01/09/2015

Grand écran: Meryl Streep se déchaîne dans "Ricki And The Flash"

streepbar640[1].jpgJonathan Demme met en scène une Meryl Streep au mieux de sa forme. Fantasque, un rien braque, épouse frivole et maman indigne, Ricki a abandonné son mari, ses enfants et sa belle maison pour vivre son rêve de devenir une rock star. Elle se produit dans les bars de Los Angeles et, fauchée, travaille comme caissière de supermarché pour arrondir ses fins de mois.

Un jour, téléphone de son ex (Kevin Kline), qui a trouvé une autre femme pour s’occuper de lui et de ses trois rejetons qui ont bien grandi  A sa demande, elle revient au bercail avec mission d’aider sa fille (en l’occurrence Mamie Gummer, la sienne à la ville) qui traverse une période difficile. D’où un affrontement musclé entre Meryl et Mamie, qui avoue avoir pris un malin plaisir à insulter sa mère l’écran..

Car évidemment tout n’ira pas comme sur des roulettes. A l'image d’ailleurs de la deuxième partie de Ricki And The Flash. Avant de se terminer heureusement sur une jubilatoire scène de mariage propre à la réconciliation familiale, c’est en effet à partir du retour de Ricki que les choses péclotent un peu côté scénario..

Mais qu’importe. En hard rockeuse vieillissante, émotive, fantasque, désarmante avec son look cuir aussi toc que ses bijoux, l'actrice assure comme une bête aux côtés du chanteur australien Rick Springfield, Contrairement à l’avis du New York Post estimant qu'elle perd son talent dans un opus plus ou moins à la limite du calamiteux, Meryl Streep, aussi déjantée que déchaînée, prouve une fois encore qu’elle peut tout faire.

Quant à Jonathan Demme, il a concocté un musical qui, tout en misant principalement sur le divertissement, se révèle plus profond qu’il n’y paraît. Entre un brin de cynisme et un fond de satire, il livre une petite radiographie en forme d’image joyeusement critique d’une société américaine bourgeoise, ridiculement corsetée dans son conformisme et ses principes.

images[5].jpgMe, Earl And The Dying Girl

On n'en dira pas autant de Me, Earl And The Dying Girl. Signé d’Alfonso Gomez-Rejon, il raconte l'histoire d'un lycéen introverti, et d’une camarade de classe trés malade. D’une rare discrétion, Greg tente d’éviter toute relation suivie, il n’a qu’un seul ami, Earl, qu’il présente toutefois comme un collègue et avec qui.il tourne des courts métrages parodiant des classiques du cinéma.

Mais il lui est difficile de continuer à passer inaperçus quand sa mère le force à revoir Rachel, une ancienne amie de maternelle atteinte de leucémie. Si l’on excepte le détournement irrespectueusement amusant des incontournables du septième art, le réalisateur propose, sous prétexte d’autodérision, un besogneux opus tire-larmes où pratiquement rien ne nous est épargné.

On se demande quelle mouche a piqué le jury de de Sundance, qui lui a décerné son Grand Prix. Il a également décroché le Prix du public au fameux festvial américain  du cinéma indépendant qui a révélé des réalisateurs comme Jim Jarmush, Quentin Tarentino ou Joel Coen. Heureusement que les spectateurs de la Pizza Grande locarnaise où il a été projeté en août dernier, ont fait preuve de davantage de discernement.

Kristen-Stewart-Jesse-Eisenberg-American-Ultra[1].jpgAmerican Ultra

Les choses ne s’améliorent guère avec American Ultra. Dans cette comédie d’action, Mike Howell, garçon insignifiant, sans ambition et shooté au cannabis, se satisfait de sa petite vie en compagnie de sa chérie Phoebe qu’il veut épouser.

Mais tout est chamboulé lorsque ce loser découvre, à la faveur d’une bagarre où il parvient facilement à éliminer deux vilains costauds rôdant autour de sa voiture, qu’il est en réalité un agent dormant surentraîné, dont un lavage de cerveau a effacé la mémoire.

Réveillé par sa formatrice, Mike Howell se retrouve au centre d’une grosse opération gouvernementale, avec un dingue de la CIA décidé à lui faire la peau. Il devra tabler sur ses quaiités retrouvées de Superman pour s’en sortir.

Au départ, c’est plutôt une bonne idée. Mais le réalsiateur Nima Nourizadeh fait du surplace, se contentant d’un scénario paresseux, donnant dans la surenchère de castagnes  sanglantes et répétitives. A l’affiche de cette intrigue qui se veut extravagante, débridée et déjantée, mais n’est qu’inutilement tarabiscotée pour masquer son manque d’originalité, Jesse Eisenberg et Kristen Stewart. Leur présence ne suffit hélas pas à enlever le morceau.

Films à l'affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 2 septembre.

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Grand écran: "La Isla minima" plonge dans l'Espagne trouble de l'mmédiat post-franquisme

la-isla-minima-imagen-22[1].jpgDans l’immédiat post-franquisme, époque chargée de lourds secrets, deux flics sont envoyés dans une petite ville de l'Andalousie profonde, pour enquêter sur l'assassinat sauvage de deux jeunes sœurs  pendant les fêtes locales.

Tout oppose les inspecteurs représentant les deux facettes de l’Espagne d’alors. Juan, le plus âgé, est nostalgique de la dictature, à l’image d’une région insidieusement gangrénée et souhaitant son retour. Tandis que Pedro, le plus jeune, démocrate convaincu, est choqué par l’attitude conservatrice et machiste des habitants, peu enclins à la compassion envers les jeunes filles mortes.

La découverte de leurs corps violés et atrocement mutilés dans les marais lance les inspecteurs, du coup forcés de devoir surmonter leurs divergences idéologiques, sur les traces d’un tueur en série.

Car les deux adolescentes ne sont pas les seules  victimes, d’autres ayant auparavant été tuées dans les mêmes circonstances troubles, symboles de cadavres enfouis à l’ère du « totalitarisme ». Mais la loi du silence règne dans ce coin de pays restant ancré dans le passé, loin de la transition démocratique.

L'empreinte du franquisme

A l’atmosphère angoissante, glauque, fangeuse, moite, se mêlent un décor inédit, fait de marécages poisseux et d’un infernal dédale de canaux. Le contexte politico-social contribue à l’ambiguïté de ce film jouant sur différents registres.

Dans ce thriller à l’américaine, l’auteur Alberto Rodriguez montre par le biais d’une enquête policière que l’empreinte du franquisme n’a pas disparu avec le Caudillo, décédé cinq ans plus tôt, en 1975. Pedro finira par s’accommoder des stigmates restants.

Polar classique, bien interprété, scénario original, La Isla minima souffre pourtant de quelques longueurs et d’une esthétique sépia qui nuisent un peu à son efficacité, L’opus, qui a cartonné au box-office espagnol, n’en a pas moins remporté dix Goyas, équivalent ibérique des Césars.

Film à l'affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 2 septembre.

 

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26/08/2015

Grand écran: "Dheepan", de l'horreur de la guerre civile à la jungle urbaine

2048x1536-fit_dheepan-jacques-audiard[2].jpgPalme d'Or au dernier Festival de Cannes pour Dheepan, Jacques Audiard, surfant sur le problème de l'immigration et de l'intégration, raconte l'histoire de trois réfugiés tamouls qui passent de l'horreur de la guerre civile à la violence de la jungle urbaine.
 
Dheepan, c'est aussi le nom du héros, un ancien soldat tamoul. Avec Yalini, une jeune femme et Illayaal une orpheline de 9 ans, ils récupèrent les passeports de morts pour fuir le Sri Lanka. Ils ne se connaissent pas mais se font passer pour une vraie famille, suffisamment convaincante pour leur permettre de gagner l'Europe.
 
Ils se retrouvent dans une cité de la banlieue parisienne, Pendant un temps on suit ces trois réfugiés qui tentent de se construire un foyer, une nouvelle vie, après tracasseries administratives et ballotage d'un foyer d'accueil à l'autre. Tandis que Yalini s'occupe d'un vieux caïd handicapé, qu'Illayal s'est intégrée dans son école, Dheepan a décroché un boulot de gardien.
 
Il pense alors que le pire est derrière lui, Mais le quotidien de la cité est miné par le trafic de drogue, la rivalité brutale entre gangs. Et le malheureux ne va pas tarder à connaître un autre conflit en se heurtant violemment aux dealers dans cette zone de non droit sous haute tension où, laissant les gens s'entretuer, pas un seul flic ne met les pieds.
 
Virage vers le thriller
 
Une situation abusivement présentée comme  l'équivalent de la véritable guerre qu'a fuie le survivant tamoul et qui le pousse, sinon l'autorise à  rendre la justice lui-même. C'est là que le film change de trajectoire en virant vers le thriller conventionnel avec fusillades et réglements de comptes à l'appui.
 
467e511657140cbe80989bcc804803e8bc2c2d15[1].jpgFracturé ainsi entre chronique sociale, voire sociologique et polar noir, Dheepan déçoit. Et cela en dépit d'une mise en scène impeccable et l'interprétation de ses trois principaux protagonistes non professionnels, Jesuthassan Anthonythasan, un ancien émigré tamoul en France, Kalieaswari Srinivasan et Claudine Vinasithamby.
 
Ce n'est en effet pas du grand Audiard. Il lui manque cette puissance, cette ampleur qui avaient tant séduit dans Un prophète. Outre le basculement peu heureux du dernier tiers où Dheepan retrouve sa posture de combattant et ses instincts guerriers, l'épilogue idyllique, fleur bleue et attendu laisse également très songeur. Un euphémisme.

Voici qui nous donne au final une Palme d'Or pour le moins discutable. Presque en forme de lot de consolation. De luxe certes, le lot...

Film à l'affiche dans les salles de Suisse romande dès le mercredi 26 août.
 

