22/07/2014

Cinéma: "Under The Skin" avec Scarlett Johansson, envoûtante alien chassseuse d'hommes

75[6].jpgVoix virtuelle dont Joaquin Phoenix tombait fou amoureux dans Her, puis féline Veuve noire dans Captain America-le soldat de l’hiver,  Scarlett Johansson se mue en une sorte de mante religieuse dans Under The Skin, le troisième film du Britannique Jonathan Glazer, adapté du premier roman éponyme de l’écrivain australien Michel Faber.

Entre science fiction atypique. thriller fantastique hors norme et film d’horreur sur fond d’expérience sensorielle, visuelle et sonore, le réalisateur nous entraîne à la suite d’une alien débarquée sur terre pour tenter de découvrir le monde des humains, leurs sensations, leurs émotions, leurs relations.

Se glissant dans les vêtements d’une morte, elle se retrouve au volant d’une camionnette et part, sur les routes d’Ecosse, à la recherche d’hommes solitaires qu’elle séduit avant de les faire disparaître dans une étrange eau noire où ils s’enfoncent,  inéluctablement. 

Un véritable ovni à la fois hypnotique, organique, sensuel, glaçant et qui, sur un scénario minimaliste et très répétitif, raconte une histoire énigmatique, inquiétante, dérangeante. Sous couvert de fable clinique et ténébreuse, l’auteur de Sexy Beast et Birth prétend soulever des questions existentielles fondamentales sur notre comportement ici-bas. Sans pour autant apporter de réponses. 

Expérimental, esthétisant , ce sombre et déroutant voyage anxiogène doit énormément à l’interprétation de  Scarlett Johansson. Sulfureuse et pulpeuse créature au visage pâle et aux cheveux noirs,  elle se révèle étonnante dans son rôle de troublante, envoûtante et insensible chasseresse.

Film à l'affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 23 juillet.

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04/07/2014

Mondial: les Allemands passent le coq tricolore à la casserole!

france-allemagne-coupe-du-monde-montage[1].jpgUn seul être vous manque et tout est dépeuplé… Alors onze, vous imaginez le désert! Car il faut le reconnaître, sans les Bleus le Mondial c’est moins drôle. En même temps, il ne fallait pas les avoir jusqu’au bout,  si on voulait éviter le tsunami médiatique non seulement du siècle mais de tous ceux à venir.

C’est ainsi que les Allemands ont heureusement passé à la casserole ce coq que les Suisses auraient tant voulu plumer. Finis donc les cocoricos du volatile hexagonal. Les Tricolores ont dû boucler leurs valises. Ils ne sont pas les seuls, me rétorquerez-vous. Oui, mais pour eux c’est plus insupportable car se voyant déjà en finale, ils se jugeaient évidemment meilleurs que leurs vainqueurs.

Hélas, on sait que ce sont toujours les meilleurs qui partent les premiers. L’Espagne, l’Angleterre, l’Italie ou le Portugal sont sans doute de cet avis. A l’image aussi de la Suisse, qui s’imaginait pouvoir damer le pion aux Argentins en huitièmes, estimant notamment que leur Messi, alias Shaqiri, valait largement celui de la pampa.
 
De part et d’autre de la frontière, on cultive ainsi son intense frustration. Après avoir joué la modestie sinon l’intox en couvrant les opposants de ses ouailles de lauriers avant chaque rencontre, Didier Deschamps se lamentait en déclarant: «il ne nous manque pas grand-chose». En effet. Malheureusement, juste l’essentiel...

De leur côté, les supporters français et suisses sont tristes mais fiers, déçus mais pas amers. Trouvant également leurs footeux tellement bons. Quelque chose a même changé paraît-il dans les yeux des adversaires des Bleus. Désormais, ces derniers font peur. Je veux bien le croire, encore que je n’aie pas spécialement remarqué la trouille dans les mirettes germaniques lors du quart de finale.

Peu importe. Car à l’instar de la Nati et de son remarquable groupe hyper soudé, l’EDF va désormais faire de grandes choses avec les forces vives de son formidable collectif retrouvé. Commentateurs et consultants respectifs se sont ainsi consolés de ces mortifiantes défaites en se rabattant sur l’Euro 2016. Et vous savez quoi ? Nos deux nations partent favorites… Eh oui, le foot c’est comme la mode. Un éternel recommencement.

P.S. Non seulement le coq est plumé, mais Federer l'a emporté face à Raonic, atteignant sa neuvième finale dans son jardin de Wimbledon. Que demande le peuple (helvétique bien sûr) à part espérer voir Rodgeur battre Djokovic dimanche et peaufiner sa légende avec un 18e Grand Chelem…

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02/07/2014

Cinéma: "Locke", un étonnant huis-clos à suspense

locke_2885177b[1].jpgIvan Locke, chef de chantier, roule seul dans la nuit. Au départ, il était censé rentrer chez lui pour regarder un match de foot. Mais au lieu de rejoindre sa famille, il décide de se rendre à Londres, suite à un coup de fil qui risque de chambouler sa vie privée et professionnelle.

Le trajet, dont l’originalité consiste à se dérouler en temps réel, le trajet dure une heure trente. 90 minutes que l’on passe exclusivement en compagnie d’Ivan, qui parle au téléphone avec différentes personnes qu’on entend mais qu’on ne voit jamais.

Il y a notamment sa femme en colère qu’il tente de calmer après lui avoir appris la raison de son changement de destination. Ou son collègue avec qui il doit régler des imprévus liés à sa décision précipitée de prendre la route, de nature à lui faire perdre son job. Une situation qu’il accepte pour l’avoir créée.

Les appels incessants et les conversations qui en découlent sont les principaux éléments dramatiques qui rythment ce huis-clos à suspense aussi étonnant que stressant. Mais alors qu’on pourrait se lasser à la longue de ne pas quitter l’habitacle confiné d’une  voiture, on est au contraire happé par la tension et les émotions retenues qui se dégagent du dispositif inhabituel imaginé par le réalisateur britannique Steven Knight. La brillante performance de son compatriote Tom Hardy (photo), évidemment de tous les plans, achève d’enlever le morceau.

Film à l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 2 juillet.

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01/07/2014

Mondial: les génies suisses crèvent au poteau. La tête haute...

1904743_pic_970x641[1].jpgDepuis mercredi dernier, les experts du crampon se trituraient sauvagement les méninges pour résoudre la quadrature du cercle. A savoir la Suisse peut-elle battre l’Argentine?

Et chacun de tirer des plans sans fin sur la comète pour finir par nous expliquer doctement que c’était possible. Sinon probable. Mais que dans le fond, les Argentins pouvaient eux aussi prétendre à la victoire!

Moralité, on n’était pas plus avancé après des jours et des jours, des heures et des heures d’analyses hyper pointues à la radio ou à la télé, des lignes et des lignes inlassablement pondues dans les journaux sur ce sujet brûlant. Seuls les béotiens du foot, connaissant vaguement la valeur l’Albiceleste par ouï-dire, n’avaient jamais imaginé une seule seconde la Nati en gagnante du duel.

Raison pour laquelle ils trouvent le résultat logique et jugent même extraordinaire que les Helvètes aient vaillamment résisté jusqu’à la 118e minute. En revanche le coup du sort de Di Maria jouant son Messi et crucifiant les Rouges, qui de surcroît parvenaient in extremis à shooter sur le montant, plongeait les spécialistes du ballon dans une sorte de coma. Un tremblement de terre n’aurait pas provoqué chez eux un tel effondrement. 

