22/10/2014

Cinéma: "Fury", avec Brad Pitt reparti combattre les nazis

1310958907182_ORIGINAL[1].jpgAprès Inglorious Basterds de Quentin Tarantino, Brad Pitt retourne combattre les nazis dans Fury. Le film de David Ayer se déroule en avril 1945, alors que la guerre est quasiment finie et le régime hitlérien moribond. Mais dans un ultime assaut, les troupes tentent de barrer la route de Berlin aux Alliés.

A bord d’un tank Sherman, un petit groupe d’Américains menés par l’inflexible et courageux sergent Wardaddy, vont s’aventurer, mission suicide, bien au-delà des lignes ennemies. La caméra les suit pendant 24 heures cruciales où ils vont tout tenter pour anéantir un adversaire dont la puissance de tir les dépasse.

Et c’est parti pour plus de deux heures de violence sanglante sous un déluge de feu pour cette histoire vraie tirée d’un épisode inédit de la Deuxième Guerre mondiale. Un film hyperréaliste avec une scène d’ouverture effrayante montrant un cavalier allemand errant dans un décor apocalyptique et cruellement  achevé au couteau.

Des cadavres de civils pendus à des poteaux électriques, des corps écrasés dans la boue, un amas de carcasses d'acier, le ton est donné. Et le mot d’ordre clair pour les hommes coincés dans l’habitacle confiné et anxiogène de Fury, le nom du char d’assaut: massacrer le plus d’Allemands possible, tous désignés comme autant d’immondes salopards.

Un récit initiatique

Au-delà de l’affrontement entre le bien et le mal cher à l'oncle Sam, de l’excès de patriotisme et de citations bibliques, David Ayer, à qui l’on doit notamment End Of Watch sur le quotidien de deux flics à Los Angeles, propose un récit initiatique en évoquant la transformation radicale de l’individu par le combat. En l’occurrence celui d’un tout jeune homme (Logan Lerman) dactylographe inoffensif devenu une bête à tuer.

Car il s’agit de survivre, la seule gloire dans ce film de guerre vu sous un angle original. D'une rare brutalité, explosif, macho, Fury jouit d'une mise en scène efficace et de séquences impressionnantes, surtout pour qui aime le genre. David Ayer s'est également entouré de bons comédiens. A côté d’un Brad Pitt le visage couturé, le corps marqué, convainquant en chef impitoyable sujet à quelques accès d’humanité, et de Logan Lerman psychologiquement traumatisé et rendu à l’état sauvage, on trouve encore Shia Labeouf, Michael Pena et John Bernthal.

Film à l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 22 octobre.

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Cinéma: la magie de Woody Allen dans "Magic In The Moonlight"

19421449.jpg-cx_160_213_x-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxx[1].jpgUn magicien du cinéma captivé depuis l’adolescence par la magie nous raconte l’histoire d’un autre magicien qui ne supporte pas les spirites qu'il traite de charlatans. C’est avec cette intrigue baignant dans les années 20, que Woody Allen opère un retour… magique sur les écrans pour nous bercer d’une nouvelle et merveilleuse illusion.

Au centre de l’intrigue se trouve le célébre prestidigitateur chinois Wei Ling Soo, sous lequel se cache Stanley Crawford, un arrogant misanthrope anglais psychorigide. 

Persuadé par son fidèle et unique ami Howard Burkan qu'il y a anguille sous roche, notre grincheux British décide de partir dans le sud de la France pour y démasquer Sophie, une jeune medium prétendant connaître l’avenir. Et qui, avec la complicité de sa mère, arnaque les Catledge, une richissime  famille d’une rare crédulité.

Car évidemment, Stanley Crawford est placé pour le savoir, dans la magie il y a toujours un truc. Mais Sophie se montre si professionnelle, intelligente et intuitive, que le rationnel Stanley tombe malgré ses certitudes sous le charme de la ravissante créature. Au point de se faire abuser. Ou presque... 

De notre côté, on se laisse séduire avec le plus grand bonheur par le génial cinéaste, qui nous livre une irrésistible et jubilatoire comédie romantique, pimentée de fantaisie, de malice, d’humour. Sans oublier cette touche de surnaturel qui lui a si bien réussi dans Minuit à Paris, La rose pourpre du Caire ou Alice.

imagesCAEU8VDD.jpgMagic In The Moonlight est un petit bijou où Woody Allen parle à l’évidence de lui-même en mettant en scène ce magicien ratiocineur et amoureux, tandis qu'il rend hommage à une époque fascinante à travers la musique, les décors idylliques, les costumes.

S’y ajoutent une magnifique photographie un marivaudage d'une légèreté inimitable, des dialogues piquants, ciselés et, cerise sur ce savoureux gâteau, d’excellents acteurs. Colin Firth est parfait un vieux ronchon pris dans les filets de la délicieuse, lumineuse et solaire Emma Stone.

Film à l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 22 octobre.

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Cinéma: "On a marché sur Bangkok", avec Kad Merad et Alice Taglioni. Bancal et poussif

images[2].jpgA quelques exceptions près, la comédie française continue à toucher le fond. Quand elle ne creuse pas pour descendre plus bas. Une nouvelle preuve nous en est donnée par On a marché sur Bangkok d’Olivier Baroux, flanqué de son inévitable compère Kad Merad. Après s’être pas trop mal débrouillé avec Mais qui a tué Pamela Rose? le réalisateur évidemment encensé sur les plateaux télé, s’ingénie à tourner des navets du genre Safari ou Monsieur Papa.

Pourtant sa nouvelle idée avait du potentiel. Serge Renart, journaliste has been sévissant sur le petit écran et Natacha Bison, reporter de guerre écartée par ses pairs car jugée dangereuse, sont obligés d’enquêter de conserve sur une mystérieuse affaire qui les conduit en Thaïlande.

Ils cherchent à percer l’un des secrets le mieux gardé des cinquante dernières années: les deux minutes de vidéo manquantes, lors de la retransmission des premiers pas américains sur la lune, le fameux 21 juillet 1969. S’ils trouvent, ce serait juste le scoop du millénaire!

Mais comme Olivier Baroux n’en fait rien, de ce postulat de départ, les choses ne tardent pas à se gâter dans ce film d’aventures qui se veulent rocambolesques, au scénario poussif, aux dialogues plats, s’enlisant entre clichés laborieux et gags calamiteux.

S’obstinant dans ses compositions lassantes et pas drôles d’idiot au grand cœur multipliant les catastrophes, Kad Merad ne contribue pas à relever le niveau. Seules à émerger un peu de la médiocrité ambiante, Alice Taglioni et sa plastique de rêve, ainsi que la petite Chawanrut Janjittranon, ravissante gamine que tout le monde voudrait adopter.

Film à l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 22 octobre.

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15/10/2014

Cinéma: "Geronimo", le "West Side Story" gipsy de Tony Gatlif

1400764350587_0570x0358_1400764362443[1].jpgUne  banlieue du sud de la France, une rue déserte et une adolescente en robe de mariée lancée dans une longue course éperdue. D’origine turque, elle s’appelle Nil Terzi et vient de s’échapper d’un mariage forcé avec un homme plus âgé, pour rejoindre celui qu’elle aime à la vie à la mort, le jeune et beau gitan Lucky Molina.

Il l’enlève sur sa moto et voici nos amoureux en fuite, déclenchant la fureur de la famille de Nil, prête à les tuer pour sauver son honneur.

L’autre bord n’est évidemment pas en reste et, la guerre brutalement rallumée, les deux clans rivaux s’affrontent dans de provocatrices battles musicales. Tandis que Geronimo, une courageuse éducatrice de rues au grand cœur qui fait régner la loi dans le quartier, s’interpose pour empêcher une vendetta aveugle et le sang de couler.

La demi-mesure, le réalisateur Tony Gatlif ne connaît pas. Avec sa West Side Story gipsy, où il transforme les scènes de bastons en ballets chorégraphiés dans un déluge d’images et de musique, turque, gitane, world, il frise l’outrance. Sinon tombe en plein dedans à l’occasion. En même temps, dans cette ode à la liberté et à l’amour, on aime sa façon de militer contre la violence et les traditions archaïques dans lesquelles trop de femmes continuent à être enfermées. Et à souffrir.

