23/04/2014

Cinéma: "Dans la cour" avec Catherine Deneuve au bord de la déprime

cour[1].jpgUn film avec Catherine Deneuve en tête d’affiche ne laisse jamais indifférent. Après avoir joué la fugueuse sexagénaire dynamique et avide de liberté chez Emmanuelle Bercot dans Elle s’en va, la voici vedette de Dans la cour, une comédie sur la dépression et la solitude signée Pierre Salvadori.

Elle apparaît en femme fragile qui perd gentiment les pédales. Un rôle auquel elle ne nous avait pas habitués. Mais après cinquante ans de carrière, elle n’a pas peur de casser son image, ainsi qu’elle l’a confié dans une interview au Téléjournal. Pour autant qu’elle l’ait redouté un jour.

Face à elle, Gustave Kervern, réalisateur débarqué de Groland. C’est un attelage peu commun, voire contre-nature qu’a formé là Pierre Salvadori. Dun côté elle, comédienne hors-norme, phénomène de longévité qui ne se voit pas arrêter de tourner, "icône à 70 ans" a récemment titré le New York Times Magazine comme le rappelle Télérama. De l'autre lui, acteur bourru à la barbe broussailleuse, aux cheveux même rares en bataille, à la tête d’ours et au physique ingrat.

Là il incarne Antoine, la quarantaine bien tapée, musicien au bout du rouleau qui met brusquement fin à sa carrière. Après quelques jours à errer et à chercher un boulot, il décroche celui de concierge dans un vieil immeuble de l’est parisien. C’est là qu’habite Mathilde, fraîchement retraitée, impliquée dans la vie associative et attentive à ses voisins.

Mais la fantasque et déraisonnable Mathilde est très stressée par les nouvelles qu’elle lit dans les journaux. Et quand elle découvre une fissure dans le mur de son salon, son inquiétude latente vire à l’angoisse proche de la panique à l’idée que la maison pourrait s’effondrer. Antoine, qui s’était immédiatement senti des affinités avec  cette femme rencontrée en prenant ses fonctions, développe un sentiment d’amitié. Dépressif lui-même, animal blessé accro à la drogue, il craint de la voir sombrer dans la folie.

Cette fissure qui s’agrandit est évidemment symbolique de l’état de ces deux personnages cabossés, mais pas seulement. La cour de l’immeuble, où s’agite une brochette de fêlés est aussi le reflet d’une société française soignant sa déprime, son anxiété et son mal-être à grands coups d’antidépresseurs.  

Tout cela donne une comédie à la fois drôle, noire, mélancolique, oscillant entre légèreté et gravité. A l’image de ses deux personnages principaux attachants et touchants, elle donne souvent dans le burlesque, antidote à la réelle détresse ambiante.

Film à l’affiche dans les salles romandes dès mercredi 19 avril.

 

 

 

 

 

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21/04/2014

Monte-Carlo: Wawrinka, nouvelle Altesse Sérénissime du tamis...

1794406_pic_970x641[1].jpgEh bien, nous ne nous mouchons pas du coude nous autres Helvètes. Il a suffi à Wawrinka, follement encensé urbi et orbi, d’empocher un Grand Chelem chez les kangourous et le Masters 1000 de Monte-Carlo pour que nous soyons nantis non seulement du plus grand joueur de tous les temps, mais encore du meilleur tennisman actuellement à l’œuvre sur le circuit.

Certes Wawrinka, sacré prince du Rocher et du coup à tu et à toi avec leurs Altesses Sérénissimes du cru (surtout Charlene soit dit en passant, bisée et rebisée à la suisse par nos deux roturiers de la raquette), montre de belles dispositions depuis Melbourne. 

Encore que le "fantastique" parcours de Stanimal (exhibant ce surnom un poil grotesque sur son sac de sport) fut entaché par des prestations fort moyennes à Indian Wells et à Miami, où il a laborieusement atteint les huitièmes de finale pour s’en faire à chaque fois éjecter par des seconds couteaux d’Afrique du Sud et d’Ukraine. N’en déplaise à ses super fans.

Mais il est vrai que le triomphe monégasque d'Ironstan auquel figurez-vous il ne s’attendait pas du  tout  (à se demander pourquoi il était venu), le place pour l’heure en tête de la Race en vue des qualifications pour la finale en novembre prochain à Londres.

Il n’empêche que je mettrais une vague sourdine au tintouin ambiant suite à ce premier couronnement enivrant, vu les réjouissances à venir. A commencer par une participation impérative du nouveau diamant à la finale de Madrid s'il ne veut pas perdre de précieux points, d’autant que son dauphin Rodgeur (ça fait drôle quand même…) n’avait pas fait long feu sur le Central ibère l’an passé.

Vous me rétorquerez que cela pourrait être son année, à Stan the Man. Surtout avec Djokovic incertain côté poignet, Nadal pas trop à l’aise dans ses baskets, Federer qui ne s’est pas complètement trouvé, Murray qui se cherche encore, Ferrer privé d’un grand coup, Berdych souvent aux fraises, Del Potro ko et Tsonga raplapla…

Comme le rappelait doctement Federer à l’issue de sa défaite, un rien mortifiante quoiqu’il prétende, il est important de saisir les occasions quand elles se présentent. A cet égard d’ailleurs, je ne suis pas sûre que le Bâlois continue à se réjouir comme un enfant à l’idée de rencontrer le Vaudois. En effet, à l’image de l’ogre de l’ocre envers la mobylette Ferrer, le maestro ne peut plus trop compter sur le complexe du compatriote pour l’emporter les doigts dans le nez.

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19/04/2014

Monte-Carlo: Les "Fedrinka" envoient les Suisses au septième ciel!

209743055_news624[1].jpgNous voici donc en train de nager en plein nirvana avec cette finale historique 100% helvétique au Master de Monte-Carlo. Ce qui n’était pas franchement du tout cuit du départ.

Après la victoire de Ferrer contre Nadal, même s’il est vrai que le mille-pattes de Valence avait en face de lui un pitbull de Manacor un rien édenté, je redoutais des effets pervers chez Wawrinka. Bien que désormais paraît-il, Ironstan soit craint comme la peste sur l’ensemble des courts de la planète…

Mais celui qui me causait le plus de souci, c’était évidemment Federer qui, suite à ses errements coupables contre Tsonga dont on connaît pourtant la nervosité et la fragilité physique au fil des jeux, devait ensuite affronter Djokovic. Toujours un cadeau empoisonné pour Sa Grâce, Dracula. D’autant qu’il avait bouclé ses deux premiers matches en moins de temps ou presque qu’il n’en avait fallu à Rafa et David pour terminer leur… premier set !

En plus il était assez impératif pour le Bâlois de l’emporter sur le Serbe. En perdant la rencontre il se serait retrouvé à égalité avec son grand rival concernant leurs duels (17 victoires chacun). Vu que Rodgeur est déjà en déficit de succès face à Nadal et Murray, il n’aurait dominé aucun des membres du Big Four. Plutôt moche pour la légende. Là au moins, il y a sursis.

monte-carlo-federer-rejoint-wawrinka[1].jpgAlors certes, le malheureux Novak semblait avoir du mou dans le poignet, handicap dont ses fans font leurs choux gras, histoire de minimiser un brin la performance du maestro.

Ainsi que l’écrit en substance un internaute, quand notre gloire de la nation avait mal au dos, elle ne l’a pas crié sur les toits, ce qui lui a valu de passer pour un vieux schnock au bout du rouleau chez les spécialistes et dans les médias.

Par ailleurs, il est clair que si le vampire de Belgrade avait gagné le set initial, exploit qu’il a été à deux doigts de réussir malgré son petit bobo, il aurait beaucoup moins grimacé tout au long de la seconde manche. Enfin il ne faut pas être courageux comme le prétendent certains, mais carrément barge pour mettre en danger le reste de sa saison en s’obstinant à jouer avec un poignet en capilotade...