 

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25/08/2015

Grand écran: Gaspar Noé rate son coup avec "Love", premier porno en 3D

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Affiche libertine pour cet opus labellisé hot, signé du dérageant Gapar Noé ou en tout cas se voulant tel, il n'en fallait pas davantage pour émoustiller le client accouru en masse lors de sa présentation cannoise de mai dernier. Beaucoup de bousculades pour pas grand-chose, si l'on se réfère aux maigres applaudissements à l'issue de la projection.

Pour résumer brièvement l'affaire, le pauvre Murphy, 25 ans, étudiant en cinéma, au trente-sixième dessous suite à un coup de fil inquiétant, se retrouve seul dans son appartement. Il se souvient alors douloureusement de la folle passion dopée en drogues et excès en tous genres, vécue pendant deux ans avec Electra, femme fatale qui a mystérieusement disparu. Flash-backs...

Entre décomposition du couple, déception sentimentale et désespoir existentiel, nous voici partis pour un mélo porno mélancolique, dégoulinant de sperme et de larmes destiné à faire bander les mecs et pleurer les filles.

Le moins qu'on puisse dire c'est que Gaspar Noé a raté son coup, la principale originalité de Love étant d'être le premier porno en 3D et dont l'utilité, histoire de nous en foutre plein les yeux, ne se manifeste qu'à l'occasion d'une éjaculation face caméra!

Le film ouvre sur une interminable séquence de branlette, prélude à une profusion de scènes de cul non simulées dont on relèvera certes une certaine douceur, la beauté et le côté statuaire. Trop esthétisantes toutefois pour provoquer une quelconque excitation. D'autant que les acteurs de la chose ont l'air de s'ennuyer comme des rats morts.

Et que dire du fond, navrant. Par exemple le discours d'une rare banalité de Gaspar Noé et sa manière d'aligner sans complexes des platitudes comme "la bite n'a pas de cerveau, la vie c'est ce que tu en fais, elle n'est pas facile, en naissant on sait qu'on va mourir, je n'ai pas peur de mourir je ne veux pas souffrir…et autres lieux communs du genre.

Sans oublier surtout Murphy, alias Karl Glusman, le héros de l'histoire. Un Américain plutôt belle gueule mais fruste, père suite à un accident de capote, constamment renfrogné, dont le vocabulaire se résume à "fucking" et "you are a piece of shit". Ce qui serait un moindre mal s'il n'était pas par ailleurs beaufissime, macho et homophobe.

Film à l'affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 26 août

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24/08/2015

Cincinnati: Djokovic tombe sous les coups de Son Altesse Federissime!

roger-federer-au-septieme-ciel[1].jpgA force de jouer avec le feu, Djokovic en a senti la douloureuse brûlure. Par deux fois, il s’en était insolemment sorti par les poils, ne méritant pas sa victoire contre les malheureux Goffin et Dolgopolov.

Un peu, si j’ose la comparaison, à l’image de Wawrinka, le cul pareillement bordé de nouilles contre Bornic et Karlovic et qui avait fini par s’effondrer devant le vampire serbe. Jusqu’à ce que celui-ci connaisse le même sort face à Sa Grâce, que je n’hésiterais pas à appeler en l’occurrence son Altesse Federissme.

Volant sur le court, le Mozart de la raquette aurait pu d’ailleurs se montrer encore plus impérial, s’il n’avait pas persisté dans sa mauvaise habitude de galvauder un wagon de balles de break. Vous me rétorquerez que malgré son péché mignon, il n’a pas perdu un seul jeu de service au cours du tournoi. Tout ça pour remporter une septième fois la coupe la plus moche de la planète tennis!

Mais bref. Du coup évidemment, les experts qui ont enterré la légende à d’innombrables reprises ne savent plus où ils en sont. En chantant à nouveau follement les louanges du fabuleux kid de Cincinnati, certains écrivent, comme à regret face au phénix s’obstinant à renaître de ses centres, que le Suisse est décidément éternel.

Quant à l’inoxydable, imbattable, invulnérable, inexpugnable numéro un mondial, du moins étiqueté tel, il vient d'encaisser sa deuxième défaite de suite après avoir déjà subi à Montréal la loi de Murray, impitoyablement laminé en demi-finale une semaine plus tard par Rodgeur en forme olympique. A se poser quelques questions sur le génie.

juste en passant, il paraît que le maestro et Dracula étaient redevenus copains après une période glaciaire. La chose pourrait ne pas durer dans la mesure où le premier empêche encore le second d’écrire un bout d’histoire. A Roland Garros en 2011, la légende l’avait privé du record de succès de rang détenu par McEnroe.

Et là, caramba, il ne sera pas le premier joueur à empocher les neuf Masters 1000 de l'année. Des bêtes noires que ces Helvètes, si l'on ajoute le plus cuisant des revers, sa défaite contre Stan, The vrai Man de l'ocre parisien en mai dernier, à cause duquel un Grand Chelem en carrière avait filé sous le nez de l'as de Belgrade. 

images[7].jpgPour en revenir à ses échecs au Québec et dans l'Ohio, ils prouvent certes le faible taux d’hémoglobine actuel du saigneur du tamis. Mais il devrait toutefois, pour le malheur de notre gloire nationale et de la belette écossaise, refaire le plein de raisiné dans une semaine à l’US Open dont il reste le grand favori.

A l’instar, chez les dames, de Son Altesse Sérénissime qui, après s'être inclinée contre Belinda Bencic il y a huit jours, a remis les pendules à l’heure en battant Simona Halep et se prépare à rafler son 22e Majeur, assorti d’un Williams Slam. De quoi renforcer les certitudes des hyper fans selon lesquels à côté de la panthère, Federer c’est plus ou moins de la roupie de sansonnnet…

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20/08/2015

Grand écran: "Amnesia" agite de vieux démons. Avec Marthe Keller

amnesia[1].jpgPrésenté en séance spéciale à Cannes en mai dernier, Amnesia a eu tout récemment les honneurs de la Piazza Grande au Festival de Locarno. C'est sans doute le film le plus personnel du Suisse Barbet Schroeder qui le voit revenir à Ibiza. Non seulement le lieu où sa mère, dont il s'inspire, a vécu, mais qui est aussi celui de ses débuts cinématographiques en 1969 avec More, son long-métrage sur la drogue. 

En bouclant ainsi  la boucle, Barbet Schroeder, tout en évoquant la naissance de la techno à Ibiza futur temple de la chose, se livre à une réflexion sur la barbarie nazie. Il agite de vieux démons en racontant l'histoire de Martha. Cette mystérieuse et intrigante Allemande s'est installée seule sur l'ïle en 1990, dans une belle maison blanche avec vue imprenable sur la mer. Symbole d'une génération qui a connu la guerre, elle a renié sa patrie depuis 1945, ne lui pardonnant pas son crime contre l'humanité.

Elle s’interdit ainsi de parler dans sa langue maternelle, d'utiliser un quelconque objet fabriqué en Allemagne. Ou de jouer du violoncelle qui lui rappelle de trop douloureux souvenirs. Jusqu'au jour où débarque son voisin Jo, un Berlinois exubérant d'une vingtaine d'années (Max Riemelt), dingue de techno et rêvant d’être engagé comme DJ à l’Amnesia, le fameux club électro (véritablement existant) de l’île. Une amitié ambiguë naît alors entre le jeune homme et sa compatriote Martha, son aînée de 40 ans (photo), qu’il finit par entraîner dans son monde. Avec le violoncelle…

Relation complexe sinon transgressive, dénonciation de l’amnésie allemande face à l’impossible oubli, refus d’assumer les atrocités commises forment la trame d’un film qui promettait beaucoup. Pourtant, à l‘exception de paysages sublimes inratables, rien ne va vraiment, du scénario bancal à la mise en scène maladroite.

Sans oublier l’interprétation. Car si l’irrésistible Marthe Keller assure comme toujours, on n’en dira pas autant de ses partenaires qui se contentent d’un jeu approximatif. Il vire même carrément au gênant lors de l’apparition de Bruno Ganz dans le rôle du grand-père de Jo, se lançant dans un long monologue de repenti en pleurant sur son passé criminel.

Film à l’affiche dans les salles de Suisse romande depuis mercredi 19 août.
 

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19/08/2015

Grand écran: "Floride" met face à face Sandrine Kiberlain et Jean Rochefort

maxresdefault[1].jpgPhilippe Le Guay avait beaucoup séduit avec Les femmes du 6e étage, une comédie sociale exubérante jouant sur les stéréotypes xénophobes des années 60.

Ce n'est pas franchement le cas avec Floride, où il traite des problèmes de l'âge en mettant en scène Claude, un octogénaire capricieux de plus en plus sujet aux oublis, confusions et autres errements.
 
Mais il refuse catégoriquement de l'admettre. Alors que Carole, en fille fidèle, ne cesse de se démener pour ne jamais le laisser seul, il ne lui en est aucunement reconnaissant. Au contraire, il se montre mesquin, désagréable sinon odieux avec elle, se fâche et un beau jour décide soudain de s'envoler pour la Floride…
 
Des attitudes évidemment provoquées par son état, car en réalité Claude aime beaucoup sa fille. A travers la dégradation des facultés mentales du père, l'auteur tente d'aborder le vieillissement en général, la responsabilité des enfants envers leurs parents, le devoir de s'occuper d'eux, tâche souvent incompatible avec les exigences de leur vie professionnelle, ou source de conflit dans leur couple, voire les deux.
 
Vaste sujet effleuré sur un ton qui se veut léger dans cette comédie dramatique pourtant pesante, dépourvue des émotions que l'auteur voudrait provoquer et se déroulant dans le cadre bourgeois d'une belle maison de campagne,  
 
Côté comédiens ce n'est pas non plus la grande forme. Tandis que Sandrine Kiberlain frise plus ou moins la déprime, Jean Rochefort en fait des tonnes dans un désir assez pathétique d'être drôle. Mais il est tellement dans l'outrance qu'il agace hélas plus qu'il amuse.
 
