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26/05/2017

Festival de Cannes «L'amant double», le thriller érotique de François Ozon

aaaaaaamant.jpgUne coupe de cheveux, une visite gynécologique, une plongée dans un vagin qui palpite… Le ton est donné et la température s’annonce tout de suite élevée pour L’amant double de François Ozon, auteur prolixe et grand habitué de la Croisette, l’un des dix-neuf prétendants à la Palme d’or. Dans le rôle titre, la belle Marine Vacth. Quatre ans après Jeune et jolie, elle interprète Chloé, une femme fragile et dépressive. Tourmentée par des maux de ventre, elle décide d’entreprendre une psychothérapie et ne tarde pas à tomber amoureuse de son psy Paul, incarné par l'acteur belge Jérémie Renier.

Quelques mois plus tard les amants s'installent ensemble. En rangeant des cartons, Chloé met par hasard la main sur un passeport dont la photo ressemble furieusement à Paul et pense qu’il lui cache des choses. Le voyant parler avec une femme, elle imagine qu’il la trompe jusqu’àu moment où elle découvre qu’il a un frère jumeau, Louis, également psychiatre avec qui il est brouillé depuis dix ans…

Prenant rendez-vous avec lui sous un faux nom, elle devient sa maîtresse. Pensant à l’un lorsqu’elle est avec l’autre au cours de scènes torrides, elle est déchirée entre deux personnages physiquement identiques aux personnalités antagonistes.

L’auteur met ses protagonistes à nu

François Ozon n’hésite pas à mettre ses protagonistes à nu, au propre et au figuré dans son vingtième long métrage, un thriller érotique stylisé, à l’image clinique presque chirurgicale, construit de manière architecturale avec des effets de miroirs. Explorant les tréfonds noirs et pervers de l’âme humaine à travers des personnages redoutablement névrosés, ce fan de Hitchcock, s’est inspiré d’un polar noir paru en 1987, de Joyce Carol Oates, alias Rosamond Smith, The Lives of The Twins (L’amour en double en français).

«J’étais d’autant plus séduit par l’intrigue qu’elle avait utilisé un pseudonyme pour l’écrire. Il y a déjà là l’idée du double », déclare l’auteur. «J’en ai toutefois réalisé une adaptation assez libre, en inventant par exemple une fin inexistante dans le livre, en changeant la profession de la fille qui passe de mannequin à gardienne de musée chez moi. Et bien sûr je l’ai transposé en France».

Pourquoi cette folie du double dans un thriller à tendance gore?

Nous sommes tous différents selon qui nous fait face, nous avons des identités multiples. Cela contribue à la richesse d’une personnalité Dans mes goûts je suis très éclectique. Ce qui m’intéresse dans un film c’et la narration et la façon de lui trouver une forme adéquate. J’adapte mon récit au sujet que je traite. Par exemple dans Frantz, mon film précédent, je suis beaucoup plus classique. Là j’avais envie de jouer avec le film d’horreur et ses codes. Evoquer le suspense, la manipulation. Créer une tension permanente, un effroi, un malaise. J’ai essayé de retrouver cette angoisse qu’on aime. C‘est une sorte de catharsis. On se fait peur, comme les enfants.

Vous allez loin dans les fantasmes de votre héroïne

Cette histoire m’y pousse. Elle a des rêves de meurtre. Les fantasmes et les rêves révèlent la vérité des gens. Cela permet de mieux les cerner. On pense que le mal vient de l’extérieur En réalité il est en nous.

Vous avez choisi de retravailler avec Marine Vacht. Votre nouvelle muse?

Je me suis très bien entendu avec elle. Pour Jeune et jolie, je l’ai filmée un peu comme dans un documentaire. Depuis elle est devenue une vraie comédienne. En quatre ans, je l’ai vu grandir avec d’autres cinéastes. Dans L’amant double, elle montre ses talents d’actrice. C’est une fille très équilibrée, très mûre pour son âge.

En ce qui concerne Jérémie Renier, c’est la troisième fois que vous collaborez après Potiche et Les amants criminels. Était-ce difficile pour lui d’endosser ce rôle délicat de personnalités identiques et antagonistes.

