30/01/2015

Open d'Australie: Wawrinka en mode tueur... mais loin du tireur d'élite!

Stanislas-Wawrinka-930x620[1].jpgEntouré de son clan mué en galaxie, Wawrinka se prenait carrément pour une étoile. Je suis plus fort que l’an dernier, mieux dans ma tête et sur le terrain, et il suffit je frappe des balles lourdes et puissantes pour être meilleur que quiconque. Et donc que Djokovic.

Même son de cloche côté experts de la petite balle jaune qui ne tarissaient pas d’éloges depuis le début du tournoi sur la taille patron du Vaudois, sa confiance au sommet, la sûreté de ses choix, sa monstrueuse capacité à se transcender devant l’enjeu et j'en oublie. Pour résumer, on avait un homme habité de la certitude que rien ne pouvait lui arriver. Si son jeu ne faiblit pas, avait-on quand même la sagesse de remarquer ici ou là, mais sans vraiment imaginer que ce serait le cas.

Bref on a tellement glosé sur cette demi-finale de rêve et les possibilités de Stan The Man à se retrouver en finale, sinon de gagner à Melbourne pour la deuxième fois consécutive, qu’il y avait tout pour m’inspirer les pires craintes en le voyant débarquer sur le court. D’autant que Pascal Droz, entre les déclics et les ouvertures de Stan, ne cessait de nous bassiner en nous assurant qu'il avait le match à sa portée et qu’il jouait mieux que Dracula.

J’avais d’ailleurs déjà évoqué mes inquiétudes à ce sujet dans un papier précédent, en écoutant le Suisse se vanter de sa forme physique au top et de la qualité exceptionnelle de son jeu après n’avoir en fait terrassé que des seconds couteaux à part le Japonais Kei Nishikori.

Hélas, de pouvoir à exécuter, il y a une grosse marge. Du coup, plus dure fut la chute à force de prendre ses désirs fous pour des réalités. Après quatre sets d’une qualité relative, une roue de vélo au cinquième set pour le malheureux Stanimal complètement cuit. Avouez que ça la fiche mal pour celui qui avait toutes les armes pour battre le saigneur des courts à plate couture ou presque. Un journaliste n’avait d’ailleurs pas hésité à relever un peu sottement: Wawrinka est en mode tueur depuis sa victoire en Coupe Davis. Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’en l’occurrence, il était loin du tireur d’élite… 

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27/01/2015

Grand écran: "Turist", une thérapie familiale à la suédoise dans les Alpes. Drôle et grinçant

Snow-Therapy-de-Ruben-Ostlund[1].jpgComment l’être humain se comporte-t-il dans une situation de détresse? Par exemple une soudaine catastrophe ? Pour illustrer les conséquences psychologiques de la chose, question qui le fascine depuis une aventure de la sorte vécue par des amis, le réalisateur Ruben Ostlund a envoyé un couple suédois et ses deux enfants passer quelques jours à la montagne, dans l’hôtel de luxe d’une station de ski française.

En ouverture, une jolie photo sur les pistes où pose le quatuor souriant, comme pour montrer l’unité et l'harmonie qui règnent au sein de la petite famille. Plus tard  on la retrouve  déjeunant tranquillement en compagne d’autres touristes sur la terrasse d’un restaurant d’altitude, lorsqu’une avalanche se déclenche brutalement, dévalant dangereusement la montagne à toute vitesse, menaçant de s’abattre sur les clients.

C’est la panique, la mère, Ebba appelle son mari Tomas au secours tout en essayant de protéger ses enfants. Mais Tomas ne pensant qu’à sauver sa propre vie, s’est lâchement  enfui pour se mettre à couvert, laissant celle de sa progéniture et de sa femme  en danger. Miraculeusement toutefois, l’avalanche s’arrête au pied du restaurant, ne provoquant qu’un gros nuage de neige inoffensif qui balaie l’endroit.  

45782-8d3ef20c5863558f3644e5931d7d3d191063978c[1].jpgLe drame a été évité. Pas de victimes, pas de blessés. Plus de peur que de mal donc. Mais en apparence seulement. Si on ne constate pas de dégâts physiques, les  liens familiaux se dégradent et le couple se déconstruit suite à l’attitude inattendue du père soudainement mû par l’instinct de survie.

Du coup, il doit affronter une nouvelle et dure réalité. Alors qu’il est censé en prendre soin, le patriarche prétendument fort et protecteur a abandonné les siens au moment où ils avaient le plus besoin de lui.

Se sentant honteux, faible et coupable d’avoir succombé à la peur, Tomas se demande que faire pour redorer son image et retrouver sa place d’homme au sein de sa famille. Tandis qu’Ebba se pose de plus en plus de questions, révélant par là que son mariage dysfonctionnait déjà avant les vacances. Et les choses finissent par déraper carrément.

En utilisant la métaphore de l’avalanche pour expliquer l’inéluctable décomposition du couple, Ostlund se mue ainsi en psy, sinon en entomologiste, pour fouiller l’inconscient des différents protagonistes. Tout en livrant, sur un ton glacial, une comédie bien scandinave, à la fois drôle cynique et grinçante, un peu dans la lignée de Festen. On en salue aussi les deux principaux interprètes Jonnes Bah Kuhnke et Lisa Loven Kongsli.

Un bémol cependant. Dans cette thérapie des neiges, comme l’indique son titre anglais Snow Therapy,  on regrettera quelques longueurs et un dénouement emphatique qui rappelle inutilement ce qui a été découvert et montré au fil de l’histoire.

Film à l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 28 janvier. 

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Grand écran: "Into The Woods" revisite des contes de fés célèbres

into-the-woods[1].jpgLe musical de Rob Marshall est tiré de la comédie déjantée du genre, créée en 1986. Elle a fait un tabac à Broadway en revisitant des contes de fées célèbres, détournant quelques mythes pour les réinventer.

Cendrillon, Le Petit Chaperon rouge, Raiponce, Jack et le haricot magique sont ainsi réunis dans Into The Woods (Promenons-nous dans les bois) en compagnie d'un boulanger et de sa femme.
 
Chacun d'eux a un rêve. Cendrillon souhaite ardemment aller au bal, Raiponce quitter sa tour, Le petit Chaperon Rouge voir sa grand-mère, Jack garder sa vache. Le boulanger et sa femme eux, veulent désespérément en enfant. Mais ils ont été maudis par une vilaine sorcière (Meryl Streep, photo), avide de concocter une potion magique censée lui rendre sa beauté.

Elle propose de lever son sort s'ils lui trouvent quatre ingrédients pour sa mixture: la cape du Petit Chaperon rouge, une pantoufle de Cendrillon, un cheveu doré de Raiponce et la vache blanche de Jack. Leur quête les emmène dans les bois, où ils sont soumis à de nombreuses tentations.  
  
Tout n'est pas réussi dans cette relecture horripilante pour certains, nominée aux Oscars, qui se veut décalée et mordante mais qui reste en deça de ses ambitions amorales. On retiendra pourtant la musique, les décors gothiques et quelques prestations amusantes comme celle d’Emily Blunt en Cendrillon mutine et astucieuse, Johnny Depp en loup lascif et dandy à la Tex Avery. Ou encore la performance de Meryl Streep, créature sauvage à la chevelure hirsute et aux dents pourries, qui pousse drôlement bien la chansonnette.

Film à l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 28 janvier.

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Grand écran: "The Imitation Game" évoque Alan Turing, héros de guerre et génie gay persécuté

The-Imitation-Game[1].jpgA la tête d'un groupe de champions d'échecs, de linguistes distingués et d'agents secrets au top, le célèbre mathématicien britannique Alan Turing va aider les Alliés à remporter la Seconde Guerre mondiale en décryptant les codes d'Enigma.

La fameuse machine életromécanique d'origine allemande utilisée alors par les nazis, était jusque-là réputée inviolable. La petite bande bénéficie de l'appui du premier ministre Winston Churchill qui accorde à ses membres tout ce dont ils ont besoin.

Pour son premier long-métrage américain inspiré du livre biographique d'Andrew Hodges, le Norvégien Morten Tydlum s'empare ainsi de cette histoire connue tout en se penchant sur la vie du pionnier de l'ordinateur. 

Evoquant l'importance de la cryptographie pendant le conflit, le réalisateur en profite pour parler de la persécution subie par la communauté homosexuelle dont Turing, héros de guerre discret, faisait partie. Rappelons que l'Angleterre a en effet longtemps criminalisé les gays. Discutée à la Chambre des Lords, la dépénalisation fut demandée en 1957 mais ne fut effective que dix ans plus tard.

Pour en revenir à The Imitation Game, un fait divers lié à l'homosexualité de Turing lui vaut des poursuites judiciaires en 1952. Condamné, il choisit la castration chimique en prenant des oestrogènes pour éviter la prison. Mais il n'y résiste pas. Le 7 juin 1954, suicide ou accident, Il est retrouvé mort  dans sa maison de Manchester par empoisonnement au cyanure. Il avait 42 ans. La reine Elisabeth l'a gracié à titre posthume il y a deux ans. 

tig_025_ig_03405r_lg.0[1].jpgMortem Tydlum livre un thriller intelligent, dont on peut regretter une mise en scène conventionnelle, un scénario touffu et des personnages secondaires qui font pièces rapportées. Comme celui de Keira Knightley incarnant Joan Clarke, elle aussi chargée de décrypter Enigma et que Turing épousa certes par affection, mais surtout par convention sociale.