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16/04/2014

Cinéma: "Le démantèlement", ou l'amour paternel au centre d'un mélodrame rural

arton4095[1].jpgVieux berger veuf élevant seul ses moutons dans la Belle Province, Gaby résiste tant bien que mal à la crise économique qui pousse peu à peu les paysans du coin à vendre leurs propriétés aux enchères. Mais en dehors de sa ferme, sa raison de vivre, il aime infiniment ses deux filles, parties vivre à Montréal.

Du coup, elles ne viennent pas le voir autant qu’il le souhaiterait. La cadette est artiste tandis que l'aînée, mère de famille sur le point de divorcer est empêtrée dans des problèmes financiers.

Lorsqu’elle est menacée de perdre sa maison, elle demande à son père de l’aider. Sans hésiter Gaby à se décide de se défaire de tous ses biens, de l’habitation au troupeau, et de quitter ses grands espaces pour aller vivre dans un petit appartement en ville.

Inspiré d’un classique de la littérature française, Le père Goriot de Balzac, ce mélodrame rural tirant vers le western à la John Ford, séduit par la beauté de sa photo, la simplicité de son récit et la volonté de l’auteur Sébastien Pilote de ne pas céder au pathos et au misérabilisme. Au point d'ailleurs d'en être parfois un peu sec.

Traitant de la générosité, de l’abnégation de l’amour paternel total sur fond de tradition et de transmission, tout en surfant sur le réalisme social en évoquant la fin d’une époque, le film est porté de bout en bout par le comédien Gabriel Arcand (Photo avec Sophie Desmarais).

Il se montre particulièrement convaincant en patriarche taciturne et introverti, se sacrifiant pour son enfant sans état d’âme. Il est entouré d’acteurs secondaires, dont le volubile Gilles Renaud, qui contribuent par leur naturel à la réussite de ce Démantèlement. On lui reprochera tout de même une certaine lenteur et quelques inutiles longueurs.

Film à l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 16 avril.

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Cinéma: "Babysitting", loin de la démence collective affichée!

522069[1].jpgC’est le genre de film dans lequel on rentre… ou pas. J’avoue avoir posé un pied hésitant pour ressortir très viite (au figuré, j'ai malgré tout attendu la fin) de cette histoire de potes. En l’occurrence La Bande à Fifi, débarquée du petit écran sur le grand.

Cette comédie lassante façon sous Very Bad Trip, surfant sur la mode du found-footage (montage d’images récupérées) en y mêlant des scènes tournées en caméra normale est signée de Philippe Lacheau (une première pour celui qui tient aussi le rôle principal) et Nicolas Benamou.

Sa babysitter lui ayant fait faux-bond à la dernière minute, le riche Marc Schaudel qui avait prévu de partir en week-end avec Madame, confie son fils Rémy à son employé Franck. Mais le petit chéri est du genre sale gosse hyper capricieux. De surcroît il se trouve que Franck a 30 ans ce jour-là et que ses copains ont prévu une mégafête. Du coup ils débarquent dans la villa et sèment un bousier monstre.

Au petit matin suivant, Marc et sa femme Claire sont réveillés par la police. Franck et Rémy ont disparu. Dans leur maison dévastée, une caméra est retrouvée par maréchaussée et les parents (Gérard Jugnot et Clotilde Coureau, au secours!) découvrent affolés les images tournées pendant cette folle soirée. 

Babysitting se veut évidemment un film complètement déjanté. Outre une pièce mise à sac, un perroquet trucidé, un détour par une fête foraine et une course en kart sur l’autoroute, on est pourtant loin de la démence collective affichée. Surtout dans la mesure où le fond de l’histoire se résume à un gamin qui n’arrête pas de faire l’andouille parce qu’il aimerait tant que son papa s’occupe de lui et vienne le voir jouer au foot… 

Alors prétendre, comme les fans de la bande à Fifi , que cette " bombe apporte du sang frais à la comédie franchouillarde bien pépère", me paraît très exagéré. Un bon point quand même au jeune et joli Enzo Tomasini (photo avec Philippe Lacheau), qui n’a pas la langue dans sa poche, même sur les plateaux télé.

Film à l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 16 avril.      

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15/04/2014

Cinéma: "Une promesse" de Patrice Leconte. Pas facile à tenir...

P03UNEPROMESSE0409[1].jpgUn réalisateur français qui tourne un film se déroulant en Allemagne avec des personnages parlant anglais, voilà qui sent son europudding. D’autant qu'il est librement adapté d’un roman de l’Autrichien Stefan Zweig, Le voyage dans le passé, paru en 1929.

L’auteur d'Une promesse production franco-belge, c’est Patrice Leconte qui, touché par les sentiments et les émotions que véhiculent le livre, s’est attelé à une représentation chaste d'un amour fou.

Nous sommes en Allemagne, en 1912. D’origine modeste et fraîchement diplômé, Friedrich devient le secrétaire particulier de son patron  Herr Hoffmeister, directeur d’une aciérie. Voyant sa santé décliner, il demande au jeune homme de s’installer chez lui. Et ce qui devait arriver arrive. A peine Friedrich pose-t-il les yeux sur Charlotte, la belle épouse de trente ans de son bienfaiteur, qu’il en tombe éperdument amoureux.

Un sentiment partagé mais gardé secret jusqu’au jour où Herr Hoffmeister, un rien soupçonneux semble-t-il, envoie  Friedrich au Mexique pour lancer une exploitation minière. Désespérée mais  décidée à rester fidèle, du moins physiquement, à son vieux mari malade, Charlotte fait alors un serment  à Friedrich. Elle sera à lui à son retour dans deux ans. C’était compter sans l’éclatement de la première Guerre Mondiale...

Patrice Leconte propose un drame romantique en costumes de facture très classique qui se laisse regarder, sans plus, pour quelques belles images et de jolis cadrages. Outre son côté poussif et son manque d’originalité, l'opus peine en effet à tenir sa promesse et à nous convaincre de la passion dévorante qui unit ses deux protagonistes principaux. Ils sont interprétés mollement par Rebecca Hall et Richard Madden (photo), connu pour son rôle de Robb Stark dans la série Game Of Thrones et donnent la réplique à Alan Riclkman, qui a eu le malheur d’introduire le loup dans la bergerie…

Film à l’affiche dans les salles romandes dès mercredi 16 avril.

 

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Cinéma: Le provocant Xavier Dolan envoie "Tom à la ferme". Gare au danger!

tom2-tt-width-604-height-400[1].jpgAvec son quatrième long-métrage, le talentueux réalisateur québécois de 24 ans, change de registre. Après  J’ai tué ma mère, Les amours imaginaires et Laurence Anyways, il s’est lancé dans un thriller psychologique à la Hitchcok.

Xavier Dolan (photo) en profite d'ailleurs pour adresser quelques clins d’œil au maître. Qu’il s’agisse d’une poursuite dans un champ de maïs rappelant celle de La mort aux trousses, ou d’une scène derrière un rideau de douche évoquant Psychose.

Adapté de la pièce de théâtre éponyme de son compatriote Michel Marc Bouchard, Tom à la ferme raconte l’histoire d'un jeune publicitaire de Montréal, Tom donc, qui décide de se rendre dans une bèatisse paumée au fin fond de la campagne, pour assister à l’enterrement de son amant mort dans un  accident de la route. Mais rien ne se déroulant comme pr il ne tarde pas à se rendre compte que personne ne sait qui il est ni la nature de sa relation avec le défunt.

Celui-ci l’avait en effet cachée au profit d’une liaison fantasmée avec une certaine Sarah, une amie de Tom. Ce dernier n’ose pas dévoiler la vérité, d’autant que Francis, le frère aîné de son compagnon disparu, lui ordonne de se taire pour protéger Agathe, la mère névrosée, ainsi que  l’honneur de la famille.

