14/09/2014

Les Suisses en finale de la Coupe Davis: de gros soucis à se faire contre la France!

4134327_fab553-115111-01-02_640x280[1].jpgPas de stress dans la cabine et devant le poste glosaient  Pierre-Alain Dupuis et son consultant Marc Rosset hilares, voyant Federer atomiser vite fait Fognini et donc qualifier la Suisse pour la finale.

En effet que de dithyrambes à l’égard du maestro avant le match, nos experts exaltant l’incommensurable talent du Suisse, doté d’une flopée d’options tactiques et critiquant sinon moquant les faiblesses immenses de l’Italien, incapable à leurs yeux ne serait-ce que d’éventuellement tenter d’ébranler un tant soit peu le monument.

Le Transalpin n’a pourtant pas été aussi mauvais qu’ils l’ont prétendu. Certes il a plutôt mal tricoté les deux premières manches, à la plus grande joie de nos deux comiques, lui souhaitant hypocritement le contraire. Et qui furent forcés de retourner pitoyablement leur veste lors de la troisième.

Car Fognini resserrant les mailles contre toute attente, se mettait à surclasser le maître, livrant jeu blanc sur jeu blanc tandis que la légende, peinant à plusieurs reprises jusqu’à égalité puis avantage pour son adversaire, finissait par concéder un t-break relativement dangereux. 

Du coup nos comiques, rabattant leur caquet, se mettaient  trembler, invoquant à l’envi la grosse fatigue de la tournée américaine, le décalage horaire, et la tension mentale de notre gloire nationale. C’est quand même une demi-finale de Coupe Davis! relevaient-ils avec angoisse. Toutes choses qui évidemment n’avaient même pas été mentionnées à l’entame de la partie.

D'accord, le phénix s'est ressaisi in extremis. Et seule la victoire est jolie. Il n'empêche. Au vu du nouvel échec mortifiant en double et de ce match au dernier set des plus laborieux bien qu’on parle en substance de récital du phénix, une chose est sûre: on a de gros soucis à se faire pour la finale contre les Français, fin novembre à Lille.

Surtout après la claque retentissante infligée par Tsonga et Gasquet aux Tchèques qui, comptant quand même Berdych dans leurs rangs, ont été terrassés en trois petites rencontres. Or quand on pense que nos chers voisins ont encore Monfils, Simon et Benneteau à disposition, Il est fort douteux qu’ils s’offrent en victimes expiatoires.

D’autant que Rodgeur va leur faciliter la tâche en ratant, comme il en a dorénavant pris la fâcheuse habitude, la majorité de ses balles de break. Pour autant qu’il en obtienne. Si cela n’a finalement pas porté à conséquence contre Bolleli et Fognini, ce sera rédhibitoire contre les Bleus. 

Le mythe helvétique a certes affirmé qu’il n’allait pas jouer une finale pour la perdre et Rosset estime les chances des combattants à 50/50. Voilà qui me paraît extrêmement optimiste. Pour ne pas dire complètement irréaliste face à des Tricolores non seulement hyper fans de l’épreuve mais qui l’ont gagnée un certain nombre de fois…

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10/09/2014

Cinéma: "Les Recettes du bonheur", de la tambouille à l'américaine

2278654-concours-les-recettes-du-bonheur-20-places-de-cinema-et-30-tabliers-a-gagner[1].jpgCuisinier d'exception malgré son jeune âge, Hassan Kadam fuit avec les siens la violence qui sévit en Inde. Ils ont tout perdu et débarquent dans le sud de la France pour tout recommencer. Trouvant l’endroit idéal dans un charmant petit village, ils peuvent bientôt ouvrir l’établissement de leurs rêves.

Manque de chance, La Maison Mumnbai est située juste en face d’un restaurant haut de gamme qui attend sa troisième éltoile au Michelin, Le Saule Pleureur. Il est dirigé d’une main de fer par la redoutable et hautaine Madame Mallory, qui ne veut rien savoir de ses voisins. C’est le début d’une lutte impitoyable entre les deux institutions sur fond de parfums exotiques et de haute gastronomie française.

Inutile de dire que suite à des développements sentimentalo-culinaires plus téléphonés les uns que les autres, la guerre ne va pas durer dans cette fable laborieuse d’une indicible fadeur, où Lasse Hallström nous sert des bons sentiments à la louche et des clichés à la pelle, sous prétexte de tolérance, de respect mutuel, de diversité culturelle.

En tête d’affiche pour tenter vainement d’épicer cette calamité, on trouve Helen Mirren censée incarner (en anglais!) le sommet de la restauration hexagonale. On souffre pour la brillante actrice oscarisée de The Queen, qui donne la réplique à la Québécoise Charlotte Le Bon, sa sous-chef en l’occurrence, l’Américain Manish Dayal dans le costume du chef (photo) et au pathétique comédien indien Om Puri en père du génie. Sans oublier Michel Blanc, venu se goinfrer  pour cachetonner en douce !

small_696154[1].jpgSex Tape, le flop aux Etats-Unis

Mais pire que la cuisine française à l’américaine, il y a le sexe à l’américaine. Avec Cameron Diaz qui poursuit sur sa lancée après le gel coiffant au sperme dans Mary à tout prix et son grand écart orgasmique sur le pare-brise d’une voiture dans Cartel. Et Jason Segel en parfait abruti avec zéro sex-appeal.

Pour ranimer la flamme après dix ans de mariage et deux enfants, tous deux ont l’idée de filmer leurs ébats amoureux avec leur IPad. Mais la sex-tape a été malencontreusement envoyée via le cloud à leur entourage et le couple passe le reste du film à tenter de récupérer cette fichue vidéo qui, plus grave, risque de de se retrouver sur YouPorn.

Une comédie qui se veut olé, olé, grivoise, sinon trash et X, se vantant de la scène de sexe la plus acrobatique jamais vue à l’écran. Mais c’est juste un film bruyant signé Jake Kasdan  d’une consternante vulgarité et d’un rare ennui, surfant sur les scandales du genre chez les célébrités hollywoodiennes et le placement de produit. Et comme il y a parfois une justice, il fait logiquement un flop aux Etats-Unis.

Films à l’affiche dans les salles romandes dès mercredi 10 septembre.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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09/09/2014

Cinéma: Fernand Melgar s'immerge chez les SDF dans "L'Abri". Fort et dérangeant

topelement[1] (2).jpgAprès La Forteresse et Vol Spécial, le cinéaste vaudois Fernand Melgar "la mauvaise conscience de la Suisse", nous plonge au cœur de L’Abri, un centre d’hébergement d’urgence pour SDF à Lausanne.

Il boucle ainsi en principe sa trilogie sur la migration. Le premier parle d’arrivée en Suisse, le second évoque la fin du voyage. Le troisième est une sorte de no man’s land, un entre-deux entre l’arrivée et le départ.

Avec ce volet qui peut en appeler un quatrième ("ce sont les films qui me choisissent"), Fernand Melgar et Elise Schubs, sa preneuse de son, nous emmènent dans un souterrain jusqu’à la porte du centre. C’est l’hiver, le froid mord, il neige. Chaque soir se déroule le même rituel d'entrée dramatique, qui provoque des bousculades parfois violentes.  

Trois veilleurs ont la terrible tâche de trier les démunis, laissant pénétrer d’abord les personnes âgées, les handicapés, les femmes et les enfants, puis les hommes. Alors que la capacité est de 100 places, seuls 50 seront admis et auront droit à un repas et à un lit. Pour les autres, la nuit sera dure. 

Dans L'Abri, on trouve en majorité des citoyens de l’Est et du Sud de l’Europe. Ce ne sont pas des clandestins, ils ont des papiers, des passeports et fuient la crise. Ce sont des migrants économiques, des working poors avec enfants à charge touchant des salaires de misère, des êtres humains qui cherchent désespérément à s’en sortir".

melgar39412[1].jpgLa technique de Melgar, c’est l’immersion totale. Pendant six mois, lui et Elise Schubs ont vécu au milieu des sans-logis, attendant avec eux à l’extérieuret pénétrant aussi à l’intérieur du centre. Le reproche qu’on peut adresser au réalisateur revendiquant un cinéma de "l’intranquillité", c’est de ne pas porter de jugement.

En même temps, il ne faut pas être grand clerc pour voir où vont ses sympathies dans ce documentaire fort, dérangeant, bouleversant racontant ce lieu où les barrières représentent la loi et l’autorité et qui a posé d’énormes problèmes moraux à son auteur. Il tente de faire réfléchir les gens et les questionne après le vote du 9 février qui a conduit à la fermeture des portes.

"Pour moi le fondement de la société moderne c’est le respect des droits humains. Or c’est le contraire dans ce film. Aujourd’hui on glisse vers l’exclusion. Alors j’ouvre des fenêtres". (Voir l’entier du texte dans la note du 10/8/2014)

 

Film à l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 10 septembre.

 

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Euro'16: les footeux suisses victimes à leur tour d'un complexe de supériorité!

images[9].jpgVoilà qui m'a hélas douloureusement rappelé l’euphorie suisse à l’US Open, où on donnait Federer vainqueur de son 18e Grand Chelem. Une main attachée dans le dos de sucroît vu la qualité moindre de ses adversaires. 

On n'a pas tardé à constater le contraire, suite à la piètre performance du maestro, atomisé par l'épouvantail Croate Marin Cilic en demi-finale. Qui, juste en passant, a refait impitoyablement le coup au Japonais Nishikori, raflant la Coupe en trois sets secs.  

Pour en revenir à nos footeux, ce fut rebelote dans le genre optimisme à tout crin avant le premier match de qualification pour l’euro'16, où les Suisses affrontaient les Anglais. Comme pour Rodgeur, les voyants étaient au vert, la Nati ayant incontestablement les armes, selon les experts infaillibles du crampon, pour venir à bout de cette Albion.