Des défauts qu'on a pourtant tendance à oublier en regard de la prestation de Benedict Cumberbatch, l'atout maître de l’opus. Après s'être glissé dans la peau de Julian Assange, autre cerveau brillant, l'élégant et aristocratique comédien britannique à l'allure un rien famélique, enfile le costume taillé pour lui du génial ancêtre de l'intelligence artificielle.

Sa remarquable interprétation d'un personnage hors norme, à la fois complexe, arrogant et pas facile à vivre  ouvre assurément la route de l'Oscar à l’une des coqueluches de Hollywood. Outre dans la catégorie acteurs, le film est nominé dans sept autres dont meilleur film et meilleur réalisateur. 

Film à l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 28 janvier.

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26/01/2015

Open d'Australie: la cruelle inhumanité du tennis pour les seconds couteaux

355445[1].jpgDepuis le début du tournoi, Djokovic n’a pas eu à trop se sortir les pouces, étant donné l’opposition gentillette proposée par des seconds couteaux.

Hyper light même le menu pour le saigneur des courts avec le Slovaque Bedene (116), en guise de mise en bouche, le Russe Kuznetsov (88) pour l’entrée, l’Espagnoll Verdasco (31) en plat principal et le Luxembourgeois Gilles Muller (42) pour le dessert. Presque un gag et et surtout de quoi se permettre d'arriver dans un fauteuil en quarts.

Mais voilà qui n’empêche pas les fans ébaubis à deux doigts de crier au miracle à chaque victoire de l’idole. Sans lâcher un set de surcroît. Pas spécialement flatteur pour Dracula, je trouve, même s’il a été vaguement bousculé à une ou deux reprises dans ses deux derniers matches. Un crime de lèse-vampire à en juger par l’énervement du Serbe, outré de l'audace des braves Fernand et Gilou à faire un peu de résistance.

A part ça, ce doit être hyper-frustrant pour les joueurs de seconde zone de savoir qu’une seule balle de break obtenue par leur adversaire équivaut pratiquement à une balle de match. Alors vous imaginez le stress et le désarroi lorsque la chose se produit au premier jeu du premier set! Les malheureux doivent se défoncer comme des bêtes pendant plus ou moins deux heures avec la quasi certitude d’avoir déjà perdu la partie. A la fois cruel et inhumain, le tennis!

Wawrinka a failli en être victime face à l’Espagnol Garcia Lopez. Mais bon, il aime se faire peur, son petit côté maso, je ne vais pas le plaindre. Parce ceux qui souffrent le plus dans l’histoire, ce sont les téléspectateurs. Vous et moi donc. Bon d’accord, il a plutôt bien joué et déclenché les passions en remontant un handicap de cinq points dans le t-break avec un rare courage. Mais ce n’est pas une première. Federer l’avait réussi dans je ne sais plus quel match contre Del Potro. En plus, rien ne dit que ce sera du sushi contre le Nippon Nishikori au tour suivant.

A propos du maestro, seul top absent de la fête dans les sept qualifiés pour les quarts en compagnie de l’outsider Kyrgios, il a de quoi se consoler grâce à l’admiration inconditionnelle que lui voue son clone Dimitrov. En effet Baby Fed a poussé la ressemblance avec Papy Fed jusqu’à perdre au troisième tour, comme son idole! Cela dit, le Bulgare aurait intérêt à se remuer le popotin pour gagner un Grand Chelem. Parce que les aiguilles, elles tournent…

Et puisque j’en parle, merci à Berdych de mener la vie dure à Nadal demain matin, histoire d'empêcher le pitbull ibère d’empocher son quinzième majeur. Sinon Sa Grâce helvétique va commencer à drôlement sentir le vent du boulet!  

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23/01/2015

Open d'Australie: Federer humilié par l'Italien Seppi!

 

dt.common.streams.StreamServer[1].jpgNe jamais vendre la peau de l’ours, un dicton à méditer pour Federer... Je préfère affronter Seppi plutôt que Chardy, déclarait le Suisse un rien condescendant à l’égard de l’Italien, pensant sans doute que c’était dans la poche, avant de se faire sortir sans gloire par le Transalpin sur un nuage en seizièmes de finale.

Certes ce dernier ne l’avait jamais battu jusqu’ici en dix rencontres, ne lui prenant de surcroît qu’un set. Mais hélas, le tennis n’est pas une science exacte et la victime peut devenir le bourreau.

 Et pourtant que n’avaient pas raconté les spécialistes, dont les Leconte, Wilander ou autres Mouratoglou. A leur avis évidemment éclairé, la possibilité pour Sa Grâce d’ajouter un chapitre à sa légende en remportant son dix-huitième Gand Chelem à Melbourne était très réelle. 

Sa fin de saison ponctuée par le triomphe en Coupe Davis et son succès dimanche dernier à Brisbane en remportant sa millième victoire renforçaient encore l’idée d’une quasi invincibilité retrouvée du maestro. Il est sur la même ligne que Djokovic, il a une certaine marge sur Nadal qu’il devrait rencontrer en demi-finale, j’en passe et des plus saugrenues. Lui-même d’ailleurs, évoquant sa forme et son niveau de tennis, se laissait aller à évoquer un nouveau triomphe. Imaginant en outre remonter sur le trône.

Alors forcément on parle de coup de tonnerre, d’énorme sensation avec cette défaite indigne. Annoncée cependant la bombe, car en réalité, le mythe, qui à son habitude a lamentablement galvaudé des balles de break, avait déjà joué plus ou moins comme un pied lors de ses deux matches précédents. Quoiqu’on en dise, il a en effet eu un peu de mal à croquer le petit Lu dans le premier et a dû s'employer dans le second pour venir à bout de Bolelli, le pote de son futur exécuteur. 

Bref, toujours selon nos experts aussi crédibles que Madame Soleil, Rodgeur devait atteindre les quarts sans avoir à puiser dans ses réserves, avant son duel avec Andy Murray qu’il avait terrassé 6-0 6-1  au dernier Masters de Londres. Avec cette phrase à l’appui: «Il y a des humiliations dont on ne se relève jamais!» Il reste à espérer que ce ne sera pas le cas de notre orchidée noire un rien fanée après celle subie face au brave Seppi, qui voulait juste prendre du plaisir sur le court…
 
En attendant j’éprouve les pires craintes quant à l’avenir de Wawrinka dans le tournoi. Car on raconte de pareilles bêtises, sinon plus grandes, à son sujet. Du genre, il n’aura presque pas besoin de donner un coup de raquette avant son grand rendez-vous contre le Japonais Nei Nishikori. Alors qu’il a déjà sué sang et eau contre le Roumain Copil, 194e mondial! Sans compter qu’à l’instar de Federer, Stan The Man ne cesse de se vanter de son physique et de la qualité exceptionnelle de son jeu,

 Autrement posé, on n’est pas sorti de l’auberge!

 

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20/01/2015

Grand écran: "Une merveilleuse histoire du temps", l'histoire d'un génie qui méritait mieux

53e343bae6d26[1].jpgNous sommes en 1963, en Angleterre. Stephen  Hawking, 21 ans, fréquente l’université de Cambridge où il se penche sur le mystère de la création, auquel il est bien déterminé à donner une réponse simple. C’est là qu’il fait la connaissance de Jane Wilde (Felicity Jonnes), une jolie étudiante en art et en tombe amoureux.

Mais son corps le lâche soudain et Stephen (Eddie Redmayne) doit faire face à un diagnostic inexorable. Une dystrophie neuromusculaire, connue sous le nom de maladie de Charcot en France ou de Gehrig aux Etats-Unis  va s’attaquer à ses membres, sa motricité, son élocution. La faculté lui donne au maximum deux ans à vivre.

Malgré ses réticences, Jane, refusant l’inéluctable, l’épouse et l’encourage à finir son doctorat. Ils fondent une famille de trois enfants et, tandis que le corps de Stephen se dégrade, son cerveau en ébullition fait reculer les frontières de la physique. Et partant de la date d’une mort trop tôt annoncée, puisque l’un des physiciens le plus influent de la seconde moitié du 20e siècle est toujours vivant cinquante ans après la sentence.

Jusque là tout va bien, car on n’en est qu’à l’idée d’un long-métrage sur l'homme, dont l'existence et les découvertes avaient déjà été évoquées en 2004 dans un téléfilm de la BBC, Hawking, avec Benedict Cumberbatch dans le rôle-titre. Signé James Marsh, la version cinéma intitulée Une merveilleuse histoire du temps (The Theory Of Everything), est adaptée de l’autobiographie de Jane Hawking, avec promesse d’incursion dans la vie intime, conjugale et familiale du génie.

Le brillant scientifique méritait mieux

Malheureusement, les choses ne tardent pas à se déliter. Après une première partie, la moins décevante, vouée aux années d’études de Hawking, sa rencontre avec Jane et la découverte de sa terrible affection, les fans du maître de ses travaux sur la cosmologie et ses essais sur la gravité quantique qui ont entre autres permis d’élucider le mystère des trous noirs, en seront pour leurs frais. 

