21/04/2015

Grand écran: "Spartiates" ou l'apprentissage du respect et de la tolérance par le sport

5568_30_34x16_0cm_300dpi[1].jpgAprès un court-métrage commandé par la RTS et réalisé en 2013 lors de l’opération Marseille alors capitale culturelle, le Genevois Nicolas Wadimoff, passionné par son sujet tourné dans les quartiers nord, a eu envie de poursuivre avec un long-métrage.

Dans Spartiates, il témoigne du travail d’un entraîneur d’arts martiaux travaillant avec les jeunes dans cette partie de la ville délaissée et gangrénée par la violence, où peu de gens osent se rendre.

Même si, comme le dit lui-même l’auteur," il y a beaucoup de fantasmes autour de l’idée de banlieue dangereuse et difficile. Bien que ces fantasmes aient été récemment alimentés par des règlements de comptes à la kalashnikov.… » 

Bref, les médias n’y vont presque jamais. Une raison suffisante pour Wadimoff de s’y rendre, de montrer qu'il se passe autre chose et de rencontrer Yvan Sorel, 24 ans. Un self made champion qui, se substituant aux pouvoirs publics, a fondé un club mixte où il inculque, par les arts martiaux, le respect et la tolérance aux gamins de la cité Bellevue.

Ce documentaire, récompensé par le Prix de Soleure en janvier dernier, avait impressionné le jury qui y avait justement vu "un combat pour la survie au quotidien des jeunes de banlieue", ainsi qu'une "métaphore de toutes les relations humaines".

Il nous laisse aussi et surtout découvrir un éducateur charismatique, engagé à fond, à l’écoute constante de ses ouailles, mais également terriblement autoritaire. On ne raffole donc pas forcément de son côté réac, de son sens de l’ordre et de la discipline à outrance  Mais en dépit de ses méthodes militaires, un euphémisme dans son comportement le plus souvent brutal, on ressent sa volonté de transmettre des valeurs, l’amour qu’il porte à ces mômes déshérités au bord du plongeon dans la délinquance et son désir profond de les voir sortir la tête de l’eau.

Qu’on apprécie ou non le personnage, Yvan Sorel, acteur né dans sa façon de bouger sans complexe, presque provocatrice devant la caméra, est incontestablement la vedette de ce film. Un film à l’image soignée qui vous accroche en jouant sur l’intensité de la dramaturgie. Evitant le misérabilisme facile avec le chômage et la pauvreté qui minent les lieux, Wadimoff réussit à livrer le rendu d’une réalité qui n’a pas grand-chose à voir avec Plus belle la vie…

Film à l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 22 avril.

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Grand écran: le nouveau "Caprice" d'Emmanuel Mouret, séducteur malgré lui

f8f9debc096e44473f9e7f7e2166178d[1].jpgInstituteur fan de théâtre, Clément nage dans un bonheur qu’il n’aurait pas imaginé dans ses rêves les plus fous. Alicia, son actrice préférée, une célébrité blonde un rien fatale succombe à son charme, tombe amoureuse et devient sa compagne.

Mais ce séducteur malgré lui se trouve pris au piège d’un triangle sentimental loufoque en rencontrant Caprice,  une jolie jeune femme rousse, comédienne dans une troupe amateur mais aspirant à beaucoup mieux.

Extravagante, malicieuse pour ne pas dire délicieuse au premier abord, elle se colle à Clément au point qu'il a du mal à lui résiste, en dépit de sa passion pour Alicia. Le tout sous les yeux de Thomas, son meilleur ami et directeur de l’école qui contribue aux complications ambiantes.  

Dans Caprice, son neuvième film, Emmanuel Mouret, qui joue l’instit hyper classique en jeans, baskets et veste de velours, revient au marivaudage teinté de burlesque. Deux ans après l’échec public d’ Une autre vie, un suspense mélodramatique, il se pose des questions sur la vie à deux et la part du destin dans la découverte de l’âme sœur. 

Aux côtés de Laurent Stocker, on retrouve le réalisateur-acteur en anti-héros naïf, timide, effacé, gaffeur, maladroit, dépassé par les événements. Attachant, émouvant, parfois irrésistible dans certaines scènes cocasses à la Pierre Richard, il frise pourtant la caricature avec sa tendance à trop en faire dans sa valse-hésitation entre ces deux femmes, dont il est finalement le jouet consentant.

L’une est incarnée par Virginie Efira assez convaincante dans son rôle d’actrice à qui tout réussit et l’autre par Anaïs Demoustier (photo), excellente dans celui de la débutante manipulatrice, plus perverse qu’il n’y paraît et avide d’un succès qu’elle ne cesse de connaître à l’écran. Elle  vient d’enchaîner six tournages dont Bird People, Une nouvelle amie A trois on y va, ainsi que Julien et Marguerite de Valérie Donzelli, sélectionné en compétition au prochain Festival de Cannes.

Film à l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 22 avril

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18/04/2015

Masters de Monte-Carlo: le vampire de Belgrade en mode saigneur plus!

images[1].jpgEh bien, comme vous le pensiez, la question d’une éventuelle victoire française sur le Rocher était aussi saugrenue qu’audacieuse. Une fois de plus, nos chers voisins n’auront pas la satisfaction de voir l’un des leurs, pourtant débarqués à huit à Monaco, soulever le trophée quinze ans après Cédric Pioline.

Moi qui fondais quelques espoirs sur Monfils pour rabattre le caquet de Nadal en finale, j’en suis pour mes frais! Bon, c’est Djokovic qui s’en est chargé en demie, comme pour donner un vague crédit aux lamentations du roi de la terre sur son prétendu piteux état de forme.

Ce qui n’est pas forcément une bonne nouvelle pour ses poursuivants. En cas de victoire demain contre Berdych, Dracula compterait plus de 5600 points d’avance sur son dauphin Federer. De quoi voir venir et augmenter confortablement son capital semaines en tant que numéro un mondial.

Et cela ne va sans doute pas s’arrêter là, dans la mesure où  le saigneur des courts n’avait pas pu disputer le Masters espagnol l’an dernier pour cause de poignet droit en délicatesse. Juste pour vous donner une idée de l’avance  insensée de ce cher Novak au classement, en admettant qu’il remporte Monte-Carlo et Madrid, ce qui est loin de constituer un plan sur la comète, il serait à quelque 700 points de se qualifier pour la finale de Londres en novembre. Et on est même pas en mai!

Cela dit, plus bizarres parfois que les tennismen, c’est difficile à trouver. Certains d’entre eux nous l’ont encore prouvé cette semaine. Jugez plutôt. Stan Wawrinka commence par écraser Juan Monaco en cinq jeux avant d’être laminé par Grigor Dimitrov en trois, lui-même explosé par Gael Monfils en quatre, qui subira un sort quasi  identique contre Tomas Berdych.

Certes, il faut bien un perdant par rencontre… Mais admettez qu’il est assez rare qu’un top 10 ou assimilé, à l’image de Monfils, atomise carrément son adversaire pour se retrouver lui-même en mille morceaux au tour d’après. Alors quatre de suite, forcément ça interpelle!   
 

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17/04/2015

Masters de Monte-Carlo: et si Monfils gagnait le tournoi?

1111609_monte-carlo-monfils-a-fait-le-show-MONFILS-MONTECARLO-150415-271520[1].jpgVous devez trouver que je pose des questions audacieuses. Mais si je vous évoque la chose, c'est notamment histoire de faire pour une fois plaisir à nos chers voisins, si souvent frustrés de victoire dans les grandes occasions.

Blague à part pourtant,  ce brave Gaël pourrait tout-à-fait se retrouver en finale, dans la mesure où il affronte Tomas Berdych en demi. Et on connait la fragilité du Tchèque, encore plus dommageable que l’inconstance du Français,

Mais surtout ce serait bien mérité, car on doit une fière chandelle au bourreau de Federer, qui s’est racheté auprès des Helvètes. Leur mettant du baume au cœur en battant Dimitrov à plate couture et en évitant ainsi à Wawrinka (c’est dire si le Vaudois a été nul face au Bulgare en huitièmes) la honte d’être éjecté du top 10.

Par ailleurs, il faudrait que Nadal cesse de jouer l’intox. L’ogre de l’ocre n’a cessé de clamer avant le tournoi qu’il n’était absolument pas favori dans la mesure où il n’avait jamais été aussi mal préparé pour la saison sur terre. Une insulte à ses adversaires vu qu’il se retrouve dans le dernier carré.

C’est à souhaiter que Djokovic lui flanque une bonne rouste pour lui apprendre la modestie, au pitbull ibère. Ce qui n’est pas impossible, même si le Serbe ne s'est pas beaucoup employé vu qu’il n’a eu que des seconds couteaux et le revenant Cilic à affronte jusqu’ici. C’est vraiment rien de dire que le tennis est un sport particulièrement injuste.

Enfin, heureusement qu'on a Hingis pour nous faire rêver au royaume de la petite balle jaune ... Imaginez une seconde que la Saint-Galloise batte demain la Polonaise Agnieszka Radwanska, neuvième mondiale. En effet, après 17 ans d’absence en Fed Cup, l’ex-numéro un qui avait tenté un come back en 2007, a non seulement été titularisée en double, mais également en simple.

Même si Martina, en pleine confiance après ses trois derniers tournois remportés aux Etats-Unis en compagnie de l'Indienne Sania Mirza, estime pleinement mériter sa place, il est drôlement gonflé, le capitaine Günthardt!