Non seulement elle avait paumé sa perfidie au Brésil après sa piteuse élimination au premier tour, mais ne l‘avait pas franchement retrouvée lors de sa récente victoire étriquée en rencontre amicale contre une bien petite Norvège. Du haut de sa prétention, le nouvel entraineur Petkovic n’hésitait ainsi pas à estimer les chances de son équipe à 50-50. «Nous sommes fiers de pouvoir regarder l’Angleterre d’égal à égal!», plastronnait-il.  

Ben voyons! Il faut reconnaître qu’il n’était pas le seul à prendre ses rêves pour la réalité. L’heure n’est plus aux complexes clamait la presse, embouchant évidemment les trompettes. Et c’est ainsi qu’à force de cultiver celui de supériorité, les grands favoris helvétiques, aussi impuissants que la légende à Flushing Meadows, nous rejouaient gazon maudit en s’inclinant pitoyablement contre la prétendue équipe bout de bois de Roy Hodgson .

Du coup je ne vous raconte pas si je redoute la demi-finale de Coupe Davis ce week-end à Palexpo. Parce que naturellement, le succès des Fedrinka contre les Italiens est déjà une certitude pour les spécialistes toujours infaillibles du tamis. Il ne me reste donc plus à espérer que deux c’est assez, trois c’est trop. Et non jamais deux sans trois! 

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07/09/2014

Federer à l'US Open: caramba encore raté!

6123825[1].jpgComme il venait de s'imposer à Cincinnati, tous les spécialistes du tamis, et les Suisses in corpore, voyaient Federer gagner son 18e Grand Chelem en trois coups de cuillère à pot depuis le début de l’US Open.

Alors vous imaginez si, à l’image de Jean-Marc Rossier se montrant d’une prétention folle, ils n’avaient plus le moindre doute concernant l'exploit ultime de Sa Grâce, quand le Japonais Nishikori s’est retrouvé en finale après avoir saigné à blanc en quatre sets Djokovic, le vampire de Belgrade, autre grand favori de l'épreuve.

D’autant que pour rejoindre le petit Japonais, le maestro n’avait qu’à se débarrasser de Cilic qu’il avait de surcroît battu pour la cinquième fois au Master de Toronto. Il a fallu hélas très vite déchanter. En réalité, il a suffi que le Croate emporte le premier set et breake l’impuissant Rodgeur au tout début du deuxième, pour être certain que le Bâlois ne pourrait pas revenir.

Ce n’était hélas pour lui pas Monfils en face et il a fini par prendre une humiliante râclée, s’inclinant piteusement en trois petites manches tricotées de main de maître par son impitoyable adversaire. Qui avait bouffé du lion, du tigre et de la panthère 

Nadal ayant déclaré forfait et Murray n’étant pas à son meilleur niveau, aucun membre du big four n’est présent pour le duel au sommet, qui mettra donc aux prises deux seconds couteaux pour la première fois depuis 2005. Du coup, les experts d'Eurosport nous bassinent avec la révolution en marche dans le monde de la raquette, sous prétexte que des gamins ont damé le pion aux anciens.

6123882[1].jpgPourquoi pas des nourrissons pendant qu’on y est? A leur âge, (24 ans pour Nishikori et 25 ans pour Cilic) Federer et Nadal croulaient déjà sous les Grands Chelems et Djokovic en comptait deux. Alors il faudrait attendre un peu que les «enfants» confirment avant d’affirmer qu’ils ont tué les pères. Des pères qui, à part le king, ne les dépassent que de deux ou trois ans!

Mais le plus cocasse n’est pas là. Vous pensez bien que les commentateurs français, qui n’hésitent pas à mettre Gaël Monfils (28 ans) parmi les jeunes révolutionnaires, affirment  par ailleurs qu’un Tricolore a un rôle déterminant dans l’échec cuisant subi par notre gloire nationale.

Eh oui, figurez-vous que si Cilic a atomisé le mythe, c’est grâce à Gilles Simon qui a carrément décoincé le Croate en l’obligeant à jouer cinq sets. Chauvinisme, quand tu nous tiens…

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03/09/2014

Cinéma: "Class Ennemy", métaphore grinçante de la société slovène

imagesCABK7C3G.jpgInspiré d’une histoire marquante vécue par le réalisateur de 29 ans Rok Bicek, Class Ennemy raconte le conflit opposant un nouveau professeur d’allemand et ses élèves. Ces dernier rejettent son autorité, la discipline stricte qu’il instaure, sa façon dure d’appréhender la vie et la mort, de les mettre avec une rare froideur face à leurs responsabilités.

Les rapports se font de plus en plus tendus, jusqu’au suicide d’une jeune fille timide et manifestement mal dans sa peau. L’enseignant est accusé de l’avoir causé par son attitude et la classe entre en rébellion.

Plaçant sa caméra à hauteur des élèves pour mieux impliquer le spectateur dans le drame qui se joue, le cinéaste se livre à une étude quasi clinique des effets psychologiques engendrés par la crise ambiante, relevant les comportements et les réactions des différents protagonistes. Tout en évitant de juger ou de prendre position pour l’une partie.

Réaliste et grinçant, reflétant la vie où rien n’est noir ou blanc, où le bien et le mal sont toujours liés, le propos de Class Ennemy va à l’évidence au-delà du microcosme représenté par l’école et des ados tourmentés. Métaphorique, il s’adresse à l’ensemble d’une société slovène restant très divisée politiquement et où, par ailleurs, le taux de suicide figure tristement dans le top 3 mondial selon Rok Bicek.

Poussant à la réflexion, l’opus est en plus interprété par un mélange harmonieux d’acteurs professionnels, dont Igor Samobor parfait en prof d’allemand honni, et des amateurs recrutés dans le milieu scolaire. A ne pas manquer.

Film à l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 3 septembre.

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Cinéma: "Les combattants", avec la lumineuse Adèle Haenel

imagesCAFXE5VQ.jpgDécidée à s’engager, Madeleine fantasme sur l’univers militaire. Mais déçue, en rejette toutes les valeurs. Intéressant, sauf que ses rêveries guerrières très éloignées de la réalité ne sont pas le sujet.

On découvre rapidement que le camp et les combats sur la plage sur la plage sont prétextes à tout autre chose dans le premier long-métrage du Français Thomas Cailley, qui avait fait un tabac critique lors du dernier Festival de Cannes.

En dépit du titre, Les Combattants, l’armée ne sert en effet que de toile de fond à une histoire d‘amour singulière entre Madeleine et Arnaud apparu dans le tableau. A priori tout sépare cette belle fille imprévisible à prendre avec des pincettes, au visage fermé, tendue, cassante, méfiante, violente à l’occasion, et ce gentil garçon tranquille, délicat, discret, observateur, à l’écoute.

S’attendant obsessionnellement au pire, elle s’impose de lourdes contraintes physiques en développant des techniques de self défense et d’adaptation en milieu hostile, sinon pré-apocalyptique, tandis que lui travaille simplement dans l’entreprise de bois familiale. Mais il trouve toujours des solutions quand ça va mal.

Après un premier contact musclé, maladroit et conflictuel, Arnaud aimanté par cette boule d’énergie ne pourra s’empêcher de la suivre, alors qu’elle ne lui demande rien. A priori du moins… Constamment en action, déterminés à lutter et à avancer mais ne trouvant pas leur place, tous deux vont s’inventer un monde pour survivre et affronter une société en crise dans lequel ils refusent de se laisser piéger.

Rien de lourd pourtant dans ce scénario. Habile, le créatif réalisateur sait éviter la pesanteur, tricotant avec intelligence, humour et émotion un teen movie mêlant aventure, parcours initiatique, romance, drame, comédie, film catastrophe. Une vraie réussite à laquelle participe largement un excellent duo d’acteurs. Après L'Apollonide, Suzanne, l’homme qu’on aimait trop, la lumineuse Adèle Haenel explose à nouveau à l’écran, confirmant que sa présence est désormais un label de qualité pour un film. Moins éclatant, plus réservé mais en pleine évolution, Kévin Azaïs se montre à la hauteur.

Film à l’affiche dans les salles romandes dès mercredi 3 septembre.  


 

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31/08/2014

US Open: ces "monstrueux mutants" made in France...

images[6].jpgIl m’arrive, je l’avoue, de m’énerver face aux stupides dithyrambes des Français à l’égard de leurs compatriotes. Inutilement, me rétorquerez-vous. Juste, car c’est encore pire que d’habitude dans cette édition de l’US Open.

Les commentateurs ont commencé à encenser leurs «pur-sang» dès le premier tour, continuant follement au deuxième et n’en pouvant déjà pratiquement plus au troisième où, chose incroyable, ils se retrouvaient à cinq en lice sur les… douze alignés au départ.

On a ainsi eu droit aux sempiternels «monstrueux»  d’Emilie Loit, terriblement à court de vocabulaire lors des matches des Bleus. Tandis qu’Henri Leconte, non content de nous jouer les sirènes d’alarme à chaque coup «exceptionnel» de Monfils nous servait sa soupe habituelle sur le côté extraterrestre du fabuleux Gaël, qui avait réussi l’invraisemblable prouesse de se payer le scalp du Colombien Gonzalez, illustre inconnu classé au 100e rang. 

Ce garçon est un mutant, il vient d’une autre planète. Il doit habiter sur Mars mugissait le Riton en transes. Imaginez juste une seconde d’où doivent venir les Djokovic, Federer ou Nadal... Bref. Comme en plus Simon, qui «arrive à rentrer dans la tête de l’adversaire» a terrassé Ferrer, mobylette en panne, pour accéder en huitièmes de finale, une première à l’US Open pour Gilou, le studio d’Eurosport a tremblé sur ses bases. 