Syndrome de Stockholm

Dès lors s’installe entre les deux personnages une relation malsaine, aussi perverse que toxique. Pris au piège, Tom très fragilisé accepte de rester à la ferme. Jouant le fils de substitution d ‘Agathe à qui il continue à mentir, il se laisse surtout manipuler par Francis, un garçon violent et colérique, limite  psychopathe. Victime d’une sorte de syndrome de Stockholm, il s’attache même à son bourreau, faux symbole de virilité qui veut imposer sa loi.   

Dans ce film à l’atmosphère sombre, étouffante, la tension monde et le malaise croit. On passe de la fascination aux mensonges, de la crainte à la séduction et à la brutalité, sur fond de deuil raté et d’homosexualité latente chez Francis.

Selon Xavier Dolan pourtant, si elle est évoquée en filigrane, il n’en est pas question entre les deux protagonistes. Le cinéaste, qui se glisse en outre avec aisance dans la peau de Tom, s'attache  plutôt à la manière dont "ce rat des villes et ce rat des champs, deux animaux blessés, s’apprivoisent".

En compétition à la dernière Mostra de Venise, Tom à la ferme a particulièrement séduit la critique qui lui a décerné son prix.  En revanche le jury présidé par Bernardo Bertolucci l’a ignoré. Dommage pour le provocant enfant prodige. 

Film à l'affiche dans les salles romandes dès mercredi 16 avfril.

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09/04/2014

Cinéma: Du vide dans "Les yeux jaunes des crocodiles"...

PHO7b6e024a-bf2a-11e3-8768-ea0d916bcd04-805x453[1].jpgMais où va le cinéma français? Après une série de comédies plus ineptes les unes que les autres, de Supercondriaque à Fiston en passant par Situation amoureuse: c’est compliqué, la palme revenant incontestablement au particulièrement calamiteux Avis de mistral, voici un nouvel opus proche du néant signé de la Belge Cécile Telerman et adapté du best-seller de Katherine Pancol, Les yeux jaunes des crocodiles.

C’est l’histoire de deux sœurs que tout oppose. D’un côté il y a Joséphine la gentille, sorte de paillasson sur lequel tout le monde s’essuie les pieds, mais en même temps brillante historienne, chercheuse au CNRS et spécialisée dans le 12e siècle. De l'autre, on découvre la méchante, Iris, magnifique et superficielle bourgeoise.

Fauchée, avec deux filles sur les bras, la première vient de larguer son mari qui la trompe avec la manucure du supermarché d’à côté. La seconde, pourvue d’un mari friqué, s’ennuie dans son appartement des beaux quartiers parisiens entre le shopping et les salons de beauté. 

Lors d’un dîner chic, lassée de passer pour futile, elle se vante d’avoir commencé un roman. Prise au piège face à l’enthousiasme des convives, elle persuade sa sœur de l’écrire à sa place. Elle signera le livre mais lui laissera l’argent qu’il pourrait lui rapporter. A contrecoeur mais couverte de dettes, Joséphine finit par accepter. Et c'est l'engrenage... 

Pauvreté de la mise en scène et des dialogues, personnages caricaturaux, intrigue ridicule, Cécile Telerman ne nous a pas épargné grand-chose. En revanche, elle n’a pas lésiné sur le casting. Dans sa sitcom aussi mièvre dirons-nous pour sa défense, que le roman dont elle est tirée, elle a réuni Emmanuelle Béart, Julie Depardieu (photo), Patrick Bruel, Jacques Weber et Alice Isaaz, qui continue donc à squatter la pellicule hexagonale. Mais voilà hélas qui ne suffit pas à sauver le bateau du naufrage.

Film à l'affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 9 avril.

 

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Cinéma: "Divergente", la nouvelle saga pour ados, ne brille pas par son originalité

189499[1].jpgDans un Chicago futuriste et post-apocalyptique, les habitants sont divisés en cinq groupes de personnes appelés des factions. Il y a les Audacieux, les Erudits, les Altruistes, les Sincères et les Fraternels.

Comme tous les jeunes de son âge, Béatrice, 16 ans, doit choisir son camp pour le reste de son existence après avoir passé un test de capacité. En effet, aucun retour en arrière n’est possible dès l’option du clan arrêtée.

Mais, cas rarissime, l'examen n’est pas concluant dans la mesure où ses compétences la placent à la fois chez  Audacieux, les Erudits et les Altruistes. Autrement dit, elle est Divergente. Les Divergents sont des individus n’appartenant à aucune caste. Classés éléments subversifs, ces parias qui errent misérablement en haillons, sont traqués par le gouvernement et en danger de mort.

Dissimulant son secret Béatrice, née chez le Altruistes, fuit sa famille, prend le nom de Tris et intègre  le monde violent des Audacieux, des risque-tout dont l’entraînement, outre l’aptitude indispensable au combat, est basé sur le contrôle de leurs peurs intimes.

Adapté de la série littéraire de Veronica Roth qui a fait un tabac aux Etats-Unis, Divergente, dont le premier volet de la trilogie est signé de l’Américain Neil Burger est la nouvelle saga pour ados, dans la droite ligne de Hunger Games ou autres Ames vagabondes.

Une mouture initiale du coup bien peu originale et longuette, à la mise en scène pas trop inspirée et au scénario frôlant l’indigence. Le réalisateur se contente de surfer sur la force et le courage exemplaire d’une  héroïne luttant contre une société dystopique évidemment fascisante, aux habitants manipulés sans surprise par un pouvoir totalitariste.

Tris est interprétée par Shailene Woodley, qui donne la réplique à Theo James, son amoureux dans l’histoire (photo). Mais on a vu des protagonistes plus motivés. A l’image de Kate Winslet, installée au sommet de l'échelle dans cet univers hyper hiérarchisé, où l'échec n'est ni autorisé ni pardonné. A se demander ce qui a bien pu la pousser à s’engager dans cette aventure, dont la deuxième partie à venir s’intitule L’insurrection. On a l’impression de l’avoir déjà vue…

Film à l'affiche dans les salles romandes dès mercredi 9 avril.

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08/04/2014

Cinéma: "My Sweet Pepper Land", un drôle de western à la sauce kurde

thumb[1].jpgNous sommes au carrefour de l’Iran, de l’Irak et de la Turquie au lendemain de la chute de Saddam Hussein. Ex-combattant de l’indépendance kurde, Baran devenu flic est chargé de faire respecter la loi. Il débarque dans un bled livré aux trafics et aux exactions d’Aziz Aga le caïd local, en même temps que Govend, une jolie et courageuse  institutrice. Chacun à sa manière est déterminé à se battre pour la justice et l’éducation des enfants. 
 
Second degré assumé pour ce western à la sauce kurde, où se mêlent romance, comédie sociale et farce burlesque. Il donne l’occasion au cinéaste en exil à Hiner Saleem d’évoquer, à travers le portrait et le regard de ses héros, les problèmes de son pays où deux mondes s’opposent.

Face au traditionnel voulant qu’une femme doit obéir à son mari ou ne peut travailler sans son autorisation sous peine de déshonorer sa famille, Govend cherche à conquérir sa liberté. Celle que lui refusent son père et les autres mâles de son entourage, campés sur des conceptions d’un autre âge. Ses aspirations sont partagées par Baran, qui ne cherche pas à la dominer, bien au contraire.

Ensemble  ils représentent la modernité, revendiquant le droit de choisir à la fois leur mode de vie, leur conjoint ou leur profession. Ainsi, entre humour burlesque, fausse légèreté et vraie gravité, le réalisateur se plaît à fustiger la difficile condition de la femme, la corruption mafieuse, tout en ridiculisant un archaïque code de l’honneur. Une jolie réussite à laquelle participent largement Golshifteh Farahani (photo) dans le rôle de Govend et Korkmaz Arslan dans celui de Baran.

