28/05/2015

Cinéma: comblé, Vincent Lindon se confie après son sacre cannois

 

vincent-lindon-recoit-prix-3833-diaporama[1].jpgDire que Vincent Lindon est un homme heureux est un euphémisme. Depuis dimanche dernier et son prix de meilleur acteur au Festival de Cannes pour son rôle dans La loi du marché de Stéphane Brizé, il nage dans le bonheur.

Rencontré dans un grand hôtel genevois, le comédien évoque cette poussée d’adrénaline ressentie en entendant son nom sur la scène du Grand Théâtre Lumière. "C’était comme un choc, une détonation. A l’évidence la plus grosse émotion de ma carrière... mais pas de ma vie, sinon ce serait inquiétant".

-L'un des moments touchants lors de la cérémonie, ce furent ces mots à l’égard de votre réalisateur. "Il est à moi. Je vous le prête, mais il est à moi".

-C’était un raccourci, une manière de dire à tout le monde à quel point je l’aime. Stéphane est inouï. Un trésor. Il a une écoute incroyable des acteurs. Il adore être questionné, chahuté, remis en cause. S'il a certes énormément d’égo, il est bien placé. Mais j’ai tourné d’autres films entre les siens…

-Vous avez eu un véritable coup de foudre pour "La loi du marché". Quelle en a été la genèse?

-J’avais eu une idée en voyant un court-métrage qui m’avait beaucoup plu sur une dénonciation. J'en ai parlé à Stéphane qui a rebondi dessus. Puis il est parti dans l’écriture en réinventant tout et a créé le personnage pour moi.

-Avez-vous collaboré au scénario?

-Pas du tout. Bien sûr, comme nous sommes très liés, il m’arrivait de m'exprimer sur le plateau. Ou en dînant avec lui. On mange souvent ensemble.

-J’ai lu que pour vous il s’agissait d’un acte politique.

-Je ne le formulerais pas ainsi. Stéphane et moi faisons ce que nous pouvons, comme nous pouvons. C’est une manière de venir en renfort de la politique en espérant réveiller quelques consciences. Avec des films qui racontent un état du pays au moment où ils ont été tournés. En les voyant les gens se diront:  ça se passait comme ça. Ou hélas:  ça se passe toujours et encore comme ça...

-Une telle histoire peut-elle changer votre regard, votre comportement, votre façon de vivre ?

-La somme de plusieurs d’entre elles me laisse des choses, m’oblige à une certaine conduite. On m’a par exemple proposé de me ramener à Paris en jet privé. J’ai refusé. Non pas parce que j’avais honte, cela aurait signifié que j’en avais envie sans oser l’assumer, mais parce que ça m’aurait fait vomir de me voir dans cette situation. Je me fous de ces gens. C’est organique, ça ne me va pas. 

la-loi-du-marche-stephane-brize-le-lindon-de-la-force,M222694[1].jpg-Comment avez-vous abordé ce rôle de vigile contraint d’espionner à la fois les clients et les employés aux abois et tentés par le vol ?  En vous promenant dans les supermarchés ?

-Non, je ne me prépare pas en m’immergeant. Je chine, je rentre dans le fantasme. Je me demande comment je serais si j’étais lui. Stéphane me laisse prendre mon temps et j’essaye de vivre les choses comme dans la vraie vie.

-Vous êtes confronté à des non professionnels. Comment l’avez-vous ressenti? Ils sont plutôt bluffants.

-La question de pro et de non pro disparaît pour moi. J’ai toujours envie de dire qu’il s’agit de personnes jouant pour la première fois. Alors oui, en l’occurrence ils sont plutôt bluffants. Il n’empêche que je trouve cela réducteur. On ne cesse d’essayer d’être au plus près de l’existence des personnages qu’on incarne. Prétendre qu’ils nous bluffent signifie du coup qu’on n’y parvient pas.

-Une dernière question, Vincent Lindon. Vu ce que vous venez d’accomplir, cela ne risque pas d’arriver. Mais imaginons un instant que vous perdiez votre job. Jusqu’où accepteriez-vous d’aller pour le récupérer après vingt mois de galère?

-Si je le perdais ça n’aurait aucune espèce d’importance. Cela me manquerait sûrement un peu. Mais je ferais autre chose, du bien aux gens. J’adore fédérer, servir à quelque chose. Mon plaisir c’est de rassembler, plaider, convaincre. Evidemment, j’aurais envie d’un bon poste,  où les choses bougent...

"La loi du marché" à l'affiche dans les salles romandes depuis mercredi 27 mai. Voir ma note précédente.

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26/05/2015

Grand écran: le triomphe cannois de Vincent Lindon avec "La loi du marché"

 

7778474659_vincent-lindon-montre-sa-recompense[2].jpgAvec La loi du marché, Stéphane Brizé figurait parmi les dix-neuf concurrents en lice pour la Palme d’or cannoise. Un prétendant très sérieux. encensé par la critique internationale. Les Français le plaçaient même en seconde position derrière leur favori Mia Madre de Nanni Moretti.

Le jury, on le sait depuis dimanche soir, en a décidé autrement. Mais s'il a complètement négligé le film italien, il a tout de même réservé une reconnaissance de taille au français, en décernant à son héros Vincent Lindon le prix de l’interprétation masculine.

Bouleversant dans l'opus, l’acteur pleurant de bonheur l’a également été en recevant sa prestigieuse médaille. Avec des gestes et des mots qui marquent. Embrassant les présidents Coen et leurs jurés, Lindon a eu cette phrase d'une rare modestie: "C’est la première fois que je reçois un prix dans ma vie". De quoi chambouler le cœur des gens dans la salle, devant les télévisions et sur la toile.

Une émotion à la hauteur de ce sacre amplement mérité et conquis de haute lutte par ce comédien  nommé à cinq reprises aux Oscars. Il est tout simplement grand dans La loi du marché, Un rôle sur mesure, l’un des meilleurs, sinon le meilleur. Seul comédien professionnel face à des amateurs exerçant en principe leur propre métier, il atteint le haut niveau en naviguant dans leur univers avec une rare aisance.

Il s'agit de sa troisième collaboration avec Stéphane Brizé, suite à Mademoiselle Chambon et Quelques heures de printemps. "Il est à moi", a d’ailleurs déclaré Vincent Lindon en parlant de son réalisateur. "Je vous le prête mais il est à moi… " 

Fiction sociale au froid réalisme documentaire

On comprend qu'il veuille garder le talentueux cinéaste pour lui. Entre chômage, précarité, lutte et humiliations, Brizé se fait le formidable témoin des difficultés dans lesquelles se débattent nombre de ses contemporains. Thierry, quinqua sans emploi, marié et père d’un enfant handicapé, galère depuis vingt mois. Il finit par retrouver un travail dans un supermarché. D’abord comme vigile puis comme auxiliaire de sécurité, chargé d’espionner les clients chapardeurs potentiels de bricoles et ses malheureux collègues mal payés éventuellement tentés d’en faire autant.

Une façon de les licencier en toute bonne conscience, la confiance étant rompue… Thierry tente de jouer le jeu. Mais trop c’est trop et ce job le met rapidement face à un dilemme moral. Jusqu’où peut-il aller pour conserver son poste, même décroché grâce à un vrai parcours du combattant?

Dans cette fiction sociale au froid réalisme documentaire et au filmage particulier qui laisse par exemple une assez large place aux caméras de surveillance de l’établissement, Stéphane Brizé raconte l’histoire de la défaite programmée des exclus. En évoquant la brutalité du marché pour les pauvres qui deviennent toujours plus pauvres, face à l’indécence des gros qui ne cessent de s’engraisser sur leur dos.
Plongée dans un quotidien âpre

Opérant une plongée dans ce quotidien âpre, il dissèque, entre rendez-vous stériles, entretiens d’embauche inutiles ou séances de formation plus ou moins dégradantes, les dérives d’une société dépourvue de solidarité, où l’absence d’état d’âme et l’inhumanité le disputent à la mesquinerie et à la cruauté ordinaire de petits chefs avides de plaire au patron.

Film à l'affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 27 mai.

 

 

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24/05/2015

Festival de Cannes: Palme d'Or convenue et décevante pour "Dheepan" de Jacques Audiard

ba0558c725abc380f9ec1eea7883d4364b0a9cb4[2].jpgJe suis déçue. Forcément. Ma Palme c’était Carol, Mais bon, ce n’est pas trop grave! Ce qui l’est davantage, c’est le choix absurde du jury. Il y a comme un défaut à décerner l’or à Jacques  Audiard (photo AFP) pour Dheepan et le Grand Prix à Lazslo Nemes pour Le fils de Saul. Alors qu’à l’évidence c’eût dû pour le moins être l'inverse.

Certes si les qualités de son film permettaient à Audiard de figurer dans un coin du palmarès, il y a un monde entre sa proposition convenue de chronique socio-politique virant au film de genre sur le parcours d’un émigré tamoul en compagnie de sa famille recomposée, et celle extraordinairement puissante, inédite, radicale, à l’esthétique sépulcrale du Hongrois Nemes qui nous plonge sans complaisance au cœur de l’enfer d’Auschwitz.