Ce devrait pourtant être normal pour nos experts, dans la mesure où ils nous répètent à l’envi que les Tricolores, garçons ou filles, ont les armes pour battre n’importe qui. Sauf que ce n’est pas  spécialement fréquent. Mais ce n’est pas grave puisque que «c’est dans la défaite qu’on apprend le mieux». Laborieusement toutefois, vu les caisses qu'ils prennent sauf exception face aux meilleurs à chaque tournoi. Ou alors ils ont le cerveau qui explose à force d'emmagasiner des tonnes de données!

En tout état de cause, rien ne peut décourager nos aficionados de la raquette hexagonale. Au point qu’ils croyaient dur comme fer et surtout estimaient au plus haut point légitime que le duel Gasquet-Monfils soit programmé en « night session ». Mais les organisateurs en ont décidé autrement, lui préférant l’affrontement entre les jeunes pousses Dimitrov-Goffin.

Grosse fâcherie du coup de Bertrand Milliard (ou Frédéric Verdier, c'est pareil), déclarant avec humeur qu’entre ces deux-là et les Français, il n’y avait franchement pas photo… Il est vrai que l’amour rend aveugle!
 

 


 

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27/08/2014

Cinéma: "Sils Maria" d'Olivier Assayas confronte Juliette Binoche à son passé

get[3].jpgA 18 ans, Maria Enders a connu le succès au théâtre en incarnant la jeune et ambitieuse Sigrid au charme trouble, qui pousse au suicide Helena, une femme mûre.  Vingt ans plus tard, elle se voit proposer une reprise de la pièce mais cette fois dans le rôle d’Helena
 
En jouant une comédienne, Juliette vit ainsi sa réalité d’actrice dans Sils Maria, qui est aussi ce petit village des Grisons où auteurs, dramaturges, cinéastes ou philosophes  sont venus chercher le calme et l’inspiration.

Olivier Assayas confronte Maria à son passé sur fond de théâtre, prétexte à une réflexion sur cet art et la façon dont le cinéma peut en capter la spécificité, mais savant tout à un brassage de thèmes: le temps qui s’écoule, le métier et la condition de l’actrice face à l’obsession de la jeunesse, à la concurrence de petites nouvelles avides de percer dans le monde impitoyable du spectacle.
 
Dans ce jeu de miroir, il évoque aussi les rapports ambigus et compliqués entre Maria, star quinquagénaire (Juliette Binoche) et Valentine (Kristen Stewart) son assistante à la fois complice et confidente de ses doutes, de ses craintes. Pour compléter le duo, il y a Jo-Ann (Chloé Grace Moretz), la débutante qui doit reprendre le rôle créé par Maria. 
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Plusieurs niveaux de lecture

Olivier Assayas se plait à brouiller les pistes dans cet opus à plusieurs niveaux de lecture, où fiction et réalité s’entrecroisent, mêlant le destin de ses héroïnes et des comédiennes qui les interprètent. Tout cela dans des paysages grandioses qu’envahit peu à peu le fameux serpent de la Maloja. 
 
Après avoir divisé la critique et manqué de séduire le jury cannois, Sils Maria est aujourd’hui le plus souvent encensé comme le meilleur d’Assayas. «Saisissant de beauté», « Aussi vertigineux que les montagnes de Sils Maria»...  C’est un rien exagéré pour un opus certes habile et élégant, mais aussi assez pesant, démonstratif, référentiel et cérébral.
 
Renvoyant à Persona de Bergman, All About Eve, le chef d’oeuvre de Mankiewitz, il vaut plus pour les intentions du réalisateur que pour ce qu’on voit. Et pour ses protagonistes. A relever surtout, aux côtés de Juliette Binoche très diva, l’excellente prestation de Kristen Stewart, à contre-emploi en assistante intello à grosses lunettes. 
 

La création d'un personnage permet de rire de soi

A Cannes en mai dernier et très récemment à Locarno où Sils Maria a eu les honneurs de la Piazza Grande, Juliette Binoche est venue en parler. Pour elle c’était magnifique de voir le travail d’Olivier Assayas. Tous deux s’étaient rencontrés il y a 30 ans sur Rendez-vous qu’il avait écrit avec André Téchiné et dont elle était la tête d’affiche.
 
«Etre une actrice c’est se donner sans filet. Créer quelqu’un est amusant, on peut rire de soi, mais en réalité on n’est jamais le personnage», remarque-t-elle.  «On doit croire qu’on l’est, établir un lien entre lui et soi-même. Ce qui m’a surtout touchée dans mon rôle, c’est qu’il montre et c’est rare, ce que ça peut coûter de jouer. Cela me permettait de voir la maturation avec les craintes que l’on traverse et le lâcher prise face à elles ». .
 
Et que pense-t-elle du tournage dans les montagnes suisses ? «A partir du moment où on s’isole autant le faire dans un lieu  cinématographique. Le paysage est un également im personnage du film. Ce que j’ai aimé à Sils Maria c’est que ce village est habité par des fantômes, par des choses qui font peur»

Film à l'affiche dans les salles romandes dès mercredi 27 août.


 

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26/08/2014

Cinéma: "Party Girl", l'histoire d'une entraîneuse sexagénaire racontée par son fils

imagesCAKBW1WB.jpgA la fois généreuse et égoïste, exubérante et pathétique, romantique et immature, mère de quatre grands enfants qu’elle n’a pas élevés, Angélique est un sacré numéro. Et une vraie personne. 

Bourlingueuse et noctambule impénitente de 60 ans, elle gagne sa vie depuis quarante ans en faisant boire les hommes dans un cabaret lorrain à Forbach, une cité industrielle à la frontière franco-allemande qui peine à remonter son économie.  
 
Entraîneuse sur le retour sans en avoir vraiment conscience, elle aime encore s’éclater comme une gamine, allumant les mecs, picolant en leur compagnie jusqu’au bout de la nuit, ne cachant pas ses envies de s’envoyer en l’air. Mais la clientèle se fait rare. Reste un habitué Michel, un retraité qui a toujours été amoureux d’elle et veut l’épouser.
 
Touchée, Angélique se persuade qu’il est temps de mener une existence normale. Elle renoue avec sa dernière fille toujours en famille d’accueil. Elle rencontre même le curé. Mais l’attrait du cabaret, de la nuit, de la fête, est plus fort que la crainte de la solitude. A l’idée de se ranger, de vivre un quotidien sage et banal, s’imaginant en tête à tête avec son futur mari, sans son bar et ses copines, elle panique. 
 
C’est ce conflit intérieur, doublé d’une réflexion sur la maternité et le ravage des ans, que montre Party Girl réalisé par un trio de jeunes cinéastes, Marie Amachoukeli, Claire Burger et Samuel Theis, le fils d'Angélique Litzenburger. Non professionnelle, cette héroïne à l’allure fellinienne joue donc son propre rôle, aux côtés de ses enfants, dans ce film inspiré de son histoire.
 
Mise à nu, cette sexa de feu hors norme, mère et femme indigne, fringuée léopard, outrageusement maquillée, les cheveux en pétard, couverte de bagues et de paillettes, se révèle à la fois formidable, bouleversante, exaspérante dans cette tragi-comédie sociale, premier long-métrage surfant sur le documentaire. Mêlant le vrai, le cru et le tendre, révélation de la section Un Certain Regard au dernier Festival de Cannes, Party Girl a décroché la Caméra d’Or. 
 
 
Film à l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 27 août.

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US Open: Rodgeur prêt à refaire du Federer. Un voeu pieux?

images[4].jpgLors du dernier Roland Garros, Emilie Loit, consultante sur Eurosport, déclarait avec un mépris non dissimulé pour la légende éliminée par le Letton Gulbis en huitièmes de finale, qu’une défaite de Federer n’était plus un événement depuis belle lurette. Largement approuvée alors par les hurluberlus hilares de l’émission Avantage Leconte.

Certes, elle et sa bande n’allaient pas jusqu’à prétendre qu’en revanche les échecs d’un Tsonga, d’un Monfils ou d’un Gasquet constituaient une intense surprise, mais ce n’était pas loin. Depuis la finale perdue, haut la raquette sinon davantage, du phénix une énième fois rené de ses cendres contre Djokovic à Wimbledon en juillet dernier, et accessoirement sa victoire au Master de Cincinnati, Emilie pas jolie jolie a ravalé son dédain.  

D’autant que le Suisse avait failli s’imposer, toujours au sommet, la semaine précédente face au phénoménal Jo-Wilfried, scalpeur de quatre top 10 à Toronto. Baba, notre girouette trouve donc aujourd’hui simplement monstrueux que le maestro helvétique puisse s’aligner pour la 60e fois de suite dans un Grand Chelem.

Mais elle n’est pas la seule à rester pantoise devant le génie retrouvé du Bâlois, qui évidemment ne l’avait pas quitté bêtement du jour au lendemain pour une affaire de dos en capilotade. En effet, après l’avoir comme elle balancé cavalièrement aux oubliettes du tamis, ils sont nombreux à emboucher les trompettes.

La dithyrambe est telle que pour beaucoup, à part je dois le reconnaitre l’inénarrable Riton plutôt dubitatif, le king a carrément déjà son 18e Grand Chelem en poche. Et cela sous prétexte de l’absence de Nadal blessé, dont juste en passant on se garde bien de raconter qu’il commence lui aussi à ramer sec, ou des errements de Djokovic, en mal de résultats stupéfiants au début de la tournée américaine...

