24/05/2013
Festival de Cannes: "La vie d'Adèle" pour une Palme d'or
Contrairement aux stars américaines, le réalisateur franco-tunisien Abdellatif Kechiche qui vivait sa première à Cannes avec son cinquiuème film et ses deux sublimes héroïnes n’avaient pas rameuté la grande foule en conférence de presse.
Et pourtant ce sont bien eux qui nous ont procuré jusqu’ici la plus formidable émotion du festival en nous racontant la plus bouleversante des histoires d’amour vues au cinéma depuis longtemps. Un pur joyau de trois heures qui passent comme un éclair.
La révélation cannoise Adèle Exarchopoulos et Léa Seydoux sont évidemment pour beaucoup dans la réussite de l’œuvre. Elles mériteraient le prix d’interprétation pour leur extraordinaire prestation dans cette torride passion homosexuelle, magnifiquement mise en scène.
Coup de foudre se muant en liaison, puis en rupture sur fond d’éducation, de transmission, ce film toujours vrai, juste, sous tension érotique extrême, contraste avec la platitude de certains autres prétendants à la Palme d’or. Il est librement inspiré de la bande dessinée de Julie Maroh, Le bleu et une couleur chaude.
On y suit Adèle, une très jolie fille de 17 ans. Exaltée par la lecture de La vie de Marianne de Marivaux, elle sort avec des garçons, mais n’est pas très emballée par une brève aventure avec l’un d’eux. Sa vie de lycéenne bascule alors en rencontrant dans un bar lesbien Emma, un peu plus âgée qu’elle. Adèle succombe follement à cette jeune femme aux cheveux bleus qui veut devenir peintre et lui fait découvrir le désir.
Une confiance aveugle en leur réalisateur
Terrassées, toutes les deux se laissent emporter par l’ivresse et la violence irrépressible des sentiments qui culminent dans de sulfureuses scènes sexuelles, mais dont le côté sculptural des corps et la grâce des visages font oublier la crudité. Un total don de soi de la part des deux actrices, avouant non seulement leur confiance aveugle en Abdellatif Kechiche, mais leur grosse envie de travailler avec lui.
Adèle Exarchopoulos a parfois oublié la caméra tant elle se sentait libre. Ce n’est pas vraiment le cas de Léa Seydoux qui entretient un rapport particulier avec l’objectif. "On a tourné très longtemps et il nous arrivait d’avoir des fous rires. C’était un challenge". Rappelant un rôle osé, elle avouait sa fébrilité à l’idée de voir ces scènes dans la grande salle de l’Auditorium Lumière. "Cela s’est fait dans des conditions particulières, c’était assez éprouvant et cela va provoquer c’est sûr".
De son côté, le cinéaste dédramatise en évoque la notion de jeu. "En plus de la beauté de l’acte en soi, c’est amusant pour des acteurs de jouer quelque chose qui ne leur appartient pas".
Interrogé sur la coïncidence du sujet avec le battage autour de l’égalité des droits et du mariage gay, Kechiche répond que ce contexte politique n’existait pas quand il s’est lancé dans l’aventure de La vie d’Adèle. "Je n’ai pas réalisé un film militant sur l’homosexualité. Mais s’il est vu de cette manière, cela ne me dérange pas".
Serait-il prêt à procéder à des coupes pour le vendre dans des pays qui ont d’autres manières d’aborder l’amour ou le sexe? "Je considère qu’un film sert à exprimer quelque chose d’artistique. On m’a parfois demandé des coupes à cause de la censure. Je n’ai pas envie qu’un film ne soit pas vu à cause d’une scène. Je peux donc faire des compromis".
Cela dit, l'opus est par exemple déjà vendu aux Etats-Unis parfois à cheval sur la morale, mais il n’y a eu jusqu’ici pas une seule demande dans ce sens.
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23/05/2013
Festival de Cannes: "Only God Forgives", en l'absence sur la Croisette de Ryan Gosling
Les fans étaient en pleurs. Impossible de voir le sulfureux sex-symbol. Vedette du dernier long-métrage de Nicolas Winding Refn, auteur du cultissime Drive, Ryan Gosling n’a pu venir à Cannes pour cause de tournage à Detroit. Mais il a écrit un petit mot pour nous consoler. Dans lequel il affirme ne pas pouvoir croire qu’il n’est pas ä Cannes, tout en nous assurant être en pensée avec nous et souhaitant que Dieu le soit aussi. Gentil tout plein ce Ryan.
Plus en tout cas que dans Only God Forgives de son metteur en scène préféré, réalisé en Thaïlande et dédié à Alejandro Jodorovsky et Gaspar Noé. Toujours aussi érotisé, monolithique, distant et carrément mutique, le beau Gosling doit affronter, sous les traits d'un Julian en quête du pardon divin, Chang, un étrange policier à la retraite adulé par les flics du coin.
Nicolas Winding Refn avoue en conférence de presse qu’il était dans une période existentialiste, en colère et qu’il fallait la canaliser. Du coup, il livre une lente, surréaliste, onirique et hypnotique odyssée sanglante en forme de tragédie grecque esthétisée à outrance, qui ne fait pas dans la dentelle. Elle nous réserve même quelques scènes ultraviolentes genre clouage d’un mec dans un fauteuil à qui on crève ensuite les yeux et le tympan. Il ne s’en remettra pas…
Aux côtés de Ryan Gosling, Kristin Scott Thomas offre une version plutôt cauchemardesque de Madonna avec sa perruque blonde, jouant la mère de Julian dans un rôle inédit de garce meurtrière ivre de vengeance. «En principe ce type de film ne me plaît pas du tout. Ce qui m’intéressait, c’était de travailler avec Nicolas qui m’a offert un rôle aussi éloigné de moi que possible», a déclaré l’aristocrate de la pellicule.
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22/05/2013
Festival de Cannes: "La Grande Bellezza" aux accents felliniens
Pour la cinquième fois en compétition à Cannes, Paolo Sorrentino, 43 ans, prix du jury avec Il Divo en 2008, présente La Grande Bellezza, un hommage à la Rome éternelle, où les touristes subjugués se pressent dans la chaleur et la splendeur de l’été.
On y retrouve son acteur fétiche,Toni Servillo (à droite sur la photo), qui traverse tout le film dans le rôle de Jep Gambardella. Avec Michael Douglas, il est actuellement favori des critiques pour le prix d’interprétation.
Ecrivain et journaliste à succès, dandy que l’on s’arrache dans les fêtes et les soirées, le nonchalant Jep se balade dans la ville, promenant un regard désenchanté, désabusé, cynique, mais terriblement lucide sur les aristocrates, parvenus, criminels, acteurs, prélats ou autres artistes. Un petit monde qui s’agite frönéltiquement et vainement dans les palais antiques, les villas luxueuses ou les terrasses dominant le Colisée. Tandis que Jep, auteur frustré d’un seul livre L’appareil humain même s’il lui a valu un prix, se demande s’il va se remettre à écrire, tout en s’accrochant aux souvenirs merveilleux d’un amour de jeunesse.
On aime dans ce film typiquement italien sa beauté visuelle, sa mise en scène fluide, ses accents et ses côtés felliniens, ainsi que sa critique, de la religion à l’art moderne en passant par la politique, des travers d’une société décadente. On regrette en revanche son côté longuet et trop bavard.
Comme "Le passé" d’Asghar Farhadi, "La Grande Bellezza" est déjà à l’affiche dans les salles romandes.
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Festival de Cannes: Michael Douglas et Matt Damon bluffants dans "Ma vie avec Liberace"
Après un petit coup de mou côté superstars, Michael Douglas qui opère son grand retour en compagnie de Matt Damon dans Ma vie avec Liberace, a rallumé le feu chez les festivaliers avides de voir de près les héros de Steven Soderbergh, Palme d’Or en 1989 pour Sexe mensonges et vidéo.
Les deux comédiens forment un couple homo bluffant dans cette histoire d'amour entre le célèbrissime et kitschissime pianiste des seventies et un adonis qui voulait devenir vétérinaire. Le réalisateur avait laissé entendre au monde que son dernier film serait l’ultime. Apparemment non, pourtant. «Je veux juste faire une pause d’un an voire un peu plus», a-t-il déclaré à la conférence de presse.
Steven Soderbergh, dont l'opus jugé trop gay par tous les distributeurs est privé de sortie en salles aux Etats-Unis, s’est intéressé à la part intime de Liberace, caractère exubérant, inventeur du bling bling, précurseur baroque d’Elton John et de Madonna. Showman génial, cultivant l’excès et la démesure, incroyable virtuose jouant sur un piano à queue géant muni d’un candélabre, il affectionnait les tenues extravagantes, les perruques savamment brushinguées et le maquillage outrancier.
Un jour de l’été 1977, Scott Thorson, jeune éphèbe blond pénètre dans sa loge et, malgré la différence d’âge, tous deux entament une liaison secrète de cinq ans. Liberace, mort du sida en 1987, cachait son homosexualité qui aurait nui à sa réputation de sex symbol.
A la fois léger, profond et divertissant, le film vaut surtout pour la remarquable prestation des acteurs, transformés à grands coups de maquillage. A les entendre, ils ont passé davantage de temps à se faire plâtrer la figure qu’à jouer. Alors que Matt Damon avait en plus un appareil dentaire pour avoir l’air plus jeune, son partenaire était au début horrifié par le masque qu’il devait porter.