165588.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxx[1].jpgSon choix d’une médiatrice au lieu d’un médiateur pour apaiser les tensions, n’est pas anodin. Comme il le dit lui-même "une femme c’est plus fort, plus juste, moins commun qu’un mec toujours dans le rôle de celui qui sauve, règle, commande".

Il a ainsi confié celui de Geronimo à Céline Sallette (photo), qui, à part Sergi Lopez apparaissant brièvement dans le film, est la seule professionnelle. Tous les autres débutent et ils ont de l’énergie à revendre.

Film à l’affiche dans les salles de Suisse romande depuis mercredi 15 octobre.

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Cinéma: "Samba" traite le délicat sujet des clandestins. Sans convaincre

images[3].jpgAprès Intouchables et ses quelque 20 millions d’entrées,  Olivier Nakache et Eric Toledano remettent le couvert avec Samba, leur cinquième film adapté d’un roman de Delphine Cousin. Dans le rôle principal, Omar Sy bien sûr. Juste en passant, leur comédien fétiche poursuit sa carrière américaine avec X-Men Days Of Future Past, avant Good People et Jurassic World.

Mais là, il donne la réplique à Charlotte Gainsbourg et les choses se passent en France où Samba, clandestin sénégalais tente par tous les moyens de régulariser sa situation.

Il galère d’un petit boulot à l’autre, plongeur, vigile de nuit ou trieur de déchets, avec la trouille de se faire pincer. Finalement arrêté, il est placé dans un centre de rétention où il se voit signifier l’obligation de quitter le territoire.

C’est alors qu’il rencontre Alice, cadre supérieure soignant son burn out en travaillant comme bénévole dans une association s’occupant de sans-papiers. En mal de tendresse sinon plus, séduite par les muscles du costaud Samba, elle décide de l’aider...

Mêmes recettes et mêmes ficelles

Toledano et Nakache se penchent sur un sujet délicat. Mais en utilisant les mêmes recettes et ficelles que dans Intouchables, mettant notamment en scène deux personnages aux antipodes, ils livrent une comédie sociale qui se prétend dure, juste, émouvante, avec une touche d'humour. Elle se révèle pourtant bien peu convaincante tant la trame est téléphonée et les blagues pas terribles. 

Sans compter, alors que le film est censé explorer une situation difficile, que la rencontre entre deux êtres diversement marginalisés vire à une histoire d’amour des plus improbables. On a vraiment du mal  à croire à l’attirance qu’éprouve Samba, à l’égard d’une quadra terne, fragile, coincée, paumée et dépressive. CertesiIl est gentil, mais il y a des limites...

On signalera encore, aux côtés du duo principal, Iza Higelin qui n‘apporte pas grand-chose à l’affaire, sinon de deviner incongrument la "chaudasse" sous les airs timides de Charlotte Gainsboug, sa collègue bénévole. Et surtout Tahar Rahim qu’on adore mais qu'on a vu nettement plus inspiré qu’en laveur de carreaux, enlevant voluptueusement le haut pour de frétilllantes secrétaires dans une scène grotesque.

Film à l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 15 octobre.

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14/10/2014

Cinéma: "Le labyrinthe", entre la série "Lost" et la saga "Cube"

7774805121_thomas-sangster-incarne-newt-dans-le-labyrinthe[2].jpgSe réveillant amnésique dans un ascenseur, Thomas ne comprend pas ce qui lui arrive. Un groupe de garçons venus l’accueillir lui explique que la "boîte" amène chaque mois un nouveau ayant perdu la mémoire comme lui. 

Ils sont donc une trentaine prisonniers dans ce village étrange et inconnu entouré de murs infranchissables, contraints de se plier à des règles très strictes pour survivre.  

Unique possibilité de fuir, un labyrinthe géant, mystérieuse construction meurtrière dont le plan est modifié chaque nuit. Mais seuls les membres du clan des coureurs sont autorisés à pénétrer dans cet endroit peuplé de  monstrueuses et terrifiantes créatures arachnoïdes, pour tenter de trouver une sortie. Coureur ou pas, inutile de préciser que le courageux Thomas n’a pas l’intention  de rester les bras croisés et organise rapidement une rébellion pour retrouver la liberté.

Un récit dystopique

Le labyrinthe (titre original The Maze Runner) est  adapté par Wes Ball d’un roman de science-fiction de James Dashner qui, comme  Hunger Games ou Divergente s’inscrit dans le roman dystopique ou contre-utopique  Autrement dit il s’agit d’un récit dépeignant une société imaginaire organisée de telle façon qu’elle empêche les gens d’accéder au bonheur.

Le réalisateur nous entraîne ainsi à la suite de sa bande de jeunes héros pris au piège mais déterminés à s’en sortir coûte que coûte. A commencer évidemment par  Thomas, interprété par Dylan O’Brien (photo). A noter  que contrairement aux autres films du genre, une seule fille figure dans la distribution, Kaya Scoledari, dernière débarquée et qui vient perturber le monde des garçons.

Entre la série Lost et la saga Cube, Wes Ball livre un opus pour adolescents qui se veut anxiogène. Sans pourtant aller jusqu’à filer de gros frissons d’angoisse au spectateur,  il se laisse voir grâce à ses comédiens convaincants, ses décors travaillés, et sa mise en scène efficace.

Film à l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 15 octobre.

 

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Cinéma: "Le sel de la terre", rencontre entre Wenders et Salgado

PHO719829f8-df41-11e3-8cee-ae90414f50a8-805x453[1].jpgSuite à l’achat du portrait d’une Afghane aveugle photographiée par Sebastiao Salgado, Wim Wenders, terriblement ému, veut absolument voir son auteur. C’est chose faite dans son atelier parisien, une rencontre qui a provoqué l’envie d’un film.

C’est ainsi qu’est né Le sel de la terre, documentaire que le cinéaste allemand a réalisé avec Juliano, le fils de Salgado, destiné à mettre en valeur le travail du célèbre Brésilien, en détaillant son évolution.

Depuis quarante ans "le photographe de la condition humaine",  tel qu'il est présenté, parcourt l’univers. Après avoir fui la dictature de son pays de 1964 à 1985, il s’installe à Paris en 1969, travaille pour la Banque mondiale mais abandonne tout dans les années 70 pour arpenter la planète et témoigner remarquablement des événements majeurs qui ont marqué son histoire récente: famine au Sahel, conflit du Ruanda, guerre de l’ex-Yougoslavie, forçant les populations misérables à l’exode, en laissant derrière elles des monceaux de cadavres.

Sur l’écran défilent les photos, commentées off par l’artiste, déclarant entre autres analyses "on est un animal féroce, nous les humains..."  Les images sont bouleversantes, admirables , sublimes, grandioses. Tout comme celles des territoires vierges, gigantesque projet photographique dans lequel s’est lancé aujourd’hui Salgado, parti à la découverte de la faune et de la flore sauvages. 

A travers ses voyages où il dresse un état du monde et de la planète, apparaît aussi l’homme, bien que l’apologie qu’en font les deux réalisateurs gênent certains. Reste qu’il est révélé à la fois par son fils Juliano, qui a filmé son père dans ses dernières expéditions et par Wim Wenders qui suit Salgado à Paris et chez lui, au Brésil. Où, comme pour montrer que rien n’est irréversible ou inéluctable, il a replanté des millions d’arbres dans le domaine familial. La terre autrefois desséchée est devenue une réserve naturelle.

 

Film à l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 15 octobre.

 

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10/10/2014

Finale de la Coupe Davis: les chances des Suisses passent de quasi nulles à très minces...

1328604-28565652-1600-900[1].jpgLes chances des Suisses de battre en finale de la Coupe Davis les Français, grands spécialistes de l’épreuve, étaient jusqu’ici plus minces qu’un papier à cigarette. Elles semblent avoir un chouia augmenté.  

Le résultat de la légende en quarts du Masters de Shanghai n’est pas étranger à mon minuscule regain d’optimisme. Bien qu’ayant sué sang et eau jusqu’au tie-break pour remporter le premier set face à Benneteau, Federer n’a en revanche et contre toute attente pas trop œuvré dans le détail au cours du second. Allant jusqu'à offrir cyniquement une roue de vélo au Bleu, qui passe parfois pour l’une de ses bêtes noires.