En d'autres termes, Rodgeur est prêt à nous refaire du Federer. Et Sa Grâce ne se prive pas d’en rajouter dans la béatitude ambiante, évoquant une super forme physique doublée d’un moral d’acier et d’une confiance en béton. Le tout assorti d'une nouvelle raquette. Pour ne rien vous cacher, c’est bien ce qui m’inquiète le plus dans l’histoire… 

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20/08/2014

Cinéma: "Des lendemains qui chantent", mais manquent de punch

images[5].jpgDans l’isoloir, Léon hésite. On est en 2002. Seul de son petit groupe d’amis, il finit par opter pour Lionel Jospin, le candidat socialiste à la présidence. Le 21 avril, l’impensable se produit avec Jean-Marie Le Pen au second tour…

Retour alors en 1981 et la victoire de François Mitterrand le 10 mai. A Saint-Etienne, Léon et son frère Olivier font la fête comme tous les socialistes en liesse. Mais bientôt, les choses changent. Ex-trotskyste monté à Paris, Olivier se coule dans le moule du communicant ambitieux, opportuniste et cynique. De son côté, se voulant un journaliste sans concessions, Léon erre d’une rédaction de gauche à une autre, pour se retrouver à la télévision, pistonné par son frérot.

Ils se partagent en outre la jolie Noémie que Léon a rencontrée le grand soir. Devenue conseillère présidentielle, elle n'arrive pas à choisir entre les deux. Il y a encore Sylvain, un ami d’enfance qui a fait fortune dans le Minitel rose.

Issu du documentaire, Nicolas Castro  propose son premier long-métrage de fiction avec Des lendemains qui chantent où il se plaît à revisiter, sur une période de 20 ans, l'histoire récente de la France et du socialisme, notamment à l'aide d'archives télévises parfois savoureuses. Il évoque l’évolution des mœurs, de la classe politique et des médias, se moquant de Libération et de Serge July, du Nouvel-Observateur et de ses dossiers saisonniers, de Globe l'hebdo branché jusqu'au grotesque.

A travers sa bande de potes typés dont il brosse le portrait, le réalisateur veut dresser une sorte de bilan de la génération Mitterrand, montrant le basculement d’utopistes naïfs vers le libéralisme et le capitalisme. Profitant de l’occasion il tente de tacler tous azimuts, s'appliquant à se payer la gauche caviar, les opportunistes façon Tapie, ou la droite avec son appât du gain.

Vaste sujet. Pas facile pourtant de résumer vingt ans dont deux septennats de gauche en à peine plus d’une heure trente. Nicolas Castro ne fait ainsi qu’effleurer son sujet dans une mini-fresque à vocation comique, qui peine à s’élever à la hauteur de ses ambitions même si elle se veut sans prétention. Il reste dans le gentillet et la caricature, qu’il s’agisse de son scénario ou de ses trois principaux personnages pareillement superficiels, incarnés par Pio Marmai, Laetitia Casta (photo) et Gaspard Proust. Du coup, ça manque de punch. Dommage. 

Film à l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 20 août. 

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19/08/2014

Cinéma: "Le procès de Viviane Amsalem", kafkaïen divorce à l'israélienne

images[5].jpgAprès Prendre femme en 2004 inspiré de leurs parents et de leur enfance, puis  Les 7  jours en 2007, sur comment vivre ensemble en famille, Shlomi et Ronit Elkabetz proposent Le procès de Viviane Amsalem, dernier volet de la trilogie.

Frère et sœur qui s'adorent se penchent sur le douloureux problème du divorce en Israël, uniquement  prononcé par les rabbins en vertu de la législation talmudique. Pour autant que le mari, détenant plus de pouvoir que les juges en la matière, donne son accord.

Un huis-clos étouffant

C’est ainsi que depuis trois ans, Viviane lutte farouchement pour conquérir une liberté qu’ Elisha lui refuse obstinément pour ne pas devenir la honte du lieu. Cela donne lieu à un huis-clos  étouffant en forme de guerre de tranchées entre les deux conjoints dans un petit tribunal austère aux murs blancs, où les deux réalisateurs dénoncent l’absurdité d’une situation kafkaïenne.

Au tragique de plus en plus grotesque se mêlent quelques touches d’humour, notamment amenées par un pittoresque défilé de témoins. Des protagonistes qui semblent sortis d’une comédie italienne, voisines à l'évidence compatissantes et compréhensives, mais contraintes dans leurs déclarations, compagnons de synagogue d’Elisha et spectateurs acquis à la cause masculine.

La malheureuse héroïne, à qui la remarquable, belle et sauvage Ronit Elkabetz, considérée comme la Magnani israélienne prête son visage, a évidemment le plus grand mal à se faire entendre face aux trois rabbins juchés sur une estrade. Hypocrites et sentencieux, ils cherchent à gagner du temps en repoussant sans cesse leur décision sous de fallacieux prétextes, pour éviter la nuisance que causerait l’éclatement d’un foyer.

Le procès d'un pays

Au-delà du Procès de Viviane Amsalem, ce film passionnant, tendu et plein d’émotion, métaphore de la condition des femmes dans le monde, fait aussi celui d’un pays où il n’existe pas de séparation entre les lois civiles et religieuses, Et où l’inégalité règne à tous les niveaux.

Avec en l’occurrence deux chiffres éloquents. «Si les femmes peuvent aussi refuser le divorce à leur mari, elles sont 200.000 en attente d’une séparation contre… trois hommes», nous apprenait Shlomi Elkabetz de passage à Genève.

images[6].jpg«C’est ce que nous avons voulu montrer à travers ce cas exemplaire. Exposer aux yeux du monde la situation terrible dans laquelle elles se trouvent, attendant parfois pendant vingt ans qu’on les libère enfin d’un mariage dont elles ne veulent plus, d’un homme qu’elles ne supportent plus, qu’elles n’aiment plus.» A l'image d'Elisha dans l'opus, interprété par l'excellent Simon Abkarian (photo).

Peut-être que grâce à ce film, les choses pourraient éventuellement commencer à bouger. Par exemple en créant le débat. Du moins Shlomi l’espère-t-il avec sa sœur Ronit. Tous deux savent pourtant que le chemin est encore long dans ce pays considéré comme le plus démocratique du Moyen-Orient, mais qui se révèle identique aux autres en continuant à appliquer des règles vieilles de 4000 ans ».

Film à l'affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 20 août

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16/08/2014

Festival de Locarno: Le Léopard d'Or au réalisateur philippin Lav Diaz

fullsizephoto99687[1].jpgA Locarno comme à Cannes en mai dernier, le plus long film de la compétition a produit sur le jury l’effet de la cape rouge sur le taureau…  Tandis que le Turc Nuri Bilge Ceylan remportait la Palme sur la Croisette avec Winter Sleep (3h16) le Philippin Lav Diaz (photo) a fait encore mieux, en raflant le Léopard d’Or avec Mula sa kung ano ang soon (5h38).

Une durée qui n’a pas rebuté le président Gianfranco Rosi et ses petits camarades, tant ils ont vécu avec ce «chef d’oeuvre», une «intense expérience de cinéma». Ils admettent toutefois s’être accordé une «pause pipi» avant de reprendre la cours de l’œuvre.

Filmée en noir et blanc, elle se déroule en 1972 dans un petit village isolé théâtre de mystérieux événements, avant que le président Ferdinand Marcos ne promulgue la loi martiale. Le début d’une période sanglante.

Dans le PardoLive, le journal du festival, Lav Diaz manifeste sa joie. «C’est incroyable, merci Locarno, je reste sans voix». L’auteur, qui part du particulier pour atteindre l’universel, explique que son film est basé sur ses propres souvenirs d’enfance, «tout est réel, j’ai juste changé les noms», deux ans avant «la période la plus noire de notre histoire »

Il dédie ce film historique à son père, un cinéphile fou qui lui a transmis le virus, au peuple philippin pour sa lutte et à tous les cinéastes sérieux de ce monde, notamment Pedro Costa, «mon frère dont j’adore le travail».

Pedro Costa meilleur réalisateur

Le Portugais figure  d’ailleurs aussi au palmarès. Il a reçu le prix du meilleur réalisateur pour son oppressant Cavalo Dinheiro dont le format carré ajoute encore à la sensation d’étouffement. On y suit Ventura, maçon de Lisbonne né au Cap Vert dans d’étranges souterrains, tandis que de jeunes capitaines mènent la révolution des Œillets dans la rue.

453389864[1].jpgCes deux choix convenus se justifient certes sur le plan cinématographique, même si je ne partage pas le fol enthousiasme du jury et des fans présents. Comme imaginé donc dans mon précédent billet, pas de Léopard d’Or pour Durak (Le fou) du Russe Yury Bykov, mon favori et celui d’une grande partie des critiques, 

Sa dénonciation de la corruption en Russie est toutefois un peu récompensée par l’attribution du prix masculin d’interprétation à son héros Artem  Bystrov (photo), excellent en plombier d’une rare intégrité, se lançant au péril de sa vie à l'assaut des bureaucrates pourris. Côté féminin, la Française Ariane Labed est sacrée meilleure actrice dans le médiocre Fidelio, l’odyssée d’Alice de sa compatriote Lucie  Borleteau. Plus pour ses charmes dont elle abuse en mer que pour son talent…

Le prix spécial du jury est allé au banal et verbeux Listen Up Philip de l’Américain Alex Ross Perry et une mention à Ventos de Agosto du Brésilien Gabriel Mascaro. Quant au Vaudois Fernand  Melgar, auteur de L’Abri, évoquant le quotidien sordide de SDF dans un centre d’hébergement d’urgence à Lausanne,  il est hélas à nouveau reparti les mains vides. Mais moins n’a-t-il pas été insulté comme pour Vol spécial par le président du cru 2011, Paulo Branco...

La Piazza Grande en chute libre

get[3].jpgS’il a fallu racler les fonds de tiroir pour dénicher six prix dans la grisaille d’un concours languissant réunissant dix-sept prétendants dont la majorité distillait un rare ennui, que dire de la programmation d’une Piazza Grande en chute libre... si l’on excepte les films vus et revus de Luchino Visconti ou Agnès Varda, La Vénus à la fourrure de Roman Polanski et Sils Maria d'Oliver Assayas (avec Juliette Binoche, photo), tous deux rescapés de Cannes

A sauver également Marie Heurtin de Jean Améris, l’histoire vraie d’une adolescente de 14 ans sourde muette et aveugle qu’une religieuse sort de son obscurité,  Dancing Arabs, d’Eran Riklis évoquant un garçon israélo-palestinien déchiré entre deux cultures. Un mot encore sur Pause du Lausannois Mathieu Urfer, un premier film prometteur dont on aura l’occasion de reparler lors de sa sortie en salles.