Film à l’affiche dans les salles romandes dès mercredi 9 avril.

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07/04/2014

Coupe Davis: de l'enfer au paradis, la laborieuse ascension des "Fedrinka"

topelement[1].jpgCe quart de finale devait être l’Everest pour des Kazakhs quasi inconnus et une promenade de santé pour nos as Federer et Wawrinka. Eh bien, franchement la honte, Il s’en fallu de peu que le plus haut sommet du monde ressemble à une vulgaire montagne à vaches pour les adversaires des Helvètes, qui ont dû livrer un véritable marathon et aller au bout du bout, histoire de passer de l‘enfer au paradis et se permettre de continuer à rêver au saladier d’argent.
 
A l’image des Français qui ont connu de pareilles affres contre les Allemands à Nancy, les Suisses ont en effet mis un temps fou à être galvanisés par le drapeau at home, dans un Palexpo pourtant chauffé à blanc par 16.000 spectateurs complètement acquis à leur cause.
 
Surtout Wawrinka, bien qu’on ne cesse de le porter aux nues, en revenant inlassablement sur sa victoire à l’Open d’Australie contre le fantôme de Nadal, glosant sur le fait qu’il n’a perdu que trois matches depuis le début de la saison. Mais encore faut-il voir à quel stade lors des deux derniers! Enfin, il est vrai que les choses sont particulièrement durailles pour lui, dans la mesure où il doit constamment  battre à la fois son rival et… lui-même, de loin son adversaire le plus redoutable.
 
Mais le croquignolet de l’histoire restent les commentaires de Pierre-Alain Dupuis et de son consultant Marc Rosset à la RTS, plus fans lambdas que jamais. Ils ont tellement les yeux de Chimène pour leurs idoles qu’ils ne les ont pas toujours en face des trous. Pour eux, tout ce qu’entreprenaient nos deux orchidées noires était absolument formidable qu’elles marquent des points ou alignent les fautes. Souvent "bonnes" d’ailleurs, les fautes!
 
Ce qui nous a valu en résumé ceci, notamment lors de rencontres décisives du dimanche: fantastique ce service, phénoménal ce lob, génial cette volée, dément ce passing, fabuleux ce slice, inouï cet amorti, prodigieux ce revers, géant ce coup droit. Et cela de surcroît figurez-vous, contre une équipe kazakh méga performante. On se pince. C’était à croire que les numéros trois et quatre à l’ATP affrontaient Nadal et Djokovic au meilleur de leur forme, alors qu’il ne s’agissait que de se débarrasser des 56 et 64e mondiaux.

Les deux inénarrables avaient beau nous seriner qu’en Coupe Davis il n’y a plus de classement qui tienne, il y avait quand même des moments où ils étaient plus pathétiques que nos champions, errant comme des âmes en peine dans le double, face à un troisième couteau flanqué d’un nobody. De quoi cultiver les pires craintes pour la demi-finale en septembre prochain contre les Italiens.

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02/04/2014

Cinéma: "La crème de la crème" épingle la future élite économique hexagonale

la-creme-de-la-creme[1].jpgQue ce soit sur grand écran ou sur les plateaux télé, on la voit partout ces jours Alice Isaaz. Qui promène un petit air de ressemblance avec Emmanuelle Béart…bien avant la bouche.

Elle joue ainsi l’un des trois premiers rôles dans La crème de la crème, le dernier-né de Kim Chapiron. Auteur du plutôt délirant Sheitan et du carcéral Dog Pound, il est labellisé enfant terrible, sinon prodige, du cinéma français.

Là il se lance dans l’exploration du comportement plus ou moins trash des étudiants dans les prestigieuses HEC, machines à fabriquer la future élite économique et financière hexagonale. Dans cette sorte de sous Loup de Wall Street façon teen, on ne respecte aucune loi sauf celle du marché. Tout se vend et tout s’achète donc, y compris le sexe.

Forts de ce principe et décidés de passer de l’enseignement théorique à la pratique, trois étudiants, deux garçons et une fille se revendiquant par ailleurs lesbienne, organisent sur le campus un juteux réseau de prostitution. Qui finira par se transformer en une quête affective. 

Il y a certes une vraie idée dans cette volonté, même maladroite ou faussement féroce d’épingler les leaders de demain, et la mise en scène est assez efficace. Le scénario n’est toutefois pas à la hauteur des ambitions de Kim Chapiron dans ce film sur la génération Y où les protagonistes avides de débauche, de transgressions et d’excès s’éclatent sur du Sardou (!) à deux doigts du coma éthylique.

La crème de la crème s’aventure également sur le terrain des différences sociales, avec des personnages trop grossièrement catégorisés. En revanche les comédiens se montrent convaincants. Aux côtés de la jo
lie Alice Isaaz, on retrouve Thomas Blumenthal, découvert dans Les choristes et Jean-Baptiste Lafarge.

Film à l’affiche dans les salles romandes dès mercredi 2 avril.

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01/04/2014

Cinéma: "Pelo Malo" dénonce l'homophobie et l'intolérance

1378830015badhair_011-resize-375x210[1].jpgRéalisatrice peu prolifique, Mariana Rondon n’en connaît pas moins un joli succès en Amérique latine. Cinq ans après la sortie de Cartes postales de Leningrad où des enfants s’inventent un monde pour se protéger des horreurs de la guerre, la cinéaste revient avec  Pelo Malo, (Chevelure rebelle) où elle raconte l’histoire d’un garçon de neuf ans. 
 
Il s’appelle Junior, vit à Caracas avec sa mère et son petit frère de deux ans. Mignon, de constitution délicate, il est obnubilé par ses cheveux qu’il a frisés comme son père (par ailleurs absent), alors qu’il les aimerait tellement lisses comme ceux de Marta, sa jeune maman. Dans l’espoir de dompter cette toison haïe qui lui pourrit l’existence, il s’enferme dans la salle de bains, passant des heures devant la glace à se coiffer et se recoiffer, allant jusqu’à enduire ses boucles épaisses  de mayonnaise ou d’huile pour mieux les aplatir. 
 
Ce comportement coquet déplaît fortement à Marta, qui y voit le signe d’une potentielle homosexualité. D’autant que Junior n’aime pas le sport, veut être chanteur, danse avec sa grand-mère qui lui apprend des chansons kitsch et joue à la poupée avec  une copine acariâtre et peu gâtée par la nature, rejetée par les autres enfants. Il adore aussi regarder le concours de Miss Vénézuela à la télévision et s’intéresse de trop près à un voisin plus âgé qui se balade en débardeur sous sa fenêtre.
 
Relations conflicttuelles

Autant dire que le gamin, ne correspondant pas à la norme, a du mal à se couler dans le moule ardemment souhaité par sa mère. Ce qui provoque entre ses deux êtres des relations particulièrement conflictuelles. Certaine qu’il va souffrir dans un monde dominé par la religion et la masculinité, Marta s’ouvre de ses angoisses à un médecin, usant en outre de divers moyens pour essayer de viriliser son rejeton. Tandis que ce dernier, aspirant à un amour maternel qui lui est refusé, lutte pour assumer une différence qu’il ne fait que pressentir. 
 
Les obsessions capillaires de Junior et ses petits travers servent naturellement de prétexte à la réalisatrice pour stigmatiser l’homophobie et l’intolérance.au sein de la société vénézuélienne Mais elle s’y prend avec finesse, évoquant  l'orientation sexuelle de son pré-ado par petites touches, sans rien dramatiser, ni vouloir absolument illustrer son propos par l’image. 
 