 

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Festival de Cannes: une armada européenne à l'assaut de la Palme d'or

68eme-Festival-du-Film-Cannes-affiche[1].jpgDans quelques semaines commencera la célèbre grand-messe de la pellicule. Et cette 68e édition du Festival de Cannes sera belle, nouvelle, formulant des hypothèses, prenant des risques et disant des choses sur l'état du cinéma en matière de création mondiale. C’est en tout cas ce qu’en pense son Délégué général Thierry Frémaux, aux manettes de la conférence de presse en compagnie du nouveau président Pierre Lescure.  
 
Sous le regard d’Ingrid Bergman à qui l’affiche est consacrée, le concours réserve une très large part à l'Europe. A commencer par les Français. Au nombre de quatre: Jacques Audiard (Dheepan), Stéphane Brizé (La loi du marché) Valérie Donzelli  (Marguerite et Julien), Maïwenn ( Non Roi). L'Italie est également bien représentée avec trois auteurs,  Nanni Moretti (Mia Madre), Paolo Sorrentino (La jeunesse) et Mattteo Garrone (Le conte des contes).
 
On reste sur le Vieux Continent avec le Grec Yorgos Lanthimos (The Lobster), l'une des oeuvres les plus originales et mystérieuses toujours à en croire Thierry Frémaux. L'opus devrait donc provoquer de vifs échanges sur la Croisette, à l'image de Le fils de Saul du Hongrois Laszlo Nemes, traitant de la vie d'un homme dans un camp de concentration. Sans oublier le Norvégien Joachim Trier, un quadra qui monte et propose un thriller explosif avec Louder Than Bombs.
 
Du travail pour le jury des présidents Coen

Parmi les autres prétendants à la récompense suprême, trois Asiatiques habitués du lieu, Hou Hsiao Hsien (The Assassin) Jia Zhang-Ke (Mountains May Depart) et Hirokazu Kore-Eda (Notre petite sœur). Les Américains, eux, ne sont que deux à défendre leurs couleurs. Gus Van Sant, Palme d’or pour Elephant en 2003, revient avec The Sea Of Trees, très attendu dans la mesure ou le grand réalisateur s’est assuré la collaboration de l’excellent et oscarisé Matthew McConaughey.

De son côté, dix-sept ans après Velvet Goldmine, Todd Haynes s'aligne à nouveau dans la course à la Palme d'or avec Carol, adapté de Patricia Highsmith. Il met en scène une riche New-Yorkaise mariée qui rencontre une jeune vendeuse et lui propose un voyage. Elles tombent follement amoureuses.  
La liste comptant pour l’instant dix-sept métrages est notamment complétée par Sicario du Québecois Denis Villeneuve et MacBeth de l'Australien Justin Kurzel. Du travail en perspective pour le jury -avec pour la première fois à sa tête deux présidents les frères Joel et Ethan Coen- appelé à choisir le lauréat parmi une vingtaine de métrages. 
 
Plein de stars attendues

C'est la réalisatrice française Emmanuel Bercot qui ouvrira ce prometteur  cru 2015 avec La tête haute où elle  aborde les questions sociales. Cela permettra à sa tête d'affiche, la reine Catherine Deneuve, de fouler la première le tapis rouge avant de monter les célèbres marches du Grand Théatre Lumière.

catherine-deneuve-et-emmanuelle-bercot[1].jpgElle est l'une des nombreuses stars attendues pour la célèbre grand-messe de la pellicule en compagnie de Marion Cotillard, Léa Seydoux, Isabelle Huppert, Cate Blanchett, Charlize Theron, Naomi Watts, Tom Hardy, Benicio del Toro, Michael Caine, Matthew McConaughey ou Vincent Lindon.
 
Le film d'Emmanuelle Bercot est proposé hors compétition, à l'instar d'Irrational Man de Woody Allen (qui ne fera hélas pas le voyage à  Cannes) et de Mad Max: Fury Road de George Miller. Trente ans après, c'est le retour du héros de la saga mythique incarné par Tom Hardy et entré dans la légende sous les traits de Mel Gibson. En séances spéciales on verra Amnesia de Barbet Schroeder, Oka de Souleymane Cissé, Une histoire d'amour et de ténèbres de Natalie Portman  (en principe présente sur la Croisette pour ses débuts derrière la caméra) et Asphalte de Samuel Benchetritt.
 
Deux mots sur le volet Un Certain regard, riche d'une quinzaine de films. Son jury est présidé par Isabella Rossellini. La fille d'Ingrid Bergman, très émue par le choix de sa mère en tant qu'égérie du festival, participera à l'hommage qui lui est  rendu, en assistant à la projection du documentaire, Ingrid Bergman in Her Own Words, signé Stig Björkman et projeté dans le cadre de Cannes Classics. Elle lancera également Ingrid Bergman Tribute, célébrant le centenaire de la naissance de la célèbre actrice suédoise.
 
De son côté le Mauritanien Abderrahmane Sissako, grand poète de l'Afrique qui avait créé la plus forte des émotions et séduit la critique internationale l'an passé avec Timbuktu, fera son retour  en chef du jury de la Cinéfondation et des courts-métrages.
 
Lambert Wilson reconduit 
 
A signaler enfin que si le Festival est marqué par une série de premières, comme on le voit notamment en compétition avec les Valérie Donzelli Stéphane Brizé, Denis Villeneuve, Joachim Trier, ou Yorgos Lanthimos qui font leurs premiers pas dans la prestigieuse section, il compte aussi sur les valeurs sûres. Et pas seulement chez les concurrents.
 
C'est ainsi que L'élégant Lambert Wilson, qui avait si bien fait le job en 2014, va reprendre son rôle de maître de cérémonie. En smoking et nœud pap, Il accueillera les présidents Joel et Ethan Coen  le 13 mai et animera la soirée de remise des prix le 24 mai.

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16/04/2015

Masters de Monte-Carlo: pour Federer et Wawrinka, c'est la Bérézina!

000_par8148922[1].jpgCela valait bien la peine de s’extasier follement sur la performance des deux Helvètes "de choc" contre des quasi manchots lors de leur entrée au tournoi de Monte-Carlo qualifiée de tonitruante, pour les retrouver piteusement au tapis au tour suivant.

A commencer par Wawrinka, honteusement balayé en 55 minutes par le Bulgare Dimitrov. Remarquez qu’en ce qui concerne le Vaudois, c’était chronique d’une défaite annoncée après ses éliminations tout aussi précoces, sinon avantage à Indian Wells et Miami.

Ce troisième échec se révèle des plus fâcheux dans la mesure où le Suisse, déjà rejoint par Cilic au classement, risque d’être purement et simplement éjecté du top 10 dès samedi, au cas où Dimitrov se retrouverait dans le dernier carré.

Bref, si je m’attendais hélas à ce nouveau revers cuisant, je cultivais en revanche l’espoir fou de regarder Federer l’emporter sur Monfils dans le second match du jour. Mais funérailles, alors que la légende semblait avoir la rencontre en main, elle s’est également lamentablement effondrée en deux sets, face au Français.

Réputé fantasque et inconstant, ce dernier trouve souvent moyen d’oublier ses errements coupables lorsqu’il bataille contre le maestro, incontestablement sa proie préférée. Comme quoi la victoire du chasseur tricolore en Coupe Davis en novembre n’avait pas grand-chose à voir avec un éventuel dos en compote du Bâlois.

imagesG20GB316.jpgJe tente courageusement de me remettre de cette double et douloureuse épreuve en imaginant que nos empotés actuels de la raquette ont éventuellement des chances de se refaire une santé au Masters de Madrid où Stan s’est planté illico presto l’an passé, et où Rodgeur n’a pas joué pour cause de jumeaux à l'horizon. 

Ainsi qu’’à celui de Rome, où l’un et l’autre n’ont pas réussi à atteindre les quarts de finale. Sans parler de Roland Garros, la Bérézina pour Wawrinka et un parcours miteux pour Federer, éliminé en huitièmes de finale par le Letton Gulbis. D'ou une foule de points à engranger. 

Malheureusement, quand je lis que Wawrinka ne savait pas où il était, en tout cas pas sur le court, et que Federer ne sentait en gros ni son service ni son coup droit, je me dis que je peux remballer mes illusions aussi sec!

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14/04/2015

Grand écran: John Boorman retrouve ses 18 ans dans "Queen and Country". Un bijou

424384.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxx[1].jpgAprès avoir raconté son enfance à Londres en plein Blitz dans Hope and Glory (1987), John Boorman reprend le fil de son récit autobiographique 27 ans après. A 81 ans, le réalisateur retrouve ses 18 ans dans Queen and Country sous les traits de son alter ego Bill Rohan.

Nous sommes en 1952, l’année du couronnement d’Elizabeth II. Alors qu’il entrevoit une idylle avec une jolie cycliste, Bill quitte son île sur la Tamise et sa famille aussi attachante que drôle pour faire ses deux ans de service militaire. Il se retrouve dans un camp d’entraînement, ne sera pas envoyé en Corée, mais doit former à la dactylographie des recrues en partance vers le front asiatique.

Passionné de cinéma, Bill ne tarde pas à trouver un super pote en la personne de Percy Hapgood, autre fan de la pellicule doublé d’un boute-en-train fumiste et amoral. Tout en cherchant l’âme sœur en ville pendant leurs permissions, nos deux fripouilles allergiques à l’autorité se liguent pour casser le sadique et psychorigide sergent-major Bradley, qui s’ingénie à leur pourrir la vie.

