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13/09/2017

Grand écran: "Barry Seal: American Traffic" , avec Tom Cruise en pilote arnaqueur, narcotrafiquant et agent de la CIA

aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaacruise.jpgTout en s’éloignant du biopic classique, le film est tiré d'une histoire vraie, qui s'est déroulée de la fin des années 1970 au milieu des années 1980. Celle de Barry Seal, un pilote de ligne américain casse-cou, arnaqueur et roi du double jeu, prêt à tout pour s’enrichir. Recruté de manière inattendue par la CIA, il va exécuter l’une des plus grosses opérations secrètes de l’histoire des Etats-Unis.

A savoir photographier les communistes au Nicaragua et ailleurs en Amérique centrale, puis livrer des armes aux guérilleros nicaraguayens, Parallèlement, il a offert ses services au cartel de Pablo Escobar pour transporter de la cocaïne et détourner les armes.

Doug Liman, réalisateur entre autres de La mémoire dans la peau et Edge Of Tomorrow propose une épopée tragi-comique au rythme échevelé, commentée par la voix-off du héros ou plutôt de l’anti-héros, donnant dans l’autodérision.

Un rôle taillé pour Tom Cruise qui cool et tête brûlée, abuse toutefois de son charme qu'il veut intemporel pour se glisser dans la peau de ce pilote fantasque, agent de la CIA et narcotrafiquant mais sans jamais toucher au produit (dans le film du moins...), se sortant de situations invraisemblables. Par ailleurs mari fidèle (en l’occurrence de la jolie Sara Wright) et père aimant, il n’hésite pas à montrer ses fesses pour amuser sa femme et ses enfants avant de monter à bord de son avion... 

De péripéties en retournements rocambolesques, ce film d’aventures griffé vintage pour le grain de l’image, les couleurs, les costumes, se révèle certes assez efficace et divertissant. Mais trop superficiel et lisse, sans grande tension, en réalité pas à la hauteur d’une histoire aussi extraordinaire et d’un personnage aussi incroyable, il finit, en dépit de la richesse de sa thématique, par tourner en rond en s’enlisant dans le déjà vu.

Sans compter que son auteur, négligeant la complexité historique de son sujet, évite la critique à l’égard du gouvernement américain de l’époque, se contentant d’en rapporter les dérives mafieuses pour justifier sa lutte contre la menace communiste en Amérique latine.

A l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 13 septembre

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11/09/2017

Grand écran: "Le Redoutable", avec Louis Garrel dans la peau de Godard. Plus vrai que nature...

aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaredoutable.jpgIl a eu l’audace, l’impudence plutôt relèvent quelques esprits chagrins outragés, de s’attaquer à la légende vivante de la Nouvelle Vague en crise existentielle et cinématographique pendant et après Mai 68. Une démystification fantaisiste de celui qui désacralisait tout. Avec un formidable Louis Garrel, plus Godard que nature….

Irrésistiblement drôle dans la peau du mythe, il en emprunte à la perfection le talent, le look, la démarche, l’accent traînant, la cruauté, la vanité, le discours outrancier, l’autodérision. Atout maître de cette comédie jouissive signée Michel Hazanavicius, l’acteur méritait le Prix d’interprétation lors du dernier Cannes, où le film concourait pour la Palme d’or. Le jury En a hélas décidé autrement

On est à Paris en 1967. Le soulèvement menace. Star de sa génération, universellement plébiscité pour ses films de l’époque, Jean-Luc Godard tourne La Chinoise avec Anne Wiazemsky, la petite-fille de François Mauriac (Stacy Martin, plus ravissante que charismmatique), de 16 ans sa cadette. Il en est follement amoureux et vice-versa. Mais le film est incompris, sinon vilipendé à sa sortie. Obsessionnellement préoccupé par sa propre révolution, Godard se remet alors en question, reniant son cinéma qui, à son avis, ne vaut plus rien comparé au tsunami de Mai 68.

aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaastacy.jpgS’inspirant de deux livres d’Anne Wiazemsky, Une année studieuse et Un an après qu’elle consacra à sa relation avec le génie de la pellicule, le réalisateur de The Artist et OSS 117 s’intéresse davantage au personnage et à l’homme qu’au cinéaste.

Il nous le montre au quotidien avec Anne, militant au côté des manifestants de Mai, pérorant à la Sorbonne, passant quelques jours à pester et à lire des polars sur les hauteurs de Cannes, où il a contribué à l’annulation du festival, contaminé par la fièvre contestataire.