Pas question non plus pour Mariana Rondon  de tomber dans les bons sentiments ou la compassion. Certes bienveillante, elle peut aussi manifester une certaine dureté, sinon se montrer cruelle dans le dénouement d’un récit singulier aux personnages attachants et parfaitement interprétés. A commencer par Samuel Lange Zambrano (Junior) et Samantha Castillo (Marta). Ils contribuent largement à la réussite de ce film bien écrit, bien mis en scène, qui a reçu le Coquillage d’Or au dernier Festival de San Sebastian.

Film à l'affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 2 avril.

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26/03/2014

Cinéma: "Her", passion insolite entre un homme et une machine

k-bigpic-e1376010501535[1].jpgNous sommes à Los Angeles, dans un futur proche. Theodore Twombly est un homme secret, tourmenté, au caractère complexe. Anéanti par une douloureuse rupture, il reste hanté par les images de son bonheur perdu. Noyant son chagrin dans l’informatique de pointe, il décide d’acheter un programme ultramoderne s’adaptant à la personnalité de chaque utilisateur. 
 
Il fait ainsi la connaissance de Samantha, une voix ensorcelante, sexy et sensuelle de machine, qui réveille ses sentiments par son humour, sa compréhension, sa tolérance et son intelligence. Petit à petit leur désir commun croît, ils tombent amoureux et vivent une passion pour le moins insolite.
 
Cette love story inédite entre un humain et un système d’exploitation n’est pas loin d’être déjà labellisée culte par de nombreux critiques sous le charme. Elle est en gros décrite comme un  chef d’œuvre exaltant, bouleversant, fascinant de beauté, d’intelligence, de sensibilité, de grâce d’humour et de poésie.
 
Ce fol enthousiasme est exagéré. Mais il est certain que le réalisateur Spike Jonze, notamment auteur de Dans la peau de John Malkovich, livre dans cette fable mélancolique entre fantastique et romantisme, une analyse plutôt fine des rapports amoureux dans un univers de science-fiction pas si éloigné du nôtre. 

Solitude et absence de communication

Le plus intéressant et pertinent est toutefois ce qu’il dit de l'extrême solitude, d’une absence de communication entre les êtres, culminant dans des scènes visuellement révélatrices de gens se croisant sans se voir, également épris de leur smartphone ou autre appareil plus sophistiqué, ce qu’il laisse entrevoir de la peur du futur, voire du fantasme masculin de la femme idéale. Le tout induit par l’avancée de nouvelles technologies. 
 
Pourtant, passé le début intrigant et très prometteur d’une option amoureuse virtuelle, la romance originale dont le réalisateur prétend revisiter les vieux codes, se traduit finalement par une bluette banale, conventionnelle et longuette.
 
Elle déçoit par son contenu fade et superficiel, où le seul élément un rien extravagant consiste dans la découverte de Théodore effondré, apprenant que sa chère Samantha parle simultanément avec des milliers de gens et entretient les mêmes relations "charnelles" avec des centaines d’autres. Il en ressort que le partage est insupportable et qu’il est aussi tragique d’être plaqué par un système d’exploitation que par une vraie personne. De quoi retomber sur terre. 
 
 
On salue en revanche l’interprétation décoiffante de Joaquin Phoenix envoûté par une simple oreillette (photo). Il joue remarquablement sa partition sans partenaire, la voix de Scarlett Johansson ayant été  rajoutée en post-production. La comédienne se montrant largement à la hauteur, tous deux finissent par emporter le morceau.

 
Film à l’affiche dans les salles romandes dès mercredi 26 mars.

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Miami: Wawrinka recommence à montrer ses limites...

stanislas-wawrinka-a-ecarte-edouard-roger-vasselin_1852089_528x397[1].jpgEn étant optimiste, on aurait pu imaginer que la déconfiture de Wawrinka en huitièmes de finale à Indian Wells n’était qu’un accident de parcours sans importance.

Hélas, il ne s'agissait que du début du commencement de la chute du Vaudois, qui s’est poursuivie au même stade au Masters de Miami. Seule consolation, surtout pour son grand fan Serge, comme Stan ne jouait pas en Floride l’an dernier, il a tout de même engrangé quelques précieux points. 

Emprunté depuis le début du tournoi, il est à nouveau apparu aussi mal à l’aise que dans le désert californien lors de son match contre l’Ukrainien Dolgopolov, un joueur non seulement si fantasque qu’il peut en devenir très dangereux, mais de surcroît dans une forme olympique. Il n’a pas eu de peine à le prouver face à Ironstan, dont le moins qu’on puisse remarquer c’est qu’il a pour l’instant du mou dans les rivets! Un poil inquiétant en prévision de la Coupe Davis la semaine prochaine.

Pour résumer, le nouveau numéro un helvétique qui semble montrer à nouveau ses limites après une période d’euphorie qui ne lui a rien valu de bon, ne va pas tarder à redevenir numéro 2, si de son côté Federer continue à se révéler aussi impérial.

Particulièrement contre Gasquet que le Bâlois a facilement atomisé en 49 minutes. C’est d’autant plus surprenant que le Français était censé représenter le premier vrai défi du tournoi pour Sa Grâce, même si elle s’était fait un poil peur dans la seconde manche de son premier match contre le géant Karlovic.

1206896-25204153-640-360[1].jpgIl y a plus dérangeant pour nos chers voisins. Car si le malheureux Richard fut balloté tel un fétu par le maestro helvétique, Jo-Wilfried Tsonga n’a pas davantage existé face à Murray, qui paraît avoir drôlement repris du poil de la belette pour mettre ko le boxeur des courts.

Moralité, pas un seul des petits hommes bleus pourtant débarqués à onze n’est parvenu à atteindre les quarts de finale. Moche, quand je pense que les spécialistes tricolores ne cessent de nous vanter l’incroyable densité de la raquette hexagonale. Enfin, on se console comme on peut…

P.S.- A peine avais-je encensé Rodgeur sans la moindre ironie ou arrière-pensée, une fois n'est pas coutume, que le Bâlois a réussi à se planter misérablement face à Kei Nishikori au tour suivant. La vergogne après avoir mené un set à zéro et 4-3 service à suivre dans le second. Tout ça pour ne pas rencontrer Djokovic en demi-finale. Eh oui, à chacun son Wawrinka...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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25/03/2014

Cinéma: "Aimer, boire et chanter", ultime fantaisie de l'artisan Alain Resnais

Cinema_pics_809[1].jpgPour la troisième fois après Smoking/no Smoking et Cœurs, Alain Renais adapte une pièce du dramaturge Alan Ayckbourn,  Aimer, boire et chanter. Un film au parfum délicieusement british. En principe cela n’a rien d’étonnant vu qu’il se déroule de surcroît dans la campagne du Yorkshire, mais encore fallait-il en imprégner la pellicule.  

Cette comédie s’articule autour d’un homme, l’énigmatique George Riley, n’ayant plus que quelques mois à vivre. Ce qui bouscule le quotidien de trois couples amis. Bien qu’absent de l’image, il monopolise les conversations entre les six personnages dans cette nouvelle réflexion sur la mort que propose le cinéaste, faisant étrangement écho à son propre décès survenu récemment, à l’âge de 91 ans. 

Titre épicurien, Aimer, boire et chanter sonne en outre comme un leurre, plus particulièrement  dans sa première proposition, étant donné que les hypocrites protagonistes ne cessent de se trahir. Plus particulièrement les trois femmes, Tamara, Monica et Kathryn (Caroline Silhol, Sandrine Kiberlain, Sabine Azéma, photo) sur qui le mystérieux George exerce une redoutable séduction, promettant à chacune de l’emmener en vacances à Tenerife. Une invitation provocante, source de situations jubilatoires.  