La part du lion pour le cinéma français

Absurde aussi cette décision de remettre un double prix d’interprétation féminine récompensant Emmanuelle Bercot, avocate éperdument amoureuse dans Mon roi, le film hystérique et bobo de Maïwenn, et Rooney Mara, la jeune vendeuse succombant au charme sulfureux de la sublime Cate Blanchett dans Carol. Pourquoi ne pas l’attribuer aux deux héroïnes de Todd Haynes ?

b3cea272d225152495ce2a951d012bf0-1432219232[1].jpgEn revanche je suis particulièrement heureuse de voir un très grand Vincent Lindon ému aux lames, sacré meilleur acteur pour son rôle de vigile dans La loi du marché de Stéphane Brizé. A noter qu’avec ces trois médailles majeures, la pellicule hexagonale se taille la part du lion dans ce palmarès. Vous avez dit bizarre?

Pour le reste, à part le prix du scénario curieusement attribué à Chronic du Mexicain Michel Franco, évoquant un aide-soignant qui noue des liens serrés avec ses patients en phase terminale, les autres sont logiques. Yorgos Lanthimos rafle justement celui du jury pour The Lobster et Hou Hsiao-Hsien celui de la mise en scène pour The Assassin.

Avec des célibataires menacés d’être changés en animaux faute de trouver l’âme sœur en 45 jours, le cjnéaste grec proposait le film le plus délirant de la compétition. Et son homologue chinois le plus magnifique visuellement. Mais quelque part, ce n’est pas très enthousiasmant.

Une édition un poil vilipendée

Quelques critiques n'hésitaient d’ailleurs pas à tirer à boulets rouges sur ce cru 2015, à la fois placé sous le signe de l'amour et du politico-social. Exagéré vu qu’il n’est pas très différent des autres années avec le nombre habituel de métrages sortant du lot. Différence peut-être, il y en avait davantage de médiocres sinon de mauvais que d’ordinaire. A commencer par Gus Van Van Sant et son Sea Of Trees.

Sans oublier les Tricolores. Sur les cinq en lice pour la Palme, trois ne le méritaient pas: Mon roi de Maïwenn, nonobstant le prix d’interprétation à Emmanuelle Bercot, Marguerite et Julien de Valérie Donzelli. Et surtout The Valley Of Love de Guillaume Nicloux sombrant carrément dans le grotesque avec ce rendez-vous d‘outre-tombe dans la vallée de la mort, sur fond de pliants et de parasols emmenés par les deux héros. 

Certains estiment pourtant que la simple réunion du tandem mythique Isabelle Huppert/Gérard Depardieu 35 ans après Loulou de Maurice Pialat était largement suffisante. Faux ne leur en déplaise, car elle a privé de sélection deux excellents représentants de la pellicule hexagonale Philippe Garrel avec L’ombre des femmes et Arnaud Depleschin, l’auteur de Trois souvenirs de ma jeunesse.  Pour les voir, il fallait courir à la Quinzaine des réalisateurs. Du coup, avec quelques œuvres du même tonneau, elle s’est révélée presque plus prestigieuse que le concours officie...

Retrouvez toutes mes chroniques du festival avec Cannes dans Chassé-Croisette. 

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23/05/2015

Festival de Cannes: à qui la Palme d'Or? Verdict dimanche soir

Jury2015_zpsqy2mvd0w[1].jpgEt voilà, les jeux sont faits pour cette 68e édition. Aux présidents Coen et à ses jurés (photo) de se mettre d’accord pour désigner la crème de la crème parmi les 19 films en compétition. Quelques mots sur les derniers proposés, dont Chronic du Mexicain Michel Franco qui suit David (Tim Roth), un aide-soignant bizarroïde, travaillant auprès de malades en phase terminale.

Le réalisateur ne cache rien des corps misérables de ces patients et des liens que David noue avec eux. Au point apparemment de franchir la limite. Franco nous avait bluffés avec Despuez, primé dans Un certain regard en 2012. Là, il nous flanque le cafard entre sida, cancer, attaque cérébrale et euthanasie.

Difficile de se remettre avec MacBeth, adaptation de la plus célèbre tragédie de Shakespeare, à laquelle s’est attaqué l’Australien Justin Kurzel après Orson Welles et Roman Polanski. L’obsession de devenir roi,  entretenue par sa femme encore plus ambitieuse que lui, va causer la perte d’un chef de guerre écossais. Marion Cotillard et Michael Fassbender se partagent l’affiche dans ce drame bruyant à la mise en scène ampoulée, que n’arrangent pas une musique pompeuse et un flot d’images rouges.

Chaque film ayant toutefois ses fans, ces deux-là vont-ils changer la donne chez les journalistes qui décernent chaque jour leurs étoiles, notamment dans Le Film français et Screen ? Mystère. Pour l’heure les Hexagonaux donnent leur préférence à Mia Madre de l’Italien Nanni Moretti. Suit leur compatriote Stéphane Brizé avec La loi du marché. Carol de l‘Américain Todd Haynes, Youth de l’Italien Paolo Sorrentino et Le fils de Saul du Hongrois Lazslo Nemes se retrouvent pratiquement à égalité sur la troisième marche.

images[5].jpg"Carol", ma Palme d’Or

Côté presse internationale, c’est Carol qui tient la corde devant Le fils de Saul et Mia Madre. Unanimité en revanche en ce qui concerne The Sea Of Trees de Gus Van Sant, considéré par les deux magazines comme le plus mauvais film de la compétition.

Je plébiscite également le superbe mélo à la Douglas Sirk de Todd Haynes et ses magnifiques interprètes Cate Blanchett et Rooney Mara. J’aimerais aussi beaucoup voir au palmarès mon autre coup de cœur Mountains May Depart de Jia Zhang-Ke,  The Assassin de Hou Hsiao-Hsien, Mia Madre de Nanni Moretti, Le Fils de Saul de Laszlo Nemes, The Lobster, de Yorgos Lanthumos ou encore La loi du marché de Stéphane Brizé.

Mais comme on ne cesse de le dire dans ces cas-là,  le critique propose, le jury dispose. Verdict dimanche soir dès 19h sur Canal +.

 

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22/05/2015

Festival de Cannes: "Dheepan" électrise les fans de Jacques Audiard

2048x1536-fit_dheepan-jacques-audiard[2].jpgA quelques bémols près, critiques enthousiastes et ovation publique pour Jacques Audiard, en compétition avec Dheepan, un sujet dans l’air du temps sur l'immigration mais qui "n’est pas une déclaration politique", selon son auteur. Un ancien soldat tamoul, une jeune femme et une fillette  de 9 ans qui ne se connaissent pas récupèrent les passeports de morts pour fuir la guerre civile au Sri Lanka et se font passer pour une famille dans l’espoir de gagner l’Europe.

Ils se retrouvent dans une cité sensible de la banlieue parisienne, au quotidien miné par le trafic de drogue. Ils tentent de se construire un foyer et Dheepan décroche un boulot de gardien. Mais il ne va pas tarder à connaître un autre conflit en se heurtant  violemment aux dealers dans cette zone de non droit où, laissant les gens s’entretuer, pas un seul flic ne met les pieds.

Pour interpréter son film, Jacques Audiard, à deux exceptions près, a convoqué des non professionnels pour les rôles principaux, Jesuthassan Anthonythasan, un ancien émigré tamoul en France, Kalieaswari Srinivasan et Claudine Vinasithamby. Les trois se révèlent excellents.

De quoi prétendre sérieusement à la Palme d’Or selon certains. Mais on ne criera pas avec les fans. Si ce drame oscillant entre histoire d'amour, chronique sociale et polar tient bien la route, ce n’est pas du tout grand Audiard. Il lui manque cette puissance, cette ampleur qui avaient tant séduit dans Un prophète. En cause notamment un dernier tiers ou Dheepan décide de rendre la justice lui-même et un épilogue à la fois fleur bleue et attendu.

Cannes-2015-Depardieu-et-Huppert-dans-la-premiere-bande-annonce-de-Valley-of-Love[1].jpgIsabelle Huppert et Gérard Depardieu dans "The Valley Of Love"

Dheepan reste malgré ces réserves très au-dessus de The Valley Of Love, d’un autre Français en lice, Guillaume  Nicloux. Trente-cinq ans après Loulou de Maurice Pialat, il réunit Isabelle Huppert et l’énorme Gérard Depardieu pour un rendez-vous des plus bizarre. Un euphémisme... 
Autrefois mariés, ils sont aujourd’hui séparés. Mais ils vont réaliser le dernier voeu de leur fils Michael, qui s’est suicidé six mois auparavant. Dans une lettre il leur demande  d’être présents ensemble dans la Vallée de la Mort un jour précis, leur promettant qu’ils se reverront.

Le désert, la vie, le deuil impossible, un cancer, le tout sur fond de mysticisme, un sacré fatras. Même si le réalisateur nous appâte avec quelques beaux paysages, par ailleurs inratables, ce film n’a juste rien à faire en compétition. A l’image de The Sea Of Trees de Gus Van Sant, sélectionné pour la montée des marches de Naomi Watts et Matthew McConaughey, The Valley Of Love permet d’avoir deux stars de plus, bien que pas au top, sur tapis rouge. Tout ça pour que Gégé nous raconte qu’il aime beaucoup Poutine…


Avec "The Assassin", Hou Hsiao-Hsien signe le plus beau film du festival

_17MD015_[1].jpgPour les images sublimes, on se tournera résolument vers The Assassin du Chinois Hou Hsiao-Hsien, auteur majeur  qui revient après huit ans d’absence. Visuellement, ce film d’arts martiaux pas comme les autres est indiscutablement le plus beau du concours.