Intellectuel condescendant et provocateur, odieux avec ses amis, mufle avec sa femme  bien-aimée qui se détache de son pygmalion et qu’en macho jaloux et intransigeant il ne saura retenir, l’image qu’en donne Hazanavicius est certes a priori peu flatteuse.

Sans jamais oublier l'humour

Sauf que tout réside dans la façon tellement comique de la représenter, de l’exalter. Un humour à la Godard, avec un gag récurrent où l’icône en mal de regard nouveau ne cesse de casser ses lunettes, une scène inénarrable de dispute homérique à six dans une voiture, ou des blagues et des jeux de mots aussi bêtes que rigolos, Sans compter qu’il en fait un bon amant et le dote d’un physique assez avantageux

Du coup on se demande où certains critiques vont chercher une « démonstration empreinte d’un fiel sarcastique extrêmement amer… » C’est le contraire qui émane de ce portrait où, sous l’ironie faussement féroce, perce l’admiration. Voire la tendresse.

A l’affiche dans les salles de Suisse romande dès le mercredi 13 septembre

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07/09/2017

US Open: Federer au tapis. Alors face à Nadal un seul mot d'ordre: "Vamos Delpo!"

aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaadelpotro.jpgEtant donné les bras cassés qu’il a affrontés (Lajovic, Daniel, Mayer, Dolgopolov), suivis du Russe Rublev, le petit jeune de 19 ans qui, lui, a notamment dû se farcir Dimitrov et Goffin, on voit difficilement comment Nadal aurait pu ne pas se retrouver en demi-finales.

Vous me rétorquerez que Federer a aussi débuté face à un teen-ager en la personne de l’Américain Tiafoe, et que les vieux briscards comme Youzhny, Lopez et Kohlschreiber n’étaient guère plus dangereux que les troisièmes couteaux opposés à l’Ibère.

Mais voilà, le maestro a eu le malheur (même s’il prétend le contraire) de devoir se frotter au grand del Potro en quarts, qui s’est révélé aussi proprement stupéfiant que lors de son retour miraculeux face à Thiem l’avant-veille. S’ingéniant à pilonner sauvagement ce pauvre Rodgeur, tellement à l’ouest qu’il s’est à peine rendu compte qu’il disposait de quatre balles de set au troisième!

Je vous passe les affirmations catégoriques des spécialistes, à commencer par Marion Bartoli et Emilie Loit, nous assénant leur inébranlable certitude de voir la légende l’emporter sur Juan Martin en quatre manches. C’eût dû d’ailleurs renforcer ma quasi conviction du contraire avant le "choc des géants".

Sans oublier les discours contradictoires de l'intéressé, dont on se complaît à saluer l' élégance à l'égard de son bourreau, ce qui est la moindre des choses... Bref. alors qu'il se déclarait carrément dans une forme olympique suite à sa victoire sur Lopez, le king rétropédalait aussi sec en avouant que dans le fond, trop préoccupé par son dos, il n’avait jamais été à son meilleur niveau dans ce tournoi. Un vrai scoop !

En réalité pourtant, la question n’est pas là. L’important, c’est que la tour de Tandil réédite ses fabuleux exploits face à Nadal. C’est le seul qui peut empêcher l’ogre d’aller au bout, à en juger par les prétendants d'opérette à la couronne dans l’autre moitié du tableau.

En cas de succès à New York, le pitbull mettrait non seulement près de 2000 points dans la vue de Rodgeur, lui enlevant du coup tout espoir de redevenir numéro un à la fin de l’année mais, ce qui est plus grave, recommencerait à lui coller aux chausses en remportant un seizième Grand Chelem.

Alors, face à cette perspective aussi redoutable qu’intolérable, un seul mot d’ordre:"Vamos Delpo!"

 

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06/09/2017

Grand écran: "Ôtez-moi d'un doute", imbroglio familial avec François Damiens et Cécile de France

aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaadoute.jpgSolide démineur breton forçant le respect, s’occupant bien de Juliette, sa fille célibataire et enceinte, Erwan se sent complètement désarmé lorsqu’une torpille d’une toute autre nature lui saute à la figure. Selon un test ADN pratiqué lors de la grossesse de Juliette, il découvre en effet qu’il n’est pas le fils de son père.

