage tourne mal et l’entraîne dans une poursuite infernale avec meurtres à la clé. L’auteur le mérite, tout comme Maïwenn, qui décroche le Prix du jury avec Polisse, immersion brutale et passionnante chez les flics de la Brigade des mineurs. J’espère que la réalisatrice en larmes a retrouvé sa respiration.

 

Un petit et un gros couac

 

Les candidats se bousculaient au portillon pour l’interprétation masculin. C’est Jean Dujardin qui l’a reçu des mains de Catherine Deneuve,  pour son excellente prestation dans le muet en noir et blanc de Michel Hazanavicius The Artist. Sa joie faisait plaisir à voir « On m’a dit d’en profiter, j’en profite. Merci Michel, depuis que je tourne avec toi, je ne fais que des films de gosse où je m’éclate…»

 

Côté féminin, la médaille est allée à Kirsten Dunst, l’une des deux héroïnes de Melancholia, de Lars Von Trier. Tant mieux pour elle, mais j’avoue regretter infiniment qu’il ait échappé à Tilda Swinton, formidable interprète d’Eva, la femme qui n’aime pas son enfant dans We Need To Talk About Kevin.

 

Question couac, il est vrai qu’il y a eu nettement pire. Il a fallu que l’Israélien Joseph Cedar rafle le prix du scénario grâce à Footnote, le film le plus mauvais et le plus ennuyeux du concours, avec un père et son fils qui s’affrontent autour de l’enseignement du Talmud. A croire que le jury voulait en quelque sorte réparer les inqualifiables propos antisémites du trublion danois. C’est d’autant plus rageant qu’Aki Kaurismäki ou Pedro Almodovar sont repartis les mains vides.

 

Vingt-deux, voilà les femmes!

 

Deux mots encore pour clore cette édition, piratée par le crapoteux épisode de New York Unité spéciale avec DSK dans le rôle principal, jusqu’à ce que Lars Von Trier fasse des siennes. Et réussisse à devenir, avec son faible pour Hitler et sa détestation d’Israël,  le premier excommunié de la Croisette.

 

Un record donc. Dans le genre pourtant, il y a beaucoup mieux: le nombre de femmes derrière la caméra. Sur les 86 longs-métrages proposés toutes sections confondues, elles étaient vingt-deux, dont quatre dans la plus prestigieuse, la compétition. Jamais elles n’ont été aussi représentées. Pourvu que ça dure.

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21/05/2011

Festival de Cannes: à qui la Palme d'Or 2011?

Dernière célébrité à attirer la grande foule sur la Croisette, Sean Penn. Alors que Terrence Malick lui avait réservé un rôle mineur dans L’arbre de vie, il porte sur ses épaules le film de Paolo Sorrentino, This Must Be the Place, un titre tiré d’une chanson des Talking Heads.

Deuxième réalisateur italien en compétition avec Nanni Moretti, Sorrentino a choisi Sean Penn pour incarner une ex-star du rock au bout du rouleau et au bord de la déprime. Looké Robert Smith des Cure mâtiné de Marilyn Manson, le comédien maquillé à outrance, coiffé pétard, affligé d’une sciatique, d’une démarche traînante de petit vieux et d’une voix atone de bébé , Cheyenne a tout de l’ectoplasme sous sédatif.

A la faveur d’une traque au bourreau nazi de son père qui vient de mourir, il entreprend un voyage à travers les Etats-Unis. Périple en forme de réparation de l’humiliation paternelle qui le fera enfin parvenir à l’âge adulte. Insolite, parfois drôle, ce road-movie n’est toutefois pas de nature à changer les pronostics des critiques. On ne voit pas non plus les deux derniers films encore en concours bouleverser la donne.

Entre Terrence Malick, Aki Kaurismäki et les Dardenne

Si l’on considère le nombre de palmes distribuées par la presse tricolore dans «Le film français», c’est L’arbre de vie de Terrence Malick qui décroche la timbale avec une demi-douzaine d’entre elles. The Artist, le muet en noir et blanc de Michel Hazanavicius en récolte cinq, tandis que Polisse de Maïwenn en obtient quatre.

Au-delà de ce trio de tête, on trouve Le gamin au vélo des frères Dardenne, Le Havre d’Aki Kaurismäki, ainsi qu’ex-aequo La Piel que habito de Pedro Almodovar et Melancholia de Lars Von Trier. Celui qui divise le plus, provoquant autant d'admiration que de détestation, c'est Drive, du Danois Nicolas Winding Refn. Qui a par ailleurs taclé son compatriote Lars Von Trier pour ses propos "inacceptables". A l'actif de l'opus montrant un jeune solitaire qui joue au cascadeur le jour et pilote son bolide la nuit pour des truands, une mise en scène vrtuose et le comédien Ryan Gosling. Sulfureux, il rappelle un peu Steve McQueen et Clint Eastwood. A son débit, de complaisantes explosions d'une rare violence.

On touille un peu l’ensemble pour retrouver plus ou moins les mêmes dans la revue «Screen», qui regroupe les avis de la presse internationale. Nous avons donc Le Havre en tête, talonné par Le gamin au vélo, puis à égalité The Artist et L’arbre de vie précédant Melancholia et We Need To Talk About Kevin de Lynne Ramsey. Le mal aimé c’est L’Apollonide, souvenirs de la maison close, de Bertrand Bonello.

Mon palmarès complet

Des pronostics que je partage. Mais voici mes favoris pour les différents prix :
Palme d’Or : Le gamin au vélo des frères Dardenne
Grand prix du jury: Le Havre d’Aki Kaurismäki
Mise en scène: Melancholia, de Lars Von trier
Scénario: La piel que habito, de Pedro Almodovar
Prix du jury: ex-aequo Polisse de Maïwenn et The Artist de Michel Hazanavicius
Interprétation masculine: Thomas Doret dans Le gamin au vélo
Interpréptation féminine: Tilda Swinton dans We need To Talk About Kevin

Le président Robert De Niro et ses complices nous donneront-ils raison? Rien n'est moins sûr. Comme on dit dans ces cas-là, le critique propose et le jury dispose. Verdict dimanche soir.

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