Michael Douglas, l’air en grande forme après son combat contre le cancer se révèle parfait en Liberace, évitant avec sagesse de jouer les folles tordues. «C’est l’un des rôles le plus formidables de ma carrière. D’habitude je campe les méchants. Là, c’est la première fois que j’interprète un personnage connu. Pour moi, Liberace est un type bien, un homme généreux, accueillant ». Il y a du prix d’interprétation dans l’air pour le comédien qui remercie Soderbergh de l'avoir attendu pour lui confier le rôle .
Matt Damon (Scott) à travers les yeux duquel tout est vu se montre à la hauteur de la passion qu’il inspire. Forcé de recourir à la chirurgie esthétique pour plaire à Liberace, il est méconnaissable avec son menton et ses pommettes façon Bogdanov. Interrogé sur l’effet des scènes physiques, comme embrasser Michael Douglas sur la bouche, il répond que c’est formidable! «Mais non, c’est très technique. Il est beaucoup plus difficile de savoir comment se comporter, ou simplement se mouvoir dans une pièce. Pour le reste nous sommes mariés depuis longtemps et nous avons appliqué l’expérience que nous avons avec nos femmes ». Histoire en somme de rappeler qu’ils sont tous les deux hétéros…
Seule réalisatrice en lice, Valeria Bruni Tedeschi divise
Deux mots sur la projection du film de Valeria Bruni Tedeschi, Un château en Italie, où elle partage l’affiche avec son compagnon Louis Garrel. Personnelle, fofolle, limite hsytérique, la seule réalisatrice en compétition nous raconte sa mère, son frère mourant, son désir d’enfant, sur fond de monde qui se termine et d’un amour qui commence. Certains crient au génie, d’autres se montrent beaucoup plus réservés. Pour ne rien vous cacher, je suis plus anti que pro…
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19/05/2013
Festival de Cannes: les bons films dont "Le passé" font oublier la pluie
Invitée quasi permanente sur la Croisette, la pluie fait le bonheur des vendeurs de parapluie agglutinés aux abord du Palais et le malheur des festivaliers au bord de la crise de nerfs. Car c’est une chose de battre la semelle par beau temps et une autre que de poireauter des plombes sous des trombes d’eau.
Heureusement, il y a de quoi se remonter le moral dans les salles obscures, où les bons films se succèdent en compétition ou hors concours depuis le début du grand rendez-vous cannois. A commencer par Le passé de l’Iranien Asghar Farhadi, Ours d’Or à Berlin en 2011 avec Une séparation acclamé partout depuis. Le passé ne devrait pas échapper à l’engouement général.
Il raconte l’histoire d’Ahmad, débarqué de Téhéran à Paris quatre ans après s’être séparé de sa femme française Marie et venu la rejoindre pour officialiser le divorce. Il découvre la relation conflictuelle que Marie entretient avec sa fille Lucie et lève le voile sur un drôle de secret en tentant, souvent maladroitement, d’améliorer la situation.
Un excellent film, parfaitement mis en scène et formidablement interprété. Notamment par la ravissante et intelligente Bérénice Bejo (photo). Après avoir triomphé il y a deux ans aux côtés de Jean Dujardin dans The Artist, muet en noir et blanc césarisé et oscarisé de Michel Hazanavicius, elle nous bluffe complètement en se glissant dans la peau de Marie.
Genre marmite à vapeur, toujours dans l'action contrairement aux mâles un peu lâches et fuyants, elle se démène, prend les décisions, s’énerve, pose les questions qui fâchent, exige des réponses. Bérénice a aimé chez cette femme le fait qu’elle ne lui ressemble absolument pas. «Quel bonheur de pouvoir jouer un personnage aussi éloigné de soi. En tant qu’actrice, j’ai vécu des moments exceptionnels».
Elle partage l’affiche avec le craquant Tahar Rahim, magnifique acteur dans l’inoubliable Audiard Un prophète qui ne démentira pas ses propos, bien au contraire. Toujours aussi bon et très demandé, il a également un des rôles principaux dans Grand Central signé Rebecca Zlotowski, en compagnie de Léa Seydoux, l’héroïne de la Suissesse Ursula Meier dans L’enfant d’en-haut. Sur fond de redoutables dangers nucléaires, le film raconte une grande histoire d’amour. Le film est en compétition dans la section Un certain regard.
En lice pour la Palme d’Or, on a également beaucoup aimé Tel père, tel fils, le long-métrage du Japonais Kore-Eda Hirokazu. A partir d’une idée d’enfants échangés à la naissance, le réalisateur analyse subtilement les réactions de deux familles. Plus particulièrement celle d’un architecte obsédé par la réussite professionnelle et dont les repères volent en éclats lorsque la maternité lui apprend que le garçon qu’il élève depuis six ans n’est pas le sien. Et que son fils biologique a grandi dans un milieu beaucoup plus modeste.
Un opus plein de finesse, d’émotion, de tendresse et d’humour, qui sait ne pas tomber dans le pathos. Une vraie réussite qui tient évidemment aussi à la remarquable interprétation de tous les acteurs, dont les enfants.
Le passé est à l'affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 22 mai.
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16/05/2013
Festival de Cannes: "Jeune & jolie" ou l'éveil à la sexualité d'une ado qui se prostitue
Retour momentané au calme sur la Croisette après la folie DiCaprio qui s’est poursuivie jusqu’à la montée des marches, sous la pluie, de l’équipe de Gatsby, célébrée par des danseurs débarqués en voitures d’époque pour exécuter un fox-trot sur tapis rouge. L’événement fut donc à la hauteur de la démesure du film que le public, contrairement aux critiques, a trouvé génial. Voilà qui lui promet une belle carrière si on se réfère aux Etats-Unis où, en dépit de médias assassins, Baz Luhrmann a déjà engrangé plus de 50 millions de dollars.
Ce tintouin d'enfer a de quoi faire rêver la plupart des réalisateurs et acteurs, qui doivent mesurer la distance médiatique galactique qui les sépare de leurs confrères américains. A l’image de François Ozon qui, dix ans après Swimming Pool, revient dans la compétition, qu’il a ouverte avec Jeune & jolie. Un film illuminé par Marine Vacth (photo), une jeune beauté passée de mannequin à actrice.
Le réalisateur français a en effet drainé un parterre modeste en conférence de presse, pour ce film où il suit le parcours et l’éveil à la sexualité d’une étudiante de 17 ans qui se prostitue. Le tout sur fond d’internet et des facilités offertes par la toile pour trouver le client, mais sans dénoncer ni porter un jugement moral.
Originalité de l’histoire, son héroïne se prostitue par provocation, pour le plaisir, enfin plus ou moins étant donné le look grave de ses "amants", mais non par nécessité. Elle vient d’une famille bourgeoise et n’a pas besoin d’argent.
"Il fallait donc évacuer l’aspect financier. Cela dit, même sans valeur, l’argent a toujours un sens… ", remarque Ozon. Si le sujet peut surprendre, il n’est pas fait pour choquer. Le cinéaste souhaitait avant tout évoquer l'univers des ados, ce qu’il n’avait pas fait à partir de Sous le sable où il avait travaillé avec des acteurs plus matures.
"Les films français montrent souvent une adolescence idéalisée, alors que je garde un souvenir assez douloureux de la mienne. J'ai donc eu envie après Dans la maison, d’en parler avec une certaine distance, en brossant le portrait d’une jeune fille d’aujourd’hui, en usant d’une approche un peu impressionniste à travers quatre saisons et quatre chansons de Françoise Hardy. C’est elle qui à mon avis a le mieux exprimé les tourments de cet âge-là, même si elle n’aime pas mon choix".
Pour incarner sa Léa, François Ozon a rencontré de nombreuses actrices avant de craquer pour la belle et sensuelle Marine Vacth, déjà vue chez Klapisch et Arcady, apparue aux côtés de Vincent Cassel pour un parfum d’Yves Saint-Laurent et dont l’expérience de mannequin l’a aidée pour les scènes particulièrement hot.
"Dans ce métier, on a l’habitude de jouer avec son corps», explique-t-elle. "Cela s’est très bien passé, j’avais confiance dans le regard de François. C’était simple et rien ne m’a heurtée. En fait, je me suis sentie comme une laborantine".
Des mots lâchés au compte-gouttes et avec une rare timidité. Comme quoi il est plus facile de se déshabiller devant une caméra que de se dévoiler face à des journalistes...
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Festival de Cannes: la parole au président Spielberg et à ses jurés
A peine avions-nous quitté Leonardo DiCaprio et Baz Luhrmann, livrés à la foule de photographes avide de quelques clichés supplémentaires, qu’on se retrouvait à faire le pied de grue, histoire de ne pas manquer la conférence de presse du jury. Et c’était rebelote dans la formidable expérience de douloureux pilonnage des orteils. Starissimes obligent!
Il faut dire que l’aréopage pluriculturel a de la gueule entre le président Steven Spielberg et ses huit jurés, allant de la grande et élégante Nicole Kidman à Ang Lee, en passant par Christoph Waltz, Cristian Mungiu, Naomi Kawase, Vidya Balan, Lynne Ramsey et Daniel Auteuil. Qui entre nous a pris pas mal de volume…
Et chacun d’y aller de son élogieux petit couplet, racontant sa venue dans un esprit ouvert, son bonheur ineffable et l’incomparable honneur d’avoir été choisi pour découvrir plein de nouveaux films, de désigner le meilleur ainsi que quelques autres dans un festival aussi prestigieux. En espérant qu’il n’y aura aucune hésitation au moment du choix parmi tous ces opus remarquables.