Malgré la grande affection qu’il éprouve pour l’homme qui l’a élevé, Erwan se livre à une petite enquête qui le conduit rapidement chez Joseph, un vieux gauchiste particulièrement attachant qu’il se met à voir souvent. Ainsi qu’Anna, une charmante femme médecin croisée par hasard et loin de le laisser indifférent. Rendant un jour visite à Joseph, il tombe sur Anna, réalise qu’elle est sa fille et donc... sa sœur. Une deuxième bombe encore plus difficile à désamorcer.

Avec Ôtez-moi d'un doute, Carine Tardieu, à qui l’on doit déjà La tête de maman et Du vent dans mes mollets, propose une comédie sentimentale sur fond d’imbroglio familial inspirée de faits réels. Elle traite de la question des origines, surfant entre humour, émotion et une certaine désinvolture sur de délicats sujets comme la paternité ou les rapports d’un fils naviguant entre ses faux et vrai pères. S'aventurant par ailleurs sur une voie incestueuse.

Dommage pourtant, privilégiant trop la légèreté à la gravité, que la réalisatrice se contente d’effleurer ces divers thèmes. Tout en cherchant à nous embarquer dans un suspense qui retombe pratiquement dès la rencontre d’Erwan avec son supposé père biologique.

Les comédiens contribuent heureusement à donner plus de chair à l’histoire, à l’image de François Damiens et de la toujours séduisante Cécile de France. Dans le rôle des paternels, Guy Marchand et André Wilms font le boulot.

A l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 6 septembre.

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04/09/2017

Grand écran: Mathieu Amalric fait revivre Barbara. Grâce à une magnifique Jeanne Balibar

aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaabarbara.jpgAvec Barbara, qui avait ouvert la section Un certain Regard au dernier festival de Cannes, Mathieu Amalric rend hommage, dans son septième film, à la célèbre chanteuse disparue il y a 20 ans. On est toutefois loin du biopic traditionnel auquel on pouvait éventuellement s’attendre, avec arrêts prolongés sur les épisodes déterminants de son existence.

C’eût été en effet mal connaître les impératifs créatifs d’Amalric. Ne faisant qu’effleurer, par allusions, des blessures d’enfance comme la guerre ou les abus d’un père incestueux, il ne raconte donc pas la vie de Barbara, mais met en scène Yves Zand, un réalisateur roux en veste de tweed, aussi timide qu’ensorcelé par son héroïne et rêvant de la ressusciter à l’écran.

Il est incarné par Mathieu Amalric qui engage une actrice, Brigitte –campée par son ex-compagne Jeanne Balibar- pour tourner une biographie de la sublime interprète de L’aigle noir, Dis quand reviendras-tu?, Göttingen, Marienbad, Ma plus belle histoire d’amour….

Imaginée avec l’écrivain Philippe Di Folco (ils avaient déjà travaillé ensemble sur Tournée, Prix de la mise en scène Cannes 2010), cette mise en abîme aux frontières de la réalité et de la fiction, propose, entre poème et rêverie musicale, un portrait complexe, captivant, émouvant de la mythique, insolente, capricieuse, autoritaire, fantasque, mélancolique Dame brune.

Sans chercher le mimétisme

L’excellente Jeanne Balibar se révèle impressionnante. Habitée, naturelle, elle travaille son personnage, les chansons, composant au piano, s’entraînant à imiter la voix, s’appropriant les gestes, les accessoires, lunettes noires et boa, les attitudes de son modèle. Mais sans chercher le mimétisme.

La ressemblance n’en est parfois pas moins troublante quand Amalric lui fait rejouer des scènes. Par exemple celle où on voit Barbara en voiture en train de tricoter et de batifoler sur le siège passager. Elle est tirée du documentaire de Gérard Vergez durant la tournée de la chanteuse en 1972. Le cinéaste s’est également appuyé sur le roman de Jacques Tournier paru en 1968, Barbara ou les parenthèses

Entre les archives, les rencontres, les séquences du métrage en train de se faire, le dialogue à distance entre les deux femmes, le jeu de miroirs, ce film envoûtant, qui peut en dérouter certains, tient surtout à faire partager la fascination de son auteur pour l’artiste insaisissable à laquelle il déclare sa passion. Il lui a valu le prix Jean Vigo.

A l'affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 6 septembre.

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03/09/2017

US Open: la chasse à la pépite fatale au prodige canadien Shapovalov

aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaashapo.jpgCertes Federer et Nadal continuent à avoir logiquement la cote auprès des commentateurs. Mais dès l’entame de cet US Open 2017, il y avait notamment trois jeunes joueurs, l’Australien Nick Kyrgios, l’Allemand Alexander Zverev et surtout le prodige canadien Denis Shapovalov, dont nos experts de la raquette avaient plein la bouche. Et qui selon eux constituaient plus qu’une menace pour les anciens. Carrément des armes de dissuasion massives.