Pendant ces deux ans finalement plutôt joyeux (logique dans la mesure où on se souvient en général du meilleur), on navigue entre la découverte de l’amitié, de l’amour, la drague romantico-burlesque, les deux bidasses se faisant la courte échelle pour espérer voir par la fenêtre les filles en tenue d’Eve, et les cocasseries de la vie en caserne. Des scènes le plus souvent jubilatoires, ponctuées de blagues foireuses où d’obtus galonnés ne cessent d’être ridiculisés. Un antimilitarisme à la limite de la caricature qui amuse à l’évidence le facétieux cinéaste. 

imagesN0UDY3VP.jpgSur fond d'ambiance de l'Angleterre de l'époque, cet autoportrait à la fois subtil et un peu fantasmé à la réalisation académique et un brin désuète, se termine par le retour du soldat dans son cottage idyllique, où il commence à taquiner la caméra. On n’y retrouve peut-être pas la force et l’ambition de Délivrance ou d'Excalibur. Mais ce dix-septième opus en mode mineur ne nous séduit pas moins énormément. 

Satire, humour, tendresse, impertinence et nostalgie font le charme de Queen and Country. La légèreté du ton de cette irrésistible chronique so British le dispute à la profondeur de la réflexion chez le vétéran Boorman. Tout en évoquant son adolescence, il déclare son amour au septième art, sans oublier la critique, l'insoumission sinon la rébellion face à la domination, au pouvoir et aux institutions.  

Les comédiens ne sont pas étrangers à cette jolie réussite. A commencer par le jeune Callum Turner qui, avec ses airs d’irrésistible faux tombeur de dames, fait des débuts plus que prometteurs dans le rôle de l'auteur. A noter aussi Vanessa Kirby dans celui de Dawn, la volcanique soeur de Bill dont la volonté d'émancipation préfigure la révolution sexuelle.  

Film à l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 15 avril.

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08/04/2015

Grand écran: "Pourquoi j'ai pas mangé mon père", de et avec Jamel Debbouze. Calamiteux!

imagesV4PXATOK.jpgInfatigables promoteurs dithyrambiques de navets du cru, les animateurs télé français n’en pouvaient plus de porter aux nues Jamel Debbouze qui vient de faire ses débuts de réalisateur avec Pourquoi j’ai pas mangé mon père, film d’animation à gros budget, dans les 35 à 40 millions d’euros. Le plus attendu de la semaine en France, n’hésitait-on pas à rappeler à France-Info.  

L’humoriste est aussi le co-scénatiste et l’acteur principal de ce premier long-métrage européen entièrement tourné en  motion capture. La technique consiste à filmer les acteurs pour reproduire ensuite leurs mouvements sur ordinateur.

Jamel Debbouze se coule donc dans la peau d’Edouard, fils aîné du roi des Simiens, rejeté par son père à sa naissance car jugé trop petit et malingre pour lui succéder un jour. Et pourtant. Plus malin… qu’un singe, révolutionnaire chez les réacs, génie de l’invention, champion de l’évolution et de l’adaptation, Edouard découvre le feu, la chasse, l’habitat tout confort. Il finit même par se dresser sur ses deux pieds pour guider son peuple vers l’humanité, l’amour et la tolérance. Amen. 

Enfin pas vraiment. Car Jamel Debbouze, la main dans le slip, ne se contente pas de nous noyer sous de puérils messages dégoulinants de bons sentiments. Se livrant à une métaphore de sa propre existence, notre Darwin de pacotille en rajoute complaisamment des tonnes dans cet opus très librement adapté (hélas) du roman culte de Roy Lewis Pourquoi j’ai mangé mon père.

Pire, outre ses traits, le comique prête également à Edouard son côté hystérique, son humour bourrin, ses vannes ringardes, ses grimaces outrancières et son bafouillage exaspérant. Sans oublier de nous balancer un hommage à Louis de Funès qui doit faire se retourner dans sa tombe l’acteur disparu il y a 30 ans.

Comble de tout, le design est particulièrement vilain. Reste que la chose a mis sept ans à voir le jour. Etant donné le résultat calamiteux, elle aurait aussi bien pu dormir dans un tiroir pour l’’éternité!

Film à l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 8 avril.

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07/04/2015

Grand écran: "Le dernier coup de marteau" révèle un jeune acteur, Romain Paul

 

le_dernier_coup_de_marteau_1[1].jpgAlix Delaporte avait gagné en 2012 le César de la meilleure première œuvre avec Angèle et Tony, où une jeune femme cherche à conquérir un marin pêcheur en quête d’amour. Mais il commence par se dérober face à cette créature déroutante.

Pour Le dernier coup de marteau, la réalisatrice quitte la côte normande et nous emmène au soleil du Sud, tout en restant dans le même registre d’un cinéma social valorisant l’humain. Elle y reprend également ses deux acteurs césarisés comme elle, Clotilde Hesme et Grégory Gadebois. Sans toutefois les faire se croiser à l’écran.

Car le véritable héros de l’histoire c’est Victor (Romain Paul), un adolescent de 14 ans peu gâté par la vie. Il habite une petite caravane en bord de mer dans les environs de Montpellier avec sa mère Nadia (Clotilde Hesme ) qui lutte contre un cancer. Et apprend tardivement que son père Samuel Rovinski (Grégory Gadebois), célèbre chef d’orchestre ignorant avoir un fils, donne un concert près de chez lui. Il se rend à l’opéra pour le rencontrer, le maestro ne veut pas le voir. Mais si Victor est un peu perdu, il est aussi pugnace……

Une piètre situation et un destin a priori sans espoir qui pourraient pousser la réalisatrice au misérabilisme. Elle évite pourtant le piège du pathos, en traitant ce sujet casse-gueule avec pudeur et sensibilité. On aime la manière à la fois tendue, sèche, presque dénuée d’émotion dont elle raconte une histoire d’amour forte entre une mère et son fils. En même temps, on regrette son manque d’originalité au cours de ce récit initiatique finalement assez plat, où père et fils tentent maladroitement de s’apprivoiser.

Plutôt réussi quand même, Le dernier coup de marteau (référence à la 6e symphonie de Gustav Mahler que dirige Rovinski) doit beaucoup à ses comédiens. A commencer par le jeune Romain Paul, une vraie révélation, logiquement récompensé à la dernière Mostra de Venise par le prix Marcello Mastroianni du meilleur espoir.

Clotilde Hesme, sacrée meilleure actrice au Festival de Marrakech, met de son côté une sobriété bienvenue dans son rôle de mère malade élevant seule son enfant. Un peu en retrait, Grégory Gadebois se montre pareillement convaincant en chef d’orchestre misanthrope, impatient et irascible, soudainement pourvu d'un rejeton indésirable.

Film à l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 8 avril.  

 

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Grand écran: "A Most Violent Year", plongée dans le New York corrompu des années 80

014449.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxx[1].jpgLes eighties à New York, une décennie terrifiante. Et davantage encore en cet hiver 1981, où plus d’un million de crimes, des centaines de meurtres et de viols ont été recensés.

C’est dans ce climat délétère qu’évolue Abel Morales, petit patron immigré. Parti de rien, il dirige une affaire de livraison de fuel domestique en pleine expansion et n’est pas loin de pouvoir jouer dans la cour des grands en se taillant une belle place dans le business.

Mais il tient absolument à demeurer honnête. Hélas, son aspiration à devenir riche en gardant les mains propres se heurte à la corruption, la violence et la dépravation du milieu pétrolier de l’époque, menaçant de détruire ce qu’il a patiemment construit.

Manifestement, son succès fait des envieux qui s’acharnent à sa perte. Et les coups peuvent venir de n’importe où, de n’importe qui. L’un après l’autre ses camions sont attaqués, ses cargaisons volées, ses chauffeurs tabassés. Alors Abel s’engage, pour conserver son bien, dans une véritable guerre. Sous le regard désapprobateur de son avocat voyou et de sa femme, fille d‘un truand de Brooklyn, pour qui le mal est une façon de vivre.

Sa famille n’est plus en sécurité dans sa belle maison. De plus un procureur particulièrement zélé le poursuit pour escroqueries et malversations, tandis qu’il n’a que 30 jours pour honorer un gros contrat sous peine d’être totalement ruiné. Le rêve américain tourne au cauchemar. 

Après Margin Call, dernière nuit d’une équipe de traders à Wall Street avant le crash et All Is Lost, où il faisait aussi référence au capitalisme sauvage et destructeur régissant nos sociétés à travers la lutte farouche, pour sa survie,  d’un homme perdu seul en mer,  J.C. Chandor poursuit sur sa lancée avec A Most Violent Year. Tout en évoquant des liens pervers entre le système et le crime, il montre l’influence pernicieuse d‘un mode de vie sur la volonté de dignité de son héros.

Un western urbain

Revisitant l’univers de la pègre newyorkaise d’alors, il livre sur fond d’ambition, de morale, de réussite et de violence, un thriller en forme de western urbain stylé, voire sophistiqué, à la mise en scène sobre et aux décors soignés. Avec clins d’œil aux classiques, de Lumet à Scorsese en passant par Gray ou Friedkin.

Pour interpréter ce polar qui se veut à haute tension en dépit de sa lenteur parfois lancinante, J.C. Chandor a fait appel à Oscar Isaac et Jessica Chastain. Un excellent choix, l'un et l'autre se révélant parfaits. Lui en self-made man latino déterminé à maîtriser son destin en tentant désespérément de rester droit dans ses bottes, elle en sulfureuse fée du logis amoureuse de l'argent et marquée par ses origines...