On laissera le mot de la fin à Steven Spielberg plusieurs fois sollicité pour jouer la délicate tâche du big boss et qui a enfin pu accepter, ayant exceptionnellement cette année un peu de temps devant lui. Interrogé sur le côté concours dont les Américains ne raffolent pas, il répond que les cinéastes se battent toute l’année pour attirer le public.
"Mais il est impossible de comparer des pommes et des oranges. Cannes est une manifestation culturelle mondiale, proposant des oeuvres portant chacune un regard particulier. Nous assisterons à deux semaines de célébration du cinéma et non pas à une compétition entre films". Et s'il y a litige, jouera-t-il les séducteurs ou maniera-t-il le bâton? "Eh bien à la fin des délibérations peut-être faudra-t-il que je revoie "12 hommes en colère..."
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15/05/2013
Festival de Cannes: c'est parti avec "Gatsby le Magnifique", tandis que DiCaprio déclenche un vent de folie sur la Croisette
Cohue sur la Croisette où les voitures roulent pare-choc contre pare-choc. Les badauds stagnent devant le Majestic, les stars squattent les murs de la ville et des palaces, l’affiche de 22 mètres sur 26, représentant Joanne Woodward et Paul Newman sur le tournage de « A new kind Of Love » a été déployée sur le fronton du Palais, le fameux tapis rouge posé. C’est parti pour douze jours de cinéma, de paillettes, de glamour. Et de clinquant façon Canal + où le Grand Journal attend fébrilement Nabila, nouvelle vedette planétaire à l’origine du buzz le plus naze du web…
Avant de monter les 24 marches mythiques Leonardo DiCaprio, héros de « Gatsby le Magnifique » dont la projection officielle donnait mercredi soir le véritable coup d’envoi à la 66e édition de la plus médiatique grand-messe annuelle de la pellicule, avait sans surprise rameuté la méga foule, provoquant un véritable vent de folie.
Journalistes rendus à l’état sauvage
L’horizon bouché par une forêt de caméras et une queue interminable servent de prétextes aux journalistes pour retourner à l’état sauvage, se bousculant et se piétinant férocement les petons dans l’espoir vain de décrocher un siège.
Cette agitation extrême, carrément bordélique à l’extérieur du Palais, contrastait singulièrement avec l’accueil glacial de la critique lors de la projection matinale et les maigres applaudissements récoltés par l’équipe du film à son apparition dans le saint des saints du jour plein à craquer.
En revanche le public a trouvé géniale cette quatrième et ambitieuse adaptation du roman culte de Scott Fitzgerald, paru en 1926. Logique, l'opus était parfait pour inaugurer ce raout où se presse le gotha de la branche ou s’imaginant tel. D’autant que l’auteur l’avait écrit à quelques kilomètres de Cannes, dans un hôtel de Juan-les-Pins.
Le monde de Gatsby, mystérieux millionnaire
Il raconte l’histoire de Nick Carraway, apprenti écrivain, débarqué à New York pour faire fortune à Wall Street et qui finit par s’étourdir dans le monde de ces richissimes parvenus qui le fascinent. Un monde où règne Jay Gatsby, mystérieux millionnaire amoureux fou de la belle Daisy (Carey Mulligan) et célèbre pour ses somptueuses fêtes.
Les thèmes, la musique, la réalisation éclatante, les costumes fastueux, les comédiens, à commencer par l’excellent Leonardo DiCaprio, craquant, attachant et troublant Gatsby, tout promettait un film grandiose, à la hauteur du talent de Baz Luhrmann.
Mais en dépit de quelques scènes sublimes, le cinéaste déçoit par une délirante surenchère visuelle. Cédant à la superficialité, il sacrifie un témoignage du déclin de l’empire américain ainsi qu’une histoire d’amour hors norme doublée d’une tragédie épique, à d’extravagants, sinon parfois triviaux excès d’opulence. A noter enfin l’inutilité, comme souvent, de l’utilisation de la 3D
L'auteur et sa star satisfaits d'eux
La fraîche réception de la critique n’a pas empêché l’auteur et son protagoniste vedette de se montrer très contents du job et de leur prestation respective. Leonardo DiCaprio, reconnaissant envers son metteur en scène d’avoir sorti le meilleur de lui-même grâce à son enthousiasme contagieux, n'exclut pas d'avoir quelque chose de Gatsby en lui.
"En fait il nous fascine tous. En découvrant le livre à l’école, je m’étais un peu reconnu dans ce personnage. Mais quand Baz Luhrmann m’a proposé le rôle, je l’ai relu et il a pris une signification différente. La tragédie de cet homme rêvant de devenir un Rockfeller en cherchant une signification à sa vie m’a ému. Cela laisse la place à d’innombrables interprétations" .
De son côté le réalisateur remarque que DiCaprio était le seul à pouvoir incarner Gatsby, avant d’expliquer qu’il a été inspiré par une révélation datant de dix ans. " J’étais dans un train avec deux livres dont l’un était Gatsby. Et je me suis aperçu que je ne le connaissais pas vraiment. La façon de Scott Fitzgerald de mettre des mots sur ce que les gens m’a passionné. Et j’ai été marqué par ce grand roman américain écrit à trente kilomètres de Cannes, alors que sa femme le trompait sur la plage… "
Nouveau film à l’affiche dans les salles romandes.
23:48 Publié dans Sorties de la Semaine | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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Cinéma: "Le commandant et la cigogne", "Le temps de l'aventure"
La vie n’est pas folichonne pour les protagonistes du dernier film de Silvio Soldini. Dans ce long-métrage choral se croisent un plombier amoureux et père de deux ados dont un fils, rêveur secret attaché à une cigogne et une fille victime d’une sale histoire sur le web, une jeune plasticienne incapable de payer son loyer et que tente de moraliser son propriétaire, un marginal se piquant de philosophie. Ou encore un avocat véreux.
Autant de personnages à la fois attachants et drôles qui tentent de régler leurs problèmes sentimentaux ou autres dans Le commandant et la cigogne, sur fond de crise économique. Prétexte au réalisateur Silvio Soldini pour livrer une comédie politique drôlement teintée de surréalisme, pleine de fantaisie et d’émotion. Et cela à travers une voix off pour le moins insolite, celle de la statue de Garibaldi qui réfléchit et parle avec une autre statue, portant un regard très critique sur son pays où la situation s’aggrave de jour en jour.
Le temps de l’aventure: follement romantique
Ils s’aperçoivent dans un train, échangent quelques regards furtifs, sortent Gare du Nord, partent chacun dans des directions différentes. Mais ils se rencontrent plus tard par hasard sur les marches d’une église, elle pour la visiter, lui pour assister à un enterrement. Un quiproquo aidant, ils restent ensemble et se lancent dans une très brève aventure follement romantique. Le temps pour le réalisateur Jerôme Bonnell d’analyser la mécanique d’un désir fou qui submerge soudain ses deux héros, mus par une pulsion irrépressible d’y céder
Ces quelques heures d'intense plaisir volées dans une journée unique permettent à l’auteur de proposer une chronique sentimentale subtile, délicate, intelligente et originale, tout en brossant un beau portrait de femme, à la fois audacieuse, timide, pudique et impudique, restée un peu adolescente en dépit de ses quarante-trois ans.
Un rôle sur mesure pour Emmanuelle Devos. Charmante, émouvante, espiègle, elle donne la réplique à Gabriel Byrne (photo), excellent dans son rôle d’Anglais un rien mutique, déroutant et dérouté, tentant de garder le contrôle mais abandonnant toute résistance.
Jerôme Bonnell aime aussi l’humour et les petits clins d’œil, comme dans ces scènes presque anachroniques où Alix, privée d’argent et de portable est obligée d’appeler son compagnon ou sa mère d’une cabine téléphonique…
Nouveaux films à l'affiche dans les salles romandes.
17:57 Publié dans Sorties de la Semaine | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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14/05/2013
Cinéma: "Le mur invisible", folle histoire d'un Robinson féminin
Invitée à passer quelques jours à l’écart de la société dans un chalet isolé des Alpes autrichiennes, une femme est laissée seule par ses hôtes qui sont allés se promener. Ne les voyant pas revenir la nuit passée, elle décide de partir à leur recherche. Mais sur le chemin du village elle se heurte à une mystérieuse barrière invisible qui la sépare brutalement du reste du monde.
Au delà, les choses et les gens semblent pétrifiés, tel ce vieux couple figé dans la mort. Après plusieurs vaines tentatives de traverser le mur, la femme doit se résoudre à accepter son enfermement. Et tel un Robinson féminin, organise sa survie dans un micro-univers en compagnie de quelques animaux, un chien, deux chats, une vache et son petit.
Le mur invisible est le premier long-métrage de cinéma de Julian Roman Pölsler après une longue carrière à la télévision. Et pour ses débuts sur grand écran il n’a pas choisi la facilité en adaptant le best-seller de l’Autrichienne Marlen Haushofer. Se livrant à une réflexion passionnante sur l’humanité, sur fond métaphorique de catastrophe planétaire, il propose un film radical en forme de fable fantastique.