Bien que Stephen Hwking ait aimé le film (c’est du moins James Marsh qui le dit..), le brillant scientifique arrivé à la conclusion selon laquelle l’univers n’a pas eu besoin de Dieu pour se former, méritait  mieux que la longue deuxième partie de ce biopic lisse à la mise en scène convenue et où la science est réduite à la portion congrue.

Le réalisateur a en effet choisi de s’appesantir sur les problèmes du couple qui a fini par se séparer après l’arrivée d’un deuxième homme, Jonathan Jones (Charlie Cox) dans le ménage. Et on a du coup droit au triangle amoureux sur fond de violons et de bons sentiments, nettement plus énervants qu’émouvants.

596198[1].jpgReste l’interprétation du mannequin et acteur britannique ’Eddie Redmayne, le plus souvent portée aux nues et qui lui a déjà valu un Golden Globe. Elle est certes impressionnante, mais tellement calibrée pour l’Oscar dont il est l’un des grands favoris, qu’elle en devient caricaturale.

L’intéressé en tout cas mis tous les atouts de son côté. On peut lire que pour ressembler le plus possible au vrai Stephen Hawking, il a perdu six kilos, rencontré des gens souffrant de la même maladie et passé des heures à distordre son corps, au point d’altérer l’alignement de sa colonne vertébrale.

Film à l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 21 janvier.

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Grand écran: "Foxcatcher", un thriller à haute tension. Fascinant, ambigu, toxique

foxcatcher-channing-tatum-steve-carell[1].jpgPour assouvir ses rêves de grandeur et prouver à sa mère castratrice, hautaine et cruellement jugeante, qu’il peut mener à bien un ambitieux projet, l’excentrique milliardaire américain John du Pont, grand patriote, ornithologiste à ses heures et passionné de lutte gréco-romaine, décide de coacher deux champions de la discipline pour les JO de Séoul en 1988. Dans cette optique, il met sur pied une luxueuse structure d’entraînement à Foxcatcher, la somptueuse propriété familiale. 

Le réalisateur Bennett Miller s’inspire d’un fait divers authentique, complètement fou, vécu par les frères Schultz, Dave et son cadet Mark, tous deux médaillés d’or à Los Angeles en 1984. Après leur triomphe ils traversent une mauvaise passe, et c‘est alors que John du Pont fait appel à eux pour former son équipe de choc.

Un magnat cyclothymique

Tout d’abord Dave refuse. En revanche Mark, souffrant de rester dans l’ombre de son aîné, flatté de l’attention que lui porte le rejeton de la puissante dynastie, attiré par son monde, accepte et emménage chez lui. Ce dernier s’improvise entraîneur, mentor et père de substitution pour son poulain avide de lui plaire.  

Une relation filiale aussi trouble que toxique se développe entre les deux hommes (photo). Parano et manipulateur, John du Pont (Steve Carell) pousse Mark (Channing Tatum) à des comportements  nuisibles à l’entraînement d’un sportif d’élite déjà fragilisé par un manque de reconnaissance et des blessures d’enfance.

Du coup le cyclothymique magnat se tourne vers Dave (Mark Ruffalo) dont il envie une assurance que sa fortune ne pourra jamais lui procurer. Le trio évolue dans une ambiance malsaine qui le conduit inéluctablement vers une fin tragique.

foxcatcher-channing-tatum-mark-ruffalo1[1].jpgComme dans Le stratège, avec Brad Pitt, Bennett Miller s‘aventure au-delà du sport pour livrer un fascinant thriller psychologique à haute tension, glaçant, ambigu, en forme de tragédie grecque. Foxcatcher, qui avait logiquement obtenu le prix de la mise en scène au dernier Festival de Cannes,  tant elle séduit par sa force, jouit également d’un bon scénario et d’une excellente interprétation.

A commencer par celle d’un Steve Carell à contre-emploi, très loin des rôles comiques qui lui sont habituellement confiés. Alors que le cinéaste exploite le côté obscur des besoins de pouvoir de ce héros malfaisant, redoutable, fantasque et mégalo, le comédien apparaît méconnaissable avec sa tête d’oiseau, ses cheveux grisonnants, sa prothèse nasale, son menton déformé, ses dents jaunies.
 
A ses côtés le ténébreux Channing Tatum se montre très convaincant en lutteur à la fois fruste, costaud, névrosé et vulnérable. Tout comme Mark Ruffalo, impeccable en frère protecteur et rongé par l’inquiétude (photo).

Film à l'affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 21 janvier.

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13/01/2015

Grand écran: "Wild", la randonnée de choc en solitaire de Reese Witherspoon

Wild-2014-Movie[1].jpgWild est tiré d’une histoire vraie, celle de Cheryl Strayed, qui en avait fait un bestseller éponyme. Après des années d’errance, d’addiction à l’héro et un mariage foireux, cette femme perdue a décidé de se lancer dans une randonnée en solitaire de plus de 1700 kilomètres, le PCT (Pacific Crest Trail), parcours le plus long, le plus difficile et le plus sauvage d’Amérique.

Elle n’a aucune expérience de la chose. Mais elle y va avec, pour lui tenir compagnie, le souvenir de sa mère morte d’un cancer et de quelques autres moments de sa vie passée , ce qui nous vaut du flash back à la pelle. Nous voici donc partis pour un drame initiatique avec Cheryl en quête de transcendance, de rédemption, affrontant ses peurs, frôlant la folie et testant ses limites, bref, un petit soldat déterminé à se retrouver, à se reconstruire. Et qui finit par s'en sortir comme un chef.

C’est à Reese Witherspoon (photo) que le Canadien Jean-Marc Vallée a confié le soin de porter le film sur ses frêles épaules. Ainsi qu'un un sac à dos maousse, trois fois trop grand pour elle, si lourd qu’elle en titube en l'arrimant péniblement, mais qu’elle se coltinera quand même pendant un bon bout de chemin. Sans le moindre entraînement de surcroît.

Heureusement, lors d’un poste de ravitaillement et de repos, un homme des plus raisonnable va enfin lui conseiller d’alléger un peu son fardeau. La belle en retirera sagement quelques tampax et une poignée de préservatifs. J’exagère à peine…

Enfin, tout ça pour relever qu’en dépit de son absence de maquillage, de sa grosse fatigue et de ses pieds en sang, dire qu’elle n’a même pas pensé à prendre de bonnes chaussures de rechange, on peine à croire en l’authenticité, la persévérance, le courage et la force de cette héroïque marcheuse qui se veut attachante. Malheureusement, cette ixième aventure sur la survie permet surtout au réalisateur de nous servir des bons sentiments à la louche, assortis d’un discours pesant sur la redécouverte de soi.

Non seulement le film n’a qu’un très lointain rapport avec le formidable Into The Wild de Sean Penn  auquel on prétend parfois le comparer, mais on est encore plus frustré et déçu quand on pense par exemple  au récent Dallas Buyers Club, puissant et passionnant récit où Jean-Marc Vallée évoque ce bouseux texan sidéen qui apprend la compassion et la tolérance.

Film à l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 14 janvier.

 

 

 

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Grand écran: "Durak", un homme seul face à la corruption en Russie

477705[1].jpgDima Nikitin, père de famille menant une vie des plus banale dans une petite ville de province, , travaille comme plombier pour payer ses études à l’université.

On découvre pourtant l’exceptionnelle intégrité de cet homme tout simple, lorsqu’il est appelé d’urgence une nuit dans un vieil immeuble de neuf étages abritant principalement des ivrognes, des marginaux, des drogués, une femme et sa fille battues par le mari.

Nikitin aperçoit  avec consternation des fissures courant jusqu’au sommet de ce bâtiment dans un état catastrophique, menaçant de s’écrouler suite à l’explosion d’une tuyauterie dans un dortoir. Tous les occupants doivent être immédiatement évacués, mais c’est le cadet des soucis des élus locaux, ignobles personnages qui s’en sont mis plein les poches et qui célèbrent bruyamment, à grand renfort d’alcool, les cinquante ans de la maire au restaurant.

N’écoutant que ses principes face à une société décadente dont il représente la conscience et la morale envolées, le courageux Dima se lance dans une course contre la montre semée d’embûches pour tenter malgré tout de convaincre ces bureaucrates pourris jusqu’à la moelle de se remuer pour éviter le drame qu’il estime imminent. Sa croisade lui sera fatale, mais il sauvera son âme.

S’attaquer à la corruption qui ravage la Russie n’est pas une nouveauté. Sauf qu' il y a la manière. Et avec le portrait de cet anti-héros, le réalisateur Yury Bykov, tout en se livrant à une violente dénonciation du système, propose un thriller haletant. Un film coup de poing en compétition au récent festival de Locarno, qui allie maîtrise de la mise en scène, traitement intelligent du sujet et excellente direction d’acteurs.

Le jury ne s’est pas trompé en décernant le prix d’interprétation masculine à son comédien principal, le remarquable Artem Bystrov (en rouge au centre de la photo), dans le rôle de ce plombier si responsable, qui a oublié d’avoir peur dans sa préoccupation première: sauver des vies. 