Du coup, se lamentant sur la tragique injustice du sport, un véritable scoop, ils prenaient un ton de circonstance, douloureux. A  l’instar d’un Pierre Poullier compassionnel, tentant de ménager les malheureux acteurs du drame, leur parlant doucement comme à de petites choses fragiles relevant d‘une grave maladie.

Pourtant the show must go on... Séchant leurs larmes, commentateurs et consultants se reprenaient et parvenaient à dédramatiser. A commencer par Massimo Lorenzi, déclarant que ce n’était pas tout à fait la fin du monde. Et nos spécialistes de poursuivre courageusement l’analyse et de faire le bilan de cette équipe jeune, fantastique, géniale, en un mot, parfaite. Franchement à se demander comment elle a réussi à crever ainsi au poteau. La tête haute certes, mais quand même.

Roger-Federer-Wimbledon-008[1].jpgBref, face à de tels génies, c’est reparti pour tirer des plans sur la comète en vue de l’Euro 2016 et leurs chances de qualification les doigts dans le nez!

A mon avis, on devrait plutôt se concentrer sur nos valeurs sûres. Je veux évidemment parler de Federer et de Wawrinka, qui vont se rencontrer en quarts de finale chez Sa Majesté britannique, après s’être chacun débarrassé d’un Espagnol. L’Australien Kyrgios terminant le travail en terrassant lui, le pitbull Nadal. De quoi donner un peu d’air à la légende qui garde ainsi ses trois Grands Chelems d’avance au moins jusqu'à l'US Open. A moins que... Mais n'anticipons pas et pour l'instant, merci beaucoup au kangourou…

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Cinéma: "L'intrepido", héros solitaire dans une Italie en crise

foto-l-intrepido-6-low[1].jpgMaçon, cuisinier, aide-soignant, conducteur de tram, livreur de pizza, assistant de bibliothèque, vendeur de chaussures, ils doivent soudain s’absenter pour quelques jours, voire simplement quelques heures sans que cela se remarque.

Impossible? Pas du tout. Il suffit de faire appel à Antonio, qui remplace au pied levé à son travail quiconque a besoin de lui et quelles que soient les circonstances, mariage ou visite chez le médecin.

Et c’est ainsi que ce chômeur constamment occupé à se rendre utile, héros solitaire au service de son prochain dont il s’emploie également à remonter le moral dans les difficultés du quotidien, traverse, le courage, l’optimisme et l’espoir chevillés au corps, le film de Gianni Amelio.

Tout en suivant le déroutant Antonio, par ailleurs père d’un fils saxophoniste, dans l’exercice de ses différents petits boulots, L'intrepido raconte une Italie plombée par la crise économique. Ainsi qu’une société où l’auteur oppose le cynisme et l’âpreté au gain à la résistance et à l’humanité d’un individu hors du commun, habité par une paix intérieure et à la recherche du bonheur.

Une quête qui eût pu pousser Amelio à la facilité, sinon à la banalité. Bien au contraire, prônant le respect et la dignité de chacun, le réalisateur livre une histoire émouvante, pleine de charme, sans pathos et empreinte d’humour. Portée par l’excellent et irrésistible Antonio Albanese (photo), elle se déroule dans un Milan futuriste imaginé par le talentueux décorateur Giancarlo Basili.

Film à l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 2 juillet.  


 

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30/06/2014

Livres: "Bloc K", un premier roman fantastique à découvrir

images[2].jpgLa Terre est à l’agonie. Nous sommes au XXIe siècle et la surpopulation mène l‘humanité à sa perte. C’est alors qu’un pape de formation scientifique, visionnaire ou hérétique c’est selon, met en place le Projet pour sauver l’homo sapiens.

Il est destiné à modifier notre espèce en vue de son adaptation à de nouveaux mondes lointains en changeant avant tout son mode de reproduction. C’est dans ce contexte que cinq cents ans plus tard, un jeune prêtre est chargé d’enquêter sur une mystérieuse disparition qui compromet tout.

Signé Isabelle Frag, Bloc K est un essai joliment transformé. Talentueuse, l’auteure nous enchante plus particulièrement grâce à une imagination débordante qui la pousse à créer d’incroyables personnages à l’aspect improbable et aux vocations inédites.

Il y a notamment Tchum, le pétant sniffeur tripode, la famille Dupond et son extravagante façon de se déplacer, la curieuse lignée des Mathu-Salem et surtout la timide, bouleversante et extraordinaire Anoure, l’enfant chérie du Projet, adorable créature au corps polymorphe avide de rejoindre l’espace, son ultime lieu de résidence.

Un premier roman fantastique foisonnant, doublé d’une sorte de thriller écologique et saupoudré d‘humour à conseiller aussi bien aux amateurs qu’aux non familiers du genre.

Voir la bande-annonce de Bloc K d’Isabelle Frag aux éditions Edilivre- YouTube

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26/06/2014

Mondial: cette France qui ne porte pas trop l'Helvétie dans son coeur...

images[8].jpgOn prétend volontiers qu'on aime se détester des deux côtés de la frontière. Une litote. Car s’il fallait des preuves que nos chers voisins ne nous vouent décidément pas une affection démesurée, le Mondial brésilien ne cesse de nous en fournir. Certes les Suisses les ont pas mal allumés avant le match opposant les deux nations à Salvador de Bahia, avec des provocations bêtes du genre plumez-nous ce coq…

D’où l’intense jouissance des Bleus après la déculottée cinglante infligée aux Rouges. Et dont leurs compatriotes journalistes, ne se contentant pas de déclarations aussi assassines que moqueuses à connotation bancaire jubilatoire, se délectaient encore davantage en relayant une digestion nauséeuse et une désolation médiatique à la suite du naufrage pitoyable de cette malheureuse et impuissante Nati, alors en équilibre instable au bord du précipice.

S’y mettait aussi un Gaël Monfils, ravi d’en «serrer cinq» à chaque Suisse croisé dans les allées de Wimbledon. Et de le clamer urbi et orbi. Par charité chrétienne, je n’insisterai pas trop sur sa cuisante défaite chez Sa Majesté en… cinq sets contre Vesely, Tchèque de 20 ans 68e au classement. Un second tour pareillement fatal à Richard Gasquet, s’inclinant sur le même score face au jeune Australien Kyrgios, pointant lui au 144è rang et au  bénéfice d'une wild card. De quoi leur en serrer dix!

Mais revenons-en aux flamboyants footeux tricolores. Pour eux, il était assez évident que les fils de Tell auraient du mal à se relever de ce dramatique revers. D'où une nette tendance à la présomption, prenant les Equatoriens de haut en alignant quelques seconds couteaux. Résultat, ils se sont montrés minables face à de fougueux adversaires pourtant réduits à dix.

Inutile de préciser que la France muette sur le terrain n’a pas été beaucoup plus bavarde en-dehors pour commenter ce nul infiniment laborieux. Passant également comme chat sur braise sur le triplé de Shaqiri, qui a au contraire évidemment donné l’occasion à toute la presse suisse d’adorer follement ce qu’elle avait sauvagement brûlé.

En revanche je me méfierais comme de la peste de l’analyse particulièrement particulièrement flatteuse des quotidiens argentins, se disant impressionnés et prétendant craindre la bande d'Hitzfeld en évoquant surtout le pied gauche magique de l’épouvantail Xherdan. Ce qui lui vaut le surnom de «Messi suisse». Si ce n’est pas de l’intox!