Présentant quelques points communs avec le cultissime Into The Wild de Sean Penn, le film est porté de bout en bout par la remarquable Martina Gedeck (photo), qui avait beaucoup séduit dans La vie des autres. Elle est impressionnante de calme et de maîtrise dans ce rôle de guerrière livrant un combat quotidien et épuisant contre la nature et ses éléments.
Mamà donne dans l'épouvante grand public
Deux gamines, Victoria et Lilly, ont disparu dans la forêt à la suite d’un terrible drame familial. Alors que Lucas est à la recherche de ses nièces depuis cinq ans, elles sont retrouvées, réduites à l’état sauvage, dans une cabane abandonnée.
Espérant les voir se remettre rapidement du cauchemar vécu, Lucas les recueille chez lui. Son amie Annabel, bassiste dans un groupe de rock, pas trop à l’aise avec les enfants, n’est pas spécialement ravie de leur arrivée. Elle accepte toutefois de s’en occuper et fait de son mieux en dépit de son inexpérience. Mais comment les fillettes vont-elles réagir après tout ce temps et de quoi sont-elles capables? C’est alors que l’histoire bascule en principe dans l’horreur avec apparition de la mystérieuse Mama…
Mamà d’Andrés Muschietti, extrapolation d’une vidéo de trois minutes qui avait séduit Guillermo del Toro au point de produire le long-métrage, promettait beaucoup. D’autant que l’essentiel du flim est porté par l’excellente Jessica Chastain, incontestable étoile montante à Hollywood, récemment vue dans Zero Dark Thirty ou Take Shelter. Elle sait tout faire y compris se transformer physiquement. C'est tout justed'ailleurs si on la reconnaît en brune aux cheveux courts, au premier regard. Dommage en revanche que son partenaire, le beau Nicolaj Coster-Waldau, passe la moitié du film à l’hôpital…
Mais ce n’est pas le seul défaut de l'opus qui, après un début sur les chapeaux de roue, peine à convaincre. En dépit de quelques moments de tension, le scénario comporte des trous béants et la situation n’évolue pas, le réalisateur se contentant souvent de multiplier des scènes d’épouvante répétitives pour se diriger lentement vers un final plus fantastique et mélodramatique qu’effrayant. De quoi ne pas trop horrifier le grand public, mais sans doute décevoir les amateurs purs et durs du genre.
Films à l'affiche dans les salles romandes dès mercredi 15 mars.
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10/05/2013
Madrid: Djokovic et Federer s'enfoncent tandis que Nadal se défonce
On a fait toute une histoire sur le rang que devait occuper Rafael Nadal à Roland Garros. Chacun y allant de son avis sur cette question cruciale. A commencer par Guy Forget trouvant logique de bouleverser la hiérarchie pour ne pas priver le tournoi parisien d’une potentielle finale de rêve entre le pitbull ibère, actuellement cinquième mondial, et le vampire de Belgrade, alias Djokovic.
L’affaire allait loin puisqu’il ne s’agissait pas seulement de hisser le taureau de Manacor à la quatrième place, occupée par le brave Ferrer qui l’a gagnée dans la sueur et les larmes, mais de le classer symboliquement à la première. Les raisons? L’Espagnol sextuple champion le mérite, mais surtout il pourrait se retrouver prématurément, c’est-à-dire en quarts de finale, face à l’un des membres du Big Four. Ce qui ramènerait moins de pépètes, le nerf de la guerre ainsi que personne ne l’ignore.
Et puis enfin parce que Wimbledon a déjà opéré ce genre de magouilles. Il est vrai que les perfides organisateurs britanniques avaient, en 2010, décidé d’octroyer au maestro du tamis la tête de série numéro un alors qu’il n’était que deuxième au classement. Belle mentalité Or non seulement c’est moche, mais cela n’avait pas porté bonheur à Rogeur, qui avait été balayé par Berdych au quatrième tour cette année-là.
Finalement, l’ordre ne va pas être bousculé Porte d'Auteuil, ce qui ravit les partisans de l’équité sportive. D’ailleurs, au cas où certains craindraient une cuisante défaite de Nadal, il n'ont qu'à se référer au Masters de Madrid, où une chose semble assez évidente jusqu’ici: Nadal n’a nul besoin d’être protégé, il est tout à fait capable de s’en charger seul.
Pour l’instant en tout cas l’ogre de l’ocre se défonce et ce sont plutôt les autres cadors du circuit qui peuvent avoir les chocottes à l’idée de le rencontrer trop tôt dans le Grand Chelem français. Plus précisément Sa Grace helvétique, qui ne résiste décidément plus à grand-monde et risque même une vertigineuse dégringolade au classement d'ici à Wimbledon. Mais Sa Saigneurie serbe n'ést pas en reste question revers cuisant. Bref les deux se sont misérablement laissé tondre comme des moutons par Grigor Dimitrov et Kei Nishikori.
Du coup évidemment, on a parlé de la redoutable génération montante. Bien rapidement comme d’habitude. Car les fauves n'étaient pas au mieux de leur forme l'un côté cheville, l'autre côté dos. La peuve que les deux jeunes loups aux dents longues devront encore prendre un rien de bouteille, le Bulgare a été étrillé le lendemain en trois sets par le Suisse Wawrinka et le Japonais a subi le même sort le surlendemain contre l’Espagnol Andujar. Comme quoi le crime ne paie pas. Y compris celui de lèse-majesté…
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08/05/2013
Cinéma: "Augustine" et "Trance" sous hypnose
Nous sommes dans le Paris de 1885 avide de découvertes scientifiques, au temps des balbutiements de la psychanalyse. Le célèbre professeur Charcot, médecin chef à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière qui se consacre notamment à la maladie dégénérative qui porte son nom, commence à s’intéresser à l’hystérie.
En sont affligées de malheureuses femmes qui passent pour possédées du diable. Charcot tente de les guérir par l’hypnose, au gré de séances et d’examens en forme de spectacles auxquels assistent très excités ses confrères venus de toute l’Europe.
Parmi les patientes du maître, il y a Augustine une jeune fille de 19 ans aux symptômes violents, victime, à l’instar de 2000 autres femmes, de ce voyeurisme médical contre lequel elle se rebelle. Rapidement è devenue l’objet préféré de ses études, elle tombe amoureuse de lui et a tendance à en rajouter dans ses crises lors des démonstrations d’hypnose.
Alice Winocour propose un premier film bien maîtrisé, finement traité et subtilement consacré à la condition féminine. Une réussite à laquelle contribuent l’excellent Vincent Lindon et la bluffante comédienne-chanteuse Soko. Lui corseté dans son habit de grand bourgeois, elle cobaye récalcitrant sont parfaits dans cette relation trouble sous tension érotique.
Trance fouille les méandres de l’inconscient sur fond de sexe et de violence
On reste dans le domaine de l'hypnose avec Trance, le dernier-né de Danny Boyle. L’auteur de Trainspotting , de Slumdog Millionnaire ou encore metteur en scène de la cérémonie des Jeux Olympiques de Londres l’an dernier, s'est lancé cette fois dans la tortueuse aventure d'un voleur amnésique. Simon, commissaire-priseur expert dans les œuvres d’art, se met en cheville avec le gang du redoutable Franck. Et dérobe un tableau de plusieurs millions de dollars, en l’occurrence Le vol des sorcières de Goya.
Mais à la suite d’un violent coup sur la tête, il ne sait plus du tout où il a planqué la fameuse toile. Menaces et torture se révélant inefficaces, Franck engage une thérapeute spécialiste de l’hypnose pour lui faire retrouver la mémoire.
Avec Trance , Danny Boyle tente de renouveler le film noir, s’aventurant au-delà du genre après un début classique. Fouillant les méandres de l’esprit et de l’inconscient, il donne dans la dimension psycho-émotionnelle avec des protagonistes errant dans leur propre labyrinthe et dont le défi consiste à en sortir..
C’est là que le réalisateur part en vrille en abusant des rebondissements, des retournements de situations, des fausses pistes et des pièges. Sur fond de sexe, de défonce et de violence pour ne pas nuire à sa réputation boderline, il nous embarque dans une intrigue tellement tarabiscotée qu’on peine à s’y retrouver.
C’est aussi souvent le cas de son trio d’acteurs James McAvoy, Vincent Cassel et Rosario Dawson, otages d’un système de manipulation qui finit par s’effondrer.
Nouveaux films à l'affiche dans les salles romandes.
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07/05/2013
Cinéma: Robert Redford se met "Sous surveillance"
Après l’échec aux Etats-Unis de La conspiration, un film politiquement engagé sur l’assassinat d’Abraham Lincoln où il s’interrogeait sur la démocratie et la justice dans son pays, Robert Redford revient avec Sous surveillance, évoquant le conflit du Vietnam. Souvent porté à l’écran, il a la plupart du temps été traité à travers ses combattants. Le gardant en toile de fond, Redford en fait une autre lecture, centrant son propos sur les militants contestataires de l’époque. Plus précisément sur les Weathermen.
En 1969, ce groupe de radicaux revendiquait une série d’attentats sur le territoire américain pour protester contre la guerre. Beaucoup furent emprisonnés, mais d’autres se volatilisèrent dans la nature. Jusqu’à l’arrestation, en 2012, de l’une des activistes, Sharon Solarz. L’affaire titille Ben Schulberg, un jeune reporter dévoré d'ambition. Sa petite enquête le conduit à Jim Grant, avocat septuagénaire apparemment sans histoire, mais qui disparaît brusquement. Ben se lance alors sur ses traces, bien décidé à coiffer au poteau le FBI où il a ses entrées.