Film à l'affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 14 janvier.   

 

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Grand écran: "Les nouveaux sauvages" entre humour noir et pétages de plombs. Jouissif

images[10].jpgRéalisateur, scénariste, créateur de Los Simuladores, une série télévisée très populaire dans son pays, l’Argentin Damian Szifron livre Les nouveaux sauvages, son troisième long-métrage produit par Pedro Almodovar.

En compétition à Cannes en mai dernier, cet opus à l’humour noir corrosif, féroce, propose six histoires déjantées. Indépendantes les unes des autres, elles mêlent thriller, comédie, cynisme, romantisme, drame, fantastique.

Sur fond d’inégalité et d’injustice, de trahison, de déprime et de stress, maux inhérents à nos sociétés bancales et chaotiques, le cinéaste critique une Argentine actuelle où il explore la fragilité de gens confrontés à la réalité d’un quotidien aussi cruel qu’inattendu. Face à des situations qui les dépassent, absurdes, improbables, inextricables, kafkaïennes, surréalistes, ses personnages perdent les pédales et finissent par disjoncter. 

Qu’il s’agisse de passagers dans un avion, d’une serveuse qui venge froidement son géniteur, de deux automobilistes hystériques rejouant Duel sur une route déserte, d’un père de famille victime de PV à répétition se rebellant contre une administration obtuse, d’un jeune homme auteur d’un accident mortel que sa riche famille tente de protéger, ou encore d’une femme trompée dont le mariage vire au jeu de massacre.

Des pétages de plombs jouissifs constituant le fil conducteur de ces différents sketches certes un rien inégaux mais le plus souvent très drôles et politiquement incorrects en diable, qui font de ce film une jolie réussite. Y contribuent d’excellents acteurs, à commencer par le grand Ricardo Darin (photo), star du cinéma argentin et notamment héros du formidable «Dans ses yeux», qui nous replongeait dans les sombres  années de la dictature militaire et des combines glauques d'après.

Film à l'affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 14 janvier.   

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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06/01/2015

Grand écran: Godard s'essaye à la 3D dans "Adieu au langage". Bluffant!

adieu-au-langage-real[1].jpgCinéaste culte, Jean-Luc Godard l’a encore prouvé en mai dernier sur la Croisette où, treize ans après L’éloge de l’amour il revenait en compétition avec Adieu au langage, un film de 70  minutes qui a poussé ses fans et quelques curieux avides de le découvrir, à poireauter dans une queue interminable et sous le soleil pendant plus d’une heure et demie.

Un essai sans surprise inclassable, sinon un objet cinématographique non identifié, où se succèdent dans une sorte de frénésie des scènes saugrenues, parfois brusquement coupées, et où se multiplient maximes ou citations.

Avant le Festival, Godard s'était expliqué, notamment à France Inter sur la signification de son titre Adieu au langage. "En gros, c'est un adieu à ce que les gens appellent le langage qui ne l'est pas. On pourrait dire aujourd'hui de la conversation, du talk show, du dialogue personnel entre les gens. Le langage vient de plus loin, c'est une alliance entre la parole et l'image que l'enfant qui naît connaît un bref moment car il est à la fois ébloui et il crie. Puis vient la communication, qui n'a aucun rapport sérieux avec le langage…"

Oui mais encore... On croit alors être aidé par le dossier de presse où on peut lire que le propos est simple. Une femme mariée et un homme libre se rencontrent ils s'aiment se disputent, les coups pleuvent un chien erre entre ville et campagne les saisons passent l'homme et la femme se retrouvent…

adieu-au-langage-51d6835081985[1].jpgLe chien se trouve entre eux. L'autre est dans l'un. L'un est dans l'autre. Et ce sont les trois personnes. L'ancien mari fait tout exploser. Un deuxième film commence. Le même que le premier. Et pourtant pas. De l'espèce humaine on passe à la métaphore. Ca finira par des aboiements. Et des cris de bébé...

A nouveau, on n’est pas beaucoup plus avancé. Pour autant que cela soit nécessaire. A l'écran, on voit un couple nu philosopher, un bateau sillonner le "lac de Genève" (pour agacer les Vaudois et autres riverains?), des extraits de vieux films hollywoodiens en noir et blanc.

Sans oublier la fréquente apparition d’un chien qui fait admirablement le chien en battant de la queue et dont le museau sort littéralement de l’écran. C'est Roxy, le toutou du maestro, qui vous aime plus qu'il ne s'aime lui-même et nous regarde de ses yeux noisette. Lui ne communique pas, il communie.

Tout et n'importe quoi. Ou pas...

Tandis que s'inscrivent en alternance les chapitres 1 et 2 soit la nature et la métaphore, les aphorismes foisonnent en voix off. "Ceux qui manquent d'imagination se réfugient dans la réalité". "Bientôt on aura besoin d'un interprète pour comprendre les mots qui sortent de votre propre bouche". "Une femme ne peut pas faire de mal, elle peut gêner, elle peut tuer, c'est tout". "La société est-elle prête à accepter le meurtre pour limiter le chômage?"  "La pensée retrouve sa force dans le caca".


Tout et n'importe quoi en somme. Ou pas... Le mieux est encore de regarder. Et là, on en a plein les yeux. On est  scotché au fauteuil par l'utilisation étonnante et géniale que le réalisateur fait de la 3D. Dans son entretien Jean-Luc Godard expliquait que la 3 D est juste quelque chose qui vous fait croire que vous pouvez voir une surface plate en relief. Mais quelle vision stupéfiante!

Film à l‘affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 7 janvier.

 

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Grand écran: "La rançon de la gloire", avec le duo de choc inédit Benoît Poelvoorde et Roschdy Zem

rdlg1[1].jpgA sa sortie de prison en 1977 à Vevey, Eddy retrouve son pote Osman qui l’héberge dans sa caravane. En contrepartie, Eddy s’occupe de Samira, la fille de sept ans d’Osman, pendant que sa femme Noore subit des examens à l‘hôpital.

Mais le soir de Noël, incapable de faire face au manque cruel d’argent, une idée folle traverse le cerveau d’Eddy, alors que la télévision annonce la mort du célébrissime Charlie Chaplin: déterrer le cercueil du comédien et exiger une rançon de la famille.

Xavier Beauvois, l’auteur comblé de Des hommes et des Dieux, s‘est inspiré de l’authentique profanation commise par deux mécaniciens, un Polonais et un Bulgare dans le but de monter un atelier de réparation automobile. Elle s’était déroulée trois mois après le décès de l’illustre Chaplin le 25 décembre 1977.

Avec La rançon de la gloire, Le cinéaste réalise sa première comédie en forme de conte de fées moderne où il en profite, sur fond de misère sociale, pour rendre hommage à l’icône du genre en usant de citations, d’apparitions de Charlot. Mais aussi par le biais de l’aventure grotesque et burlesque des deux héros, tentant maladroitement, dans un premier temps, d’extorquer une fortune contre la restitution du cercueil. 

Xavier Beauvois excelle autant dans la mise en scène de leur plan foireux que dans le choix de ses deux exécutants, pauvres marginaux minables à la fois pathétiques et attendrissants. D’un côté le rêveur dingue, drôle et cabossé incarné par Benoît Poelvoorde, de l’autre le garçon solide et sérieux, musulman fondamentalement honnête mais révolté que joue Roschdy Zem. Parfaits dans leur rôle respectif, ils forment un véritable duo de choc. Inédit de surcroît.

Film à l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 7 janvier.

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02/01/2015

Grand écran: Les films les plus attendus de 2015. Avec "American Sniper" de Clint Eastwood en tête

images8OXBPY6Q.jpgDrame, science-fiction, comédie, horreur, aventure, fantastique, blockbusters et moins grosses machines se bousculent au fil des mois à venir. Voici, plus ou mois dans l'ordre des sorties, une sélection de films parmi les plus attendus de  2015. De Clint Eastwood à Tim Burton, de  Bradley Cooper à Amy Adams, les stars s’affichent derrière et devant la caméra A juger sur pièces de la valeur du millésime…

American Sniper de Clint Eastwood. Le destin hors-normes de Chris Kyle, exceptionnel  tireur d’élite qui officia à la Navy de 1999 à 2009 et qui raconte son expérience en Irak. Plus de 150 personnes sont tombées sous ses balles. Pas encore officiellement à l'affiche, le film fait déjà un tabac aux Etats-Unis. Il a engrangé un million de dollars en cinq jours, avec une distribution en avant-première limitée à quatre salles. Avec Bradley Cooper (photo) et Sienna Miller.

Jupiter: le destin de l’univers d’Andy et Lana Wachowsky. Au-delà du soleil, la Maison Abrasax règne sur les planètes habitées de l’univers. A la mort du père, trois héritiers se disputent le pouvoir. La dynastie est en péril, mais une jeune Terrienne pourrait sauver la galaxie. Avec Channing Tatum et Mila Kunis.

50shadesmain[1].jpg50 Shades Of Grey de Sam Taylor-Johnson. La romance passionnée et sexuelle entre un jeune Don Juan  et une étudiante vierge avait fait couler beaucoup d’encre. L’adaptation cinématographique promet d’être très fidèle au livre. Avec Jamie Dornan et Dakota Johnson (photo).