 

 

 


 

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25/06/2014

Cinéma: "Les brasiers de la colère", thriller noir et violent

imagesCABQERYB.jpgDescente aux enfers dans le cadre d’une minable banlieue ouvrière américaine pour Russell Baze et son jeune frère Rodney. Le premier travaille à l’usine de leur père, tandis que le second, qui a préféré s’engager en Irak, revient de quatre missions éprouvantes pour la tête et le corps. 

Suite à un tragique accident de voiture, Russell est condamné à la prison et Rodney tente de survivre financièrement en pariant aux courses, et en jouant dangereusement avec son intégrité physique dans de terribles combats de boxe qui n’ont pas grand-chose à voir avec le noble art.

Lessivé, dans la dèche, sa seule ressource est de se tourner vers Harlan DeGroat, redoutable et pervers gangster sociopathe. A sa libération, Russell veut sortir son cadet des griffes de l'affreux truand et de sa bande d'esclaves dégénérés. Mais Rodney disparaît et son aîné se lance dans une chasse à l'homme au péril de sa vie pour le retrouver. 

Avec Les brasiers de la colère, le réalisateur Scott Cooper, qui avait connu un beau succès en 2009 grâce à son premier long-métrage Crazy Heart où Jeff Bridges se glisse dans la peau d’un vieux chanteur country en proie à ses démons, se penche sur la misère sociale de gens désespérés dans une ville minière sinistrée à l'ambiance poisseuse.

Cette plongée dans les eaux glauques d'une Amérique profonde en crise se laisse voir en dépit de son scénario sans grande originalité, et où la noirceur absolue le dispute à une extrême violence. On reprochera d’ailleurs à l’auteur quelques scènes aussi complaisamment démonstratives que contre-productives.

A saluer en revanche la bonne interprétation de Christian Bale et de Casey Affleck. Un bémol en ce qui concerne celle de Woody Harrelson, dont le jeu outrancier et le visage grimaçant frisent parfois la caricature. Quant à Forest Whitaker, il se contente de faire de la figuration dans son rôle de flic tentant d’arranger les bidons. 

Film à l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 25 juin.


 

 


 

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24/06/2014

Cinéma: "Le conte de la princesse Kaguya", un bijou d'animation

images[9].jpgProduit par les studios Ghibli, Le conte de la princesse Kaguya d’Isao Takahata est adapté d’une célèbre légende japonaise du Xe siècle. Il raconte l’histoire d’une minuscule fillette découverte dans une tige de bambou par un pauvre paysan japonais qui la ramène à la maison et l’élève avec sa femme.

A la faveur d’une croissance extraordinairement rapide, le bébé devient une superbe jeune femme qui aime se promener dans la nature et jouer avec les enfants du coin. Mais ses parents adoptifs, ayant trouvé un trésor dans une autre tige de bambou, décident de l’emmener vivre dans la capitale où la simple réputation de sa beauté lui vaut la convoitise de tous les nobles. 

Ils vont tenter de relever d’incroyables ou impossibles défis pur lui plaire. Même l’empereur subjugué envisage d’en faire une de ses épouses. Mais la princesse Kaguya n’appartient pas au monde terrestre et son destin lui fera bientôt rejoindre la lune d’où elle était venue.

Quatorze ans après Mes voisins les Yamada, Isao Takahata, propose un bijou d’animation traditionnellement tourné en deux dimensions, qui nous change des effets spéciaux en 3D souvent lourds et répétitifs des grosses machines américaines.

Outre l’intérêt écolo-cosmique du contenu qui va bien au-delà de l’historiette d’une belle princesse éconduisant ses soupirants, le réalisateur livre ainsi un petit chef d’œuvre visuel dont la beauté, la subtilité et la finesse du dessin rappellent celui, également magnifique de son compère Hayao Miyazaki, qui a récemment réalisé Le vent se lève. A voir absolument.

Film à l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 25 juin.

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Cinéma: "On a failli être amies", avec Karin Viard et Emmanuelle Devos

images[5].jpgUn duo féminin en tête d’affiche, ce n’est pas fréquent au cinéma. C’est l’une des particularités du quatrième film de la Française Anne Le Ny, On a failli être amies, qui a de plus réuni deux comédiennes n’ayant jamais joué ensemble, Karin Viard et Emmanuelle Devos (photo).

La première, Marithé, travaille dans un centre orléanais de formation pour adultes qu’elle aide à se reconvertir en évoluant leur potentiel respectif. Divorcée, mère d’un grand fils, elle ne se pose pas trop de questions sur elle-même. Jusqu’au jour où débarque dans un groupe d’ouvrières au chômage Carole, une bourgeoise insatisfaite qui manifeste son désir de changer de métier et de vie.

Une relation étrange et complexe

Touchée, Marithé décide de faire le maximum pour elle. D’autant qu’en la croisant par hasard en dehors du centre, elle la découvre dans un restaurant de luxe à la campagne, où elle travaille dans l’ombre de son mari. Sam est non seulement un chef étoilé réputé mais un bel homme qui attire  autant par sa virilité que par l’excellence de sa cuisine. Des qualités auxquelles Marithé n’est pas insensible et qui la poussent à s’investir encore davantage dans le coaching de Carole…


On a failli être amies ne nous emmène pourtant pas dans un banal ménage à trois, mais dans une relation étrange, ambiguë, complexe entre deux femmes qui se fascinent, s’envient  mutuellement et dont l‘une va prendre pour ainsi dire naturellement la place de l’autre. A contre-emploi. Karine Viard et Emmanuelle Devos se complètent parfaitement dans cette quasi amitié à laquelle Roschdy Zem apporte une forme d'érotisme. 

images[9].jpgLa réalisatrice et actrice Anne Le Ny, récemment de passage à Genève, nous parle de cette comédie romanesque au traitement original, où le burlesque et l'humour font  irruption dans le dramatique. 

-Deux mots d’abord sur vos comédiennes. Vous avez spécialement écrit pour elles.

-Oui. Elles ont déjà chacune joué dans un de mes films et figurent parmi les meilleures de la profession. Nous travaillons bien ensemble, nous avons la même approche. Elles ont en outre une palette de jeu incroyable et une vraie réflexion sur leur personnage. Elles éprouvent une admiration réciproque et se sont tout de suite trouvées.

-Comme son titre l‘indique, le film évoque leur amitié possible. Mais il raconte aussi les rapports de vos héros au travail.

-Effectivement, c’était l’idée de départ pour tirer d’autres fils. Elle m’est venue en discutant avec mon assistante monteuse qui avait fait le même job que Karine Viard dans l’histoire. Je ne connaissais pas du tout ce métier. C’est ce qui m’a intéressé dans la mesure où au cinéma on préfère en général des professions plus glamour.

-Vous êtes quand même tendance en choisissant un chef étoilé comme troisième protagoniste principal.

-J’aime manger et la cuisine a un côté sensuel. Cela me permet de montrer une séduction un peu plus raffinée avant d’aller frontalement vers la sexualité. Par ailleurs je voulais un métier qui se pratique en couple.

-Roschdy Zem dans le rôle, c’est inédit pour lui.

-C’est vrai qu’on a peu l’habitude de le voir sans flingue! D’ailleurs, je n’y ai pas tout de suite pensé  pour cette profession si emblématique de la France. En même temps je voulais un film très français porté par l’immigration.  Donc il a fini par s’imposer. 

-Il apparaît très crédible. Il a dû beaucoup s’entraîner.

-Il a bien mis la main à la pâte, notamment chez lui pour s'exercer. Mais il a surtout pu compter sur l’appui de Jean Imbert  (réd: l’un des gagnants de l’émission Top Chef) à qui j’ai fait appel comme conseiller culinaire, qui a conçu tous les pats et lui a montré la bonne gestuelle en cuisine.