Film à l'affiche  dans les salles de Suisse romande dès mercredi 19 juillet.

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Grand écran: "Southpaw", avec Jake Gyllenhaal convaincant en champion de boxe KO

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De Raging Bull à Million Dollar Baby en passant par Rocky, Ali ou autres Tyson, on ne compte plus les films sur la boxe. Spécialement dans le cinéma américain qui nous en propose un de plus avec Southpaw (en français La rage au ventre) d'Antoine Fuqua.
 
Le scénario ne brille pas par sa folle inventivité. Le champion du monde Billy Hope a tout ce qu'il peut souhaiter, belle gueule, amour, gloire et argent. Mais son parfait univers s'écroule le jour où sa superbe femme est tuée. Du jour au lendemain il sombre, perd sa fortune, sa luxueuse villa et pire que tout la garde de sa fille adorée.
 
Alors qu'il est au bord du gouffre, un ancien boxeur lui tend l'inévitable main secourable, le pousse à reprendre l'entraînement et à se battre comme un diable pour regagner ce qui lui a été enlevé. Et voici donc Billy Hope sur le chemin de la rédemption sur fond de bons sentiments servis à la louche. 
 
Bref du vu et revu, même pas corrigé et souffrant de la comparaison avec de grands classiques du genre.  Toutefois la mise en scène se révèle plutôt efficace et on retiendra surtout la bonne performance du très charismatique Jake Gyllenhaal, qui porte le film sur ses robustes épaules. Limite squelettique dans Nightcrawler, Il a pris un paquet de muscles pour mieux convaincre. C'est réussi et pas seulement à cause des barres de chocolat...
 
Film à l'affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 19 août.  

 

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18/08/2015

Grand écran: "Une famille à louer" avec Benoît Poelvoorde et Virginie Efira

famille-louer-2[1].jpgAprès Marie Heurtin, drame historique situé à la fin du 19e siècle, évoquant une fille sourde et aveugle de naissance dont une religieuse a décidé de s'occuper, Jean-Pierre Améris change totalement de registre en se lançant dans une comédie avec Une famille à louer.

D'un côté on a Paul-André, un quadra richissime, timide, introverti, réservé, maniaque, limite dépressif, et vivant dans une immense maison vide, grise, triste et froide. Avec son valet de chambre comme unique compagnie. 

De l'autre la jolie Violette, la quarantaine explosive, extravertie, excentrique, habitant un petit pavillon joyeusement bordélique, où règnent chaleur et couleurs et  où s'entassent des objets  de toute sorte. Mais fauchée, cette maman qui se décarcasse pour élever seule ses deux enfants, est menacée d'expulsion. A l'occasion d'une rencontre fortuite, Paul-André cherchant à meubler une solitude qui lui est devenue insupportable, lui propose de louer sa famille contre le rachat de ses dettes. 

Mais ça ne va pas être du gâteau, Violette et ses mômes, surtout sa fille, lui menant la vie dure. Le film est basé sur le principe des contrastes, qu'il s'agisse des lieux et des comportements contraires des deux adultes, tout comme ceux des gamins, dont l'un est sage comme une image et l'autre joue les adolescentes rebelles. L'ensemble étant prétexte aux situations à la fois humoristiques et conflictuelles.

Eclectique dans sa filmographie, Jean-Pierre Améris, tout en surfant sur l'amour et les sentiments, explore ainsi les liens familiaux, eux aussi radicalement différents. Tandis que Paul-André veut oublier une mère odieusement snob, Violette tient à préserver des relations étroites avec ses frères et sœurs. Benoît Poelvoorde et Virginie Efira tiennent le haut de l'affiche dans cette comédie improbable, inégale, aux rebondissements téléphonés. Mais assez drôle, elle se laisse voir.

Film à l'affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 19 août.

 

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Grand écran: "La belle saison", une émouvante histoire d'amour lesbien dans les seventies

dafa558e26447adfc1517768a30423f9[1].jpgSigné Catherine Corsini, La belle saison que portent magnifiquement, aux côtés d'une excellente Noémie Lvovsky, Cécile de France et Izïa Higelin, est la bonne surprise française de l'été. Il s'agit d'une histoire d'amour bouleversante, joyeuse, sombre et mélodramatique entre Delphine, une jeune paysanne de 23 ans rêvant d'avoir sa ferme et Carole, une Parisienne de 35 ans alors en couple avec un homme et investie dans le combat féministe des seventies.
 
Opus très réussi aussi bien en ce qui concerne la mise en scène, le traitement du sujet, de l'image et le jeu des comédiennes dont celui de la lumineuse et solaire Cécile de France, alias Carole, récemment rencontrée avec sa réalisatrice à Locarno. Elle a déjà joué les lesbiennes dans cinq autres films et se dit fière de servir la cause gay,"Si cela peut aider les gens à assumer leur différence, tant mieux". Voir  l'interview complet de l'actrice dans ma note du 8 août dernier. 
 
Pour Catherine Corsini, cette plongée dans la France puritaine de Pompidou lui a permis de rendre hommage aux femmes engagées à la tête de la lutte pour l'égalité, la liberté sexuelle et l'émancipation de leurs congénères isolées socialement et qui n'avaient pas droit à un compte en banque.

catherine-corsini[1].jpg"Ces combattantes étaient souvent dénigrées, insultées, traitées de mal baisées ou autres grossièretés du genre. Nombre d'entre elles étant homosexuelles, elles ont pu se faire entendre et contribuer ainsi à l'avancée des problématiques à la fois politiques et intimes. Reste que ces  thèmes sont toujours d'actualité. Ce n'est en effet pas gagné par exemple sur le plan salarial. Et il n'existe pas de vraie parité sans loi".

Comment vous êtes-vous documentée?

J'ai fait beaucoup d'interviews et j'ai surtout visionné  l'œuvre de la vidéaste suisse Carole Roussopoulos. Une pionnière, qu''il s'agisse de filmer les luttes féministes ou le premier défilé homosexuel en marge du 1er Mai 1970. Elle était par ailleurs très amie avec Delphine Seyrig, avec qui elle a réalisé quelques métrages militants d'anthologie. C'est en hommage à ces deux femmes exceptionnelles que mes deux héroïnes s'appellent Carole et Delphine.
 
Et qu'est-ce qui a présidé au leur choix?

J'ai écrit le rôle pour Cécile de France, alors qu'elle était réticente à l'idée de jouer encore une homosexuelle. J'étais très triste mais j'ai insisté, je lui ai donné le scénario et elle a fini par accepter. J'étais ravie car je voulais qu'on croie à l'incarnation d'une militante, à un âge où quelque chose s'opère. De plus, elle est très complémentaire avec Izïa Higelin, sa force, son côté courageux, son physique pas complètement glamour.
 
A-t-elle été elle aussi difficile à convaincre ?
 
Au contraire. Elle a tout de suite répondu oui, mais le tournage a été compliqué dans la mesure où elle n'avait pas mesuré l'enjeu, les contraintes d'un tournage. Et il y avait les scènes de nu qui la gênaient. Elle m'a d'ailleurs accusée d'en avoir rajouté, ce qui  est faux..

Il y a aussi Noémie Lvovsky, qui interprète formidablement la mère de Delphine. Elle ne sait même pas que l'homosexualité existe ou du moins ne veut pas le savoir.
 
C'était le cas à l'époque. Quant à Noémie, elle me reprochait de ne jamais lui offrir de rôle. Quand je lui ai proposé celui-ci, elle m'a traitée de folle en me disant: "Non mais tu m'as vue sur un tracteur!" Elle s'est évidemment vite mise au jeu et a même apporté de nuances au peronnage.
 
Puisqu'on en parle, pourquoi situer l'intrigue à la campagne ?
 
On en traite rarement et c'set une manière de rendre hommage au monde paysan, à la terre.

Film à l'affiche ns les salles de Suisse romande dès mercredi 19 août.

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15/08/2015

Festival de Locarno: le Léopard d'or au Sud-Coréen Hong Sangsoo pour "Right Now, Wrong Then"

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L’Asie triomphe en cette 68e édition locarnaise. Alors que Tikkun faisait figure de favori, du moins à mon avis et celui d’une grande partie de la critique, c’est Right Now, Wrong Then de Hong Sangsoo, le seul que je n’aie pas mentionné dans mes pronostics, qui repart évidemment avec le Léopard d’or!

Une petite déception, mais un choix qui certes se justifie, voire bien davantage pour les fans du cinéaste sud-coréen, estimant qu’il est le seul à avoir produit un enchantement total.

Toutefois, en dépit d’une forme originale, le film étant dédoublé pour raconter deux versions de la même histoire à quelques détails près, le fond, se limitant peu ou prou aux galipettes amoureuses d’un réalisateur et d’une jeune peintre, ne contribue pas véritablement à mon éblouissement personnel.

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Reste que le vainqueur Sangsoo déjà récompensé d’un léopard d’argent en 2013, fait même coup double, puisque son principal protagoniste Jung Jae-You (photo) est sacré meilleur acteur. Du coup question comédiens, je peux aussi remballer mes prévisions, aucun de mes préférés des deux sexes n’ayant réussi à séduire le jury.

Le Prix d’interprétation féminine est allé aux quatre filles de Happy Hour,  Tanaka Sachie, Kikuchi Hazuki, Mihara Maiko, Kawamura Rira, pour leur prestation dans le conte fleuve (5h17) du Japonais Ryusuke Hamaguchi.

get.do__0[1].jpgSuffisant pour donner une allure très asiatique à ce palmarès, le Nippon, l’un de mes papables, obtenant par ailleurs une mention spéciale pour son scénario.

TIkkun doit se contenter du Prix du jury

Pas de précieux métal donc pour Tikkun, dont j’ai déjà eu l’occasion de vous parler dans mes deux notes précédentes. L’Israélien Avishai Sivan se console avec le Prix du jury, deuxième récompense la plus importante, ainsi qu’une mention spéciale pour la photographie de Shai Goldman.