Inherent Vice de Paul-Thomas Anderson. L’ex-petite amie du privé Doc Sportello resurgit pour lui apprendre qu’elle est tombée amoureuse d’un milliardaire, menacé d’internement par sa femme et l’amant de cette dernière. Sauf que c’est beaucoup plus compliqué…  Avec Joaquin Phoenix et Reese Witherspoon.

Big Eyes de Tim Burton. Ce drame  raconte l’histoire du peintre Walter Keane et de sa femme Margaret, devenus célèbres dans les années 50 -60 grâce à une série de portraits d’enfants aux gros yeux. Avec Amy Adams et Christoph Waltz.

Victor Frankenstein de Paul McGuigan. Le mythe continue à séduire. Un  savant veut prouver qu’il y a une  vie après la mort en créant une créature composée de cadavres. Avec Daniel Radcliffe et James  McAvoy.

Daniel-Craig-as-James-Bond-in-Casino-Royale[1].jpgSpectre de Sam Mendès. Un message cryptique venu de son passé pousse James Bond à enquêter sur une sinistre organisation. Alors que M affronte une tempête politique pour que les services secrets puissent continuer leur travail,  l’agent 007 s’évertue à révéler une terrible vérité… Avec Daniel Craig qui se glisse pour la quatrième fois dans la peau du célébrissime héros pour une 24e aventure.

Et bien entendu on surfe sur les franchises. C’est ainsi qu’on aura droit  aux nouveaux épisodes  des Avengers, de Mad Max, de Star Wars, ou de Mission impossible. A signaler par ailleurs que Luc Besson, auréolé de l’immense succès de Lucy, a racheté les droits de The Nice Guys, le prochain film de Ryan Gosling. Cette plongée dans le Los Angeles des seventies devrait sortir cet été.

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31/12/2014

Grand écran: cru cinéma 2014, mes tops et mes flops

52234.player[1].jpg2014 est un millésime plutôt flatteur pour le septième art, qui a livré de très beaux films. Mais également de redoutables navets. Avec en tête de calamiteuses comédies américaines et françaises. Voici mes films préférés et ceux que j’ai détestés. Dans les deux cas, la liste n’est évidemment pas exhaustive.

Mon top ten

Pas son genre, de Lucas Belvaux, avec Emiiie Dequenne et Loïc Corbery
 
Une irrésistible romance sur fond de fossé socio-culturel. L’éclat de ce petit bijou est rehaussé par  la remarquable prestation d’Emilie Dequenne dans le rôle d’une ravissante coiffeuse de province prête à tomber amoureuse et de Loïc Corbery dans celui d’un intello bobo parisien inapte au bonheur. 

Timbuktu d’Abderrahmane Sissako, avec Ibrahim Ahmed, Toulou Kikiplus

Le réalisateur mauritanien raconte le quotidien infernal de Tombouctou tombé aux mains des djihadistes et de ses habitants soumis aux lois des extrémistes religieux. Tout manquement aux interdictions signifie mort ou torture .au terme de simulacres de procès. Un film coup de poing sans manichéisme ni pathos , dénonçant les atteintes aux libertés et aux droits de l’homme. ,

Mommy de Xavier Dolan, avec Antoine-Olivier Pilon, Anne Dorval

Passion et humour vache, pour ce film où  le cinéaste prodige nous plonge  dans une relation  houleuse entre Steve et sa mère Diane. Adolescent hyperactif, il souffre de graves troubles psychiatriques. Il devient ingérable au point que l’établissement où il est scolarisé refuse de le garder. Diane refuse de le voir à nouveau interné et décide de l’élever seule en dépit du danger qu’il représente. Pour  lui et pour elle. 

Whiplash de Damien Chazelle avec Miles Teller, J.K. Simmons

Whiplash-2[1].jpgL’auteur propose un duel implacable, total entre un disciple acharné à dépasser ses limites pour devenir une star dans son domaine, et son mentor tyrannique, gourou admiré, redouté, détesté et déterminé à pousser celui qu’il sent comme un futur virtuose dans ses derniers retranchements. Quitte pour l'élève et le maître avides de gloire, à se perdre dans ce combat d’une rare et folle intensité  Un récit autobiographique pour un choc cinématographique

Twelve Years A Slave de Steve McQueen, avec Chiwetel Ejiofor, Michel Fassbender

Le film raconte le destin tragique d’un jeune afro-américain né libre  à New York. Enlevé, il est vendu comme esclave au cruel propriétaire d’une plantattiion en Louisiane et réduit à travailler dans les champs pendant douze ans. S’ensuitun incessant combat pour ecnquérir sa liberté. Un opus ample,intense etuissant sur la résistance à l’injustice et à la torture.

Dallas Buyers Club de Jean-Marc Vallée, avec Matthew McConaughey, Jared Leto

La vie de Ron Woodroof cowboy macho, alcolo et drogué bascule lorsqu’il apprend qu’il a le sida et un mois à vivre. Mais il  durera encore  sept ans, recourant à des médicaments alternatifs et se lançant dans la contrebande de ceux-ci. Une histoire vraie mettant en parallèle la prise de conscience de l’Amérique face au sida et le parcours d’un homme faisant certes du business, mais contribuant à l'avancée de la cause et à sauver des vies.


Saint Laurent de Bertrand Bonello avec Gasard Ulliel et Jérémie Renier

la-production-de-saint-laurent-de-bertrand-bonello-repoussee,M108198[1].jpgTout en racontant l’histoire d’amour entre YSL et Pierre Bergé, son compagnon pendant plus de cinquante ans, l’auteur s’est plus particulièrement penché, avec la complicité de Gaspard Ulliel et de Jérémie Renier, sur la période 1965-1976. La décennie la plus riche en terme de mode et de vie du héros de l’histoire, en proie à ses démons.


Une nouvelle amie de François Ozon, avec Romain Duris, Anais Demoustier

Romain Duris se sent femme dans ce film entre mélo et comédie, questionnant avec humour, ironie et finesse le genre, la différence, la tolérance. Il joue sur les apparences tout en surfant sur le sujet du mariage pour tous.

Magic in Moonlight de Woody Allen, avec Colin Firth, Emma Stone

Un magicien du cinéma raconte l’histoire d’un autre magicien qui ne supporte pas les spirites. Baignant dans les années 20, Woody Allen livre une comédie romantique, pimentée de fantaisie, de malice, d’humour. Sans oublier une touche de surnaturel

Gone Girl, de David Fincher, avec Ben Affleck, Rosamund Pikeplus

A l’occasion de son cinquième anniversaire de mariage, Nick Dunne signale la disparition de sa femme, Amy. Sous la pression de la police et l’affolement des médias, l’image du couple modèle s’effrite. Les mensonges de Nick et son étrange comportement amènent tout le monde à penser qu’il a tué sa femme. Un thriller haletant où le cinéaste n’épargne rien ni personne.

Mon flop ten 

Welcome To New York d’Abel Ferrara, avec Gérard Depardieu, Jacqueline Bisset

7771240803_gerard-depardieu-et-jacqueline-bisset-dans-welcome-to-new-york-d-abel-ferrara[1].jpgUn long-métrage inspiré de l’affaire DSK, grotesque, douteux et d’une rare indigence, où un Gégé obèse et pathétique donne la réplique à la classieuse Jacqueline Bisset.

Sex Tape de Jake Kasdan, avec Cameron Diaz, Jason Segel

La vidéo d’un couple filmant ses ébats amoureux risque de se retrouver sur YouPorn. Une comédie se voulant grivoise sinon X, mais se révèlant  d’une consternante vulgarité et d’un rare ennui,

Triple Alliance de Nick Cassavetes, avec Cameron Daz, Leslie Mann

Un calamiteux navet surfant sur une prétendue et minable guerre des sexes, où le girl power, est censé l’emporter. Tout se joue en-dessous de la ceinture, entre le pas drôle, les gags vulgaires,  l'humour scato, humain ou canin, saupoudré de vomi. Du sale en pagaille à déguster!

Horrible Bosses 2 de Sean Anders, avec Jason Batman, Jason Sudeikis

Nick, Dale et Kurt décident de monter leur entreprise pour ne plus avoir de patrons et mettent au point un plan  foireux avec rapt et rançon exigée à la clé. Cette deuxième mouture est encore pire que la première.

Les trois frères, le retour de Didier Bourdon, avec Bernard Campan, Pascal Legitimus

19 ans après, les trois humoristes effectuent un come-back cauchemardesque. Figés dans une nostalgie vulgaire et ringarde, ils llvrent une succession de gags plus pesants qu’un troupeau de mammouths.

Fiston de Pascal Bourdiaux, avec Kev Adams, Frank Dubosc

Le film aligne sans surprise  les clichés, les grosses ficelles, les maladresses et les situations téléphonées, sur fond de conflit de génération. Frank Dubosc y apparaît plus beauf que jamais,

Les recettes du bonheur de Lasse Hallström, avec Helen Mirren

Lutte entre un resto indien et un représentant de la haute gastronomie française Pour une fable d’une indicible fadeur, sous prétexte de tolérance et de diversité culturelle. On a mal pour Helen Mirren censée incarner le sommet de la restauration hexagonale.