De quoi stimuler la chasse à la pépite de la part des oubliés du circuit. Ce qui ne leur a pas trop mal réussi. Au tapis d’entrée Kyrgios et au second tour Zverev. Quant au redoutable teen-ager Shapovalov, il n‘a pas réussirà franchir le cap des huitièmes de finale.

Juste en passant, côté révélation récente, reste un garçon dont personne ne fait cas, le Russe de 20 ans Andrey Rublev qui tente d’écrire seul dans l’ombre sa petite légende. Peut-être même le retrouvera-t-on en quarts de finale.Et dans leur infinie sagesse, nos incorrigibles bavards vont-ils enfin découvrir son existence…

Mais revenons à Shapovalov, objet de toutes les dithyrambes. Car il fallait entendre les spécialistes, particulièrement sur Eurosport, s’ébaubir d’un service somptueux, d’un coup droit fabuleux, d’un revers fantastique, d’un lob éblouissant, d’un lift exceptionnel, d’une amortie hallucinante, sans oublier la faculté démente de la merveille à trouver des zones incroyables. C'est vraiment du très très haut niveau, psalmodiaient-ils à l'envi. À croire qu'il est Français!

Et tout cela en nous bassinant avec ses 18 ans. Il y en a d’ailleurs qui doivent l’avoir un peu mauvaise. A l’image de Michael Chang ou Boris Becker, vainqueurs d’un Grand Chelem à 17 ans et des poussières. Et il n’est même pas sûr que le génie canadien parvienne à égaler Nadal, lauréat de Roland Garros à 19 ans.

aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaacrreno.jpgPassons. La vraie question est ailleurs. Comment donc un tel phénomène a-t-il pu subir la loi de l’obscur Espagnol Pablo Carreno Busta, qui en a prestement disposé en trois sets? Sans trop se défoncer qui plus est. 

Simple affaire de ressources physique et mentale un chouïa insuffisantes du phénix, selon nos inénarrables, ignorant le talent du valeureux Ibère, sommairement qualifié de solide et constant. Bref réduit au rôle de sparring partner du prodige et de ses fulgurances. 

Mais le pompon revient à McEnroe. Il a en effet déclaré que Shapovalov était un mélange de Federer et Nadal, en ayant l’élégance du premier et la fougue du second. Eh bien si cela ne lui file pas le melon au Shapo! Enfin, en attendant le prochain tournoi, il ne lui reste plus qu’à le bouffer!

P.-S. Terminé pour les Français. Le dernier, Lucas Pouille, a subi les foudres du bouillant petit Argentin Diego Schwartzman en huitièmes. Voilà qui n'a rien d'extraordinaire, me direz-vous. Non en effet. Sauf que la chose me paraît se produire toujours plus tôt. Et quand je pense que ce brave Lucas est une perle pour ses compatriotes, cela me laisse songeuse sur la valeur du collier...

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30/08/2017

Grand écran: "7 jours pas plus", comédie sociale surfant sur l'immigration et le racisme

aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaajourspas plus.jpgRien ne semble relier une vache tombée du ciel, un jeune migrant paumé et une jolie Normande amoureuse d'un drôle de célibataire endurci. Et pourtant…

Vieux garçon Pierre (Benoît Poelvoorde)tient une quincaillerie en province. Il est aussi ronchon qu’irascible, ce qui n’arrange pas ses rapports avec ses fournisseurs et ses rares clients. Solitaire, pointilleux à l’extrême, vénérant sa mère morte dans son enfance, il mène une triste vie bien réglée et n’a pas d’amis, à part la pétillante Jeanne (Alexandra Lamy), dont il refuse de céder aux avances insistantes. Très curieusement d'ailleurs.

Ce misanthrope cultive pourtant quelques valeurs morales qui se révèlent lorsqu’il rencontre Ajit, un Indien jeté par son patron comme un malpropre et qui se retrouve à la rue. Après quelques démarches infructueuses auprès des autorités, il décide à contrecoeur de l’héberger. Mais pour sept jours, pas plus.