Enfin Cosmos d’Andrzej Zulawski, autre habitué des lieux, décroche le Prix de la réalisation. Assez logique, même si certains s'en étonnent, jugeant injustement à mon sens sa mise en scène à la limite du clownesque. 

Quelques bons films sur la Piazza grande

Si la compétition de ce cru 2015 s’est révélée plus convaincante que par le passé, il en allait de même pour les films proposés sur la Piazza Grande. Outre des classiques, E la nave va de Federico Fellini, Pat Garrett & Billy The Kid de Sam Peckinpah  (présentés en préfestival) et The Deer Hunter de Michael Cimino, on retiendra quelques nouveautés, dont en tête l’excellent La belle saison de la Française Catherine Corsini.

fritz-bauer-burkhart-klaussner[1].jpgMais on s’est aussi diverti avec Ricki And the Flash de Jonathan Demme, Southpaw d’Anton Fukua,  Guibord s’en va-t-en guerre du Québécois Philippe Faladeau, Der Staat gegen Fritz Bauer (photo) de l’Allemand Lars Kraume, qui a obtenu le Prix du public. Sans oublier La vanité du Vaudois Lionel Baier où un vieil architecte las de la vie s’adresse à une association d’aide au suicide. Avec Patrick et Carmen Maura.

En revanche on a touché le fond avec deux comédies américaines Trainwreck de Judd Apatow sur un scénario d’Amy Schumer, l’étoile montante du rire outre-Atlantique et surtout en compagnie  de Me And Earl And The Dying Girl d’Alfonso Gomez-Rejon, une calamité tire-larmes où rien ne nous a été épargné.

Reprise de la rétrospective Peckinpah

Et bien sûr les amoureux du cinéma de Peckinpah, rebelle et hors-la-loi hollywoodien, représentant phare d’un Far-West en train de disparaître, se sont régalés de l’intégrale du réalisateur présentée en collaboration avec la Cinémathèque suisse.

On aura l’occasion d’en reparler, ainsi que de l’ouvrage qui lui a été consacré, sobrement intitulé Sam Peckinpah. De nombreuses institutions suisses, européennes, ou américaines reprendront en effet tout ou partie de cette rétrospective dont Les Cinémas du Grutli à Genève, du 19 août au 1er septembre.

En ce qui concerne la fréquentation, elle semble relativement constante. En l’absence de chiffres précis pour l’instant, les organisateurs notent une légère hausse du public le soir sous les étoiles et une petite baisse dans les salles durant la journée principalement due au beau temps. Trop beau pour aller s’enfermer dans l’obscurité…. 

 

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14/08/2015

Festival de Locarno: à qui le Léopard d'or? Le mot de la fin au jury

get[1].jpgLe grand jour arrive pour les dix-huit chasseurs du fauve. Au sein d’une compétition plus relevée que d’ordinaire, mes favoris demeurent ceux  mentionnés nnés dans ma précédente note. Avec toujours en tête  de la course Tikkun de l’Israélien Avishai Sivan évoquant les souffrances d’un brillant étudiant ultra-orthodoxe d’une yeshiva (école religieuse), tourmenté par les démons de la chair.

Viennent ensuite James White de l’Américain Josh Mond, explorant une forte relation entre une mère atteinte du cancer et de son fils perturbé, qui renonce à s’étourdir dans une entreprise d’autodestruction pour s’occuper d’elle. Sans oublier Cosmos du revenant Andrzej Zulawski, qui nous emmène dans son univers foldingue peuplé de gens brindezingues.

On ajoutera les deux derniers films vus en compétition. A commencer par Suite Armoricaine de la Française Pascale Breton, qui a séduit avec son film dense, construit autour du temps. Et de son héroïne dont le monde n’existe plus et qu’elle doit apprendre à réhabiter. La réalisatrice française livre ainsi une sorte de mini-comédie humaine avec beaucoup de personnages. En s’engageant sur les différents territoires de la mémoire, de l’inconscient, de la transmission.  

get.do__0[1].jpgHappy Hour du Japonais Riyusuke Hamaguchi faisait office de petit événement avec ses 5h17. Il n'a toutefois pas la force et la puissance de What is Before du Philippin Lav Diaz (5h38) lauréat du Léopard d'or l'an dernier. Mais il pourrait éventuellement figurer au palmarès

Ce conte fleuve qui aurait aussi pu s’appeler Paroles de femmes, raconte la trajectoire de quatre amies dans leur fin de trentaine, la génération du réalisateur, déçues de leur vie professionnelle, familiale, maritale, sentimentale.

L’ensemble se déroule sur fond de malaise et de mal-être de la société nippone en général. On s'y est beaucoup moins ennuyé que dans des métrages infiniment plus courts, mais l'auteur aurait quand même pu conclure nettement plus vite...

D’autres opus ont les faveurs de la critique, comme Schneider vs. Bax du Hollandais Alex van Wanmerdam comédie macabre mettant en scène un tueur à gages éprouvant les pires difficultés à abattre sa cible, Bella e perduta, avec un homme et un animal entreprenant un long et vain périple dans.. un beau pays perdu.

get[1].jpgOu encore Ma dar Behesht (Paradise), de l’Iranien Sina Ataeian Dena, premier chapitre d’une trilogie sur la violence et sa reproduction par les victimes. Un film donnant le rôle principal à la superbe Dorna Dibaj (photo) qui débute au cinéma, mais son auteur, s’intéressant plus particulièrement à l’humain, réfute toute volonté de se pencher sur la condition féminine.

Côté interprétation, Je plébiscite Aharon Traitel dans Tikkun ou Christopher Abbott dans James White.  Et chez les femmes Cynthia Nixon, également dans James White et Dorna Dibaj dans Ma dar Behesht. Voire Valérie Dréville dans Suite Armoricaine

Mais évidemment, ces vœux ne sont que pieux. Comme on dit dans ces cas-là et au risque de me répéter, le journaliste propose, le jury dispose. J’espère qu’il ne jettera pas son dévolu sur l’affreux et très limite Bart Dejan du Serbe Bakur Bakuradze. Mais à Locarno tout est hélas possible. Verdict demain.

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13/08/2015

Festival de Locarno: mes préférés dans une compétition en dents de scie

get[2].jpgA deux jours de la fin de ce cru locarnais 2015, un point sur la compétition, forte de 18 films. Après avoir plutôt bien démarré, elle s’est poursuivie en dents de scie, connaissant quelques hauts et de très gros bas.

Entre les deux de l’honorable ou du méritant souvent sans grand intérêt. Mais il reste encore trois films à découvrir dont deux très gros morceaux, du moins sur le plan de la longueur, avec Suite Armoricaine de la Française Pascale Breton et le maousse Happy Hour (plus de cinq heures) du Japonais Ryusuke Hamaguchi, 

A ce stade,  mes préférences vont à quatre films qui devraient (pourraient ?) se retrouver au palmarès. A commencer par Tikkun de l’Israélien Avihsai Sivan évoquant les tourments charnels d’un brillant élève juif ultra-orthodoxe. S’imposant un jeune drastique, Haim-Aaron perd connaissance. Il est déclaré mort par les secours mais son père s'acharne à tenter l'impossible et le ramène miraculeusement à la vie.

Dès lors son comportement évolue davantage vers ce qui l’a toujours tracassé. Indifférent à ses études, il ne l’est pas à ses sens. Constatant ces changements, son père craint  d’avoir offensé Dieu en le réanimant. Tourné dans un superbe noir et blanc, le film séduit jusqu’à la fascination par le coté sobre, épuré du récit et de la mise en scène. Mais l'auteur évite l'écueil de l'austérité, en gardant une sensualité sous-jacente.

get[1].jpgProfonde relation mère-fils dans "James White"

Je me suis également laissé beaucoup séduire par James White, un Newyorkais d’une vingtaine d’années, lui aussi très perturbé. Mal remis de la mort de son père il mène une vie dissolue, qui le conduit jusqu’au Mexique.

Et puis un jour, recevant un coup de fil de sa mère qui se bat contre un cancer en phse terminale, il décide de rentrer pour s’occuper d’elle.

A partir de là, le film prend une toute autre dimension, le réalisateur Josh Mond explorant la relation profonde entre une mère et son fils. James White devra faire la cruelle expérience de la perte pour cesser de s’autodétruire dans ce drame intimiste émouvant, où Christopher Abbott et Cynthia Nixon nous offrent un excellent numéro d’acteurs.

 XVMce3a5e6a-2b17-11e5-8e49-6dc21babd670-805x453[1].jpgAndrzej Zulawski revient avec "Cosmos"

La compétition mettant désormais face à face des auteurs plus ou moins débutants et des cinéastes chevronnés, on y retrouve Andrzej Zulawski avec Cosmos, d’après  le roman du Polonais Witold Gombrowicz.

L’intrigue se déroule dans une curieuse pension tenue par une famille non moins étrange, dont les membres sont atteints de troubles de comportement et de langage divers et où il se passe des événements très extraordinaires. Sans oublier une servante un rien dérangée et défigurée par un vilain surplus de peau à la lèvre supérieure.

C’est ce que découvrent  l’élégant mais assez pitoyable Witold, qui a raté son examen de droit et le plus rustique Fuchs viré d’une société de mode parisienne. Avec notamment la complicité de Sabine Azéma et de Jean-François Balmer, Zulawski, de retour après quinze ans d’absence, nous emmène dans son univers braque.

On pouvait craindre le pire. Mais surprise, bien qu’on frise parfois l’insupportable, le cinéaste a décidé de freiner sur l’hystérie et l’excessif si caractéristiques de sa période Sophie Marceau, leur préférant avec bonheur un humour jubilatoire. Tout en gardant quand même un gros grain de folie dans cette comédie dramatique surréaliste en forme de thrilller.

imagesXEHIIXRF.jpgComédie noire à la sauce hollandaise

Un cran en-dessous  on trouve Schneider vs, Bax (en français La peau d Bax) du Hollandais Alex van Warmerdam. Le matin de son anniversaire, Schneider, tueur à gages et père de famille dévoué, a reçu pour mission d’abattre Bax.