L’une des dernières légendes vivantes hollywoodiennes, Robert Redford n’est pas un aussi grand réalisateur qu’un Clint Eastwood ou un Woody Allen. Mais il s’attaque le plus souvent à des sujets passionnants qu’il cherche à exploiter sous un angle original. Sous surveillance est de ceux-là. Malheureusement, l’opus pêche au niveau d’une mise en scène qui manque singulièrement de vigueur, de dynamisme et de rythme. Du coup, la chasse à l’homme haletante attendue se transforme en une poursuite plan-plan qui se traîne plus ou moins pendant deux heures.
Côté comédiens, Robert Redford qui de son propre aveu ne se trouve jamais très bon, a eu l’idée discutable de se donner le rôle principal, aux côtés de Nick Nolte et Julie Christie. On lui en veut aussi d’avoir abandonné après quelques scènes et sans explication Susan Sarandon, toujours aussi impecccable. De même, il ne laisse pas Shia Labeouf jouer à fond son rôle de journaliste carriériste, insolent et peu scrupuleux, en introduisant dans son enquête une amourette sans intérêt.
Film à l’affiche dans les salles romandes dès mercredi 8 mai.
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01/05/2013
Cinéma: "Viramundo-un voyage musical avec Gilberto Gil"
Mondialement connu, c’est une superstar dans son pays. Personnage passionné, sincère, attachant et empathique, chanteur populaire maître de Bossa Nova et premier ministre noir de la Culture dans le gouvernement du président Lula de 2003 à 2008, Gilberto Gil aujourd'hui retiré de la politique a repris sa guitare. Pour entreprendre un périple spirituel et musical à travers l’hémisphère sud.
Toujours animé de sa passion de promouvoir la diversité culturelle dans notre monde de plus en plus globalisé, l’homme est parti de Bahia, sa ville natale pour aller, des territoires aborigènes d’Australie au cœur de l’Amazonie en passant par les townships sud-africaines, à la rencontre des peuples autochtones.
Avec eux il parle bien sûr de la musique qui relie continents et générations, de leur héritage culturel, mais aussi de leurs conditions de vie, de leurs rêves et de leurs espoirs, dans ce documentaire du réalisateur et vidéaste suisse Pierre-Yves Borgeaud.
Très réussi sur le plan musical, notamment, ce qui ne surprendra personne, lors des concerts en public d'un Gilberto Gil inspiré, de ses duos en compagnie d’une chanteuse aborigène ou d’un musicien africain, l’opus ne pourra qu’enthousiasmer, sinon enflammer, les fans de ce chantre du pluriculturalisme.
Emouvant, plein d'humanité et de messages de paix, il laisse pourtant sur sa faim cinématographiquement et politiquement. On peine en effet à adhérer à l’accumulation de témoignages de ces gens blessés et réduits à l’état de minorités, dont le cinéaste ne tire finalement pas grand-chose. A l’image de cette évocation rapide de crimes racistes en Afrique du Sud, ou de cet échange assez stérile entre Gil et l’Australien Peter Garrett, qui fut comme lui un musicien-ministre déterminé à faire avancer les choses. Dommage...
Nouveau film à l'affiche dans les salles romandes.
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30/04/2013
Cinéma: "La fleur de l'âge", "Mohamed Dubois", "Win Win", la comédie dérape
Petite semaine pour les amateurs de pellicule du côté de la comédie où il n'y a pas grand-chose à sauver, quelle que soit la provenance. A commencer par La fleur de l’âge, premier long-métrage de fiction du documentariste de télévision Nick Quin, réunissant Pierre Arditi et Jean-Pierre Marielle.
Vieux beau de 63 ans déterminé à oublier son âge en coursant les jupons trentenaires et grand producteur de télévision sur le déclin, Gaspard Dassonville doit soudain recueillir chez lui son père, vieillard indomptable et capricieux qui a perdu son autonomie. Genre Tatie Danielle au masculin, mais en nettement moins bien. L’arrivée d’une aide-soignante délurée aux méthodes particulières (Julie Ferrier) complète le tableau. Elle fascine les deux hommes qui, grâce à elle, sont censés se retomber dans les bras.
Scénario et dialogues boiteux pour une laborieuse comédie sur la vieillesse qui se veut un hymne à la vie, à l’amour et à la famille, mais qui peine lourdement à convaincre. En dépit de son trio d’acteurs dont a priori on pouvait attendre mieux, de quelques scènes touchantes et d’un ou deux jolis moments de tendresse.
Mohamed Dubois, entre clichés et caricature
Pas de quoi se réconcilier avec la comédie française en découvrant Mohamed Dubois d'Ernesto Ona. Le rôle principal revient à l’humoriste Eric Judor (photo) qui joue Arnaud, héritier de la banque Berthier. Sauf qu’il ressemble davantage à Saïd, l’ex-prof de tennis de sa mère, ou à la cuisinière arabe de la maison qu’à ses parents blancs. Bref autant dire qu’il a plutôt une tête à se nommer Mohamed.
Suite à une dispute avec son paternel qui lui refuse un poste de cadre, il croise la route de Mustafa. Ce dernier lui présente sa sœur Sabrina dont il tombe évidemment amoureux. Pour la séduire, Arnaud lui laisse croire qu’il est beur comme elle et s’appelle donc Mohamed. Il s’installe alors dans sa cité, déterminé à s’intégrer. La chose n’ira pas sans mal, mais sans surprise tout finira par s’arranger.
Ramassis de clichés, personnages caricaturés des deux côtés de la banlieue, quiproquos plus téléphonés les uns que les autres, rien ne nous est épargné dans cette histoire d’une rare platitude que contribuent encore à plomber de mauvais acteurs, s’évertuant à tenter de nous amuser. Sans succès.
Win Win avec losers à la clé
On ne comptait pas sur Win Win, signé Claudio Tonetti, pour nous tirer de la morosité. Pari tenu. Fausse bonne idée par excellence, le film met en scène Paul Girard, le maire de Delémont rêvant de représenter son canton au parlement bernois et son ami Liu, un horloger chinois installé dans le Jura. Ils décident d’organiser la demi-finale de Miss Chine en Suisse. Les participantes seront notamment accompagnées dans leurs pérégrinations en terre helvétique par des équipes de télévision.
De quoi répondre aux ambitions nationales de Paul et ouvrir à Liu le juteux marché de la montre de luxe, grâce à la retransmission de toute l’opération, dont l'élection, suivie par au moins 300 millions de téléspectateurs de l'Empire du Milieu. Virée des deux complices à Shanghai, où le contrat est passé avec Chang, PDG du petit écran du cru.
Convaincus de l’originalité de leur projet, Paul et Liu ne parviennent pourtant à intéresser personne que ce soit au niveau des sponsors, des politiques ou des milieux touristiques. Et au lieu de se promener de stations chics en hôtels cinq étoiles, les Miss dorment dans la paille, rendent visite aux militaires et prennent des kilos en mangeant du boudin. A Shanghai, Chang se bouffe les ongles. Mais la ténacité de Paul et Liu finira par payer…
Mondialisation, glamour, médias argent, mixité culturelle, autant de thèmes traités avec une légèreté voulue et assumée, revendiquent en substance les scénaristes de cette intrigue inspirée d’une "histoire vraie". Mais il n’était pas pour autant nécessaire d’en faire une farce aussi bouffonne qu’inconsistante à la réalisation pataude, aux dialogues balourds et aux comédiens en roue libre qui peinent à nous arracher un sourire. Sans oublier quelques accents qui le disputent sauvagement aux produits du terroir...
A oublier enfin Dead Fucking Last, évoquant trois amis qui ont fondé à Zurich une compagnie de coursiers à vélo. Tout baigne jusqu’au jour où, après vingt ans de bons et loyaux services, ils doivent affronter la redoutable concurrence des jeunes et belles Girls Messengers. Encore une comédie qui se veut enjouée, badine et désinvolte, mais qui rate son but après quelques images.
Films à l'affiche dans les salles romandes dès mercredi 1er mai.
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25/04/2013
Cinéma: Avec "11.6", François Cluzet se glisse dans la peau du convoyeur le plus célèbre de France
Convoyeur de fonds à Lyon depuis dix ans, Toni Musulin arrive chaque jour à vélo au boulot. Avare, secret, il ne dépense presque rien, ne dit presque rien. Mais à l’intérieur, ça bouillonne. Un jour, amoureux des belles bagnoles, ce taiseux s’achète une Ferrari dans une vente aux enchères. Et puis, le 5 novembre 2009, à 10 heures du matin, alors qu’il vient de parquer son fourgon blindé, il presse doucement l’accélérateur et repart dans l’autre sens. A l’arrière il y a des sacs contenant 11,6 millions d’euros…
11.6, c’est aussi le titre du film mettant en scène l’étrange aventure de ce braqueur énigmatique surnommé Robin des Bois par les internautes, qui a concocté ce casse énorme et sans violence à la Spaggiari. Pour se venger d’être né du mauvais côté, prendre sa revanche sur une société qui le méprise, sur ses supérieurs hiérarchiques à qui il voue une haine aussi sourde que tenace.