Film à l'affiche dans les salles romandes dès mercredi 8 avril.

 

 

 

 

 

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31/03/2015

Grand écran: "Un homme idéal", la descente aux enfers d'un imposteur

un-homme-ideal-pierre-niney[1].jpgCésarisé pour avoir enfilé le costume du célèbre couturier dans Yves Saint Laurent, le biopic de Jalil Lespert, Pierre Niney se retrouve dans Un homme idéal, le deuxième long-métrage de Yann Gozlan.

Mathieu Vasseur, 25 ans, déménageur dans la société de son oncle, rêve de devenir un grand écrivain. Mais l’absence de talent de cet homme insignifiant lui vaut logiquement le rejet de tous ses manuscrits.

Et puis un jour, alors qu’il vide l’appartement d’un mort, un ancien d’Algérie, il tombe sur son journal de soldat, un beau texte écrit dans un style magnifique. En mal de célébrité, Mathieu voit immédiatement le profit qu’il peut en tirer. Il s’en empare et signe "son" œuvre sous le nom de "Sable noir". Un titre qu'il n'a même pas réussi à inventer, les mots se trouvant dans les notes du défunt.

Comme prévu les média s’enflamment, c’est la gloire. Dans la foulée Mathieu tombe amoureux d’une jeune fille de la bonne société. Il plaît à ses parents, qui l’invitent dans leur belle propriété. Tout semble lui sourire. Mais son coupable secret devient de plus en plus difficile à préserver. Pressé par son éditeur d’écrire un autre roman pour justifier les confortables avances reçues, menacé par un maître-chanteur, Mathieu aux abois s’engage dans la redoutable spirale du mensonge. C’est la descente aux enfers.

Le thème de l’imposture, de l’usurpation d’identité, a inspiré de nombreux réalisateurs. Mais n’est pas qui veut René Clément (Plein Soleil, référence certes assumée par Gozlan et alors?), ou plus récemment Big Eyes de Tim Burton. Un homme idéal démarre bien, mais trop d’invraisemblances lui font assez rapidement quitter la route.

Dire que certains critiques n’ont pas hésité à évoquer Lost Highway de David Lynch, juste parce qu’une voiture roule à fond la caisse la nuit en ouverture du film… A oublier. Plus ce thriller à prétention psychologique avance, plus les incohérences se multiplient en raison de la faiblesse d’un scénario troué comme un Emmental. Jusqu’à une mise en scène fumeuse de la mort du plagiaire, à laquelle on ne croit pas une seconde.

Dommage de gâcher un bon sujet, certes recuit mais toujours fascinant, pour autant qu’on parvienne à le renouveler au lieu d’en livrer une pâle… copie. Reste la bonne interprétation de Pierre Niney qui, contrairement à son personnage, a déjà trouvé la reconnaissance de ses pairs et du public.

Film à l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 1er avril.

 

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Grand écran: "Le journal d'une femme de chambre" revisité par Benoît Jacquot. Avec Léa Seydoux.

Benoit-Jacquot-Journal-dune-femme-de-chambre[1].jpgNous sommes à la charnière des 19e et 20e siècles. Quittant Paris contre son gré pour la province, la jolie Célestine est engagée comme femme de chambre chez des bourgeois normands, les Lanlaire. Où elle doit repousser les avances graveleuses de Monsieur et supporter le caractère exécrable de Madame.

Elle y rencontre aussi Joseph, mutique et mystérieux jardinier-palefrenier qui exerce sur elle une véritable fascination. Elle finira par suivre à Cherbourg cet individu antisémite sadique, qui a fait sa pelote en volant l’argenterie des Lanlaire.

Après Jean Renoir (1946) et Luis Bunuel (1964), il n’est pas étonnant que Benoît Jacquot, poursuivant son exploration des rapports de soumission, se soit lui aussi inspiré du roman subversif d’Octave Mirbeau, pour brosser le portrait d’une soubrette intelligente et insolente, dénonçant la condition de domestiques traités comme des esclaves.

A travers le regard de cette rebelle d’une rare lucidité déterminée à échapper à sa classe, l’auteur décrit un climat social détestable, propice à la vilenie et à la corruption, inévitable pousse au crime et à la haine, où règne la loi du plus fort et qui trouve un écho à celui d’aujourd’hui.

Le-Journal-d-une-femme-de-chambre-Lea-creature-erotique_article_landscape_pm_v8[1].jpgSuite à Paulette Goddard et Jeanne Moreau, c’est une Léa Seydoux à la fois peuple, élégante et subtilement érotisée, qui se glisse dans la peau de la chambrière frondeuse, donnant la réplique à Vincent Lindon.

Contrairement à ses deux illustres prédécesseurs qui ont pris quelques libertés avec le texte de l’anar dreyfusard qu’était Mirbeau, Benoît Jacquot en reste plus près.

Dans l’ensemble il se montre plutôt convainquant avec son adaptation moderne d’un roman en phase avec notre époque, la justesse des rapports entre maîtres et domestiques, dont les femmes, de surcroît exploitées sexuellement. 

On lui reprochera toutefois une qualité de narration fluctuante, avec des flash-back un peu bâclés permettant par exemple à Célestine d’évoquer les riches maisons où elle a servi. Par ailleurs, plutôt fâcheux, la forme du journal donnant de l’importance au récit à la première personne, par la voix off de Léa Seydoux, on ne comprend pratiquement rien à ses apartés.

On regrettera aussi un final abrupt frustrant, dans la mesure où le réalisateur élude la révolte de courte durée de Célestine, qui finit en dominante et mène à son tour sans scrupule ses serviteurs à la baguette.

 Film à l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 1er avril.

 

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29/03/2015

Masters de Miami: cerise pourrie sur le gâteau pour les 30 ans de Wawrinka!

nic6402896[1].jpgLe remake d’un bon film, c’est toujours raté. Mais que dire de celui d’un mauvais match! Franchement j'espérais avoir tort  en vous racontant que Wawrinka allait nous rejouer la vilaine farce d’Indian Wells à Miami! Même si je vous disais, histoire de conjurer le mauvais sort, que sa chute prématurée en Floride m’apparaissait grosse comme une maison.

Hélas, ce fut le cas en dépit des bons vœux de Lüthi et Chiudinelli pour ses trente ans fêtés samedi. En tout cas une chose est sûre, le malheureux Vaudois n’a pas digéré le gâteau. Plutôt pourrie, la cerise en l’occurrence!

Certes, il n’est pas tombé d’entrée, encore que le scénario ne fut pas loin de se reproduire, face cette fois à un nobody argentin, Carlos Berlocq, pointant à la 68e place mondiale. Mais, ce qui ne change dans le fond pas grand-chose, il a été sorti à son second tour contre le Français Adrian Mannarino, classé au-delà du trentième rang. En deux petits sets de surcroît. 

J’imagine que ce brave Stan va nous répéter qu’il donne le maximum pour être au top. Et de nouveau se pencher sur son glorieux début de saison pour excuser ses récents errements coupables sur le court. Qui ne vont en plus pas améliorer son classement. C’est vraiment à se demander par quel miracle il a réussi à battre des cadors comme Nadal, Djokovic et Federer la saison dernière. Sans oublier les Tricolores en  Coupe Davis! 

Il a été tellement pitoyable sur ses deux Masters américains qu’à mon avis Magnus Norman, que j’ai même vu bailler lors de la rencontre précédente de son poulain, doit sérieusement se tâter pour savoir si ça vaut la peine de continuer à se défoncer, pour entrainer ce Vaudois persistant dans sa stratégie d’échec.

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24/03/2015

Masters de Miami: la menace d'un remake d'Indian Wells pour Wawrinka...

Warwinka%20S%2052746[1].jpgIronstan affiche un poil de rouille, ce qui n’empêche pas ses fans d’avoir l’espoir chevillé au corps, manifestant un optimisme forcené quant à l'opportunité de leur idole d’affronter Murray en quarts de finale à Miami…

A commencer par l’intéressé. L’an dernier il se déclarait très déçu de lui-même suite à son élimination en huitièmes de finale au Masters d’Indian Wells, pestant en invoquant à la fois la fatigue mentale et la nervosité.

C'était tout le contraire il y a une dizaine de jours après sa défaite au… premier tour dans le désert californien.

Wawrinka assurait en effet donner le maximum pour être au top à chaque tournoi. «Et c’est ce qui se passe», ajoutait-il en balayant son vilain match du jour. Avouez que notre brave Vaudois a quand même une drôle d’idée du pinacle. Pour lui le sommet s’apparente apparemment davantage à une montagne à vaches qu’à un 8000 mètres!

Bref, Stan The Man nage en pleine confiance. Hélas, contrairement à lui, je suis particulièrement inquiète en ce qui concerne sa prochaine entrée en lice en Floride. Pour ne pas dire qu’une nouvelle chute prématurée m’apparaît grosse comme une maison, dans la mesure où il n'aura pas un modeste Néerlandais de l'autre côté du filet, mais risque de se retrouver face à l’un des deux redoutables «Special K» australiens. En l’occurrence le teen-ager Thanasi Kokkinakis, au bénéfice d’une wild card et qui a passé trois tours en Californie.