Écrivain solitaire vivant au milieu des marécages, c’est une cible facile. Schneider accepte, d'autant qu'il il sera rentré assez tôt pour le dîner. Mais sa tâche se révèle nettement plus compliquée que prévue.

Un film de genre façon comédie noire plutôt bien ficelé. Même si le scénario n’est pas d’une originalité folle, on  ne s’ennuie pas. Mieux on s’amuse, ce qui à Locarno n’est pas si fréquent. Alors on ne va pas bouder son plaisir.

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11/08/2015

Festival de Locarno: le Québécois Philippe Falardeau nous amuse en jouant avec la politique

images[10].jpgLe Québécois Phlippe Falardeau était de retour à Locarno avec Guibord s’en va-t-en guerre, après y avoir présenté en 2011 Monsieur Lazhar, lauréat du Prix du public.
 
Comédie politique divertissante, sans prétention, elle met en scène le député indépendant Guibord, ancienne star du hockey aujourd’hui représentant fédéral d'une immense circonscription dans le nord du Québec. Il se trouve dans une position particulièrement inconfortable, sa voix se révélant cruciale lors du vote au parlement qui doit décider de l’entrée en guerre ou non du Canada.

Répugnant à choisir son camp, Guibord sillonne les lieux pour consulter ses électeurs avec sa femme qui est pour, sa fille qui est contre et Souverain Pascal, un stagiaire haïtien idéaliste venu parfaire des connaissances essentiellement livresques, notamment acquises avec Jean-Jacques Rousseau. Mais le député devra bien finir par se déterminer.

Le sujet de la guerre est un thème prétexte polarisant, qui permet aussi bien d’évoquer les différences au sein des partis, les conflits entre les citoyens et les lobbyistes de tout poil et ceux qui règnent à l’intérieur de la famille du politicien indécis.

Philipe Falardeau, rencontré quelques heures avant la projection sur la Piazza Grande 0ù il avait vécu "une expérience magique" il y a quatre ans, se montrait particulièrement fébrile à l’idée d’une nouvelle occasion, extraordinaire pour lui, de se confronter à un large public. A noter que son film devait également être montré six heures plus tard en plein air à Montréal.

"Vous savez, mes producteurs se retrouvent pour la quatrième fois à Locarno, qui devient particulièrement connu au Québec.En ce qui me concerne, j’ai juste hâte de voir si mon humour trouve une certaine résonance", espérait l'auteur. "Mais j’ai confiance. S’il y a des gens placés pour comprendre ma démarche politique, ce sont bien vous les Suisses, avec votre système complexe. De plus, figurez-vous que cette année, les élections fédérales se tiendront le même week-end du 18 et 19 octobfre chez vous et  chez nous!"

Mais la différence, c’est la taille énorme du pays. "On peut mettre 241 fois la Suisse dans le Canada. Il est  impossible de concilier les intérêts d’une aussi vaste région. Pour nous la démocratie c’est compliqué. Sinon carrément le bordel. On vote de moins en moins et on cultive un cynisme malsain.

images[1].jpgC’est la raison pour laquelle Philippe Falardeau a introduit un personnage très cultivé mais aussi très naïf venu de Haïti et pour qui la démocratie est un système pur.

"En outre la culture orale chez lui rend le débat public facile. Enfin, nous avons un rapport assez intime avec Haïti dans la mesure où il existe ici une forte communauté".

Souverain Pascal, alias Irdens Exantus souvent irrésistible avec son sourire contagieux, va ainsi suivre Guibord dans ses tribulations de campagne. C’est à Patrick Huard, humoriste, comédien et réalisateur que Philippe Falardeau a confié le rôle du député.

"Il a plusieurs films à son crédit et pouvait comprendre l’humanité du personnage. Je cherchais un homme à la fois proche des gens sur le terrain ainsi qu'aux prises avec sa femme et sa fille. Je l’ai trouvé et j'estime qu'il forme un bon tandem avec Irdens Exantus (photo). Ils s’apprivoisent, s’apportent beaucoup l’un à l’autre et à la fin, ils changent tous les deux pour le mieux".

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10/08/2015

Festival de Locarno: "Heimatland" veut clouer la Suisse au pilori. Laborieux

imagesBGTBH5D3.jpgIl fait froid, c'est l'automne. Un mystérieux et menaçant nuage déroutant tous les experts météo s’entend sur la Suisse centrale et ne cesse de croître pour recouvrir le pays en s’arrêtant aux frontières. Il est annonciateur d’une tempête dévastatrice qui sème la panique parmi les habitants.

Cet effondrement aussi imminent qu'inimaginable suscite chez eux différents comportements. Certains se barricadent dans leur maison, fêtent la fin du monde, tandis que d’autres dévalisent les supermarchés ou cassent des vitrines de petites boutiques.

A cet égard, on apprend qu’il est très moche de vandaliser l’échoppe de l’indien du coin et plutôt recommandé de s’attaquer à Globus et à la Coop… Mais finalement plus d’un million d’Helvètes angoissés quittent les abris, se jetant sur les routes pour fuir l’amère patrie et tenter de gagner le pays voisin. En vain.

Certains codes du film catastrophe

Poursuivant dans la tradition du film suisse critique envers la société, ne se limitant toutefois pas au blâme et à la condamnation dans la mesure où ils font partie du problème, ils se sont réunis à dix jeunes réalisateurs alémaniques et romands (pas de Tessinois) pour observer de près cette petite nation alpine qui s’obstine à se replier sur elle-même.

Ils ont commencé par rédiger un script, avec la volonté de créer des personnages d'ici. Chacun a exécuté son morceau et ils ont essayé de les mettre ensemble. Leur opus se veut à la fois choral et politique, tout en empruntant certains codes du film catastrophe, utilisés simplement comme un moyen. Le méchant nuage n’a donc pas la vedette et aucun héros à l’américaine ne volera au secours du peuple plongé dans le chaos.

Un gros défi à relever pour un résultat inégal et simpliste

Collaborer avec autant de monde est logiquement générateur de tensions et de conflits. C’est un gros défi à relever que de concocter une œuvre collective sans compromis. Du coup, Sa construction confuse donne un résultat forcément inégal. Mais surtout, à part quelques rares bons moments, Heimatland, unique représentant helvétique en compétition, pèche par son approche lourdingue sinon laborieuse, simpliste et premier degré.

imagesGSN0UV1O.jpgA l‘image par exemple de ces scènes où l’Union européenne s’interroge sur la procédure à suivre pour accueillir ces réfugiés inédits qui, parvenus aux frontières, sont refoulés et condamnés à rentrer au bercail.

Un juste retour des choses en forme de cliché moralisant, notamment illustré par un caméo de Jean Ziegler à la télévision, pour fustiger ces Suisses parfois ignobles qui méritent d’expier leurs péchés.

Ce premier degré, les auteurs affirment l’assumer pleinement. Lors de la conférence de presse, l’un d’eux reconnaissait "le côté grotesque de quelques histoires se déroulant dans des situations étonnantes par rapport à ce qui existe"

L’isolement, thème essentiel

Ils ont par ailleurs insisté sur le caractère essentiel du métrage, à savoir l’isolement du pays. Mais pour eux il ne s’agit pas à proprement parler d’une réponse à la politique blochérienne de quotas d’étrangers, qui a provoqué le référendum du 9 février 2014. "Nous avons débuté l'écriture il y a quatre ans et nous ne pouvions pas prévoir ce qui est arrivé. Nous avons été rattrapés par la réalité et nous avons élaboré les thèmes au fur et à mesure ».

Ils espèrent ainsi provoquer une réflexion chez le spectateur, l’amener à se poser des questions. "Nous ne parlons pas seulement de l’isolement de la Suisse, mais de l’isolement personnel, cette faculté perdue de nouer des liens avec les autres. A force de s’isoler, on va droit dans le mur. On suffoque et on a peur d’être enterré vivant".

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09/08/2015

Festival de Locarno: "Trainwreck", la comédie à succès calamiteuse de Judd Apatow

 

hqdefault[1].jpgDébuts plutôt réussis sur la Piazza Grande, entre Ricki And The Flash de Jonathan Demme, La belle saison de Catherine Corsini, Southpaw d’Antoine Juqua, avec un Jake Gyllenhaal convaincant en boxeur qui touche le fond et entame le plus dur combat de sa vie pour se relever.

Et puis, c’était couru, le gros couac de Judd Apatow et son Trainwreck, en français "un cas désespéré". On ne saurait mieux dire! 

Labellisé roi de la comédie américaine (de quoi faire se retourner dans sa tombe un maître comme Billy Wilder) Judd  Apatow qui enchaîne les succès depuis 40 ans et toujours puceau, s’est penché cette fois sur les femmes et leurs relations avec les hommes. D'après un scénario, une grande première, d’Amy Schumer qui est aussi la protagoniste principale.

Elle a concocté une histoire proche de sa vie personnelle où, suivant les conseils de son père selon lequel la monogamie n’est pas réaliste, l’héroïne devenue journaliste collectionne les mecs en évitant de s’engager. Une consommation frénétique prétexte à quelques scènes en-dessous de la ceinture, assaisonnées sans surprise d’un humour extra-gras.

Jusqu’à l’inévitable jour où Amy craque, la honte, pour le sujet de son article, un brillant médecin du sport qui répare les bobos des célébrités. Il avoue même s’occuper d’un certain… Roger Federer, tandis que la star du basket James LeBron joue son propre rôle.

Déjà qu’il n’y avait pas grand-chose à voir avant, à partir de là, il n’y a vraiment plus rien. Trainwreck qui se veut dans l’air du temps, irrévérencieux, choquant sinon trash, révélateur d’une société hypocrite,  sombre dans un rare ennui entre convenu laborieux et conservatisme calamiteux.  