-Vous apparaissez dans le film. Comme dans les précédents d’ailleurs.

-J’y ai même une part plus importante. Mais pour ne rien vous cacher, je trouve plus agréable de jouer chez mes confrères réalisateurs. Ils sont beaucoup plus gentils avec moi… que moi.

Film à l'affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 25 juin. 

 



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21/06/2014

Mondial: Rouges de honte... mais heureusement que le ridicule ne tue pas!

imagesCADU0PQ6.jpgTout ça pour ça, comme dirait Lelouch! Ces plans qu’ils nous tiraient sur la comète des deux côtés de la frontière depuis dimanche dernier, je ne vous dis pas. La marche du monde dépendait carrément de ce duel franco-suisse "équilibré". 

En même temps on ne cessait de nous répéter, enfin surtout Massimo Lorenzi: ce n’est que du foot. Vraiment à se demander ce qu’on aurait raconté si ce n’eût pas été une simple histoire de crampon!

Particulièrement malvenues évidemment vu le naufrage helvétique quasi historique, les analyses folkloriques des commentateurs (tous y allaient de leurs clés et de leurs solutions miracles) et de leur cohorte d’experts. Tentant tous de nous prouver à quel point nos footeux étaient redoutables et que les Français avaient intérêt à se méfier. D’autant plus avec le formidable courage qu’ils avaient montré en ne lâchant rien jusqu’à la fin de la rencontre contre l’Equateur.

De leur côté, les Bleus s’amusaient à jouer l’intox, notamment le matois Didier Deschamps qui, tout en affirmant qu’il fallait prendre au sérieux un adversaire de grande qualité, numéro six au classement Fifa (!), avait parfaitement compris à qui il avait affaire, puisqu’il avait décidé d'aligner la même équipe que contre la Jamaïque récemment écrasée 8-0 par ses ouailles en match amical.

Voilà pourtant qui n’empêchait pas Alexandre Comisetti, n’y pigeant que dalle, de s’étonner de ces changements bizarres, estimant qu’ils étaient bons pour nos footeux. L’occasion d'ailleurs de leur tresser des couronnes. Je trouve l’équipe suisse extraordinaire, de petite elle est devenue grande, psalmodiait-il.

Et Leonard Thurre d’en rajouter, insistant sur le fait que les Helvètes n’ayant désormais aucune pression, pouvaient gagner pratiquement les doigts dans le nez. Sans oublier le grotesque titre du Blick, selon lequel les Rouges allaient flanquer une correction aux Bleus. Bref, heureusement que le ridicule ne tue pas. Car après cette humiliante fessée de l'EDF, on risque pire. Enfin pareil qu’en Afrique du Sud il y a quatre ans. L'élimination au premier tour donc.

Mais en attendant l'affrontement de tous les dangers contre le Honduras, j'ai d'autres soucis. Avec l'Espagne et l'Angleterre out, le Portugal à la ramasse, le Brésil et l'Italie pas au mieux, je commence à avoir quelques frissons d'angoisse. Eh oui, en imaginant les Tricolores en finale!!!  Pourquoi pas contre l’Allemagne? Ce qui serait une bénédiction en l’occurrence. Car selon la fameuse boutade, le foot est un sport qui se joue à onze contre onze mais à la fin c’est toujours l’Allemagne qui gagne…

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18/06/2014

Cinéma: "The Other Woman", calamiteuse vengeance de trois blondes

images[3].jpgDécouvrant que son petit ami Marc n’est qu’un sale menteur accro au sexe lorsqu’elle rencontre par hasard sa femme Kate, Carly éprouve une forme d’amitié pour elle. Et réciproquement.

Leurs liens se renforcent en réalisent que l‘impénitent coureur de jupons les trompe avec Amber, une sculpturale bimbo. Celle-ci se sent à son tour trahie et le trio outragé mijote alors un plan pour pourrir la vie de ce lamentable individu.

Trois blondes bafouées (Cameron Diaz, Leslie Mann et l’explosive ex-top Kate Upton) qui oublient leur rivalité amoureuse et misent sur la solidarité féminine pour se venger d‘un Don Juan de pacotille (Nicolaj Coster-Waldau), l'idée se révèle a priori plutôt plaisante.

Mais c’est hélas tout ce qu’il y a à retenir de The Other Woman (Triple Alliance), calamiteux navet surfant sur une prétendue et minable guerre des sexes, où le girl power, à la mode ces temps sur grand écran des deux côtés de l’Atlantique, est censé l’emporter. 

Mais qu’il s’agisse de l’hexagonal Sous les jupes des filles ou de l'américain The Other Woman, le gras et le lourd dominent. Plus encore dans le second, signé Nick Cassavetes, où tout se joue en-dessous de la ceinture, entre le pas drôle, les gags vulgaires et l'humour scato, humain ou canin, saupoudré de vomi. Du sale en pagaille à déguster!

Film à l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 18 juin.

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Cinéma: "Au fil d'Ariane", une fantaisie peu convaincante de Robert Guédiguian

images[5].jpgOuverture intrigante sur un décor numérique blanc et aseptisé évoquant une maquette d’architecte. Puis la caméra nous laisse pénétrer dans le bel appartement moderne d’une banlieue marseillaise, où on découvre Ariane, pétillante mère de famille quinqua, en train d’allumer les bougies d’un gâteau.

Elle a l'air heureuse. Avant de recevoir des coups de fil de ses proches et de ses amis qui lui souhaitent un bon anniversaire, mais regrettent de ne pouvoir le fêter avec elle.

Alors Ariane souffle les bougies. Mais surmontant vite sa déception, elle prend sa petite voiture et roule vers le port. Engorgement des voitures, des passagers qui trompent l’attente en sortant de leur véhicule pour danser au son d’un morceau de raï diffusé par la radio..,

Dans la file, Ariane fait connaissance avec un jeune homme qui l’emmène sur sa Vespa, vers un charmant  bouchon des calanques, tenu par un fan de Jean Ferrat. C'est dans ce décor et ses environs que  l’intrigue va se dérouler et Ariane se consoler de sa solitude au contact d’une communauté plus ou moins farfelue.

Cette fantaisie comme il l’appelle lui-même, est le 18e film de Robert Guédiguian, tout entier dédié à sa femme, son égérie Ariane Ascaride avec qui il collabore depuis 34 ans. On y retrouve aussi les fidèles de sa famille de cinéma, dont évidemment Gérard Meylan (photo), ici en patron de bar, Jean-Pierre Darroussin en chauffeur de taxi mélomane et improbable metteur en scène, ou encore Jacques Boudet qui se rend pour un Américain et se pique de philosophie.

Mais voilà qui ne suffit pas à emballer l'affaire dans cette échappée aux vagues accents felliniens, ou flirtant avec l’univers de Kaurismäki. Alors qu’il se veut léger, comique, onirique, poétique, l'opus n’atteint pas souvent son but. En dépit de quelques scènes amusantes, on perd le fil dans cette chronique inhabituelle chez le cinéaste, qui se regarde avec un certain ennui.

Film à l'affiche dans les salles de Suisse romande dès le 18 juin
 

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Cinéma: "The Two Faces Of January", un polar noir sous le soleil de Grèce

The-Two-Faces-of-January[1].jpgScénariste oscarisé pour Les ailes de la colombe, accédant définitivement à la notoriété avec Drive, réalisé par Nicolas Winding Refn, le Britannique d’origine iranienne Hossein Amini a décidé de passer derrière la caméra en adaptant à l’écran The Two Faces Of January, le roman de Patricia Highsmith.