Certes Wawrinka qui, en dépit de sa pub pour Visilab n’en voit décidément plus une depuis son triomphe australien contre Nadal en janvier dernier puis contre le Bâlois en avril à Monte-Carlo, n’a de loin pas rassuré les fans des Rouges. Mais s’il a été pitoyablement éliminé dès son entrée à Tokyo par un illustre inconnu nippon et à Shanghai par… le Tricolore Simon, ce fut le même fiasco pour Gasquet à un tour près.

De son côté Tsonga, suite à sa victoire sur Sa Grâce helvétique à Toronto, a lui aussi erré tel un fantôme sur le court à l’US Open puis au Japon, pour jouer l’Arlésienne en Chine. A l’image de Monfils pas encore remis de la défaite cruelle que lui a infligée le Bâlois en quarts à New York, alors qu'il avait failli rendre les armes dans la quatrième manche. 

Rendez-nous Saint Ottmar!

Il serait toutefois fort dangereux de vendre la peau de l’ours comme certains spécialistes du crampon qui voyaient l'Helvétie l’emporter les doigts dans le nez contre la Slovénie après son faux-pas contre l’Angleterre. Mais caramba, encore raté, ce qui plombe déjà quasiment définitivement les espoirs de qualification pour l’Euro.

Le prétentieux Petkovic et ses ouailles, se vautrant dans l’autosatisfaction en estimant en substance avoir réussi un bon match n’ont pas l’air de réaliser la chose. La preuve ? Selon leur analyse pointue de la rencontre, il leur manque juste de la confiance, de l’efficacité, de l’inspiration et surtout la rage de mettre le ballon au fond. Rien que ça....Seigneur, rendez-nous Saint Ottmar!

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Cinéma: "National Gallery", une fabuleuse immersion dans le célèbre musée londonien

national-gallery-frederick-wiseman-image3-le-passeur-critique[1].jpgAprès l’Opéra de Paris et l’Université de Berkeley, l’octogénaire Frédérick Wiseman, très prolifique roi du documentaire fleuve, poursuit sa tournée des institutions publiques. Il a posé sa caméra à la National Gallery, heureuse détentrice de sublimes collections. 

Le cinéaste a consacré à son nouvel opus de douze semaines de tournage entre la mi-janvier et la mi-mars 2012, 17 heures de rushes et un an de montage. Il nous propose une extraordinaire immersion de trois heures au sein du célèbre musée londonien, dans le cadre d’une réflexion sur les rapports entre la peinture et le cinéma.

Merveilleux voyage, National Gallery permet au spectateur de cheminer de la peinture occidentale du Moyen Age au 19e siècle en compagnie d’admirables et fascinants conférenciers, surtout des conférencières d’ailleurs, et des meilleurs restaurateurs.

Ces passeurs d’art dotés d’un impressionnant savoir qu’ils délivrent avec autant de simplicité que d’humour, font non seulement vivre les chefs d’oeuvre, mais les décodent pour nous permettre de mieux saisir les intentions du peintre. Tout en évoquant la manière dont ils racontent une histoire en une seule image, contrairement à un film, ils s’attardent sur de nombreuses toiles.

img_samsonanddelilah-rubens[1].jpgDifficile de choisir parmi celles-ci. Mais on a un faible pour Samson et Dalila de Rubens, qui nous vaut le récit de la belle espionne envoyée par les Philistins pour coucher avec l’ennemi dans le but de détruire Israël. La chute de Carthage de Turner, très influencé par l’histoire et intéressé par la fin et l’essor des empires, est commenté avec passion, comme  La vierge aux rochers de Leonard de Vinci révélant la technique de l’artiste et dont il existe deux versions, la première se trouvant au Louvre.

La mise au tombeau de Michel-Ange, fleuron de la galerie, tableau inachevé où persiste le mystère 500 ans après, mérite évidemment toute l’attention des guides, qui nous racontent aussi Vermeer et sa création d’un monde idéal si séduisant à regarder, entre réalisme et abstraction, le premier se dissolvant dans la seconde. Sans oublier une fabuleuse séquence à propos de la restauration d’un Rembrandt.

Wiseman ne se contente pas de nous révéler l‘essence des tableaux ou le jeu de miroirs entre eux et les visiteurs. Dans ce lieu prestigieux où tout commence et finit par le cirage des parquets, le cinéaste parle également de son fonctionnement, de son rapport au monde au public, de sa stratégie, ou du meilleur moyen d’arriver à l’équilibre du budget.

Toutes questions de politique culturelle certes importantes mais qui auraient gagné à être écourtées. Un bien pâle reproche toutefois en regard de la brillante facture de ce documentaire génial à découvrir de toute urgence.

Film à l’affiche dans les salles de Suisse romande depuis mercredi 8 octobre.


 

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07/10/2014

Cinéma: avec l'excitant "Gone Girl", le corrosif Fincher joue les manipulateurs

Gone-Girl-Ben-Affleck-Rosamund-Pike-Entertainment-Weekly-cover[1].jpgDepuis cinq ans, Nick Dunne et la belle Amy semblent filer le parfait amour dans la banlieue chic d’une petite ville ordinaire. Formant aux yeux de leur entourage, le couple idéal. Jusqu’au jour où Nick découvre une pièce de la maison sens dessus-dessous, tandis que sa femme demeure introuvable. Imaginant un cambriolage qui a mal tourné, sinon un enlèvement, il décide de signaler son absence.

L’affaire ne tarde pas à soulever les passions. D’insinuante, la police se fait insistante et les médias s’emballent. Branle-bas de combat, conférence de presse organisée au lendemain de la disparition de l’épouse. Avec Nick posant devant une affiche représentant le visage rayonnant d’Amy. Et il sourit. Un sourire qui sera mal interprété.

Des failles apparaissent. Assailli de questions par les flics, coincé entre les journalistes et ses beaux-parents, Nick s’affole, se met à mentir et à cacher des choses qui cassent petit à petit l’image des époux modèles. Et contribuent surtout à le faire rapidement voir comme le suspect numéro un.

Gone Girl, l'excitant nouveau long-métrage de David Fincher, auteur entre autres de Seven , Fight Club, The Game ou Panic Room, est l’adaptation du roman à succès (2 millions d’exemplaires vendus aux Etats-Unis) de Gillian Flynn, qui a signé seule le scénario.

De Hitchcock à Lynch

De la haute voltige pour ce film transformant le rêve américain en cauchemar, mêlant au drame conjugal le meurtre et le mystère, tout en surfant sur le thriller angoissant sinon absurde, la comédie acide, la satire implacable du règne de l'apparence, du mariage, de l’intrusion vorace des médias voyeurs dans l’intimité des gens, de l’opinion publique versatile, de la justice et de la société en général.

Pendant 2 heures 30 qu’on ne sent pas passer, le corrosif Fincher, passant de Hitchcock à Lynch, joue ainsi avec les genres sur le mode coupable non coupable, en autopsiant la désintégration d’un couple glauque livré en pâture à une Amérique puritaine. Le tout agrémenté de rebondissements destinés à entortiller le spectateur, ravi de se faire prendre dans les filets du talentueux manipulateur.

Le réalisateur a choisi de confier le rôle principal de Nick à Ben Affleck qui, faute d’être un mari parfait, se révèle excellent dans la peau de cet homme trouble, distant, sarcastique. Rosamund Pike est à la hauteur dans celle d’Amy. Tous eux sont contraints de tomber le masque, mais je ne vous en dirai pas davantage pour ne pas vous gâcher le plaisir de la découverte.

Film à l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 8 octobre

 

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Cinéma: "Mommy", infernale et déchirante cohabitation mère-fils

mommy-de-xavier-dolan-dans-la-course-aux-oscars,M169021[1].jpgChoisi pour représenter le Canada  dans  la course aux Oscars du meilleur film étranger,  lauréat du Prix du jury au  récent Festival de Cannes , Xavier Dolan (photo) avait été  révélé à 20 ans seulement sur la Croisette dans La Quinzaine des réalisateurs avec «J’ai tué ma mère». Il y évoquait  le désamour d’un fils pour l’auteure de ses jours.

Cinq ans plus tard, entré dans la cour des grands avec trois autres longs-métrages dont les excellents Lawrence Anyways» et «Tom à la ferme, l’iconoclaste  prodige québécois veut en quelque sorte prouver le contraire avec Mommy, même s’il n'hésite pas à lui balancer des horreurs. Mais, de taille à se défendre, maman a du répondant à revendre.