Dans des décors extérieurs tape-à-l'oeil et kitsch, formés de panneaux verticaux de couleurs différentes combinés avec des dessins de Blutch, Alain Resnais installe un de ces dispositifs scéniques qu'il affectionne, détournant une dernière fois sans complexe les codes pour abolir, beaucoup plus joyeusement que dans Vous n’avez encore rien vu, la frontière entre cinéma et théâtre.

L’artisan du septième art livre ainsi un opus inventif, bizarroïde, audacieux, qui lui a valu, lors de la Berlinale en février, le Prix Alfred Bauer récompensant l’ouverture vers de nouvelles perspectives dans l’art cinématographique. Il assume pleinement une distance ludique jusque dans la tombe alors qu’on lui reproche étonnamment le contraire.

A l’évidence Alain Resnais s’amuse dans ce vaudeville plein d’humour et d’autodérision, d’émotion aussi, aux dialogues drôles, révélateurs, incisifs, caustiques, sinon parfois cruels. De quoi se délecter pour ses acteurs fétiches ou fidèles, de sa compagne Sabine Azéma évidemment à André Dussolier, en passant par Sandrine Kiberlain ou Hippolyte Girardot.


Film à l’affiche en Suisse romande dès mercredi 26 mars.


 

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19/03/2014

Cinéma: "Situation amoureuse: c'est compliqué". Si seulement!

situation-amoureuse-c-est-complique-manu-payet-emmanuelle-chriqui[1].jpgPétrifié, Ben ose à peine lever les yeux sur Vanessa, la star du lycée dont il est follement amoureux mais qui n’a même pas conscience qu’il existe. On le retrouve quinze ans plus tard, à peine plus mature et sur le point de se marier avec Juliette.

Alors qu’il se montre un poil réticent à sauter le pas, voilà que Vanessa, la bombe du collège, le fantasme de son adolescence, débarque soudain des Etats-Unis et vient bouleverser son quotidien de trentenaire sans histoire. 

Car cette fois, il semble que la belle non seulement s’aperçoit de sa présence, mais le regarde d’un œil intéressé. D’accord, après de longues années passées à New York, elle ne connaît plus que lui à Paris. Malgré tout, il y aurait comme une promesse dans son attitude. En même temps, Ben aime sa patiente, douce et ravissante Juliette. Mais quel dilemme!

Situation amoureuse: c’est compliqué est le premier long-métrage de Manu Payet. Coréalisateur, il en signe également le scénario et les dialogues. A regarder l’émission de Michel Field, le 20 heures de France 2 ou à écouter France Info, on est en présence d’une grande réussite pour cette énième comédie romantique à la française.

Bonjour la complaisance! Car cette histoire qui commence comme Fiston avec le tandem Kev Adams- Frank Dubosc, n’est pas loin de se révéler aussi calamiteuse, bien qu’elle prenne un autre chemin. Où elle s’égare entre maladresses, mollesse, gags pas drôles, comédiens en roue libre. Certes Anaïs Demoustier est charmante tandis qu’Emmanuelle Chriqui promène son look joliment fatal. Mais il en faudrait bien davantage pour sauver l’affaire.

Film à l’affiche dans les salles romandes dès mercredi 19 mars.

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Cinéma: "3 Days To Kill", mauvais choix de Kevin Costner pour son retour

MV5BMzM0MjE0Nzg1N15BMl5BanBnXkFtZTgwODA4ODE4MDE@._V1_SY317_CR0,0,214,317_[1].jpgAtteint d’un cancer en phase terminale, Ethan Renner est déterminé à renoncer à sa vie dangereuse d’agent secret dans le but de se rapprocher d’une femme et d’une fille vivant à Paris et qu'il a sacrifiées pour son métier.  

Mais il ne peut faire autrement que d’accepter une dernière mission, en échange de laquelle il aura droit à un traitement expérimental devant en principe allonger son espérance de vie. Il va donc mener de front deux combats titanesques : traquer un redoutable terroriste et regagner l’amour de sa fille, une adolescente rebelle  qu’i n’a pas revue depuis dix ans. Tout en luttant contre les effets hallucinatoires et pervers du médicament miracle.

Le film signé McG, écrit et produit par Luc Besson, marque le retour de Kevin Costner en tête d’affiche. Le comédien, plutôt en forme, aurait pourtant été bien inspiré de jeter son dévolu sur un opus mieux ficelé que ce film d’action laborieux au scénario ridicule et affligeant, mêlant courses poursuites qui se veulent explosives et courses tranquilles  au marché du coin pour préparer le dîner familial.  Si on ajoute quelques plans touristiques, une louche de bons sentiments et de clichés, un zeste de social et une femme fatale, on atteint des sommets dans le grotesque.

Film à l’affiche dans les salles romandes dès le 19 mars.

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18/03/2014

Cinéma: "Wrong Cops", une nouvelle comédie barge de Quentin Dupieux

wrong_cops__span[1].pngQuentin Dupieux, par ailleurs DJ connu sous le nom de Mr Oizo dans le monde de la musique, est aussi une sorte de gourou de celui de la pellicule. Ses fans forment pour ainsi dire une secte, encensant frénétiquement ses œuvres complètement barrées. A ce jour il en a commis sept du genre, dont quatre longs-métrages. On citera «Steak» où Georges, souffre-douleur de ses camarades de classe, craque et les mitraille et «Rubber», l’histoire démente d’un pneu psychopathe.

Là, il propose une comédie encore plus déjantée que d’ordinaire intitulée «Wrong Cops» et se déroulant dans une petite ville de Californie. Un film à sketches parti d’un court, qui laisse découvrir des flics dérangés, obscènes, corrompus jusqu’à la moelle et au comportement malsain qui patrouillent dans les rues.

Le plus dingue (l’Américain Mark Burnham) deale de l’herbe cachée dans des rats et des poissons morts. Se piquant d’être mélomane, il terrorise ceux qu’il croise et notamment un ado attardé et introverti (Marilyn Manson) sous prétexte de lui apprendre ce qu’est la bonne musique (photo).

Ses collègues, caricatures de crapules, sont à la hauteur. Il y a un obsédé sexuel qui harcèle les filles pour qu’elles lui montrent leurs seins, un loser borgne et frustré (Eric Judor, le pote de Ramzy) se rêvant future star de l’électro, un lâche particulièrement débile cherchant à se débarrasser d’un vieux quasiment réduit à l’état de cadavre. Sans oublier une fliquette blondasse du genre pétasse, adepte du chantage.

Du néant sanpoudré de réalisme

En résumé des keufs peu portés sur la défense de la loi, mais dictant la leur. Ce petit monde fortement alcoolisé se retrouve finalement au cimetière et fait la fête en dansant sur les tombes pour rendre hommage à un pote décédé. «Putain, quelle bombe !» Peut-on notamment lire sous la plume d’un internaute, résumant le plaisir fou pris par d’autres inconditionnels.

N’en déplaise aux passionnés, Quentin Dupieux qui se veut délirant en imaginant un univers glauque et décalé dans une ambiance rétro, déçoit. On relèvera surtout un grand néant artistique que l’auteur, envoyant valser tous les tabous, n’épargnant rien ni personne, des gays aux handicapés en passant par la morale et l’autorité, saupoudre étonnamment d’une pointe de réalisme. «C’est un regard léger sur les misères de nos sociétés, un regard attendri et méprisant sur l’être humain», remarque- t-il.

Côté musique, élément essentiel dans ses films et ici omniprésente, on n’atteint pas non plus des sommets. Explication de l’intéressé: "Le film est délibérément bête, donc je pouvais utiliser ma musique de dégénéré sans que ça l’abîme..." On salue bien bas une telle lucidité.

Film à l'affiche dans les salles romandes dès mercredi 19 mars.  