L’intrigue de ce film noir réunissant Viggo Mortensen, Kirsten Dunst (photo) et Oscar Isaac (découvert dans Inside Llewyn Davis des frères Coen), se déroule en 1962 sous le soleil de Grèce.

Débarqués en touristes à Athènes, le charismatique Américain Chester MacFarland et sa jolie femme Colette rencontrent à l’Acropole Rydal, un jeune compatriote travaillant comme guide et arnaqueur à ses heures. Le trouvant fort sympathique, le couple l’invite à dîner, ce que Rydal accepte, aussi séduit par la femme qu’impressionné par le mari.

Mais les MacFarland, en dépit du raffinement et du luxueux train de vie qu’ils affichent ne sont évidemment pas tout à fait ce qu’ils prétendent être. Hossein Amini livre ainsi un thriller classique à la Hitchcock, où il réussit à maintenir le suspense tout au long d’une intrigue certes prévisible mais assez bien ficelée, aux multiples rebondissements destinés à faire tomber les masques.

On reprochera toutefois à cet opus à l’ancienne un petit manque de rythme. Et si l’auteur joue à fond la carte du mystère entourant ses personnages, ceux-ci auraient gagné à être un peu plus creusés, notamment celui de Colette, carrément abandonné en route. En revanche, on aime l'élégance et le soin mis à la reconstitution d’époque, qui fait honneur à l'univers de Patricia Highsmith. 

Film à l’affiche dans les salles romandes dès mercredi 18 juin.

 

 

 
 

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17/06/2014

Cinéma: avec "Jersey Boys", Clint Eastwood revisite la comédie musicale

jersey_boys_a[1].jpgQuand Clint Eastwood s’empare d’un sujet musical, c’est plutôt réussi. Il suffit de penser à Honkytonk Man (1982), évoquant la galère d’un chanteur country ou le célèbre Bird (1988) pour s’en convaincre. Rien d’étonnant donc à ce que le réalisateur mélomane s’intéresse à la comédie musicale. En 2011, il mijotait un remake du célèbre film de George Cukor Une étoile est née, avec Judy Garland et James Mason, sorti en 1954, mais le projet était tombé à l’eau.

Beyoncé qui devait en être la vedette  s’était en effet désistée pour cause, paraît-il, d’horaire trop chargé. Le grand réalisateur s’est donc attaqué à l’adaptation de Jersey Boys, la comédie musicale homonyme à succès créée en 2005 à Broadway. Restée depuis lors à l’affiche, elle a aussi fait un tabac dans le monde entier.
 
Le film raconte l’histoire du groupe pop rock mythique des sixties The Four Seasons, formé de quatre garçons italo-américains du New Jersey issus d’un milieu modeste: Frankie Valli (baryton à la voix de fausset), Bob Gaudio (le créatif coauteur avec le producteur Bob Crewe de nombreux titres), Tommy De Vito et Nick Massi.

Plus doués pour la musique que pour le crime...

Voyous mais pas trop, ils étaient heureusement plus doués pour la musique que pour le crime. Machines à hits, ils ont réussi pendant quelque temps, avec les Beach Boys, à tenir la dragée haute aux Etats-Unis à la déferlante Beatles et Rolling Stones.

Clint Eastwood nous emmène sur les traces du quartet dont on suit la formation, l’apprentissage, l’ascension et le déclin dans une construction où, à tour de rôle, comme dans la pièce, chacun des garçons s’adresse directement à la caméra pour donner sa propre vision des événements. Sans en cacher les côtés scabreux,  séjours en prisons ou accointances avec la mafia.

Montrant plus particulièrement la façon dont le groupe affecte les individus dans cette biographie collective, le cinéaste insiste sur les rapports houleux en coulisse, les conflits générés par des problèmes d’argent, familiaux, la jalousie, la rivalité, la trahison, la mesquinerie, les frustrations ou une cohabitation difficile. Des clashes à répétition qui finiront par faire exploser inévitablement la petite communauté à la fin d’une décennie de rêve. 

jersey-boys-movie-clint-eastwood-xbbq3ii0[1].jpgPas de stars, mais des acteurs de théâtre

Le réalisateur n’a pas voulu de stars hollywoodiennes pour interpréter les quatre chanteurs-musiciens-auteurs-interprètes, mais des acteurs de théâtre qui se révèlent parfaits. A l’image de John Lloyd Young qui a créé le rôle de Frankie Valli à Broadway, Michael Lamenda (Nick Massi) Vincent Piazza (Tommy DeVito) et Erich Bergen (Bob Gaudio). En revanche le cinéaste a fait appel à l’irrésistible Christopher Walken, ui campe avec bonheur un narquois parrain mafieux.

A cela s’ajoutent des dialogues ciselés et une bande son impeccable composée de tubes impérissables:  Sherry, Walk Like A Man, Big Girls Don’t  Cry, December 1963 (Oh What A Night), Can’t Take My Eyes Off You... Au final un long-métrage à la fois jubilatoire, nostalgique et émouvant de plus de deux heures, qui passent comme un éclair. (Photos: Erich Bergen, John Lloyd Young Michael Lomenda, Vincent Piazza).

Film à l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 18 juin.


 

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16/06/2014

Mondial: colosses d'opérette, Suisses et Français s'attendent de pied ferme...

imagesCAUIU91Z.jpgChez eux, ça transpirait la sérénité. De Fernandez à Shaqiri en passant par Lichsteiner, Senderos ou Pont, ils se tapaient sur le ventre. Avec quelques maîtres mots du genre investissement et concentration.

Pas de dilution à l’image de 2010. On joue la carte de l’union sacrée. Même Ottmar Hitzfeld, d’ordinaire peu enclin à l’enthousiasme, allait jusqu'à avouer qu’il les sentait bien, ces Suisses.

On est là pour prendre du plaisir à souffrir ensemble, plaisantaient-ils encore, assez certains que cette entrée en matière ne serait en somme qu’une formalité. Mais évidemment, c’était avant de se frotter aux Equatoriens. En tout cas, une chose est sûre, les Helvètes ont souffert. Mais qu’ils y aient raiment pris du plaisir, c’est une autre question. A moins d'être complètement masos.

Toujours est-il que grâce à cette maigre victoire arrachée in extremis, ils ont le droit, comme aiment dire  les commentateurs sportifs, de rêver à un exploit vendredi contre les Français. Problème, ces derniers ayant mis à la malédiction en remportant un premier match de Coupe du monde après 16 ans, il leur pousse des ailes. 

imagesCAT8ZWJ3.jpgEspoir pourtant, vu qu'ils l’ont gagné 3-0, envoyant du coup au nirvana leurs compatriotes à l’imagination débordante.  S’époumonant dans des Marseillaise à répétition, ils hument déjà un parfum de finale façon 1998

Il est vrai que le succès par les poils d’une Nati à coté de ses pompes pendant une mi-temps a de quoi réjouir follement l’EDF, qui n’a pas connu la désastreuse panne de jus de leurs futurs adversaires. Logique, me rétorquerez-vous, face à des Honduriens bout de bois.

Cela n'empêche pas les médias hexagonaux de les porter aux nues, tout en relevant avec une satisfaction non dissimulée les lacunes béantes des Rouges. Résumées en substance sur Eurosport par «cette Suisse-là n’inquiètera pas les Bleus».