Oui, c’est compliqué, mais tous les acteurs rêvent de jouer des jumeaux. Jérémie état ravi, mais également anxieux de savoir s’il serait aussi bon dans les deux caractères. Sa nature le porte en effet plutôt vers le personnage de Paul, l’élément gentil que vers celui de Louis, son exact contraire. En même temps, il a sa part d’ombre. Comme tout le monde.

Et qu’en est-il de la vôtre? Où la dissimulez-vous?

Dans mes films. La gémellité, c’est fascinant, mais c’est également angoissant d’être face à un miroir. Je me supporte déjà difficilement en simple exemplaire. Alors en double, vous imaginez…

17:38 Publié dans Cannes dans Chassé-Croisette | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | | | Pin it! |

18/05/2017

Festival de Cannes: pour Pedro Almodovar, la Palme d'or doit sortir en salles

aaaaaapedro.jpgAlors qu’Emmanuel Macron et Donald Trump font leur possible pour lui voler la vedette, le Festival de Cannes déroule imperturbablement son tapis rouge où se bousculaient déjà les stars à l’ouverture de cette 70e édition.

A commencer par le président du jury Pedro Almodovar et ses huit camarades, à qui échoit la redoutable tâche de décerner la Palme d’or à l’un des dix-neuf concurrents. Invité à dire ce que représente pour lui le festival en conférence de presse, le bouillant Espagnol n’a pas tardé à annoncer la couleur.

Après avoir rappelé qu’il fréquentait la grand-messe cannoise depuis 1982 «une fête et une célébration du cinéma d’auteur», il a déclaré, en référence à la polémique Netflix, ne pas concevoir qu’une Palme d’or ou un autre prix soient remis à un film ne pouvant être vu en salles. Alors que la plateforme américaine prévoit le contraire en ce qui concerne The Meyerowitz Stories de l’Américain Noah Baumbach et Okja du Sud-Coréen Bong-Joon-Ho.

«Cela ne signifie pas que je ne sois pas ouvert aux nouvelles technologies ou à ce qu’elles apportent », a-t-il ajouté. «Mais ce qui est déterminant quand on voit un film pour la première fois, c’est la taille de l’écran. Elle ne soit pas être plus petite que votre chaise».

Pour le reste, Pedro Almodovar a insisté sur sa chance unique d’avoir été choisi. A l’image de ses co-jurés, les Américains Jessica Chastain et Will Smith, la Chinoise Fan Bingbing, le Sud-Coréen Park Chang-Wook, l’Allemande Maren Ade, l’Italien Paolo Sorrentino, les Français Agnès Jaoui et Gabriel Yared.

En revanche ils ne partagent pas forcément la position radicale de leur président à propos de Netflix, plus particulièrement Agnès Jaoui, relativement nuancée toutefois, et Will Smith qui a lui complètement pris la défense du géant du streaming. Ce qui n'est pas très étonnant, dans la mesure où il produira son prochain film. 

Mais ils se retrouvent tous pour se réjouir de voir des films qui leur ouvriront l’esprit et le coeur, de vivre une extraordinaire expérience, d’apprendre, de juger sans idée préconçue, de découvrir le cinéma de demain. Will Smith, encore lui, s’est montré d’humeur comiquement batailleuse dans l’interview précédent la conférence de presse. «J’atttends de pouvoir taper sur la table et affirmer que je ne suis pas d’accord. Faire un scandale au cours des débats… »

aaaaaaafantomes.jpgUn casting cinq étoiles pour Les fantômes d’Ismaël

Des stars, il y en avait aussi dans Les fantômes d’Ismaël, le film d’ouverture du Français Arnaud Despleschin réunissant Marion Cotillard, Charlotte Gainsbourg, Alice Rohrwacher, Mathieu Amalric, Louis Garrel (le cheveu rasé, nuisant un poil si j’ose dire en l’occurrence à son charme) et Hippolyte Girardot.

Une histoire assez folle où le réalisateur, ne cachant pas non plus son bonheur, sa gratitude, son émotion d’en être, de surcroît sans le stress du verdict final, balade le spectateur dans les méandres d’intrigues sur fond d’espionnage.