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Cinéma: "La Cour de Babel", une grande leçon du vivre ensemble dans la différence

images[2].jpgIls s’appellent Kessa, Eduardo, Oksana, Xin, Djenabou, Marko, Andromeda. Venus d’Irlande, du Brésil, de Tunisie, de Serbie, du Sénégal, de Chine, du Vénézuéla, de Mauritanie,  ils débarquent dans l’Hexagone et sont réunis dans une classe d’accueil pour apprendre le français, important vecteur d'intégration,  avant de rejoindre un école classique. 

Pendant un an, Julie Bertuccelli a filmé avec sensibilité, honnêteté et respect, sans voix off ni commentaire,  les échanges, les états d’âme, les conflits, les bonheurs, la solidarité, la curiosité de ces collégiens déracinés, aux âges délicats entre  11 à 15 ans. Cela donne une Cour de Babel en forme de leçon de vie, de parcours initiatique, d’ode à la différence, à la tolérance, au vivre ensemble, tout en prônant les vertus du métissage, de la mixité, du pluriculturalisme.

C’est un documentaire utile, instructif, émouvant, une chronique de l’immigration originale à l’image du devenir de nos sociétés, dans lequel  l’auteur a pris l’option de l’unité de lieu et d’action en restant dans l’école. Elle ne suit pas les élèves chez eux pour éventuellement montrer leur cadre de vie. On découvre leurs proches au gré d’entretiens de ces derniers avec la prof pour discuter des progrès ou non des intéressés.  

Un film né au hasard d’une rencontre

357888_866099_295086[1].jpg"Les problèmes des étrangers me tiennent à cœur", explique Julie Bertuccelli à qui l’on doit notamment Depuis qu Otar est parti, César du premier film ou encore The Tree, avec Charlotte Gainsbourg.

De passage à Genève, elle évoque cette Cour de Babel, née au hasard d’une rencontre au Festival du film scolaire où elle officiait comme jury. "J’en ai vu plein, dont celui, un vrai coup de cœur, de cette classe d’accueil destinée à favoriser l’intégration que j’ai découverte à cette occasion. Tout comme l’enseignante  Brigitte Cervoni, une femme généreuse, très pédagogue et investie dans son travail" . 

Avide de voir comment les choses se passaient, la cinéaste va la retrouver et, alors qu’elle pensait visiter d’autres classes du genre (il en existe notamment 800 à Paris), pour explorer un dispositif dont elle ignorait tout, elle tombe sous le charme de ces vingt-deux ados en provenance de vingt pays. Et  décide de ne pas attendre pour poser sa caméra, à laquelle ses "protagonistes" se sont rapidement habitués. Elle tournera dans ce collège parisien pendant un an, entre 2011 et 2012, à raison de deux jours par semaine. Simplement accompagnée d’un ingénieur du son.

"Ce qui m’intéressait avant tout c’était de montrer l’être humain dans son rapport à l’autre", raconte Julie Bertucccelli. "Comment on perçoit et on s'arrange avec ceux qui viennent d’un pays, d’un milieu social différent, qui ne pratiquent pas la même religion, qui n'ont pas la même culture, le même parcours, les mêmes histoires, la même peau, qui ne parlent pas la même langue".

La réalisatrice et les élèves se sont mutuellement enrichis. "Je leur ai fait partager mes films , ma vision du monde, mes connaissances. Et eux m’ont  appris le courage, la richesse de la différence, l’importance de l’écoute. Certes il y avait parfois des tensions, des batailles autour de certains sujets, mais cela ne les empêchait pas de beaucoup s'écouter les uns les autres, parlaient de leur vie d’avant, de leurs difficultés, de leurs espoirs et surtout de leur volonté de s’intégrer. Une belle réponse au scepticisme et aux discours nauséabonds".

Pour la cinéaste, La Cour de Babel n'a rien de militant. " J'ai préféré faire vivre une émotion. J'espère que cela va réconforter ceux qui travaillent dans le domaine. Et ce qui m'importe aujourd'hui, ce sont les écoles qui organiseront des projections". 

Film à l'affiche dans les salles romandes dès mercredi 19 mars.

 

 

 

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13/03/2014

Indian Wells: Wawrinka à terre... pour ne pas rencontrer Federer

1199760-25067894-640-480[1].jpgOn l’a vu trop beau trop tôt. Et pas seulement côté hevétique. Les commentateurs de tennistv.com n’en pouvaient plus d’exalter les qualités extraordinaires de Wawrinka superstar, pour eux le meilleur joueur actuel du monde.

Et qui, tout auréolé de ses treize succès consécutifs, particulièrement celui, expéditif, contre le malheureux Italien Seppi, atomisé en 49 minutes et dix jeux, nous est arrivé en huitièmes de finale sous les applaudissements d’une maigre foule en délire. Au début en tout cas, les gradins tendant à se garnir un peu moins chichement au fil de la rencontre.

Mais hélas, il y a un monde entre le dire et le faire. Même si  les experts saxophones, ne voulant pas passer pour des incultes de la petite balle jaune avec leur enthousiasme forcené, ont obstinément caressé un instant l’espoir de voir la nouvelle idole des courts se reprendre. Peine perdue. J’avoue que je me suis un poil méfiée en regardant Stan The Man légèrement emprunté, se livrant d’entrée à une série d’exercices et d’assouplissements assez inhabituels à ce stade du match.

Une tactique subtile pour nous convaincre subrepticement d’une forme peu olympique? Peut-être, bien qu’à l’issue du duel lamentablement perdu contre le Sud-Africain Anderson, le Vaudois ait fermement balayé tout recours à une quelconque excuse physique. Mon dos était tendu mais je n’ai aucune blessure, a-t-il déclaré. Punto et basta, donc.  

Un comportement digne d’éloges, me rétorquerez-vous. Sauf que je ne peux m’empêcher de penser qu’îl y a autre chose qu’un simple mauvais jour en l’occurrence. A mon avis, c'est surtout mental. L'histoire d'un échec annoncé. Eh oui, toujours ce complexe du compatriote, également nourri par les Espagnols face à Nadal ou par les Serbes face à Djokovic.

Pour ne rien vous cacher, à l’idée de se laisser encore terrasser par Rodgeur le maestro en quarts de finale, Stanimal a préféré, pour éviter un nouveau traumatisme, se faire sortir au tour précédent  par son adversaire du jour. Certes relativement convaincant, mais pas franchement transcendant. Décidément, la trouille ça ne se commande pas ! 

P.S.- Juste en passant, je ne sais pas si vous avez suivi les épreuves masculine et féminine du Super-G à Lenzerheide. Eh bien figurez-vous que pour les Bleus, Pinturault est un skieur de génie et pour les Rouges, Lara Gut une skieuse carrément galactique. Ils font vraiment tout dans la nuance, nos spécialistes respectifs de la spatule!  

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12/03/2014

Cinéma: "Fiston" mise tout sur le duo Adams-Dubosc. En vain

kev-adams-et-franck-dubosc-nantes-pour-lavant-premiere-de-fiston_0[1].jpgKev Adams en rêvait, il l’a fait. Tourner avec son père spirituel Frank Dubosc qui, pour cette première rencontre cinématographique, va lui enseigner l’art de la séduction. Incroyable mais vrai!

L'histoire en quelques mots. Depuis qu’il a 7 ans, Alex n’a qu’une obsession, conquérir la plus jolie fille du lycée. Mais timide et complexé il est incapable de lui déclarer sa flamme et va demander des conseils à un certain Antoine qui, il y a plus de vingt ans, a réussi à subjuguer sa mère.
 
Comédie laborieuse et pas drôle, Fiston aligne sans surprise les gags lourds, les clichés, les grosses ficelles, les maladresses et les situations téléphonées, sur fond de conflit de génération.