Le cinéaste nous plonge en effet dans une relation particulièrement  houleuse entre Steve et sa mère Diane. Adolescent hyperactif, il souffre de graves troubles psychiatriques. Sujet à de violentes et terrifiantes crises, il devient  ingérable au point que l’établissement où il a été scolarisé refuse de le garder.

Diane, une quadra bien roulée, plutôt vulgaire, et fringuée rock, adore son gamin aussi touchant et intelligent qu’agité et insupportable. Elle  refuse de le voir à nouveau interné dans une unité médicale spécialisée et décide de l’élever seule en dépit du danger qu’il représente. Pour  lui et pour elle.

Passion, brutalité et humour vache

De violentes disputes ne tardent pas à rythmer leur infernale cohabitation. Steve et Diane s’affrontent à grand renfort de hurlements hystériques dans un langage de charretier (en français du Québec incompréhensible sans sous-titres), pour se réconcilier dans de déchirantes protestations d’amour.

Très vite leur voisine Kyla, enseignante timide, introvertie, mal dans sa peau et peinant à sortir deux mots de suite, s’immisce dans le couple et agit comme un calmant sur ces deux fous furieux.

mommy_a[1].jpgPour ce mélo frisant parfois l’outrance, saturé de tubes de Céline Dion, Oasis, Dido et Lana Del Rey, où se mêlent passion, brutalité et pathétique sur fond d’irrésistible humour vache, le créatif Dolan a notamment choisi un oppressant format carré. Comme  pour mieux y enfermer son trio. A commencer évidemment par Steve, dont la société ne sait que faire, sinon lui passer la camisole de force. L’image deviendra plus tard panoramique lors d’une scène extraordinaire.

Oscillant entre l’homérique et le cauchemardesque,  ce redoutable combat familial est porté par l’étonnant et talentueux  Antoine-Olivier Pilon (photo), ainsi que la géniale Anne Dorval et la non moins formidable Suzanne Clément. Des fidèles du cinéaste.

Un nouveau projet avec Jessica Chastain

Bluffant touche-à-tout ,  Xavier Dolan qui avait annoncé vouloir faire un break, s’est déjà investi dans un nouveau projet, «The Death And Live Of John F Donovan», son premier film en anglais.

Satire du milieu cinématographique, l’opus racontera l’histoire d’un grand acteur américain qui entretient une correspondance secrète avec un jeune garçon londonien de 11 ans. Jessica Chastain incarnera la machiavélique rédactrice en chef d’un magazine people, avide de faire chuter la star.

Film à l'affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 8 octobre.

 

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06/10/2014

Marin Cilic, l'Attila de l'US Open, par deux fois au tapis en Chine!

images[11].jpgIl se passe parfois des choses surprenantes en sport. Vous avez des athlètes, des cyclistes ou des tennismen qui ne cassent pas franchement des briques et hop, d’un coup d’un seul les voici qui se transcendent pour atomiser les meilleurs.

A l’image de Marin Cilic qui, on s’en souvient, s’était vu infliger l’an dernier une suspension de neuf mois pour dopage. Réduite à quatre vu qu’il avait reconnu sa faute, en admettant avoir ingéré une substance interdite par inadvertance.

Sa punition ayant ainsi pris fin en octobre 2013, il pouvait à nouveau s’aligner début novembre. Mais le Croate ne s’était pas trop fait remarquer, remportant deux insignifiants tournois de campagne, jusqu’à la tournée américaine et Toronto, où il avait mené la vie très dure à Federer en quarts avant de s’incliner face à la légende, puis plus curieusement devant Wawrinka en huitièmes à Cincinnati.

Pour revenir le couteau entre les dents à l’US Open ou tel l’Attila des couts, il a tout balayé sur son passage. Après avoir eu besoin de cinq sets pour se débarrasser du Français Simon, Cilic plus affamé qu’un ogre a englouti en trois petits sets ridicules Berdych, puis le maestro pourtant certain qu’il pouvait remporter son dix-huitième Grand Chelem dans la Grosse Pomme et enfin, pour s’offrir le trophée, le valeureux Nishikori.

Certes il était sur les rotules le Japonais. Il n’empêche. Depuis son insolent triomphe new-yorkais, Cilic erre tel un fantôme sur le circuit. D’abord il a été sèchement battu par Murray en quarts à Pékin. Pire il s’est fait sortir par son compatriote Karlovic, de quasiment dix ans son aîné au premier tour du Master de Shanghai. Alors je ne sais pas vous, mais moi je trouve tout cela quand même un rien stupéfiant…

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01/10/2014

Cinéma: "Pause", une comédie douce-amère du Vaudois Mathieu Urfer

pauseboxprod20146-w540[1].jpgMathieu Urfer, 36 ans, diplômé en scénario de l’ECAL, auteur de plusieurs courts, scénariste de séries pour la RTS et guitariste au sein du groupe Chewy, propose Pause, son premier long-métrage. Il a eu en août dernier les honneurs de la Piazza Grande à Locarno.

Dans cette comédie dont il a composé l’essentiel de la bande originale, le cinéaste vaudois raconte le quotidien de Sami, sympathique loser et musicien désinvolte qui fait de la country avec Fernand, son vieux copain septuagénaire.
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Quatre ans auparavant, Sami a eu le coup de foudre pour Julia, une brillante juriste avec qui il vit depuis. Quelle n’est pas sa surprise lorsque lassée par le manque d’ambition de son compagnon, elle lui demande de faire une pause.

Déterminé à la reconquérir, il tente alors l’impossible pour lui prouver qu’elle est la femme de sa vie. Suivant les conseils improbables de Fernand, alcolo impénitent en dépit ou à cause de la maladie en train de l’emporter et jouant les rebelles au sein de l’EMS dont il est pensionnaire.

Avec Pause qu’il a mis des années à peaufiner, Mathieu Urfer ne se montre pas d'une folle originalité. Il signe néanmoins un joli film romantique à la fois léger et doux-amer, ne manquant par ailleurs pas d’humour. Il va jusqu’à se permettre un amusant clin d’œil au célèbre Shining avec l’apparition soudaine de deux petites jumelles au regard accusateur.

L'opus est de plus porté de bout en bout par le jeune et convaincant comédien lausannois Baptiste Gilliéron (photo). Il donne la réplique à l’excellent André Wilms, acteur fétiche du réalisateur finlandais Aki Kaurismäki et grand comédien de théâtre.

Film à l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 1er octobre.

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28/09/2014

Cinéma: Bonello gagne la bataille des "Saint Laurent" avec YSL en proie à ses démons

la-production-de-saint-laurent-de-bertrand-bonello-repoussee,M108199[1].jpgTrès attendu le Saint Laurent de Bertrand Bonello sort, quelques mois après celui de Jalil Lespert, vainqueur de la gué-guerre les opposant. En effet, alors que le jury de Cannes l’a ignoré, il a été choisi par le CNC pour représenter la France dans la course à l’Oscar du meilleur film étranger. Les nominations seront annoncées le 15 janvier prochain.

Cela n’a rien de surprenant. Dès l’entame, une constatation s’impose. Si Lespert livrait avant tout un film d’acteurs, (les excellents Pierre Niney et Guillaume Galienne), Bonello mise, avec la complicité de Gaspard Ulliel et Jérémie Renier sur une mise en scène sophistiquée faite de contrastes, d’allers et retours dans le temps, de montage en split-screen.

A gauche de l’écran par exemple se succèdent des images d’actualité, Mai 68, guerre du Vietnam, de Gaulle, tandis qu’à droite les mannequins descendent les marches de la maison de couture et que s'affichent les dates des collections.

La chute inéluctable d'un génie

En outre, alors que Lespert se concentrait sur l’histoire d’amour entre YSL et Pierre Bergé, son compagnon pendant plus de cinquante ans, l’auteur de L’Apollonide, s’est plus particulièrement penché sur la période 1965-1976. Parallèlement à l’âge d’or côté mode commence la descente aux enfers du héros de l’histoire.

Professionnellement au sommet de son génie et de sa gloire, YSL qui vient de sortir la collection  Mondrian, va créer le fameux smoking pour femmes, alors qu'elles sont encore interdites de pantalon dans les entreprises. Ainsi qu'un parfum. Mais en proie à ses tourments existentiels et aux démons qui le rongent, il sombre sur le plan personnel et ne se relèvera pas. 

saintlaurent01[1].jpgLe film ouvre en 1974. On voit de dos un homme descendre dans un hôtel. Yves Saint Laurent prend une chambre sous le nom de Swan, téléphone à un journaliste et lui raconte sa dépression pendant son service militaire, sa cure d’électrochocs et sa dépendance aux drogues..
 