De surcroît, Federer et Bacsinszky ne seront malheureusement pas là pour nous pimenter le tournoi à la sauce helvétique. La jeune Bencic devrait avoir bien du mal à se débarrasser d’Hantuchova et on connaît la fâcheuse tendances de Vögele, qualifiée pour le tableau principal, à solder ses premiers tours. Puisse le ciel de Miami me donner tort! 

 

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Grand écran: Will Smith tente de faire "Diversion". Essai non transformé!

DIVERSION-le-film-FOCUS-movie-4-Will-Smith-Margot-Robbie-2015-Go-with-the-Blog[1].jpgAprès le flop du film de SF After Earth, Will Smith tente un retour gagnant grâce à Diversion. Le moins qu’on puisse remarquer, c’est que l’essai n’est pas franchement transformé…

L’opus, qui compte comme principal titre de gloire d’avoir détrôné 50 Shades Of Grey lors de son premier week-end d’exploitation outre-Atlantique, est signé de l’inséparable tandem Glenn Ficarra et John Requa.

Pour l’occasion, l’ex roi de Hollywood se glisse dans la peau de Nicky, prince de l’arnaque. Entouré des meilleurs dans le domaine, logique c’est lui qui les forme, le maestro craque pour l’une de ses recrues, aussi sexy que douée (Margot Robbie, qui donnait la réplique à Leonardo DiCaprio dans Le Loup de Wall Street). Mais il doit s’en séparer à son corps défendant pour rester au top. Eh oui, la blonde bimbo faite au moule le déconcentre un brin. Amour quand tu nous tiens…

Trois ans s’écoulent et les amants (photo) se retrouvent par le plus grand des hasards au GP de Buenos Aires. La débutante donnant plus que jamais dans la femme fatale faussement hitchcockienne, a drôlement pris de la bouteille. Redoutable, elle risque de flanquer en l'air le super plan de Nicky. Toujours aussi fou de la belle, évidemment. 

Moins convaincant et plus surjoué que ce couple de couverture pour magazine people bas de gamme, c’est difficile. Mais son côté toc et clinquant correspond au scénario recuit et à grosses ficelles d’une comédie romantique paresseuse, laborieusement mâtinée d'action et de thriller. 

Se voulant, sans y parvenir, sophistiquée, bourrée d’humour et de suspense, Diversion, loin de le faire en l’occurrence, tente en plus vainement de désarçonner le spectateur à coups fumants d’escroqueries et de manipulations prétendument géniales, mais hautement improbables.

25D7BA4900000578-2960972-Natural_Miss_James_said_she_did_have_to_squeeze_to_within_an_inc-m-16_1424396527657[1].jpgCendrillon façon Branagh

A oublier aussi paraît-il, une énième adaptation de Cendrillon, conte revisité cette fois par Kenneth Branagh qui fait de l'héroïne une princesse en chair et en os. A noter toutefois que cette resucée kitsch avec Cate Blanchett dans le rôle de la méchante belle-mère de l'orpheline au cœur tendre (Lily James révélée par la série Downton Abbey), a enchanté le public américain lors de sa sortie.

Cela n'a pas empêché cette version où le réalisateur  s'autorise quelques libertés par rapport au récit de Charles Perrault, de se voir très rapidement supplantée au box-office par le deuxième chapitre de Divergente: l’insurrection, depuis la semaine dernière sur nos écrans.

Diversion et  Cendrillon à l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 25 mars.

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17/03/2015

Grand écran: "Le Président", un plaidoyer pour la paix et la réconciliation

the-president-makhmalbaf-640x330[1].jpgUn dictateur vieillissant mène son pays à la baguette, vivant avec son indécente famille dans un luxe vulgaire et clinquant, tandis que son peuple croupit dans la misère. Mais lors d’un violent coup d’Etat, il devient l’homme le plus recherché du pays. Fuyant avec son petit-fils de cinq ans, il cherche à rejoindre la mer où doit les attendre un navire.

Leur cavale débute en voiture, puis ils volent une mobylette et terminent leur échappée à pied. Déguisés en musiciens des rues, ils sont forcés de se confronter à la souffrance et à la haine que le président honni a provoquées.Leur cavale débute en voiture, puis ils volent une mobylette et terminent leur échappée à pied. Déguisés en musiciens des rues, ils sont forcés de se confronter à la souffrance et à la haine que le président honni a provoquées.

Exilé depuis longtemps à Londres, le réalisateur iranien Mohsen Makhmalbaf, réinterprète à sa façon, dans  ce conte en forme de comédie dramatique, les révolutions du printemps arabe. Ainsi que les problèmes du passage à la démocratie pour les pays dans lesquels  elles ont éclaté ces dernières années. Tout n’est pas réussi dans cet opus un peu longuet et parfois simpliste dans la manière de raconter la détresse d’une population sous le joug d’un tyran, mais il a le mérite de militer pour la paix et la réconciliation. 

Iranian-filmmaker-Mohsen--001[1].jpg"Le conte est un moyen d’appliquer le film à la réalité. Lorsque c’est abstrait, on peut mieux s’identifier", nous confie le réalisateur (photo) lors d’une récente rencontre à Genève dans le cadre du Festival des droits humains. "J’ai écrit le scénario il y a huit ans,  par rapport au gouvernement d’Afghanistan. Puis je l’ai modifié pour que cela reflète les révolutions".

De nombreux pays ayant refusé qu’il tourne chez eux, c’est en Géorgie, pays fictionnel dans le long-métrage, qu’il est allé planter sa caméra. « il y a une belle énergie du cinéma en Géorgie et on trouve beaucoup de jeunes réalisatrices qui ont fait de très bons films »

-Le Président, condensé de plusieurs représentants  du genre, le shah, Hussein, Khadafi,  démarre comme une farce caricaturale avec ce dirigeant qui veut montrer l’étendue de son pouvoir en faisant allumer et éteindre les lumières de la ville. Pourquoi  ce parti pris ?
 
-Il ne fallait pas que cela débute de façon tragique. Si on rit d’abord, on pleure plus facilement après. Je montre le côté joyeux et ensuite ce n’est que de la tristesse. Au commencement il y a plein de couleurs, du monde, et plus on avance, plus les choses deviennent ternes. Vers la fin, il n’y a plus personne et c’est tout gris. C’est un voyage de beaucoup de choses vers d’autres  choses.

imagesSQ28PZDH.jpg-Le dictateur est voué à une déchéance progressive et à une obligation de rencontrer son peuple. Agissez-vous en moraliste?

-Oui. Je souhaite qu’on puisse envoyer ce film à tous les pays pour que cela réveille les consciences. La plus importante des pertes c’est la moralité. On ne peut pas dire que les présidents soient illettrés ou incapables. Ce qui leur manque c’est la moralité. Et ce qui manque au peuple, c’est la culture.

-Le message que vous délivrez est clair. La violence engendre la violence. Une escalade infinie. Mais peut-il en être autrement ?

-Qu’est-ce qui déclenche cette violence? C’est  de ne pas pardonner. Après la chute d’un régime, les gens se vengent et ceux qui ont été portés au pouvoir s’y accrochent par tous les moyens, quitte  tuer à leur tour.  Et c’est l’engrenage infernal. Il faut apprendre au peuple à pardonner. C’est possibl. Gandhi et Mandela sont arrivés à changer deux pays.

-Vous nous laissez voir les choses à hauteur d’enfant. Est-ce pour augmenter la portée du film ?

-L’une des raisons est que l’enfant joue plusieurs rôles. Par ailleurs, lorsqu’on met un être innocent face à un personnage cruel, la férocité n’en devient que plus visible et cela renforce la dimension humaine. C'est c que je souhaite.

Film à l'affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 18 mars.
 

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Grand écran: Quartz du documentaire, "Electroboy" raconte l'histoire d'un touche-à-tout génial

bild_span12[1].jpgUn homme dans la quarantaine est assis sur une chaise dans une pièce nue aux murs défraîchis. L'air emprunté, malhabile, il raconte sa vie face caméra. Sur un ton détaché, presque indifférent. Comme si son histoire n'avait aucun intérêt. Ou qu'il s'agissait de celle d'un autre.
 
Rien de tel pourtant. Cet homme c'est Florian Burkhardt. Un nom qui ne dira sans doute rien à beaucoup, mais dont le réalisateur suisse Marcel Gisler a choisi de retracer, dans un documentaire mêlé de fiction, le parcours extraordinaire. Celui d’un être fascinant, intriguant, un touche-à tout génial, qui s'est senti différent dès son enfance.
 
Une jolie gueule à la James Dean
 
On découvre en effet un jeune gay sulfureux d'une beauté à la James Dean, décidé à devenir une star. A 20 ans, fuyant une existence étriquée, il s'envole pour Hollywood, suit des cours d'art dramatique. Intime de Kate Winslet et de Leonardo DiCaprio, il tourne dans une série. Il se croit arrivé, mais ses rêves de gloire s'évanouissent. 
 
eboy-gallery[1].jpgFlorian n'en rebondit pas moins. A l'occasion d'un voyage à Milan, sa jolie gueule lui permet de devenir top model pour Gucci et Prada qui se l'arrachent. Dans les années 90, ce promoteur du snowboard en Suisse se passionne également pour le web. Pionnier du net, il travaille pour Migros, Bank Leu, Sunrise. Compositeur de musique électronique, il organise des nuits techno hyper tendances à Zurich, sous le nom d'Electroboy.