A part ça, ce n’était pas loin du petit musée des horreurs. Pêle-mêle on a vu le décervelé Lucy de Luc Besson, le calamiteux Love Island de Jasmila Zbanic, le laborieux Hundred-Foot Journey de Lasse Hallström ou encore l’écoeurant A la vie de Jean-Jacques Zielbermann. Moins navrant, ce n'était pas difficile, mais téléphoné en diable, Schweizer Helden lauréat du Prix du public.

Sauvé par les stars et la rétrospective

rocco-e-i-suoi-fratelli[1].jpgComme toujours le festival, un rien perturbé par la pluie qui a découragé quelques spectateurs et l’annulation de la visite de Roman Polanski mal vécue par ses admirateurs, a surtout été en partie par une pléiade de stars qui, de Melanie Griffith à Juliette Binoche en passant par Mia Farrow et Agnès Varda, se sont gracieusement pliées aux traditionnelles conversations au Spazio Cinema.

Il a surtout séduit par son excellente rétrospective, forte d’une cinquantaine d’œuvres, consacrée à la plus ancienne maison de production italienne Titanus fondée en  1904. Merci aux Fellini, Rossellini, Visconti, De Sica, Commencini, Monicelli, Lattuada, que les cinéphiles retrouveront aux Cinémas du Grütli à Genève du 20 août au 2  septembre et à la Cinémathèque suisse à Lausanne, du 28 août au 4 octobre.

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15/08/2014

Festival de Locarno: qui va capturer le Léopard d'Or 2014?

images[3].jpgLa 67e édition du festival de Locarno touche à sa fin. A la veille du palmarès, on ne peut hélas pas dire que ce cru 2014, par ailleurs perturbé par des événements extérieurs comme la pluie ou l’annulation de la Masterclass de Roman Polanski pour cause de polémique liée à sa visite, ait atteint des sommets.

Notamment en compétition où la majorité des dix-sept films en compétition s’est révélée d’une qualité très moyenne pour ne pas dire carrément médiocre. Une bonne nouvelle tout de même. L’an dernier, je vous racontais que si la décision ne tenait qu’à moi, j’aurais remballé le Léopard d’Or...

Bonne nouvelle, au moins en ai-je déniché un cette année dont je vous ai d’ailleurs déjà parlé. Il s’agit de Durak, du Russe Yury Bykov, qui évoque la corruption chez Sa Majesté le tsar Poutine. Le héros de l'histoire entame courageusement une course contre la montre, voire contre la mort, pour sauver des habitants suite à une explosion dans un vieil immeuble dont l’écroulement menace.

6038513[1].jpgPour les Léopards d'argent et de bronze, il y a L’Abri du Vaudois Fernand Melgar (photo), qui nous parle du sort tragique des SDF dans un hébergement d’urgence à Lausanne. Ou Mula sa kung ano ang du Philippin Lav Diaz, un très honorable opus de 5h38 qui nous emmène dans un village isolé en 1972, où se produisent d’étranges événements.

On peut aussi évoquer La sapienza d’Eugène Green. Parisien né aux Etats-Unis, cet habitué de Locarno met en scène un architecte d’origine suisse, Alexandre Schmidt, qui a derrière lui une carrière brillante, mais a perdu l’inspiration et veut retrouver ce qui l’a poussé à faire ce métier quand il était jeune. Sa femme Aliénor partage les mêmes inquiétudes en ce qui concerne sa profession et tous deux décident de partir, d'abord au Tessin puis à Rome. 

images[11].jpgPour le reste c’est la bouteille à encre, même si certains ne jurent que par Cavalo Dinheiro du Portugais Pedro Costa, un "chef- d'œuvre" ou Alive (3 heures) du Sud-Coréen Park Jungbum. Cure-The Life Of Another de la Suissesse Andrea Staka (photo) ou le bavard Listen Up Philip de l’Américain Alex Ross Perry ont également leurs fans.  

A oublier en tout cas Fidelio, l’odyssée d’Alice de la Française Lucie Borleteau, où son héroïne saute sur tout ce qui bouge dans un tanker, Dos Disparos évoquant un jeune homme qui se tire deux balles dans la peau, l’une ayant diparu et l'autre, restée dans son corps le faisant mal jouer de la flûte. Sans compter l’hystérique A Blast du Grec Syllas Tzoumerkas et le languissant Perfidia de l’Italien Bonifacio Angius.

 Comme d'habitude, il serait étonnant que le jury, présidé par le réalisateur Gianfranco Rosi, me donne raison. Mais sait-on jamais? Verdict demain.  



 

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13/08/2014

Lauren Bacall, la mort d'une légende, icône de l'âge d'or hollywoodien

Lauren-Bacall-legende-d-Hollywood-est-decedee_portrait_w532[1].jpgBelle, envoûtante, un visage aux traits aigus, élégante, drôle, la voix grave aux intonations un peu rauques, un côté garçon, un tempérament de feu. Et surtout ces yeux magnifiques, profonds, ce fameux regard en-dessous, mystérieux, insolent empreint de sensualité, qui lui valut le surnom de "The Look".
 
Vraie personnalité, à la fois indépendante, séductrice, bonne camarade et femme fatale, icône de l’âge d’or hollywoodien, Lauren Bacall qui a régné sur le cinéma américain pendant soixante ans, est morte le 12 août à New York d’une attaque. Elle avait 89 ans.

Née Betty Joan Perske dans le Bronx le 16 septembre 1924, fille unique d’immigrants juifs roumano-polonais, cousine de l’ancien premier ministre israélien Shimon Peres, elle s’essaye très jeune au mannequinat et à l’art dramatique.
 
Une couverture du Harper’s Bazar et quelques photos de mode à l’intérieur du magazine la font remarquer par la femme d’Howard Hawks qui incite vivement son mari à auditionner cette beauté de 19 ans. Elle drague la caméra et le réalisateur lui confie immédiatement le rôle d’aventurière de Marie Browning, alias Slim, face au patron du bateau Harry, alias Humphrey Bogart, dans Le port de l’angoisse

La naissance d'un couple mythique à l'écran et à la ville 

Une rencontre en forme de coup de foudre et cette réplique devenue culte: "If you want anything all you have to do is whistle…" Bogart a 44 ans. Il est marié et divorce pour épouser Bacall en 1945. Alors que ce premier film la révèle au public, un couple mythique est né au cinéma comme à la ville. Parents de deux enfants, les stars tiendront l’Amérique et le reste du monde sous le charme pendant douze ans, jusqu’à la mort de Bogart d’un cancer en 1957.

891819-lauren-bacall-humphrey-bogart-film[1].jpgHoward Hawks les réunit de nouveau en 1946 dans Le Grand Sommeil (photo) d’après Raymond Chandler. Ils tourneront encore deux films noirs ensemble, Les Passagers de la nuit de Delmer Daves (1947) et Key Largo de John Huston (1948). Remariée en 1961, avec l'acteur Jason Robards dont elle a un fils, Lauren Bacall le quittera huit ans plus tard.

Dans les années cinquante, l'actrice se tourne vers la comédie. Comment épouser un millionnaire (1953) et Les femmes mènent le monde (1954), de Jean Negulesco, La Femme modèle 1957) de Vicente Minnelli où elle joue une dessinatrice de mode mondaine. Après la mort de Bogart, on la voit également sur scène à Broadway, à la télévision, notamment dans la série des Soprano où elle tient son propre rôle.

Le grand écran la réclame encore pour Le crime de l'Orient-Express de Sydney Lumet (1974), Le dernier des géants de Don Siegel 1976), son vrai dernier grand rôle et l’ultime de John Wayne atteint d’un cancer. On se rappelle ses apparitions en agent littéraire dans Misery de Rob Reiner (1990), Prêt-à-porter de Robert Altman (1994), Dogville et Manderlay de Lars Von Trier en 2003 et 2005.

Côté récompenses, Lauren Bacall, auteure par ailleurs de deux biographies, By Myself (1979) et Now (2005) a été nominée à l’Oscar et au Golden Globe du meilleur second rôle pour sa prestation dans Leçons de séduction de Barbra Streisand (1996) où elle interprète la mère de l’actrice réalisatrice. En 2009, elle a reçu un Oscar pour l’ensemble de sa carrière.

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Cinéma: "The Way He Looks", éveil d'ados au désir et à la sexualité

imagesCALH4P4M.jpgC’est la fin de l’été à Sao Paulo. Avant la reprise des cours, Leonardo, un ado aveugle de 15 ans, lézarde au bord de la piscine en compagnie de Giovana, sa meilleure amie. Ces deux-là ne se quittent pas, se font des confidences, ont leur petite routine. Elle prend soin de lui, le raccompagne régulièrement à la maison.

Leo est en outre couvé par ses parents, surtout par sa mère qui ne cesse de s’inquiéter pour lui, rechignant à le laisser seul. Cette attention pesante énerve le garçon. En dépit de son handicap, il aspire à l’indépendance et à la normalité. Dans cette optique, il caresse l’idée de s’inscrire à un programme d’échange d’étudiants, qui lui donnerait la possibilité d’aller aux Etats-Unis ou en France.

Il aimerait bien aussi tomber amoureux. En attendant il poursuit sa relation privilégiée avec Giovana, traitée de "canne humaine" par leurs camarades, aussi bêtement cruels et méchants que jaloux de leur complicité. Jusqu’au jour où le beau Gabriel débarque dans la classe. Le duo se mue en trio, mais progressivement leur amitié évolue vers autre chose.