On pense alors se diriger droit vers le biopic avec flash back à l'appui. Sauf que non. Il ne s'agit pas non plus à proprement parler d'un processus de création même si Saint Laurent dessine de temps en temps. Parfois fiévreusement. Quelques défilés spectaculaires attestent par ailleurs de son immense talent.

Mais qui  ne connaît pas le grand couturier, ne saisira pas vraiment, même au bout de 2h30, l’importance de ce créateur de la transgression en lutte contre les tabous moraux et esthétiques, qui a donné le pouvoir aux femmes et habillé aussi bien la scène que  le cinéma tout au long de sa carrière.

Entre rencontres sordides, shoot et partouzes homos

Gaspard-Ulliel-et-Louis-Garrel-dans-Saint-Laurent-de-Bertrand-Bonello_portrait_w858[1].jpgIl est vrai que l’intention de Bonello est ailleurs, Tandis qu’il nous montre les couturières et les petites mains au travail, la rigueur et la hiérarchie sévère régnant dans l’atelier, Saint Laurent s ’étourdit dans le monde de la nuit.

En pleine autodestruction, YSL erre avec son amant du moment en quête de rencontres sordides, se shootant aux médicaments et à l’alcool, ou se perdant dans des partouzes homos, laissé inconscient et blessé sur un chantier où vient le récupérer Pierre Bergé au petit matin.  
 
Formidable Gaspard Ulliel
 
«J’ai créé un monstre et je dois vivre avec… », dit Gaspard Ulliel formidable en Saint Laurent. Evitant le mimétisme et l’imitation, le comédien ne cherche pas à singer le géant de la couture, mais se révèle juste et vrai dans la voix, la démarche, le comportement, la gestuelle,

On n’en dira pas autant de Jérémie Renier, qui se révèle moins bon que Guillaume Gallienne chez Jalil Lespert.. Assez logiquement dans la mesure où il est réduit, à quelques exceptions près, au rôle ingrat de businessman froid, calculateur, ambitieux. que lui a assigné Bonello. Y ajoutant celui peu flatteur de l’amoureux trompé et moqué à l’occasion. .
 
L’image écornée du mécène explique la polémique entourant les deux opus. Le Lespert a été adoubé par Pierre Bergé qui détient un droit moral sur l’œuvre d’YSL. En revanche il n’a pas donné son approbation à l’adaptation de Bertrand Bonello, tentant même en vain d’empêcher sa réalisation.

Film à l'affiche dans les salles romandes dès mercredi 24 septembre.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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24/09/2014

Cinéma: "Elle l'adore" et on l'aime bien. Avec Sandrine Kiberlain et Laurent Laffite

imagesCAH2QS5S.jpgVincent Lacroix est un chanteur populaire au sommet de sa carrière. L’idole de Muriel, une esthéticienne dont il remplit le quotidien banal et qui ne rate pas un seul de ses concerts. Il le sait, il ne cesse de la voir, bien qu’elle se fasse discrète.

C’est ainsi  qu’un soir, il sonne à la porte de sa plus grande admiratrice pour lui demander de l’aider dans une dangereuse entreprise: faire disparaître le corps de sa compagne, morte accidentellement à la suite d’une violente dispute. Sans se poser de questions Muriel n’hésite pas une seconde, même si sa vie en est chamboulée.

Elle l’adore est le premier long-métrage de Jeanne Henry, 36 images[10].jpgans. Avec dans les rôles principaux Sandrine Kiberlain parfaite en admiratrice à la fois sage et complètement folle, et Laurent Laffite façon Michel Leeb, en petit salopard manipulateur à la fois beauf et cynique pour sauver sa peau.

Jeanne Henry évolue à l’aise dans ce milieu. Il faut dire qu’elle connaît la musique puisqu’elle est la fille de Miou-Mou et de Julien Clerc. Elle nous accroche en nous montrant, c'est crédible, jusqu’où peut aller une fan de célébrité. Et séduit donc avec ce drôle de polar original en forme de comédie noire.

L’opus ne tient toutefois pas absolument toutes ses promesses, en raison d’une intrigue particulièrement tarabiscotéee, virant parfois au farfelu et au loufoque. Des maladresses également du côté de l’enquête avec les problèmes sentimentaux du couple de flics qui en est chargé. Certes les infidélités de Madame ne sont pas sans conséquence en l’occurrence, mais on reprochera à l’auteur la façon de les mettre en scène.

Au final pourtant, l’opus tient la route, le duo Kiberlain-Laffite fonctionne, et on ne s’ennuie pas, bien au contraire. Comme dirait Lucchini c’est énorme après la quantité de fictions calamiteuses que le cinéma français nous a infligées depuis le début de l’année.

Film à l’affiche dans les salles de Suisse romande dès le mercredi 24 septembre.

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23/09/2014

Cinéma: "Leviathan", tableau implacable d'une Russie minée par la corruption

leviathan1[1].jpgUne Russie minée par la corruption, des gens désespérés broyés par la machine étatique. A  l’image de Kolia, un garagiste aspirant à mener une vie sans histoire entre sa femme et son fils d’un précédent mariage, mais dont l’existence est menacée par l’odieux maire du village qui le dépouille, lui prenant son terrain, son garage, sa maison. Prêt à tout, Kolia entreprend un combat illusoire pour tenter de récupérer ses biens.

Avec Leviathan, son quatrième long-métrage, le réalisateur Andrey Zvyagintsev dresse un tableau implacable, glacial d’un pays malade, révélant un quotidien sombre, où règnent en maîtres le chantage, les menaces et la violence physique contre des individus qui refusent de plier devant l’autorité.

Un tragique mêlé d'humour

Un pessimisme qui, même si le tragique l’emporte dans cette comédie sociale noire en forme de thriller mâtiné de parabole biblique, n’empêche pas un humour corrosif au fil de scènes parfois jubilatoires, où les habitants noient leur désespoir dans des litres de vodka.

Dans une première partie particulièrement intense, le réalisateur, se livrant à la critique du régime de Poutine, touche à l’universel en dénonçant les régimes gangrénés par l’argent et qui méprisent les peuples. Dommage qu’il se perde ensuite dans une histoire confuse d’adultère. Un reproche relativement mineur, face à l’excellente mise en scène, une brillante interprétation et l’imposante beauté de ce paysage du nord de la Russie. 

images[4].jpg"Mon pays est magnifique"

De passage à Genève, Andrey Zvyagntsev parle avec passion de ce film qui lui a valu le Prix du scénario au dernier Festival de Cannes. Il dément avoir voulu montrer une Russie malade. "Mon pays est magnifique. Mais parfois on a moins de chance et des difficultés".

"Leviathan est un miroir réaliste de ce qui se passe, même si je force un peu le trait. L’idée m'est venue d’un fait divers qui s’est déroulé en Amérique, dans le Colorado. Un homme simple a été confronté à l’Etat. Victime d’une injustice, il a été humilié par le pouvoir et a répondu en se révoltant".

-Votre film représente le lien conflictuel que l’individu noue avec l’Etat tout puissant. Un monstre nécessaire?

-Oui, sinon on revient aux cavernes, aux cannibales.

-Vous n'accusez pas moins l’omniprésence d’une classe politique aux méthodes mafieuses, une justice aux ordres, une Eglise avide de pouvoir.

-Il y a malheureusement des gens qui alimentent ce système, pour qui la situation est très confortable. Quand un fonctionnaire  me demande pourquoi je tourne des films aussi noirs, je lui dis que je ne créée pas  l’image. Je ne fais que refléter ce qui existe.

-Vous portez aussi un regard sans indulgence et sans pitié sur vos compatriotes.

La vérité fait mal aux yeux. La pilule est amère et on n’a pas envie de l’avaler. Toutefois, elle apporte la guérison. L’humain a besoin de voir la vie telle qu’elle est.

-Ils sont le plus souvent ivres, noyant leur mal-être dans la vodka. Est-ce une sorte de passeport pour l’oubli ?

-Je pense que les Français boivent autant que les Russes. Les Suisses aussi peut-être… Un passeport pour L‘oubli ? Pourquoi pas ? Que voulez-vous faire d’autre dans certaines situations ?

-En même temps, les Russes sont des êtres fiers.

-C’est vrai, mais il s’agit d’une fierté irréfléchie, irrationnelle instinctive. Certains sont par exemple enchantés des sanctions européennes. Vous ne voulez pas nous livrer du fromage de chèvre ? Très bien, on vous coupe le gaz. On va survivre sans vous. 

-Il y a cette longue scène où la maison de Kolia est entièrement détruite. Une métaphore, un symbole que ce saccage? 

-Non. C’est juste un fait. Toute une vie est passée dans cette maison. Il y a eu beaucoup de vodka, beaucoup de larmes, beaucoup d’amour Et tout d’un coup il n’y a plus rien. En même temps on pourrait voir cela comme une ouverture sur autre chose.

-Un nouveau film?

-Oui, bien sûr. Le cinéma, c’est ma vie. Sans lui, je ne peux tout simplement pas exister.

Film à l'affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 24 septembre.

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17/09/2014

Cinéma: "Bon rétablissement", avec Gérard Lanvin cloué dans un lit d'hôpital. Laborieux

images[8].jpgJean-Becker, 81 ans, n’arrête pas de tourner. Cinq films depuis 2007. Après La tête en friche adapté du roman de Marie-Sabine Roger, il a convoqué ,avec la complicité de la même écrivaine et de Jean-Loup Dabadie, Gérard Lanvin pour lui offrir un séjour à l’hôpital.

Après avoir été renversé par une voiture, accident dont il ne garde aucun souvenir, projeté dans la Seine et sauvé par un jeune prostitué qui tapine pour payer ses études, Pierre se retrouve cloué dans un lit, la tête bandée et une jambe plâtrée.

La soixantaine, Pierre est un vieux grincheux qui ne cesse de s’énerver et de râler contre tout, les gens, la bouffe, les soins, l’interdiction de fumer. Jean Becker s’évertue ainsi à nous montrer les malheurs quotidiens et les petites humiliations d’un patient aspirant au calme et à la solitude et devant subir au contraire les visites parfois humiliantes des infirmières, du grand patron arrogant et de ses internes aux ordres.

Sans oublier celles de ses proches dont son frère Hervé (Jean-Pierre Darroussin pas au mieux de sa forme), avec leur lot de gags téléphonés et de conversations d’un rare inintérêt, ou les incursions d’une grosse adolescente insupportable qui vient squatter son ordinateur. Car résolument moderne, le cinéaste réserve même des entretiens via skype de Pierre avec un vieux copain, en l’occurrence Daniel Guichard, carrément pathétique.

Pour couronner le tout, ne voilà-t-il pas qu’on assiste au retour inespéré d’un ancien amour. De quoi permettre à notre ours mal léché de s’attendrir, de s'ouvrir peu à peu aux autres, à la vie, de s’humaniser, bref de renaître. Allons-y pour les violons.

Jean-Becker, qui a tendance à se plaindre de la critique française peut être satisfait. Une tournée du net montre qu’une bonne partie d’entre elle salue ce film "doux-amer, humaniste, revigorant, émouvant, plein d’humour et aux dialogues truculents". Le Figaro va jusqu’à écrire qu’il "se penche au chevet de la France en cette période de pessimisme généralisé". Histoire de remonter le moral de ses compatriotes, en servant  de remède à la morosité ambiante, comme l’espère lui-même l’auteur.

Ne l'ayant trouvé ni drôle, ni touchant, ni bien interprété, ni bien dialogué, mais au contraire aussi laborieux que consternant, j’avoue qu’après avoir vu l'opus, le mien, de moral, était à zéro. Il m’a fallu Pride, où les gays londoniens volent au secours des mineurs gallois, pour lui faire reprendre de l’altitude...

Film à l‘affiche dans les salles romandes dès mercredi 17 septembre.

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Cinéma: Benoît Jacquot déçoit avec "3 coeurs" malgré un casting cinq étoiles

images[5].jpgEn déplacement professionnel en province, Marc rate le train pour rentrer à Paris. A la recherche d’un hôtel, Il rencontre Sylvie. C’est le coup de foudre, ils se promènent dans les rues désertes, passent la nuit ensemble et il lui donne rendez-vous au jardin des Tuileries quelques jours plus tard.

Sylvie s‘y rend, mais Marc, victime d’un malaise cardiaque, le manque. Il retourne alors la chercher, mais tombe amoureux d’une autre, Sophie, sans savoir qu’elle est la sœur de Sylvie et finit par l’épouser. Lorsqu’il s’en rend compte, Marc est dévasté…

Pour son dernier film, 3 cœurs, Benoît Jacquot s’est entouré de Benoît Poelvoorde, Charlotte Gainsbourg, ainsi que Chiara Mastroianni et Catherine Deneuve, fille et mère à la fois à l’écran et à la ville. Mais l’histoire contrariée par le destin que nous raconte le réalisateur n’est pas à la hauteur de cette distribution cinq étoiles.

Pourtant l’idée de cet étrange triangle était fascinante et, sur le papier, ce mélo à la Douglas Sirk en forme de thriller sentimental surfant sur une note fantastique et une musique lyrique de Bruno Coulais promettait beaucoup.

Mais le cinéaste qui a tant séduit, notamment dans Les Adieux à la reine, sans doute son meilleur film déçoit avec un scénario bancal où, tout en scrutant son monde avec un certaine ironie et un brin d’humour,  il accumule les invraisemblances et les incohérences. En s’efforçant de les justifier, jusqu’au dénouement évoquant ce qui aurait pu se passer, mais qui n’est pas arrivé…

Côté acteur, rien à redire sur la prestation de Charlotte Gainsbourg et Chiara Mastroianni représentant à elles deux une sorte de femme idéale, ainsi que celle de Catherine Deneuve même cantonnée à un second rôle de belle-mère bourgeoise concoctant de bons petits plats. On n’en dira pas autant de Benoît Poelvoorde, une erreur de casting, Il apparaît en effet peu convaincant en inspecteur des impôts torturé, capable d’éprouver et d'inspirer une folle passion. 

Film à l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 17 septembre.

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Cinéma: "Pride", les gays londoniens au secours des mineurs gallois. Irrésistble

images[3].jpgGrande-Bretagne, 1984. L’été s’annonce chaud pour le gouvernement Thatcher. En colère contre la politique de la redoutable dame de fer, le Syndicat des mineurs vote la grève.

Emus par la situation financière dramatique des ouvriers et de leurs familles, un groupe d’activistes homos des deux sexes organise une collecte pour les aider à l’occasion de la Gay Pride à Londres. 

 Malaise au sein de la puissante Union, dont la majorité des membres sont plutôt enclins à refuser ce soutien aussi inédit qu’embarrassant. Qu’à cela ne tienne. Plus déterminés que jamais, les militants gays embarquent à bord d’un minibus pour aller remettre eux-mêmes l’argent récolté aux grévistes d’un bled minier au fin fond du Pays de Galles, la région la plus pauvre du Royaume-

Le rapprochement l’emporte sur l’ostracisme pudibond

Là encore c’est un sacré choc des cultures. La main tendue d’homosexuels urbains aux virils et bourrus Redneks du terroir gallois, de surcroît peu habitués à croiser ce genre de personnes au pub du coin, ne va pas forcément de soi. Sans oublier l’apparition du sida qui les stigmatise encore davantage en en faisant des citoyens de seconde zone.

Mais grâce à quelques énergiques et maternelles maîtresses femmes qui ne tardent pas à adopter les petits gays de la ville, le rapprochement l’emporte sur l’ostracisme pudibond. Les deux communautés que tout oppose finissent inéluctablement par s’unir pour combattre l’ennemi en tendant vers les mêmes buts: déstabilisation du gouvernement, revendication des droits, de l’égalité, volonté de faire tomber tabous et préjugés.

Une histoire vraie

C’est un moment véridique et méconnu de l’histoire syndicale de l’époque, dont se sont emparés avec bonheur le réalisateur Matthew Warchus, metteur en scène de théâtre qui propose ici son deuxième long-métrage et le scénariste ouvertement gay Stephen Beresford. Tous deux nous livrent le meilleur du savoir-faire anglais dans le genre à la faveur de scènes le plus souvent irrésistibles et jubilatoires.

S’il leur arrive de céder à la facilité, au cliché cocasse, au stéréotype de l’ado en mal d’identité ou de la chaisière corsetée, ils n’oublient pas la dimension sociale et sociétale de leur propos en brassant avec une finesse empreinte de gravité, voire de noirceur, les nombreux thèmes qui traversent Pride  Homophobie, activisme, remise en question, tolérance (ou non), et surtout cette grande solidarité en temps de crise, qui fait largement écho aux problèmes actuels.

Attachante, généreuse, assaisonnée de dialogues caustiques, Pride s’inscrit dans la lignée des Full Monty, Virtuoses ou autres We Want Sex Equality. Pour la porter, ses auteurs ont choisi des anciens comme l’impeccable Imelda Staunton ou Bill Nighy en ouvrier cultivé frôlant le BCBG, ainsi que des excellents nouveaux à l’image de George Mackay et Ben Schnetzer.

Film à l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 17 septembre. 

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14/09/2014

Les Suisses en finale de la Coupe Davis: de gros soucis à se faire contre la France!

4134327_fab553-115111-01-02_640x280[1].jpgPas de stress dans la cabine et devant le poste glosaient  Pierre-Alain Dupuis et son consultant Marc Rosset hilares, voyant Federer atomiser vite fait Fognini et donc qualifier la Suisse pour la finale.

En effet que de dithyrambes à l’égard du maestro avant le match, nos experts exaltant l’incommensurable talent du Suisse, doté d’une flopée d’options tactiques et critiquant sinon moquant les faiblesses immenses de l’Italien, incapable à leurs yeux ne serait-ce que d’éventuellement tenter d’ébranler un tant soit peu le monument.

Le Transalpin n’a pourtant pas été aussi mauvais qu’ils l’ont prétendu. Certes il a plutôt mal tricoté les deux premières manches, à la plus grande joie de nos deux comiques, lui souhaitant hypocritement le contraire. Et qui furent forcés de retourner pitoyablement leur veste lors de la troisième.

Car Fognini resserrant les mailles contre toute attente, se mettait à surclasser le maître, livrant jeu blanc sur jeu blanc tandis que la légende, peinant à plusieurs reprises jusqu’à égalité puis avantage pour son adversaire, finissait par concéder un t-break relativement dangereux. 

Du coup nos comiques, rabattant leur caquet, se mettaient  trembler, invoquant à l’envi la grosse fatigue de la tournée américaine, le décalage horaire, et la tension mentale de notre gloire nationale. C’est quand même une demi-finale de Coupe Davis! relevaient-ils avec angoisse. Toutes choses qui évidemment n’avaient même pas été mentionnées à l’entame de la partie.

D'accord, le phénix s'est ressaisi in extremis. Et seule la victoire est jolie. Il n'empêche. Au vu du nouvel échec mortifiant en double et de ce match au dernier set des plus laborieux bien qu’on parle en substance de récital du phénix, une chose est sûre: on a de gros soucis à se faire pour la finale contre les Français, fin novembre à Lille.

Surtout après la claque retentissante infligée par Tsonga et Gasquet aux Tchèques qui, comptant quand même Berdych dans leurs rangs, ont été terrassés en trois petites rencontres. Or quand on pense que nos chers voisins ont encore Monfils, Simon et Benneteau à disposition, Il est fort douteux qu’ils s’offrent en victimes expiatoires.

D’autant que Rodgeur va leur faciliter la tâche en ratant, comme il en a dorénavant pris la fâcheuse habitude, la majorité de ses balles de break. Pour autant qu’il en obtienne. Si cela n’a finalement pas porté à conséquence contre Bolleli et Fognini, ce sera rédhibitoire contre les Bleus. 

Le mythe helvétique a certes affirmé qu’il n’allait pas jouer une finale pour la perdre et Rosset estime les chances des combattants à 50/50. Voilà qui me paraît extrêmement optimiste. Pour ne pas dire complètement irréaliste face à des Tricolores non seulement hyper fans de l’épreuve mais qui l’ont gagnée un certain nombre de fois…

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10/09/2014

Cinéma: "Les Recettes du bonheur", de la tambouille à l'américaine

2278654-concours-les-recettes-du-bonheur-20-places-de-cinema-et-30-tabliers-a-gagner[1].jpgCuisinier d'exception malgré son jeune âge, Hassan Kadam fuit avec les siens la violence qui sévit en Inde. Ils ont tout perdu et débarquent dans le sud de la France pour tout recommencer. Trouvant l’endroit idéal dans un charmant petit village, ils peuvent bientôt ouvrir l’établissement de leurs rêves.

Manque de chance, La Maison Mumnbai est située juste en face d’un restaurant haut de gamme qui attend sa troisième éltoile au Michelin, Le Saule Pleureur. Il est dirigé d’une main de fer par la redoutable et hautaine Madame Mallory, qui ne veut rien savoir de ses voisins. C’est le début d’une lutte impitoyable entre les deux institutions sur fond de parfums exotiques et de haute gastronomie française.

Inutile de dire que suite à des développements sentimentalo-culinaires plus téléphonés les uns que les autres, la guerre ne va pas durer dans cette fable laborieuse d’une indicible fadeur, où Lasse Hallström nous sert des bons sentiments à la louche et des clichés à la pelle, sous prétexte de tolérance, de respect mutuel, de diversité culturelle.

En tête d’affiche pour tenter vainement d’épicer cette calamité, on trouve Helen Mirren censée incarner (en anglais!) le sommet de la restauration hexagonale. On souffre pour la brillante actrice oscarisée de The Queen, qui donne la réplique à la Québécoise Charlotte Le Bon, sa sous-chef en l’occurrence, l’Américain Manish Dayal dans le costume du chef (photo) et au pathétique comédien indien Om Puri en père du génie. Sans oublier Michel Blanc, venu se goinfrer  pour cachetonner en douce !

small_696154[1].jpgSex Tape, le flop aux Etats-Unis

Mais pire que la cuisine française à l’américaine, il y a le sexe à l’américaine. Avec Cameron Diaz qui poursuit sur sa lancée après le gel coiffant au sperme dans Mary à tout prix et son grand écart orgasmique sur le pare-brise d’une voiture dans Cartel. Et Jason Segel en parfait abruti avec zéro sex-appeal.

Pour ranimer la flamme après dix ans de mariage et deux enfants, tous deux ont l’idée de filmer leurs ébats amoureux avec leur IPad. Mais la sex-tape a été malencontreusement envoyée via le cloud à leur entourage et le couple passe le reste du film à tenter de récupérer cette fichue vidéo qui, plus grave, risque de de se retrouver sur YouPorn.

Une comédie qui se veut olé, olé, grivoise, sinon trash et X, se vantant de la scène de sexe la plus acrobatique jamais vue à l’écran. Mais c’est juste un film bruyant signé Jake Kasdan  d’une consternante vulgarité et d’un rare ennui, surfant sur les scandales du genre chez les célébrités hollywoodiennes et le placement de produit. Et comme il y a parfois une justice, il fait logiquement un flop aux Etats-Unis.

Films à l’affiche dans les salles romandes dès mercredi 10 septembre.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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09/09/2014

Cinéma: Fernand Melgar s'immerge chez les SDF dans "L'Abri". Fort et dérangeant

topelement[1] (2).jpgAprès La Forteresse et Vol Spécial, le cinéaste vaudois Fernand Melgar "la mauvaise conscience de la Suisse", nous plonge au cœur de L’Abri, un centre d’hébergement d’urgence pour SDF à Lausanne.

Il boucle ainsi en principe sa trilogie sur la migration. Le premier parle d’arrivée en Suisse, le second évoque la fin du voyage. Le troisième est une sorte de no man’s land, un entre-deux entre l’arrivée et le départ.

Avec ce volet qui peut en appeler un quatrième ("ce sont les films qui me choisissent"), Fernand Melgar et Elise Schubs, sa preneuse de son, nous emmènent dans un souterrain jusqu’à la porte du centre. C’est l’hiver, le froid mord, il neige. Chaque soir se déroule le même rituel d'entrée dramatique, qui provoque des bousculades parfois violentes.  