Onze jours plus tard il se rendra à la police de Monaco. L’histoire veut que ce soit à 11h06… A l’exception de 2,5 millions d’euros toujours dans la nature, le reste de la somme est retrouvé dans un garage qu’il avait loué. Mais les billets manquants n’ont pas piqué la curiosité de Philippe Godeau. Ce qui l’a bien davantage intéressé dans cette affaire qui conserve ses zones d'ombre, c’était la personnalité du convoyeur le plus célèbre de France, actuellement détenu à la prison de Corbas, près de Lyon.
Un rôle sur mesure pour François Cluzet qui porte le film sur ses épaules. Il n’incarne pas seulement, il est ce personnage solitaire, mutique, apparemment impassible, mais que l’on sent constamment sur le point d’exploser. Le comédien est entouré d’autres bons acteurs comme Corinne Masiero ou Bouli Lanners, qui contribuent à ancrer le film dans la réalité quotidienne d’un milieu peu glamour, mais très crédible.
"Ce qui m’a donné envie de faire ce film c’était d’essayer de comprendre et de montrer la motivation de cet homme. Non pas d’expliquer mais de faire ressentir comment il en est arrivé là. Son sentiment d'être exploité et de retrouver en somme sa dignité à travers un acte fou en forme de bras d’honneur à l’intention de ses patrons", raconte le réalisateur de passage à Genève. "Et puis je trouvais également passionnant le fait qu'il ne soit pas parti avec l’argent. Pour moi ce n’est pas un gangster. C’est un résistant, plein de défauts certes, mais un rebelle cherchant à se relever".
Comment vous y êtes-vous pris pour remonter son parcours?
Avant d’écrire, je suis allé avec le scénariste à Lyon pour recueillir des témoignages. Nous avons rencontré les policiers qui l’ont arrêté, son avocat avec qui il est en contact permanent et des gens avec qui il travaillait.
-Quelles ont été leurs réactions?
-Ils étaient tassez traumatisés. D’un côté ils étaient plutôt fiers de Musulin, de l’autre assez détruits par cette histoire. Certains ont été soupçonnés, interrogés. L’un d’eux a été licencié
-Vous retrouvez François Cluzet après votre collaboration dans Le dernier pour la route. J’imagine que pour vous c’était un choix évident.
-Oui, dans la mesure où dès la fin du tournage, nous avions décidé de refaire un film ensemble.
-François Cluzet est parfait de sobriété, d'économie de gestes, de mots. De quelle manière s est-il préparé?
-Un rôle de ce genre se travaille beaucoup en amont. Par exemple sur le plan physique. il a fait pas mal de musculation, car Musulin est costaud. Je lui ai également présenté des proches de Musulin. Il est évidemment aussi allé puiser chez lui des choses plus personnelles. Et puis ça a l’air bête dire ça, mais on a pris grand soin de ses vêtements, de choisir le bon blouson, les bonnes chaussures.
-Toni Musulin est toujours incarcéré. L’avez-vous rencontré ?
-Non, j’aurais voulu mais il est en isolement et refuse les visites. J’ai acheté les droits du livre où il témoigne. Je ne le regrette pas car je tenais à garder du mystère et cela m’aurait peut-être bloqué dans mon imaginaire. J’ai besoin d’être près de la réalité dans mes films, mais cela reste des fictions.
-Et lui avez-vous montré 11.6 ?
-Pas encore. J’aurais souhaité qu’il le voie avant tout le monde mais cela n’a pas été possible.
Nouveau film à l’affiche dans les salles romandes.
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24/04/2013
Cinéma: "La cage dorée", sympathique comédie à la portugaise
Dans la foulée de la comédie à succès de Philippe Le Guay, Les femmes du 6e étage, le réalisateur franco-portugais Rubens Alves, s’inspirant de l’histoire de ses parents et plus particulièrement celle de sa mère, authentique concierge, en a profité pour réaliser son premier long-métrage, La cage dorée.
Depuis près de trente ans les Ribeiro, immigrés portugais, vivent au rez-de-chaussée d’un bel immeuble situé dans un quartier chic de Paris. Maria la gardienne exemplaire et son mari José chef de chantier modèle sont considérés comme des perles rares par les locataires et leurs employés, qui ne sauraient se passer d’eux.
D’où la nouvelle en forme de catastrophe lorsque ces crèmes d'humains peuvent réaliser leur rêve en héritant d'une maison: rentrer au pays. Du coup les profiteurs de leur dévouement sans faille se sentent menacés dans leur confort. Ils multiplient alors les attentions et les gentillesses pour empêcher ces êtres indispensables de mettre leur projet à exécution. De leur côté les intéressés en sont à se demander s’ils ont vraiment envie, au bout de tout ce temps de quitter la France où ils ont construit leur vie.
Distrayant, sympathique, touchant, ce film à la fois léger et grave, traite sur le mode comique de sujets sérieux comme l’intégration et le déracinement. Surfant sur les clichés tout en les assumant, il brosse de façon moins simpliste qu’il n’y paraît, même s'il frise parfois l'angélisme, un portrait de famille sur fond de relations humaines.
Le cinéaste débutant est de surcroît servi, à quelques exceptions près, par un casting impeccable. Aux côtés de Rita Blanco et Joaquim de Almeida, on retrouve notamment Chantal Lauby en bobo déjantée, Roland Giraud en patron paternaliste ou encore Nicole Croisille en redoutable mégère, aussi pingre que méprisante.
Nouveau film à l’affiche dans les salles romandes.
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Cinéma: Robert Downey Jr. se défonce avec humour dans "Iron Man 3",
Traumatisé par ses récentes affrontements avec les aliens, le brillant industriel Tony Stark, héros milliardaire plébiscité par tous, s’enferme dans son atelier pour bricoler. Une pause de courte durée, l'ennemi attaquant de tous côtés. Tandis que son univers personnel est détruit, les Etats-Unis sont frappés par une série d’attentats revendiqués par un mystérieux terroriste, le Mandarin.
Du coup Tony décide de traquer sans relâche ce redoutable personnage, dont on ignore non seulement la véritable identité, mais où il se cache et comment il procède. Désormais seul, dos au mur et totalement dépendant de son armure, il est contraint de survivre par ses propres moyens dans cette aventure qui lui permettra de tester son courage.
Meilleur de la série, Iron man 3 est signé Shane Black qui succède ainsi à Jon Favreau aux commandes, ce dernier se retrouvant dans le rôle de chef de la sécurité de Stark Industries. Le film se distingue d'abord des deux autres par son ton et ses dialogues différents. Par ailleurs, si le réalisateur propose de spectaculaires scènes d’action à grands coups d’effets spéciaux décoiffants, il n'hésite pas à donner plus subtilement dans l’enquête politico-policière pimentée de comédie.
Un mélange de genres bien maîtrisé et qui culmine dans des séquences jubilatoires anti-Bush ou surtout lorsqu’on découvre qui se dissimule derrière l'effrayant Mandarin. Un moment surréaliste et d’une rare drôlerie qu’on ne dévoilera pas pour ménager le suspense.
Cinéaste et comédiens se partagent le mérite dans cette troisième mouture épique pleine d’humour et d’autodérision. A l’image de son acteur principal, le craquant Robert Downey Jr, qui ne craint pas, pour notre plus grand plaisir et sans en faire des tonnes, de tourner son statut de demi-dieu en ridicule. Gwyneth Paltrow n’est pas mal non plus.
Nouveau film à l’affiche dans les salles romandes.
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Cinéma: avec "Quartet", Dustin Hoffman passe derrière la caméra
A l’instar de nombreux comédiens, Dustin Hoffman, héros de plus de soixante films, s'est laissé tenter par la réalisation. A 75 ans, il fait ses débuts dans Quartet, une comédie mettant en scène des musiciens et chanteurs d’opéra à la retraite qui se retrouvent à Beecham House, belle et paisible demeure au cœur de la campagne anglaise. Adaptation de la pièce de théâtre homonyme du dramaturge et scénariste Ronald Harwood, le sujet rappelle évidemment Le baiser de Tosca de Daniel Schmid, sorti en 1984. Le cinéaste suisse est d’ailleurs remercié au générique.
Parmi les pensionnaires trois amis, Reginald, Wilfred et Cissy, apprennent qu’une ancienne diva est sur le point de débarquer. Et quelle n’est pas leur surprise en découvrant qu’il s’agit de la grande Jean Horton en compagnie de laquelle ils triomphaient sur les scènes internationales.
Problème, l’ego démesuré de l'arrogante Jean avait contribué à ruiner aussi bien leur amitié que son mariage avec Reginald. Et apparemment, son caractère ne s’est pas arrangé avec les années. Cela n’empêchera pas les trois complices, plus particulièrement l’irrésistible tête en l’air Cissy, d’oublier amertume et vieilles blessures pour œuvrer à la reconstitution de leur célèbre quatuor lors du gala annuel de Beecham House, destiné à célébrer l’anniversaire de Verdi et à recueillir les fonds nécessaires à la survie de l’établissement.
Alors qu’on pouvait craindre les fausses notes, on est plutôt conquis par ce feel-good movie aux dialogues piquants qui, loin de s’appesantir sur leur âge egt leurs divers bobos, se révèle au contraire un joyeux hommage aux divers protagonistes et leur style "so british".
Sans autre prétention que celle de nous divertir et de nous émouvoir, Dustin Hoffman s'amuse à évoquer avec tendresse, humour et autodérision le narcicissme exacerbé des artistes.