Quand on pense qu’Amy Schumer est une figure  montante du rire américain, il y a du souci à se faire pour le genre. Quoique…On sait que plus c’est nul et mieux ça marche. La preuve en est encore faite avec le triomphe au box office du film sorti aux Etats-Unis le 18 juillet.

 

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08/08/2015

Festival de Locarno: lesbienne dans "La belle saison", Cécile de France fière de servir la cause gay

dafa558e26447adfc1517768a30423f9[1].jpgInstants de grâce sur la Piazza Grande avec La belle saison de Catherine Corsini, que portent magnifiquement Cécile de France et Izïa Higelin. Une histoire d’amour homosexuelle bouleversante, joyeuse, sombre et mélodramatique entre Delphine, une jeune paysanne de 23 ans rêvant d’avoir sa ferme et Carole, une Parisienne de 35 ans alors en couple avec un homme et très investie dans le combat féministe des seventies.

Cette plongée dans ces années permet notamment à la réalisatrice de rendre hommage aux femmes engagées à la tête de la lutte pour l’égalité et l’émancipation, souvent dénigrées, insultées, traitées de mal baisées ou autres grossièretés du genre. Nombre d’entre elles étaient homosexuelles, ont pu se faire entendre et contribuer ainsi largement à faire avancer les choses sur les problématiques à la fois politiques et intimes.

Catherine Corsini s’est documentée grâce à des interviews et en visionnant l’œuvre de la vidéaste suisse Carole Roussopoulos. Une pionnière, qu’’il s’agisse de filmer les luttes féministes ou le premier défilé homosexuel en marge du 1er Mai 1970. Elle était très amie avec Delphine Seyrig, avec qui elle a réalisé quelques métrages militants d’anthologie. C'est en hommage à ces deux femmes exceptionnelles que es héroïnes de La belle saison s'appellent Carole et Delphine.  

Mais on aura l’occasion de reparler de cet opus très réussi qu’il s’agisse de la mise en scène, du traitement de la photographie et de l’excellent jeu des comédiennes lors de sa sortie en Suisse romande le 19 août. 

imagesKPS8QS7L.jpgEn attendant, on a eu le bonheur de rencontrer la ravissante lumineuse et solaire Cécile de France, alias Carole, débarquée à Locarno en compagnie de sa réalisatrice.  La comédienne qui dit choisir ses rôles avec le cœur, avoue n’avoir pas été partante au départ.

"J‘avais déjà joué une lesbienne dans cinq films et je souhaitais garder la liberté de la diversité. Catherine était très triste. Mais en lisant le scénario, j’ai adoré cette histoire qui m’a aussi beaucoup émue et j’ai finalement dit oui".

Vous vous dites fière d’être la "lesbienne du cinéma français", le porte-drapeau en quelque sorte de la cause gay, tout en craignant d’être enfermée dans le rôle.

En effet. Pour les réalisateurs, je veux rester une page blanche, mais pour le public c’est autre chose. Si cela peut aider les gens à assumer leur différence, tant mieux.

Etes-vous une militante?

Si vous entendez par là descendre dans la rue pour manifester et faire bouger les lignes, non. Je ne suis que comédienne. Mais je m’engage à mettre toute mon énergie dans les films. Et surtout je dis merci à celles qui se sont tant battues pour sortir les femmes de leur enfermement social 

Quand vous avez décidé d’accepter la proposition de Catherine Corsini, saviez-vous qui serait votre partenaire? Et aviez-vous des préférences?

Je l’ignorais et ce n’était pas à moi de décider. Mais Catherine Corsini me faisait part de ses doutes quant au choix de la fille en question et me faisait participer.

Vous avez pas mal de scènes de nu. Etait-ce un problème pour vous? Et comment cela s’est-il passé entre vous et Izïa Higelin

En ce qui concerne la première partie de la question, je n’étais pas gênée dans la mesure où les scènes d’amour ont été tournées avec beaucoup de délicatesse, de pudeur. J’avais presque l’impression de faire partie d’une œuvre d’art, de poser pour un peintre. Et avec Izïa, c’était comme dans les douches de filles, Plutôt décontracté.

Est-ce pareil  d’être filmée par une femme  ou un homme pour ce genre de rôle?

Pas vraiment en l’occurrence  car "La belle saison" est basé sur la vie de Catherine Corsini, elle-même homosexuelle. Ce qui en fait une œuvre sincère et pleine d’amour. Mais sinon quand je suis concentrée dans l’action, je ne pense pas spécialement à la personne derrière la caméra.

Vous parliez de page blanche par rapport ä  un cinéaste. Mais y a-t-il des personnages que vous aimeriez particulièrement  interpréter ?

Je n’aime pas penser comme ça. Je ne me dis pas ah, j’aimerais trop travailler avec David Lynch. J’ai des projets, de belles propositions. Et notamment une fiction, The Young Pope avec Ludivine Sagnier et Jude Law qui se déroulera sur huit épisodes  (Réd : elle est réalisés par l’Italien Paolo Sorrentino, récemment oscarisé pour La Grande Bellezza et qui était de retour à Cannes en mai dernier avec Youth.

Dites-nous encore deux mots sur votre expérience avec Clint Eastwood? Etait-ce différent de tourner en France ou aux Etats-Unis ?

La différence c’est Eastwood. Il a une manière de travailler qui n’est pas liée à sa nationalité. Avec lui tout va très vite, il ne fait qu’une prise, il délègue beaucoup. Il est détendu, zen, se révèle très détendu, zen, gentil. En d’autres termes aussi génial qu’on l‘imagine.

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07/08/2015

Festival de Locarno: Edward Norton, un créatif qui aime prendre des risques

edward-norton-locarno-2015[1].jpg

Foule des grands jours et applaudissements frénétiques évidemment au Spazio Cinema pour accueillir Edward Norton. Acteur culte, réalisateur et producteur, féru d’art dramatique et d’écriture, couronné sur la Piazza Grande d’un Excellence Award pour l’ensemble de sa carrière, il s’est prêté au hit locarnais, soit la traditionnelle conversation des stars avec le public.

Enfin conversation est un grand mot dans la mesure où le pékin de base n’a pas trop le loisir de papoter avec l’élu, l’exercice étant principalement réservé au meneur de jeu. En l’occurrence c'était aussi bien Edward Norton, 45 ans, n’est pas toujours des plus commodes. Quelques photographes indisciplinés, mouchés par l’intéressé pour leur compétence relative en ont fait les frais...

Comédien, Edward Norton l’est devenu après s’être nourri de Disney et de Guerre des étoiles. Puis il tombe sous le charme de Woody Allen, de sa façon si personnelle de raconter des histoires et avec qui tournera en 1996 Everybody Says I love You.

Mais c’est avec Peur primale de Gregory Hoblit, où il incarne un schizophrène bègue à personnalité multiple aux côtés de Richard Gere qu’il gagnera cette année-là une célébrité mondiale. Ainsi qu’une nomination à l’Oscar du meilleur second rôle. Il prétend ensuite à l’Oscar pour American History X, puis se trouve à nouveau récemment en lice pour une deuxième meilleure prestation dans Birdman  de Gonzalès Inarritu. Il ne sera jamais sacré.

Apparemment il n’en a cure. «Je n'ai pas choisi d'être comédien pour gagner des prix, mais pour m’engager dans des projets, relever des défis, pendre des risques. "J’ai parfois la sensation que je ne suis pas la personne idéale, mais c’est justement là qu’il faut que je le fasse. C’est ce sentiment d’insécurité qui me pousse à m’investir dans des rôles".

1291_4bc91193017a3c57fe00677b_1293130964[1].jpgEt c’est ainsi que la vedette de Peur primale (photo) se voit confier des personnages fascinants, dealer chez Spike Lee dans La 25e Heure, néonazi violé et repenti dans American History X de Tony Kaye, roi épreux dans Kingdom Of Heaven de Ridley Scott, méchant dsns The Bourne Legacy de Tony Gilroy. Ou encore narrateur expert en assurances, cherchant une façon de s'évader de son existence monotone.dans Fight Club de David Fincher. Un homme dont il est fan et pour qui il aurait fait n’importe quoi.

Cet intello de la pellicule habitué des rôles à plusieurs facettes mais privilégiant une grande variété et les métrages sollicitant l'intelligence, prône l’entente avec le réalisateur. "Elle est primordiale. C’est un exercice de coopération qui contribue largement à la valeur d’un film. Il faut connaître son œuvre, son langage, son style, sa tonalité. Le contraire est irresponsable". 

Avec Spike Lee par exemple dont il avait tellement aimé Do The Right Thing qu’il s’était racheté un billet à la sortie pour le revoir immédiatement, il y avait une telle complicité que La 25e Heure s'est faite en 28 jours. "Lorsque la confiance fonctionne on est plus disponible". Concernant Wes Anderson (Moonrise Kingdom et The Grand Budapest Hotel), c’est plus facile. "Il envoie des séquences animées en faisant  les dialogues. Nous sommes des marionnettes entre ses mains ".

4031582056_The_Score_edward_norton_147559_1024_768_answer_1_xlarge[1].jpgEdward Norton raconte aussi ses collaborations avec des monstres sacrés, dont Robert De Niro. "On les admire tellement que cela peut devenir un piège. Dans The Score, je ne regardais pas son jeu sur le moment. J’attendais quelque chose avec une idée en tête, qui n'est bien sûr pas venu, et cela m’a dérouté. ll faut être présent".