A la faveur d’un devoir commun imposé par la prof d’histoire, Leo attiré par Gabriel commence à prendre ses distances avec Giovana, qu’il fait souffrir. En même temps, perdant ses habituels repères, il se demande comment il peut séduire le nouvel arrivant et savoir s’il lui plaît puisqu’il ne peut pas le voir. 

Un long-métrage adapté d’un court

Sélectionné dans le volet Panorama du festival de Berlin en février, The Way He Looks (en français: Au premier regard) avait décroché le Teddy Award, l’équivalent de la Queer Palm de Cannes. Il est signé du Brésilien Daniel Ribeiro, producteur, scénariste et réalisateur gay de 32 ans, qui a décidé d’explorer la sexualité masculine à travers ses courts métrages.

Son premier long, qui retrace le parcours de cet adolescent à la recherche de sa personnalité et se découvrant une passion pour un jeune de son âge, est d’ailleurs l’adaptation de son court I Don’t Want To Go Back Alone, déjà récompensé à Berlin par l’Ours de Cristal en 2011. On retrouve pratiquement les mêmes protagonistes principaux, qui ont évidemment grandi.

Cela permet à l’auteur, tout en évoquant avec sensibilité, intelligence, douceur et justesse l’éveil des sentiments partagés entre Leonardo et Gabriel, d’aborder sous un angle différent les questions de désir et de sexe. Une jolie réussite à laquelle contribuent les acteurs, tous excellents.

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12/08/2014

Locarno: Roman Polanski annule sa visite. Journée noire pour le festival

_VEN1093_RVB[1].jpgFace à la polémique que l’annonce de sa visite a suscitée, Roman Polanski, qui devait offrir le 15 août une Masterclass aux jeunes cinéastes de la Locarno Summer Academy ainsi qu’à tout le public, a décidé d’annuler son séjour au Tessin.

Le réalisateur franco-polonais, qui allait également présenter son dernier film La Vénus à la fourrure avec sa femme Emmanuelle Seigner (photo), a envoyé dans la nuit de lundi à mardi une lettre en italien à la direction du festival dont voici la teneur :

“Chers amis,
Après avoir constaté que ma présence au Festival de Locarno aurait pu provoquer des tensions et des controverses de la part de personnes qui s’y opposent, mais dont je respecte les opinions, je regrette de vous annoncer que j’ai renoncé à contrecœur d’y participer.
Ca me rend véritablement triste de décevoir vos attentes.
Roman Polanski”

Dans une vidéo sur le site du Festival, Carlo Chatrian s’est déclaré profondément attristé par cette décision qu’il ne peut toutefois que respecter... "Alors que le soleil brille à nouveau sur Locarno après quelques jours de pluie, c’est pour moi le jour le plus sombre depuis ma nomination au poste de directeur artistique. Je suis triste parce que les festivaliers sont privés d‘une rencontre avec un artiste extraordinaire, triste parce que le concept du festival comme place de débats et de rencontres subit un contrecoup.

"Des limites dépassées"

ky_Carlo_Chatrian_festival_film_locarno[1].jpgRevenant sur les critiques lancées contre la venue du cinéaste, Carlo Chatrian a affirmé les avoir entendues avec attention, mais estime que certaines positions ont dépassé les limites. "A travers une violence verbale et la manipulation de la réalité, elles se sont transformées en attaques personnelles inacceptables… "

De son côté le président Marco Solari parle aussi de tristesse. Et d'amertume. Tout en comprenant  la décision de Roman Polanski, il la regrette infiniment dans la mesure où elle empêche un rêve de se réaliser. 

"Mais nous opérons dans un contexte démocratique, Il faut que les opinions puissent s’exprimer. Nous avons informé Monsieur Polanski que les cinéphiles allaient l’accueillir à bras ouverts mais aussi que des personnes, et je ne les juge pas, s’opposaient à sa venue. Il a donc décidé de renoncer à sa venue".

"Le festival trouve sa raison d’être dans sa liberté d’expression et a toujours su affirmer ce principe fondamental en dépit des tentatives d’ingérence et de pression", ajoute Marco Solari. " Nous n’y cédons pas mais ne pouvons que nous incliner et accepter la situation avec énormément de regrets. C’est une journée noire pour le festival, mais il doit avancer".

Venu recevoir un prix à Zurich en 2009, le cinéaste avait, rappelons-le, été arrêté pour une vieille affaire de viol de mineure aux Etats-Unis. Il avait alors été assigné à résidence pendant sept mois dans son chalet de Gstaad. La Suisse avait finalement refusé de l’extrader.
 

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Robin Williams, la mort tragique d'un grand comique en proie ses démons

images[7].jpgRobin Williams est mort lundi 11 août à son domicile de Tiburon en Californie, après une longue bataille contre la dépression, l’alcoolisme et la drogue. Il avait 63 ans. La police suspecte un suicide, mais une enquête plus approfondie doit être menée pour aboutir à une conclusion définitive.

Le monde du cinéma est sous le choc et les hommages pleuvent de partout, de Washington à Locarno, depuis l’annonce de sa tragique disparition.

Venu du stand up tout en étudiant le théâtre à la Julliard School, le comédien, trois fois marié et père de trois enfants et dont les films appartiennent à la mémoire collective, s’était fait remarquer sur le petit écran dans les années 70, avant d’apparaître sur le grand en 1980.

Animateur survolté et subversif 

Sa carrière internationale débute derrière un micro, où il interprète l’animateur radio survolté et subversif de Good Morning Vietnam en 1987. Deux ans plus tard il conquiert la planète en incarnant le professeur de littérature rebelle (photo-ci-dessous) dans le Cercle des poètes disparus de Peter Weir.

imagesCAFCETOM.jpgPeter Pan chez Steven Spielbeg  dans Hook en 1991, puis marchand de jouets dans Toys, il fait à nouveau craquer le monde entier en se cachant sous les traits de Mrs Doubtfire de Chris Columbus en 1993. Dans la foulée, il rafle un Golben Globe. 

Parmi ses films les plus célèbres de cet acteur polyvalent et surprenant, oscillant entre le rire et les lames, la tendresse et la noirceur, on citera encore Jumanji, Fisher King et surtout son rôle de psychologue (photo ci-dessous) dans Will Hunting.

Ce long métrage écrit par Matt Damon et Ben Affleck lui a valu le seul Oscar de sa prolifique carrière, en 1998. On n’oubliera pas non plus le psychopathe d’Insomnia en 2002 ou de Photo Obsession, en compétition à Locarno la même année.

images[8].jpgRéactions de la Maison Blanche au Festival de Locarno

Barack Obama, le Tout Hollywood de Steven Spielberg à Morgan Freeman, les réseaux sociaux se sont vivement émus de son décès.

Le président américain résume bien le sentiment de chacun. "Il était un animateur radio un docteur, un aviateur, un génie, une nounou,  un professeur… Mais il était unique. Il est arrivé dans nos vies comme un étranger et a fini et avait fini par toucher chaque parcelle de l’âme humaine".

A Locarno, le directeur artistique Carlo Chatrian tient à s’associer aux hommages. "Tout homme de cinéma ne peut qu’éprouver de la tristesse face à la mort d’un acteur d’une telle envergure. La plupart de ses films sont dans la mémoire collective. Je ne l’ai pas rencontré, il n’est jamais venu à Locarno, mais j’ai été marqué par ses films, plus particulièrement par Le cercle des poètes disparus que j’ai découvert alors que j’étais au lycée. J’ai aimé son personnage, cette mélancolie qu’il avait en lui ».

Tandis que Connie Nielsen, membre du jury et partenaire de Robin Williams dans Photo Obsession était trop secouée en début de matinée pour réagir, le comédien Jonathan Pryce, tête d’affiche dans Listen up Phiilip d’Alex Ross Perry, en liche pour le Léopard d’Or a manifesté son émotion. Il avait rencontré Robin Williams sur le tournage de Les aventures du baron de Münchhausen de Terry Gilliam (1988). "Il était très amusant on a dîné, bavardé ensemble. J’ai beaucoup de respect pour lui et je suis très triste qu’il nous ait quitté".


 

 


 

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Festival de Locarno: lauréate d'un Léopard d'honneur, Agnès Varda se raconte

images[3].jpg"Tout cinéaste rêve d’être invité sur la Piazza Grande", déclarait dimanche soir la réalisatrice franco-belge Agnès Varda, deuxième femme après la Russe Kira Mouratova en 1994 à recevoir un Léopard d’honneur pour l'ensemble de son œuvre. Ajoutant qu’à 86 ans, elle avait réalisé son rêve. 

Le lendemain l’infatigable créatrice, surnommée la grand-mère de la Nouvelle Vague alors qu’elle n’avait que 27 ans lorsqu’elle a réalisé son premier film La pointe courte, monté par Alain Resnais, s’est entretenue au Spazio Cinema avec le public qui l’a chaleureusement accueillie. 

Une conversation où elle raconte son parcours, ses débuts de photographe, ses films. A leur évocation Agnès (née Arlette) demande aux auditeurs s’ils les ont vus. Et se réjouit de constater que c’est presque toujours le cas. Elle s’est notamment attardée sur le documentaire qui a beaucoup compté et dont 17 ont marqué sa carrière. Par exemple Les Glaneurs et la Glaneuse, sorti en 2000.

Partout en France, elle rencontre des ratisseurs de champs et des grappilleurs dans les arbres après la récolte, des ramasseurs de fruits et légumes jetés par les entreprises, des récupérateurs de nourriture et d’objets divers dans les poubelles, les rues. Par nécessité ou par choix, ils sont en contact avec les restes des autres. Deux ans plus tard, elle a retrouvé quelques-uns de ses protagonistes. "Ils étaient contents de me voir".