Tandis qu’un diplomate traverse le monde sans rien y comprendre, un réalisateur traverse son existence sans rien y piger non plus. Despleschin fracasse des fragments d’histoires pour faire naître de ces éclats une femme aimée, le souvenir d’une femme aimée revenue d’entre les morts et une diablotine. Un film dont le message, pour son auteur, tient avant tout dans l’avant- dernière réplique de Charlotte Gainsbourg. «La vie m’est arrivée».

C’est aussi la première rencontre cinématographique entre cette dernière et Marion Cotillard. Elle s’est révélée évidente et simple sur le plateau. Cette collaboration correspond par ailleurs au souhait de Marion. «J’ai eu la chance de tourner avec de grands acteurs, mais j’adorerais jouer davantage avec des femmes. J’ai une passion pour les actrices et c’est merveilleux de partager cette expérience avec Charlotte ».

Une double satisfaction pour le cinéaste qui avait envie de travailler avec Charlotte depuis «L’effrontée», tout en admirant la capacité de Marion à créer du mythe et à s’en débarrasser.

A l'affiche dans les salles de Suisse romande depuis mercredi 17 mai.

12:24 | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | | Pin it! |

16/05/2017

Grand écran: "In Between", la soif d'émancipation de trois Palestiniennes à Tel-Aviv

aaaaanour.jpgLayla, Salma et Nour, trois jeunes femmes palestiniennes, partagent un appartement à Tel Aviv et aspirent à la liberté. Mais le chemin pour y parvenir n’est pas simple.

Les deux premières sont délurées  et frondeuses, tandis que la troisième se révèle bien sage. Mais chacune est à son tour victime de l’intolérance de ses proches. Belle avocate fêtarde à ses heures, Layla décide de quitter son copain qui, malgré un passage dans le cinéma à New York, demeure très rétrograde. Salma, elle aussi amatrice de fumette et ne crachant pas sur l'alcool, se heurte à l’hypocrisie de sa famille chrétienne, cherchant absolument à la marier parce qu’elle est lesbienne.

Contrairement à Layla et Salma, Nour, originaire d’un bastion musulman en Israël, est voilée et très pieuse, Etudiante en informatique à l’université, elle va pourtant également se débarrasser de son fiancé, un gros nul macho et violeur, voulant convoler au plus vite pour la cantonner dans le rôle immuable d’épouse et mère au foyer.

Premier film de la Palestinienne Maysaloun Hamoud, In Between (Je danserai  si je veux) est une œuvre politique, militante, drôle, émouvante, qui lui a valu une fatwa. Son «crime»: montrer le quotidien de ces trois jeunes femmes et leur difficulté à mener leur vie comme elles l’entendent. Mais qui ne plient pas, cherchant farouchement à s’émanciper dans une société patriarcale, où les tabous et les traditions ont la vie dure. Du coup, les hommes en prennent pour leur grade!

Courageuses et attachantes héroïnes

La charge est certes appuyée, l’échantillonnage féminin assez stéréotypé et les situations pas très originales. La réalisatrice ne nous laisse pas moins découvrir de courageuses héroïnes face à l’obscurantisme, à la discrimination, au sexisme, ainsi qu’à la violence qu’elles provoquent par leur soif d’émancipation.

En colère, attachantes, pleines de vie, d’énergie et d’humour, elles sont de surcroît portées par des comédiennes charismatiques et convaincantes. Carrément impliquées dans une impérative transgression. Car comme chantait Cookie Dingler en 1984, être une femme libérée tu sais, ce n‘est pas si facile. Malheureusement ça le reste!

A l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 17 mai.

18:03 Publié dans Sorties de la Semaine | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | | Pin it! |

14/05/2017

Grand écran: "L'éclipse du bonheur", un mélo pour retrouver l'espoir

aaaaaagluck.jpgAppelée dans la nuit à se rendre au chevet d’Yves, la psychologue pour enfants Eliane Hess s’attache à ce garçon de huit ans rescapé d’un terrible accident de voiture où toute sa famille a péri.

Bouleversée, elle veut absolument aider ce petit être détruit, pour l’aider à retrouver l’espoir et affronter son destin. Mais elle ne tarde pas à perdre sa distance professionnelle...

Parallèlement les choses se compliquent dans sa propre famille: deuil, non-dits autour d'un adultère, révolte adolescente, crise de couple, sans oublier l’importance de la peinture, en contrepoint mystique et esthétique de la condition humaine. La multiplication des thèmes ne contribue pas franchement à la fluidité du récit, bien que ce mélo en forme de parabole sur la vie soit propre à faire sangloter dans les chaumières.

Tiré d’un roman de Lukas Hartmann, L‘éclipse du bonheur (Finsteres Glück) est signé Stefan Haupt. Né en 1961 à Zurich, il devient instituteur, mais il ne lui faut que deux jours pour savoir que ce n’est pas sa voie. Aujourd’hui cinéaste, scénariste et producteur, cet auteur de documentaires et de fictions, s’est notamment fait connaitre avec Der Kreis (Le Cercle), quartz du meilleur film suisse en 2015. Un film sur l’apogée et le déclin d’un magazine helvétique gay, internationalement distribué, pionnier de l’émancipation homosexuelle.

aaaastef.jpgLe réalisateur énormément touché par l’histoire

Lorsque Lukas Hartmann lui a envoyé son livre en 2010, Stefan Haupt, qui n’avait jusqu’ici jamais adapté de roman, ne se voyait pas vraiment en faire un film. «Mais en le lisant, j’en ai eu très envie, même si je m’y suis attaqué après Sagrada et en parallèle avec Le Cercle. Cet enfant perdu, jeté dans le monde avec une telle difficulté à vivre son deuil et que la psy doit aider à surmonter son traumatisme, m’a énormément touché», nous dit-il.

Il a été également très ému par l’histoire de cette femme mère de deux filles, qui a elle aussi subi la perte d’un être cher et dont la relation ne marche pas. «Elle doit serrer les dents. A Zurich, j’en ai rencontré de ces femmes modernes, autonomes, seules avec des enfants. Elles ont raison d’aspirer à la liberté. En même temps, toujours lutter pour la conserver, c’est lourd».

Côté comédiens, c’est la femme de Stefan Haupt, Eleni, qui joue la psy. Elle obtient pour la première fois un rôle principal dans un film de son mari. Quant au jeune Yves, il est interprété par Noé Ricklin. «Nous avons vu une cinquantaine de garçons, mais il s’est imposé très vite. Comme il s’agit d’une partition délicate, nous avons parlé avec les parents. Nous avons tout fait pour que Noé se sente à l’aise et en sorte indemne. Mais en réalité, il n’a jamais été aussi équilibré que pendant le tournage».

A l'affiche dans les salles de Suisse romande depuis le mercredi 10 mai.

 

18:48 Publié dans Sorties de la Semaine | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | | Pin it! |

13/05/2017

Grand écran: "A German Life" pour lutter encore et toujours contre l'oubli

aaaaaagerman.jpgMorte à 106 ans le 27 janvier dernier à Munich, Brunhilde Pomsel a travaillé de 1942 à la fin de la guerre comme sténographe au service du ministre de la propagande Joseph Goebbels. Ce dernier témoin de la machine du pouvoir nazi vue de l’intérieur livre ses ultimes confidences dans A German Life (Une vie allemande), un documentaire autrichien réalisé par Christian Krönes, Florian Weigensamer, Roland Schrotthofer et Olaf S. Müller

On est impressionné, fasciné, par cette femme filmée en gros plan. Le visage parcheminé, à la peau de crocodile, le regard vif et clair, elle nous place face à l’histoire, nous renvoie à nous-mêmes en nous forçant à nous poser des questions sur ce que nous aurions fait. "Je ne suis pas le genre qui résiste. Je n’osais pas, je fais partie des lâches".

Comme nombre d'Allemands de sa génération, elle affirme n'avoir rien su des crimes nazis, en particulier des camps de concentration et d'extermination au coeur du génocide juif. "Tout le monde pense que nous savions tout. Nous ne savions rien, tout était gardé secret. Nous étions nous-mêmes dans un gigantesque camp de concentration", dit-elle en référence à la répression et à l'omnipotence de la police politique.

Un constat plus qu’un aveu de faiblesse de la part de Brunhilde Pomsel, éduquée à la dure, incarnant la majeure partie de ses compatriotes qui cherchaient simplement à mener leur vie. Pour qui la propagande était un boulot comme un autre. A 31 ans, elle a accepté le poste parce qu’elle était bien payée. "Je ne faisais que taper à la machine dans le bureau de Goebbels", Un homme qu’elle décrit comme "petit, mais qui se tenait bien et qui était gentil avec elle".

Ce film à quatre mains qui vous prend aux tripes est entrecoupé par des ’images d’archives reconstituant le discours de l’époque, mais également par les hésitations, les silences, les moments de réflexion de sa protagoniste, qui garde à son âge avancé une extraordinaire facilité à s’exprimer, à s'analyser. Elle ne cherche pas à se justifier, ni à se cacher, mais rappelle qu’il est facile de juger et de s’imaginer en résistant a posteriori.

On peut évoquer une autojustification tardive. Mais l’essentiel est ailleurs. Lutter encore et toujours contre l’oubli. Et c’est ce que voulait Brunhilde Pomsel. Dans un entretien en juin 2016 à l’AFP, elle assurait "avoir la conscience tranquille et s’être prêtée à ce documentaire pour informer la nouvelle génération de toutes ces choses comme il y a de moins en moins de témoins".

A l’affiche dans les salles de Suisse romande depuis mercredi 10 mai.

12:59 Publié dans Sorties de la Semaine | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | | Pin it! |

10/05/2017

Grand écran. "Un profil pour deux", pathétique trio amoureux. Avec Pierre Richard

aaaaaaprofil.jpgLe réalisateur Stéphane Robelin surfe façon numérique sur le thème de Cyrano dans Un profil pour deux, où Pierre, veuf et retraité se terrant dans son logis, découvre les joies et les plaisirs d'internet grâce au jeune Alex, loser patenté.

Sur un site de rencontre, Pierre fait alors la connaissance de la ravissante Flora qui, séduite par sa poésie, lui propose un rendez-vous. Tombé amoureux, le vieux charmeur revit. Mais sur son profil il a mis une photo d’Alex, qu’il doit persuader de voir Flora à sa place.

Une comédie romantique qui se veut drôle tendre, attachante mais, en dépit d’une ide de base de base originale. se révéla aussi convenue et pathétique que laborieuse et poussive, en multipliant les vieux quiproquos vaudevillesques,

Côté comédiens, ce n’est guère plus engageant. En roue libre pour son retour, Pierre Richard peine à nous arracher quelques sourires. Peut-être aura-t-il quand même la chance de plaire à ses fans. 

Rien à sauver en revanche chez Yaniss Lespert. Le frère de Jalil est d’une telle mollesse qu’on se demande ce qui a bien pu convaincre Stéphane Robelin de lui confier le rôle d’amoureux de substitution. En l’occurrence, une huître aurait eu plus de charisme…

A l'affiche dans le salles de Suisse romande dès mercredi 10 mai. 

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Grand écran: "Court" dénonce le système judiciaire indien. Un constat édifiant

aaaaaacourt.JPGUn ouvrier du traitement des eaux est retrouvé mort dans un égout. Narayan Kamble, un chanteur sexagénaire contestataire, dont les textes appellent à se lever, à connaître son ennemi, évoquent la crise et fustigent la suprématie de l’argent, est arrêté alors qu’il se produit sur scène.

On l’accuse d’avoir poussé l’homme au suicide par le biais d’une de ses compositions. Commence alors un interminable procès qui s’enlise dans l’absurde.

Pour son premier film situé à Bombay dans les années 90, Chaitanya Tamhane, réalisateur indien de 27 ans dénonce les dérives judiciaires, décrivant en détail un système qu’une police harceleuse et les lenteurs extrêmes de la procédure font tourner en rond,

Le cas de l’ouvrier décédé sert de fil rouge. D’autres se succèdent, soulignant les limites entre le droit, la morale et la religion. Suivant le juge, l’avocat et la procureure lors des audiences et dans leur vie privée, le réalisateur propose un constat édifiant sinon effrayant entre documentaire et fiction, drame social et film à procès sous tension, traversé par un constant sentiment d’injustice.

Une radiographie subtile

Impeccablement mis en scène, Court inspiré d'histoire vraies, pointe les arrestations arbitraires, le manque de preuves, le développement d’arguments fallacieux, les explications farfelues, ubuesques, les pressions sur les témoins. Par exemple celle d’un témoin oculaire "habituel", dans la mesure où il est présenté à la barre dans quatre autres affaires, sur lesquelles enquêtent les mêmes policiers... 

Chahitanya Tamhane livre ainsi une radiographie subtile de la société indienne. Il en analyse la complexité, la violence latente, la proscription de la liberté d’expression ou de l’engagement politique.

A l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 10 mai.

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Grand écran: "Alien:Covenant", un sixième épisode sans suspense. Décevant

aaaaaaliencon.jpgL’intrigue se déroule dix ans après les événements de Prometheus, préquel de l’Alien de 1979. Dans cette suite nous sommes en 2104, à bord du vaisseau spatial Covenant, transportant plus de 2000 terriens cryogénisés et de nombreux embryons vers une lointaine galaxie. Comme d’habitude, l’ équipage est alerté par un mystérieux signal…

En dépit d’une belle séquence d’ouverture où David (Michael Fassbender) méprisant rejeton bio-mécanique rencontre son créateur dans un lieu très esthétisant, du retour à l’origine de la saga avec un début prometteur, ou d’un monstrueux Alien dégoûtant, ce sixième épisode de la saga, troisième de Ridley Scott et premier volet d’une trilogie, se révèle assez décevant.

Le principal problème, c’est qu’il n’y a plus de suspense dans cet Alien:Covenant. Dès l’instant où l’équipage en route vers Origae-6 décide de modifier sa trajectoire et de se poser sur le lac d’une autre planète offrant a priori d'intéressantes similitudes avec la terre... c’est la galère. Non seulement attendue, mais déjà vue. Il suffit que de petites bactéries se faufilent dans l’oreille et le nez de deux membres d’équipage pour que tout soit dit ou presque.

Comme dans Life en somme, très décrié mais que dans le fond je préfère presque. Alors certes le réalisateur développe un univers contemplatif et cérébral, les décors sont soignés, les paysages magnifiques, les vaisseaux réalistes, tout comme l’équipement high tech.

Mais le scénario se révèle inutilement compliqué pour ne pas dire carrément bordélique, les dialogues pédants, bourrés de références à Milton, Shelley, le mythe de Prométhée rejoignant celui de Frankenstein sur fond d’Entrée wagnérienne des dieux dans le Valhalla. L’auteur convie les mythes, multiplie les thématiques (la création, l’intelligence artificielle, la conscience, l'origine), sans pour autant donner plus de chair et de corps à son récit.

aaaaaalien.jpgManque d’incarnation des personnages

De leur côté, les personnages pas du tout incarnés se révèlent du coup sans grand intérêt, Juste des êtres sacrificiels, soumis  à la voracité meurtrière des affreux et impitoyables Aliens, dont un Ridley Scott sans état d’âme se débarrasse dans des mares d’hémoglobine. Histoire de nous donner des cauchemars en nous glaçant le sang.

C’est plus ou moins réussi, si on admet un petit sursaut à la première apparition horrifique. A l’image de la performance des acteurs peu convaincants. Katherine Waterston nous fait amèrement regretter Sigourney Weaver et pas seulement à cause de ses envies quasi helvétiques de chalet au bord du lac dans sa nouvelle vie…

Véritable héros du film le beau Michael Fassbender est meilleur en androïde mais n’échappe pas au ridicule quand Ridley Scott l’affuble sadiquement d’une moumoute à la Brice de Nice ou le force à enseigner la flûte à bec à son double...

A l'affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 10 mai.

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01/05/2017

Grand écran: "Et les mistrals gagnants", formidable et poignante leçon de vie d'enfants malades.

aaaaamistrals.jpgIls sont cinq, entre six et neuf ans: Ambre, Camille, Charles, Imad et Tugdual. Ils sont malades mais ils ne se plaignent pas. Au contraire, leur état ne les empêche pas de nous donner une formidable leçon de vie.

Filmé à leur hauteur, Et les mistrals gagnants est signé Anne-Dauphine Julliand Personnellement concernée par le sujet, elle a perdu sa petite fille, emportée par une maladie génétique orpheline. Une expérience douloureuse dont elle a fait un livre, Deux petits pas sur le sable mouillé.

Du coup, on pouvait craindre d’être pris en otages, tant le thème est dur, difficilement critiquable. Un écueil qu’évite pourtant constamment la réalisatrice, dont le but est avant tout de montrer l’insouciance, l’innocence, la maturité, la lucidité, l’exceptionnelle endurance de ces gosses injustement confrontés à la maladie, mais déterminés à profiter du temps qui leur reste.

Avec une énergie et un humour incroyables, l’indéfectible optimisme de l’enfance, leur façon de voir le bon côté des choses, ces êtres courageux, irrésistibles et magnifiques nous entraînent dans leur monde, nous laissant partager leurs jeux, leurs joies, leurs rires, leurs rêves. Un peu de leur souffrance aussi. Si peu pourtant que nos petits soucis nous font honte.

Un documentaire étonnant, sans pathos, plein de pudeur et de respect mais abordé frontalement. Sensible, bouleversant, à la fois drôle et déchirant, il vous arrache le cœur. Et quelques larmes, à l’écoute de Mistral gagnant, la chanson de Renaud qui a sans doute rarement provoqué autant d’émotion.

A l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 3 mai.

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Grand écran: "Les initiés", illusoire apprentissage de la virilité en Afrique du Sud

aaaaaini.jpgXolani est un jeune ouvrier. Taciturne, morose, solitaire, il vit à Queenstown en Afrique du Sud et, chaque année, s’en va dans les montagnes du Cap Oriental. Avec d’autres hommes, il participe, en temps qu’instructeur, à l’ukwaluka, rituel d’initiation commençant par la cérémonie de circoncision imposée aux adolescents. Ils leur sont confiés pour devenir des hommes, de vrais mâles, selon les anciens, capables de perpétuer le nom de la famille.

Passé par là quelques années plus tôt, Xolani, jugé différent, était mis à l’écart. Issu d’un milieu aisé de Johannesburg, son initié, le capricieux Kwanda lui ressemble. Et ne tarde pas à découvrir un secret inavouable. «Je sais ce que tu es, mais tu ne peux pas l’admettre », lui dit-il…En effet, si Xolani revient dans ces campements isolés, c’est pour revoir son ami Javi, un grand gaillard athlétique qui en impose. Sauf que ce modèle de virilité cache sa vraie nature sous ses muscles. Comme Xolani, qui se sent du coup menacé par les éventuelles révélations de Kwanda

Sur fond de rite ancestral, d’illusoire apprentissage de la virilité, le Sud-Africain Jonh Trengove analyse les rapports de force, conflictuels, entre initiateurs et initiés, mais raconte surtout une violente et tragique histoire d’amour gay. L’illustrant notamment par des ébats à la fois furtifs et brutaux, il n’en brosse pas moins un portrait émouvant de deux hommes, l’un amoureux fou l’autre davantage soumis à ses pulsions, mais tous deux forcés de se cacher.

Le titre original The Wound (la blessure) traduit d’ailleurs mieux que son intitulé français, Les initiés, la double souffrance qu’induit le récit. Celle physique de la circoncision et celle psychologique du lourd secret d’une relation interdite dans une société restée attachée à des traditions archaïques. Un premier long métrage courageux, ambitieux, auquel on reprochera toutefois un manque de rythme, des longueurs, et l’ajout de de quelques scènes nuisant à la dramaturgie.

A l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 3 mai.

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