Le comédien évoque enfin sa propre expérience de metteur en scène, qu’il a menée en 2000 avec Au  nom d’Anna. "Je n’étais pas prêt à diriger. J'ai compris le travail, le temps, l‘attention que cela exige. Mais ma carrière est basée sur l’envie d’être un créatif et j’y ai pris beaucoup de plaisir".
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06/08/2015

Festival de Locarno: Meryl Streep se déchaîne en rockeuse fauchée et déjantée

streepbar640[1].jpgL’an dernier Luc Besson, fasciné par le pouvoir infini de nos petites cellules grises, avait malencontreusement négligé de se servir des siennes et nous fourguait du grand n’importe quoi avec Lucy. Et ce n’était pas la première fois que Locarno ratait le départ. La, le festival a réussi son ouverture grâce à Ricki And The Flash signé Jonathan Demme.

De bon augure en vue de la suite? Un peu tôt pour le dire, même si la compétition a elle aussi plutôt bien démarré avec le film de Josh Mond James White, explorant la perte à travers une très forte entre une mère et son fils.

Mais revenons à Ricki And The Flash où on retrouve une Meryl Streep au mieux de sa forme. Un rien braque et maman indigne, elle a abandonné son mari, ses enfants, sa belle maison pour vivre son rêve de devenir une rock star. Elle se produit dans les bars de Los Angeles et, fauchée, travaille comme caissière de supermarché pour arrondir ses fins de mois.

Un jour, téléphone de son ex (Kevin Kline), qui a trouvé une autre femme pour s’occuper de lui et de ses trois gosses. A sa demande, elle revient au bercail avec mission d’aider sa fille (en l’occurrence la sienne propre Mamie Gummer) qui traverse une période difficile. Evidemment, tout n’ira pas comme sur des roulettes. A l'image de la deuxième partie du film en quelque sorte. Avant de se terminer heureusement sur une jubilatoire scène de mariage propre à la réconciliation familiale, c’est en effet à partir du retour de Ricki que les choses péclotent un peu.

Mais qu’importe. En hard rockeuse vieillissante, émotive, fantasque, désarmante avec son look cuir aussi toc que ses bijoux, l'actrice assure comme une bête aux côtés du chanteur australien Rick Springfield, Contrairement à l’avis du New York Post estimant qu'elle perd son talent dans un opus plus ou moins à la limite du calamiteux, Meryl Streep, aussi déjantée que déchaînée, prouve une fois encore qu’elle peut tout faire.

Quant à Jonathan Demme, il a concocté un musical qui, tout en misant principalement sur le divertissement, se révèle plus profond qu’il n’y paraît. Entre un brin de cynisme et un fond de satire, il donne une image joyeusement critique d’une société américaine bourgeoise, ridiculement corsetée dans son moralisme et ses principes. A voir en Suisse romande dès le 2 septembre..

 

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05/08/2015

Grand écran: "La dame dans l'auto avec des lunettes et un fusil" rate sa cible...

la-dame-dans-l-a111111111111uto-avec-des-lunettes-et-un-fusil[1].jpgQuarante-cinq ans après Anatole Litvak, le bédéiste Joann Sfar auteur du biopic sur Gainsbourg et du film d’animation Le chat du rabbin, s’est lancé dans l’adaptation du polar de Sébastien Japrisot paru en 1966.

La dame dans l’auto avec des lunettes et un fusil c’est Dany Longo, secrétaire dans une agence de pub. Timide, assez insignifiante en dépit de sa beauté, elle mène une vie solitaire sans véritables attaches, sinon une amitié de jeunesse pour la femme de son patron,

Celui-ci m’a pas de peine à la manipuler après lui avoir demandé de venir chez lui pour terminer un travail urgent, puis de le conduire à l’aéroport et de ramener la voiture, une superbe Thunderbird décapotable, à son domicile.

Mais Dany na jamais vu la mer. Et sur un coup de tête, décide de ne pas obéir aux ordres en prenant la route du Sud. Un voyage qui tourne rapidement au cauchemar. Elle se fait attaquer dans une station-service et plusieurs personnes soutiennent l'avoir déjà vue la veille dans la même voiture. Suffisant pour croire qu’elle sombre dans la folie et de se le répéter sans cesse dans un dialogue angoissant avec elle-même.

Une intrigue qui se veut perverse mais qui ne tient pas ses promesses dans ce thriller à l’esthétique des années 60/70. Doublé d’un road-movie parano flirtant avec le fantastique, le film vire à l’exercice de style prétentieux dans une sorte de jeu de rôles sur un scénario inutilement tarabiscoté.

Dommage pour les acteurs dont la révélation Freya Mayor (photo), francophone d’origine écossaise connue pour son rôle dans la série britannique Skins et l’Italien Elio Germano, qui avait décroché le prix d‘interprétation masculin à Cannes en 2010 pour La nostra vita. A noter aussi, mais pas pour le mieux, la présence de Benjamin Bioley dans le rôle improbable de l’inquiétant patron ourdissant une sombre machination.

ted-2-ted-jessica-barth-01-636-380[1].jpgTed 2, le retour calamiteux de l’ourson érotomane 

Le premier métrage avait fait un tel carton que Seth McFarlane n’a pas résisté à l’appât du gain. C’est ainsi qu’on a malheureusement droit à une suite des aventures de Ted, l’ourson graveleux et érotomane.

Marié, il souhaite devenir papa et demande à son pote John d’être le donneur en vue d’une insémination artificielle. Cependant, s’il veut avoir la garde de l’enfant, Ted va devoir prouver devant un tribunal qu’il est véritablement humain.

Sous prétexte de lutte pour les droits civiques en défendant les minorités assaisonnée d’une ode à la différence, le réalisateur nous fourgue une comédie à prétention effrontée, osée et irrévérencieuse, mais qui se révèle juste calamiteusement outrancière.

D’une beaufitude qui le dispute à la vulgarité crasse, elle dégouline de cet humour gras pipi-caca qu’affectionnent les Américains. Ou du moins les fans de l’auteur. Certains se demandent comment Mark Wahlberg peut se commettre dans de telles inepties..A l’entendre, il trouve lui aussi l’exercice très marrant. Sans oublier surtout que ça en rapporte, des pépètes,,,….

Les 4 Fantastiques usurpent leur nom

Les versions de 2005 et 2007 n’ayant pas franchement convaincu, on repart sur de nouvelles bases. Avec une resucée signée Josh Trank, qui s’est fait remonter les bretelles par la prodution pour son comportement imprévisible. Ce qui lui aurait valu ensuite d’être viré du spin off de Star Wars…..

Mais bref. Quatre jeunes scientifiques se téléportent donc dans un univers parallèle dangereux qui fera subir à leurs corps des transformations étonnantes, l’un d’eux pouvant par exemple allonger et déformer ses membres à volonté ou une autre se rendre invisible et générer des champs de force.

Du coup leur vie est à jamais transformée. Ils devront apprendre à maîtriser leurs nouvelles capacités, tout en travaillant de conserve afin de sauver la Terre d'un ancien ami devenu ennemi. Résultat, la Terrienne que je suis fatiguée de cette sempiternelle option scénaristique, s’est copieusement ennuyée dans l’histoire.

Film à l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 5 août.

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04/08/2015

Festival de Locarno: en route pour une 68e édition, avec la maison pour fil rouge

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Alors que le festival misait plus particulièrement l’an dernier sur la superposition, l’échange et le partage, le fil rouge de cette 68e édition sera la maison. Un fil rouge traité de différentes manières selon son directeur artistique Carlo Chatrian, avec des projections qui mettront en scène le foyer. Coup d’envoi demain du millésime tessinois 2015 qui, comme d’habitude, s’annonce sur le papier plutôt riche et éclectique. 

A commencer par les seize longs métrages de la fameuse Piazza Grande. C’est Jonathan Demme qui fera l’ouverture sur l’écran géant, l‘un des plus grands d’Europe, avec Ricki And The Flash. Il raconte  l’histoire d’une mère avide d’indépendance, qui quitte sa luxueuse villa pour un appartement modeste et y revient pour faire face à une situation de crise.

Parmi les films projetés sous les étoiles, on trouve trois autres opus américains  dont Southpaw d’Antoine Fuqua avec Jake Gyllenhaal et The Deer Hunter de Michael Cimino, ainsi que trois français, dont La belle saison de Catherine Corsini avec Cécile de France et Floride de Philippe Leguay avec Jean Rochefort et Sandrine Kiberlain.

Deux productions franco-suisses sont par ailleurs attendues:  Amnesia de Barbet Schroeder avec Marthe Keller, La vanité de Lionel Baier avec Patrick Lapp et Carmen Maura. Sans oublier Erlkönig de Geoges Switzgebel. En clôture de festival, le Brésilien Sergio Machado propose Heliopolis où on constate que la musique adoucit  véritablement les moeurs…

Les films en compétition et les Suisses

Cette année 18 films s’alignent dans la chasse au Léopard d’or. Se présentant sous diverses formes, de la fiction traditionnelle au documentaire en passant par la biographie, ils viennent d’Iran, des Etats-Unis (deux premières œuvres) de Grèce, de Russie, d’Espagne, du Sri Lanka, de Corée du Sud, du Japon, d’Italie, de Belgique ou de France.

Toujours en concours, on découvre une co-production germano-suisse Heimatland. Cette œuvre collective rassemblant le meilleur de la nouvelle génération suisse devrait faire date d’après Carlo Chatrian.

Outre les sections Léopards de demain et Panorama Suisse dédiée à la création cinématographique helvétique actuelle, trois autres films du cru figurent dans d’autres sections du festival. Hors concours on pourra voir Fragments du paradis de Stéphane Goël, et Yes No Maybe de Kaspar Kasics. Quant au volet Cinéastes du présent, il montrera Keeper de Guillaume Senez, avec Kacey Mottet Klein, qu’on  avait notamment vu  dans Home et L’enfant d’en Haut d’Ursula Meier.

Pat-Garrett-Et-Billy-Le-Kid_3957_4ea6179d2c058837cb004535_1320373985[1].jpgRétrospective Sam Peckinpah

L’un des piliers de la manifestation locarnaise c‘est bien sûr la rétrospective. Réalisée par le programmateur et historien du cinéma Roberto Turigliatto, elle est  consacrée  cette année à Sam Peckinpah. Une intégrale composée de plusieurs œuvres restaurée, de séries TV, de collaborations et de films qu’il a interprétés.

