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Cuvée 1981: trois arbres qui cachent la forêt

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C’est assez mesquin, je l’avoue. Mais Murray m’ayant montré le chemin en quittant à nouveau précipitamment le bal à Monte-Carlo, ma principale préoccupation, sinon la seule, consistait à espérer une chute également précoce de Nadal, et surtout de Djokovic. Histoire évidemment de tenir les dauphins aussi éloignés que possible du souverain avant Roland Garros.
Inutile de préciser que mes illusions de voir le plus dangereux des deux plier prématurément, en huitièmes de finale par exemple, se sont vite envolées en constatant qu’incombait à Wawrinka la lourde tâche d’envoyer le Serbe au tapis.
En dépit de ses six victoires consécutives, dont la quatrième lui a permis d’enlever au passage le tournoi de Casablanca, je savais en effet que Stanislas, même dans cette superforme dont certains ne cessent de s’ébaubir, allait inéluctablement saboter sa mission.
A l’image des Aigles de McSornette. Les Genevois auront beau se repayer éventuellement la peau de l’Ours aux Vernets ce soir, il est déjà écrit qu’ils ne prendront pas l’ascenseur. Une désespérante fatalité qui ne tient malheureusement pas uniquement au fait que les redoutables plantigrades bernois ont l’avantage de la glace.
Bref, Wawrinka-Grenat, patatras. Et pour en revenir à la piteuse défaite du numéro un vaudois, elle devrait doucher les folles certitudes de ceux qui, par la grâce des exploits historico-légendaires de Federer, Amman et Cancellara, imaginent que l’Helvétie est désormais devenue une pépinière inépuisable de champions planétaires.
D’accord, pour un tel minipays, il y a du surnaturel dans ce trio exceptionnel, fantastique cuvée 1981 de surcroît si vous ne l’aviez pas remarqué. Mais l’excellence de chacun reflète surtout une cruelle évidence. Rois sans descendance dans le tennis, le vélo ou le saut à skis, ils ne sont en réalité que les arbres qui cachent la forêt.
L’homo helveticus de base peut ainsi dormir sur ses deux oreilles. Rien à craindre pour son système immunitaire, ses compatriotes étant loin de se laisser contaminer par le virus des succès à répétition tous azimuts. Et ce n’est pas parce que les Servettiens de Magic Pishyar viennent par hasard de nous en aligner une série, que ça va changer la donne.
Côté foot, vous connaissez probablement la dernière de Domenech. Au cas où les Bleus ne pigeraient pas que l’équipe l’emporte sur leur petite personne, le coach est donc prêt à abattre l’ego de ses joueurs à coups de fusil! Inénarrable Raymond. Je ne vous raconte pas la taille du bazooka pour parvenir à supprimer le sien…

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