"Le documentaire est une école de vie"

«J’ai tellement appris en faisant ce film. Il m’a aidée à me situer en tant que documentariste. C’est une école de vie. Il y a la dimension du temps qui passe sur les gens, qui sont aussi pleins de surprises. Dans un court-métrage, j’avais essayé de montrer comment certains avaient caché des juifs au risque de leur vie dans la Drôme. Ils étaient formidables. C’est très intéressant de filmer de vraies personnes. Bien sûr j'aime la fiction et les acteurs qui m’impressionnent. Mais c’est différent".

A côté de la réalisation, Agnès Varda s’occupe de restauration d’œuvres. Des siennes et de celles de Jacques Demy, son mari rencontré en 1958 et mort en 1990. Apprend-elle de nouvelles choses en les revoyant? "Non sauf quand les critiques en parlent et se livrent à des analyses. Je découvre des raisons de faire qui m’avaient échappé. Il y a en nous des choses qu’on ne sait pas, qui se mettent en place à ces occasions. On doit en quelque sorte fragiliser l’acte de filmer pour qu’il se nourrisse… "

Si le cinéma a changé, cela ne la trouble pas. "Il ne faut pas être obstiné". Elle estime que les nouveaux outils correspondent mieux au documentaire qu’à la fiction et qu’à l’évidence selon la caméra utilisée on ne fait pas le même film. "Dans Les Glaneurs il n'était pas possible d'avoir une équipe pour approcher les personnes, donc j’allais d’abord avec une petite caméra. Après on pouvait prévoir des moyens plus importants.

Rappelons que le Festival de Locarno projette une sélection de ses longs-métrages, Cléo de 5 à 7 (1962) Les créatures (1966) Sans toit ni loi (1985) ou encore Les Plages d’Agnès (2008).

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11/08/2014

Toronto: Tsonga s'offre Federer en finale et fait délirer l'Hexagone

images[5].jpgToute la semaine, les fans de Federer se sont demandé si la Rogers Cup serait la sienne. Mais funérailles, ce fut finalement celle de Tsonga. Et comme vous pouvez bien l’imaginer, c’est parti pour la dithyrambe.

On n’a d'ailleurs pas fini d’en parler dans l’Hexagone, qui n’en revient pas de l’excellence de son nouveau champion, remonté du coup à la 10e place du classement.

Magistral, énorme, stratosphérique, galactique. Pour les spécialistes de la raquette, le Manceau qui n’avait jusqu’ici remporté qu’un seul Masters 1000,  à Bercy en… 2008, n’est pas loin de passer pour le meilleur joueur du monde suite à cet exploit extraordinaire. Ne prétendent-ils pas qu’il a en réalité gagné plus d’un trophée au terme de sa fabuleuse semaine.  

D’accord ses compatriotes ont de quoi se taper sur le ventre. Non seulement premier Français à s’imposer au Canada, JoWi s’est payé à la suite le scalp de quatre top 10. Commençant par celui de Djokovic, les doigts dans le nez de surcroît, poursuivant avec celui de Murray, un chouïa plus difficile à maîtriser  la belette écossaise, puis de Dimitrov à nouveau en trois coups de cuillère à pot, le bombardier de service parachevait le travail en finale, terrassant en deux sets un Federer en petite forme, vacillant sur ses gambettes.  

Rageant quand même pour le maestro qui, après avoir vu un 18e Grand Chelem s'envoler in extremis face au vampire serbe à Wimbledon, a également été privé de son 80e titre avec cette nouvelle défaite. Il en reste pour l’instant à deux victoires dans d’insignifiants tournois de campagne comme Dubaï et Halle, alors qu’il s’est hissé en finale sept fois cette saison. 

Le Mohamed Ali des courts, qui avait dû déclarer forfait l’an dernier pour les deux Masters nord-américains, pourrait à nouveau péter le feu à Cincinnati, où il devrait logiquement retrouver Dracula en quarts de finale. En revanche je cultive les plus grands doutes en ce qui concerne le parcours de la légende. Ne se montrant pas franchement souveraine à Toronto, elle est arrivée par les poils en finale.

Et contrairement au Tricolore, Rodgeur est obligé de récidiver la semaine prochaine, s’il ne veut pas perdre de précieux points. Il était en effet parvenu à ce stade l’an passé, avant de se faire éliminer par Nadal. Bref, je vais déjà me faire des cheveux lors de la première rencontre, où le Bâlois risque d’affronter le redoutable Canadien Pospisil. Et je ne vous raconte pas une suite éventuelle pleine de pièges tendus par les Monfils, Murray ou autres Raonic!

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10/08/2014

Festival de Locarno: Fernand Melgar et "L'Abri": "Je suis la mauvaise conscience de la Suisse"

images[11].jpgAprès La Forteresse et Vol Spécial, le cinéaste vaudois Fernand Melgar nous plonge au cœur de L’Abri, un centre d’hébergement d’urgence pour SDF à Lausanne, bouclant ainsi en principe sa trilogie sur la migration. Le premier parle d’entrée en Suisse, le second évoque la fin du voyage. L’Abri, en lice pour le Léopard d’Or est une sorte de no man’s land, un entre-deux entre l’arrivée et le départ.

Dans ce troisième volet qui peut en appeler un quatrième ("ce sont les films qui me choisissent"), Fernand Melgar et Elise Schubs, sa preneuse de son auteure d’un formidable travail, nous emmènent dans un souterrain jusqu’à la porte du centre. C’est l’hiver, le froid mord, il  neige. Chaque soir se déroule le même rituel d’entrée dramatique qui provoque des bousculades parfois violentes.

La lourde tâche du tri des démunis

Trois veilleurs ont la terrible tâche de trier les démunis, laissant pénétrer d’abord les personnes âgées, les handicapés, les femmes et les enfants, puis les hommes. Alors que la capacité est de 100 places, seuls 50 seront admis et auront droit à un repas et à un lit. Pour les autres, la nuit sera dure. Comme la suivante et toutes celles d’après jusqu’en mars.  

La technique de Melgar, c’est l’immersion totale. Pendant six mois, lui et Elise Schubs ont vécu au milieu des sans-logis, attendant avec eux à l’extérieur et pénétrant aussi à l’intérieur du centre. Et cela après un long travail de recherche et de préparation, qui a également duré six mois, sans caméra, pour approcher les gens dans la rue à la soupe populaire, expliquant leur démarche pour établir une relation, gagner leur confiance. 

Des êtres humains cherchant à survivre

310-175-abri01[1].jpgCeux qui fréquentent l’Abri sont en majorité des citoyens de l’Est et du Sud de l’Europe. Ce ne sont pas des clandestins, ils ont des papiers, des passeports et fuient la crise. Ce sont des migrants économiques, des working poors avec enfants à charge. Ils touchent des salaires de misère ne leur permettant pas d’avoir un logement. "Il n’y a pas de différences entre eux et les personnages de mes films précédents. Ce sont tous des êtres humains qui cherchent désespérément à s’en sortir".

 

Le reproche qu’on peut faire à Melgar c’est de ne pas porter de jugement. Par exemple sur les gérants du lieu, dont un se révèle particulièrement odieux. En même temps, il ne faut pas être grand clerc pour voir où vont ses sympathies. Mais il ne veut pas catégoriser. "Il n’y a pas de gentils, de salauds, mais des êtres humains qui essayent de trouver un terrain d’entente. On attend de moi des réponses alors que je suis le témoin d’une réalité qu’on cache, qu’on veut oublier".

"Je n’ouvre pas des portes mais des fenêtres"

"Mon cinéma est celui de l’intranquillité. Je suis la mauvaise conscience de ce pays. J’essaye de faire réfléchir les gens. Je pose des questions à mes concitoyens après le vote du 9 février qui a conduit à la fermeture des portes. En même temps, c’est un message d’espoir. J'ouvre des fenêtres".


Il a ainsi réalisé L’Abri pour lever le voile sur des victimes du silence et de l’ignorance, sur une humanité à la dérive que Lausanne occulte comme si elle faisait tache dans le paysage. "Comment dans ma ville peuvent exister ces fantômes, ces citoyens de seconde zone ? Quand j’en parle avec des amis, ils me croient à moitié. Puisqu’il faut voir pour le croire, je montre".

Et Melgar le montre dans un film fort, dérangeant, bouleversant racontant ce lieu dit d’accueil mais surtout de tri, dont les barrières interdisant l’entrée à certains représentant la loi et l’autorité. Il a posé d’énormes questions morales à son auteur. "Pour moi le fondement de la société moderne c’est le respect des droits humain. Or c’est le contraire dans ce film. Aujourd’hui on glisse vers l’exclusion, l’élite, écartant de notre chemin ceux qui sont dans le besoin".

Il reste à espérer qu’il sera mieux  compris par le jury que Vol Spécial qui avait poussé, il y a trois ans, le président Paulo Branco à traiter l’opus de fasciste…


Andrea Staka propose "Cure-The Life Of Another"

images[4].jpgAutre représentante suisse en compétition, Andrea Staka, lauréate en 2007du léopard d’Or pour son premier long-métrage Das Fräulein. Avec Cure–The Life Of Another, la réalisatrice originaire d’ex-Yougoslavie situe son action à Dubrovnik, en 1993, après la guerre.

L’histoire est celle de Linda, 14 ans. Née en Croatie elle a grandi en Suisse et retourne dans son pays avec son père. Elle y rencontre Eta, qui l’entraîne dans une forêt dangereuse sur les hauteurs de la ville. Les deux adolescentes jouent à un échange d’identité plein de sous-entendus sexuels jusqu’à ce que Linda pousse son amie dans le vide.

Revenue seule, elle prend peu à peu la place d’Eta dans la famille de cette dernière. Au bord du gouffre, elle perd pied,  hantée par les images de la chute mortelle de sa nouvelle amie. On reste plutôt perplexe devant le message du film, décevant dans la mesure où il promet plus qu’il ne tient. On attendait davantage de la talentueuse cinéaste qui, chose rare, avait fait salle comble lors de la projection de presse. On retiendra toutefois la beauté de son actrice principale, Sylvie Marinkovic.