La réussite de cet essai joliment transformé tient naturellement beaucoup à la qualité des interprètes emmenés par l’impétueuse Maggie Smith, l'espiègle Pauline Collins, le digne Tom Courtenay un rien psychorigide et le très polisson Bill Connolly. Sans oublier Michael Gambon, parfait dans son rôle de vaniteux chef d'orchestre.
Nouveau film à l’affiche dans les salles romandes.
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23/04/2013
Cinéma: Michel Gondry, bricoleur de choc dans "L'écume des jours"
On est tous d'accord. S’il y avait aujourd’hui un réalisateur capable d’adapter L’écume des jours, réputé inadaptable bien que déjà porté à l’écran en 1968 par Charles Belmont, c’était Michel Gondry, spécialiste d'effets artisanaux souvent délirants. En même temps était-ce nécessaire de se lancer dans une telle aventure qui pourrait à la fois rebuter les inconditionnels du roman et laisser les autres indifférents ?
Pas de quoi pourtant empêcher le MacGyver de la caméra hexagonale de relever le défi pour revisiter à sa manière le roman du mythique Boris Vian, qui a fasciné des générations d’ados avec son monde poétique, déroutant, surréaliste et jazzy. Pas à sa sortie en 1947 toutefois, ce monument de la littérature française n’ayant eu aucun succès du vivant de l’auteur, mort en 1959 à l’âge de 39 ans.
Dans L’écume des jours, Colin (Romain Duris) un garçon insouciant, idéaliste, assez fortuné pour ne pas avoir besoin de travailler, tombe follement amoureux de Chloé (Audrey Tautou) qui le lui rend bien. Autour d’eux gravitent quelques amis farfelus tels Nicolas (Omar Sy), le cuisinier et confident, collectionneur de jolies filles, ou Chick (Gad Elmaleh) un fanatique du philosophe Jean-Sol Partre.
Au début les tourtereaux sont ivres de bonheur. Mais dans cette Love Story avant l’heure Chloé va mourir, victime d’un nénuphar qui grandit dans ses poumons et l’empêche de respirer. Colin se ruine et s’épuise, acceptant des jobs de plus en plus absurdes pour tenter de la sauver. Parallèlement, au fur et à mesure de l’évolution de la maladie, leur logement rapetisse et s’assombrit. En dépit des efforts constants d’une petite souris grise à moustaches qui s’évertue à nettoyer les carreaux pour laisser passer le soleil.
Certes, à l'instar du livre, le film offre une vision pessimiste de la société en général et du monde du travail en particulier. On ne peut par ailleurs pas reprocher au créatif Michel Gondry de trahir son idole de toujours, du moins sur le plan visuel, où il recrée avec talent son univers insolite et fantastique.
Gadgets bluffants et trouvailles à la pelle
A commencer par l’appartement de Colin, construit dans une rame de métro à ciel ouvert. Traduisant les inventions de Vian, le film fourmille de gagdets et de trouvailles, dont le bluffant pianocktail, permettant de composer une boisson différente selon les morceaux joués, l’anguille qui sort du robinet, la sonnette à pattes qui se déplace, l’envolée au-dessus de Paris dans un nuage, la voiture transparente du mariage. Sans oublier la fameuse danse du biglemoi.
Mais à trop se concentrer sur les objets, Michel Gondry tend à oublier les protagonistes qui ne suscitent aucune émotion. A l’image de Colin et Chloé (photo) dont la tragique et déchirante histoire d’amour devient presque anecdotique au milieu de ce loufoque bric-à-brac.
Mais le plus problématique finalement, ce sont les comédiens auxquels on ne s’attache pas dans la mesure où non seulement ils ne correspondent pas à notre imaginaire, mais surtout n’incarnent pas leurs personnages. Et si Audrey Tautou se révèle la moins bonne dans ce genre d’exercice, Romain Duris, Omar Sy ou Gad Elmaleh ne contribuent pas vraiment à relever le niveau de ce casting de producteurs.
Nouveau film à l’affiche dans les salles romandes dès le mercredi 24 avril.
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19/04/2013
Monte-Carlo: ras-la-raquette du Wawrinka pur sucre!
On parle de la glorieuse incertitude du sport. Mais je en vous raconte pas sa cruelle injustice! Plus particulièrement dans le domaine du tamis où tous les spécialistes bavaient des ronds de chapeau devant le génie de Wawrinka, suite à son extraordinaire victoire sur Murray au Masters de Monte-Carlo. Prodigieuse tant qu'on y est. Mais elle a surtout eu pour résultat de botter la belette écossaise hors du second rang mondial et y remettre illico presto le grand Rodgeur.
Car le Vaudois, bon prince, n’a en réalité oeuvré que pour son compatriote. Non seulement la légende récupère sa place les doigts de pied en éventail sans avoir tapé la balle dans la principauté, mais en dépit de cette nouvelle performance contre un top 5, le malheureux Stan ne devrait en principe pas bouger d’un pouce au classement. Dans la mesure où il était parvenu au même stade l’an dernier, il conserverait ce matricule 17 qui lui colle à la peau depuis des semaines. Voici qui frise l’inique, non ?
Remarquez, l’homme de Saint-Barthélémy a bien contribué à la chose. Il ne tenait en effet qu’à lui de marquer quelques points faciles. Mais comme à Casablanca où il avait réussi un premier set d’anthologie contre l’Espagnol Robredo pour s’effondrer lamentablement dans les deux suivants, il a remis la compresse face à Jo-Wilfried Tsonga. Empochant la manche initiale en trois coups de cuillère à pot, il a pitoyablement galvaudé dix balles de break dans la deuxième, laissant le Manceau filer à toute allure vers le dernier carré.
N’avait-il pas pourtant pas clamé qu’il se sentait plus fort et que mentalement triompher de Murray lui avait drôlement fait du bien! En d’autres termes, du Wawrinka pur sucre que l’échec après l’exploit. C’est dire si je ne serais franchement pas contre un chouïa de mélange dans le label!
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17/04/2013
Cinéma: "Les âmes vagabondes", d'après l'auteure de "Twilight"
Jamais la vie n’a été aussi paisible et le monde aussi parfait. Sauf que ce n’est plus notre monde, depuis que des extraterrestres y ont débarqué, prenant possession de nos corps et de nos esprits. Quelques groupes d'humains s'efforcent de résister aux envahisseurs en se cachant pour survivre, à l’image de Melanie Stryder et de son jeune frère.
En dépit de ses efforts et de sa vigilance, elle est capturée et se voit contrainte de cohabiter avec Wanda, une entité venue d’ailleurs. Gentille, Wanda, mais néanmoins destinée à s'emparer d'elle. C’est compter sans l'amour que Melanie voue à un jeune homme, l'un des rares humains à l'être resté. La jeune fille veut le retrouver et lutte de toutes ses forces, déterminée à ne pas laisser la place à Wanda...
Les âmes vagabondes, film de science-fiction signé Andrew Niccol, est adapté d’un roman de Stephenie Meyer, l’auteure de Twilight. On doute pourtant que cet opus tarabiscoté, longuet et banal, ait l’impact de la célèbre saga. Même avec Saoirse Ronan et Max Irons, nouveau petit couple censé faire rêver les adolescentes. Pour l’anecdote, on relèvera la présence de Diane Kruger en traqueuse extraterrestre de choc. Une redoutable mégère qui, contrairement à ses congénères, n’a vraiment rien de pacifique!
Toujours côté américain, à oublier carrément Parker, de Taylor Hackford, racontant l’histoire d’un cambrioleur avide de vengeance après avoir été trahi par ses complices et laissé pour mort au bord d’une route. Mais il en faut davantage pour l’arrêter dans sa croisade… qui le conduira en Floride, dans le luxueux quartier de Palm Beach, où il rencontre une sulfureuse agente immobilière. Elle l’aidera dans sa tentative de s’emparer de quelques millions de dollars de bijoux, en espérant y trouver son compte. Tant pis pour Jennifer Lopez.
Nouveaux films à l’affiche dans les salles romandes.
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Cinéma: "Les gamins" avec Alain Chabat et Max Boublil
Compositeur et éditeur de musique, Anthony Marciano passe derrière la caméra pour livrer un premier long-métrage plutôt réussi, les Gamins. Un exploit dans la comédie romantique après une impressionnante série de navets. Il a écrit le scénario avec l’humoriste Max Boublil, coqueluche de la pellicule pour l'instant, qui tient également l’un des rôles principaux, aux côtés d’Alain Chabat.
L’intrigue en quelques mots. Thomas vient de se fiancer et rencontre ses futurs beaux-parents, Gilbert et Suzanne mariés depuis trente ans. Désabusé, convaincu que son couple l’a enfermé dans une vie végétative, Gilbert persuade Thomas de renoncer à épouser sa fille Lola. Et le pousse à tout plaquer pour le suivre dans son délire adulescent entre fantasmes sexues, parties de roller et virées dans des boîtes à la mode, au lieu de s’abrutir bêtement. Et les voici en pleine régression, s’éclatant comme des mômes.
Le tandem masculin fonctionne bien dans cet opus sans autre prétention que celle du divertissement, empruntant avec humour les codes classiques du genre et jouant sur l’autodérision. A l’évidence, les deux acteurs se sont amusés comme des petits fous, heureusement sans trop oublier le spectateur.