Il se déroule dans la Chine du IXe siècle. Eduquée par une nonne et devenue une redoutable justicière dont la mission est d’éliminer les tyrans, Nie Yinniang (la superbe Shu Qi) est torturée entre le devoir d’éliminer son cousin, gouverneur dissident de la province militaire de Weibo et les sentiments qu’elle au eus pour lui. HHH nourrit cette trame principale de plusieurs intrigues secondaires peuplées de personnages fomentant d’énigmatiques complots auxquelles on ne comprend pas grand-chose sinon rien.

Mais peu importe. L’essentiel est de se laisser bercer par cet opus contemplatif, qui vous emporte ailleurs avec sa grâce, son élégance et sa splendeur.  

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21/05/2015

Festival de Cannes: Gaspar Noé veut choquer, mais rate son coup avec son porno sentimental

 

Cannes-2015-Les-affiches-classees-X-de-Gaspar-Noe-font-scandale[2].jpgL’an dernier c’était Welcome To New York qui devait bousculer la Croisette, cette année ce fut Love, annoncé comme l’événement sulfureux de ce cru 2015. Affiche libertine voire plus, pour ce film labellisé hot signé Gapar Noé, cinéaste dérangeant, déterminé à choquer. Il n’en fallait pas davantage pour créer l’excitation. Et rameuter le client en masse.

Résultat attendu avec cohue, longue file d’attente, spectateurs furieux refoulés lors de la projection de minuit à Lumière. Et resucée le lendemain à Bazin, petite salle de quelque 400 places. Sauf que cela n’a rien de très extraordinaire, la même chose se reproduisant inexorablement tous les jours pour les malheureux aux badges de la mauvaise couleur.

Pour résumer l’affaire, le pauvre Murphy au trente-sixième dessous se retrouve seul dans son appartement et se souvient douloureusement de la folle passion réciproque vécue avec Electra. Qui a mystérieusement disparu. Et nous voici partis pour une love story en 3D dégoulinante avec sperme et larmes, destinée donc à faire bander les mecs et pleurer les filles. Le moins qu’on puisse dire c’est que Gaspar Noé a raté son coup, vu les sifflets, sinon l’indifférence totale que la chose a suscités jeudi matin.

Et pour cause. Car ce qui dérange, ce n’est pas la profusion ennuyeuse de scènes de cul non simulées, mais esthétisantes façon porno de luxe. Au-delà de la forme, il y a hélas le fond, navrant. Par exemple le discours d'une rare banalité de Gaspar Noé et sa manière d’aligner sans complexes des platitudes comme " la vie c’est ce que tu en fais, elle n’est pas facile. en naissant on sait qu’on va mourir, je n’ai pas peur de mourir je ne veux pas souffrir…et autres lieux communs du genre.

Sans oublier surtout Murrphy, alias Karl Glusman, le héros de l’histoire. Un Américain plutôt belle gueule  mais d'un fruste et achevé,  ont le vocabulaire se résume à "fucking" et "you are piece of shit". Ce qui serait un moindre mal s’il n’était pas par ailleurs beaufissime, macho et homophobe…

 

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20/05/2015

Festival de Cannes: "Mountains May Depart", une pépite chinoise à l'assaut de la Palme

Pourquoi-Mountains-May-Depart-aura-la-Palme-d-or_article_landscape_pm_v8[1].jpg1999, c’est le Nouvel-An. Sur une entrainante musique électro, des jeunes s’éclatent dans une chorégraphie très enlevée. L’avenir est à eux à l’aube du 21e siècle. Au premier rang on découvre une pétillante jeune fille, Tao, qui adore chanter. On la retrouve ensuite entourée de deux garçons. Des amis d’enfance amoureux d’elle.

D’un côté Jinsheng (Zhang Yi) un garçon ambitieux en pleine ascension, de l’autre le souriant mineur Liangzi (Liang Jingdong). Les deux facettes de la Chine en somme. Pressée de choisir, Tao (Zhao Tao, la muse du réalisateur) opte pour l’entrepreneur tellement décidé à faire fortune qu’il n’hésitera pas à appeler son fils Dollar…. Soudain ravagé par cet abandon, Liangzi décide de partir pour ne plus revenir. La misère et la maladie en décideront autrement.

Avec Mountains May Depart, le Chinois Jia Zhang-ke, auteur de Still Life ou Touch Of Sin, propose un bouleversant et magnifique mélodrame dans une Chine traversée par les changements économiques, allant jusqu’à conduire pour une partie du pays, vivant à l’heure anglaise et où les nouveaux riches brassent des affaires à Shanghai, à l’oubli de ses racines.

Tout en racontant l’histoire du trio, se concentrant plus particulièrement sur Tao en la montrant à trois âges de sa vie, le film, s’étalant sur 26 ans est ainsi composé de trois parties, passé présent, futur, pour se terminer en Australie en 2015.

Une fine observation du comportement des gens, une subtile analyse de leurs sentiments, une mise en scène simple et efficace, des acteurs formidables, le tout assorti d’un regard critique font de Mountains May Depart une véritable pépite. Autrement dit et à notre avis, un concurrent des plus sérieux, tout comme Carol de Todd Haynes, pour la Palme d’Or.


Pourquoi-Youth-aura-la-Palme-d-or[1].jpg"Youth", l’hymne à la…vieillesse de Paolo Sorrentino
 
Deux ans après La Grande Bellezza, le réalisateur italien revient pour la sixième fois à Cannes avec Youth,  un hymne à la vieillesse à la fois applaudi et un peu hué lors de la projection de presse. Fred, un compositeur et chef d’orchestre célèbre à la retraite (Michael Caine) et Mick, un cinéaste qui s’obstine en vain à travailler sur son dernier film (Harvey Keitel), sont amis depuis des âges.

Octogénaires ils évoquent le temps qui passe et celui qui leur reste dans un hôtel chic des Alpes suisses. Avec thalasso luxueuse. On y croise Miss Univers ou un Maradona énorme sous oxygène. Très préoccupés de l’état de leur prostate, nos deux compères observent ce petit monde en se livrant à un bilan nostalgique nourri de quelques réflexions se voulant drôles et cyniques.

Michael Caine et Harvey Keitel partagent l’affiche avec Rachel Weisz et Paul Dano. Vers la fin de l’opus, Jane Fonda perruquée et furax vient faire son numéro, jetant Mick et son oeuvre pour un juteux contrat à la télévision. Parce que c’est l’avenir… Tout cela est assez laborieux, peu plaisant, mais pas franchement détestable. Sorrentino a même ses fans, avides de le retrouver tout en haut du palmarès... On ne veut pas y croire.   

 

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19/05/2015

Festival de Cannes: narco-thriller et inceste au menu compétition

sicario-movie[1].jpg

Intrigues, corruption, drogue, criminalité en hausse. Le lot d’une population terrifiée vivant dans la zone frontalière entre les Etats-Unis et le Mexique, devenue un territoire de non droit. Où se situe Sicario (en français tueur à gage), l’histoire d’une opération des services secrets américains, qui balaie les lois pour abattre ceux qui ne les respectent pas. Et c'est parti pour des affrontements meurtriers.

En compétition, Denis Villeneuve s’attaque ainsi au film de genre en nous plongeant dans l’univers violent des cartels, un thème classique souvent traité au cinéma, mais où on retrouve la patte du cinéaste québécois dans une mise en scène plutôt brillante. On n’en dira pas autant du scénario, compliqué et tortueux.

En haut de l'affiche Josh Brolin, agent faussement décontracté du gouvernement, dirige le groupe d’intervention chargé de la lutte contre le trafic de drogue. Un combat mené par Benicio del Toro, consultant doublé d’un tueur avide de vengeance, mais doté d’une certaine sensibilité, Notamment à l’égard de Kate, jeune recrue idéaliste du FBI qui, enrôlée dans cette mission clandestine à haut risque, sera obligée de revoir ses convictions pour survivre. Interprété par Emily Blunt, c’est le personnage le plus intéressant du film.

Si on lui préfère l’excellent Prisoners, pour son auteur qui dénonce la manipulation dans les médias ou les mensonges des politiques, Sicario est une œuvre très moderne sur la société actuelle, la manière qu’a l’Occident, plus précisément l’Amérique en l’occurrence, de gérer ses problèmes. Il s’agit aussi à son avis de son film le plus ambitieux en terme de portée, et le plus accessible de sa carrière.

Il n’en redoute pas moins le verdict du jury. Les présidents Coen ainsi que les jurés Xavier Dolan et Jake Gyllenhaal sont des amis et le réalisateur estime que "ce n’est pas très bon pour lui… "

maxresdefault[1].jpgMarguerite et Julien, l'inceste façon Valérie Donzelli

Autre film en concours peu enthousiasmant mais dans un tout autre genre, Marguerite et Julien de Valérie Donzelli. Histoire vraie d’un inceste, inspirée d’un scénario que Jean Gruault (Jules et Jim, l’Histoire d’Adèle H) écrivit pour François Truffaut et qu’il n’a pas tourné, elle se déroule au début du 17e siècle.