Grace de Monaco d’Olivier Dahan, avec Nicole Kidman, Tim Roth

sipa_rex40276950_000001-(1)[1].jpgRidicule opus frisant l’outrance, en évoquant  la période particulière où Grace Kelly a dû choisir entre rentrer à Hollywood pour tourner Marnie sous la direction d’Alfred Hitchcock et rester Altesse Sérénissime sur le Rocher. Tandis que le général de Gaulle menace d’annexer Monaco

Lucy de Luc Besson avec Scarlett Johansson

Une intrigue aux hypothèses fantaisistes, où se mêlent pseudo-métaphysique, philosophie de bazar et  féminisme saugrenu. Avec effets spéciaux,  laborieuses scènes d’action et interminables fusillades. En questionnant  le pouvoir de nos neurones, Luc Besson néglige de se servir des siens.

The Search de Michel Hazanavicius, avec Bérénice Béjo, Annette Benning

Oscarisé pour The Artist, le réalisateur s’est lancé dans un film de guerre dont l’action se situe pendant la seconde guerre de Tchétchénie, en 1999. N’ayant pas les moyens de son ambitieux projet, il nous fourgue un interminable drame tire-larmes dégoulinant de bons sentiments.

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23/12/2014

Grand écran: "Whiplash", un récit autobiograhique pour un choc cinématographique

Whiplash-2[1].jpgTout a commencé par un court-métrage déjà intitulé Whiplash. Et puis Damien Chazelle, réalisateur franco-américain passionné par la musique, auteur en 2009 du confidentiel Guy And Madeline On A Park Bench, s’est lancé dans la version longue d'une relation conflictuelle à l’extrême, entre un batteur de jazz et son professeur. Un remarquable récit autobiographique pour un choc cinématographique.

Chazelle propose un duel implacable. Un affrontement total entre un disciple suant sang et eau (ce n’est pas une image), acharné à dépasser ses limites pour devenir une star dans son domaine, et son mentor tyrannique, gourou admiré, redouté, détesté et déterminé à pousser celui qu’il sent comme un futur virtuose dans ses derniers retranchements. Quitte pour l'élève et le maître avides de gloire, à se perdre dans ce combat d’une rare et folle intensité  

Il fallait de sacrés comédiens pour relever un tel défi et maintenir d’un bout à l’autre sous haute tension, sans faiblir, ce petit bijou à l’étonnante puissance dramatique et au rythme d’enfer. Rendant hommage à la musique au cinéma, il vous prend aux tripes comme un formidable solo de batterie.

Damien Chazelle a trouvé son bonheur et le nôtre en engageant J.K Simmons pour jouer le méchant et draconien enseignant tandis que Miles Teller incarne l’étudiant dans sa recherche obsessionnelle de la perfection. Tous les deux (photo) sont simplement bluffants, évitant avec brio, intelligence et finesse le piège de la caricature. A commencer par Simmons, qui n'hésite pas à surfer sur le second degré.  

On a comparé le rôle de Miles Teller à celui de la ballerine en quête d’absolu, interprétée par Natalie Portman dans Black Swan. En ce qui concerne J.K. Simmons, on pense à la première partie de Full Metal Jacket de Stanley Kubrick, où le terrifiant harcèlement du redoutable sergent Hartman contre le malheureux marine qu’il a surnomme Baleine, conduit à la tragédie. Les choses ne se terminent pas aussi tragiquement ici, mais dans l’esprit, on n’en est pas loin. Et ce drame qui menace, amplifiant le malaise, rend Whiplash encore plus fascinant.

Film à l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 24 décembre.

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Cinéma: "Exodus: Gods And Kings", l'histoire de Moïse pauvrement revisitée

Exodus-Gods-and-Kings[1].jpgAprès le succès mitigé de Prometheus et du thriller Cartel, Ridley Scott s’est attaqué à un célébrissime mythe religieux, proposant Exodus: Gods and Kings. Dans son nouveau péplum, il revisite librement l’histoire de Moïse, leader insoumis qui défia le pharaon Ramsès, entraînant 600.000 esclaves hébreux dans un long périple pour fuir l’Egypte. Avec bien sûr le fameux passage de la Mer Rouge.

L’opus, qui passait pour l’un des films les plus attendus de l’année, cartonne au box-office nord-américain. Mais voilà qui n’est pas une garantie de qualité. Encore une fois, on attendait beaucoup mieux de Ridley Scott.

Et non parce qu’il fait de Moïse, qui osa braver puissance de tout un empire, un chef de guerre fanatique et violent, joué par Christian Bale. Mais parce qu’il ne montre finalement pas grand-chose dans sa fresque, en-dehors de scènes de bataille qui se veulent grandioses ou des dix plaies d’Egypte expédiées en trois coups de cuillères à pot numériques. 

En voyant Exodus: Gods And Kings, on ne peut s’empêcher de penser à l’adaptation de Cécil B. DeMille Les dix commandements, en 1956, avec sa spectaculaire approche et ses effets spéciaux qui vous clouent autrement au fauteuil. Par exemple l’extraordinaire partage des eaux permettant à Moise et son peuple de passer avant qu’elles ne se referment sur leurs poursuivants.

Scott, lui opte pour le tsunami certes monumental, mais dans le fond banal. Et que dire du buisson ardent? Là où DeMille misait sur une aveuglante incandescence, on se retrouve près de soixante après face à un arbuste riquiqui, chichement éclairé à la LED. 

En fait, il y a surtout du ridicule dans la relecture de cette légendaire épopée biblique. A l‘image de la représentation de Dieu, certains la qualifiant abusivement d’osée, sous forme d’un garçonnet de 11 ans que Moïse est le seul à voir. On se pince carrément lorsque le créateur de poche prépare du thé au sauveur de tout un peuple, en train de plancher sur les tables de la loi…

ngkrctjpxxfy7xlzbixs[1].jpgEcrite avec les pieds, cette saga religieuse, qui va de surcroît sans doute déplaire aux fervents adeptes des trois religions concernées (juifs, chrétiens et musulmans), bâclée en 74 jours de tournage au Mexique, pèche également côté interprétation. Si Christian Bale fait à peine le poids en Moïse, Joel Edgerton, alias Ramsès (photo), manque totalement de charisme, apparaissant tel un petit prétentieux colérique alors qu’il se glisse dans le costume du pharaon des pharaons!

Film à l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 24 décembre.

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17/12/2014

Cinéma: "Still Life", la valeur de la vie pour un héros très discret

4v7i3333[1].jpgVêtu d’une gabardine grise, ne se déplaçant jamais sans sa serviette brune, John May est un petit fonctionnaire secret, vivant dans l’austérité, passionné par son travail qu’il exerce dans une banlieue londonienne. Lorsqu’une personne solitaire décède, c’est lui qui part à la recherche de ses éventuels proches, ses investigations le faisant voyager dans le pays. 
 
Mais il est toujours seul aux obsèques et s’occupe de l’éloge funèbre des défunts, qu’on ne voit jamais. Ils nous sont révélés à travers leurs objets, leurs bijoux, leurs vêtements, leurs photos, des cartes postales que John May classe minutieusement. Jusqu’au jour où cet homme entièrement  dévoué à sa cause perd son travail. Il décide alors de quitter Londres pour une ultime mission, au cours de laquelle il rencontre Kelly, la fille du disparu sur lequel il enquête. Un rayon de soleil en forme de brève ouverture au monde. 

Still Life, qui pour son auteur Uberto Pasolini  n’est pas un film sur la mort mais sur la valeur de la vie des gens, n’en évoque pas moins un isolement social de plus en plus fréquent dans une société en crise,  où les inégalités gagnent du terrain et où le sens du voisinage a pratiquement disparu, en même temps que les notions de solidarité ou d’entraide.
 
Pour jouer ce héros très discret d’une rare humanité, le réalisateur italien a choisi le comédien britannique Eddie Marsan, connu pour ses rôles de méchant notamment chez Martin Scorsese, mais qui se retrouve pour la première fois tout en haut de l’affiche dans un long-métrage.

Il se révèle parfait, proposant un jeu précis, sobre, minimaliste, avec parfois une touche d’humour à la Buste Keaton. Une interprétation qui s’accorde parfaitement avec la mise en scène subtile,  les décors un peu figés et la caméra presque toujours immobile du cinéaste.
 
Film à l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 17 décembre.

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16/12/2014

Cinéma: "La famille Bélier" vers un carton au box-office?

237211[1].jpgBeaucoup lui prédisent un succès d’enfer, du genre Intouchables ou Qu’est-ce qu’on a fait au Bon Dieu? Peut-être ne faudrait-il pas, pour parodier un critique sur un site, vendre la peau du spectateur avant qu’ils se soit assis dans une salle obscure... A vérifier dès mercredi.

La famille Bélier, signée Eric Lartigau, se déroule à la campagne. Paula, 16 ans, très mature pour son âge, est la seule entendante dans une famille d’agriculteurs sourds muets. Epanouie, pleine d’entrain, elle a aussi une voix magnifique. Et bien qu’elle adore son papa, sa maman et son frère, pour qui elle est une interprète indispensable au quotidien, elle rêve de quitter le nid pour devenir chanteuse. Poussée par son professeur de musique, elle prépare en secret le concours de Radio France. Tout cela implique de partir pour Paris et laisser dorénavant les siens se débrouiller seuls.