Sauf qu’elle sera très différente menacent les fils de Tell blessés dans leur orgueil et prêts à transpercer le cœur des prétentieux de leurs flèches empoisonnées. Bref, de chaque côté on s’attend de pied ferme. Reste à savoir chez lequel de nos deux colosses d’opérette il se transformera en argile.

P.S.- Je ne sais pas si vous suivez le club du Mondial sur la RTS, animé par Massimo Lorenzi et Laurent Bastardoz. Au menu de chaque soir une séquence "humour" où se produisent, comme en 2010, les frères Bugnon, alias Jacky et Roger. Je ne m’étendrai pas sur leurs numéros calamiteux, mais je me demande bien pourquoi, à l’instar de plusieurs comiques romands, ils se croient obligés de prendre un ridicule accent vaudois que même les Vaudois trouvent épouvantable.

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13/06/2014

Echecs de Federer face à ceux de Nadal ou Murray: deux poids deux mesures

1255230-27096142-1600-900[1].jpgAlors que le Mondial vient de commencer avec déjà un scandale arbitral en faveur de la Seleçao qui a évidemment provoqué une grosse colère dans la presse croate, j’imagine que deux petits tournois de préparation à Wimbledon ne passionnent pas franchement les foules.

Je ne peux toutefois m’empêcher de revenir brièvement sur la journée de jeudi au Queens et à Halle, qui, juste en passant, a donc vu la disparition de tous les Tricolores engagés dans l’un ou l’autre. 

Mais là n’est pas vraiment la question dans la mesure où il n’y a rien de bien étonnant dans cette débâcle. Plus surprenant est le naufrage de Nadal, atomisé par le Germano-Jamaïcain Dustin Brown, 85e à l'ATP, et qui a dompté le pitbull à coups d’amorties et de lobs dévastateurs.

Comme on pouvait s’en douter, le nonuple vainqueur de Roland Garros quatre jours avant de disputer son premier tour au Gerry Weber Open a pu compter sur l'indulgence infinie des experts de la raquette. Ils n’ont en effet vu qu’un légitime coup de fatigue dans l’incapacité de l’Espagnol à offrir la moindre résistance à son impitoyable bourreau du jour, aussi sexy qu'époustouflant.

A l‘image d’Andy Murray, tenant du titre  au Queens, pareillement sonné par le Tchèque Radek Stepanek en forme olympique. Un revers cuisant qui a poussé la majorité des spécialistes à en déduire logiquement que la collaboration de la belette écossaise avec Amélie Mauresmo ne débutait pas sous les meilleurs auspices.

A part évidemment les Français. Figurez-vous que Jean-Paul Loth est allé jusqu’à prétendre que la déculottée de l’Ecossais était une «bonne défaite». Ajoutant que c’était même mieux pour lui de perdre ce match. Amélie et Andy pourront ainsi mettre le doigt sur ce qui ne va pas et aborder le Grand Chelem britannique de façon aussi sereine que constructive, a-t-il déclaré en substance.

Non mais de qui se moque-t-il ce brave homme, suivi comme son ombre dans son analyse folklorique par ses confrères? Qui ne se gênent en revanche pas pour déclarer d'un ton méprisant que Federer est un pépé bon pour la casse quand il a le malheur de s'incliner avant la finale. Sinon en finale, vu que ses échecs sont rarement aussi précoces que ceux que je viens de citer. Surtout dans de telles épreuves de campagne. Bref, on ne fait pas mieux dans le genre deux poids deux mesures.

A propos de Murray, il y a pire. Les pontes de Wimbledon ont paraît-il décidé de déclasser Wawrinka au profit de leur compatriote, sous le fallacieux prétexte que les résultats du Vaudois laissaient à désirer ces derniers temps. Côté esclandre, cela vaut bien celui du ballon rond. En tout cas une chose est sûre, la perfidie n’est pas un vain mot au royaume d’Albion.   
 

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10/06/2014

Roland Garros: où le pathétique hexagonal ne va-t-il pas se loger!

benneteau-erv-rg_w484[1].jpgJe ne sais pas si vous vous en souvenez, Rafaël Nadal a gagné pour la neuvième fois Roland Garros. Fantastique, inouï, dingue, incroyable, inimaginable, fabuleux, génial, extraterrestre, bref historique. Sinon stupéfiant…

De quoi hélas enfoncer un peu plus douloureusement le clou pour l’insatiable Ibère et donner des sueurs froides à la légende qui voit son rival se rapprocher très dangereusement de son record de 17 Grands Chelems. Tempête sous un crâne pour le pauvre Rodgeur!

Certes, l'affrontement entre les deux premiers mondiaux ne ne fut pas d’une tenue exceptionnelle, principalement en raison d’un Djokovic au bout du rouleau, Dracula exsangue vampirisé par l’ocre de l’ocre. Il n’empêche, je trouve que la TV française est restée quasiment de marbre face à l'incommensurable exploit du pitbull espagnol accroché à son sacre telle une moule à son rocher.

Car elle avait une prouesse autrement plus importante à faire partager à ses compatriotes. Eh oui, j’hallucine. Alors que les chaînes n’ont jamais, ou en tout cas très rarement passé un match de double Porte d’Auteuil, France 2 et Eurosport nous ont non seulement diffusé en direct la finale remportée par le tandem hexagonal Roger-Vasselin-Benneteau mais, depuis dimanche, Eurosport nous la refourgue à toute occasion.

Un petit creux dans une émission et hop revoilà les Bleus à l’œuvre face à la paire Lopez-Granollers. Avec en prime le public et le président de la Fédération française de tennis entonnant en choeur la Marseillaise dans un formidable élan de patriotisme exacerbé.

D’accord, cela faisait 30 ans et la victoire du duo Noah-Leconte que les Tricolores se cassaient les dents sur l’épreuve. Mais quand même, à voir nos chers voisins se gargariser à ce point d’une performance relativement mineure, devenue par exemple d’une rare banalité chez les frères Bryan, je ne peux m’empêcher de me dire: où le pathétique ne va-t-il pas se loger!

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Cinéma: "La Ritournelle" avec Isabelle Huppert à la ferme...

1429842-image-du-film-la-ritournelle-950x0-1[1].jpgA l’image de Catherine Deneuve, Isabelle Huppert est un monument ou plutôt, vu le sujet en l’occurrence, une vache sacrée du cinéma français dont il est fort malvenu de discuter les choix. Pratiquement tous sont validés, sinon encensés par une grande partie de la critique hexagonale. On n’est pas loin de lui donner raison, la seule présence de la comédienne suffisant la plupart du temps à relever le niveau d’un film.

Par ailleurs il est vrai qu’elle aime surprendre dans des rôles à contre-emploi. Là toutefois c’est gros. Sinon grossier. On  se permettra donc d’émettre quelques doutes, un euphémisme, sur sa crédibilité en la voyant jouer Isabelle à la ferme en compagnie de Jean-Pierre Darroussin et caressant, façon Chirac au Salon de l’Agriculture, le cul de Ben-Hur, puissant bœuf de concours qui leur permettra de gagner de nouveaux lauriers…

Car oui, figurez-vous qu'elle dans le rôle de Brigitte et lui dans celui de Xavier, sont éleveurs en Normandie. Mais la routine s’est installée. Après des années passées ensemble au côté des bovins et contrairement à Xavier, Brigitte s’ennuie et rêve d’autre chose. Lors d’une fête de jeunes dans la maison voisine, elle flirte avec un beau gosse à peine plus vieux que son fils (le sexy Pio Marmaï, chéri des dames mûres au cinéma) et, sous prétexte de consulter un dermatologue pour soigner un eczéma rebelle, part le retrouver à Paris.