Dommage pourtant que les femmes fassent un peu tapisserie dans l’histoire, alors que Sandrine Kiberlain nous offre quelques scènes jubilatoires dans le rôle d’un écolo néo-hippie qui ne finit jamais ses phrases. On y rencontre également au passage Patrick Bruel et Iggy Pop.
La fille de nulle part plonge dans le vide
Contre toute attente, le film avait remporté le Léopard d’Or au dernier festival de Locarno, le jury présidé par le Thaïlandais Apichatpong Wreerasethakul plébiscitant de conserve un Jean-Claude Brisseau incroyablement jeune d’esprit. Le plus jeune de la nouvelle nouvelle vague qui plus est.
Talentueux, dérangeant le réalisateur de Noce blanche ou de L’ange noir a souvent séduit avec ses films alliant réalisme, fantastique au quotidien et un brin de mysticisme. Un mélange de genres qu’on retrouve certes dans La fille de nulle part, mais qui peine à justifier un tel enthousiasme. Même sil s’est poursuivi lors de la sortie en salles chez la plupart des critiques français. Le mot chef d’œuvre a même été lâché.
inconditionnels de la posture auteuriste du cinéaste, le nec plus ultra consiste à tourner avec des bouts de ficelle et un drap de lit dans son appartement, lieu dévolu aux références cinématographiques et devenu le théâtre de phénomènes mystérieux.
Tout cela après que le héros, en l’occurrence Brisseau lui-même, acteur laborieux, eût recueilli Dora, une jeune SDF ensanglantée sur son pas de porte et l’héberge le temps qu’elle se rétablisse. Et qu’il puisse évoquer, entre deux intermèdes dissertatoires d’une singulière vacuité, les tourments et les ravissements de l’âme…
Aux pires élèves les pires profs... hélas
Encore une BD française, Les profs, adaptée sur grand écran. Cette fois c’est Pierre-François Martin-Laval, alias PEF qui s’y colle. Une troisième réalisation calamiteuse où les pires profs de France ont pour mission d’éduquer les pires élèves de l'Hexagone, en l'occurrence ceux du lycée Jules Ferry, affichant 12% de réussite au bac. Un taux minable qu’il s’agit de faire monter à 50%, sous peine de fermeture.
Pour soigner le mal par le mal, on découvre donc une bande d’enseignants improbables qui en font des tonnes, oeuvrant lourdement dans l'overdose déjantée. Dont Isabelle Nanty dans le rôle de la prof d'anglais bargissime et Christian Clavier dans celui du méga cool. Et côté élèves, pour attirer les ados, l’un de leurs humoristes préférés, Kev Adams. C’est encore lui qui s’en sort le mieux.
Nouveaux films à l’affiche dans les salles romandes.
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16/04/2013
Cinéma: Avec "The Grandmaster": Wong Kar-wai revisite le kung-fu
A première vue, ce film sur le kung-fu ne m’emballait pas des masses. D’autant que je ne voyais pas vraiment Wong Kar-wai, le réalisateur de l’irrésistible In The Mood For Love et de sa suite 2046, souvent étiquetée chef d’œuvre, se passionner pour cette discipline martiale. Mais apparemment le grand cinéaste hongkongais a voulu se lancer un défi et en réalité l’a plutôt bien relevé dans The Grandmaster.
Le film s’inspire de la vie d’Ip Man, légendaire maître d’un courant du kung-fu, le wing chun, et futur mentor de Bruce Lee. Il commence en Chine en 1937 et se poursuit jusqu’au début des années 50. A travers cette star qui mène grand train à Foshan, dans la province de Canton, Wong Kar-Wai revient sur un morceau d'une époque révolue. Ip Man perd sa famille dans la guerre sino-japonaise qui plonge le pays dans le chaos, fuit la Chine communiste et finit par s’établir à Hong Kong où il enseigne son art.
Au cœur de cette intrigue qui se déroule sur fond de violence, de divisions et de complots au sein des différentes écoles, la rencontre d’Ip Man avec Gong Er, en qui il trouve son égale, voire sa supérieure dans la mesure où elle est la seule à connaître la figure mortelle des 64 mains. C’est la fille du Grand Maître Baosen, chef de l’Ordre des Arts Martiaux qui sera assassiné par un disciple.Très vite, l’admiration que tous deux se vouent laisse place à une histoire d’amour impossible.
Tout cela est à la fois beau, fascinant, mélancolique et romantique, rythmé par des combats en forme de ballets superbement chorégraphiés dont celui d’ouverture sous la puie, pour culminer dans un duel follement sensuel entre les deux principaux protagonistes.
Ils sont interprétés par le beau Tony Leung, toujours aussi élégant, et la sublime Zhang Ziyi (photo) qui ont dû suivre un entraînement des plus rigoureux pour apprendre et maîtriser les différents gestes. Ils n’en ont pas moins la chance de traverser toutes ces années sans pratiquement prendre une ride. A noter aussi que le kung-fu est probablement le seul sport qui peut se pratiquer coiffé, sans le perdre, d’un panama blanc. On sur un quai de gare en manteau de fourrure. Du moins chez Wong Kar-wai…
Nouveau film à l’affiche dans les salles romandes dès mercredi 17 avril.
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10/04/2013
Cinéma: "Mariage à l'anglaise" sur fond de sauce indigeste à l'américaine
Les comédies romantiques américaines vraiment bien ficelées et enlevées ne courent pas les écrans. Mais attention au fiasco lorsque les Britanniques se mêlent de les imiter, comme dans Mariage à l’anglaise. Même si son auteur Dan Mazer (scénariste de Sacha Baron Cohen pour Borat et Brüno), a choisi de faire les choses à l’envers. Il a en effet commencé son film là où normalement les intrigues du genre s’achèvent, c’est-à-dire par un mariage et décidé de boucler son sujet par une demande en divorce.
Nat (Rose Byrne), cadre dynamique, épouse Josh (Rafe Spall), apprenti romancier mal dégrossi. Bien que n’ayant rien à faire ensemble ils ont la ferme intention de tenir une année ensemble, voire plus si entente. Hélas, neuf mois plus tard, rien ne va plus. Nat a craqué pour Guy, un beau blond américain (Simon Baker, le héros du Mentalist) et Josh pour Chloé (Anna Faris), son ex qu’il n’a en réalité jamais cessé d’aimer.
Au départ, un parti-pris original en soi. Sauf que ça dérape dès le début dans le pas drôle, avec un prêtre pris d’une quinte de toux répétitive et n’arrive pas à prononcer les mots " mari et femme". Pour sombrer ensuite dans le gras, le lourd, le vulgaire et le graveleux, avec l’insupportable speech du témoin qui se veut cynique, croustillant et humoristique.
Les choses ne s’arrangent pas par la suite, l’ensemble de l’opus adoptant obstinément ce ton faussement truculent mais pesamment égrillard. Ce qui n’a dans le fond rien d’étonnant de la part de Dan Mazer.
Des gens qui s’embrassent avec une inutile pléiade de vedettes
On tombe encore plus bas avec le cinquième film écrit et réalisé par Danièle Thompson, Des gens qui s’embrassent. Il met en scène deux frères, Zef et Roni. le premier est un grand musicien très religieux dont la femme, partenaire de concert, vient de mourir dans un accident. Le second, businessman prospère et fêtard, fan de Sinatra, doit marier sa fille unique dans un luxueux hôtel de maitre. Ces deux événements qui se télescopent malencontreusement ne vont pas arranger les conflits les séparant déjà.
C’est donc parti pour une série d'afffrontements, de de malentendus, de trahisons et de réconciliations débiles entre New York, Paris et Saint-Tropez. Il n’y a décidément pas grand-chose, sinon rien à sauver dans cette indigente et laborieuse comédie familiale juive, qui confine au vaudeville grotesque. Triste pour la réalisatrice qui nous a habitués à tellement mieux. Surtout comme scénariste (La grande vadrouille, Le cerveau, Les aventures de Rabbi Jacob, Ceux qui m'aiment prendront le train parmi les plus célèbres...)
Et ce n'est pas la pléiade de vedettes engagées, de Kad Merad à Eric Elmosnino en passant par Monica Bellucci, Valérie Bonneton ou Max Boublil, qui contribuent à relever le niveau. Les stars hexagonales ont au contraire une fâcheuse tendance à plomber l’ensemble. Et surtout le budget, puisque la chose a coûté quelque 14,5 millions d’euros. Soit l’un des films français le plus cher de ce début d’année!
Oblivion avec Tom Cruise pour sauver l’humanité
Deux mots sur Oblivion, le blockbuster de la semaine que je n’ai pas vu. Petit résumé à l’intention des fans de Tom Cruise, revenu à la science-fiction en sauveur de l’humanité dans le rôle de Jack Harper et aux côtés d’Olga Kurylenko (photo).
Nous sommes en 2077. Les habitants de la Terre ont été évacués suite à des décennies de guerre avec des forces extraterrestres. Le travail de Jack Harper comme responsable de la sécurité et d'entretien des drones touchant à sa fin, il s'apprête à rejoindre le reste des survivants dans une colonie spatiale. Mais il se retrouve coupé dans son élan lorsque le vaisseau d'une belle inconnue s'écrase sur la planète.
Nouveaux films à l’affiche dans les salles de Suisse romande.
17:40 Publié dans Sorties de la Semaine | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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