Considéré comme le rebelle de Hollywood, le célèbre réalisateur américain mort en 1984 a laissé des oeuvres marquantes comme Pat Garrett& Billy The Kid, Major Dundee, La Horde sauvage, Guet-apens, le Convoi ou Les chiens de paille.

Récompenses, hommages et stars

Comme chaque année, il y aura distribution de Léopards d’honneur. Ils seront remis à l'Italien Marco Bellochio et à l’Américain Michael Cimino. Des prix seront également décernés à la Française Bulle Ogier pour l’ensemble de sa carrière (à l’image d’Anna Karina et de Jean-Pierre Léaud ces deux dernières années) ainsi qu’aux acteurs américains Andy Garcia et Edward Norton.

Outre les élus, seront notamment  présents à Locarno Chantal Akerman, Sabine Azéma, Lionel Baier, Clotilde Coureau, Cécile de France, Marthe Keller, Carmen Maura, Melvil Poupaud, Jerry Schatzberg, Barber Schroeder.

Locarno, du 5 au 15 août. A noter pour les amateurs, une  soirée gratuite sur la Piazza Grande avec la présentation ce soir 4 août dès 21h30 de E la nave va de Federico Fellini.

 

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28/07/2015

Grand écran: "Self/Less" ou le fantasme de l'immortalité

detail.4674598c[1].jpgLe fantasme de la vie éternelle, rien de nouveau sous le soleil. Mais un postulat loin de déplaire au vieux magnat newyorkais Damian Hale, atteint d’un cancer en phase terminale. Autant dire qu’il ne réfléchit pas deux fois lorsqu’on lui propose de transférer son esprit dans un corps sain, jeune et athlétique.

Cette nouvelle enveloppe lui permet de redécouvrir une existence de riche célibataire séducteur dont il ne se lasse pas d’explorer les joies et les plaisirs en multipliant entre autres les conquêtes féminines.

Jusqu’au jour où le passé du mort alors marié et père d’une petite fille dont il a enfilé le costume sans remord, refait surface. Pour son malheur. Logique. Quand on vend son âme au diable, le prix à payer peut se révéler exorbitant. Sauf que la manière dont le réalisateur Tarsem Singh traite son sujet, par ailleurs piqué à John Frankenheimer Seconds, l’opération diabolique (1966) n’a hélas rien de passionnant.

Après un début façon science-fiction, doublé d’une ébauche de réflexion philosophique sur l’identité, la survie de la conscience, voire les effets secondaires de l'immortalité, on se retrouve dans un  film d’action convenu. Et dont l’essentiel, sous prétexte de redoutable conséquence de la découverte d’un terrible secret, se résume à une énième et laborieuse chasse à l’homme.

Une traque d'une rare banalité, aussi peu inspirée en somme que le principal protagoniste de l’histoire, Ryan Reynolds, un héros qui manque singulièrement de charisme.

Film à l'affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 29 juillet.

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Grand écran: "Les chaises musicales", avec Isabelle Carré trop empotée pour séduire

featured_les-chaises-musicales-1050x740[1].jpgPour Perrine, reine des gaffeuses, maladivement timide et pseudo-musicienne célibataire frisant la quarantaine, c’est la galère. Tout ce qu’elle trouve pour boucler ses fins de mois difficiles c’est de jouer l’animatrice sous de ridicules déguisements dans des goûters d’anniversaires de mômes ou des maisons de retraite.

Perdue évidemment dans la campagne en se rendant à l’une de ces fêtes nazes, elle demande son chemin à un homme et, toujours aussi gauche et maladroite, le fait tomber accidentellement dans la benne d’une déchèterie. Voyant qu’il ne bouge pas, elle appelle le Samu et s’enfuit paniquée.

Apprenant qu’il a été hospitalisé dans le coma, elle décide de se racheter en lui consacrant son temps libre et va le voir chaque jour pour tenter de le réveiller. Tout en développant un petit coup de cœur pour sa victime, elle lui emprunte au passage son job, son appartement et son chien…

Premier long-métrage de Marie Belhomme, Les chaines musicales, comédie romantico-loufoque se voulant attendrissante, avait de quoi séduire en montrant un personnage a priori craquant, peinant à trouver sa place dans la société. C’est pourtant le contraire qui se produit, tant sa réalisatrice s’obstine à œuvrer dans l’improbable et l’incohérent. Et comme la licence cinématographique a ses limites, on a bien du mal à s’intéresser à ce scénario poussif.

Les comédiens ne contribuent malheureusement pas à relever le niveau. A commencer par Isabelle Carré qu’on avait beaucoup aimée dans Marie Heurtin de Jean-Pierre Améris, mais qui là confond grâce maladroite et niaiserie bêtifiante. Plus empotée que fragile ou candide, elle se révèle du coup plus exaspérante que touchante.

Pas grand-chose à dire par ailleurs concernant Philippe Rebbot, collectionneur de seconds rôles et récemment vu dans Hippocrate, dans la mesure où il passe les quatre cinquièmes du film allongé sans bouger sur son lit, le visage couvert de pansements…

Film à l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 29 juillet.

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21/07/2015

Grand écran: "Je suis mort mais j'ai des amis", avec papis rockeurs frappadingues

 

imagesBTKG3289.jpgDifficile de se livrer à une plus grande "belgitude" qu’à travers leur dernier long métrage Je suis mort mais j’ai des amis, pour les frères Guillaume et Stéphane Malandrin.

Cette comédie burlesque raconte l‘histoire de  Wim, Yvan, Pierre et Jipé, quatre papis rockeurs déglingues qui, entre bières et frites, passent leur temps à jouer dans les troquets où ils sont engagés.

Jusqu’au jour où ils décident d’aller faire une tournée en Californie. Mais à la veille du départ Jipé, le leader et chanteur du groupe qui a abusé une fois de trop de la bouteille, se tue bêtement lors d'une chute.

Ses trois amis, déterminés à  honorer envers et contre tout sa mémoire, dérobent l’urne funéraire et se lancent dans un road movie déjanté entre Bruxelles, et Los Angeles, avec un détour mouvementé chez les Inuits, dans le Grand Nord québécois. 

Le tout en compagnie de Dany, un pilote de l’air moustachu débarqué par surprise pour leur apprendre qu’il était depuis quelques années l’amant de leur pote décédé… Et qui, en dépit de leurs tentatives grossières pour s’en débarrasser, ne va pas leur lâcher les baskets. 

Ce film émouvant, tendre, cynique, humoristique et absurde sur le deuil, l’amitié, les rêves et les illusions perdues, met en scène d’attachants pieds nickelés du rock sur le retour. Une farce réjouissante qui doit beaucoup à ses acteurs, Serge Riaboukine, Wim Willaert et surtout l’irrésistible Bouli Lanners. Meneur de la fine équipe, genre bouledogue croisé avec un ado attardé. il s’éclate dans le rôle d’un rockeur quinqua colérique aux longs cheveux filasses peu ragoûtants,

Losers à la fois gamins, pathétiques et frappadingues, ces trois-là font oublier la caricature souvent appuyée, quelques gags douteux et le côté un rien approximatif du scénario.

Film à l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 22 juillet.

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19/07/2015

Coupe Davis: impossible est de plus en plus français!

andy-murray-coupe-davis_6674816856842c61832899bc38085740[1].jpgLes Bleus partaient en principe favoris pour ce quart de finale contre les sujets de Sa Majesté dans la mesure où, débarqués en force, ils n’avaient que Murray à battre.

Quantité n’est pourtant pas synonyme de qualité et les choses ont tourné autrement. Après le double de samedi misérablement perdu par Tsonga et Mahut, on lisait donc partout que vaincre la belette écossaise était devenu mission impossible. Mais impossible n’étant pas français, rappelaient certains, l’espoir demeurait….

Et il faut bien avouer qu’au bout d’une manche rondement tricotée par le brave Simon et d’une deuxième sur le point de l’être, les plus sceptiques n’étaient pas loin de se bercer d’illusions. Le capitaine Clément souriait aux anges, les fans s’agitaient follement en s’inclinant devant la merveille hexagonale, tandis que Jo-Wilfried enfilait le blouson. Et s’apprêtait à rejoindre les vestiaires pour se préparer à livrer le cinquième match, devant alors logiquement donner la victoire aux siens, étant donné la faiblesse insigne d’une opposition nommée James Ward.    

Bref, contre toute attente, nos chers voisins s’voyaient soudain quasiment guerroyer en demi-finale, avec ce pauvre Andy au bord de la rupture, déjouant tous les pronostics d’un triomphe anglais sans coup férir ou presque.

Et puis voilà qu’il se rebiffait, sortant ses petites dents pointues pour commencer à déchiqueter impitoyablement le malheureux Simon qui ne résistait pas à la morsure. Le capitaine Clément baissait la tête, les fans modéraient leurs ardeurs et Tsonga se rasseyait en tombant le blouson. Comme quoi impossible est hélas de plus en plus français, ainsi que l’avaient déjà cruellement éprouvé les Hexagonaux en finale à Lille en novembre dernier face aux Helvètes déchaînés.

En revanche, le fameux dicton a provisoirement changé de continent pour devenir australien, si j'en juge par le spectaculaire retournement de situation auquel on a assisté suite à l’effondrement des «Special K», les fanfarons Kyrgios et Kokkinakis aussitôt remplacés sur le terrain. Menés 0-2, le bombardier Groth et l’inusable Hewitt enlevaient le morceau au nez et à la barbe des valeureux et étonnants Kazakhs, fort dépités cependant par la douloureuse tournure de l'événement.

Inutile de préciser que les British auront de quoi se méfier des kangourous de choc qu’ils retrouveront dans le dernier carré, s‘ils veulent se garder l’entier du rosbif à déguster en finale….

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