Brusquement, la panne

Mais soudain, c’est le coup de frein brutal. Après avoir vécu douze ans à mille à l'heure, Florian Burkhardt craque. Il n'a que 32 ans. En pleine notoriété, cet hyperactif narcissique se retire de la vie publique. Suite à un passage par l'hôpital psychiatrique, il vit aujourd'hui seul avec son chien Hugo à Bochum, en Allemagne, bénéficiant d'une rente d'invalidité pour troubles du comportement et crises d'angoisse. Accro aux médicaments, agoraphobe, il a du mal à sortir de chez lui. 
 
Des névroses dont Marcel Gisler tient à rechercher l'origine en se penchant sur son passé et en interviewant ses proches: Fidji, son improbable agent américain, son père, sa mère, son frère. Dans la deuxième partie, le documentaire vire ainsi au drame psycho-familial, avec résurgence de lourds secrets, un deuil, une jeunesse cloîtrée, son homosexualité, le comportement de parents "incompatibles". A commencer par une mère castratrice et un père psychorigide, pour qui l'orientation de son fils est inconciliable avec sa religion.
 
Avec Electroboy qui vient d’obtenir le Quartz du documentaire suisse, le cinéaste livre, sous forme de confession entre émotion, transparence, respect, drôlerie et impudeur, le portrait passionnant d'un être en souffrance, en manque d'amour et avide de reconnaissance.

Film à l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 18 mars.

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14/03/2015

Prix du cinéma suisse: "Der Kreis" rafle la mise et Godard amuse la galerie

5873705[1].jpgHeureusement qu’il y eut Godard en toute fin de cérémonie pour nous arracher un sourire lors des 18e Quartz du cinéma suisse!

Toujours aussi caustique et drôle, lauréat d’un prix d’honneur pour l’ensemble de son oeuvre mais absent pour raison de santé, le célèbre cinéaste fait le clown dans une vidéo diffusée au BFM, lâchant des formules qu’il affectionne du genre; "il n’y a pas de cinéma suisse, il n’y a que des films suisses".
 
Mais ce qu’il a fallu endurer jusque là au cours d’une soirée de deux heures qui en paraissait carrément le double. Présentée par une animatrice chignonnée années 40, elle était largement dominée par la production alémanique, le Schwytzerdüsch (nouvelle langue officielle à Genève vu l’absence sadique de traduction), par l’amteurisme et, au balcon, par l’odeur tenace des oignons du risotto qui mijotait en attendant la ruée des invités sur le cocktail dinatoire…

2348_230512_the-circle46[1].jpgEt que dire de la qualité des extraits choisis pour les films nominés, loin de rendre justice aux gagnants. Logique grand vainqueur Der Kreis (Le Cercle), docufiction de Stefan Haupt, qui rafle quatre Quartz. Meilleur film, meilleur scénario, tandis que Sven Schelker (photo à gauche) est sacré meilleur acteur et Peter Jecklin meilleur second rôle. 

Déjà auréolé d’un Teddy Award et du prix du public au festival de Berlin 2014, le film se déroule dans le Zurich des années 50. Tout en nous laissant pénétrer dans l’une des premières communautés de libération des homosexuels, il est centré sur le couple formé dans la vraie vie par Röbi Rapp, garçon extraverti coiffeur le jour, artiste travesti la nuit, et Ernst Ostertag, issu d’une famille psychorigide, enseignant dans une école de filles et redoutant de s’assumer.

De milieux différents, ils tombent fous amoureux lors de leur rencontre au sein de la revue gay trilingue "Der Kreis-¬Le Cercle- The Circle., alors unique au monde. Rendant compte d’une dure bataille pour les droits humains, l’opus est émaillé de passionnants documents d’époque et des témoignages des deux principaux protagonistes qui furent, dans les années 90, le premier couple homo suisse officiellement marié.

image_manager__gallery-thumb_pressefoto_09_electroboy[1].jpgDeux médailles pour Electroboy

Côté documentaire, Marcel Gisler s’empare tout aussi naturellement de la médaille avec Electroboy, qui rapporte également le Quartz du meilleur montage à Thomas Bachmann.

Le film retrace le parcours hors du commun d’un être intriguant et fascinant, le Suisse Florian Burkhardt. Touche-à-tout génial, ce gay sulfureux d’une beauté à la James Dean, fréquente les stars hollywoodiennes et devient top model pour Gucci et Prada.

Promoteur du snowboard en Suisse dans les années 90, pionnier du net, compositeur de musique électronique, il organise des nuits tehcno hyper tendance à Zurich. Et soudain c’est la panne. Après avoir vécu douze ans à 1000 à l’heure, Florian Burkhardt craque et se retire de la vie publique en pleine notoriété, à 32 ans.(Sortie le 18 mars) .

En ce qui concerne les autres récompenses, Driften vaut à Sabine Timoteo le prix de la meilleure actrice. Discipline de Christophe M. Saber remporte le Quartz du court métrage Timber celui de l’animation. Mathieu Urfer, Marcin de Morsier, John Woolloff et Ariel Garcia enlèvent celui de la musique pour Pause et  Lorenz Merz celui de la photographie dans Chrieg.

Films primés à l'affiche samedi (dès 14 heures) et dimanche au Grütli.

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11/03/2015

Grand écran: "Selma", la longue marche historique de Martin Luther king

images[6].jpg

"La marche n’est pas terminée", lançait Barack Obama samedi dernier dans son discours à Selma, Alabama, où il s’était rendu avec sa femme et ses deux filles, pour  commémorer le 50e anniversaire des grandes marches qui ont contribué à l’adoption, par le Congrès, de la loi garantissant le droit de vote aux minorités.

Le premier président noir des États-Unis a rappelé que plusieurs efforts restaient à faire pour atteindre l’égalité, mais que les choses s’amélioraient.

C’était loin d’être le cas en 1965. Alors que le 15e amendement permet en théorie à tous les Noirs américains de voter depuis 1870, près de 100 ans après certains états du Sud, dont l’Alabama et son gouverneur George Wallace, refusent toujours d’appliquer la loi. Du gâteau pour les petits fonctionnaires locaux, qui en profitent pour humilier ou menacer les citoyens noirs.

Ainsi à Selma, seuls 2% d’entre eux sont inscrits sur les listes électorales. Martin Luther King, auréolé du Nobel de la paix reçu en 1964 à Oslo (c’est par ces images que débute le film), a l’intention de faire plier Lyndon B. Johnson, hôte de la Maison Blanche depuis l’assassinat du président Kennedy, en le contraignant à signer le Voting Rights Act.

Terrible répression policière

Le dimanche 7 mars 1965, en compagnie de collègues pasteurs non-violents, il organise une longue marche entre Selma et Montgomery, la capitale de l’Etat. Les choses tournent au chaos et donnent lieu à une répression policière meurtrière sans précédent sur l’Edmund Pettus Bridge, qui traverse la rivière Alabama.
 
Les images de ce qui fut appelé le "Bloody Sunday" choquent l’Amérique. Pour apaiser les tensions, Johnson intervient auprès du Dr King qui, dans le doute, accepte de faire stopper une deuxième marche au pied du pont au risque de mécontenter ses adeptes. Mais le 25 mars, il ouvre un cortège de quelque 4000 personnes. Ils sont 25.000 à l’arrivée. Le 6 août, le président paraphe le Voting Rights Act. 

Le grand intérêt de Selma de la cinéaste afro-américaine Ava DuVernay, c’est de ne pas se lancer dans le biopic traditionnel et hyper classique. Renonçant à se  pencher sur toute la vie de Martin Luther King, elle a choisi de se concentrer sur cette période-clé de son existence. 

Dans cette optique, tout en évitant l’hagiographie, elle laisse dans l’ombre des aspects de la personnalité du leader charismatique, ne faisant qu’effleurer des sujets tabous comme par exemple ses nombreuses et scabreuses aventures extra-conjugales. Qui lui ont valu un chantage de la part de FBI alors dirigé par le tout-puissant J. Edgar Hoover.

Certains grincent des dents, regrettant un trop grand respect de l’icône. Mais on ne le lui reprochera pas trop. En l’occurrence, le but n’est  pas de mesurer le degré de sainteté du pasteur, mais d’évoquer un homme porté par son incessant combat pour l’égalité raciale, un visionnaire et un fin politicien doublé d’un redoutable négociateur.

images19C245Q7.jpgDonnant libre cours à son sens de la dramaturgie et à sa connaissance du sujet, la réalisatrice a ancré son film dans un passé qui fait écho au présent. Les antagonismes entre communautés noire et blanche demeurant vifs, comme nous l’ont rappelé les récentes émeutes de Ferguson. De ce fait Ava DuVernay livre un drame politique à la fois spectaculaire, poignant, édifiant et instructif. Un pan d’histoire en forme de rappel absolument nécessaire.

Une réussite à laquelle contribuent les comédiens, à commencer par  David Oyelowo (photo), qui enfile avec talent le costume de son impressionnant personnage. A ses côtés, Tom Wilkinson se révèle parfait dans le rôle d'un Johnson au comportement dominateur, à l’image de Tim Roth, dans celui de Wallace, le très agressif gouverneur raciste. On n'en dira pas autant d’Oprah Winfrey, qui ne peut s’empêcher, comme toujours ou presque, de tomber dans la caricature. 

Film à l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 11 mars.

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10/03/2015

Grand écran: "Still Alice", avec Julianne Moore oscarisée pour son rôle de victime d'Alzheimer

NExfzWhlijhrAB_1_b[1].jpgLes mots qui s’envolent, l’intense frustration de les voir mais de ne pouvoir les attraper, la mémoire qui se trouble, les souvenirs qui s’évanouissent, la sensation que le sol se dérobe sous ses pieds, celles de ne pas savoir où elle se trouve, de disparaître en quelque sorte petit à petit sous ses propres yeux.

