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Piccoli fait son cinéma

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"Cette petite personne est Belge. Mais elle sera bientôt Française, car Sarkozy a décidé d'annexer la Belgique. Je viens de parler avec lui au téléphone. Non, la Suisse n'est pas menacée. Il sera mort avant que vous n'adhériez à l'Europe..."
Michel Piccoli a un large sourire. Le gag à propos de sa jeune partenaire Marie Kremer plaît beaucoup à la conférence de presse. Pareil lorsqu'il singe la sensualité de la bouche féminine en grimaçant comiquement, ou reproche à son réalisateur son côté grec et taciturne. Mais n'importe quoi atteint la cible avec cet homme achevant de séduire un public conquis d'avance, qui lui a réservé une salve d'applaudissements pour sa performance dans le film d'Hiner Saleem "Sous les toits de Paris". Inspiré de la terrible camicule de l'été 2003, fatale à des milliers de personnes âgées, il brosse un portrait effrayant de nos métropoles. "Il y a quelque chose qui ne va pas dans nos sociétés occidentales", remarque le cinéaste. "Mais je ne juge pas, je n'ai pas de solution. Je suis juste touché par toutes ces personnes. Qu'il s'agisse des jeunes, célibataires, misérables, au chômage. Ou des vieux. Aussi solitaires les uns que les autres."
Comme Marcel, incarné par Piccoli. Un octogénaire à la fois beau et bouleversant, qui habite une petite chambre de bonne, tout en haut d'un immeuble parisien sordide, sans ascenseur, sans douche, sans toilette. Marcel vit seul mais a deux amis. Thérèse, une vieille serveuse de bar amoureuse de lui et qui lui achète un ventilateur salvateur. Ainsi qu'Amar, avec qui il va chaque lundi se laver à la piscine du quartier.
Tous ces personnages se croisent dans un long métrage quasi muet. Communiquant par des regards, des sourires, un baiser, un effleurement de doigt. "Ca me plaît. Dans la vie et dans les films, on parle beaucoup trop. J'aime être un acteur extrêmement discret. Mais cela ne m'empêche pas d'être poli. S'il y a des questions j'y répondrai", plaisante l'acteur, qui ne cache pas son plaisir de parler longuement de lui, de sa profession, de ses partenaires.
A l'image de Mylène Demongeot, également présente et à qui le film doit beaucoup. Ainsi que Maurice Bénichou. En lice pour le Léopard d'or, "Sous les toits de Paris" a indéniablement sa chance.

Lien permanent Catégories : La griffe du léopard 1 commentaire

Commentaires

  • Ah, Milène Demongeot! Combien d'adolescents de mon âge (à l'époque) a-t-elle fait fantasmer!! Que de souvenirs enflammés!

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