Les choses ne vont évidemment pas comme sur des roulettes, un euphémisme, entre ces deux êtres que tout sépare, la culture, les coutumes, les habitudes alimentaires et surtout la langue, chacun s’exprimant dans la sienne sans comprendre l’autre. Une communication difficile, mais qui prétend montrer que les mots ne sont pas toujours indispensables pour exprimer des sentiments

7 jours pas plus, premier long-métrage de Hector Cabello-Reyes librement adapté de El Chino de l’Argentin Sebastian Borensztein, se veut une fable en forme de comédie sociale surfant sur l’immigration, l’intégration et le racisme. Ce n’est pas très réussi, dans la mesure où le réalisateur rend platement le côté surréaliste de la rencontre entre les deux principaux protagonistes.

Fidèle au genre de personnage atypique, hors norme, fantasque sinon farfelu auquel il nous a habitués, Benoît Poelvoorde donne sans trop convaincre la réplique à Pitobash, un inconnu ici mais une star en Inde et en Afrique . Même si le duo se montre parfois assez touchant dans ses tentatives maladroites, teintées d’exaspération chez notre quincailler bourru mais au coeur d'or c'est bien connu, d’établir le contact. 

En revanche son histoire avec Jeanne ne tient pas debout. Non seulement on ne voit pas très bien ce qu’elle vient faire là, et surtout on ne croit pas une seconde que la séduisante créature puisse le poursuivre de ses assiduités. D’autant que cet ours mal léché ne cesse de la repousser.

Et la vache alors, me demanderez-vous? Eh bien pour le savoir, il faut aller voir le film…

A l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 30 août.

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Grand écran: "Bonne pomme", comédie laborieuse avec le couple mythique Deneuve-Depardieu

aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaabonne pomme.jpgNouvelle collaboration, la dixième, entre Catherine Deneuve et Gérard Depardieu sur grand écran. Cette fois c’est devant la caméra de Florence Quentin, qu’ils se retrouvent. Pas pour le mieux….

En deux mots, Gérard en a ras-le-bol d’être pris pour une bonne pomme par sa belle-famille. Alors un beau jour, il quitte tout et part reprendre un garage dans un bled paumé. En face, il y a une auberge, tenue par Barbara, une belle femme déconcertante et imprévisible au caractère de cochon, qui exploite sans scrupule les habitants du village. Qui lui rangent sa terrasse ou s'occupent des clients du restaurant, quand Madame s'éclipse sur un coup de tête. Et Barbara, prenant des airs de diva offusquée, est plutôt coutumière du genre.

Elle ne va pas tarder à agir pareillement avec Gérard, garagiste fugueur ne buvant que... du jus d’abricot. Tout sucre tout miel, tombé sous le charme de l'intraitable et improbable aubergiste, il la laisse complaisamment le tourner en bourrique. Véritable crème d'homme, protecteur au grand cœur, il fait preuve à son égard d’une bienveillance et d’une générosité rares.

Décidément Catherine Deneuve continue, après Elle s'en va  et Sage Femme, à se complaire en fofolle plus ou moins indigne et irresponsable, sifflant des bières ou tapant le carton. Cette comédie laborieuse au scénario bancal représente celle de trop dans le genre.

Même s’il est indéniable qu’il se passe toujours quelque chose entre ces deux monstres sacrés, il ne suffit pas de les réunir pour faire un bon film. Et encore moins en y ajoutant une caricaturale Chantal Ladesou, qui en fait des tonnes en mémé gouaillante exaspérante, fan du gratin de pâtes!

Avec Bonne pomme, Florence Quentin est en effet loin de la plume mordante, cynique, humoristique, qu’elle a notamment exercée en tant que scénariste pour Etienne Chatiliez dans La vie est un long fleuve tranquille ou Tatie Danielle. Et c’est bien dommage.

A l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 30 août.

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29/08/2017

Grand écran: "Petit paysan", thriller psychologique dans une ferme. Prenant

aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaèetitpaysan.jpgPierre, la trentaine, est éleveur de vaches laitières. Son quotidien se déroule entre sa ferme, sa sœur Pascale vétérinaire, et ses parents dont il a repris l’exploitation. Alors qu’une épidémie se déclare en France, provoquant l’abattage du bétail, il découvre avec horreur que l’une de ses bêtes est contaminée.

Face à la menace de perdre tout son troupeau, il décide de lutter seul contre la propagation du mal et, au lieu d’avertir les autorités sanitaires, tue lui-même l’animal en cachette. Non seulement ce n’est pas une mince affaire mais, tombant dans l’illégalité, passible de prison, il est pris dans un engrenage infernal.

Sensible, subtil, lucide, prenant, Petit paysan, inspiré des épisodes de panique provoqués par la maladie de la vache folle ou la fièvre aphteuse, est signé Hubert Charuel. Qui sait de quoi il parle, étant lui-même fils d’éleveur. Il propose un premier long-métrage sous tension bien écrit, parfaitement documenté, entre naturalisme et cinéma de genre.

Distillant une atmosphère anxiogène, flirtant avec le fantastique, il mêle thriller psychologique et réflexion sur les difficultés économiques et les tâches épuisantes des paysans. Le tout à travers un héros cherchant obsessionnellement à nier la réalité et se murant de plus en plus dans l’isolement au fil de l’intrigue,

Hubert Charuel évoque aussi le rapport affectif trouble de Pierre avec ses vaches, bridant sa sexualité. Elles sont toute sa vie, au grand dam de la boulangère amoureuse de lui, ainsi que de ses parents, plus particulièrement de sa mère tentant maladroitement de le pousser dans les bras d'une éventuelle épouse.

Une jolie réussite à laquelle les comédiens contribuent largement. A commencer par le principal, le formidable Swann Artaud, Aux côtés de Sara Giraudeau, il se révèle absolument impeccable dans le rôle de Pierre, personnage singulier, attachant, sous pression, à la fois touchant, maniaque et paranoïaque.

 A l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 30 août.

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22/08/2017

Grand écran: Sofia Coppola déçoit avec "Les proies", 46 ans après l'original sulfureux de Don Siegel

aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaproes.jpgNous sommes en 1864 et la guerre de Sécession fait rage. Le caporal McBurney, un nordiste déserteur grièvement blessé à une jambe trouve refuge dans un pensionnat de vertueuses jeunes filles en Virginie, tenu par la pieuse et puritaine Miss Martha Farnsworth. Loup dans la bergerie, à la fois prédateur, manipulateur, romantique, il devient bientôt l’objet des fantasmes des recluses corsetées physiquement et psychologiquement qui se lâchent et se mettent à jouer les séductrices perverses…


C’est du moins ce dont Sofia Coppola veut nous convaincre dans Les proies. Pourtant, en dépit d’une belle photographie, de jolis costumes (son péché mignon), cette nouvelle version se révèle d’un intérêt mineur. Le casting, pourtant prestigieux (Colin Farrell, Kirsten Dunst, Elle Fanning, Nicole Kidman), n’arrange pas vraiment les choses. Au contraire dira-t-on, surtout dans le choix du personnage masculin, Farrell étant hélas très loin d’avoir le charisme du sulfureux Eastwood, obscur objet de la concupiscence de ces femmes.


Trop lisse et trop sage Sofia Coppola ne nous laisse guère éprouver la tension extrême ambiante, l’irruption sauvage du désir, la peur du yankee, la jalousie, la frustration sexuelle, qui donnaient le côté équivoque, dérangeant, vénéneux de l’original. Un chef d’oeuvre du genre, tiré du roman éponyme de l’écrivain Thomas Cullinan que Don Siegel avait adapté en 1971, avec Clint Eastwood dans le rôle titre.

aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaasofia.jpg«Deux facettes d’une même intrigue»

Tout en respectant assez fidèlement sa trame, Sofia Coppola, qui au passage avoue aimer les petits budgets pour ne pas se voir imposer des choses, se défend d’avoir eu l’intention de réaliser un remake. Elle ne ressentait pas comme un défi de revisiter le film de Siegel. «Au contraire, j’ai voulu l’oublier. Pour moi, ce sont deux facettes d’une même intrigue », déclarait-elle lors de sa conférence de presse à Cannes, où son septième long-métrage prétendait à la Palme d’or

Quand on lui a proposé le sujet, elle a lu le livre, réfléchi à une autre manière de raconter cette histoire. «Je me suis plongée dans cette époque, j’ai cherché un lien avec la réalité d’alors tout en gardant ma liberté artistique. Et je me suis dit que j’allais faire quelque chose de différent, d’amusant et de juteux, en partant du point de vue des femmes.

«C’est intéressant d’en avoir sept représentantes d’âges différents », ajoute-t-elle. J’ai tenté de montrer leurs rapports, leur façon de se comporter de se parler. Pendant la guerre, elles sont enfermées, isolées, coupées du monde et ont développé un instinct de survie. Quand le caporal débarque, il gâche tout. Elles donnent alors libre cours à leur agressivité et entament une lutte de pouvoir avec cet homme ».

A l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 23 août.

 

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