"Durak", un film russe aux allures de Léopard 

44cd99ffb7d5f598c44b89758944775d3f32629b[1].jpgJusqu’à présent, le meilleur film de la compétition c’est Durak, du Russe Yuri Bykov. Il met en scène Dima Nikitin, un plombier honnête qui habite une petite ville. On découvre son exceptionnelle intégrité lorsque qu’un vieil immeuble mal construit de neuf étages, abritant principalement des ivrognes et des marginaux, menace de s’écrouler suite à une explosion. 

Tout le monde doit être immédiatement évacué, mais c’est le cadet des soucis des élus locaux qui célèbrent l’anniversaire de la maire au restaurant. Dima se lance alors dans une course contre la montre qui lui sera fatale, pour tenter de convaincre les bureaucrates pourris et corrompus jusqu’à l’os de se remuer et éviter une catastrophe qu'il estime imminente. 

Critiquer la corruption au pays de Poutine n’est pas une nouveauté. Mais il y a la manière. Et ce faisant, Yuri Bykov livre un film coup de poing haletant, qui allie l’excellence de la mise en scène à celle du traitement et à la belle prestation des acteurs. 

 

18:56 Publié dans La griffe du léopard | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

08/08/2014

Festival de Locarno: Le grand écart entre Piazza et compétition!

images[4].jpgEntre l’ouverture sur la Piazza Grande avec Lucy et ses neurones en folie et le premier film de la compétition Mula sa kung ano ang noon (From What Is Before) du cinéaste philippin Lav Diaz, il y avait comme un gouffre. A croire qu’on n’était pas dans le même festival.

Un village isolé des Philippines en 1972, où se passent de très mystérieux événements. Des hurlements viennent de la forêt, des vaches sont massacrées, un homme est retrouvé ensanglanté à un carrefour des maisons sont incendiées, Sous prétexte de protéger les habitants qui veulent juste une petite aide financière de l’Etat, des militaires débarquent et instaurent le couvre-feu. Et le président Marcos promulgue la loi martiale dans tout le pays.

Filmée en noir et blanc, librement inspirée de personnages et de faits réels, l’anatomie de ce village et de ses habitants se révèle aussi intéressante cinématographiquement que socialement. Mais la durée du métrage, 5h38, en a découragé ld’un. Et ce n’est de loin pas le plus long du réalisateur…

On se retrouvait côté auteur sur la Piazza Grande avec le dernier opus de l’Israélien Eran Riklis Dancing Arabs, tiré des romans de Sayed Kashua Les Arabes dansent aussi et La deuxième personne. Il raconte l’histoire d’Eyad, qui a grandi dans une ville israélo-arabe et que ses parents envoient dans un prestigieux internat de Jérusalem. Une première.

Déchiré entre deux cultures, l'adolescent cherche désespérément à s’intégrer, tombe amoureux d’une jeune Juive mais doit quitter l’école lorsque leur relation est découverte. Pour être accepté, il devra prendre une décision douloureuse qui changera à jamais sa vie. Eran Riklis séduit avec ce sujet casse-gueule. Evitant les clichés, surfant finement sur le dérisoire, il livre un film au ton satirique, original et sans complaisance.

On n’en dira pas autant de Love Island, signé de Jasmila Zbanic. Liliane et son mari passent des vacances dans une station balnéaire croate, genre Cub Méd. Enceinte, Liliane est près d’accoucher, le mari se réjouit follement de la naissance de leur petite fille, mais la rencontre d’une belle femme qui leur plaît à tous les deux va singulièrement leur compliquer la vie. On assiste dès lors à une sorte de sous Bronzés croisé avec un ersatz de Gazon maudit. Calamiteux à quelques chansons près. 

23:07 Publié dans La griffe du léopard | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

Festival de Locarno: pour Mélanie Griffith, il n'y a pas de petites rôles, juste de petits acteurs...

1958389_pic_970x641[1].jpgLes objectifs sont braqués, Mélanie Griffith peut débarquer au Forum. La star américaine, montée sur scène lors de la cérémonie sur la Piazza Grande qu’elle a prise en photo, était invitée pour son rôle dans le court métrage Thirst de Rachel McDonald, en compétition chez les Léopards de demain. Dans cet opus sur la compassion et la connexion entre les humains, Mélanie joue Sue, une beauté alcoolique sur le retour.

Devant un public tout acquis, comme d’habitude dans ce genre de rencontres, l’actrice au visage très retouché mais se révélant simple et directe, évoque l’expérience fantastique qu’elle a vécue avec la réalisatrice de 31 ans.

«Ce n’est pas pour moi que je suis venue. Je n’aime pas me voir… Je suis ici pour la soutenir et lui permettre de faire de nombreux autres films. Mon personnage est une alcoolique qui essaye de survivre. Survient alors un jeune homme et tous deux se métamorphosent. J’étais moi-même alcoolique. Cela fait partie de ma thérapie. C’est une façon de sortir de mon corps, de mon esprit ».

Mélanie Griffith a été recommandée par la directrice de casting à Rachel McDonald, qui a envoyé  une lettre avec le script à a comédienne. Touchée par la missive, le sujet et surtout par la  réalisatrice, elle-ci a tout de suite accepté. «J’ai vu quelque chose chez Rachel. J’ai eu un très grand plaisir de travailler avec elle. Elle sait ce qu’elle veut, elle avait tout prévu. Elle m’a laissé faire ce que je pensais être juste, tout en me donnant des indications très intelligentes que je suivais».

Le fait que ce soit un court métrage n’est pas entré en ligne de compte. Que le film dure vingt minutes ou cinq heures, c’est pareil. Il n’y a pas de petits rôles, juste de petits acteurs… »

Le cinéma suisse touchera six millions de plus par an

Quelques heures auparavant, Alain Berset se livrait au traditionnel exercice de la conférence de presse à Locarno. «La culture est essentielle et nous souhaitons lui accorder plus de poids », déclarait le ministre avant d’annoncer, même si ce n’est pas le Pérou, la bonne nouvelle du jour: six millions de plus par an pour le cinéma, avec l’introduction  du programme de Promotion de l’investissement dans la cinématographie suisse (PICS).

Cette mesure servira à soutenir la réalisation de films et sera développée dans le cadre des nouveaux régimes d’encouragement du cinéma pour 2016-2019. Le septième art fait partie du message  sur la culture que Berne a mis en consultation jusqu’au 19 septembre.

Il prévoit une augmentation du budget de 3,4% par an. Des 895 millions que le gouvernement veut investir dans la culture de 2016 à 2019, 200 millions iront comme jusqu’ici à l’encouragement du cinéma suisse, que le ministre souhaite fort et capable de dépasser les frontières.

Alain Berset a par ailleurs souligné avec force la nécessité de la participation de la Suisse au programme MEDIA de l’Union européenne. Celui-ci ayant été interrompu et les négociations avec Buxelles gelées  après  le oui à ‘initiative sur l‘immigration de masse, des mesures compensatoires ont été prises le 1er juillet. Mais elles ne représentent qu’une solution transitoire et le Conseil fédéral vise une réintégration de l’accord MEDIA.

Quand et comment ? Difficile à dire, selon le ministre. «Nous devons nous préparer à différents scénarios. Nous discutons des aspects techniques. Nous voulons rentrer en janvier 2015 ». Un vœu pieux?

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06/08/2014

Festival de Locarno: Luc Besson sur la Piazza Grande avec "Lucy", super-héroïne au cerveau survitaminé

images[6].jpgAprès avoir été l’amour virtuel de Joaquin Phoenix dans Her, une extraterrestre débarquée sur notre planète pour séduire les hommes avant de les faire disparaître dans Under The Skin, la pulpeuse Scarlett Johansson, redevenue blonde pour l’occasion, se transforme en super-héroïne aux capacités intellectuelles illimitées dans Lucy de Luc Besson.

A l’image d’autres étudiants, la jeune Américaine se voit forcée de convoyer dans son estomac de la drogue surpuissante pour d’immondes trafiquants coréens. Mais le paquet craque et Lucy mute alors en une créature surhumaine.

Fasciné par le potentiel infini de nos petites cellules grises après s’en être entretenu avec des spécialises, Luc Besson s’adonne à la réflexion suivante: l’homme n’utilisant que 10% de son cerveau (théorie par ailleurs fausse des années 60, en réalité ce serait 15% mais peu importe) que se passerait-il s’il venait à exploiter ce précieux organe à 100%?

Proposition vertigineuse qui en fait donc une excellente idée au départ. Malheureusement, comme on pouvait s’en douter, le réalisateur n’en fait pas grand-chose dans ce film de science-fiction également porté par Morgan Freeman, improbable scientifique un poil affolé par les facultés de plus en plus démentes mais finalement sans intérêt de Lucy.

Besson a ainsi concocté une intrigue aux hypothèses fantaisistes, où se mêlent pseudo-métaphysique, philosophie de bazar et pointe de féminisme saugrenu. Sans oublier évidemment, dans ce thriller qui se veut très visuel et explosif, des effets spéciaux et de laborieuses scènes d’action avec d'interminables fusillades entre la mule survitaminée, la police et la bande de gangsters asiatiques, grosses brutes à la botte d’un mafieux sanguinaire.

Bref, du grand n’importe quoi. En prétendant se livrer à un questionnement sur le pouvoir de nos neurones, Luc Besson néglige de se servir des  siens. Trop bête. A noter qu’après un démarrage d’enfer aux Etats-Unis, Lucy vient de se faire piquer sa première place au box office par Les gardiens de la galaxie. Et eux, ils n’ont carrément rien dans le chou…

Le film sera à l’affiche dans les salles de Suisse romande dès jeudi 7 août.

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