Pour Brigitte, la toquade s’arrêtera là. En revanche elle tombe sous le charme d’un séduisant dentiste danois (Michael Nyqvist, le héros de Millénium) d’un âge plus conforme, rencontré dans le palace ou elle a réservé une chambre. Attention, danger. Et pas seulement à la faveur d’un petit tour sur la grande roue.

Ressentant le péril dans ses tripes, Xavier tout à coup envahi par le soupçon et la crainte de la perdre, s’est lancé sur les traces de l’infidèle fofolle. Angoisse, tous deux vont-ils se retrouver? Mieux se réinventer? Idée, il va l’emmener batifoler dans la boue de la mer Morte…

La Ritournelle, chronique domestique hyper convenue sur les aléas du couple et l’érosion des sentiments, est signée Marc Fitoussi qui se laisse aller à quelques clins d’œil osés. A La femme du boulanger avec Jean-Pierre Darroussin jouant son Raimu en s’adressant à sa vache Bora-Bora, qui a remplacé Pomponnette la chatte fugueuse, ou encore à Madame Bovary. Malheureusement, sans le talent de Pagnol et de Chabrol, cette comédie romantique rurale sans queue ni tête qui se prétend légère, fantaisiste et loufoque, vire le plus souvent au ridicule.

Film à l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 11 juin. 

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Cinéma: dans "Bird People", Pascale Ferran surfe sur le fantastique avec son drôle de moineau

535669f590eb2[1].jpgIl y a 20 ans, elle décrochait la Caméra d’Or grâce à  Petits arrangements avec les morts. Ce qui ne l’a pourtant pas incitée à se montrer prolifique.

Depuis Lady Chatterley, son troisième long-métrage adapté de la deuxième version du célèbre roman de D.H. Lawrence et sorti en 2006, on n’avait pas revu Pascale Ferran sur grand écran. La réalisatrice française revient enfin avec Bird People, sélectionné au dernier Festival de Cannes dans la section Un Certain Regard.

Son dernier-né se déroule dans la région parisienne. En transit dans un hôtel international proche de Roissy, un ingénieur en informatique soumis à de lourdes pressions professionnelles et privées, décide de changer radicalement de vie. Ce qui nous vaut notamment une scène de rupture peu banale par skype. De son côté, une jeune femme de chambre de l’établissement, étudiante sur les bords, voit son existence basculer à la suite d’un événement pour le moins bizarre.
 
Singulier, ce nouvel opus en forme de conte métaphorique se révèle aussi très différent des œuvres précédentes de Pascale Ferran. Il mêle finesse psychologique et ambition formelle dans une tentative de décrire le monde actuel avec le ras-le-bol, les espoirs et les rêves de chacun. A un environnement social symbolisé par toutes sortes de gens de passage ou qui travaillent dans la zone aéroportuaire, la talentueuse cinéaste ajoute la grâce, l’humour, l’originalité, la poésie, le surnaturel.
 
Surfant sur cette note fantastique, elle nous emmène à la suite d’un drôle de moineau avide de découvertes avec quelques fausses pistes à la clé. Mais apparemment fascinée par les remarquables aptitudes de l’oiseau, la réalisatrice a tendance à traîner en longueur dans la seconde partie du film. Elle commet aussi l’erreur de rompre avec l’unité de lieu et d’action en permettant au passereau de s’aventurer hors de l’aéroport pour quelques séquences et images d’un intérêt mineur.
 
Mais voilà qui ne nuit heureusement pas à la réussite de Bird People, à laquelle contribuent largement Anaïs Demoustier (photo) et Josh Charles (l’acteur de la série In Treatment). Principaux protagonistes, ils finissent par se croiser, laissant un dénouement ouvert dans une intrigue qui voit aussi la participation de Roschdy Zem et Mathieu Amalric. Ainsi que celle de deux célébrités issues de La Nouvelle Star. Camelia Jordana signe son deuxième rôle au cinéma tandis que Julien Doré réinterprète La Javanaise de Serge Gainsbourg pour les besoins de l’intrigue.

Film à l'affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 11 juin.

 

 

 

 

 

 

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04/06/2014

Cinéma: "Sous les jupes des filles", avec un "onze" qui se veut explosif...

allez-vous-vous-laisser-tenter[1].jpgUn film de femmes, pour des femmes, joué par des femmes et réalisé par une femme, cela ne présageait rien de franchement très bon. Et c’est le cas même si le premier long-métrage d’Audrey Dana, se situe au-dessus des affligeantes comédies hexagonales vues ces derniers temps.

Il faut dire que ce n’est pas très difficile lorsqu’on considère des calamités récentes comme Avis de mistral, Fiston, Situation amoureuse c’est compliqué, Une rencontre, Barbecue. Ou encore Qu’est-ce qu’on a fait au bon Dieu? dont il faut reconnaître (hélas) l’énorme succès. 

Pour son opus choral, l’égérie de Claude Lelouch qui œuvre aussi devant la caméra a convoqué le top ten des actrices françaises. A savoir Isabelle Adjani, Laetitia  Casta, Vanessa Paradis, Marina Hands, Géraldine Nakache, Sylvie Testud, Alice Taglioni, Alice Belaïdi, Audrey Fleurot et Julie Ferrier. Un "onze" qui se veut explosif, joyeux, complexe et insolent dans une comédie prétendument féministe oscillant entre le trash, le culotté, le fun et le grand n'importe quoi.

N’hésitant pas à casser leur image à l’écran, ces adeptes du girl power sont censées incarner les différentes facettes de la femme d’aujourd’hui, mère de famille en quête de piment dans l’existence,  business women régnant sur un monde d’hommes, épouse trompée pétant les plombs, lesbienne vacharde ou copine perfide. 

Audrey Dana ne manque certes pas d’énergie. Elle n'a toutefois pas toujours les moyens de son ambition en proposant ce portrait de femmes dans tous leurs états, brossé en une succession de numéros de comédiennes malheureusement trop inégaux. Carrément navrants, certains ont même tendance à plomber l’ensemble, par ailleurs beaucoup trop long pour emporter l’adhésion.

Film à l’affiche dans les salles de Suisse romande dès le 4 juin

 

 

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Cinéma: "Les drôles de poissons-chats", entre drame et comédie

Les-droles-de-poissons-chats_pics_390[1].jpgC’est l’histoire de Claudia, 22 ans, qui habite seule dans une grande ville mexicaine, trravaille dans un supemarché et se protège de tout contact social. Victime d’une crise d’appendicite, elle atterrit une nuit aux urgences où elle rencontre Martha, une quadragénaire mère de 4 enfants, atteinte d’une grave  maladie chronique.

Mais en dépit de son état critique, Martha est une grande amoureuse de la vie. Enthousiaste, optimiste, pleine d’humour, elle s’attache à Claudia et l’invite à habiter chez elle à sa sortie de l’hôpital. La jeune orpheline prend petit à petit sa place au sein d’une tribu matriarcale à l’organisation un peu chaotique. Elle renforce ses liens avec chacun de ses membres tandis que Martha, en qui elle trouve la mère qu’elle n’a jamais eue, s’affaiblit de plus en plus.

Les drôles de poissons-chats est le premier long-métrage de la Mexicaine Claudia Saint-Luce. Entre drame et comédie, elle livre une chronique familiale loin des thèmes de la corruption, de l’insécurité et de la violence qui dominent généralement dans les films de son pays. On y découvre aussi l’excellente actrice Ximena Ayala dans le rôle de Claudia.