C’est Louane, découverte dans l’édition 2011 de The Voice qui joue le rôle de Paula, tandis que l’irrésistible Karin Viard et François Damiens se glissent dans celui des parents. A leur côté, on trouve encore Eric Elmosnino, l’inoubliable Gainsbourg dans Vie héroïque, en prof de chant excentrique obsédé par Sardou.

Ceux qui trouvent le chanteur ringard, ou pire, auront sans doute un peu de mal à adhérer à l’opus, car Eric Lartigau nous en sert à la louche. Allant jusqu’à mettre dans la bouche d’Elmosnino: "Sardou est à la variété française ce que Mozart est à la musique classique: intemporel". Le film est à peine sorti que la  réplique est déjà culte… 

Sans aller jusqu’à délirer, à l’image de certains, il faut reconnaître que cette comédie, certes bourrée de bons sentiments, est à la fois drôle et touchante. Sa réussite tient surtout à l’interprétation du couple Viard-Damiens, aussi enthousiaste qu'amoureux, ainsi qu’à celle de Louane, qui ne contente pas de donner de la voix.  

La famille Bélier, qui pourrait donc cartonner au box-office, est parti d’un scénario de Victoria Bedos à qui une grande interview sera consacrée dans Femina le 28 décembre. Ancré chez elle depuis longtemps, elle l'a coécrit avec Stanislas Carré de Malberg. La fille de Guy et soeur de Nicolas s’est inspirée de l’assistante de son père, née de parents sourds. Elle a mis pas mal de choses d’elle dans ce qui reste bien sûr une fiction. "Paula c’est moi. Petite, j’avais l’impression qu’on ne m’entendait pas", nous confie-t-elle. "En outre mes parents ne voyaient pas d’un bon œil mon envie de devenir chanteuse".

1382435053013_0570x0342_1382435113090[1].jpgEric Lartigau, à qui on doit Un ticket pour l’espace, Prête-moi ta main ou encore l’homme qui voulait vivre sa vie a repris l'histoire avec Thomas Bidegain, le sparring-partner de Jacques Audiard, notamment pour Un prophète et De rouille et d’os. Nous avons rencontré le réalisateur à Genève où il était venu présenter sa comédie en avant-première. "La famille n’existait pas vraiment. Tout était axé sur Paula".

-Le thème de la famille vous tient apparemment très à cœur.

-Absolument. C’est un vivier de la société, son reflet, un microcosme plein de contrastes, de reliefs. On passe par tous les sentiments, les émotions contradictoires, paradoxales. C‘est l’ouverture à l’autre, le dépassement de soi.

-Le choix de Karin Viard et de François Damiens dans le rôle des parents s’est imposé d’emblée.

-Dès que je me mis à retravailler le texte, j’ai immédiatement pensé à eux. Ils m’apparaissaient physiquement, à l‘écriture déjà. Ainsi qu’Eric Elmosnino.

-Et Louane Emera?

-C’était différent. J’ai opéré un vaste casting et gardé une sélection de 80 jeunes filles. L’une était géniale en tant qu’actrice, mais chantait comme une casserole. J’ai finalement opté pour Louane. 

-A part le jeune frère vraiment sourd de Paula dans le film, et un autre garçon, les autres acteurs ne connaissaient rien de la langue des signes. Ils ont dû se livrer à un apprentissage intensif.

-Ils ont effectivement suivi des cours plusieurs heures par jour. Leur préparation a duré entre quatre et cinq mois. C’était un sacré challenge. Pour moi également. Je n’avais jamais collaboré avec des comédiens censés être sourds. La langue des signes est chorégraphique mais très compliquée. Les gestes doivent être en accord avec l’expression des visages et des corps.

Après La famille Bélier, Eric Lartigau ne va pas quitter son univers de prédilection. Il projette deux nouveaux métrages sur le sujet, une autre comédie et un mélodrame.

Film à l’affiche dans les salles de Suisse romande dés mercredi 17 décembre.

 

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09/12/2014

Cinéma: avec "Eden", on n'est pas vraiment au paradis...

eden_51[1].jpgAprès Tout est pardonné, Le père de mes enfants, Un amour de jeunesse, la cinéaste Mia Hansen-Love tente de faire revivre l’euphorie musicale des années 90 dans son quatrième long-métrage.

Elle raconte l’histoire de son frère Sven, DJ de la French Touch -l’électro française qui allait conquérir le monde- , resté finalement et malheureusement pour lui dans l’ombre des mythiques Daft Punk. On les voit de loin en loin, interprétés par Vincent Lacoste et Arnaud Azoulay.

Le récit, qui veut évoquer la fête sous toutes ses formes, se déroule sur quinze ans et se fait l’écho du parcours de Sven, organisateur de soirées, co-scénariste et alias Paul dans le film, qui crée avec son meilleur ami le duo Cheers. Ces passionnés jouent dans les plus grands clubs parisiens et connaissent une ascension aussi fulgurante qu’éphémère entre musique, potes, drogues. Et amours bien sûr.

Parallèlement, la réalisatrice évoque en effet la vie sentimentale particulièrement agitée du jeune homme qui accumule les aventures. On a droit à une véritable succession de filles (Greta Gerwig, Golshifteh Faharani, Pauline Etienne, Laura Smet) rejoignant sous les draps pour en ressortir aussitôt, le héros, ou plutôt l’anti-héros qui ne les tombe pas moins aussi sec. Un type doué mais trop dilettante pour réussir vraiment ce qu’il entreprend, retourné dans l’ombre après être à peine entré dans la lumière.

Nostalgique, assez déprimant, d’un intérêt dramaturgique et romanesque quelconque, Eden, évocation d’un moment, d’une époque, propose le portrait intimiste et plat d’une jeunesse à travers des personnages trop creux et trop fades pour qu’on s’y attache et qu’ils nous fassent vibrer. Par ailleurs le manque de rythme  rend la durée, plus de deux heures, pesante. Passé le milieu de l'opus, on n’est pas loin d’en éprouver chaque minute…

Film à l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 10 décembre.

19:09 Publié dans Cannes dans Chassé-Croisette, Sorties de la Semaine | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

Cinéma: "Timbuktu", une ville livrée aux djihadistes. Un film coup de poing

Tombouctou%20internet[1].jpgLe Mauritanien Abderrahmane Sissako a planté sa caméra à Tombouctou pour raconter le quotidien infernal de cette ville tombée aux mains des djihadistes, à travers les yeux de Kidane.

Il mène  une vie simple et heureuse sous sa tente en compagnie de sa femme Satima, de sa fille Toya et d’Issan, un berger de 12 ans. Jusqu’au jour où leur vie bascule et qu’ils doivent subir les nouvelles lois autoritaires des extrémistes religieux. .

Le réalisateur nous laisse éprouver la terreur que font régner les intégristes en parcourant jour et nuit les rues armés de kalachnikov et munis de mégaphones pour rappeler les règles. Violents, d’une redoutable bêtise, ils représentent les nouveaux visages de l’obscurantisme .

Les interdictions pleuvent. Pas de musique, pas de cigarettes, pas de rires, pas de football, pas de flânerie. Les hommes sont forcés de retrousser leurs pantalons, les femmes contraintes de porter non seulement le voile, mais des gants et des chaussettes.

9_timbuktu_de_abderrahmane_sissako-_c__2014_les_films_du_worso__dune_vision[1].jpgTout manquement signifie mort ou torture décrétées par de ridicules juges siégeant dans des tribunaux improvisés au terme de simulacres de procès. D’où des images insoutenables d’un couple lapidé ou d’une jeune femme, ayant commis l’’imprudence de chanter, condamnée à quarante coups de fouets. Et qui hurle de douleur au milieu du désert.

Dans Timbuktu, film politique militant, dénonçant les atteintes aux libertés et aux droits de l’homme, l’auteur de Bamako, son précédent long-métrage, réussit à éviter le piège du manichéisme et du pathos, allant jusqu’à se permettre quelques notes d’humour au milieu de toute cette horreur.

A la brutalité des hommes et des situations, il mêle des moments de douceur, de poésie, de somptuosité des paysages. Ou encore de grâce bafouée, comme cette folle et symbolique galopade d’une gazelle traquée dans les dunes,en tentant d'échapper aux bourreaux.  

Cinématographiquement bien maîtrisée, cette fable coup de poing en forme de pamphlet, de plaidoyer contre l’ignorance, bouleverse par un propos d’une brûlante et cruelle actualité. Ouvrant la compétition au dernier Festival de  Cannes, elle avait provoqué un choc sur la  Croisette. Mais son auteur était malheureusement reparti les mains vides.

Film à l'affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 10 décembre. 

 

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03/12/2014

Cinéma: "La French". avec le duo Jean Dujardin et Gilles Lellouche

imagesCAZTAS2N.jpgInspiré de faits réels, le deuxième long-métrage de Cédric Jimenez nous plonge dans le Marseille des seventies, en évoquant l’affrontement entre le fameux juge du grand banditisme Pierre Michel et Gaëtan Zampa, redoutable et intouchable parrain de la pègre du cru.