C’est la tragédie que commence à vivre Alice Howland. Heureusement mariée, mère de trois enfants adultes, professeur de linguistique admirée de ses pairs, cette brillante quinquagénaire apprend qu’elle est atteinte d’un Alzheimer précoce. Comment faire face à cette terrible maladie, qui va évidemment affecter également la vie de toute sa famille?

Pour incarner cette femme, les réalisateurs Richard Glatzer et Wash Westmoreland, qui ont adapté le roman éponyme de Lisa Genova, ont fait appel à Julianne Moore, oscarisée pour le rôle et sacrée meilleure actrice au dernier festival de Cannes pour Maps To The Stars de David Cronenberg.

Un excellent choix. La comédienne, qui s‘est astreinte à de nombreuses recherches se pliant notamment à un test de mémoire avec un neuropsychiatre pour mieux se mettre dans la peau du personnage, se montre très convaincante.

Jouant avec les expressions de son visage, de son regard de plus en plus vide, elle a une façon à la fois sobre et bouleversante d’interpréter les ravages de cette lente et inexorable dégénérescence des neurones. Terrible pour tous ceux qui en sont victimes, mais davantage encore pour une intello dotée d’un langage choisi et d’une grande facilité d’élocution.

La performance de Julianne Moore, de tous les plans, est en fait la raison essentielle, sinon la seule, d’aller voir le film qui ne brille ni par son scénario convenu, ni par sa mise en scène bien plate. On n’est pas non plus subjugué par les partenaires de l'actrice, dont Alec Baldwin, le mari, ainsi que ses trois enfants, Kristen Stewart, Kate Bosworth et Hunter Parrish.  

Film à l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 11 mars.

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07/03/2015

Coupe Davis à Liège: tous les comiques étaient de sortie en double côté suisse...

Bossel[1].jpgJ’ai vu ces Belges à l’entraînement et franchement il n’y a pas de quoi se relever la nuit, déclarait en substance et avec un certain mépris Rosset, à propos de la paire Bemelmans-Desein, qui devait affronter le duo Lammer-Bossel (photo).

En d’autres termes, le double était carrément dans la poche pour les Helvètes. Ou du moins n’était-il pas insensé de cultiver l’espoir que la chose se réalise.

Preuve en fut d’ailleurs le premier set, enlevé en deux coups de cuillère à pot par les fils de Tell au nez et à la barbe des sujets de Sa majesté Philippe, alors en pleine léthargie. Du coup Pierre-Alain Dupuis en frétillait d’aise à son micro. Envisageant déjà une triomphante issue non seulement à cette rencontre, mais à ces huitièmes de finale.

Un poil moins enthousiaste, le grand Marc avouait se méfier des diables rouges en dépit de cette manche flatteuse. Mais tout en se montrant prudent, il n’excluait pas non plus un deuxième point qui aurait mis les Suisses dans une position très favorable.

Hélas, dès le 3 à 3 dans le second set, il fallut se rendre à l’évidence. Les nôtres avaient tiré toutes leurs cartouches. Pour eux, il n’’y eut pas d’étincelle au bout du tunnel. Forcé de se résoudre peu à peu à l‘inévitable, Rosset commençait alors à pester vilain, et ne décolorait plus jusqu’à l’ultime coup vicieusement porté par l’adversaire.

Mais que n’était-il pas sur le banc à la place du capitaine Séverin Luthi qui apparemment faisait mal son boulot de coach en n’expliquant pas la bonne tactique à ses joueurs! D'où une situation désespérée  désormais pour l'équipe. 

Toujours est-il que  le Genevois hyper frustré nous a bassinés avec sa lancinante stratégie, se répétant à tel point qu’il se trouvait lui-même limite agaçant. Pendant plus de deux sets, il a seriné que jouer le double est d’une simplicité enfantine. Il faut respecter les fondamentaux, à savoir passer sa première balle et bien retourner ensuite. Pas besoin de servir à 200 à l’heure pour gêner le relanceur, psalmodiait-il à chaque balle perdue par le tandem helvétique.

Surtout lorsqu'on n’a pas les frères Bryan en face, ajoutait-il à l'envi! Ces Belges ne représentent en effet pas le top du tennis, surenchérissait la perruche, jamais en retard d'une redite. Certes. Sauf que quand on vous oppose le dessous du dessous du panier, normal qu’on se sente au sommet de l’autre côté du filet!

Car encore fallait-il pouvoir suivre les conseils avisés du consultant RTS, ce qui n’était manifestement et logiquement pas dans les cordes du couple d'opérette Lammer-Bossel. Si on n'a pas de grive, on mange du merle. C'est plus dur à digérer. Mais on a dû attendre d’être à deux jeux de la fin du match pour que Rosset ose enfin reconnaître que le binôme était simplement mauvais. 

Remarquez, on a malgré tout eu droit à un cri du cœur de son complice Dupuis. Après avoir noté une balle "in" alors qu’elle était "out" de quelque dix centimètres, il a humblement décrété qu’il n’aurait pas fait un bon juge de ligne. Si ce n’était que ça ! Bref, les comiques ont encore frappé. Et je ne vous raconte pas si j’attends demain avec une folle impatience…
 

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05/03/2015

Grand écran: "Red Army", l'extraordinaire aventure de "l'invincible armada" du patin soviétique

images[4].jpgCCCP, le sigle gagnant sur des maillots rouges. Avec ses huit médailles d’or olympiques et ses dix-neuf couronnes mondiales, la Red Army qui a transformé le hockey en redoutable arme de propagande, était le symbole du socialisme triomphant, la preuve vivante que le système fonctionnait…

Dans un documentaire passionnant, l’Américain Gabe Polsky, lui-même fervent adepte du palet, nous replonge au temps de la Guerre froide, sur glace et en-dehors, en racontant l’extraordinaire aventure de la célèbre dominatrice des compétitions internationales entre 1976 et 1991.

Le destin de cette dynastie unique dans l’histoire du sport est intimement lié à celui de l’URSS d’alors, mue par une volonté obsessionnelle de puissance et dont l’auteur brosse un portrait très critique, sinon accablant. Comme son pays, la Red Army connaît la grandeur et la décadence, avant d’être secouée par l’éclatement du bloc soviétique.

Dépendante de l’armée, cette véritable machine à gagner sélectionnait les meilleurs au berceau ou presque. Formés à l’esprit d’équipe, ils étaient aussi biberonnés au sacrifice patriotique face au capitalisme. 

RedArmy[1].jpgParlant non sans arrogance face caméra, l’atout maître de Red Army, mettant constamment en parallèle la crosse et le pays, tout en insistant sur les antagonismes Est-Ouest, c’est  l’ancien capitaine légendaire Slava Fetisov (photo). 

Avec ses quatre coéquipiers Alexei Kasatonov, Vladimir Krutov, Sergei Makarov et Igor Larionov, il formait le quintet mythique d’un team adulé à domicile, craint, admiré et respecté par les grands clubs étrangers, à commencer par les Etats-Unis et dont le parcours hors du commun lui a valu sa quasi invincibilité pendant des années. 

A la base du succès, une cohésion sans faille, la primauté de l’intérêt commun sur les exploits individuels, et un jeu particulièrement créatif, tout en vitesse, finesse, légèreté et contrôle, prôné par un entraîneur s'inspirant du Bolchoï et les échecs. Résultat, une suprématie tactique et sportive totale, peaufinée dès 1977 à coups de serrages drastiques de boulons par l’homme du KGB, le terrible coach Viktor Tikhonov.

Ces forçats du patin broyés par l’autorité politique étaient entraînés à la dure dans un camp spécial dédié à une épuisante préparation physique. Ils vivaient en autarcie loin de leurs proches onze mois sur douze, constamment sous surveillance et sous pression psychologique. Un régime draconien qui ne les a pourtant pas empêchés d’aligner les victoires jusqu’à l’effondrement de l’URSS.

RedArmy1[1].jpgVers la fin des années 80, perestroïka oblige, Fetisov manifeste, à l’instar de ses camarades, l’envie d’aller jouer dans les grands clubs américains. Auréolé du statut de héros national il est bientôt condamné comme ennemi politique.

Moscou lui met des bâtons dans les roues mais il tient tête au Kremlin et, malgré les intimidations, les menaces et les violences, finira par jouer aux Etats-Unis. Un exil allant d’abord de pair avec des performances moyennes pour lui et lees autres  génies russes, avant la formation d'un fameux  "Russian Five" au sein du club de Detroit. 

Rentré au pays, Fetisov a pris sa revanche. Ministre des Sports de Poutine entre 2002 et 2008, il est aujourd’hui sénateur et continue à évoluer dans les cercles du pouvoir. Il fut aussi l’un des principaux  artisans des jeux de Sotchi en 2014. 

Allant au-delà du sport, la force du film de Gabe Polsky réside dans des images d’archives saisissantes, des entretiens parfois sidérants de joueurs et autres protagonistes de l’époque, des témoignages émouvants et de brillantes séquences de jeu .Du coup il parle à tout le monde.

Si les mordus de la rondelle prendront leur pied en retrouvant leurs idoles, nul besoin pourtant de connaître le hockey, ses règles et son histoire pour s’intéresser à ce documentaire aussi fascinant qu’instructif. Divertisant de surcroît, il ne manque pas d’ironie.  