Côté acteurs, ce n’est pas  mieux. Plus beauf que jamais Frank Dubosc, transformé en ermite asocial, se balade en 4L ne connaît ni Twitter ni Facebook, tandis que Kev Adams, évidemment en bisbille avec sa mère, joue l’ado surexcité, loser et totalement inculte. Désespérant de niaiserie.

Cela dit, comme la nouvelle idole des jeunes interprète le même personnage que dans la série Soda avec quelques années de plus, nul doute que Fiston va affoler ses fans.

"N’importe qui" n’arrange pas Rémi Gaillard, la star du web

remi-gaillard-est-n-importe-qui-le-film-photo-5268236a39524[1].jpgDans le genre calamiteux, on trouve pire. Il s’appelle Rémi Gaillard, a bientôt 40 ans, ne peut pas s’empêcher de se déguiser et vaut 1,6 milliard de clics sur le net pour ses gags débiles, que certains portent toutefois aux nues, où il harcèle les joueurs de golf, les pêcheurs à ligne et les flics de  Montpellier.

Du coup, Raphaël Frydman a consacré un film à la star du web qui fait n’importe quoi pour devenir n’importe qui. Alors que sa copine Sandra aimerait bien qu’il devienne quelqu’un. Mais les choses tournent mal, ses potes et sa fiancée le lâchent. Du coup, il passe par la case banlieusard, avec tout ce que cela suppose de vie morne et terne.

Un scénario d'une rare nullité, avec de mauvais comédiens. A ce qu’il paraît, il y juste 20 minutes de canulars inédits. Mais comme ils vont inévitablement circuler sur le net dans pas très longtemps, autant économiser son argent.

Films à l’affiche dans les salles romandes dès mercredi 12 mars.

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Cinéma: "Un week-end à Paris", pour raviver la flamme

un-week-end-a-paris-4[1].jpgLes enfants ayant quitté le nid, Meg et Nick décident d’aller fêter leurs trente ans de mariage à Paris, dans l’espoir de redonner un coup de fouet à leur histoire d’amour usée par le temps. Sur un scénario de l’écrivain Hanif Kureishi, la caméra du réalisateur Roger Michell suit ainsi le couple, l'espace d'un week-end.   

Prétexte à une redécouverte de la capitale française, cette escapade est surtout destinée à dresser le bilan conjugal de nos deux antihéros. Entre sous-entendus, vacheries, engueulades, doutes, regrets et vagues angoisses, ils s’amusent aussi comme des petits fous, se payant par exemple un gros frisson de vieux ados, en s’enfuyant d’un restaurant sans payer.

Nostalgique, pimentée de quelques instants de grâce et d’émotion, cette comédie romantique douce-amère qui n’évite pas certaines longueurs et un côté carte postale, doit l’essentiel à ses deux comédiens. Jim Boardbent et Lindsay Duncan se révèlent excellents en sexagénaires extravertis et British pour sucre.  

Film à l’affiche dans les salles romandes dès mercredi 12 mars.

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11/03/2014

Cinéma: Avec "Monuments Men", George Clooney passe à côté d'un sujet passionnant

85[1].jpgAprès Völker Schlöndorff dans Diplomatie, qui voit le consul suédois Nordling tout tenter, dans la nuit du 24 août 1944, pour empêcher le général Von Scholtitz de détruire Paris, George Clooney s’est lui aussi emparé de la Seconde Guerre mondiale. Avec Monuments Men, dont l’action se  déroule également en 1944.  

Pour la cinquième fois, Mister Nespresso se retrouve ainsi derrière la caméra. Se basant sur le livre éponyme de Robert M. Edsel et Bret Witter, il retrace la mission authentique d’un commando de sept experts universitaires, historiens, artistes ou architectes, envoyés en plein conflit en Europe par le président Roosevelt.

Sous la conduite de Frank Stokes, ils sont chargés de récupérer, au péril de leur vie, des milliers d’œuvres d’art volées par les nazis et de protéger celles menacées par les bombardements alliés. Ils sont aidés de Claire Simone, une résistante à sa manière. Dirigeant le Musée du jeu de Paume, elle est le témoin direct des actes de l’occupant et tient une liste des tableaux dérobés. 

Le film est d’actualité. Il suffit de penser à la découverte de quelque 1400 toiles de maîtres,  en février 2012, et de soixante autres très récemment chez l’octogénaire munichois Cornelius Gurlitt, fils d’un marchant d’art au passé trouble sous le IIIe Reich.

Mais surtout cette chasse au trésor aussi insolite que fascinante et méconnue, par des personnages hors du commun, constituait un passionnant sujet dont malheureusement George Clooney n’a pas su tirer profit.  Adoptant un ton délibérément léger, oscillant entre la comédie et le film d’aventures le tout assaisonné d’un humour qui ne prend pas trop, le réalisateur passe à côté, livrant une odyssée certes honorable et humaniste, mais à la mise en scène banale et qui manque singulièrement de rythme.

Reste le casting dans ce (trop) long-métrage de potes. Autour de Clooney qui s’est distribué dans le rôle principal de Frank Stokes, on retrouve Matt Damon (photo), Bill Murray, John Goodman et Cate Blanchett, la seule femme du groupe. Sans oublier Jean Dujardin. Qui, comme dans Le loup de Wall Street, n’est pas bon. Mais il disparaît assez rapidement de l’image. Une petite vengeance de George Clooney pour le punir de lui avoir piqué  l’Oscar l’année dernière avec The Artist... 

Film à l'affiche dans les salles romandes dès mercredi 12 février. 

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05/03/2014

Cinéma: "Diplomatie", la nuit où Paris a échappé à la destruction

images[2].jpgEn cette nuit du 24 août1944, le général Dietrich Von Choltitz, gouverneur du Grand Paris, tient le sort de la capitale entre ses mains. Les troupes alliées avancent et, en cas de défaite, les Allemands ont l’intention de la réduire en cendres. Sur l’ordre d’Hitler, Notre-Dame, la Tour Eiffel, Le Louvre, l’Arc de triomphe, les ponts sur la Seine sont minés et prêts à exploser.

En militaire inflexible, fils et petit-fils de Prussiens, Von Choltitz n’a pas l’habitude de désobéir. Surtout au Führer. C’est ce que redoute le consul suédois Raoul Nordling, en montant l’escalier secret qui le conduit à la suite du général à l’hôtel Meurice. Mu par son amour de la Ville Lumière et surtout concerné par le sort de ses habitants menacés, il ne va pas moins tout tenter pour le faire changer d’avis et empêcher ainsi une monstrueuse tragédie.

Dans ce drame historique inspiré de la pièce de théâtre éponyme de Cyril Gély, le réalisateur Volker Schlöndorff s’intéresse à ce moment-clé (une négociation qui a en réalité duré quinze jours) où tout a basculé. Il installe un duel verbal psychologique entre Nordling (André Dussolier) et Von Choltitz (Niels Arestrup). Sachant que l’Histoire les jugera, ils jouent une partie d’échecs où tous les arguments sont recevables, mais à l’issue de laquelle le militaire se rend. C’est le matin du 25 août. Paris restera debout.

Les deux comédiens (photo) donnent leur meilleur dans ce dialogue à huis-clos en forme de fable humano-diplomatique, où l’auteur maintient le suspense entre stratégie et rhétorique. Bien que l’on connaisse la fin d’une intrigue aux faits ramassés mais historiquement vérifiés.

Reste que personne ne peut imaginer ce qui se passait dans la tête de Von Choltitz. D’où la grande question: pourquoi a-t-il finalement désobéi à Hitler? Le diplomate s’est-il montré particulièrement habile? Le général a-t-il été frappé par l’absurdité de l’ordre, a-t-il agi pour des raisons tactiques? Personne ne le sait aujourd’hui encore.

Film à l'affiche dans les salles romandes dès mercredi 5 mars.

06:00 Publié dans Sorties de la Semaine | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook