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31/05/2010

Et Federer risque de tout perdre contre Söderling

 

A Roland Garros, ça va se jouer entre Nadal, la terre et moi, avait déclaré en substance Federer avant le début des hostilités sur l’ocre parisien. Un rien présomptueux, je trouve, même si jusqu’ici  Sa Grâce n’a pas tremblé, se qualifiant même très gracieusement pour les quarts. Notamment dimanche contre Wawrinka. Mais force est de reconnaître qu’avant Stanislas, porté aux nues par certains ingénus, le phénix n’avait pas d’adversaire et que ce fut rebelote face au Vaudois qui s’est surtout montré performant dans le fracassage de sa raquette en galvaudant le deuxième set.  

D’où mon inquiétude grandissante à quelques heures de la rencontre du tsar de tous les tamis avec Söderling.  Certes le Bâlois, qui a remporté haut la main leurs douze confrontations, se réjouit follement de la treizième. Mais, os dans le caviar, Robin me paraît autrement plus dangereux que lors de la finale de 2009, où il s’était lamentablement  écrasé, après avoir  largement contribué au succès annoncé de Rodgeur, en écartant opportunément  Nadal  de son chemin.  

Du coup, il n’est pas exclu que le Suédois, prompt à atomiser brutalement ses opposants un à un Porte d’Auteuil, parvienne également à surclasser le roi. Qui dès lors risque de tout paumer.  Le match, sa couronne et, subséquemment,  sa possibilité de battre le record de  Sampras avec ses 286 semaines au sommet de la raquette mondiale.  L’horreur absolue quand on sait à quel point le maestro aime ça.

Vous me rétorquerez que le taureau de Manacor doit encore gagner le tournoi pour qu’on assiste à ce sinistre scénario. Mais (et là je persiste en signe en dépit des commentaires peu flatteurs que m’a valu cette prise de position vulgairement commune), l’Ibère ayant eu la voie encore plus royale que celle de l’Helvète jusqu’en quarts, c’est quasiment dans la poche.

 En effet, où sont ses compatriotes qui, selon les fines analyses des experts, devaient lui barrer la route le couteau entre les dents ? Un seul finalement se dresse devant lui et pas le plus redoutable puisqu’il s’agit d’Almagro. La victoire du pitbull me paraît donc tellement inéluctable qu’à la limite je me demande quel est l’intérêt de faire jouer le match!

Un petit mot pour terminer sur les malheureux Français. Déjà qu’ils ne sont pas bien doués, si en plus ils se blessent. A l’instar de Jo-Wilfried Tsonga, que ses compatriotes voyaient atteindre le dernier carré les doigts dans le nez. Ainsi qu'Aravane Rezai chez les filles suite à son triomphe madrilène. En réalité, plus acharnés que jamais à exhiber leurs lacunes, les Bleus nous ont rejoué le Cid à leur manière. Ce qui nous donne ceci:

Ils partirent plus de trente mais manquant de ressort,
ils plongèrent hélas tous  à mi-chemin du port
Mais il faut dire que face à tant de cafouillage,
Ce n'est guère étonnant qu'il y ait eu naufrage...

21:20 Publié dans Les pieds dans le plat | Lien permanent | Commentaires (5) | |  Facebook | | | | Pin it! |

Commentaires

Chère Edmée,
Avec les filles nous avons eu un déferlement de mauvais goût : Venus William en nuisette montrant au public son arrière-train aussi volumineux que celui d’un cheval de trait. Quant à Aravane Rezai en danseuse de cabaret elle nous fit une présentation de la haute couture hexagonale dans toute sa splendeur.
Vivement le tournoi de Wimbledon !

Écrit par : Hypolithe | 01/06/2010

De Roncevaux à Garros, Roland se porte bien!...Et Roger aussi

Écrit par : PIGA | 01/06/2010

Se mesurer au Cid, qui t'a rendue si vaine?
Toi qu'on ne voit en fait pondre que des fredaines

Écrit par : Racine | 01/06/2010

Toi qu'on n'a jamais vu pondre que des fredaines

est mieux, finalement...

Écrit par : Racine | 01/06/2010

Il faut savoir raison garder: dans le match remporté par Soederling, il y a eu 124 points gagnés par Soederling, contre 121 par Federer.

Nous nous situons donc au niveau de l'erreur statistique.

Un magazine scientifique américain avait d'ailleurs, par le passé, fait des simulations de score en supposant des joueurs absoluement identiques. La façon de compter les points au tennis fait exploser les différences, y compris lorsqu'elles ne sont que sur 1 pour cent. On sait d'ailleurs bien qu'il est tout à fait possible de remporter un match en ayant gagné moins de points!


Du coup, il est inutile de discuter ce résultat, qui ne signifie rien de réel.

La chose serait différente par contre si nous avions, disons, 5 pour cent de différence en nombre de points gagnés.


A terme, il serait intéressant que le tennis adopte un système de comptage des points civilisé.

Écrit par : antoineb | 02/06/2010

Les commentaires sont fermés.