Film à l’affiche dans les salles de Suisse romande depuis mercredi 4 mars.  

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03/03/2015

Grand écran: "Buoni a nulla"veut nous montrer qu'on a tous un peu de Gianni en nous...

Buoni-a-Nulla-Gianni-Di-Gregorio-foto-film-Bim-664[1].jpgComédie italienne dans l'air du temps portant un regard particulièrement sensible sur le monde, Buoni a nulla (Bons à rien) raconte l'histoire de gens modestes et timorés qui se font sans cesse marcher sur les pieds. A l'instar de Gianni, obligé de rempiler pour trois ans alors qu'il est à deux doigts de la retraite.

Muté de surcroît en banlieue, il se laisse brimer sans réagir par sa directrice et, à l’exception du gentil Marco encore plus vulnérable et pusillanime que lui, par ses collègues. Sans oublier une voisine exécrable ou encore son ex-femme constamment sur son dos et qui transforment son quotidien en petit enfer.

Seule solution, même si ce n'est pas simple, apprendre à se faire respecter. Et le réalisateur Gianni Di Gregorio de pousser son antihéros à la révolte, notamment à travers de voluptueuses gamineries thérapeutiques. Coller du chewing-gum sur une sonnette, traîner sur un passage piétons à rendre fous les automobilistes, taper sur la voiture qui l'empêche chaque jour de rentrer chez lui.

Avec cette satire à la fois absurde, émouvante, drôle, subtilement transgressive de notre société, où il dénonce le chacun pour soi pour exalter l’amitié et la tolérance, l’auteur, qui tient le premier rôle, nous tend une sorte de miroir. Histoire de nous montrer qu’on a tous un peu de Gianni en nous.

220887-thumb-social-play-interv_buoni_a_nulla_2_1[1].jpgOpus en grande partie autobiographique

Récemment de passage à Genève, l'exubérant et  sympathique intéressé acquiesce en riant. Né en 1949, acteur et scénariste passé derrière la caméra sur le tard en 2008 avec Le déjeuner du 15 août, puis en 2011 avec Gianni et les femmes, il nous confie en outre que son troisième film est en grande partie autobiographique.

"Le caractère du personnage et la manière dont il se comporte me ressemblent énormément. Je suis très timide, ce qui explique que j’ai eu de la peine à devenir réalisateur. On doit décider, avoir de l’autorité. Du moment que je n'y arrive pas, j’ai trouvé un système sans autorité".

-Votre personnage est incapable de dire non. Est-ce aussi votre cas ?

-En effet. Mais puis-je changer? J’ai essayé ici d’analyser la chose, de comprendre le problème et de tenter de répondre à la question. Je verrai si le traitement se révèle efficace… En réalité, je pense qu’il n’est pas possible de changer sa personnalité. En revanche, améliorer sa situation en faisant des efforts, oui.

-A l’image de Gianni, les personnes sans défense sont nombreuses.

-C’est vrai. Plus qu’on ne l’imagine. Même si on ne le voit pas toujours parce que beaucoup, ayant honte de leur faiblesse,  font tout pour ne pas le montrer.

-Comme dans vos deux premiers longs-métrages, vous tenez le premier rôle. N’en avez-vous pas assez ?

-Plutôt. Je joue si cela sert le film, mais c’est très fatigant de faire l’acteur, très exigeant. Je ne dois pas boire, pas fumer, éviter les cernes, tenir la forme, rester droit alors que j’ai des douleurs au dos...

-Mais pourquoi persistez-vous? Ne trouvez-vous personne d’autre?

Bien sûr. Je pourrais dénicher beaucoup d'alter ego, mais les producteurs me veulent et n’ont pas le courage de changer. Là pourtant j’ai un peu épuisé le personnage et pour mon prochain film, pas encore clair dans ma tête, je rêve de n’être que réalisateur.

-Une dernière question à propos de l’ignoble voisine de Gianni. J’ai entendu dire que c’était la plus grande avocate du cinéma italien et surtout celle de Marcello Mastroianni.

-Exact. Elle était aussi très amoureuse de Marcello. Selon moi, il y a eu plus, tellement elle en parlait. Mais je n’ai pas de preuve de la chose…

Film à l'affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 4 mars.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Film à l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 25 février.

 

  

 

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Grand écran: "Inherent Vice" avec Joaquin Phoenix en privé bien défoncé

inherent-vice[1].jpgInvétéré fumeur de joints, le privé Doc Sportello voit débouler entre deux volutes son ex-petite amie Shasta dans son bungalow de la plage. Elle lui raconte qu’elle est tombée amoureuse d’un richissime promoteur immobilier.

Mais l'homme a disparu et elle redoute que sa femme et son amant du moment ne conspirent pour le faire interner. Pas rancunier, Doc accepte de partir à la recherche du milliardaire. 

Jusque là tout est simple. Mais les choses ne tardent pas à s’enchevêtrer inextricablement dans cette enquête psychédélique sous marijuana menée à Los Angeles en 1969, dans une Amérique tout juste sortie de Woodstock et s’enlisant dans le conflit vietnamien.

Dire que Paul Thomas Anderson se complaît dans la complexité est un doux euphémisme, tant il s’ingénie à nous embrouiller et à nous perdre dans Inherent Vice, une invraisemblable histoire à tiroirs inspirée d’un roman éponyme de Thomas Pynchon, où les digressions déroutantes foisonnent et les personnages erratiques s’empilent. 

inherent-vice-altyazili-izle-646[1].jpgC’est ainsi que Doc Sportello, parano et complètement largué entre les embrouilles, les méandres et l’abus d’herbe, se trouve confronté à un policier hyper violent, un musicien loufoque, une ado fugueuse, des blanchisseurs d’argent chinois, un dentiste improbable ou encore une tenancière de bordel qui ne peut s’empêcher de brouter goulument son fond de commerce…

Ce trip hallucinogène de deux heures trente, au récit des plus confus noyé sous une avalanche de paroles et entrecoupé de scènes farfelues, laisse évidemment le spectateur sur le sable. Peu importe, il lui suffit de s’imprégner de cette atmosphère soporifique et hypnotique pour partir lui aussi dans sa petite dérive existentielle. Il doit surtout éviter le mal de crâne en cherchant inutilement à comprendre ce qui se passe dans l’esprit tortueux du réalisateur.

En tête d’affiche de ce film à la fois noir et comique à prétention kafkaïenne, Joaquin Phoenix (qui d’autre pour incarner ce détective complètement défoncé?), omniprésent et donnant la réplique à Josh Brolin, Owen Wilson, Benicio Del Toro et Reese Whitherspoon. Un casting plus cohérent que l’intrigue.

Après Magnolia, There Will Be Blood, The Master, Paul Thomas Anderson déçoit en effet un peu, même si on a tendance à adhérer à son septième long-métrage foutraque. Son côté impénétrable n’est pas sans faire un peu (vraiment rien qu'un peu) penser au mythique Le Grand Sommeil. Inherent Vice n’est toutefois hélas pas à la hauteur de l’insolite, troublant et déconcertant chef d’œuvre d’Howard Hawks.

Film à l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 4 mars.

 

 

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25/02/2015

Grand écran: "Schweizer Helden" fait revivre Guillaume Tell via des sans papiers

6062685[1].jpgSéparée de son mari depuis peu, Sabine, mère au foyer uranaise, se retrouve pour la première fois seule à Noël. Suite à un incident fortuit, elle pousse la porte d’un centre de requérants d’asile et, de fil en aiguille, en vient à monter avec eux une adaptation du Guillaume Tell de Schiller. Histoire de monter à sa famille et à ses amies de quoi elle est capable.

Elle n’a aucune expérience d’un tel exercice mais, tenace, ira jusqu’au bout de l’expérience, qui lui enapprendra davantage que ce qu’elle aurait pu imaginer sur le quotidien des réfugiés, leurs soucis et leurs problèmes. Et sur elle-même.

Peter Luisi s’est inspiré d’une histoire vraie pour sa fiction oscillant entre tristesse et drôlerie. Alors qu’il se défend d‘avoir réalisé un film politique c’est le contraire, Schweizer Helden faisant évidemment écho à un thème aujourd’hui crucial dans nos sociétés. Son auteur s’est d’ailleurs dument documenté sur la question, ayant même vécu dans des centres de transit pour être le plus crédible et réaliste possible.

Ses intentions sont louables. Mais voilà qui ne suffit pas à emporter l’adhésion. La mayonnaise a tout de même du mal à prendre en dépit de l'effort manifeste du cinéaste de bien faire et d'actualiser, via ces héros sans papiers, l’un des plus vieux mythes helvétiques, symbole de rébellion, de courage et d’aspiration à la liberté. Un personnage qui, pour un Luisi volontariste, ne peut dans le fond que résonner chez ces gens soumis à leurs dirigeants ou victimes de violence dans leurs pays respectifs.

Mais l’ensemble, au-delà de clichés ou de stéréotypes appuyés, ne fonctionne pas vraiment. Cela n’a rien à voir avec la représentation insolite de l’histoire ou des personnages par ce groupe hétéroclite. Alors que les protagonistes et leur metteuse en scène se donnent de la peine pour se couler dans ce moule très suisse,  conseillés de surcroît par un acteur professionnel, le résultat final en forme de soirée de patronage s’avère simplement trop bancal et laborieux pour convaincre.

Film à l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 25 février.

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