Misant sur la sobriété et la délicatesse, évitant la mièvrerie et le pathos, ce film est un essai joliment trsnsformé. Présenté au dernier Festival de Locarno, il avait obtenu le Prix du jury des jeunes.

Film à l’affiche dans les salles romandes dès mercredi 4 juin.

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Roland Garros: Nadal se balade. Normal vu l'injustice du tirage au sort

14082607444_cbc6403b07_z[1].jpgJ’avoue que ça m’énerve. Depuis le début du tournoi, on ne cesse de louer les extraordinaires qualités de Nadal, qui pourrait donc réussir l’incommensurable exploit de remporter son neuvième Roland Garros.

Certes loin de moi l’idée saugrenue de nier ses immenses mérites. En même temps, je ne peux m’empêcher de trouver qu’on lui facilite exagérément les choses en général et en particulier cette année.

J’irais jusqu’à qualifier d'injuste, sinon de carrément scandaleux, le tirage au sort, pour autant qu’on y croie, qui lui a été réservé pour les quatre premiers tours.

Jugez plutôt: un vieux de la vieille américain qui ne pige rien à la terre battue histoire de s'échauffer en douceur, puis un débutant autrichien balbutiant, un quasi inconnu argentin à la rue et un timide ixième couteau serbe pour s’aiguiser les quenottes.

Franchement limite et surtout de quoi arriver dans un fauteuil en quarts de finale, où l’ogre de l’ocre va de surcroît rencontrer David Ferrer. Et à une ou deux exceptions près on connaît l'issue de la bataille, étant donné le gros complexe d’infériorité que nourrit l'infatigable mobylette de Valence face au pitbull de Manacor. Outre évidemment le fait que le mille-pattes évolue à la façon de son illustre compatriote, mais fait tout un poil moins bien.

Bref, vraiment pas de quoi s’extasier sur le parcours de Rafa face à des adversaires aussi faibles. Il aurait fallu qu’il joue de la main droite et la gauche attachée dans le dos, pour envisager de le voir perdre très éventuellement un set! 

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03/06/2014

Cinéma: "La chambre bleue", belle réussite de Mathieu Amalric

644734-la_chambre_bleue_5bis[1].jpgPour sa cinquième réalisation, Mathieu Amalric s’inspire du roman éponyme de Simenon, son préféré paru en 1964 et dont il a choisi de situer l’action aujourd’hui.

Derrière, mais également devant la caméra, il joue le rôle de Julien Gahyde, vendeur de machines agricoles bien dans sa vie, dans sa famille, dans son entreprise, dans sa belle maison à la campagne. Avant d’être incarcéré et interrogé dans le cadre de l’enquête judiciaire déclenchée par la mort suspecte de sa femme Delphine (Léa Drucker).

Durant sa garde à vue, Julien déboussolé évoque sa courte et torride relation adultérine avec la pharmacienne Esther Despierre (Stéphanie Cléau, la propre compagne d’Amalric à la ville), mariée à un homme dont on découvrira qu'il a été victime lui aussi d'une mort apparemment pas naturelle. 

Esther est une amie d’enfance retrouvée par hasard (magnifique rencontre le long d’une route forestière), à qui Julien a imprudemment déclaré un amour et une possibilité de vivre avec elle.  Des propos alors anodins, échangés suite aux ébats auxquels ils se livrent dans la chambre bleue de l’hôtel de la gare d’une petite ville de province. Des mots qu’on dit comme ça, sous le coup de la passion, en pensant à autre chose.

Du moins l’homme semble-t-il le croire et c’est comme cela qu’il tente de l’expliquer, tout en paraissant n'avoir pas vraiment conscience de ce qui s’est passé. Car les choses changent face aux questions des gendarmes et du juge d’instruction. «La vie est différente quand on la vit et quand on l’épluche après coup».

Finalement, c'est d'ailleurs anecdotique, rien n’est véritablement résolu dans ce film,  noir, sentimental et sulfureux, tourné en cinq semaines (un petit exploit) et dont le grand ntérêt consiste à opposer deux temps. Celui présent de l’interrogatoire froid, clinique, et celui, rétrospectif, de la réalité des faits.

Une belle réussite que cet opus au format carré et construit en flashbacks progressifs. Il confirme le talent de cinéaste de l'auteur, à laquelle participent largement les comédiens, tous excellents. A côté de Mathieu Amalric, Léa Drucker et Stéphanie Cléau, on n’oubliera pas Laurent Poitrenaux dans le rôle du juge.

Film à l'affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 4 juin

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01/06/2014

Roland Garros: Federer et Tsonga, même absence de combat!

teaserbreit[1].jpgLe maestro ne s’est donc pas qualifié une dixième fois consécutive pour le cinquième tour à Roland Garros. Histoire de se faire du bien et de se rassurer sur l’âge de ses artères, tout le monde rappelle à l'envi le record de quarante-et-un quarts en Grand Chelem qu’il partage avec Jimmy Connors.

Maigre consolation, d’autant que le pauvre Federer devra céder sa place de quatrième à Berdych si le Tchèque résiste, lui, au Letton Gulbis et passe en demi-finale. Et le Bâlois est également sous la menace de Murray. 

A part deux titres dans des tournois de campagne, il faut reconnaître que Sa Grâce a du mal à briller vraiment depuis son septième succès à Wimbledon, même si on loue son regain de forme. Du coup pas très étonnant que ce fut chronique d’une défaite prématurée annoncée, suite à son match des plus laborieux contre le Russe Tursunov, foudre de guerre d'opérette. Or du moment que Gulbis cogne non seulement plus fort mais infiniment mieux, une quelconque espérance se révélait aussi illusoire que d'imaginer une seule seconde Wawrinka en train de décrocher un nouveau sacre après Melbourne.

Bref, à l'instar de beaucoup, je ne le sentais pas du tout ce huitième de finale pour la légende. Une impression hélas largement confirmée après la pitoyable perte du second set. Car le Suisse n’en est pas à son coup d’essai en la matière. Je parle de cette manière ridicule de perdre la deuxième manche alors qu’il avait deux balles pour la remporter. Pour paumer ensuite inéluctablement le match, comme il l’avait par exemple misérablement fait lors de sa demi-finale contre Djokovic porte d’Auteuil en 2012.

Ce n’était toutefois pas la seule raison de mes certitudes en ce qui concerne le cuisant revers du Suisse. Plus ou moins à mi-parcours de ce fameux second set, l’inénarrable Marc nous gratifiait de l’une de ses déclarations saugrenues: "Je pense que Rodgeur a pris la mesure de son adversaire…" Il ne m’en a hélas pas fallu davantage pour savoir que les carottes étaient cuites!

Certes, bien que cela ne change rien à la finalité de l'exercice, elles n'étaient pas aussi carbonisées que pour Tsonga, à la rue dès l'entame des hostilités. Alors que ses compatriotes sans complexe le voyaient créer l'exploit et battre Djokovic à plate couture, sous prétexte que le Serbe avait eu un petit coup de mou dans son match précédent. Résultat, le vampire de Belgrade a impitoyablement saigné à blanc Jo-Wilfried en trois coups de cuillère à pot, en moins de 90 minutes. La vergogne, je ne vous raconte pas. Dire que c'était le choc du jour! Un choc qui tient plutôt du traumatisme... 

 

P.S.- Federer a déclaré en conférence de presse qu'il pouvait gagner Wimbledon. Il reste à souhaiter qu'il ne connaîtra pas la sortie honteuse de Wawrinka au premier tour, après avoir lui aussi clamé être capable de remporter Roland Garros! 

 

 

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