Trois veilleurs ont la terrible tâche de trier les démunis, laissant pénétrer d’abord les personnes âgées, les handicapés, les femmes et les enfants, puis les hommes. Alors que la capacité est de 100 places, seuls 50 seront admis et auront droit à un repas et à un lit. Pour les autres, la nuit sera dure. 

Dans L'Abri, on trouve en majorité des citoyens de l’Est et du Sud de l’Europe. Ce ne sont pas des clandestins, ils ont des papiers, des passeports et fuient la crise. Ce sont des migrants économiques, des working poors avec enfants à charge touchant des salaires de misère, des êtres humains qui cherchent désespérément à s’en sortir".

melgar39412[1].jpgLa technique de Melgar, c’est l’immersion totale. Pendant six mois, lui et Elise Schubs ont vécu au milieu des sans-logis, attendant avec eux à l’extérieuret pénétrant aussi à l’intérieur du centre. Le reproche qu’on peut adresser au réalisateur revendiquant un cinéma de "l’intranquillité", c’est de ne pas porter de jugement.

En même temps, il ne faut pas être grand clerc pour voir où vont ses sympathies dans ce documentaire fort, dérangeant, bouleversant racontant ce lieu où les barrières représentent la loi et l’autorité et qui a posé d’énormes problèmes moraux à son auteur. Il tente de faire réfléchir les gens et les questionne après le vote du 9 février qui a conduit à la fermeture des portes.

"Pour moi le fondement de la société moderne c’est le respect des droits humains. Or c’est le contraire dans ce film. Aujourd’hui on glisse vers l’exclusion. Alors j’ouvre des fenêtres". (Voir l’entier du texte dans la note du 10/8/2014)

 

Film à l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 10 septembre.

 

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Euro'16: les footeux suisses victimes à leur tour d'un complexe de supériorité!

images[9].jpgVoilà qui m'a hélas douloureusement rappelé l’euphorie suisse à l’US Open, où on donnait Federer vainqueur de son 18e Grand Chelem. Une main attachée dans le dos de sucroît vu la qualité moindre de ses adversaires. 

On n'a pas tardé à constater le contraire, suite à la piètre performance du maestro, atomisé par l'épouvantail Croate Marin Cilic en demi-finale. Qui, juste en passant, a refait impitoyablement le coup au Japonais Nishikori, raflant la Coupe en trois sets secs.  

Pour en revenir à nos footeux, ce fut rebelote dans le genre optimisme à tout crin avant le premier match de qualification pour l’euro'16, où les Suisses affrontaient les Anglais. Comme pour Rodgeur, les voyants étaient au vert, la Nati ayant incontestablement les armes, selon les experts infaillibles du crampon, pour venir à bout de cette Albion.

Non seulement elle avait paumé sa perfidie au Brésil après sa piteuse élimination au premier tour, mais ne l‘avait pas franchement retrouvée lors de sa récente victoire étriquée en rencontre amicale contre une bien petite Norvège. Du haut de sa prétention, le nouvel entraineur Petkovic n’hésitait ainsi pas à estimer les chances de son équipe à 50-50. «Nous sommes fiers de pouvoir regarder l’Angleterre d’égal à égal!», plastronnait-il.  

Ben voyons! Il faut reconnaître qu’il n’était pas le seul à prendre ses rêves pour la réalité. L’heure n’est plus aux complexes clamait la presse, embouchant évidemment les trompettes. Et c’est ainsi qu’à force de cultiver celui de supériorité, les grands favoris helvétiques, aussi impuissants que la légende à Flushing Meadows, nous rejouaient gazon maudit en s’inclinant pitoyablement contre la prétendue équipe bout de bois de Roy Hodgson .

Du coup je ne vous raconte pas si je redoute la demi-finale de Coupe Davis ce week-end à Palexpo. Parce que naturellement, le succès des Fedrinka contre les Italiens est déjà une certitude pour les spécialistes toujours infaillibles du tamis. Il ne me reste donc plus à espérer que deux c’est assez, trois c’est trop. Et non jamais deux sans trois! 

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07/09/2014

Federer à l'US Open: caramba encore raté!

6123825[1].jpgComme il venait de s'imposer à Cincinnati, tous les spécialistes du tamis, et les Suisses in corpore, voyaient Federer gagner son 18e Grand Chelem en trois coups de cuillère à pot depuis le début de l’US Open.

Alors vous imaginez si, à l’image de Jean-Marc Rossier se montrant d’une prétention folle, ils n’avaient plus le moindre doute concernant l'exploit ultime de Sa Grâce, quand le Japonais Nishikori s’est retrouvé en finale après avoir saigné à blanc en quatre sets Djokovic, le vampire de Belgrade, autre grand favori de l'épreuve.

D’autant que pour rejoindre le petit Japonais, le maestro n’avait qu’à se débarrasser de Cilic qu’il avait de surcroît battu pour la cinquième fois au Master de Toronto. Il a fallu hélas très vite déchanter. En réalité, il a suffi que le Croate emporte le premier set et breake l’impuissant Rodgeur au tout début du deuxième, pour être certain que le Bâlois ne pourrait pas revenir.

Ce n’était hélas pour lui pas Monfils en face et il a fini par prendre une humiliante râclée, s’inclinant piteusement en trois petites manches tricotées de main de maître par son impitoyable adversaire. Qui avait bouffé du lion, du tigre et de la panthère 

Nadal ayant déclaré forfait et Murray n’étant pas à son meilleur niveau, aucun membre du big four n’est présent pour le duel au sommet, qui mettra donc aux prises deux seconds couteaux pour la première fois depuis 2005. Du coup, les experts d'Eurosport nous bassinent avec la révolution en marche dans le monde de la raquette, sous prétexte que des gamins ont damé le pion aux anciens.

6123882[1].jpgPourquoi pas des nourrissons pendant qu’on y est? A leur âge, (24 ans pour Nishikori et 25 ans pour Cilic) Federer et Nadal croulaient déjà sous les Grands Chelems et Djokovic en comptait deux. Alors il faudrait attendre un peu que les «enfants» confirment avant d’affirmer qu’ils ont tué les pères. Des pères qui, à part le king, ne les dépassent que de deux ou trois ans!

Mais le plus cocasse n’est pas là. Vous pensez bien que les commentateurs français, qui n’hésitent pas à mettre Gaël Monfils (28 ans) parmi les jeunes révolutionnaires, affirment  par ailleurs qu’un Tricolore a un rôle déterminant dans l’échec cuisant subi par notre gloire nationale.

Eh oui, figurez-vous que si Cilic a atomisé le mythe, c’est grâce à Gilles Simon qui a carrément décoincé le Croate en l’obligeant à jouer cinq sets. Chauvinisme, quand tu nous tiens…

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03/09/2014

Cinéma: "Class Ennemy", métaphore grinçante de la société slovène

imagesCABK7C3G.jpgInspiré d’une histoire marquante vécue par le réalisateur de 29 ans Rok Bicek, Class Ennemy raconte le conflit opposant un nouveau professeur d’allemand et ses élèves. Ces dernier rejettent son autorité, la discipline stricte qu’il instaure, sa façon dure d’appréhender la vie et la mort, de les mettre avec une rare froideur face à leurs responsabilités.

Les rapports se font de plus en plus tendus, jusqu’au suicide d’une jeune fille timide et manifestement mal dans sa peau. L’enseignant est accusé de l’avoir causé par son attitude et la classe entre en rébellion.

Plaçant sa caméra à hauteur des élèves pour mieux impliquer le spectateur dans le drame qui se joue, le cinéaste se livre à une étude quasi clinique des effets psychologiques engendrés par la crise ambiante, relevant les comportements et les réactions des différents protagonistes. Tout en évitant de juger ou de prendre position pour l’une partie.

Réaliste et grinçant, reflétant la vie où rien n’est noir ou blanc, où le bien et le mal sont toujours liés, le propos de Class Ennemy va à l’évidence au-delà du microcosme représenté par l’école et des ados tourmentés. Métaphorique, il s’adresse à l’ensemble d’une société slovène restant très divisée politiquement et où, par ailleurs, le taux de suicide figure tristement dans le top 3 mondial selon Rok Bicek.

Poussant à la réflexion, l’opus est en plus interprété par un mélange harmonieux d’acteurs professionnels, dont Igor Samobor parfait en prof d’allemand honni, et des amateurs recrutés dans le milieu scolaire. A ne pas manquer.

Film à l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 3 septembre.

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