Débarqué de Metz dans la cité phocéenne avec femme et enfants, le jeune magistrat, alias le cowboy, part pour son malheur en croisade contre la French Connection, organisation mafieuse exportant de l’héroïne dans le monde entier. 

L’auteur adopte tous les codes du film de gangsters avec figures emblématiques côté milieu et côté justice, hommes de main, lutte de pouvoir pour s’approprier le marché de la drogue, flics ripoux et politiques corrompus. Il ne cache par ailleurs pas son admiration pour les cadors du genre, de Martin Scorsese à Michael Mann. En passant évidemment par William Friedkin, LA  référence en l’occurrence. En 1971, il signait son chef d'oeuvre avec French Connection, où il décrivait les choses sous l'angle américain, tandis que Cédric Jimenez l'aborde du point de vue hexagonal.

Pas facile pourtant de rivaliser avec Les Affranchis, Casino ou autres Heat. Ecrasé par le poids de ses idoles, Cédric Jimenez propose ainsi un polar français à l’américaine qui, sans grande surprise, n’est pas à la hauteur de ses modèles. 

Fourre-tout et manque de rythme

La French souffre notamment d’un manque de rythme. En dépit d’une réalisation qui se veut dynamique, le film se traîne plus ou moins pendant 2h15, pour finir par rater la mise à mort attendue de Pierre Michel. Logique dans la mesure où l’auteur court (enfin si l’on peut dire…) plusieurs lièvres. Brassant pêle-mêle les dessous du trafic d‘héro et son démantèlement, la vie de famille sacrifiée, la biographie du juge assassiné mâtinée du portrait d’un homme qui évacue sa dépendance au jeu dans une traque obsessionnelle au malfrat, lui aussi plus ou moins sous examen de la part du metteur en scène. 

Résultat, un côté fourre-tout pour ce film noir, dont la principale réussite est la reconstitution importante et minutieuse de l‘ambiance de Marseille à l’époque. Avec photographie vintage à l’appui. En résumé donc, un polar assez bourrin réalisé par une sorte de copieur s’appliquant à faire ce qu'il peut. L’ensemble est à l’image de l’interprétation des deux têtes d’affiche Jean Dujardin et Gilles Lellouche, qui sont un peu à Al Pacino et De Niro (surtout Lellouche) ) ce que la Twingo est à la Ferrari.

Les personnages secondaires peinent carrément à exister, comme Benoît Magimel ou le malheureux  Gérard Meylan. Quant aux femmes, elles font de la figuration, à l’instar de Céline Sallette et Mélanie Doutey, respectivement compagne des deux héros de l'histoire. 

Film à l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 3 décembre.

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02/12/2014

Cinéma: Mike Leigh raconte "Mr Turner", le peintre de la lumière

images[3].jpgMike Leigh revient avec Mr Turner, consacré à l’un des plus célèbres peintres britanniques, précurseur des impressionnistes, né Joseph Mallord William Turner en 1775 et mort en 1851.

Evoquant les 25 dernières années de celui qui fut si justement surnommé le peintre de la lumière, le grand cinéaste capte ses deux visages. Celui d’un artiste visionnaire qui a laissé une œuvre admirable avec des ambiances extraordinaires frisant parfois le fantastique, et celui de l’homme «très mortel» personnage complexe et tourmenté, dévoré par son art et ses blessures.
 
Il habite avec son père qu’il adore, son confident qui lui sert aussi d’assistant et une gouvernante  dévouée, s’immisce chez les lords, fréquente les bordels et entreprend de nombreux voyages qui nourrissent son inspiration. La mort de son père l’affecte terriblement et il se renferme comme un petit garçon. Sa vie est aussi rythmée par les visites qu’il rend à sa maîtresse, propriétaire d’une pension de famille au bord de la mer.
 
Cet homme hors normes, autodidacte, instinctif, à la fois rustre et doté de grandes capacités intellectuelles était victime, en dépit de sa célébrité, de sarcasmes et de railleries  émanant aussi bien du public que de l’establishment.
 
Mike Leigh nous le montre renfrogné, taiseux, irascible, désagréable. Et vilain. Un contraste saisissant avec la beauté de ses paysages et de ses marines. Ce héros peu attachant a de surcroît de grosses difficultés à s’exprimer. Au lieu de parler, il grognait comme un animal.
 
Il est incarné par Timothy Spall, un fidèle de Leigh, qui se glisse à merveille dans la peau de ce drôle de gros petit bonhomme. Sa performance lui a valu le prix d’interprétation au dernier Festival de Cannes où le réalisateur figurait pour la cinquième fois en compétition. "Afin de ne pas être ridicule à l’écran, j’ai pris du temps, deux ans, pour apprendre à dessiner et peindre", révélait le comédien lors de sa conférence de presse sur la Croisette.
 
Sur fond de film social évoquant le quotidien trivial d’un Londres du milieu du 19e siècle, notamment peuplé de gens plutôt moches et sales, le cinéaste rend hommage à l’artiste à sa condition, au mystère et à l’exaltation de la création.
 
Malgré son talent, les qualités formelles et visuelles d’une œuvre ambitieuse, sublimée par la photographie du chef opérateur Dick Pope, on peine à s’enthousiasmer véritablement pour ce biopic classique et très long (2h29), où Mike Leigh a tendance à ronronner.

Film à l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 3 décembre.

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26/11/2014

Cinéma: "Marie Heurtin" sauvée de son isolement par une religieuse

un-film-sur-marie-heurtin-sourde-muette-et-aveugle[1].jpgInspiré de faits réels qui se sont déroulés en France à la fin du 19e siècle, le film raconte l’histoire de Marie Heurtin, née sourde, muette et aveugle en 1885. A 14 ans, elle est incapable de communiquer.

Son père, un modeste artisan qui refuse de la faire interner dans un asile comme le lui conseille un médecin, la confie aux religieuses de l’institut de Larnay, près de Poitiers.

Tandis que la Mère supérieure manifeste sa désapprobation et se montre très sceptique sur les chances de libérer l’adolescente emmurée, sœur Marguerite est persuadée du contraire. Elle décide de s’occuper de Marie et met au point une méthode, toujours utilisée aujourd’hui, basée sur le toucher.

Commence alors un lent, long, frustrant et éprouvant apprentissage sur fond d'intense et violent combat, notamment physique, entre ce «petit animal sauvage» et l’infatigable sœur Marguerite. A la fois douce et énergique, elle fait preuve d’une infinie patience pour sortir son élève de son isolement total.

On craignait le trop plein de bons sentiments dans ce drame émouvant. Certes le film n’en manque pas, mais son auteur Jean-Pierre Améris, à qui on peut reprocher une réalisation convenue, se montre le plus souvent sobre et pudique dans le traitement de son sujet. La réussite de Marie Heurtin tient toutefois d’abord à l’interprétation. Révélation, l’excellente Ariana Rivoire, jeune sourde non professionnelle, donne la réplique à une lumineuse Isabelle Carré.

Film à l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 26 novembre.

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25/11/2014

Cinéma: avec "Nightcrawler", Dan Gilroy offre à Jake Gyllenhaal le rôle de sa vie

images[4].jpgEn train de voler du métal Louis Bloom, petit truand minable, se laisse surprendre par un gardien. Remarquant une montre clinquante qui lui plaît à son poignet, il assomme froidement le malheureux pour la lui prendre. Plus tard, il se retrouve au bord d’une voie rapide, où vient de se produire un accident mortel de voiture.

Débarque alors sur les lieux un cameraman sans scrupule qui mitraille complaisamment les victimes pour revendre des images choc aux chaînes de télé avides de mettre du sang à la une. 

Déclic dans le cerveau de Louis qui décide de se procurer une caméra. Dès lors branché sur les fréquences radio de la police qu’il pirate, il sillonne Los Angeles en traquant sans relâche le spectaculaire et le sordide, que lui achètent les TV locales. Ses prix ne tardent pas à grimper, allant de pair avec son irrésistible ascension dans ce milieu frelaté, tandis que la morale journalistique prend le chemin inverse. 

Critique non pas nouvelle mais néanmoins acerbe de journaux télévisés ou tabloïds aux relents fétides, Nightcrawler qui égratigne également le mythe du self made man, est le premier long-métrage de Dan Gilroy, notamment coscénariste de The Bourne Legacy et de Michael Clayton.

Pour ce polar intelligent à haute tension, immoral, féroce, noir sinon macabre, le cinéaste propose une réalisation parfois bluffante, telle une poursuite en voiture démente qui n’a pas tardé à lui valoir une comparaison flatteuse avec le cultissime Drive.

Mais surtout Dan Gilroy offre à Jake Gyllenhaal le rôle de sa vie. Tout est vu à travers le regard un peu fou de l‘acteur à la peau pâle. Inquiétant, calculateur, sans états d’âme, presque désincarné, il est absolument parfait dans ce rôle de salaud, d’ordure, de vampire sociopathe à l’humour vache, d'ignoble chasseur prêt à tout pour décrocher un scoop.

Film à l'affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 26 novembre.

 


 

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