Fils et fille du seigneur de Tourlaville, Marguerite et Julien de Ravalet s’aiment depuis eur naissance. Séparés à l'adolescence ils se retrouvent quelques années plus tard et leurs baisers enfantins évoluent vers une passion irrépressible. Rien ne pourra mettre un terme à cette fusion de deux âmes-sœurs. Sauf la hache du bourreau. Ils seront décapités le 2 décembre 1603.

Inutile de dire que le sujet a divisé les critiques. Parfois violemment. Ce qui ne doit pas forcément déplaire à son auteur. Evitant le piège de l’immoralité à outrance ou de son contraire. elle a choisi les codes du contes de fée pour aborder cet amour tabou. Cela lui permet tout, notamment de jongler avec les anachronismes dans sa mise en scène. On navigue ainsi entre l’hélicoptère et la calèche, en passant par la voiture, le cheval, le poste de radio et le tourne-disques.

Un mélange visuel de passé et de présent manifestement destiné à donner au film un côté intemporel. Sauf que l’inceste n’est pas vraiment traité, Valérie Donzelli se contentant de surfer sur ce sujet en l’illustrant par une petite romance interdite, où ses deux héros se livrent à quelques jeux érotiques. A la fois naïve et tragique, Anaïs Demoustier s’y montre plus convaincante que Jérémie Elkaïm, curieusement coincé dans son rôle d’amoureux fou…

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18/05/2015

Festival de Cannes: "Plus fort que les bombes", complexe et troublant

2048x1536-fit_isabelle-huppert-plus-fort-bombes-joachim-trier[1].jpgEn 2011, sélectionné dans Un Certain regard, Joachim Trier bluffait son monde avec Oslo, 31 août et sa remarquable évocation d’une errance existentielle. Quatre ans après, il débarque en compétition avec Plus fort que les bombes, qui se déroule trois ans après la mort inattendue d’une célèbre reporter de guerre (Isabelle Huppert) dans un accident de voiture.

Elle a ainsi plongé dans l’affliction un mari (Gabriel Byrne) et deux garçons, un jeune adulte qui vient d’être papa (Jesse Eisenberg) et un ado à fleur de peau de 14 ans féru de jeux vidéo violents (Devin Druid). A peine remis de leur chagrin, il est ravivé par la préparation d’une exposition à New York sur le travail de leur épouse et mère. Doublé d’un bouleversement avec la révélation d’un douloureux secret. Les trois se réunissent dans la maison familiale et Trier propose leurs différents points de vue sur le drame.

Rien de sentimental pourtant dans cette histoire racontant à la fois les nouvelles amours du père, la crise d’adolescence de son jeune fils et la paternité de l’aîné pas trop bien dans sa peau. Le plus intéressant, c’est la construction d’un récit à la fois hypnotique et troublant, morcelé entre rêves, flash-backs et regards différents reflétant la complexité de l’existence. Du coup on ne comprend pas tout, mais peu importe. 

Parfaitement interprété, Pus fort que les bombes est le premier opus en anglais de Joachim Trier, qui représente aussi pour la première fois la Norvège dans le prestigieux concours cannois. Il reste à lui souhaiter de souffler le jury…

 

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Festival de Cannes: la cruelle loi du marché selon Stéphane Brizé. Avec un grand Vincent Lindon

la-loi-du-marche-stephane-brize-le-lindon-de-la-force,M222694[1].jpgChômage, précarité, violence sociale, humiliations. On est loin des paillettes de la Croisette avec La loi du marché, ouvrant sur une longue séquence à Pôle Emploi où un homme, oscillant entre l’exaspération et  la désespérance, pousse un coup de gueule contre une bureaucratie inepte. Du Vincent Lindon pur sucre. Le ton est donné pour cette troisième collaboration, après Mademoiselle Chambon et Quelques heures de printemps, entre le comédien et le réalisateur Stéphane Brizé. 

En lice pour la Palme d’Or, le cinéaste se fait le témoin des difficultés dans lesquelles se débattent nombre de ses contemporains. Thierry, quinqua sans emploi, marié et père d’un enfant handicapé, galère depuis vingt mois. Il finit par retrouver un travail dans un supermarché. D’abord comme vigile puis comme auxiliaire de sécurité, chargé d’espionner les clients chapardeurs potentiels de bricoles et ses malheureux collègues mal payés éventuellement tentés d’en faire autant.

Une façon de les licencier en toute bonne conscience, la confiance étant rompue… Thierry tente de jouer le jeu. Mais trop c’est trop et ce job le met rapidement face à un dilemme moral. Jusqu’où peut-il aller pour conserver son poste, même décroché grâce à un vrai parcours du combattant?

Dans cette fiction sociale au froid réalisme documentaire et au filmage particulier qui laisse par exemple une assez large place aux caméras de surveillance de l’établissement, Stéphane Brizé raconte l’histoire de la défaite programmée des exclus. En évoquant la brutalité du marché pour les pauvres qui deviennent toujours plus pauvres, face à l’indécence des gros qui ne cessent de s’engraisser sur leur dos.

Plongée dans un quotidien âpre

Opérant une plongée dans ce quotidien âpre. Il dissèque, entre rendez-vous stériles, entretiens d’embauche peu prometteurs voire inutiles, ou séances de formation plus ou moins dégradantes,  les dérives d’une société dépourvue de solidarité, où l’absence d’état d’âme et l’inhumanité le disputent à la mesquinerie et à la cruauté ordinaire de petits chefs avides de plaire au patron. 

Un rôle sur mesure, l’un des meilleurs, pour Vincent Lindon immédiatement accro à cette histoire simple, représentant quasiment un acte politique. Seul comédien professionnel ou presque face à des amateurs exerçant en principe leur propre métier, il se montre particulièrement convaincant en navigant dans leur univers avec une rare aisance.

Le film sortira dans les salles de Suisse romande le 27 mai.

 

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17/05/2015

Festival de Cannes: "Carol", un bijou de mélo lesbien signé Todd Haynes

images[5].jpgSi Gus Van Sant a énormément déçu avec son laborieux Sea of Trees d’un sentimentalisme larmoyant, son compatriote Todd Haynes, l’autre Américain en lice pour la Palme d’Or,  nous emporte avec l’un des meilleurs films vus jusqu’ici en compétition. Sinon le plus beau.

Adapté de The Price of Salt, roman que Patricia Highsmith publia en 1952 sous le pseudonyme de Claire Morgan, Todd Haynes raconte, dans Carol, l’histoire d’un coup de foudre interdit dans l’Amérique puritaine des fifties.

Ouverture sur une scène montrant deux femmes discutant autour d’un verre dans un bar chic de Big Apple. Un homme vient interrompre leur conversation intime… Petit retour en arrière et on se retrouve à la veille des fêtes de Noël sur la Cinquième Avenue. Cherchant un cadeau pour sa fille, Carol (Cate Blanchett) une riche  bourgeoise newyorkaise mariée en manteau de fourrure, rencontre Thérèse (Rooney Mara) une jeune et charmante vendeuse qui emballe les paquets au comptoir d’un magasin de jouets.

Des regards et quelques mots suffisent

En pleine crise d’identité, timide et solitaire bien qu’elle ait un petit ami prêt à bâtir un avenir avec elle, Thérèse est subjuguée par la beauté, la liberté, la classe folle de cette femme plus âgée. Des regards, quelques mots et c’est l’étincelle. Une paire de gants oubliée leur servira de prétexte pour se revoir chez Carol, qui a toujours assumé ses relations lesbiennes, ce qui était alors loin d’être facile. Refusant le carcan familial frustrant, elle est sur le point de se séparer de son mari Harge, un banquier d’affaires dont elle a eu une petite fille.

Harge tente de la retenir mais se rend compte qu’il ne peut pas lutter contre l’attirance puissante que les deux éprouvent l’une pour l’autre. Pour punir celle qui détruit son univers, il utilisera ses préférences sexuelles pour obtenir seul la garde de l’enfant. 

Les menaces de Harge effraient Carol qui adore sa fille. Mais se retrouvant seule le soir de Noël et en attendant la bataille judiciaire qui se prépare, elle propose tout de même à Thérèse une virée en voiture vers l’Ouest. Elles tombent follement amoureuses.

Mise en scène brillante et comédiennes formidables

Avec la complicité de son chef opérateur Ed Lachman, à ses côtés pour Loin du paradis (2002) , évoquant déjà l’homosexualté et le racisme dans l’ambiance oppressante  des années 50, Todd Haynes signe là un bijou de mélo à la Douglas Sirk. Bousculant les normes d’une société corsetée, surfant sur les différences sociales et sexuelles, il propose une mise en scène brillante pour un film à l’esthétique raffinée et à la reconstitution de l’époque soignée aux petits oignons. 

Il est en plus servi par une superbe Cate Blanchett dans la lignée des sublimes Lana Turner, Joan Crawford, Barbara Stanwyck ou Rita Hayworth. Face à elle Rooney Mara achève de nous séduire avec son allure et son look délicats rappelant irrésistiblement la fragilité d’une Audrey Hepburn.

Mon roi de Maïwenn plébiscité par Manuel Valls...

Pourquoi-Mon-Roi-aura-la-Palme-d-or_article_landscape_pm_v8[1].jpgAux antipodes de Todd Haynes, Maïwenn, lauréate du prix du jury en 2011 pour Polisse, revient avec Mon roi. Un titre assez ridicule qui n’annonçait rien de bon. Ce fut le cas dans cette histoire d’amour se voulant passionnelle et tumulteuse, s’étalant sur une dizaine d’années, où un homme et une femme se complaisent à se déchirer et à se détruire.

Têtes d'affiche Emmanuelle Berot, auteur du film d'ouverture La tête haute dans le rôle de Tony l'amoureuse éperdue et Vincent Cassel dans celui du narcissique Giorgio, mari flambeur, macho, et coureur de jupons, mais qui ne peut vivre sans elle. Cette relation chaotique qui se prétend toxique est reconstituée à coups de souvenirs de Tony, qui se remet d’un grave accident de ski dans un centre de rééducation.

Un film fabriqué, artificiel où se multiplient des scènes plus ou moins hystériques avec excès de cris, de larmes, de rires. Et deux héros bobos particulièrement agaçants, entourés de personnages secondaires sans intérêt. On est presque triste pour Louis Garrel, réduit par la réalisatrice à un faire-valoir tentant vainement de passer pour un comique malgré lui.

Enfin, heureusement qu’il y avait le premier ministre Manuel Valls pour apprécier. "Difficile de ne pas sortir bouleversé après ce magnifique moment plein d’émotions que nous ont offert Vincent Cassel et Emmanuel Bercot", a -t-il déclaré. Maïwenn a dû être toute également toute retournée par la critique flatteuse d'un  aussi fin connaisseur du septième art...

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16/05/2015

Festival de Cannes: Lanthimos décoiffe avec "The Lobster", Moretti émeut et Gus Van Sant déçoit

the-lobster-photo-552faff39e28a[1].jpgAu quatrième jour de la compétition cannoise, un petit tour d’horizon s’impose. Avec quelques titres qui se dégagent déjà. Outre Le fils de Saul du Hongrois Lazslo Nemes, The Lobster appartient à cette catégorie de films qui font vivement réagir. 

Et pour cause en l’occurrence. Son auteur Yorgos Lanthimos, féru de l’étrange, primé en 2009 ans Un Certain Regard pour Canine, nous emmène à nouveau dans un monde bizarroïde, dystopique et décalé.

Dans un futur proche, tout célibataire est arrêté, transféré dans un hôtel et a 45 jours pour trouver l’âme sœur. Ce qui n’est pas simple, car il faut se ressembler, par exemple être tous les deux  myopes, boiter ou saigner du nez  pour avoir le droit de s’aimer. Passé ce délai, le célibataire sera transformé en l’animal de son choix. La plupart de ceux qui n’ont pas trouvé chaussure à leur pied optent pour le chien. Interrogé sur ses préférences par la réceptionniste, l’un des résidents se décide en faveur du homard.

Cet homme c’est David, que l'on va suivre pendant son séjour et qui, pour échapper à ce destin cruel suite à une douloureuse et infructueuse expérience, réussit à s’échapper. Il rejoint dans les bois un groupe de rebelles les Solitaires, chez il est interdit de tomber amoureux, sous peine de devoir creuser sa propre tombe. .

Avec cet ovni en forme de comédie noire bien barge sur fond de drame intimiste, le cinéaste grec se livre à la critique féroce d’une société deshumanisée, engoncée dans le conformisme et le puritanisme, bannissant la différence et en gros les marginaux. Un monde aveugle, illustré par une scène symbolique qui se déroule heureusement hors champ. 

Colin Farrell contribue largement à la réussite de ce film aussi original que grinçant et incongru. Moustachu à lunettes maladroit, introverti, peu à son avantage avec sa petite brioche, il livre l’une de ses meilleures performances. A ses côtés, on trouve notamment Léa Seydoux en chef de guerre.

Nanni Moretti très applaudi

2048x1536-fit_mia-madre-nanni-moretti[1].jpgAutre film qui a recueilli des applaudissements nourris à l’issue de la projection de presse, Mia Madre de Nanni Moretti, palme d’Or en 2001 pour La chambre du fils et sélectionné en concours pour la dixième fois.

Evitant tout pathos, jouant sur la sobriété et la simplicité, il a ému la Croisette en déclarant son amour à sa mère et au cinéma. Il brosse le portrait d’une réalisatrice pleine de doutes, qui tourne un film avec une star venue des Etats-Unis, tout en rendant visite à sa mère hospitalisée sur le point de mourir.

La cinéaste en proie à ses questionnements existentiels et artistiques n’est autre que l’alter ego de Moretti, qui joue ici le frère de son héroïne remarquablement incarnée par Margherita Buy. On est un peu moins fan de John Turturro qui certes détend l’atmosphère, mais en fait des tonnes dans le rôle de la vedette américaine mégalomane et survitaminée. Certains ne parlent pas moins déjà de récompense suprême.

Gus Van Sant copieusement hué

Grosse déception en revanche avec le dernier Gus Van Sant The Sea Of Trees L'un des deux seuls Américains en lice pour la Palme a raté son coup, avec l’histoire d’un homme venu se suicider comme tant d’autres avant lui dans la vaste forêt japonaise Aokighara,au pied du Mont Fuji.

Loin d’être à la hauteur de ses ambitions, Gus Van Sant livre curieusement une niaiserie sentimentale et tire-larmes au scénario laborieux, qui lui a valu de copieux sifflets. On a même rarement vu un film aussi mal reçu par la critique. Matthew McConaughey et Naomi Watts en prennent aussi pour leur grade.

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Festival de Cannes: Woody Allen séduit avec "L'homme irrationnel"

l_homme_irrationnel_6732.jpeg_north_780x_white[1].jpgAvec Woody Allen dans les parages, c’est le pilonnage d’orteils garanti. Règle respectée. La foule des grands jours se pressait pour assister à la conférence de presse du cinéaste culte, venu présenter hors compétition L’homme irrationnel en compagnie d’Emma Stone, mais sans Joaquin Phoenix, l’autre tête d’affiche.

A l’occasion du show bien rôdé du quasi octogénaire, on a ainsi appris que cet opus pourrait être le dernier. Sans doute une blague. Il a également déclaré que s’il pouvait refaire ses films il les referait tous, que son projet de série était beaucoup plus difficile qu’il ne le pensait, espérant du coup qu’il ne lui vaudra pas une honte cosmique. Enfin il avouait que jeune, il était péniblement ennuyeux. Rien de très nouveau sous le soleil, donc.

Aussi revenons-en plutôt à son dernier métrage, qui a séduit la Croisette. Et moi aussi. Abe Lucas, prof de philo moralement et physiquement à la ramasse, débarque sur le campus universitaire d’une petite ville américaine. Cet alcoolique désabusé et bedonnant entame une liaison avec une collègue en manque de sexe, Puis avec une brillante étudiante, irrésistiblement attirée par cet homme torturé qui a perdu foi en l’existence.

Joie de vivre retrouvée dans le crime

On a un peu de mal à y croire, lui aussi et d’ailleurs il ne nage pas pour autant dans le bonheur. Mais miracle, au hasard d’une conversation entendue dans un café mettant en cause un juge odieux, Abe retrouvera une raison et une joie de vivre dans le meurtre de ce vilain personnage. Histoire de ramener un rien de justice dans un monde corrompu.

On n’ira pas jusqu’à prétendre qu’il s’agit du meilleur film du maestro new-yorkais, mais on aime cette petite comédie qui vire au polar, divertissante, sans prétention, où il traite avec légèreté, spiritualité, ironie et un poil de cynisme du sens de la vie. En soulevant des questions existentielles et métaphysiques avec Kant, Hegel ou Sartre pour lui prêter main forte. Les comédiens font le reste. Emma Stone est charmante et Joaquin Phoenix, nouveau dans l’univers allénien, assume avec décontraction son imposant tour de taille et son penchant pour la bouteille.  

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15/05/2015

Festival de Cannes: film choc, "Le fils de Saul" secoue la Croisette

A Cannes on ne craint pas le grand écart, on le provoque. Entre la déferlante explosive de Mad Max et L'homme irrationnel, comédie de genre de Woody Allen, tous deux présentés hors compétition, le festival proposait en concours Le fils de Saul, premier film du Hongrois Laszlo Nemes qui évoque l’extermination des juifs d’Europe.

Octobre 1944, camp de la mort d’Auschwitz. Juif hongrois, Saul Ausländer est membre d’un des Sonderkommandos, formés de déportés plus costauds que les autres, recrutés par les nazis et forcés de les assister dans la macabre mise en œuvre de la solution finale. Avec d’autres prisonniers,  Saul  fait descendre les juifs des convois, les conduit jusqu’aux chambres à gaz où il les pousse après les avoir obligés à se déshabiller.

Il est en train de travailler dans un crématorium quand, au milieu d’innombrables cadavres, il croit reconnaître celui de son fils. Tandis que son Sonderkommando prépare une révolte, il est obsédé par l’idée de sauver l’enfant des flammes, de préserver son corps, et de trouver un rabbin pour lui offrir une vraie sépulture. Cette quête a apriori dérisoire en des circonstances aussi atroces représente pourtant un acte ultime de résistance dans cet enfer concentrationnaire. Une petite lueur d’humanité dans la nuit la plus noire.

Traitement radical pour un travail de mémoire

Nemes a choisi la fiction pour plonger le spectateur dans l’innommable quotidien de son héros, interprété par l’impressionnant Réza Röhrig (photo). Mais il prend soin d’éviter toute complaisance. S’arrêtant aux portes des chambres à gaz, il laisse l’horreur des exécutions massives hors champ ou la suggère par des images floues. D’un bout à l’autre, s'en tenant au point de vue de Saul et ne montrant que ce qu’il regarde, il s’applique à suivre les déplacements de cet homme évoluant tel un zombie entre les fours et les fosses communes, uniquement préoccupé par l’impossible mission qu’il s’est donnée.

Un travail de mémoire pour les générations futures que ce film choc au traitement radical, à l’esthétique sépulcrale. Et une immersion dans l’insoutenable qui vous secoue et vous laisse sonné à l’issue de la projection. On parle déjà de sa présence au palmarès.

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Festival de Cannes: "Mad Max:Fury Road", féministe et écolo...

mad-max-fury-road-charlize-theron[1].jpgDu bruit, de la violence, de la fureur, bref du convenu pour Mad Max:Fury Road, le quatrième volet de la fameuse saga qui était censé faire l’événement hors compétition à Cannes ce jeudi de l’Ascension comme sur tous les écrans du monde, en célébrant le retour du héros incarné dès 1979 par Mel Gibson. Si ce dernier a rendu les plaques, l’inoxydable Australien George Miller demeure en revanche aux commandes pour nous plonger dans un univers post-apocalyptique où il n’y a plus de loi, d’electricité et surtout d’eau potable. La nourriture se fait rare et l’air est gravement contamné. 

C’est ainsi qu’une poignée de survivants se lance dans une lutte échevelée contre Immortan Joe, un seigneur de guerre sanguinaire qui fait régner la terreur avec une bande de dégénérés sur cette terre aride. Résultat, un film d’action visuellement assez décoiffant avec une dose raisonnable d’effets spéciaux, mais une débauche d’explosions et de fusillades, ponctuant une interminable et épuisante course poursuite. Même pimenté de cascades spectaculaires, c’est d’un fatigant ce Mad Max!  

Musculeux et peu bavard, Tom Hardy se glisse laborieusement dans le perfecto usé du héros, ex-policier hanté par l’idée de n’avoir pas pu sauver les siens et devenu justicier du désert. A ses côtés une Charlize Theron, alias Furiosa, tout aussi taiseuse, méconnaissable en guerrière impitoyable, le crâne rasé et le visage plein d'huile de vidange, conductrice bien que manchote d'un redoutable d’un poids lourd façon blindé. 

Cette rebelle tient à gagner la Terre Verte et s’enfuit avec les cinq épouses reproductrices d’Immortan Joe, au grand dam de ce débile décidé à récupérer son bien. Furiosa fait d’ailleurs carrément la pige à Max question tête d’affiche. Si on ajoute la bataille pour l’eau à ce dernier volet, voilà qui lui donne carrément un coté féministe et écolo!
 

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14/05/2015

Festival de Cannes: les mêmes mots pour le dire des présidents Coen et de leurs jurés

coen[1].jpgIl a pas mal de gueule le jury cannois présidé par les deux frères Coen, entre la Malienne Rokia Traoré, le Mexicain Guillermo del Toro, l’Anglaise Sienna Miller, le Canadien Xavier Dolan l’Espagnole Rossy de Palma, l’Américain Jake Gyllenhaal et la Française Sophie Marceau.  

En revanche côté originalité, peut mieux faire, à l’image des précédents d’ailleurs. On se moque copieusement des sportifs qui balancent les mêmes platitudes  à la fin de chaque épreuve, mais en l’occurrence, les stars du grand écran ne sont pas loin de leur damer le pion dans le domaine.

Il est certes ardu d’éviter les banalités, quand le préposé à la conférence de presse vous demande quelle fut votre réaction en apprenant votre sélection dans l’équipe! Du coup, le journaliste peut simplement reprendre ses notes des années passées, changer les noms et le tour est joué.

Car en gros, chacun y est allé de son petit couplet élogieux, déclarant en gros son immense bonheur  et l’incomparable honneur d’avoir été choisi pour découvrir plein de films. En ayant de surcroît la chance inouïe d’en débattre au sein d’un aréopage aussi exceptionnel. Ce qui fait que mine de rien, chacun portant son voisin aux nues, au final ils sont tous formidables. C’est quasiment l’école des fans.

Bon d’accord, en-dehors de leur joie ineffable de se retrouver dans le plus prestigieux festival du monde, certains ont tenté l’inédit, à l’image des Coen et de del Toro reconnaissant, je résume, que ça tombait bien, vu qu’ils n’avaient pas grand-chose de mieux à faire en ce moment…. Ou Jake Gyllenhaal, ravi de pouvoir être dans les premiers à voir des nouveaux films gratuitement. Ou,ce n’est pas surprenant, la plus  Rossy de Palma, qui a poussé un sonore wooouuoah! tout en comparant l’exercice à un master intensif de cinéma à haut niveau.

Mais dans le fond le principal, c’est qu’ils ont débarqué l’esprit ouvert, sans stratégie et sans préméditation. Ethan Coen a même fermement assuré qu’ils étaient tous là pour obtenir un consensus et choisir le meilleur film. Diablement rassurant, non ? 

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13/05/2015

Festival de Cannes: c'est parti pour la 68e édition. La tête haute!

catherine-deneuve-et-emmanuelle-bercot[1].jpgEffervescence, foule, cohue, encombrements, c’est parti. Sous le regard d’Ingrid Bergman, à qui l’affiche est consacrée, Cannes s’est réveillée au soleil pour l’ouverture de son 68e festival. «La tête haute» grâce à l'opus d' Emmanuelle Bercot, présenté hors compétition.

Après le catastrophique Grace de Monaco de l’an dernier, le délégué général Thierry Frémaux et le nouveau président Pierre Lescure se devaient de relever le gant pour cette première soirée de la grand-messe de la pellicule. Balayant le glamour de pacotille avec princesse, ils ont parié sur le film d’auteur avec un jeune en rupture.

L’adolescence est un sujet de prédilection pour Emmanuelle Bercot qui avait  notamment co-signé le scénario de Polisse. La tête haute vient de son enfance, il y a quarante ans, alors qu’elle s’était retrouvée dans un camp de gamins délinquants avec son oncle éducateur.  De là est né le parcours cahotique , entre 6 à 18 ans de Malony, qu’une juge pour enfants et un travailleur social tentent de sauve sans relâche.

Vibrant plaidoyer pour le sauvetage de mômes en péril

L’émotion domine dans ce drame social consacré à la délinquance juvénile, montrant à la fois l’humanité d’une magistrate et rendant hommage au difficile et inlassable boulot des éducateurs en charge de gamins rebelles. Emmanuelle Bercot, qui a mené une longue enquête et filmé dans un vrai centre mais avec des acteurs, se livre à un vibrant et bouleversant plaidoyer pour la protection et le sauvetage de mômes en péril. A la limite parfois de trop en faire, mais on marche à fond.

la-tete-haute-cannes-pic[1].jpgOutre son traitement, la réussite de son film tient énormément à ses acteurs. Plus particulièrement au jeune Rod Paradot formidable dans le rôle de Malony. Une vraie découverte. A ses côtés Sara Forestier se montre très convaincante en mère indigne, irresponsable, mais folle de son gosse. Sans oublier évidemment la juge Catherine Deneuve, qui a même fait un stage au tribunal. 

Emmanuelle Bercot lui avait également offert un autre de ses bons rôles récents dans Elle s’en va en 2013. permettra à la star française, avec La tête haute, d’inaugurer ce soir le tapis rouge, avant de monter les fameuses marches du Grand Théâtre Lumière.

Dix-neuf films en compétition

Suivront jusqu’au 24 mai les équipes des dix-neuf longs-métrages en compétition. A côté de cinq Français, dont Mon Roi de Maïwenn qui offre une double actualité cannoise à Emmanuelle Bercot, amoureuse éperdue dans le film, on trouve trois Italiens, deux Américains, deux Chinois, un Japonais, un Canadien, un Mexicain, un Grec, un Hongrois, un Norvégien, un Australien. Du travail en perspective pour le jury présidé par les deux frères Coen et composé de Rokia Traoré, Guillermo del Toro, Sienna Miller, Xavier Dolan, Rossy de Palma, Jake Gyllenhaal, Sophie Marceau.

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06/05/2015

Madrid: le kangourou Kyrgios met Federer dans sa poche! Mortifiant

ATP-Tennis-img27459_668[1].jpgJ’en connais qui se tapent la tête contre les murs à l’idée d’avoir dû remplacer Djokovic par Federer comme tête de série numéro un. Car à mon avis, Dracula eût à l’évidence mieux tenu son rang que la légende. Il peut d’ailleurs se frotter les mains, son dauphin sur le papier demeure à distance pratiquement égale.

Cela dit, ainsi que je le redoutais dans mon précédent billet, c’était chronique d’une défaite annoncée cette chute du king d’entrée à Madrid. Je ne vous raconte pas mon désespoir d'avoir eu à ce point raison de me méfier du «Special K» Kyrgios qui a avalé le maestro en trois sets.

Super serrés certes, mais quand même ça la fiche mal de regarder le triple vainqueur du tournoi espagnol céder ainsi face à celui que Gaqsuet a balayé els doigts dans le nez en finale d’Estoril dimanche dernier. Beaucoup trop fort pour le jeune Australien le Biterrois, s’extasiaient les experts tricolores. Remarquez, ils ont dû rabattre leur caquet vite fait dans la mesure où le brave Richard a également dû s’incliner sans gloire face à Tomas Berdych.

Pour en revenir à Rodgeur, sa piteuse élimination est d’autant plus humiliante qu’il avait breaké le  kangourou au début de la seconde manche. Ce qui ne l’a pas empêché de laisser bêtement filer une maille. Du coup il n’y avait plus qu’à tirer sur le fil. Le plus douloureux pourtant ce n’est pas de voir le pauvre Bâlois égarer un match. Mais le fait que désormais n’importe qui peut le battre. Triste, non ?

Et j’ai la très désagréable impression que Wawrinka ne va pas non plus faire de vieux os sur les terres de  Nadal. Du moins après l'avoir vu ahaner ferme contre le Portugais Joao Sousa, 56e mondial et repêché in extremis grâce au forfait de Tommy Robredo… 
 

22:47 Publié dans Les pieds dans le plat | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook

05/05/2015

Grand écran: "Un peu, beaucoup, aveuglément", de et avec Clovis Cornillac

 

maxresdefault[1].jpgHabitant dans deux appartements séparés par une cloison extrêmement mince, deux êtres aux antipodes l’un de l’autre finissent par construire une relation sans se voir ni se toucher, uniquement basée sur leur voix et leur ressenti. On ne connaîtra même pas leur prénom respectif, puisqu’ils se donnent mutuellement du Machin /Machine.

 

Lui, c’est un inventeur de casse-tête aussi créatif que misanthrope ne supportant pas le moindre bruit et vivant cloîtré. De son côté, pianiste aussi douée que psychorigide, elle ne peut se passer de musique et prépare un grand concours.

 

L’affaire semble bien mal emmanchée. Un point commun cependant, tous deux sont des inadaptés sociaux. Du coup, cette cohabitation difficile va évoluer vers une curieuse liaison, où ils font plus ou moins les mêmes choses au même moment mais… de part et d’autre de leur mur. 

 

Un peu, beaucoup, aveuglément est le premier long-métrage de Clovis Cornillac, qui tient aussi le rôle principal aux côtés de Mélanie Bernier. Le scénario a été imaginé par la femme de l’acteur, qui se glisse dans celui de la sœur hyper décomplexée de l’héroïne. Pour compléter le trio, l’ex-Deschiens Philippe Duquesne s’est mué en seul et meilleur ami de Machin, le farouche atrabilaire.

 

Au premier abord, on est séduit par le côté original et farfelu de ce film évoquant non seulement deux névrosés bizarrement amoureux, mais surfant sur le thème de la solitude et des problématiques rapports humains alors que se multiplient les moyens de communication. Tout cela vire pourtant rapidement à la fausse bonne idée. En dépit de quelques astuces de mise en scène, Clovis Cornillac gâche son concept inédit pour livrer finalement une romance au parcours fléché et au dénouement téléphoné.

 

Le talent de mes amis

 

Autre comédie française avec Alex Lutz, qui passe également pour la première fois derrière la caméra. S’étant rencontrés au lycée et devenus modestes collègues de bureau, Jeff et Alexandre mènent une petite vie tranquille et sans ambition, tout en accumulant les bêtises et les blagues nazes.

 

LE%20TALENT%20DE%20MES%20AMIS%20PHOTO3[1].jpgJusqu’à l’arrivée dans l’entreprise de Thibaut, un coach super dynamique et performant qui n’est autre que l’ami d’enfance d’Alexandre. A l'époque, tous deux s'étaient promis de réussir. Mais seul Thibaut semble avoir tenu parole. A priori de quoi bousculer la routine…

 

Malheureusement, en dépit de son titre, Le talent de mes amis, l’auteur et ses protagonistes n’en montrent pas beaucoup. Un euphémisme vu le ratage de la chose. Et pour cause. Il n’était en effet pas question pour Alex Lutz, notamment auteur de la pastille humoristique Catherine et Liliane sur Canal +d’oublier ses grands copains Bruno Sanches et Tom Dingler. Du coup ce film de potes n’est rien d’autre qu’un… film de potes.

 

A l'affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 6 mai.

 

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02/05/2015

Tennis: Federer frise l'humiliation au tournoi de campagne d'Istanbul!

turkey_switzerlandfederer[1].jpgSelon les experts, le maître ne devait pas connaître trop de problèmes face au modeste Diego Schwartzman, numéro 63 à l’ATP, en demi-finale à Istanbul. En résumé, une simple formalité, cette rencontre. Comme en somme ce tournoi turc qu’il a choisi d’honorer de son auguste tête.

Sauf que si l’Argentin de poche, 1m70 au garrot, s’était hissé dans le dernier carré, ce n’était apparemment pas par hasard. Il en voulait drôlement et ce ne fut pas une promenade de santé pour Sa Grâce.

Perdant pitoyablement la première manche, le brave Suisse dut tricoter ferme dans la troisième pour terminer le pull. Frisant la catastrophe au cinquième jeu, il ne parvenait pas à convertir sa première balle de match et s’imposait finalement par les poils au bord du tie-break.

Notez que cette laborieuse performance n’était guère étonnante vu le mal fou qu’il avait eu la veille à dompter une autre lame d'occasion, l’Espagnol Daniel Gimeno-Traver. Mais bon, voici malgré tout le mythe helvétique en finale pour la 128e fois de sa carrière. Ce n’est pas gagné pour autant. Il lui faudra également cravacher contre l’Uruguayen Pablo Cuevas qui, littéralement déchaîné, a flanqué une rouste en deux sets secs au Bulgare Grigor Dimitrov. Il est vrai que Baby Fed s’est obstiné à produire le plus mauvais exemple du jeu de son idole bâloise.

Reste que victoire ou non demain, observer le king à ce point forcé de se sortir les pouces contre des seconds couteaux n’incite guère à l’optimisme. Pour ne pas dire que je me fais un souci du diable pour la suite. Dont le Masters de Madrid où, tête de série numéro un en l’absence de Djokovic, la légende risque de se frotter lors de son premier tour à l’un des «Special K» australiens. En l’occurrence Kyrgios, qualifié pour la finale à Estoril.

Certes, même prématurément éliminé, Rodgeur ne perdrait pas de points dans la mesure où il avait zappé l’épreuve l’an passé. Maigre consolation pour le maestro qui conserve des ambitions. Peut-être pas démesurées, je l'admets, concernant Roland Garros sur lequel Dracula mise sérieusement, ne s’alignant justement pas en Espagne pour préserver ses chances de gagner le seul majeur qui lui manque. Filant du coup des sueurs froides à l’ogre de l’ocre ibère qui commence à désespérer de réussir sa décimale. 

En revanche notre Guillaume Tell vise sans doute encore Wimbledon et l’US Open. Mais je ne vous raconte pas si je les vois s'éloigner de plus en plus. Et au train où il semble y aller, je doute qu’il puisse rallier les JO de 2016 dans le trio de tête…

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28/04/2015

Grand écran: Camille Cottin s'éclate dans "Connasse, princesse des coeurs"

connasse_rognee_et_comp[1].jpgElle estime ne pas avoir la vie qu’elle mérite, ne veut plus jamais travailler et rêve d’un  destin royal. C’est ainsi qu’elle met le cap sur Londres, déterminée à épouser le prince Harry,  le célibataire les plus convoité d’Europe. Ce qui reste à prouver…  

Elle, c’est Camille Cottin. Elle reprend au cinéma le personnage de Connasse, une insupportable trentenaire au comportement odieux qui s’immisce un peu partout, qu’elle tenait sur Canal +  diffusée dès 2013 dans Le Grand Journal. L’adaptation de la minisérie sur grand écran, intitulée Connasse, princesse des cœurs est coréalisée par les auteures du concept, Eloïse Lang et Noémie Saglio.

Pour ceux qui ne connaissent pas, il s’agit d’une pastille humoristique tournée en caméra cachée. Le principe est repris pour le film, ou du moins nous l’affirme-t-on en dépit d’une ou deux cas qui paraissent sujets à caution. Mais faisons comme si pour suivre l’audacieuse et chiantissime Camille Cottin dans une succession de scènes où elle doit tester la capacité de tolérance, le niveau de crédulité, sinon de bêtise des gens qu’elle croise. En l’occurrence des Anglais. La virée chez Sa Majesté The Queen lui permettait notamment de ne pas être reconnue.

Bref. A son habitude, elle affronte des situations plus saugrenues les unes que les autres. Et elle y va vraiment à fond dans le genre connasse à humour vache. Sans complexe et sans le moindre égard pour personne. Logique. Pour être une connasse, il ne faut penser qu’à soi, n’avoir aucune conscience  des autres et tout faire pour arriver à ses  fins, dans se poser la moindre question.

Certaines séquences sont certes plutôt drôles, sinon parfois jubilatoires. Mais en passant de sketches très courts, (moins de deux minutes  où on la retrouvait chez l'esthéticienne, à la piscine, à St-Tropez, dans une boutique de luxe ou un magasin de musique) au (trop) long-métrage, la chose perd de son sel et finit par lasser. Même si Camille Cottin paie vraiment sans compter de sa personne. Ce qui plaira sans doute aux fans.

Film à l’affiche dans les salles de Suisse romande dès le mercredi 29 avril.       

 

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21/04/2015

Grand écran: "Spartiates" ou l'apprentissage du respect et de la tolérance par le sport

5568_30_34x16_0cm_300dpi[1].jpgAprès un court-métrage commandé par la RTS et réalisé en 2013 lors de l’opération Marseille alors capitale culturelle, le Genevois Nicolas Wadimoff, passionné par son sujet tourné dans les quartiers nord, a eu envie de poursuivre avec un long-métrage.

Dans Spartiates, il témoigne du travail d’un entraîneur d’arts martiaux travaillant avec les jeunes dans cette partie de la ville délaissée et gangrénée par la violence, où peu de gens osent se rendre.

Même si, comme le dit lui-même l’auteur," il y a beaucoup de fantasmes autour de l’idée de banlieue dangereuse et difficile. Bien que ces fantasmes aient été récemment alimentés par des règlements de comptes à la kalashnikov.… » 

Bref, les médias n’y vont presque jamais. Une raison suffisante pour Wadimoff de s’y rendre, de montrer qu'il se passe autre chose et de rencontrer Yvan Sorel, 24 ans. Un self made champion qui, se substituant aux pouvoirs publics, a fondé un club mixte où il inculque, par les arts martiaux, le respect et la tolérance aux gamins de la cité Bellevue.

Ce documentaire, récompensé par le Prix de Soleure en janvier dernier, avait impressionné le jury qui y avait justement vu "un combat pour la survie au quotidien des jeunes de banlieue", ainsi qu'une "métaphore de toutes les relations humaines".

Il nous laisse aussi et surtout découvrir un éducateur charismatique, engagé à fond, à l’écoute constante de ses ouailles, mais également terriblement autoritaire. On ne raffole donc pas forcément de son côté réac, de son sens de l’ordre et de la discipline à outrance  Mais en dépit de ses méthodes militaires, un euphémisme dans son comportement le plus souvent brutal, on ressent sa volonté de transmettre des valeurs, l’amour qu’il porte à ces mômes déshérités au bord du plongeon dans la délinquance et son désir profond de les voir sortir la tête de l’eau.

Qu’on apprécie ou non le personnage, Yvan Sorel, acteur né dans sa façon de bouger sans complexe, presque provocatrice devant la caméra, est incontestablement la vedette de ce film. Un film à l’image soignée qui vous accroche en jouant sur l’intensité de la dramaturgie. Evitant le misérabilisme facile avec le chômage et la pauvreté qui minent les lieux, Wadimoff réussit à livrer le rendu d’une réalité qui n’a pas grand-chose à voir avec Plus belle la vie…

Film à l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 22 avril.

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Grand écran: le nouveau "Caprice" d'Emmanuel Mouret, séducteur malgré lui

f8f9debc096e44473f9e7f7e2166178d[1].jpgInstituteur fan de théâtre, Clément nage dans un bonheur qu’il n’aurait pas imaginé dans ses rêves les plus fous. Alicia, son actrice préférée, une célébrité blonde un rien fatale succombe à son charme, tombe amoureuse et devient sa compagne.

Mais ce séducteur malgré lui se trouve pris au piège d’un triangle sentimental loufoque en rencontrant Caprice,  une jolie jeune femme rousse, comédienne dans une troupe amateur mais aspirant à beaucoup mieux.

Extravagante, malicieuse pour ne pas dire délicieuse au premier abord, elle se colle à Clément au point qu'il a du mal à lui résiste, en dépit de sa passion pour Alicia. Le tout sous les yeux de Thomas, son meilleur ami et directeur de l’école qui contribue aux complications ambiantes.  

Dans Caprice, son neuvième film, Emmanuel Mouret, qui joue l’instit hyper classique en jeans, baskets et veste de velours, revient au marivaudage teinté de burlesque. Deux ans après l’échec public d’ Une autre vie, un suspense mélodramatique, il se pose des questions sur la vie à deux et la part du destin dans la découverte de l’âme sœur. 

Aux côtés de Laurent Stocker, on retrouve le réalisateur-acteur en anti-héros naïf, timide, effacé, gaffeur, maladroit, dépassé par les événements. Attachant, émouvant, parfois irrésistible dans certaines scènes cocasses à la Pierre Richard, il frise pourtant la caricature avec sa tendance à trop en faire dans sa valse-hésitation entre ces deux femmes, dont il est finalement le jouet consentant.

L’une est incarnée par Virginie Efira assez convaincante dans son rôle d’actrice à qui tout réussit et l’autre par Anaïs Demoustier (photo), excellente dans celui de la débutante manipulatrice, plus perverse qu’il n’y paraît et avide d’un succès qu’elle ne cesse de connaître à l’écran. Elle  vient d’enchaîner six tournages dont Bird People, Une nouvelle amie A trois on y va, ainsi que Julien et Marguerite de Valérie Donzelli, sélectionné en compétition au prochain Festival de Cannes.

Film à l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 22 avril

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18/04/2015

Masters de Monte-Carlo: le vampire de Belgrade en mode saigneur plus!

images[1].jpgEh bien, comme vous le pensiez, la question d’une éventuelle victoire française sur le Rocher était aussi saugrenue qu’audacieuse. Une fois de plus, nos chers voisins n’auront pas la satisfaction de voir l’un des leurs, pourtant débarqués à huit à Monaco, soulever le trophée quinze ans après Cédric Pioline.

Moi qui fondais quelques espoirs sur Monfils pour rabattre le caquet de Nadal en finale, j’en suis pour mes frais! Bon, c’est Djokovic qui s’en est chargé en demie, comme pour donner un vague crédit aux lamentations du roi de la terre sur son prétendu piteux état de forme.

Ce qui n’est pas forcément une bonne nouvelle pour ses poursuivants. En cas de victoire demain contre Berdych, Dracula compterait plus de 5600 points d’avance sur son dauphin Federer. De quoi voir venir et augmenter confortablement son capital semaines en tant que numéro un mondial.

Et cela ne va sans doute pas s’arrêter là, dans la mesure où  le saigneur des courts n’avait pas pu disputer le Masters espagnol l’an dernier pour cause de poignet droit en délicatesse. Juste pour vous donner une idée de l’avance  insensée de ce cher Novak au classement, en admettant qu’il remporte Monte-Carlo et Madrid, ce qui est loin de constituer un plan sur la comète, il serait à quelque 700 points de se qualifier pour la finale de Londres en novembre. Et on est même pas en mai!

Cela dit, plus bizarres parfois que les tennismen, c’est difficile à trouver. Certains d’entre eux nous l’ont encore prouvé cette semaine. Jugez plutôt. Stan Wawrinka commence par écraser Juan Monaco en cinq jeux avant d’être laminé par Grigor Dimitrov en trois, lui-même explosé par Gael Monfils en quatre, qui subira un sort quasi  identique contre Tomas Berdych.

Certes, il faut bien un perdant par rencontre… Mais admettez qu’il est assez rare qu’un top 10 ou assimilé, à l’image de Monfils, atomise carrément son adversaire pour se retrouver lui-même en mille morceaux au tour d’après. Alors quatre de suite, forcément ça interpelle!   
 

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17/04/2015

Masters de Monte-Carlo: et si Monfils gagnait le tournoi?

1111609_monte-carlo-monfils-a-fait-le-show-MONFILS-MONTECARLO-150415-271520[1].jpgVous devez trouver que je pose des questions audacieuses. Mais si je vous évoque la chose, c'est notamment histoire de faire pour une fois plaisir à nos chers voisins, si souvent frustrés de victoire dans les grandes occasions.

Blague à part pourtant,  ce brave Gaël pourrait tout-à-fait se retrouver en finale, dans la mesure où il affronte Tomas Berdych en demi. Et on connait la fragilité du Tchèque, encore plus dommageable que l’inconstance du Français,

Mais surtout ce serait bien mérité, car on doit une fière chandelle au bourreau de Federer, qui s’est racheté auprès des Helvètes. Leur mettant du baume au cœur en battant Dimitrov à plate couture et en évitant ainsi à Wawrinka (c’est dire si le Vaudois a été nul face au Bulgare en huitièmes) la honte d’être éjecté du top 10.

Par ailleurs, il faudrait que Nadal cesse de jouer l’intox. L’ogre de l’ocre n’a cessé de clamer avant le tournoi qu’il n’était absolument pas favori dans la mesure où il n’avait jamais été aussi mal préparé pour la saison sur terre. Une insulte à ses adversaires vu qu’il se retrouve dans le dernier carré.

C’est à souhaiter que Djokovic lui flanque une bonne rouste pour lui apprendre la modestie, au pitbull ibère. Ce qui n’est pas impossible, même si le Serbe ne s'est pas beaucoup employé vu qu’il n’a eu que des seconds couteaux et le revenant Cilic à affronte jusqu’ici. C’est vraiment rien de dire que le tennis est un sport particulièrement injuste.

Enfin, heureusement qu'on a Hingis pour nous faire rêver au royaume de la petite balle jaune ... Imaginez une seconde que la Saint-Galloise batte demain la Polonaise Agnieszka Radwanska, neuvième mondiale. En effet, après 17 ans d’absence en Fed Cup, l’ex-numéro un qui avait tenté un come back en 2007, a non seulement été titularisée en double, mais également en simple.

Même si Martina, en pleine confiance après ses trois derniers tournois remportés aux Etats-Unis en compagnie de l'Indienne Sania Mirza, estime pleinement mériter sa place, il est drôlement gonflé, le capitaine Günthardt!

 

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